Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
...:::Ansible:::...

...:::Ansible:::...

Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Alors que l’Eikô Maru s’apprête à rentrer à bon port, une lumière aveuglante apparaît sous l’eau et le bateau fait inexplicablement naufrage. Dès lors, toute tentative de secours est vouée à l’échec. Sur la petite île d’Ôto, les habitants cherchent la cause de l’événement désespérément, tandis que des bruits de pas assourdissants se font entendre au loin… Une menace ancienne et titanesque fait alors surface, délogée par les essais nucléaires ayant cours en pleine mer : une créature mythique que les locaux ont surnommée « Godzilla ». Une course contre la montre s’engage pour sauver Tokyo…

 

Né en 1904, Shigeru Kayama travailla d'abord comme fonctionnaire dans différents ministères, puis se mit à écrire différentes histoires, relevant d'abord du policier, puis du fantastique. En 1954 il fut engagé par un des producteurs de la firme Tôho, qui voulait lancer un scénario mettant en scène un monstre millénaire réveillé et transformé par les essais nucléaires, que l'occupant américain réalisait alors dans le Pacifique. Kayama écrivit ainsi un script, qui donna plus tard lieu au premier film Gojira (Godzilla pour les Occidentaux), et à ses nombreuses suites. le récit original n'avait jamais été traduit, et encore moins édité en France, les Editions Ynnis ont donc comblé ce manque dans une belle édition, qui adjoint le second script (renommé Le Retour de Godzilla).
 

L'intérêt de ces écrits est avant tout historique. Ecrits pour le cinéma, ils montrent des hommes et des femmes de la société civile qui se retrouvent intégrés (grâce à leur détermination et leur caractère, voire leur ascendance) dans les forces d'autodéfense nipponnes, des villes dévastées par le gigantisme et le souffle atomique d'un kaiju, un pamphlet même pas déguisé au sujet de l'occupation américaine,e t des ravages que pourraient causer la bombe A et la bombe H si elles venaient à être utilisées à nouveau dans des conflits entre nations. A ce sujet, on notera la façon dont est dépeint Godzilla, à la fois monstre mais aussi victime, au travers du prisme du Pr Yamane, très réservé quant au fait de tuer le monstre (ou plutôt LES monstreS, puisqu'un autre kaiju apparaît dans le second récit).

 

Bref, c'est un peu suranné au niveau de l'écriture (et la traduction n'a pas pu gommer totalement cet aspect), mais c'est assez agréable.

 

Spooky

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Personnalités

Dans le cadre d'un projet dont je vous parle bientôt, j'ai été amené à rencontrer Daniel Lobé, acteur français qui touche à tout : cinéma, télévision, théâtre, doublage... L'occasion de discuter de son métier si particulier.

 

Le doublage de Geralt de Riv, dans les jeux the Witcher, constitue-t-il un tournant dans votre carrière de doublage ?

Oui et non. Déjà les gens ont mis du temps à comprendre que c’était moi, ma voix étant vraiment différente dans le jeu. C’est très particulier, parce que c’est mon premier -et mon unique- premier rôle dans le jeu video. Je le dis sans agressivité, sans rancœur, c’est surtout des seconds rôles qu’on me propose. J’ai tout de même, parfois, pris un peu cher quand certains se sont rendus compte que le personnage de Geralt n’était pas doublé par un Blanc. C’était violent, on a envoyé quelques messages à des blogs pour les prévenir que s’ils laissaient certaines remarques, ils seraient poursuivis en justice. Tout a été effacé depuis. Mais à l’inverse, et c’est le plus important, beaucoup de gens m’ont défendu par rapport à toutes ces attaques. Je n’ai aucun problème si on m’explique qu’on n’aime pas ma voix, mon jeu. Mais dire que c’est n’importe quoi de prendre un Noir pour doubler Geralt de Riv, je ne peux l’accepter. Le point positif que je retire de tout ça c’est qu’énormément de gens se sont intéressés à mon travail.

 

C’est fou quand même qu’il y ait encore ce genre de remarques… Je pense par exemple à Omar Sy, pour la série Lupin

Oui, tu ne peux pas l’empêcher, malheureusement. J’avais fait la version française de La Belle et la Bête, et il y avait un acteur espagnol, Eduardo Noriega, qui avait été critiqué… Ce sont des gens derrière leur écran, qui ne se rendaient pas compte, jusqu’à récemment, qu’il y a un impact à la suite de leur insulte virtuelle.

 

Quels sont les jalons de votre carrière de doubleur ?

