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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

Publié le par Spooky

Ce film est le dernier de la Phase 3 du Marvel Cinematic Universe, après le cataclysme provoqué par Endgame, et la disparition d'un certain nombre de membres des Avengers (et associés). Peter Parker, alias Spider-Man, a bien du mal à gérer la mort de Tony Stark, qui lui a légué en quelque sorte une partie de ses responsabilités. Mais le jeune homme décide d'ignorer celles-ci (comme les appels récurrents de Nick Fury, lui-même orphelin du S.H.I.E.L.D.) pour se projeter dans le futur voyage en Europe de sa classe. Enfin quand je dis Europe, c'est Venise et Paris qui sont prévus au programme. L'adolescent souhaite profiter de l'occasion pour déclarer sa flamme à l'inaccessible et futée MJ. Mais bien sûr tout ne se passe pas comme prévu, et une nouvelle menace sur l'humanité sort -littéralement- des flots à Venise. Mais alors que l'apprenti super-héros hésite à s'engager dans la bataille, un homme volant, dont le visage est dissimulé par un globe, apparaît et attaque la créature élémentaire qui commence à détruire la Cité des Doges. C'est une rencontre marquante et providentielle qui s'offre au jeune homme...

Toujours co-produit par Sony et Marvel Studios, toujours réalisé par Jon Watts, et avec Tom Holland en tête d'affiche. Une équipe qui gagne, puisque ce nouvel opus est plutôt réussi, utilisant toujours ce panachage d'humour et d'action qui font l'essence des histoires du Tisseur et le succès des films. Ce "deuxième" film est plutôt plaisant à suivre, relativement linéaire, et même un peu surprenant pour qui ne connaît pas le personnage de Mystério (ou l'a oublié, comme votre serviteur). Il se passe un certain nombre de choses intéressantes dans l'optique du MCU dans ce long métrage : l'évocation d'un multivers au sein duquel coexistent plusieurs versions de la Terre, une "mise à jour" du costume du Tisseur, ainsi qu'une évolution de sa vie amoureuse et de celle de son entourage. Le personnage de Happy, ancien majordome-garde du corps-chauffeur de Tony Stark, est désormais le sidekick, ou une sorte de pendant encore plus comique que l'adolescent qui se prend pour une araignée.

Le point le plus surprenant du film est peut-être la présence de Jake Gyllenhaal, un des meilleurs acteurs de sa génération, mais qui préfère en général les productions indépendantes (dans lesquelles il est souvent parfait) aux grosses productions survitaminées. Mais on imagine que c'était une sorte de revanche pour celui qui avait failli remplacer au pied levé Tobey Maguire dans le premier Spider-Man de Sam Raimi. et encore une fois il est bluffant, passant de la figure paternaliste et blasée à la folie pure. Il est d'ailleurs à deux doigts de voler la vedette à Holland, qui est très bon dans son rôle.

Pas content Papy Fury.

Au final, on passe un bon moment, et on se dit qu'on va voir Spider-Man prendre de plus en plus de place dans les prochains segments du MCU.


Spooky
 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Lors de la parution en français de ce premier roman de Hugh Howey, en 2013, l'auteur était présenté comme le nouveau phénomène de la SF. Mais qu'en est-il vraiment ? Et d'abord, ça raconte quoi, Silo ?

 

Nous sommes dans une futur indéterminé, post-apocalyptique. Les survivants sont entassés dans un bunker souterrain profond de 144 étages, avec une société bien réglée. En haut les nantis, qui permettent aux autres de venir de temps en temps observer la vue extérieure, ravagée par des gaz délétères et jonchée des cadavres de celles et ceux qui pour des crimes ou des pensées interdits, ont été envoyés au nettoyage des capteurs extérieurs et sont restés dehors. Une micro-société dans laquelle les places sont limitées, un décès donnant lieu à une loterie permettant aux couples candidats d'avoir le droit d'avoir un enfant. Une micro-société régulièrement secouée par des insurrections, et où la mort du shérif Holston va entraîner l'arrivée aux affaires de Juliette, un agent de maintenance plutôt maline, qui va découvrir que le Silo est basé sur un gigantesque mensonge...

