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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

Publié le par Spooky

Hayao Miyazaki est peut-être le Japonais le plus connu dans le monde. Cofondateur du Studio Ghibli, on lui doit des chefs-d'œuvre d'animation comme Mon voisin Totoro, Princesse Mononoké, Le Voyage de Chihiro ou plus récemment Le Garçon et le Héron, des films mondialement connus.

Mais qu'y a-t-il dans ce nouvel ouvrage, écrit par votre serviteur, à paraître aux Editions Actusf ? Comme souvent dans mes ouvrages, j'essaie de resituer l'auteur étudié dans son époque, de donner quelques pistes sur sa façon de penser, de procéder, sans négliger sa part sombre. J'essaie de donner un panorama aussi large que possible de son œuvre, de donner un aperçu de son influence, qui vous vous en doutez, est immense. 
C'est un changement pour moi, qui m'étais intéressé jusque-là essentiellement à des écrivains ou à des œuvres écrites. Le cinéma (et la télévision) n'étaient pas loin, mais cette fois-ci c'est donc à un cinéaste que je me suis intéressé, sous la coupe de Jérôme Vincent, avec l'aide de son équipe, et n'oublions pas les petits bouts de AnneEli Mo dedans, et l'aide discrète mais si précieuse de Karine Barou. Sans oublier mon amie Steph Chaptal, qui a elle-même écrit un ouvrage consacré à Miyazaki aux Editions Ynnis il y a quelques années, et qui m’a fait le plaisir et l’honneur de le préfacer.

Au-delà de ce schéma somme toute classique, je me suis attaché à différentes thématiques qui traversent l'œuvre du sensei, telles que l'écologie, la paix, ou encore les figures féminines. 

Un petit mot au sujet de la couverture. Elle est signée par Damien Dufreney, qui avait déjà posé les éléments sur la première version, qui a dû être suivie par une dizaine d'autres, qui ont permis d'arriver à cette composition consensuelle, comportant un totoro, personnage iconique, mais aussi en adéquation avec le titre Sur les ailes du vent.

Grande fierté de pouvoir vous parler de ce metteur en scène d'exception. 

 

Spooky
 

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Publié le par Spooky

 

Une jeune femme assassinée dans un hôtel sinistre de Manhattan. Un père décapité en public sous le soleil cuisant d’Arabie Saoudite. Un chercheur torturé devant un laboratoire syrien ultrasecret. Un complot visant à commettre un effroyable crime contre l'humanité. Et en fil rouge, reliant ces événements, un homme répondant au nom de Pilgrim. Pilgrim est le nom de code d’un individu qui n’existe pas officiellement. Il a autrefois dirigé une unité d’élite des Services secrets américains. Avant de se retirer dans l’anonymat le plus total, il a écrit le livre de référence sur la criminologie et la médecine légale. Mais son passé d’agent secret va bientôt le rattraper…

La taille du roman impressionne. Il fait en effet 900 pages en version poche. Il faut dire que Terry Hayes est une sorte de perfectionniste. Il nous détaille le passé de Pilgrim (qui utilise d'ailleurs une demie-douzaine d'identités différentes au cours de l'histoire), ses débuts en tant qu'agent de renseignement, les hauts faits de son passé permettant d'éclairer certains passages du présent, ou encore sa rencontre avec des protagonistes importants. Mais aussi la lente maturation de sa cible, celui qu'il traque en Asie mineure. C'est très très dense, rien n'est laissé au hasard, mais pour le coup lâcher un peu de lest n'aurait pas été une mauvaise idée. On est dans un récit un peu à la James Bond, comme en témoigne une rocambolesque scène de gunfight dans un hangar à bateaux, le côté tombeur de ces dames en moins.
 

Et puis, sans aller jusqu'à dire que tout est facile pour Pilgrim (un pseudo finalement très peu utilisé), il y a de sacrées coïncidences. Ainsi la femme-flic qu'il rencontre à Bodrum, en Turquie, joue-t-elle un rôle clé dans la traque qu'il mène, sous couvert d'une affaire de meurtre pour milliardaire. Ainsi la plupart des Turcs qu'il croise parlent-ils anglais, souvent très bien, parfois suffisamment pour qu'ils se comprennent, y compris au fon fond de la campagne ou dans un petit village de pêcheurs. Il y a aussi, parfois, un petit fond de sentiment de supériorité typiquement américaine : les Turcs sont corrompus, le système de télécommunication local est pourri (mais heureusement qu'il y a des satellites américains pour tout arranger), les Japonais sont des maîtres dans l'art de la torture, et les Albanais sont des mercenaires, experts dans l'art du crochetage de serrure, etc. 
 