La série Luther, dans laquelle je double Idris Elba, m’a beaucoup aidé, pareil pour the Witcher donc. Je viens de tourner une série pour France 2, qui s’appelle Le Code, où je joue le premier rôle. C’est une série judiciaire (avec des avocats), en 6 épisodes de 52 minutes, qui va être diffusée fin septembre, a priori. Ce sont de tels projets qui m’aident à tenir les choses sur la longueur ; il faut avoir plus de densité, y laisser un tout petit peu ton ADN pour que ce soit réussi. Parfois les textes sont un petit peu trop écrits et pas assez parlés, mais c’est intéressant de trouver la marge de manœuvre. Sur The Witcher, il avait des moments de colère, qui n’étaient pas tout à fait comme mes moments de colère, mais un peu quand même. Et puis c’est sympa quand sur des tournages, on vous dit « je connais votre voix, mais je ne sais plus d’où… », et qu’après que vous ayiez dit ce que vous avez fait, la personne vous dis « ah ouais, mais c’est super, j’adore ! » (rires) Bon, c’est sympa en ce moment, parce que The Witcher ce sont des jeux video des années 2010, mais en 2030 plus personne n’y jouera (rires).

 

Ce n’est pas trop dur le métier d’acteur en ce moment ?

Je ne me plains pas du tout, parce que contrairement à plein de copains et de copines, j’ai plein de boulot. Outre la série de France 2, je joue prochainement dans une pièce de théâtre d’Alexis Michalik, intitulée Le Porteur d’histoires, je viens de faire un épisode de Cassandre (France 3), je joue un médecin dans le prochain film d’Alexis Michalik, Une histoire d’amour, la série la Faute à Rousseau qui reprend, j’ai aussi énormément de doublages… Maintenant, il faudrait que je prenne mon courage à deux mains, et que j’aille à Londres, quand la situation sanitaire le permettra, pour donner un nouvel élan à ma carrière. Ce n’est pas que je n’aime pas la France, mais avec ma carrure (1,90 m), la voix que j’ai, je suis un peu cantonné aux mêmes rôles. Dans la série Marseille, quand j’étais à côté de Gérard Depardieu, et on me voyait plus que lui… C’était gênant. Quand tu es grand, à l’écran, on ne connaît pas ta taille. Tu prends l’écran. Certains acteurs ne veulent pas tourner avec moi pour cette raison. Et ce n’est pas une question d’ego mal placé. Les places sont chères, et il vaut mieux éviter ce genre de situation. J’ai envie d’aller dans des univers où mon physique ne sera pas un problème, où ça ne détonnera pas. Là j’ai l’opportunité d’aller vers l’international, de passer des castings ailleurs, ce n’était pas possible auparavant, pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le métier. Pour faire ça, il faut être prêt à ne pas bosser pendant un mois, deux mois, trois mois, avoir de l’argent de côté, pouvoir payer les hôtels, les restaurants, et vivre entretemps. Vous pouvez vous lancer, emprunter de l’argent, et faire de la stratégie pendant six mois. Quand on est en stage intensif d’acteur pendant deux mois, eh bien pendant deux mois, il y a zéro argent qui rentre. Il faudrait faire ça quand on débute dans le métier, viser haut très vite, mais aussi rester cohérent. Viser très haut, ça peut vouloir dire ne pas vouloir faire des Marvel, parce que c’est violent, abrutissant… Il faut rester en accord avec sa sensibilité artistique. J’ai joué un avocat en 2005, puis un deuxième, un troisième, un quatrième… J’ai joué un infirmier gay dans une série pendant quatre saisons, vous pouvez être sûr que pendant quelques années on m’a proposé des rôles d’homo.

 

A quoi attribuez-vous ce fait d’être mis dans des cases, en quelque sorte ?

On est dans un marché français où les gens ont tellement besoin d’être rassurés… Ils ne prennent pas de risques, ils veulent que ça marche tout de suite… Mais pour être dans cette tendance, il faut avoir entre 25 et 35 ans, et je n’ai plus l’âge. Je ne renie pas ces cases, par lesquelles il faut passer pour avancer. Mais si l’on veut passer à un autre stade et continuer à bosser, il faut créer ses propres projets, écrire, produire…

 

Et pourquoi ne pas aller directement aux Etats-Unis ?

