Cela faisait un petit moment que je n'étais pas allé voir un film d'horreur au cinéma. Ni allé au cinéma tout court, d'ailleurs. La bonne hype colportée par des contacts de qualité (coucou Steph et Mélanie) m'a décidé à y aller presque de manière impromptue. Et j'ai passé plutôt un bon moment.
Lorsque tous les enfants d’une même classe, à l’exception d’un, disparaissent mystérieusement la même nuit, à la même heure, la ville entière cherche à découvrir qui — ou quoi — est à l’origine de ce phénomène inexpliqué.
Ce résumé est un brin trompeur, car toute la ville ne se mobilise pas, mais on imagine quand même que la police locale est mobilisée, ainsi que les parents des enfants disparus. L'histoire est racontée du point de vue de plusieurs personnes proches de l'avènement, comme Justine, l'institutrice (campée par Julia Garner), l'un des policiers, le directeur de l'école ou encore le seul enfant survivant. Liste non exhaustive, mais ce postulat permet, au fil de l'avancée de l'histoire, de comprendre petit à petit de comprendre ce qu'il s'est passé, quel évènement est à l'origine de cette disparition massive, et les motivations des différents personnages. Ceux-ci sont diversifiés mais bénéficient d'un casting solide. Outre Garner déjà citée (que l'on peut voir en Surfer d'Argent dans le 4 Fantastiques sorti récemment), il y a également Josh Brolin (qui est aussi producteur exécutif), Benedict Wong (qui joue M. Wong dans la franchise Dr Strange) dans un registre totalement différent et Alden Ehrenreich (vu dans Oppenheimer). Sans oublier le jeune Cary Christopher, qui joue le seul enfant "survivant", et éclabousse l'écran de sa classe dès lors qu'on se trouve dans l'arc narratif le concernant.
Le film joue donc sur une accumulation de séquences qui font monter crescendo la pression et le rythme, sans abuser des jump scares. Il y a quelques séquences horrifiques ou ultra-violentes, mais elles sont justifiées et on ne joue pas sur la surenchère, sauf à la fin où ça vire au grand-guignol (mais je me suis dit "bien fait !"). Il y a bien 2-3 séquences où on se dit "non mais là ça suffit" (mention spéciale au junkie qui a l'air presque immortel), mais ça ne fait pas sortir du film. Zach Cregger, le réalisateur, a composé lui-même la musique d'ambiance avec les frères Holladay, et si elle est assez présente, elle accompagne bien le côté un peu paranoïaque de certains passages.
Bref, sans être un chef-d'œuvre, Evanouis (je préfère ce titre à l'original, qui en révèle un peu trop sur l'intrigue) est un bon petit film de trouille d'été, qui permet de passer du bon temps sans tomber dans la facilité.
1960. Un chercheur en histoire à l'université se voit confier une étrange mission : enquêter sur les raisons qui ont empêché le bombardement nucléaire de la ville d'Hiroshima, quinze ans plus tôt.
Hiroshima, août 1945. Hitomi, une fillette dont le frère aîné est un pilote de l'armée de l'air japonaise, se réveille en sursaut, en proie à des visions de paysaaes ravagés par les flammes, de personnes qui brûlent au contact d'un souffle destructeur... Et son frère, qui n'a pas donné de nouvelles depuis des mois, vient lui parler dans ses rêves pour lui dire de mettre fin à cette tragédie...
Nous sommes bel et bien dans une uchronie avec ce très court roman de Stéphane Desienne. Comme l'indique le résumé, une grande partie de l'intrigue, dans sa première moitié, alterne entre les timelines des deux personnages, avant que l'historien-enquêteur soit le seul dont on emboîte le pas par la suite. C'est très bien écrit, on a du mal à lâcher l'histoire, et on se surprend même à faire des pauses dans la lecture, tant ces 150 pages -en petit format se dévorent, dans ses deux premiers tiers cependant, et sur la fin. Il y a un tronçon qui m'a semblé plus chaotique, avec l'intervention de plusieurs personnalités historiques qui tombait comme un cheveu sur la soupe, malgré une certaine cohérence de la méthode. Il m'a semblé que l'histoire aurait été aussi bien menée, aussi logique (pour peu qu'on accepte d'être dans de l'uchronie et même plus largement dans de l'imaginaire), sans l'adjonction de tous ces personnages.
Mais dans l'ensemble j'ai passé un bon petit moment de lecture avec cet auteur que je découvre à cette occasion.