Sans que le bouquin en soit truffé, ces lieux communs (sans parler des bondieuseries en fin de parcours, qui tombent un peu comme des cheveux sur la soupe) m'ont un peu gêné dans la lecture, qui fut tout de même agréable, l'écriture de Hayes (aidée par la traduction de Sophie Bastide-Foltz) est plutôt prenante. On n'est pas loin du redoutable page-turner, ça se lit relativement vite (pour 900 pages).



Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Voici donc le dernier King traduit en date, le septième mettant en scène son personnage fétiche du moment, Holly Gibney, détective privée dotée d'une intuition hors du commun mais aussi d'un neuroatypisme pouvant l'handicaper dans les relations sociales. Cette fois-ci Holly est engagée par une star de l'édition, une certaine Kate McKay, chantre du féminisme et pro-choix qui entame une tournée de promotion mâtinée de one woman show à travers les Etats-Unis, et qui pense que sa vie est menacée après une agression sur son assistante, Corrie. Dans le même temps Holly est informée par son amie policière Isabelle "Izzy" Jaynes d'une nouvelle affaire qui secoue leur petite ville de l'Ohio, celle d'un homme qui abat des personnes au hasard et glisse dans les doigts des victimes des papiers comportant les noms des douze jurés ayant fait condamner à tort un homme pour pédopornographie. Un homme qui a été tué en prison par un co-détenu... 

 

Holly a par le passé, à deux reprises au moins, eu affaire à des créatures dont l'existence et les motivations dépassent l'entendement. Mais dans les autres, nous sommes dans du thriller relativement basique, si on met de côté le profil particulier de Holly. C'est le cas ici, si l'on excepte la toute dernière scène. Les deux affaires dans lesquelles est impliquée Holly se rejoignent dans un final assez violent, et le sous-texte du roman est quant à lui politiquement chargé.

 

Car nous avons en effet deux détraqué(e)s qui agressent des gens au hasard ou pas : l'un(e), mû(e) par un sentiment de mission religieuse, veut à tout prix empêcher une influente pro-choix -mais pas systématiquement pour l'avortement, la nuance est importante, de faire des adeptes par le biais de ses conférences. Quitte à mourir avec elle. L'autre, rongé(e) par la culpabilité souhaite en finir, mais pas seul(e). Malheureusement pour eux, se trouvent sur leur route cette détective hors normes et ses amis, de longue date ou de circonstance. King s'efforce de nous mettre dans leurs tête, de nous faire comprendre leurs motivations, mais force est de conclure que ce sont des maboules, selon les termes même de l'un des personnages. La religion, l'obscurantisme, le patriarcat : les causes de nombreux maux, mais surtout des méfaits, des crimes de ces deux personnages. On voit clairement le positionnement de King dans tout ça, d'autant plus qu'il liste en postface plusieurs personnes ayant été tuées parce qu'œuvrant pour faciliter l'accès des femmes à l'avortement.

 

Disons quelques mots une nouvelle fois sur la traduction du titre très approximative : Never flinch est devenu Ne jamais trembler, alors que cela s'approche plutôt de Ne jamais flancher... Mais après The Outsider devenu l'Outsider (!) et Later devenu Après (notamment), Albin Michel n'est plus à une approximation près, tant que le nom de King est sur la couverture, ça se vend par palettes.

 

Que penser de ce nouvel opus ? Ce n'est pas le meilleur roman du King, pas même le meilleur mettant en scène Holly. On se retrouve assez vite perdu dans l'intrigue, tortueuse, avec une dizaine de personnages principaux et secondaires, même si certains sont familiers (au-delà de Holly, Pete Huntley et les frère et sœur Jerome et Barbara Robinson, Izzy Jaynes était déjà présente au début de la trilogie Hodges). j'ai eu surtout l'impression que l'auteur voulait livrer en sous-titre un plaidoyer pour le choix en cas de grossesse non désirée, d'hommage aux bénévoles et professionnels des services d'IVG et planning familial (dont les noms de certains, victimes de la folie de leurs détracteurs, sont listés en fin d'ouvrage). Etant sensibilisé à la question (et pro-choix moi aussi), il a trouvé en moi un allié certain. Et s'est sans toute attiré de nouvelles inimitiés (si c'était encore possible) dans les rangs de MAGA. Mais je trouve que ce plaidoyer est assez mou, le personnage de Kate Mc Kay étant plutôt bancal, et les deux "méchants" trop caricaturaux. Ce qui affaiblit le message du roman. Un peu bof, finalement. En revanche l'atmosphère du roman est assez noire, désespérée, ça reste du thriller de bon niveau.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Séries TV