Je n’aime pas ce pays. Dès que vous sortez de New York, San Francisco et los Angeles, ce n’est pas très relevé. Et au niveau du jeu, ils sont dans des codes outranciers qui leur enlèvent de la vérité. Nous on trouve ça génial, parce que ce sont des Américains, mais à doubler c’est énervant, parce que c’est quasiment impossible que ça ne «sonne » pas doublage… J’ai plus progressé en doublage sur les films anglais. Il y a une théâtralité, certes, mais une vérité du jeu qui est plus proche de la nôtre. Le jeu des doubleurs et des acteurs français a également progressé, une théâtralité lourde qui se gomme progressivement. Comme il y a beaucoup d’acteurs de cinéma qui sont venus à la télévision et au doublage, ils ont apporté cette vérité.

 

Quand on regarde votre carrière, on se rend compte tout de même que vous avez touché un peu à tous les médias : théâtre, cinéma, télévision, et doublage pour petit et grand écrans en plus des jeux vidéo… Je me demandais si cet éclectisme était courant parmi les acteurs français…

Alors déjà, il faut avoir la chance d’avoir un physique qu’on veut voir, et une voix qu’on veut entendre, pour jouer sur plusieurs tableaux. Là tu n’y peux rien, c’est merci Papa, merci Maman, le Bon Dieu pour certains. Je ne me dévalorise pas, mais je ne suis pas un acteur de génie. Je suis besogneux, je mets du temps à comprendre ; ça m’a parfois porté préjudice, parce qu’on a besoin de quelque chose de plus immédiat. Mais dans le résultat, je peux être aussi bon qu’un autre, voire un peu meilleur. Mais les autres vont plus vite, et ça joue. J’ai mis du temps à contourner cette difficulté, c’est mon côté un peu diesel. Sinon, parmi les acteurs polyvalents, il y a Nicolas Marié, Jérémie Covillault, et quelques autres. On doit être une petite dizaine à faire un peu de tout. Les autres ne font que de la télé, ou que du doublage, des voix de pubs… Parfois c’est dur ; j’ai eu des soucis de santé à un moment, de l’extrême fatigue… En vrai, pour faire ce métier, il faut quasiment être un athlète de haut niveau, pour être performant, et durer. Je m’estime chanceux, le métier en France est très dur, il y a beaucoup d’obstacles.

Pour en revenir à Omar Sy, il a été obligé de partir parce qu’en France, on ne lui proposait que des rôles limités : « Tu comprends, il a des problèmes de logement parce qu’il est noir… » ; « C’est un gros dragueur… ; « Il est grand, alors il joue au basket… » [Daniel Lobé souffle en levant les yeux au ciel] Sa réaction (et le mienne) serait « Ah vous en êtes là ? Eh bien on va se dire au revoir, hein… » Sy est bien dans Lupin ; pour moi ce mec a la grâce. Will Smith aussi. Ce ne sont pas forcément des grands acteurs, mais ils dégagent quelque chose. Omar Sy a une sympathie, une aura, qui lui procurent du charisme. Tu as envie de le regarder, tu as envie qu’il aille bien. Il te fait un sourire, tu es sous le charme, il t’a tué.

 

Comment vous vous situez par rapport à ce genre d’acteur ?

Encore une fois je ne me dévalorise pas, mais je pense que je suis un acteur plus « technique ». J’avais eu les boules, mais j’avais fait le casting de Soul (film d’animation Disney/Pixar sorti en 2020, NdR). J’avais fait toutes les bandes-annonces, et même 25 minutes de film. Pour le coup j’étais inversement énervé par rapport au Witcher. Il y avait tout un univers new-yorkais de jazz, il fallait le retranscrire. Ce ne sera jamais aussi bien que la VO, mais dans sa manière de parler, Jamie Foxx avait cette sensibilité. Autant dans The Witcher, le côté new-yorkais de la voix américaine me semblait déplacée, autant là j’avais envie d’y aller sur ce registre. Et c’est complètement gommé dans la version française de Soul. On nous dit « mais ça ne parle pas au public français », mais ce n’est absolument pas vrai. Soul est très bien et ça fonctionne, mais c’est lui, Omar Sy, qu’on entend, et pas son personnage. Sur chaque rôle de doublage que je fais, c’est ma voix, mais j’aime l’idée qu’on ne me reconnaisse pas.

 


Pour avoir un aperçu de la carrière de Daniel Lobé, rendez-vous ici.

Interview réalisée par Spooky, en juin 2021.