Le début du roman n'est pas des plus joyeux. On commence par la sortie à l'extérieur du shérif, après qu'il se soit posé des questions sur le "nettoyage" de son épouse. Sa place laissée vacante va être l'occasion pour la maire Jahns de bousculer l'ordre établi, avant d'elle-même subir les rouages destructeurs de ceux qui tirent les ficelles dans l'ombre... Nous assistons au décès de plusieurs personnes, que Howey avait pris le temps de bien installer. Une grosse moitié du roman (750 pages en poche) baigne dans une atmosphère de mélancolie, à tel point que je me suis cru dans un ouvrage sur le deuil... Et puis à partir du moment où Juliette, la nouvelle shérif, entre en action, renversement de situation, tout s'enchaîne et nous nous retrouvons sur deux théâtres narratifs. Et il se passe beaucoup de choses dans ces deux trames narratives. Howey alterne action, émotion, avec pas mal de brio.

Je ne sais pas trop quoi penser de la fin, qui participe d'une certaine logique, mais manque peut-être d'un peu de punch, d'audace. L'auteur a écrit deux suites, Silo Origines et Silo Générations. J'ai bien aimé ce premier opus, mais je ne sais pas si ces suites seront véritablement originales. Et vous ?


Spooky

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Publié le par Spooky

 

Hans-Ake Lilja est un fan suédois de Stephen King, au point, il y a plus de 20 ans, de créer un site -anglophone-, consacré à l'Horrorus Rex. Pour fêter ces vingt ans, Lilja a décidé de réunir une douzaine de récits de et inspirés par son idole dans un anthologie. Cela donne Shining in the Dark.

 

Mais qui dit "anthologie", dit -hélas- qualité diverse. En effet pour ces 12 récits (et 13 auteurs), les statuts sont différents. Certains récits sont inédits, d'autres ont déjà fait partie de recueils, certains des auteurs sont contemporains, et l'un est plutôt ancien (Edgar Allan Poe). A tout Roi tout honneur, c'est un récit de King publié en 1971 puis en 1981, Le Compresseur bleu, qui ouvre l'anthologie. Et qui est loin d'être son meilleur. Il y a d'autres grands noms du fantastique dans le recueil : Clive Barker, Ramsey Campbell. Il y a aussi des copains de King : Bev Vincent, Stewart O' Nan, Richard Chizmar et un auteur aussi rare que prodigieux, Jack Ketchum, hélas décédé depuis trois ans. Amatrices et amateurs d'histoires, je vous recommande Une fille comme les autres et Fils unique, mais aussi Comme un chien. Ici nous avons une nouvelle écrite avec P. D. Cacek, sur les pièges des réseaux sociaux, assez réussie.

Parmi les récits que j'ai beaucoup appréciés, je citerai L'Attraction des Flammes, qui raconte le calvaire de deux adolescents qui se laissent entraîner dans une sorte de maison hantée de foire. La montée de l'horreur de ce huis-clos est très efficace, et la chute, qualité essentielle dans l'écriture d'une nouvelle, vraiment réussie. Elle est l'oeuvre de Kevin Quigley, qui indique s'être inspiré de la Foire des Ténèbres, classique du genre de Ray Bradbury.

Aeliana, écrit par Bev Vincent, est aussi efficace dans le genre récit très court sur une créature capable de changer de forme et qui ne chasse que pour se nourrir. La Fin de toutes choses, de Brian Keene, est un récit intimiste extrêmement touchant sur la perte accidentelle d'un enfant. Un petit mot du Coeur révélateur, d'Edgar Poe (traduit par Baudelaire) : c'est assez léger, et un peu daté, malheureusement. L'Amour d'une mère, de Brian James Freeman, vaut surtout par sa chute, que je n'ai vue venir que juste avant. Malin.

Le plus gros morceau du recueil se trouve à la fin ; il s'agit de Le Manuel du Gardien, une novella d'une cinquantaine de pages de John Ajvide Lindqvist (qui s'est fait connaître par son roman vampirique Laisse-moi entrer, adapté deux fois au cinéma). Il nous raconte l'histoire d'Albert, lycéen féru de jeux de rôles qui invoque par erreur lors d'une partie une entité mystérieuse, qui semble surveiller l'adolescent de très près... Hommage appuyé aux récits lovecraftiens, dont un écrit par Robert Bloch, auquel Lindqvist a emprunté son monstre, un vampire stellaire.