Il y a une douzaine d'années Stephen King amorçait un virage important dans son œuvre, avec le roman Mr Mercedes. Un virage important parce qu'il entamait une sorte de cycle, plus orienté sur le polar, avec seulement des petites touches de fantastique. Un cycle également amorcé avec l'apparition d'un personnage particulier, Holly Gibney. Une jeune femme neuroatypique, dont la névrose principale est la sociopathie, mais dont les capacités de déduction lui ont permis de devenir une enquêtrice de tout premier plan, plébiscitée par le public (et par King lui-même). Ce roman couronné de succès a été directement suivi par deux autres, Carnets noirs et Fin de ronde.

Dès 2016 une série adaptant ce qu'on appelle La Trilogie Hodges ou la Trilogie Mr Mercedes a été mise en production. C'est David E. Kelley, connu pour Ally Mc Beal et The Practice ou encore Big Little One, qui est chargé de produire la série. Il trouve son réalisateur de référence avec Jack Bender (Boston Justice, les Sopranos, Lost, etc.). Il fallait trouver avant tout des interprètes solides pour le rôle de Bill Hodges, l'ex-flic hanté par l'affaire dudit Mr Mercedes, et l'auteur de cette hantise, Brady Hartsfield. Pour ce dernier c'est le Britannique Harry Treadaway (Penny Dreadful), qui révèle la profondeur de son jeu, à la fois séduisant et flippant. Pour Hodges, l'acteur parfait a également été trouvé : Brendan Gleeson met toute son expérience et son caractère irlandais dans la peau de cet ex-flic en bout de course et bourru. L'ensemble des interprètes est également intéressant, mais je mentionnerai spécialement Breeda Wool, qui incarne Lou Linklatter, la collègue lesbienne et un brin marginale de Hartsfield, et Justine Lupe, qui prête ses traits à Holly.

La première saison adapte le premier segment de la trilogie, qui voit Hartsfield foncer sur une foule avec une Mercedes volée, puis jouer au chat et à la souris avec Hodges, qui n'a pas réussi à le coincer lorsqu'il était en charge de son cas au sein de la police de Bridgton, Ohio. Aidé par ses intuitions et le concours de Holly ainsi que de Jerome, le jeune homme très malin qui tond sa pelouse, Hodges, au bord du suicide, va finalement remonter la pente et reprendre sa traque du tueur à la Mercedes. La deuxième et la troisième saisons s'attachent plutôt à transposer le segment final de la trilogie, alors que [SPOILER] Hartsfield, grièvement blessé par Holly, recouvre petit à petit ses capacités sur son lit d'hôpital, bien aidé par des expérimentations médicamenteuses d'un neuro-chirurgien. Le deuxième tome, qui se concentre sur une enquête menée par Hodges et Gibney, est finalement présent dans la troisième saison. Les scénaristes ont vraiment choisi de traiter le segment "Brady" dans les deux première saisons, ce qui n'est pas une mauvaise idée.

L'ensemble est plutôt bien foutu, c'est une série de bonne facture, portée par son casting dominé par Gleeson et Breeda Wool, déjà citée, et Gabriel Ebert, qui incarne une petite frappe qui pète un boulard dans la troisième saison. Comme je l'ai indiqué, les scénaristes ont quelque peu modifié la chrnologie générale de la trilogie, mais aussi la chronologie interne, surtout celle de Carnets noirs. Ainsi Tina, la sœur maligne du jeune Tom Saubers, qui rentre par hasard en possession des manuscrits inédits d'un auteur qui meurt dans des circonstances non élucidées, disparaît-elle, et l'action est-elle concentrée sur l'année 2013, et non plus sur les années 80 et 2010. Exit également le rôle croissant joué par Barbara, la jeune soeur de Jerome. Un Jerome bien diminué dans cette adaptation, tout comme Holly Gibney, également sous-utilisée. 