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

«  On entre, on prend le fric, on ressort. Personne ne sera blessé.  » 
Damien, Élie, Audrey et Driss étaient certains d’avoir trouvé la réponse à tous leurs problèmes : braquer un bijoutier véreux, qui ne risquerait pas de porter plainte. Mais maintenant, l’irréparable a été commis, et un monstre vengeur est lâché à leurs trousses.
Olivier Salva, policier placardisé dans un groupe de surveillance, devient malgré lui le témoin clé d’un cyclone meurtrier, et se retrouve plongé dans le sillage d'un assassin aussi glacial que méthodique.
Des contrées désertiques aux méandres des rues toulousaines, quand la vindicte est en marche, plus rien ne peut l’arrêter…

 

Cédric Sire était jusqu'à ce roman, paru en 2019 chez Cosmopolis (puis en poche chez Harper Collins), connu sous le nom de Sire Cédric. Un virage symbolique puisque l'un des personnages principaux est une personnes dont l'identité a été effacée. C'est aussi, à l'instar du tueur diabolique et insatiable qui donne libre cours à sa vindicte, une métamorphose : l'auteur teintait jusque-là ses polars et ses thrillers de fantastique, de paranormal, ici point d'éléments surnaturels. Recommandé par Franck Thilliez, un autre auteur brillant du genre, Cédric Sire propose un récit percutant, échevelé, qui ne laisse que peu de temps pour souffler. Ses chapitres sont courts, voire très courts, et passent très vite d'une trame narrative à l'autre, nous permettant de suivre deux traques sans pitié. Certes, le roman fait presque 800 pages en édition de poche, mais on ne les sent absolument pas, l'auteur se révélant comme un redoutable page-turner.

 

Il va falloir que je me penche sur le reste de sa production...

 

Spooky

Voir les commentaires

Publié le par Spooky

Ce film est le dernier de la Phase 3 du Marvel Cinematic Universe, après le cataclysme provoqué par Endgame, et la disparition d'un certain nombre de membres des Avengers (et associés). Peter Parker, alias Spider-Man, a bien du mal à gérer la mort de Tony Stark, qui lui a légué en quelque sorte une partie de ses responsabilités. Mais le jeune homme décide d'ignorer celles-ci (comme les appels récurrents de Nick Fury, lui-même orphelin du S.H.I.E.L.D.) pour se projeter dans le futur voyage en Europe de sa classe. Enfin quand je dis Europe, c'est Venise et Paris qui sont prévus au programme. L'adolescent souhaite profiter de l'occasion pour déclarer sa flamme à l'inaccessible et futée MJ. Mais bien sûr tout ne se passe pas comme prévu, et une nouvelle menace sur l'humanité sort -littéralement- des flots à Venise. Mais alors que l'apprenti super-héros hésite à s'engager dans la bataille, un homme volant, dont le visage est dissimulé par un globe, apparaît et attaque la créature élémentaire qui commence à détruire la Cité des Doges. C'est une rencontre marquante et providentielle qui s'offre au jeune homme...

Toujours co-produit par Sony et Marvel Studios, toujours réalisé par Jon Watts, et avec Tom Holland en tête d'affiche. Une équipe qui gagne, puisque ce nouvel opus est plutôt réussi, utilisant toujours ce panachage d'humour et d'action qui font l'essence des histoires du Tisseur et le succès des films. Ce "deuxième" film est plutôt plaisant à suivre, relativement linéaire, et même un peu surprenant pour qui ne connaît pas le personnage de Mystério (ou l'a oublié, comme votre serviteur). Il se passe un certain nombre de choses intéressantes dans l'optique du MCU dans ce long métrage : l'évocation d'un multivers au sein duquel coexistent plusieurs versions de la Terre, une "mise à jour" du costume du Tisseur, ainsi qu'une évolution de sa vie amoureuse et de celle de son entourage. Le personnage de Happy, ancien majordome-garde du corps-chauffeur de Tony Stark, est désormais le sidekick, ou une sorte de pendant encore plus comique que l'adolescent qui se prend pour une araignée.

Le point le plus surprenant du film est peut-être la présence de Jake Gyllenhaal, un des meilleurs acteurs de sa génération, mais qui préfère en général les productions indépendantes (dans lesquelles il est souvent parfait) aux grosses productions survitaminées. Mais on imagine que c'était une sorte de revanche pour celui qui avait failli remplacer au pied levé Tobey Maguire dans le premier Spider-Man de Sam Raimi. et encore une fois il est bluffant, passant de la figure paternaliste et blasée à la folie pure. Il est d'ailleurs à deux doigts de voler la vedette à Holland, qui est très bon dans son rôle.

Pas content Papy Fury.