A noter que la totalité des nouvelles, hormis celle de Poe et celle de Campbell (Jean-Daniel Brèque) a bénéficié des traductions d'Eric Holstein et Annaïg Houesnard. On en vient à ce qui constitue pour moi le point éditorial faible de cette anthologie, qui bénéficie cependant d'une très belle maquette : chaque nouvelle est complétée par deux petits bonus, une sorte de résumé et une anecdote sur l'idée ayant inspiré l'histoire. Des bonus qui sont TOUS relégués en fin de volume, ce qui oblige la lectrice ou le lecteur soit à aller en fin de volume à l'issue de la lecture de chaque nouvelle, soit, arrivé(e) au bout de la lecture des récits, à retourner se remettre en tête les différents récits en lisant ces bonus. Bref, pas très bien pensé, j'estime qu'il eût été bien plus utile de mettre les bonus à la fin de CHAQUE nouvelle. Cela coupe, à mon avis, l'expérience de lecture.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

A Bordeaux, la capitaine Sidonie Sallenave de la police judiciaire et son adjoint Thomas Belloc, sont confrontés à de bizarres assassinats derrière lesquels semble être à l’oeuvre un meurtrier qui s’acharne sur des homosexuels trentenaires. Personne n’est mieux placé que Sallenave, une femme au tempérament bohème qui élève seule trois moutards diaboliques et Belloc, le brillant lieutenant secrètement gay, pour remonter la piste du tueur qu’ils ont surnommé « Vespa velutina », le frelon asiatique. Au cours de leur enquête qui les mène loin de Bordeaux et loin dans le passé, ils rencontrent Camille. Flanqué de Cristal Noir, son schnauzer géant, celui-ci recherche désespérément Gabriel, disparu lui aussi...

Jeanne Faivre d'Arcier a construit son oeuvre sur des romans fantastiques et policiers, s'adressant indifféremment aux adultes comme aux adolescents. Une partie de ses récits se passe à Bordeaux et sur le Bassin d'Arcachon, région où elle réside. Sur le présent blog je vous ai parlé du Vampire de Bacalan et des Encombrants. Ici nous sommes dans le cadre bordelais, avec des escapades en plusieurs points de la Gironde, ainsi qu'au Havre et à Paris, mais il s'agit bel et bien d'un roman régionaliste, dont l'éditeur La Geste est l'un des fers de lance. Le langage des personnages s'en ressent d'ailleurs, surtout au début du roman ; mais les circonstances permettent de bien comprendre les expressions locales, et de se concentrer sur ce drame, la disparition d'un col blanc et de son entourage qui réagit diversement à cette disparition. L'intrigue met un peu de temps à décoller, car Jeanne Faivre d'Arcier s'applique à bien poser le cadre de l'histoire, les enjeux, les positionnements et les relations entre les différents protagonistes, qui sont au final une douzaine, si on compte Cristal noir, l'énorme chien qui sert plus ou moins de béquille aux personnages cassés du récit. Cela leur donne une grosse couche d'authenticité, on s'attache plus facilement à eux. Et on s'en détache plus difficilement, lorsqu'on comprend que certains cachent des lourds secrets...

La barque de la romancière est ma foi fort bien menée, il y a des rebondissements que l'on ne sent pas venir, et encore une fois on sent son goût pour la comédie (ou le drame) de moeurs, avec son humour grinçant, accolée à un récit policier vraiment prenant malgré ses presque 500 pages.

 

Spooky

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

En fin d'année 2020 est sorti un nouveau recueil de Joe Hill, Le Carrousel infernal.

 

Un petit mot de ce titre, d'abord. Son titre original était Full Throttle, du titre de l'un des récits présents, coécrit avec son père Stephen King (Plein Gaz en VF), mais écrit en 2009 pour un collectif-hommage à Richard Matheson. Laquelle nouvelle a été publiée à part en 2014 par les Editions Jean-Claude Lattès. Du coup, lorsqu'il a fallu traduire (et publier) l'ensemble du recueil, c'est une autre nouvelle qui a été choisie.

 

Je ne vais pas vous parler des 13 récits présents, simplement de ceux qui m'ont marqué, pour de bonnes ou de mauvaises raisons. La première étant donc Plein Gaz, je vous renvoie vers ma chronique de l'époque.