Je vais m'arrêter là car il serait vain de lister toutes les différences entre les romans et la série, d'abord parce que toute adaptation est de fait une trahison, et que la dynamique, le rythme et les codes des séries sont forcément différents de ceux des romans. Ce qui est important est le fait que cette série soit réellement de qualité, globalement. On passera sur les erreurs artistiques comme la disposition d'une cellule d'hôpital psychiatrique qui change d'une séquence à l'autre, ou des cicatrices sur le visage d'un personnage qui sont à géométrie variable. D'autres petites choses m'ont un peu chagriné, mais j'ai tout de même passé un bon, voire un très bon moment (près de 30 heures de visionnage au final) devant mon écran.
 

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Dans l'épisode II, on avait laissé la petite ville de Perdido dans une drôle de situation, des enjeux de pouvoir exacerbés ainsi qu'une digue dressée pour contrer les flots furieux de la rivière voisine. Tout n'est donc pas terminé pour la famille Caskey, la plus influente de la ville, loin de là. 
 

J'en veux pour preuve cette incroyable scène d'une fusillade provoquée par un mari violent, furieux que sa femme échappe à son emprise et surtout ne subvienne plus à ses besoins. J'en veux aussi pour preuve cette crise fulgurante d'arthrite qui paralyse l'une des filles du couple Oscar-Elinor, pendant deux ans, une crise qui se déclare juste après la balade en barque de la jeune fille avec une cousine sur les eaux de la Perdido, à la recherche de sa source, et sa vision d'une créature pour le moins étrange à proximité de cette même source...

L'animosité, pour ne pas dire la haine que se vouent Mary-Love et Elinor, va connaître un sommet dans ce troisième opus, on va même atteindre un point de non-retour assez inattendu. J'ai dévoré le roman en l'espace de deux voyages en train de deux heures chacun, ne pouvant m'en détacher. Le dosage entre comédie de moeurs, saga familiale et atmosphère étrange est toujours savamment dosée, les personnages grandissent, évoluent (une quinzaine d'années sont ainsi récapitulées et relatées dans ce volume), et quelque chose me dit qu'une nouvelle rivalité va secouer Perdido dans la suite.

 

Toujours aussi prenant.

 

Spooky

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

Dans un futur proche, The Running Man est l’émission numéro un à la télévision : un jeu de survie impitoyable où des candidats, appelés les Runners, doivent échapper pendant 30 jours à des tueurs professionnels, sous l'œil avide d’un public captivé. Chaque jour passé augmente la récompense à la clé — et procure une dose d’adrénaline toujours plus intense. Ben Richards, ouvrier désespéré prêt à tout pour sauver sa fille gravement malade, accepte l’impensable : participer à ce show mortel, poussé par Dan Killian, son producteur aussi charismatique que cruel. Mais personne n’avait prévu que Ben, par sa rage de vivre, son instinct et sa détermination, devienne un véritable héros du peuple… et une menace pour tout le système. Alors que les audiences explosent, le danger monte d’un cran. Ben devra affronter bien plus que les Hunters : il devra faire face à un pays entier accro à le voir tomber.

C'est la troisième adaptation de King que je vois cette année, après Le Singe et Marche ou crève. J'ai loupé La Vie de Chuck, mais à dessein. Je fondais de bons espoirs quant à la qualité de cette nouvelle adaptation (après celle réalisée par Paul Michael Glaser en 1987), surtout parce que le nom d'Edgra Wright y était associé en tant que réalisateur. Acclamé pour des films comme Hot Fuzz, le Dernier pub avant la fin du monde, Scott Pilgrim ou encore Baby Driver, le réalisateur britannique s'est donc attaqué à l'adaptation de ce roman à l'origine signé par Richard Bachman, l'un des pseudonymes de King. La bande-annonce laissait à voir un film survitaminé, avec des explosions et de l'audace visuelle.

Au visionnage cette impression se confirme : ça pète dans tous les coins, on n'a pas le temps de souffler. Mais c'est à peu près tout ce qu'on peut en retenir de positif. Ben Richards est censé être un gars lambda, certes en bonne forme physique, pas un athlète à la limite du surhomme, comme l'a incarné Arnold Schwarzenegger il y a près de 40 ans (dans une version assez kitsch, finalement), ni comme Glen Powell dans cette version de 2025 (au passage, l'action du roman se passe... en 2025). Et d'ailleurs l'un comme l'autre ne sont pas des surhommes du jeu non plus, Powell, que je ne connaissais pas, ayant le charisme d'une huître malade. Alors certes, on a Josh Brolin dans le rôle du grand méchant producteur qui veut manipuler les candidats et les téléspectateurs pour gagner un maximum de brouzoufs, mais lui-même semble un peu s'emmerder. William H. Macy a droit à une séance où il est sous-utilisé, seul Lee Pace s'en tire pas trop mal, même si on lui a ajouté une prothèse ridicule sur le visage pour lui donner un air VRAIMENT méchant, alors qu'il aurait probablement pu faire le job de par son seul talent.