Au final, on passe un bon moment, et on se dit qu'on va voir Spider-Man prendre de plus en plus de place dans les prochains segments du MCU.


Spooky
 

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Lors de la parution en français de ce premier roman de Hugh Howey, en 2013, l'auteur était présenté comme le nouveau phénomène de la SF. Mais qu'en est-il vraiment ? Et d'abord, ça raconte quoi, Silo ?

 

Nous sommes dans une futur indéterminé, post-apocalyptique. Les survivants sont entassés dans un bunker souterrain profond de 144 étages, avec une société bien réglée. En haut les nantis, qui permettent aux autres de venir de temps en temps observer la vue extérieure, ravagée par des gaz délétères et jonchée des cadavres de celles et ceux qui pour des crimes ou des pensées interdits, ont été envoyés au nettoyage des capteurs extérieurs et sont restés dehors. Une micro-société dans laquelle les places sont limitées, un décès donnant lieu à une loterie permettant aux couples candidats d'avoir le droit d'avoir un enfant. Une micro-société régulièrement secouée par des insurrections, et où la mort du shérif Holston va entraîner l'arrivée aux affaires de Juliette, un agent de maintenance plutôt maline, qui va découvrir que le Silo est basé sur un gigantesque mensonge...

Le début du roman n'est pas des plus joyeux. On commence par la sortie à l'extérieur du shérif, après qu'il se soit posé des questions sur le "nettoyage" de son épouse. Sa place laissée vacante va être l'occasion pour la maire Jahns de bousculer l'ordre établi, avant d'elle-même subir les rouages destructeurs de ceux qui tirent les ficelles dans l'ombre... Nous assistons au décès de plusieurs personnes, que Howey avait pris le temps de bien installer. Une grosse moitié du roman (750 pages en poche) baigne dans une atmosphère de mélancolie, à tel point que je me suis cru dans un ouvrage sur le deuil... Et puis à partir du moment où Juliette, la nouvelle shérif, entre en action, renversement de situation, tout s'enchaîne et nous nous retrouvons sur deux théâtres narratifs. Et il se passe beaucoup de choses dans ces deux trames narratives. Howey alterne action, émotion, avec pas mal de brio.

Je ne sais pas trop quoi penser de la fin, qui participe d'une certaine logique, mais manque peut-être d'un peu de punch, d'audace. L'auteur a écrit deux suites, Silo Origines et Silo Générations. J'ai bien aimé ce premier opus, mais je ne sais pas si ces suites seront véritablement originales. Et vous ?


Spooky

Voir les commentaires

Publié le par Spooky

 

Hans-Ake Lilja est un fan suédois de Stephen King, au point, il y a plus de 20 ans, de créer un site -anglophone-, consacré à l'Horrorus Rex. Pour fêter ces vingt ans, Lilja a décidé de réunir une douzaine de récits de et inspirés par son idole dans un anthologie. Cela donne Shining in the Dark.

 

Mais qui dit "anthologie", dit -hélas- qualité diverse. En effet pour ces 12 récits (et 13 auteurs), les statuts sont différents. Certains récits sont inédits, d'autres ont déjà fait partie de recueils, certains des auteurs sont contemporains, et l'un est plutôt ancien (Edgar Allan Poe). A tout Roi tout honneur, c'est un récit de King publié en 1971 puis en 1981, Le Compresseur bleu, qui ouvre l'anthologie. Et qui est loin d'être son meilleur. Il y a d'autres grands noms du fantastique dans le recueil : Clive Barker, Ramsey Campbell. Il y a aussi des copains de King : Bev Vincent, Stewart O' Nan, Richard Chizmar et un auteur aussi rare que prodigieux, Jack Ketchum, hélas décédé depuis trois ans. Amatrices et amateurs d'histoires, je vous recommande Une fille comme les autres et Fils unique, mais aussi Comme un chien. Ici nous avons une nouvelle écrite avec P. D. Cacek, sur les pièges des réseaux sociaux, assez réussie.

Parmi les récits que j'ai beaucoup appréciés, je citerai L'Attraction des Flammes, qui raconte le calvaire de deux adolescents qui se laissent entraîner dans une sorte de maison hantée de foire. La montée de l'horreur de ce huis-clos est très efficace, et la chute, qualité essentielle dans l'écriture d'une nouvelle, vraiment réussie. Elle est l'oeuvre de Kevin Quigley, qui indique s'être inspiré de la Foire des Ténèbres, classique du genre de Ray Bradbury.