Lors d'un petit séjour en arrêt maladie, je me suis fait la première (et unique, jusqu'ici) saison de Miss Marvel, l'adaptation en série streaming du comic book relatant les aventures d'une adolescente d'origine pakistanaise qui se retrouve investie de super-pouvoirs après avoir récupéré un bracelet antique possédé par son arrière-grand-mère. Si la série ne brillait pas par ses qualités narratives ou techniques, elle avait le mérite de poser quelques bases sur l'histoire de Kamala Khan, alias Miss Marvel, par ailleurs fan de Captain Marvel. La saison se termine sur cliffhanger dont la suite directe est donc le film The Marvels, qui réunit la jeune super-héroïne, son idole, et une troisième acolyte, Monica Rambeau, dont une partie de l'histoire est contée dans la série WandaVision (que je n'ai pas vue).
Dans Captain Marvel, le personnage-titre était intervenue pour mettre fin à la guerre intergalactique entre les Skrulls et les Krees. Mais cette apparition avait eu des conséquences dramatiques sur la planète de ces derniers, précipitant la dégradation de son atmosphère. C'est pourquoi la Supremor (sorte de Guide suprême) cherche à récupérer un artefact lui permettant de créer des trous de ver à même de pouvoir récupérer de l'air, de l'eau et d'autres ressources sur d'autres planètes pour pouvoir les transférer sur la sienne. Et au passage, de détruire des écosystèmes sur des planètes où a vécu Carol Danvers, alias Captain Marvel. Un évènement inattendu va chambouler son plan : les trois héroïnes, sans se concerter (ni en avoir conscience), vont utiliser simultanément leurs super-pouvoirs respectifs.
Passons sur les nombreuses incohérences de ce concept, pour parler de celles du scénario. Le moment où les trois super-héroïnes sont réunies et s'expliquent est très mal géré. Ca discute cinq minutes sérieusement, et hop, elles font des trucs totalement futiles, comme sauter à la corde... Miss Marvel est une gamine de 17 ans, qui se comporte comme si elle en avait 12, et se révèle insupportable, alors que dans sa série, elle est à peu près crédible en tant qu'ado. Certes, elle rencontre son idole de toujours, mais on n'a pas vraiment l'impression qu'elle ait compris qu'elle se trouve dans un vaisseau spatial, en route pour affronter une nation extraterrestre hostile... Captain Marvel, ou plutôt son interprète, Brie Larson, est une brique de savon, elle n'a aucune expression, probablement mal dirigée. Les scénaristes en font presque une post-adolescente, alors que le personnage a une portée cosmique, loin au-dessus des considérations terre-à-terre... Et Monica Rambeau est quasi inexistante durant tout le film. Sa meilleure scène se trouve dans le post-générique... Quant à la méchante, la cheffe skrull Dar' Benn, c'est l'une des plus invisibles du MCU...
N'oublions pas les autres détails qui font tiquer : POURQUOI DIABLE Nick Fury fait-il monter la famille de Kamala dans la station orbitale su Shield ? On ne le saura jamais, c'est juste l'occasion de faire quelques saynètes humoristiques sans intérêt ou un (tout petit peu) d'émotion lorsqu'ils y retrouvent l'adolescente. Bon, il y a l'arc concernant Goose, le pseudo-chat dont Carol Danvers a hérité, qui est presque intéressant, mais qui manque d'une scène ou deux (comment cet œuf est-il arrivé là ?). Mais celui-ci n'a pas besoin des Khan pour être cohérent. Et remarquons que si Captain Marvel et Monica ont des super-pouvoirs leur permettant de voler sans souci dans le vide de l'espace (ta gueule c'est magique), Miss Marvel peut visiblement y respirer sans souci, et ne gèle pas au contact dudit vide... Je sais que Samuel L. Jackson vieillit, il n'a plus forcément les capacités de jouer les scènes d'action, mais de là à faire de Nick Fury un pépère rondouillard qui gâtifie devant un chaton, il y a une marge...
Il n'y a donc pas grand-chose à sauver dans ce long métrage, même pas les images, entre effets spéciaux présents sur la plupart des plans et cadrages sans imagination...
Chaque nouveau livre de Stephen King est un évènement, et a fortiori quand il s'agit d'un recueil de nouvelles, comme c'est le cas ici. Il s'agit d'ailleurs du XXème en la matière, chez ce maître de l'exercice.