Et puis il y a ces moments WTF, comme cette version un brin techno de Frère Jacques en ambiance au début du film, ou cette course-poursuite en Renault 5. Certes, la Renault 5 d'aujourd'hui, électrique, sous la bannière Alpine, avec des rampes lumineuses, mais... UNE RENAULT 5, BORDEL.

Mais le gros souci du film réside, comme dans Marche ou crève, dans son scénario, qui édulcore largement le propos initial du roman de King. Là où Bachman/King tire à boulets rouges sur une société de la consommation où les médias noyautent tout, y compris la politique, Wright et ses collaborateurs ne proposent, au final, qu'un actioner certes bien troussé, mais délaissant complètement cet aspect, certainement trop clivant dans l'Amérique de Trump (qui a d'ailleurs boudé le film).

Et le coup de grâce vient avec la fin, qui diffère de celle du roman, et en détourne complètement l'essence. De la rage qui animait Richard Bachman dans ses histoires, il ne reste rien dans leurs adaptations filmiques. Et c'est bien dommage, car ces histoires auraient tout à fait pu s'inscrire dans notre actualité occidentale, avec la montée des extrêmes, les médias manipulés et manipulateurs et un obscurantisme oeuvrant au grand jour au sommet des Etats-Unis.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Une bonne partie du monde a connu ces dernières années une crise sanitaire (presque) sans précédent, qui a causé la mort de millions de personnes, et encore présente dans les mémoires. A l'époque, les comparaisons avec des œuvres de fiction célèbres ont fleuri (sans réfléchir, je cite le roman de Stephen King Le Fléau et le film Virus, de Wolfgang Petersen, sans oublier la série de comics et de télévision The Walking Dead). Mais jusque-là je n'avais pas encore lu d'histoire en faisant le sujet principal, et de belle manière. 

C'est désormais chose faite avec ce thriller de la Russe Yana Vagner. Il faut dire que la Russie en hiver est un cadre idéal pour une atmosphère de fin du monde telle qu'on l'a un peu ressentie il y a quelques années. Elle nous emmène dans l'esprit d'Anna, mère d'un adolescent de 16 ans et compagne de Sergueï, un homme énergique qui garde une certaine part d'ombre mais décide de sauver sa famille lorsque tout commence à déconner. De les emmener loin au nord-ouest, vers un refuge sur une île au milieu d'un lac complètement paumé. Aidé de son père et d'un couple de voisins, Sergueï prend en main l'organisation de l'expédition, mais tout ne va bien sûr pas se passer comme prévu.

Ici point de zombies, mais des pauvres hères qui cherchent à survivre, parfois en s'en prenant, armes à la main, à d'autres réfugiés... Sur des routes verglacées, entourées d'énormes congères, les véhicules du groupe -qui va s'agrandir au fil des rencontres- vont se frayer un chemin. La quête de nourriture, de carburant, avec l'ombre du virus qui plane, Sergueï tiraillé par une partie de son passé, tout cela confère une atmosphère très inquiétante, presque paranoïaque au récit, qui ne vous lâche pas dès lors que tous se mettent en route. Car si certaines rencontres, comme cet homme avec un tractopelle, peuvent s'avérer bénéfiques, d'autres sont moins heureuses et compliquent la progression du groupe.

Au-delà de l'écriture directe, presque viscérale, de Yana Vagner, son roman recèle de nombreuses qualités. Au travers de cette fuite en avant, une microsociété se construit, avec des individus dominants, qui sont forcément les hommes, et les femmes se retrouvent à jouer les figurantes lors des séquences nécessitant de la force, ou même pour conduire longuement les voitures. Un état qui va amener Anna, et ses compagnes, à peut-être réagir. De même la caractérisation des personnages est maîtrisée, et l'antagonisme latent entre Anna et Irina, actuelle et ancienne compagnes de Sergueï, ne disparaît pas avec la situation de crise.