Ma nouvelle préférée est probablement Les Retardataires. Elle raconte l'histoire d'un jeune homme qui devient conducteur de bibliobus après la découverte dans le garage de ses parents suicidés d'un livre à rendre à la bibliothèque locale. Mais ce bibliobus a une particularité : parfois montent à son bord des personnes qui semblent venues du passé, et qui ont visiblement besoin de lire un dernier livre. C'est une fable sur le temps, l'Histoire, les livres... Et je vous avoue que j'ai pris mon temps pour le lire, tellement je n'avais pas envie de descendre de ce bus...

Les deux dernières nouvelles sont très bonnes. D'abord Dans les hautes herbes, coécrit avec son père, raconte l'histoire de deux jeunes gens, frère et soeur (cette dernière enceinte et proche du terme), qui lors d'un roadtrip entendent un appel à l'aide venant d'un champ bordant la route. Ils entrent dans les hautes herbes... Pour ne pas en ressortir. A noter que ce récit a été adapté en film Netflix par Vincenzo Natali en 2019.
Ensuite Vous êtes libéré propose un scénario (catastrophe, forcément) suite à l'escalade d'amabilités entre un -désormais- ancien président des Etats-Unis et son homologue nord-coréen... Deux récits glaçants.

On notera que Joe Hill indique en postface les inspirations des différents récits.

 

Au final ce recueil est plutôt de bonne facture, avec des récits "typiquement kingiens" (c'est Hill qui le dit lui-même), et d'autres plus originaux, plus personnels, voire expérimentaux (je pense à Le Diable dans l'escalier et sa mise en forme particulière, ou encore à En direct du Cirque de la mort, ou comment vivre un véritable cauchemar sur les réseaux sociaux...). J'aime.



Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Shirley Jackson, autrice américaine décédée en 1965 à 48 ans, est considérée comme une autrice majeure de son pays, d'autant plus dans le genre fantastique, où elle a signé La Maison hantée (considérée comme un chef-d'oeuvre absolu par Stephen King) et la nouvelle La Loterie, entre autres. Mais ce n'est ni de l'un ni de l'autre dont je vais vous parler aujourd'hui, mais plutôt d'un roman un brin inclassable, considéré comme un classique du thriller.

 

We Have Always Lived in the Castle est sorti en 1962, et traduit en français sous le titre Nous avons toujours habité le château, en 1971. En 2012 une retraduction intégrale chez Payot Rivages le transforme en Nous avons toujours vécu au château, un brin plus respectueux de la lettre et de l'esprit de l'oeuvre originale. Mais passons sur ces considérations, et suivons cette jeune Mary Katherine Blackwood, 18 ans, membre de la famille du même nom qui habite un manoir au coeur de la forêt pas très loin du village, qui part faire ses courses hebdomadaires. Sous l'oeil stupéfait, voire méprisant de la quasi-totalité de la population du village, elle se rend à l'épicerie, se fait servir en priorité puis repart directement à la demeure Blackwood, faisant semblant de ne pas entendre les murmures sur son passage. Une fois arrivée, et après s'être assurée que personne ne l'a suivie et ne la guette aux alentours, elle ferme soigneusement le portail et se rend auprès de sa soeur Constance, de 10 ans son aînée, qui prépare le déjeuner de leur vieil oncle Julian, malade et impotent, qui finit de prendre des notes sur l'évènement qui a décimé leur famille six ans auparavant. Soucieuse de conjurer le mauvais sort, d'éloigner les intrus et les ennuis, "Merricat", comme la surnomme sa soeur, passe l'après-midi dans le grand jardin attenant au château, vérifiant que les trésors qu'elle a enfouis ou cloués un peu partout sont encore là.

Toute la vie des trois survivants, depuis l'évènement, est réglée par ces rituels qui dénotent une raison quelque peu défaillante, même si Constance, qui semble avoir joué un rôle central dans cet évènement, est de loin la plus sensée des trois. Et pourtant on comprend qu'il y a beaucoup d'amour dans ce trio, un amour peut-être renforcé par ce drame. Cela donne des conversations sans queue ni tête, à la fois dramatiques, inquiétants et... drôles par moments tant elles peuvent être absurdes. Cette vie bien réglée va se retrouver bousculée par l'arrivée impromptue d'un membre de la famille, dont les intentions n'apparaîtront qu'à la personne visiblement la plus dérangée du trio, et cela va amener un autre drame, d'une violence choquante, qui va obliger les survivants de la famille à se barricader (métaphoriquement et non métaphoriquement) encore plus, jusqu'à l'absurdité extrême.