Le recueil s'ouvre sur Deux crapules emplies de talent, un récit encapsulé où le fils d'un écrivain célèbre, désormais décédé, tente de découvrir pourquoi celui-ci a justement, brusquement, rencontré le succès, alors que rien ne l'y prédestinait, et qu'il avait passé les quarante première années de sa vie à faire tout autre chose, tout comme son meilleur ami, qui lui est devenu un peintre de renom au même moment. Il semblerait que la réponse à l'énigme se trouve dans une partie de chasse dans un coin reculé du Maine (toujours dans cette géographie imaginaire de King), en fin d'année 1978... Le recueil commence fort, avec cette histoire qui mélange ruralité, amitié et sensibilité artistique, avec un argument fantastique assez rare chez King. C'est très plaisant.
Dans Cinquième étape un inconnu aborde un vieil homme sur un banc dans un parc, et lui parle de son parcours au sein des Alcooliques anonymes, réparti en cinq étapes. Et la cinquième consiste à parler de ses démons à un inconnu. La fin de la nouvelle est cruelle, mais j'avoue l'avoir moyennement appréciée.
Willie le Tordu est le surnom d'un préadolescent présentant des troubles autistiques, et qui apprécie beaucoup les histoires de son grand-père, au crépuscule de sa vie, et qui prétend avoir vécu très loin dans le passé. Là encore, une fin cruelle, mais que j'ai trouvée plus sympa, ne l'ayant pas vue venir. A noter que la nouvelle avait été précédemment traduite et publiée en France dans la revue Bifrost en 2021, sous le titre Willie le Zinzin.
Vient ensuite le morceau de choix du recueil, la novella Le Mauvais rêve de Danny Coughlin. Responsable du ménage dans un lycée, Danny Coughlin rêve qu'il trouve une cadavre de femme dans une ancienne station-service, dans un endroit où il n'est jamais allé. N'en tenant d'abord pas compte, le rêve se met à le hanter, jusqu'au jour où Danny décide d'aller voir sur place, et se retrouve à faire exactement les mêmes gestes que dans son rêve, et trouve le cadavre vu en rêve. estimant que personne ne le croirait, il décide de signaler le problème anonymement à la police, qui parvient rapidement à le retrouver. Il devient, de fait, le principal suspect du meurtre de la jeune femme.
On est sur du grand King avec cette novella, qui je crois est déjà en cours d'adaptation. Il faut dire que tout y est : un peu de paranormal, un gars ordinaire qui ne veut pas d'ennuis, un flic paranoïaque et obsessionnel.
Finn est un gamin qui est poursuivi par la malchance depuis sa plus tendre enfance. Jusqu'à se retrouver kidnappé par erreur par une bande de malfrats pas bien malins. Le ton de l'histoire est presque burlesque, mais j'avoue que pour une fois un ado héros d'une histoire kingienne m'a laissé un peu froid.
Slide Inn Road. Une famille (grand-père, parents, petits-enfants) embarque dans la vieille voiture du premier pour aller voir une grand-tante mourante, et prend un raccourci à travers champs recommandé par le grand-père. Et se paume un peu, en tombant sur deux gars bizarres qui semblent vouloir cacher un cadavre encombrant dans les ruines d'une vieille baraque. La vie de la famille est menacée, jusqu'au moment où le grand-père prend les choses en main. Le rythme est enlevé dans cette nouvelle somme toute assez classique, mais la personnalité et l'énergie du grand-père la rendent bien sympathique.
Ecran rouge : On entend parler d'une rumeur sur des extraterrestres malveillants qui se cacheraient dans la population, et qui se dévoileraient juste après l'apparition d'un écran rouge sur le smartphone de leur victime. J'ai trouvé cette nouvelle assez plate, et un peu redondante, quelque part, avec Willie le Tordu.
Le Spécialiste des turbulences. Nous voilà sur les traces d'un homme qui embarque, sur ordre d'un mystérieux mécène, qui embarque dans des avions qui doivent subir des turbulences pouvant mener au crash. Grâce à ses pouvoirs particuliers, l'avion ne s'écrase pas. J'ai moyennement apprécié cette histoire, l'ayant déjà lue dans l'anthologie Classe tous risques. La deuxième lecture s'avère plus décevante que la première.
Autre nouvelle déjà lue, mais cette fois-ci en anglais, Laurie raconte comment un petit chien, offert à un veuf en pleine dépression, va lui sauver la vie dans une situation totalement inattendue. Une très bonne histoire, exempte de fantastique, mais pas d'émotion.