 

On en vient à ne pas pouvoir lâcher le bouquin, dans ce voyage qui n'en finit pas au long des 540 pages de l'édition poche. Je lirai la suite, Le Lac, avec beaucoup d'intérêt.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Essais

C'est l'une des success stories les plus éclatantes de ces trente dernières années. Comment, d'une maison d'édition presque moribonde, est-on passé à un studio dont la moitié des 25 films a frôlé ou a dépassé le milliard de dollars de recettes ? Un univers connecté ou interconnecté avec des dizaines de personnages, certains iconiques qui ont déchaîné les passions ?

Un univers cinématique qui a attiré certains des acteurs les plus prestigieux, comme Anthony Hopkins, Michael Douglas ?

C'est le sujet de cet énorme bouquin de plus de 500 pages, fruit de plusieurs années de travail, regroupant des centaines d'interviews, parfois exclusives, plus de 500 photos de productions montrant les balbutiements avec l'arrivée de Kevin Feige, la constitution d'une équipe de production et de créatifs, notamment visuels, comme Ryan Meinerding et Charlie Wen, dont les milliers de croquis ont façonné le design des costumes, des armures, des créatures...

Il est intéressant de voir que c'est l'embauche de Robert Downey Jr, oscarisé quelques années plus tôt pour son rôle-titre de Chaplin, qui a marqué le véritable point de départ, le moment fondateur. Lorsqu'un grand nom donne une crédibilité à un projet un peu fou : donner vie à l'écran à des personnages marquants, iconiques, après des tentatives pour la plupart ratées (notons des exceptions comme Blade, la première trilogie Spider-Man et les deux premiers X-Men, chez Fox), avec une vision estampillée Marvel. Ce n'était pas gagné, car Iron-Man, qu'incarne Downey Jr dans ce premier film Marvel Studios, n'est alors pas un personnage majeur du catalogue de la Maison des Idées. Mais Spider-Man, plus iconique, appartenait alors à un autre studio... 

Un autre film marque une étape importante : Captain America: First Avenger. Premier film Marvel tourné en-dehors de l'Amérique du Nord (en Angleterre), premier tourné en numérique, et la première fois qu'un personnage "majeur" de la firme est porté à l'écran. Cap est d'ailleurs l'incarnation même du patriotisme à l'américaine.  Pendant cette période, désireux d'étendre le spectre narratif de son MCU, le studio se tourna vers l'espace, avec Les Gardiens de la Galaxie, et vers le mysticisme avec Dr Strange.

Tout ne se passe pas forcément comme prévu pendant la production des films. Parfois des acteurs pressentis ne font pas l'affaire, ou des réalisateurs quittent le navire alors que la production est bien avancée, comme sur Ant-Man... L'inclusion de Spider-Man, jusque-là propriété de la Fox, fut également un feuilleton aux multiples rebondissements... une intégration qui se fait dans Civil War et se poursuit dans le premeir film emttant en vedette le nouveau Tisseur incarné par Tom Holland, confié, contre toute attente, à un réalisateur de petits films indépendants, Jon Watts. Marvel est adepte des coups de poker, souvent gagnants. Ainsi de grands noms, comme Michael Douglas, Benedict Cumberbatch, Gwyneth Paltrow, Sylvester Stallone, Kurt Russell et Tilda Swinton, entre autres, viennent apporter leur pierre à l'édifice. Il fallut cependant composer avec le choix de Joss Whedon, réalisateur du premier Avengers, de jeter l'éponge au bout de cinq ans d'investissement dans les différentes productions du studio, et chercher un remplaçant, en l'occurrence deux, les frères Russo.

Tout cela pour culminer avec un casting de soixante-seize "acteurs principaux" sur le tournage d'Infinity War, auquel a succédé Endgame, tout aussi monumental.

Autre moment fort dans la construction du MCU, la pré-production de Black Panther, avec un investissement tout particulier du réalisateur Ryan Coogler, qui décida de faire seul un voyage dans plusieurs pays d'Afrique australe afin de s'imprégner de couleurs, de sons, de formes pour concevoir son film. Il souhaitait également mettre beaucoup d'intensité dans la charge émotionnelle de celui-ci. Le résultat est une production hors normes, presque une révélation culturelle avec des records de fréquentation incroyables. Preuve indéniable de cet impact, Black Panther fut le premier film de super-héros à être nominé aux Oscars (sept citations) et à en remporter trois.

On a droit également à un petit focus sur Stan Lee, cocréateur de centaines de personnages (on parle de 1 200 influences directes ou indirectes), qui a également marqué les films Marvel avec ses célèbres caméos des courtes scènes, parfois parlantes, où on peut le reconnaître). 