 

C'est une lecture exigeante, très prenante, et il faut savoir lire entre les lignes pour comprendre certaines choses, mais pas toutes, certains éléments resteront à jamais un mystère... Mais c'est assurément une oeuvre maîtresse, à la lisière floue du conte de fées, du roman social et du thriller. Troublant, acide, déroutant, oppressant, étrange. A découvrir, assurément.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Divergente est, avec Hunger Games et Le Labyrinthe, l'un des fers de lance de cette vague d'oeuvres étiquetées young adult qui ont cartonné au début des années 2000 et ont connu rapidement des adaptations cinématographiques.

Avec des fortunes artistiques diverses, mais ces trois franchises sont allées au bout. Divergente a ainsi connu trois épisodes, et ce premier nous montre un futur immédiat dans lequel une guerre n'a laissé visiblement que la cité de Chicago debout. La société est réorganisée en 5 factions bien distinctes, caractérisées par leurs apport à ladite société : intellectuels, agriculteurs, techniciens, soldats... Passons sur le manichéisme de cette classification pour nous concentrer sur Beatrice, une jeune femme issue de la caste des Altruistes (les agriculteurs, gentils, attentionnés, mais qui sont au pouvoir), dont le test qui marque son entrée dans la vie adulte révèle qu'elle ne rentre dans aucune case. Elle est donc une Divergente, mais rêve d'intégrer les Audacieux, chargés du maintien de l'ordre. Elle garde donc le silence sur sa nature, et malgré ses débuts difficiles, parvient à être admise au sein des Audacieux. Mais elle apprend que l'ordre établi est sur le point d'être bouleversé par un coup d'Etat, et risque d'en être une actrice majeure.



J'ai souvent pensé à Hunger Games en voyant le film. Une héroïne jeune, dynamique, sportive (ou qui le devient) et va bousculer les codes d'une société entière. Mais là où la franchise ayant révélé Jennifer Lawrence se tenait plus ou moins, celle-ci pêche par une certaine naïveté. Pas mal de raccourcis dans l'histoire, des incohérences, comme la disparition pendant un tiers du film de l'un des leaders des Audacieux ; l'autre leader, avec lequel Beatrice noue une relation particulière, qui fait à peu près ce qu'il veut dans une société ultra-surveillée, et un casting d'inconnus, hormis Kate Winslet, qui ne brille pas vraiment par ses performances... Ajoutez à cela le score du casting, qui réussit à intégrer QUATRE acteurs de second rôle ayant EXACTEMENT la même tête. Ca fait un peu beaucoup, même si l'on assiste à une métamorphose (merci le maquillage) progressive de Shailene Woodley, qui tient le rôle principal. Ce côté aseptisé est d'ailleurs un mauvais point : il y a beaucoup de coups de feu dans Divergente, mais les morts de saignent pas, sauf quand il faut qu'on soit sûr qu'ils meurent... Et le côté futuriste n'est pas flagrant, sauf si on estime pertinents quelques ajouts architecturaux un brin paresseux et UNE voiture volante, au tout début du film. La mise en scène de Neil Burger n'est pas des plus inventives, même si j'ai vu pire. Ce n'est pas le pire navet du genre, mais pas du tout son chef d'oeuvre.



Bref, hormis l'idée d'un sérum qui plonge les candidats dans une simulation les confrontant à leurs peurs, TOUTES LEURS PEURS, on n'en retient pas grand chose.



Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Stephen King revient (encore) avec ce recueil de quatre novellas.