Aeliana, écrit par Bev Vincent, est aussi efficace dans le genre récit très court sur une créature capable de changer de forme et qui ne chasse que pour se nourrir. La Fin de toutes choses, de Brian Keene, est un récit intimiste extrêmement touchant sur la perte accidentelle d'un enfant. Un petit mot du Coeur révélateur, d'Edgar Poe (traduit par Baudelaire) : c'est assez léger, et un peu daté, malheureusement. L'Amour d'une mère, de Brian James Freeman, vaut surtout par sa chute, que je n'ai vue venir que juste avant. Malin.

Le plus gros morceau du recueil se trouve à la fin ; il s'agit de Le Manuel du Gardien, une novella d'une cinquantaine de pages de John Ajvide Lindqvist (qui s'est fait connaître par son roman vampirique Laisse-moi entrer, adapté deux fois au cinéma). Il nous raconte l'histoire d'Albert, lycéen féru de jeux de rôles qui invoque par erreur lors d'une partie une entité mystérieuse, qui semble surveiller l'adolescent de très près... Hommage appuyé aux récits lovecraftiens, dont un écrit par Robert Bloch, auquel Lindqvist a emprunté son monstre, un vampire stellaire.

A noter que la totalité des nouvelles, hormis celle de Poe et celle de Campbell (Jean-Daniel Brèque) a bénéficié des traductions d'Eric Holstein et Annaïg Houesnard. On en vient à ce qui constitue pour moi le point éditorial faible de cette anthologie, qui bénéficie cependant d'une très belle maquette : chaque nouvelle est complétée par deux petits bonus, une sorte de résumé et une anecdote sur l'idée ayant inspiré l'histoire. Des bonus qui sont TOUS relégués en fin de volume, ce qui oblige la lectrice ou le lecteur soit à aller en fin de volume à l'issue de la lecture de chaque nouvelle, soit, arrivé(e) au bout de la lecture des récits, à retourner se remettre en tête les différents récits en lisant ces bonus. Bref, pas très bien pensé, j'estime qu'il eût été bien plus utile de mettre les bonus à la fin de CHAQUE nouvelle. Cela coupe, à mon avis, l'expérience de lecture.

 

Spooky

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

A Bordeaux, la capitaine Sidonie Sallenave de la police judiciaire et son adjoint Thomas Belloc, sont confrontés à de bizarres assassinats derrière lesquels semble être à l’oeuvre un meurtrier qui s’acharne sur des homosexuels trentenaires. Personne n’est mieux placé que Sallenave, une femme au tempérament bohème qui élève seule trois moutards diaboliques et Belloc, le brillant lieutenant secrètement gay, pour remonter la piste du tueur qu’ils ont surnommé « Vespa velutina », le frelon asiatique. Au cours de leur enquête qui les mène loin de Bordeaux et loin dans le passé, ils rencontrent Camille. Flanqué de Cristal Noir, son schnauzer géant, celui-ci recherche désespérément Gabriel, disparu lui aussi...

Jeanne Faivre d'Arcier a construit son oeuvre sur des romans fantastiques et policiers, s'adressant indifféremment aux adultes comme aux adolescents. Une partie de ses récits se passe à Bordeaux et sur le Bassin d'Arcachon, région où elle réside. Sur le présent blog je vous ai parlé du Vampire de Bacalan et des Encombrants. Ici nous sommes dans le cadre bordelais, avec des escapades en plusieurs points de la Gironde, ainsi qu'au Havre et à Paris, mais il s'agit bel et bien d'un roman régionaliste, dont l'éditeur La Geste est l'un des fers de lance. Le langage des personnages s'en ressent d'ailleurs, surtout au début du roman ; mais les circonstances permettent de bien comprendre les expressions locales, et de se concentrer sur ce drame, la disparition d'un col blanc et de son entourage qui réagit diversement à cette disparition. L'intrigue met un peu de temps à décoller, car Jeanne Faivre d'Arcier s'applique à bien poser le cadre de l'histoire, les enjeux, les positionnements et les relations entre les différents protagonistes, qui sont au final une douzaine, si on compte Cristal noir, l'énorme chien qui sert plus ou moins de béquille aux personnages cassés du récit. Cela leur donne une grosse couche d'authenticité, on s'attache plus facilement à eux. Et on s'en détache plus difficilement, lorsqu'on comprend que certains cachent des lourds secrets...

La barque de la romancière est ma foi fort bien menée, il y a des rebondissements que l'on ne sent pas venir, et encore une fois on sent son goût pour la comédie (ou le drame) de moeurs, avec son humour grinçant, accolée à un récit policier vraiment prenant malgré ses presque 500 pages.