 

Précédé d'une préface de Feige et d'une postface de Robert Downey Jr, c'est une véritable somme, ultime, sur les douze premières années de cette aventure hors du commun. Tara Bennett et Paul Terry, les deux auteurs, ont fourni un travail surhumain. Au-delà des producteurs, des scénaristes, réalisateurs et acteurs, Marvel Studios ce sont aussi des agents de sécurité, d'entretien, des administratifs, qui sont visibles dans des "photos de classe". L'ouvrage se termine par un hommage rapide, mais vibrant, à l'une des véritables révélations du MCU, à savoir Chadwick Boseman, incarnation généreuse et vibrante à l'écran de T'challa, alias Black Panther.

 

Remarquable.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Huit lycéens d’une section Arts Appliqués ont l’habitude de faire la fête le samedi soir dans une maison de campagne isolée. Pour changer, l’un d’eux propose d’organiser une soirée frissons. Le but du jeu  : effrayer les autres, et les faire boire. Mais avec des ados aussi créatifs, les bonnes blagues laissent bientôt la place à des mises en scène angoissantes. L’ambiance devient pesante. Et quand un orage éclate, le groupe se retrouve coupé du monde. Bientôt, des bruits étranges retentissent dans la maison, des pierres surgissent de nulle part, un garçon disparaît, puis une fille…

 

Je ne connaissais pas Philip Le Roy avant de tomber un peu par hasard sur ce roman. Il s'agit d'un huis clos horrifique qui tourne mal, voire très mal. Comme on s'en doute, les lycéens se livrent donc à une joute de trucs plus effrayants les uns que les autres. Ce qui m'a énervé assez vite, c'est qu'à aucun moment les "victimes" ou les témoins ne se doutent que leurs copains sont en train de leur faire des farces. Ok, ils sont alcoolisés, mais leurs paroles font la plupart du temps état d'une certaine lucidité de pensée. Il faut donc en conclure qu'ils sont particulièrement idiots. Un peu comme les personnages des films d'horreur américains, qui sont d'ailleurs régulièrement cités. L'auteur fait donc preuve d'une certaine culture du genre, même s'il ne s'en sert finalement que très peu, préférant -et c'est un bon point, quelque part- des "farces" s'inspirant de la culture européenne, et même encore plus locales, avec cette mention d'évènements paranormaux ayant été "constatés" dans le secteur du Col de Vence, théâtre du roman (et lieu de domicile de l'auteur). 

 

Par contre certaines "blagues" vont clairement trop loin, et même si les "victimes" trouvent ça "trop cool", je suis relativement choqué qu'il n'y ait pas de poursuites pour certains. On est dans la littérature jeunesse, je sais, et l'histoire flirte largement avec le paranormal, mais le reste se veut plutôt réaliste, donc je ne trouve pas ça très responsable, au final...

A côté de ça l'écriture est plutôt agréable.



Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

A l'occasion de la sortie en poche de cet ouvrage, remettons en lumlière le livre de Tom Shippey.

Ce titre un brin provocateur, c'est Tom Shippey, spécialiste du médiéval et philologue, tout comme Tolkien, qui l'a utilisé. Comme lui, il a enseigné à Leeds et Oxford, avant de partir enseigner aux Etats-Unis. Cet ouvrage, réalisé en 2000, a l'ambition de passer en revue toute l'oeuvre du professeur sortie jusque-là.

 

On commence par le Hobbit, et l'invention de la Terre du Milieu, au travers de l'inspiration narrative (les contes nordiques), les noms, mais aussi la façon dont l'ouvrage a été reçu par la critique de l'époque. Vient ensuite le Seigneur des Anneaux, gros morceau largement analysé ici. Shippey met l'accent sur le Conseil d'Elrond, moment de révélation des personnages et véritable rampe de lancement de l'histoire. Les différents niveaux de langage (entre Hobbits, ou encore lorsque c'est un roi qui s'exprime, etc.) sont également évoqués, par exemple entre le Rohan et le Gondor. Shippey met par ailleurs l'accent sur la technique de l'entrelacement, que n'a pas inventée Tolkien, mais qu'il a portée à un niveau difficilement atteignable. Pour rappel ou info, cette technique consiste à diviser un récit entre plusieurs fils narratifs, suivant divers groupes de personnages (ou personnages seuls), qui évoluent en parallèle avant de se recroiser ou se rejoindre totalement. On trouve même dans l'ouvrage un schéma indiquant les différentes avancées de l'intrigue, ou plutôt DES intrigues.