Le Téléphone de M. Harrigan

Craig, treize ans, arrondit ses fins de mois en allant, tous les après-midi, faire la lecture et s'occuper du jardin de M. Harrigan, un businessman retraité. L'histoire se déroulant en 2004, son père offre à l'adolescent le premier iPhone pour son anniversaire. Persuadé que cela pourrait lui être utile, Craig décide d'en offrir un à M. Harrigan, devenu quelque part un grand-père de substitution. C'est lui qui retrouve le vieillard décédé, quelques mois plus tard. Très triste, il pense cependant à prendre son téléphone portable, pour le glisser dans sa poche lors des obsèques. Lorsque Craig se fait molester par une petite brute au lycée, il se sent un peu seul, et envoie un sms racontant sa mésaventure à son ancien employeur. Qui lui répond. Par un message incohérent, quelques lettres sans queue ni tête. Craig prend peur, mais son père le rassure. Le lendemain, l'adolescent apprend le décès de la brute. Quelques années plus tard il apprend la mort tragique de sa prof d'anglais préférée et de son mari, lors d'un accident de la route provoqué par un alcoolique circulant sans permis. Craignant l'abandon des poursuites envers le meurtrier grâce à ses relations, Craig envoie un nouveau message à M. Harrigan, en indiquant qu'il souhaiterait que le coupable meure. Ce qui arrive par la suite...

Si le sujet est assez typique de ceux de King, je dois avouer que, encore une fois, j'ai dévoré cette histoire qui parle de deuil, mais aussi de justice immanente. Comme souvent King ne livre aucune explication, et l'histoire se termine plutôt bien, assez sainement dois-je dire. Cela ressemble toutefois un peu à une nouvelle "fond de tiroir", même si l'ancrage technologique la place dans une période récente.

 

La vie de Chuck

Ca ressemble à la fin du monde... La Californie, victime de plusieurs tremblements de terre, a complètement disparu. Internet a définitivement été coupé, et le réseau téléphonique va probablement suivre... Des cratères se forment sur les routes, certains Etats brûlent entièrement... Un volcan est apparu en Allemagne... Et au milieu de tout ça, une même publicité qui apparaît partout, proclamant ": Charles "Chuck" Krantz. 39 années formidables, merci Chuck !
Dans cette nouvelle antichronologique, Stephen King nous parle du temps qui passe, de fantômes et d'amour. Elle est relativement faiblarde, et surtout assez nébuleuse.

 

Si ça saigne
La troisième novella, qui donne son titre au recueil, nous permet de retrouver un personnage plutôt marquant de l'oeuvre de King, à savoir Holly Gibney, qui a fait son apparition dans la Trilogie Hodges et qui a un rôle assez important dans L'Outsider. Plusieurs années ont passé, et Holly dirige seule l'agence Finders Keepers, qui emploie également Pete, un ancien flic, et Jerome, l'étudiant malin déjà vu avec Hodges. Holly voit un jour à la télé un direct sur une explosion d'origine terroriste dans une école. Au-delà de la sidération et de l'horreur, son attention est attirée par le présentateur, Chet Ondowsky, qui semble changer d'apparence entre son premier reportage, quelques minutes après l'attentat, et son second, quelques heures plus tard... Elle s'en ouvre à son psy, qui la met en relation avec un confrère, dont un patient a quelque chose à lui révéler à ce sujet. Holly voit donc ressurgir le fantôme d'une affaire passée...

Comme il l'explique dans sa note en postface, Holly est le personnage parfait pour partir à la poursuite de ce présentateur télé/charognard (au sens presque propre). C'est un personnage que King adore, et nombre de ses lecteurs (parmi lesquels je m'inclus volontiers) également. C'est une femme qui combat farouchement ses névroses, qui pense à protéger ses amis avant tout, mais qui essaie d'aller de l'avant, de rendre le monde un peu meilleur. Cette novella s'inscrit parfaitement dans le multivers de King, même si elle reste en-dehors du segment Castle Rock.



Rat

Drew Larson est un écrivain contrarié. Professeur d'anglais à l'université, il a à son actif une demie-douzaine de nouvelles publiées, mais n'arrive pas à plonger dans le grand bain, à devenir un romancier. Il a fait des tentatives par le passé, mais elles se sont soldées par des échecs, des échecs douloureux. Mais un jour, sans prévenir, lui arrive l'idée, une image d'un jeune homme tenant en joue une jeune femme dans un saloon, et des témoins stupéfaits. Persuadé que cette fois sera la bonne, il profite de quelques jours de congés pour laisser femme et enfants et aller s'isoler dans le chalet de son père dans le nord du Maine. Peu avant d'y arriver, il serre la main du tenancier de l'épicerie locale, visiblement malade. Dès qu'il s'y attèle, l'écriture coule de manière fluide, il se sent en veine. Mais une tempête homérique s'abat sur la région, tandis que son corps présente les premiers symptômes d'une grippe carabinée. Drew refuse de battre en retraite, et décide de rester dans le chalet. Mais au plus fort de la tourmente, il entend un bruit, un grattement ténu contre la porte d'entrée. Il trouve un rat sur le paillasson, visiblement à deux doigts de trépasser. Au lieu de l'achever, il le ramène à l'intérieur, au chaud. Et le lendemain, le rat lui parle. Et lui propose un pacte.