 

Spooky

 

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

En fin d'année 2020 est sorti un nouveau recueil de Joe Hill, Le Carrousel infernal.

 

Un petit mot de ce titre, d'abord. Son titre original était Full Throttle, du titre de l'un des récits présents, coécrit avec son père Stephen King (Plein Gaz en VF), mais écrit en 2009 pour un collectif-hommage à Richard Matheson. Laquelle nouvelle a été publiée à part en 2014 par les Editions Jean-Claude Lattès. Du coup, lorsqu'il a fallu traduire (et publier) l'ensemble du recueil, c'est une autre nouvelle qui a été choisie.

 

Je ne vais pas vous parler des 13 récits présents, simplement de ceux qui m'ont marqué, pour de bonnes ou de mauvaises raisons. La première étant donc Plein Gaz, je vous renvoie vers ma chronique de l'époque.

Ma nouvelle préférée est probablement Les Retardataires. Elle raconte l'histoire d'un jeune homme qui devient conducteur de bibliobus après la découverte dans le garage de ses parents suicidés d'un livre à rendre à la bibliothèque locale. Mais ce bibliobus a une particularité : parfois montent à son bord des personnes qui semblent venues du passé, et qui ont visiblement besoin de lire un dernier livre. C'est une fable sur le temps, l'Histoire, les livres... Et je vous avoue que j'ai pris mon temps pour le lire, tellement je n'avais pas envie de descendre de ce bus...

Les deux dernières nouvelles sont très bonnes. D'abord Dans les hautes herbes, coécrit avec son père, raconte l'histoire de deux jeunes gens, frère et soeur (cette dernière enceinte et proche du terme), qui lors d'un roadtrip entendent un appel à l'aide venant d'un champ bordant la route. Ils entrent dans les hautes herbes... Pour ne pas en ressortir. A noter que ce récit a été adapté en film Netflix par Vincenzo Natali en 2019.
Ensuite Vous êtes libéré propose un scénario (catastrophe, forcément) suite à l'escalade d'amabilités entre un -désormais- ancien président des Etats-Unis et son homologue nord-coréen... Deux récits glaçants.

On notera que Joe Hill indique en postface les inspirations des différents récits.

 

Au final ce recueil est plutôt de bonne facture, avec des récits "typiquement kingiens" (c'est Hill qui le dit lui-même), et d'autres plus originaux, plus personnels, voire expérimentaux (je pense à Le Diable dans l'escalier et sa mise en forme particulière, ou encore à En direct du Cirque de la mort, ou comment vivre un véritable cauchemar sur les réseaux sociaux...). J'aime.



Spooky

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Shirley Jackson, autrice américaine décédée en 1965 à 48 ans, est considérée comme une autrice majeure de son pays, d'autant plus dans le genre fantastique, où elle a signé La Maison hantée (considérée comme un chef-d'oeuvre absolu par Stephen King) et la nouvelle La Loterie, entre autres. Mais ce n'est ni de l'un ni de l'autre dont je vais vous parler aujourd'hui, mais plutôt d'un roman un brin inclassable, considéré comme un classique du thriller.

 

We Have Always Lived in the Castle est sorti en 1962, et traduit en français sous le titre Nous avons toujours habité le château, en 1971. En 2012 une retraduction intégrale chez Payot Rivages le transforme en Nous avons toujours vécu au château, un brin plus respectueux de la lettre et de l'esprit de l'oeuvre originale. Mais passons sur ces considérations, et suivons cette jeune Mary Katherine Blackwood, 18 ans, membre de la famille du même nom qui habite un manoir au coeur de la forêt pas très loin du village, qui part faire ses courses hebdomadaires. Sous l'oeil stupéfait, voire méprisant de la quasi-totalité de la population du village, elle se rend à l'épicerie, se fait servir en priorité puis repart directement à la demeure Blackwood, faisant semblant de ne pas entendre les murmures sur son passage. Une fois arrivée, et après s'être assurée que personne ne l'a suivie et ne la guette aux alentours, elle ferme soigneusement le portail et se rend auprès de sa soeur Constance, de 10 ans son aînée, qui prépare le déjeuner de leur vieil oncle Julian, malade et impotent, qui finit de prendre des notes sur l'évènement qui a décimé leur famille six ans auparavant. Soucieuse de conjurer le mauvais sort, d'éloigner les intrus et les ennuis, "Merricat", comme la surnomme sa soeur, passe l'après-midi dans le grand jardin attenant au château, vérifiant que les trésors qu'elle a enfouis ou cloués un peu partout sont encore là.