 

Tout un chapitre est consacré à la personnification du Mal, incarné par l'Anneau Unique et les Spectres de l'Anneau. Et qui dit Mal dit concepts positifs, pour faire la balance : la chance et le courage. Des valeurs qui amènent le chercheur sur le terrain de l'allégorie, qu'elle soit volontaire ou pas puisque les situations et les dilemmes rencontrés par les personnages du Seigneur des Anneaux rappellent plus ou moins les évènements -parfois tragiques- qui ont jalonné la première moitié du XXème siècle. Shippey évoque ensuite brièvement deux figures secondaires de SdA, à savoir Saruman et Denethor, qu'il qualifie respectivement de technologiste et de fonctionnaire, du fait de leurs caractéristiques et de leurs attributs.

 

L'auteur s'attache ensuite à analyser la poésie, plus présente qu'on ne le croit dans le Seigneur des Anneaux ; il rapproche cette tradition de celle de Shakespeare et de Milton, principalement. In fine, il essaie de placer le roman le plus connu de Tolkien dans une case, en termes de genre. Il convoque pour ce faire l'échelle inventée par le critique Northrop Frye, selon laquelle il y a cinq genres littéraires, définis uniquement par la nature de leurs personnages. Bien évidemment, le Seigneur des Anneaux échappe à toute classification, puisqu'il puise dans de nombreuses caractéristiques.

 

Thomas Alan Shippey s'attaque ensuite au Silmarillion, l'œuvre de cœur de Tolkien. Entre maturation (extrêmement) lente, dimension mythique et complexité presque extrême, Le Simarillion est hors normes. Il passe ensuite en revue les "œuvres courtes", dans lesquelles il classe Feuille, de Niggle, Smith de Grand Wootton, ou encore ses poèmes ; toutes des histoires contenant peu ou prou des éléments d'autobiographie. Un éclairage fort intéressant que j'aurais aimé avoir lorsque j'ai lu ces écrits il y a une bonne vingtaine d'années...

 

Dans une longue postface, Shippey s'intéresse aux suiveurs et aux critiques, mais fait avant tout le parallèle avec James Joyce, considéré lui aussi comme un auteur majeur du XXème siècle. En ce qui concerne les critiques, Shippey réduit leur haine viscérale envers Tolkien à une sorte d'incompréhension crasse, couplée à une méfiance native pour le roman populaire, c'est à dire qui rencontre d'emblée un grand succès en termes de ventes.

 

Tolkien a suscité de multiples vocations littéraires, avec des succès divers. Shippeycite l'Epée de Shannara, de Terry Brooks, Thomas Covenant, de Stephen Donaldson, ou encore the Weirdstone of Brisingamen, d'Alan Garner, œuvre la moins connue du lot, mais qui semble valoir le détour.

 

En conclusion, Shippey explique que ce qui a rendu la lecture de l'œuvre de Tolkien aussi aisée est sa dimension métaphorique, entre les personnages fantastiques et les situations qui rappellent des évènements du XXème siècle. Il n'a pas inventé le genre de la fantasy, mais l'a véritablement modernisé, en le formalisant, en le réécrivant pour les lecteurs de son temps. Et c'est ce génie qui en a fait la cible des critiques, eux qui n'arrivaient pas à le mettre dans une case, ou même le voyaient comme une menace face à l'establishment.

 

L'ouvrage se termine sur une dizaine de pages de références bibliographiques, entre œuvres de Tolkien, avec la mention des traductions en français lorsqu'elles existent, et exégèses de son œuvre. A noter qu'en ce qui concerne le Hobbit et le Seigneur des Anneaux, l'éditeur Bragelonne s'est aligné sur la nouvelle traduction réalisée par Daniel Lauzon. Il faut dire que le directeur de la collection Essais est Vincent Ferré, qui a dirigé les traductions de Tolkien chez l'éditeur historique Christian Bourgois. Cela a dû faciliter les passerelles en termes de traduction de l'ouvrage de Shippey.

 

Au final, un ouvrage très intéressant, considéré comme une référence par les tolkienistes, mais qui a un seul défaut, c'est qu'il part un peu dans tous les sens. J'ai parfois eu l'impression que dans un chapitre consacré à un sujet relativement précis, Shippey rajoutait un passage sur tel point de philologie. Une démarche pas inintéressante en soi, mais un peu déstabilisante pour le lecteur.

 

Spooky

 

 

 

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