La nouvelle Serpents à sonnettes se déroule, comme la précédente, en Floride. Mais sur des lieux déjà explorés par King, puisque nous sommes juste à côté de Duma Key, théâtre du roman du même nom. Là aussi, deux enfants jumeaux vont jouer un rôle particulier dans cette histoire où un retraité occupant la maison d'un ami va être mis sur la sellette par la mort de sa seule et unique voisine. Autre clin d'oeil à son oeuvre, le héros apparaît dans Cujo. On retrouve dans cette histoire, outre l'enfance, un autre thème cher à l'auteur, la hantise, ainsi qu'un flic harceleur, comme dans Le Mauvais rêve de Danny Coughlin.
Les Rêveurs se passe, contrairement aux autres, récentes, dans un cadre ancien, dans l'entre-deux-guerres. Un scientifique très particulier est persuadé de pouvoir aller par-delà le mur du sommeil, et cette expression est assumée par King, puisqu'elle se veut un hommage à l'une de ses inspirations régulières, Lovecraft. Un de ses livres est d'ailleurs présent dans l'histoire. Je me suis un peu ennuyé sur les trois premiers quarts de l'histoire, moins sur la fin, même si celle-ci m'a semblée un peu expédiée.
L'homme aux réponses a installé son stand sur le bord de la route, et lorsqu'un homme en proie à un dilemme majeur (embrasser la carrière d'avocat dans le cabinet dirigé par son père et faire plaisir à son futur beau-père, ou déplaire à celui-ci et s'installer à son compte dans une petite ville dont il est tombé amoureux) s'arête pour lui poser des questions lui permettant de faire son choix, il se passe quelque chose d'étrange : l'homme aux réponses disparaît, et notre héros se réveille au volant de sa voiture, à l'arrêt, mais avec des certitudes. Il va recroiser ce même homme aux réponses en deux autres occasions, à des moments cruciaux de sa vie, et on a droit un récit vraiment noir. A noter un récit encapsulé lorsqu'il se retrouve à défendre les intérêts d'une femme au visage brûlé. Un récit plutôt prenant, plein d'énigmes.
Dans l'ensemble j'ai bien aimé ce recueil, même si ce n'est pas son meilleur (difficile de faire mieux que Brume et Danse macabre). La qualité est diverse, entre longs récits vraiment prenants et fonds de tiroirs à l'intérêt ou à la force limité(e). Et j'ai trouvé que cela manquait un peu de diversité, certaines histoires se répondant sur des thématiques.
King a été un peu feignant dans sa postface, ne donnant pas d'infos particulières sur les circonstances dans lesquelles il a écrit ces histoires, probablement parce que certaines sont assez anciennes et qu'il ne s'en souvient pas. En revanche il parle du fait qu'il n'a été satisfait que deux fois des histoires finalement écrites, c'est à dire qu'il les estimait à la hauteur des idées qui les ont inspirées : il s'agit de La Ligne verte, et The Shawshank Redemption. Deux histoires adaptées et portées à l'écran par Frank Darabont. Coïncidence ? Chacun jugera.
Hayao Miyazaki est peut-être le Japonais le plus connu dans le monde. Cofondateur du Studio Ghibli, on lui doit des chefs-d'œuvre d'animation comme Mon voisin Totoro, Princesse Mononoké, Le Voyage de Chihiro ou plus récemment Le Garçon et le Héron, des films mondialement connus.
Mais qu'y a-t-il dans ce nouvel ouvrage, écrit par votre serviteur, à paraître aux Editions Actusf ? Comme souvent dans mes ouvrages, j'essaie de resituer l'auteur étudié dans son époque, de donner quelques pistes sur sa façon de penser, de procéder, sans négliger sa part sombre. J'essaie de donner un panorama aussi large que possible de son œuvre, de donner un aperçu de son influence, qui vous vous en doutez, est immense.
C'est un changement pour moi, qui m'étais intéressé jusque-là essentiellement à des écrivains ou à des œuvres écrites. Le cinéma (et la télévision) n'étaient pas loin, mais cette fois-ci c'est donc à un cinéaste que je me suis intéressé, sous la coupe de Jérôme Vincent, avec l'aide de son équipe, et n'oublions pas les petits bouts de AnneEli Mo dedans, et l'aide discrète mais si précieuse de Karine Barou. Sans oublier mon amie Steph Chaptal, qui a elle-même écrit un ouvrage consacré à Miyazaki aux Editions Ynnis il y a quelques années, et qui m’a fait le plaisir et l’honneur de le préfacer.