Ce quatrième récit est lui aussi dans une veine dans laquelle King est à l'aise, celle de l'écrivain confronté à la page blanche, mais aussi à un évènement surnaturel, pour peu, en l'occurrence, que cet avènement ne soit pas une hallucination due à la fièvre (mais une scène à la fin vient balayer cette assertion). Encore une fois King (et pour cause) décrit parfaitement ces frustrations d'auteur, ce souhait d'appartenir à la cour des grands, ce phénomène si particulier quand vous vous retrouvez sous une avalanche d'idées, ou pire, de mots (quand vous hésitez entre 6 ou 7 façons de décrire une scène, un élément du décor ou autre...). C'est... fascinant. Et si l'argument de la novella se révèle un peu faiblard, encore une fois le génie du storytelling et cet ancrage vers la condition d'écrivain prennent le pas sur cette histoire de rat méphistophélique.


Au final j'ai éprouvé un plaisir assez important dans la lecture de ce recueil. King y brasse quelques-uns de ses thèmes fétiches - la préadolescence, la technologie, l'art de l'écriture, Holly Gibney- qui nous amènent en terrain connu et toujours exploré avec plaisir. Tout juste suis-je plus réservé sur La vie de Chuck dont l'argument -la moindre personne possède le monde en elle- me semble fallacieux ou mal exploité. King dit en postface en avoir fait une nouvelle après avoir écrit deux histoires mettant en scène Chuck Krantz. Autant parfois certaines de ces histoires construites de bric et de broc peuvent donner des récits géniaux, autant là ça ne fonctionne pas sur moi.


A l'heure où j'écris ces lignes, la machine à écrire King continue à tourner à plein régime. Later, un polar fantastique aux accents de pulp, est annoncé en France pour le mois d'octobre, alors que Billy Summers sortira en VO en août. Et qu'une troisième nouvelle mettant en scène Gwendy, coécrite avec son complice Richard Chizmar, sortira en février 2022...


Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

En 2017, l'écrivain et anthologiste Richard Chizmar connaît une renommée internationale grâce une novella coécrite avec la superstar Stephen King, intitulée La Boîte à boutons de Gwendy. Visiblement le personnage et son univers lui ont plu, puisqu'il lui donne deux ans plus tard, cette fois seul, une suite.

 

On retrouve donc Gwendy, adulte, devenue écrivain, puis scénariste, puis documentariste avant de basculer dans la politique et de devenir Représentante démocrate. Pour les non-initiés, il s'agit de la chambre basse du Congrès, c'est à dire l'équivalent de notre Assemblée nationale. A ce titre elle est restée très proche de sa ville d'origine, Castle Rock, malgré la majorité républicaine de la population locale. En cette fin d'année 1999, alors qu'elle s'apprête à passer les Fêtes en compagnie de ses parents et que son mari, grand reporter, couvre les évènements tragiques au Timor oriental, la petite ville est secouée par la disparition de deux adolescentes. Peu de temps avant qu'elle s'envole pour son Maine natal, la fameuse boîte aux boutons ressurgit de manière totalement inattendue dans son bureau... Et Gwendy se demande si la magie inhérente à l'objet ne lui permettrait pas de régler certains problèmes...

 

La novella, préfacée par Stephen King, permet de comprendre un peu mieux comment les deux auteurs se sont répartis le boulot sur leur première collaboration. Et de nous expliquer que la suite est du cru du plus jeune auteur (Chizmar est en effet né en 1965, King en 1947). Ca commence bien, très bien, sur une écriture (à nouveau traduite par Michel Pagel) aussi dynamique qu'agréable) ; en fait c'est une tranche de vie plutôt bien racontée, mais dont les défauts affleurent peu à peu au fil du récit : si la rythmique des apparitions de la boîte à boutons est plutôt maîtrisée, il n'en est pas de même pour la plume magique du titre, qui apparaît assez tardivement, et ne constitue finalement que l'argument final de l'histoire. Mais pour en revenir à la boîte, elle garde tout son mystère à la fin de ce deuxième segment, et les effets particuliers qu'elle a sur Gwendy, enfin, les nouveaux effets, sortent carrément de nulle part. C'est là que l'apport de King, qui aux dires de Chizmar n'a joué que les relecteurs, aurait pu aider. Car même dans le surnaturel, il installe une forme de logique, d'implacabilité qui le rend plutôt efficace. C'est dommage d'écrire une histoire de quasiment 300 pages (en format de poche) pour rater le coche.