Toute la vie des trois survivants, depuis l'évènement, est réglée par ces rituels qui dénotent une raison quelque peu défaillante, même si Constance, qui semble avoir joué un rôle central dans cet évènement, est de loin la plus sensée des trois. Et pourtant on comprend qu'il y a beaucoup d'amour dans ce trio, un amour peut-être renforcé par ce drame. Cela donne des conversations sans queue ni tête, à la fois dramatiques, inquiétants et... drôles par moments tant elles peuvent être absurdes. Cette vie bien réglée va se retrouver bousculée par l'arrivée impromptue d'un membre de la famille, dont les intentions n'apparaîtront qu'à la personne visiblement la plus dérangée du trio, et cela va amener un autre drame, d'une violence choquante, qui va obliger les survivants de la famille à se barricader (métaphoriquement et non métaphoriquement) encore plus, jusqu'à l'absurdité extrême.

 

C'est une lecture exigeante, très prenante, et il faut savoir lire entre les lignes pour comprendre certaines choses, mais pas toutes, certains éléments resteront à jamais un mystère... Mais c'est assurément une oeuvre maîtresse, à la lisière floue du conte de fées, du roman social et du thriller. Troublant, acide, déroutant, oppressant, étrange. A découvrir, assurément.

 

Spooky

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Divergente est, avec Hunger Games et Le Labyrinthe, l'un des fers de lance de cette vague d'oeuvres étiquetées young adult qui ont cartonné au début des années 2000 et ont connu rapidement des adaptations cinématographiques.

Avec des fortunes artistiques diverses, mais ces trois franchises sont allées au bout. Divergente a ainsi connu trois épisodes, et ce premier nous montre un futur immédiat dans lequel une guerre n'a laissé visiblement que la cité de Chicago debout. La société est réorganisée en 5 factions bien distinctes, caractérisées par leurs apport à ladite société : intellectuels, agriculteurs, techniciens, soldats... Passons sur le manichéisme de cette classification pour nous concentrer sur Beatrice, une jeune femme issue de la caste des Altruistes (les agriculteurs, gentils, attentionnés, mais qui sont au pouvoir), dont le test qui marque son entrée dans la vie adulte révèle qu'elle ne rentre dans aucune case. Elle est donc une Divergente, mais rêve d'intégrer les Audacieux, chargés du maintien de l'ordre. Elle garde donc le silence sur sa nature, et malgré ses débuts difficiles, parvient à être admise au sein des Audacieux. Mais elle apprend que l'ordre établi est sur le point d'être bouleversé par un coup d'Etat, et risque d'en être une actrice majeure.



J'ai souvent pensé à Hunger Games en voyant le film. Une héroïne jeune, dynamique, sportive (ou qui le devient) et va bousculer les codes d'une société entière. Mais là où la franchise ayant révélé Jennifer Lawrence se tenait plus ou moins, celle-ci pêche par une certaine naïveté. Pas mal de raccourcis dans l'histoire, des incohérences, comme la disparition pendant un tiers du film de l'un des leaders des Audacieux ; l'autre leader, avec lequel Beatrice noue une relation particulière, qui fait à peu près ce qu'il veut dans une société ultra-surveillée, et un casting d'inconnus, hormis Kate Winslet, qui ne brille pas vraiment par ses performances... Ajoutez à cela le score du casting, qui réussit à intégrer QUATRE acteurs de second rôle ayant EXACTEMENT la même tête. Ca fait un peu beaucoup, même si l'on assiste à une métamorphose (merci le maquillage) progressive de Shailene Woodley, qui tient le rôle principal. Ce côté aseptisé est d'ailleurs un mauvais point : il y a beaucoup de coups de feu dans Divergente, mais les morts de saignent pas, sauf quand il faut qu'on soit sûr qu'ils meurent... Et le côté futuriste n'est pas flagrant, sauf si on estime pertinents quelques ajouts architecturaux un brin paresseux et UNE voiture volante, au tout début du film. La mise en scène de Neil Burger n'est pas des plus inventives, même si j'ai vu pire. Ce n'est pas le pire navet du genre, mais pas du tout son chef d'oeuvre.



Bref, hormis l'idée d'un sérum qui plonge les candidats dans une simulation les confrontant à leurs peurs, TOUTES LEURS PEURS, on n'en retient pas grand chose.



Spooky

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 > >>

Articles récents

Hébergé par Overblog