Au-delà de ce schéma somme toute classique, je me suis attaché à différentes thématiques qui traversent l'œuvre du sensei, telles que l'écologie, la paix, ou encore les figures féminines.
Un petit mot au sujet de la couverture. Elle est signée par Damien Dufreney, qui avait déjà posé les éléments sur la première version, qui a dû être suivie par une dizaine d'autres, qui ont permis d'arriver à cette composition consensuelle, comportant un totoro, personnage iconique, mais aussi en adéquation avec le titre Sur les ailes du vent.
Grande fierté de pouvoir vous parler de ce metteur en scène d'exception.
Bastien est paléontologue : sa spécialité ? Étudier les créatures étranges qui naissent de la vape, ce mystérieux brouillard aux propriétés énergétiques extraordinaires qui a recouvert le monde et menace de l’engloutir un peu plus chaque jour. Tour à tour victime d’un dramatique accident en apparence banal duquel il réchappe de justesse et témoin d’un attentat, où sa survie ne tient à nouveau qu’à un fil, il voit son destin basculer. Le voilà pris dans l’engrenage d’une affaire d’espionnage d’envergure internationale, sous les feux croisés d’une société secrète d’assassins, de brutes armées et d’une agence de détectives aux méthodes douteuses. Sans compter qu’une créature cauchemardesque, tout droit venue des Vaineterres, ces zones perdues dans un océan de vape, semble bien décidée à lui faire la peau...
Voilà un roman avec un background intéressant. Une société verticale (les très pauvres en bas, les très riches en haut), entourée par une brume perpétuelle, mouvante et habitée de créatures abominables. Pour éviter cette "vape", les gens se déplacent en ascenseur ou en dirigeable (à ce titre, la version aérienne du naufrage du Titanic est une idée originale). Mais à côté de cela, la façon dont Colin Heine (prononcez Haine, à la française, comme la nationalité de l'auteur) exploite toutes ces belles idées manque particulièrement de maturité : les dialogues sont assez surréalistes parfois, les personnages manquent d'épaisseur et l'hésitation permanente entre plusieurs sous-genres (l'exploration, l'intrigue policière, l'horreur due à des arachnides géants) est maladroite.
Nul doute que Colin Heine a mieux développé cet univers dans son roman suivant, Les Loups des cendres mortes, également sorti chez ActuSF.
L’agent fédéral Ethan Burke reprend conscience, seul et blessé, en pleine rue à Wayward Pines, petite bourgade tranquille de l’Idaho. Partiellement amnésique, il se souvient être à la recherche de deux autres agents mystérieusement disparus dans la région. Il se rend vite compte qu’il n’a plus de papiers, ni de téléphone et, en dépit de ses efforts, il ne parvient à joindre ni sa femme, ni son supérieur, ni personne du monde extérieur. Il y a vraiment quelque chose de bizarre à Wayward Pines, comme chez ses habitants. Lorsqu’Ethan découvre le cadavre horriblement mutilé de l’un des agents qu’il recherchait, l’étrangeté cède la place à un danger mortel.
"Entre Twin Peaks et Stephen King", clame un bandeau rajouté sur le livre. De quoi être hypé, bien sûr. Mais c'est vrai que cette trilogie commence bien, très bien, L'action démarre tout de suite, dans une ambiance paranoïaque de petite ville totalement isolée. Ethan rencontre différentes personnes, dont certaines l'aident, et d'autres plus ambiguës. Mais il semble, seul, terriblement seul face au secret de Wayward Pines. Ce secret qui est révélé dès ce premier tome, et il est plutôt flippant, tant ce qu'il implique donne le vertige.
C'est vraiment bon, on ne s'ennuie pas une seconde, mais... si on lit régulièrement du King, du Koontz ou du McCammon... On n'est pas surpris. On passe un bon moment de lecture, cependant.
Voici donc le 35ème film du Marvel Cinematic Universe, et le 5ème de la phase 5. Après des succès mitigés (les flops de Ant-Man et la Guêpe - Quantumania et The Marvels) et les succès réels mais controversés (Les Gardiens de la Galaxie volume 3 et Deadpool et Wolverine), revoilà donc Anthony Mackie dans le costume de Sam Wilson/Captain America. Après une mission au Mexique en compagnie de Joaquin Torres, les deux hommes sont invités à la Maison blanche pour participer au sommet américano-franco-nippono-indien concernant l'île de Tiamut. Wilson propose à son mentor, Isaiah Bradley, lui aussi un super-soldat, de les accompagner.