Pour le reste, c'est une histoire plutôt plaisante, qui a en plus pour cadre la ville fictive créée par King, que Chizmar parvient à rendre plutôt vivante. Pour l'anecdote, un troisième récit mettant en scène Gwendy, cette fois co-écrite par les deux auteurs, devrait sortie en 2022.



Spooky

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

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Il y a treize générations, un astronef-prison s’est écrasé sur un monde d’azur.
Un vrai paradis. Du soleil, la mer à perte de vue, des îles flottantes, des nourritures marines à profusion. Les castes des Détourneurs, des Voyous, des Canailles et des Publicistes se sont adaptées sans peine à cet environnement enchanteur. Mais tout paradis a ses démons. Les Kragens sont des monstres marins semi-intelligents qui dévorent volontiers les réserves des humains. Le plus redoutable d’entre eux est le Roi Kragen qui protège les humains s’ils le nourrissent. Un protecteur de plus en plus avide à mesure qu’il grossit. Mais comment s’en débarrasser sans armes et sur un monde liquide où le métal est introuvable ?

 

Comme l'indique en préface Gérard Klein (non, pas l'acteur pour mamies, mais plutôt l'essayiste et anthologiste du même nom), l'écrivain américain Jack Vance (1916-2013) n'est pas réputé pour les péripéties, pour sa maîtrise de la narration, mais plutôt pour la richesse des mondes qu'il dépeint, des créatures et des décors dont il les peuple. Entre parenthèses, c'est assez... surprenant de voir un directeur de collection/préfacier déprécier un tant soit peu l'auteur qu'il est censé introduire. De Vance, je n'avais lu que Le Cycle de Tschaï, et encore, dans une adaptation en bandes dessinées, qui m'avait semblé inventive mais peu spectaculaire. Il est également connu pour plusieurs cycles : La Terre Mourante, les Princes-Démons, Lyonesse...

 

Dans ce roman "isolé" de 1966 l'adage présenté par Klein se vérifie peu ou prou. Dans cette histoire de descendants d'un équipage humain échoué sur une planète entièrement recouverte d'eau (du moins sur la partie accessible aux personnages de l'histoire), nous avons une micro-société (quelques milliers d'individus) qui vivent dans la crainte et sous la protection d'un monstre marin. Bien sûr des voix vont s'élever contre cet état de fait et ce régime de terreur, et cela va entraîner des scissions au sein de cette micro-société. Vance décrit avec minutie les processus scientifiques (à des stades primaux, mais inspirés par les écrits d'ancêtres ayant connu des civilisations et techniques plus avancées) qui vont permettre de fabriquer des pièges contre les kragens. Et peu à peu se soustraire à leurs raids ravageurs sur les réserves de nourriture, pour enfin gagner la liberté.

De manière un peu grossière, voire un peu grossissante, on pourrait voir dans le schisme produit au sein de cette société un reflet de celui qu'a connu à une époque l'Eglise catholique, à ceci près que les frondeurs menés par Sklar Hast partent pour un monde sans dieu (ou créature faisant figure de), et désireuse de vivre sans se soucier de l'autre, en complète autonomie. Mais le kidnapping de plusieurs membres de la caste qui "communique" avec les kragens ne leur permettra pas de tenir ce rêve bien longtemps.

Il y a tout de même quelques péripéties dans le roman, deux ou trois scènes d'action impliquant des kragens de grande taille, qui laissent libre cours à leur colère face à la révolte des quelques humains qu'ils avaient jusque-là su mater. Heureusement le roman est plutôt court, ce qui permet d'éviter l'ennui. Du coup, quand la quatrième de couverture parle d'"oeuvre maîtresse" de Jack Vance, on a un peu peur...


Spooky

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