Le président, Thaddeus Ross, ennemi historique de Hulk, est alors attaqué par Bradley et quatre autres personnes, visiblement sous emprise. L'homme est rattrapé et remis en prison, et les enquêteurs sont rejoints par Ruth Bat-Seraph, ancienne Veuve et responsable de la sécurité privée de Ross.
Ils découvrent que l'origine de l'attentat est dans une ancienne base militaire en Virginie, et que le responsable est Samuel Sterns, à l'origine de la création de l'Abomination (Voir L'Incroyable Hulk). Mais un secret bien plus grand menace Ross...
Difficile de dégager un avis tranché au sujet de ce film. Il n'apporte pas grand-chose dans la chronologie générale des Avengers, si ce n'est que Ross demande à Wilson de reformer l'équipe de super-héros, et que la suite de l'histoire va sans doute voir des mondes parallèles s'entrechoquer. L'ex-général Ross reviendra dans la prochaine production Marvel, à savoir The Thunderbolts. Il y a également quelques fausses pistes, comme les autres agresseurs du président, qu'on oublie dès qu'on les a mentionnés, ou encore l'apparition très rapide de Bucky Barnes (le Soldat de l'Hiver), pour nous dire qu'il se consacre à une carrière politique. On notera les reshoots concernant un personnage secondaire à l'été 2024, ce qui n'est jamais bon signe, et les effets spéciaux dégoulinants lors de certaines scènes de combat mettant en scène Cap' et Torres (le futur Falcon), ainsi que dans les décors de la grosse scène finale, des cerisiers en fleurs sur une île de Washington.
Dans le positif, citons l'intensité toujours présente chez Ford, même s'il commence à décliner physiquement, et Mackie qui est tout en sobriété. Le film de Julius Onah (The Cloverfield Paradox) n'est pas franchement mauvais, mais il se révèle, au final, anecdotique, malgré la présence d'Harrison Ford.
Voici le programme de la journée Tolkien qui aura lieu le samedi 8 février prochain, à partir de 10h, à Arcueil dans les locaux de Laplace to Be.
10h-12h : Atelier d’écriture et d’initiation à la calligraphie : apprenez à dompter les tengwar, par Irwin Piot et Jean-Michel Jobart (association Tolkiendil)
Pour vous inscrire à l’atelier, envoyez un mail à manuscrits.actusf@gmail.com
13h45-14h15 : Le phénomène Tolkien, par Yannick Chazareng
15h30-16h : Une analyse de la chute de la Maison de Finwë, entre trahisons et orgueil, par Antoine Palama (association Tolkiendil)
16h15-17h : Les Anneaux de Pouvoir respectent-ils le lore du Seigneur des Anneaux ?, par Olivier Lemaitre (association Tolkiendil)
Salué par Ursula Le Guin, l'une des grandes dames de la science-fiction, comme une des plumes les plus brillantes à l’origine de la littérature de fantasy, le théosophe gallois Kenneth Morris s’inspira de l’épopée celtique du Mabinogion, pour écrire des romans qui devaient par la suite sombrer dans l’oubli. Le Livre des Trois Dragons, paru en 1930, narre les aventures du héros Manawyddan. S’y croisent druides, ovates et bardes, guerriers et artisans, dans un récit où les dieux mènent la danse, avec à leur tête Hu Gadarn, l’Empereur des Dieux et des Cymry, les gallois, qui règne sur l’Ile des Puissants.
Paru sept ans avantLe Hobbit de Tolkien, à peine huit ans après Le Serpent Ouroboros, d’E.R. Eddison, et seulement six ans après le séminal chef d’œuvre de Lord Dunsany, La Fille du roi des elfes, ceLivre des Trois Dragons met en scène des bardes et des druides, des guerriers et des artisans magiciens, tous dominés par des entités divines celtes qui n’ont rien à envier aux dieux grecs dans le regard joueur et moqueur qu’ils portent sur les hommes.
Le livre raconte l'histoire de Manawyddan, personnage important de cette mythologie, qui doit accomplir de grandes choses (apprendre à chanter, fabriquer des armes, des objets de la vie courante, et surtout affronter trois dragons, dont un avec lequel le combat semble durer des semaines).
C'est un ouvrage surprenant, un peu tombé dans l'oubli, mais qui n'a rien à envier à ce qu'a fait Tolkien en termes de relecture des mythes, auquel Ursula Le Guin le compara, au même titre qu'E. R. Eddison. Attention, le style archaïsant ainsi que l profusion de noms gallois à rallonge peuvent rendre la lecture un peu dure par moments.