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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Philippe Curval est considéré comme l'un des "Grands Anciens" de l'imaginaire français. Il faut dire qu'avec une carrière commencée avant 1960, il a eu le temps de publier des centaines de nouvelles, des dizaines de romans émargeant pour la plupart dans la science-fiction. Une activité hautement respectable, encadrée par une activité de critique (dans le même secteur) et d'illustrateur. A ma grande honte, je n'avais jusqu'alors lu aucune de ses productions, pas même une nouvelle dans un quelconque recueil. Mais son passage dans une librairie parisienne, remarqué par un ami (encore merci, Guillaume !) m'a permis d'acquérir L'Homme qui s'arrêta.

 

En 2009, année de ses 80 ans, le Editions La Volte (connues pour avoir publié le phénoménal La Horde du Contrevent, entre autres) publient ce recueil de nouvelles, sous-titré Journaux ultimes. Présentées par son éditeur comme des nouvelles "subversives", les dix écrits qui le composent sont écrites à la première personne, et ont pour point commun des héros dont la raison vacille avec la survenue d'un évènement qui les concerne directement. Ainsi en est-il de ce jeune homme qui voit revenir dans son entourage son frère jumeau, aux funérailles duquel il a pourtant assisté des années auparavant. De ce comptable à la vie à la fois morne et bien réglée qui se retrouve avec une version de lui-même qui semble vivre sa vie (et la vivre mieux) avec un léger décalage temporel. De ce récit mêlant polar noir et cadre érotique avec un artefact en forme de pénis qui semble donner à ses possesseurs successifs des performances sexuelles fort appréciables...

 

Cependant, si certaines idées m'ont semblé assez intéressantes, la forme ne m'a pas toujours enthousiasmé. La faute la plupart du temps à une tendance à la logorrhée, au bavardage, certes très accessible, mais parfois superfétatoire... La nouvelle qui m'a le plus intéressé est celle où un savant étudie la fâcheuse tendance des nouveaux-nés à vieillir progressivement pour disparaître, visiblement de leur plein gré, au bout de quelques semaines. C'est assez fascinant de se retrouver dans la tête d'un nourrisson, qui acquiert peu à peu l'analyse, le recul, la raison...... Un petit mot de l'avant-dernière nouvelle, intitulée Journal contaminé, qui raconte les crépuscule d'un criminel qui se retrouve... en confinement (comme une bonne partie du monde à l'heure ou j'écris ces lignes... saloperie de covid-19) après avoir contracté une maladie qui le ronge lors d'une sortie spéléologique avec son épouse. Le parallèle entre la dégradation de sa perception spatio-temporelle et celle de la nature qui entoure son appartement isolé est assez fascinant, dans son aspect clinique et presque entomologique.

 

Un petit regret : si deux des nouvelles peuvent être datées grâce à l'indication de leur publication dans des revues, d'autres ne le sont pas. Est-ce à dire qu'elles étaient alors inédites ? Voire contemporaines de la publication du recueil ? En tous les cas, on notera que ces nouvelles relèvent pour la plupart du fantastique, avec un fond social très présent. Et souvent beaucoup d'ambigüité dans ses histoires.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

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A proximité de Lyon, des gendarmes découvrent le cadavre du Dr Bare, tué lors d’un guet-apens. Pour comprendre les raisons de ce meurtre apparemment sans mobile, un carnet laissé par la victime permet aux enquêteurs de décrypter l’incroyable mystère auquel la victime a été confrontée. Un an plus tôt, un poilu de 14, dont le nom figure pourtant sur le monument aux morts, est revenu incognito dans sa ville, animé par une terreur que son ami médecin va peu à peu comprendre. Capturé par les Allemands, il a servi de cobaye pour une expérience scientifique : il est désormais un homme truqué… mais aussi un homme traqué qu’il va falloir essayer de sauver.

 

Maurice Renard est considéré comme le père, ou l'un des pionniers, du "merveilleux scientifique" en France. Ce mouvement, qui a fait florès au début du XXème siècle dans la littérature, intègre les progrès scientifique, et même les extrapolations les plus folles, dans le cadre de romans d'aventures échevelés.

 

Publié en 1921, ce court roman (ou longue nouvelle) aborde le thème des "gueules cassées", ces soldats revenant du front de la Première guerre mondiale avec de lourdes séquelles physiques, souvent doublées de blessures de l'âme. Enlevé, on lui greffe à la place des yeux des appareils électroscopiques, qui lui permettent non pas de recouvrer la vue au sens où on l'entend communément, mais d'acquérir un nouveau sens, le sixième (enfin, un des sixièmes), qui lui permet de "voir" les courants électriques qui traversent l'atmosphère, les êtres vivants et les machines, sous forme de filaments, de traînées.... Un don qui est pour lui une véritable malédiction, dont sera témoin son ami le Dr Bare. Voici donc, un peu comme la créature de Frankenstein, un homme sui subit des transformations dans sa chair, alors qu'il n'a rien demandé, et en souffre encore plus psychologiquement que physiquement. Un don qui, quelques années plus tard dans des fascicules bon marché édités outre-Atlantique, lui aurait valu l'étiquette de super-héros, un slip par-dessus une combinaison en spandex rouge et lui aurait valu moultes aventures rocambolesques. Rien de tout ça chez Maurice Renard, qui trace son histoire avec sérieux, efficacité, et un certain sens du tragique puisque dès le début du récit, introduit par un "prologue-épilogue", on sait que cela finit mal pour le narrateur.

 

J'ai bien aimé cette histoire, vite lue, mais à l'origine de nombreuses histoires de super-héros, de mutations et autres personnages hors du commun. Un petit retour aux sources revigorant.

 

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

1895. Napoléon IV règne sur l’Europe tandis qu’à l’est, l’Empire russe tisse sa toile de conspirateurs et d’intrigues. Pour sauver la France impériale, un trio œuvre dans l’ombre : la mystérieuse Comtesse de Cagliostro, au charme aussi dangereux que ses connaissances scientifiques, le brutal frère Vacher, tueur dénué de remords, et le Valet, un androïde espion capable de s’approprier souvenirs et visages d’autrui, mais dont la mémoire a été trafiquée. De Venise aux confins du monde en passant par l’Orient-Express et la Transylvanie, parviendront-ils à déjouer les plans des ennemis de l’Empire Électrique ?

 

Victor Fleury est un jeune et talentueux auteur de steampunk, qui se place, avec ce roman qui est son deuxième (après l'Empire électrique, qui se situe dans le même univers), parmi les auteurs à suivre. Il convoque en effet dans ce récit nombre de figures "classiques" de la littérature du XIXème siècle, au-delà de l'inspiration éminemment dumasienne de son trio : la créature de Frankenstein, nombre d'emprunts à Jules Verne, et même... le Comte Dracula ! S'y ajoutent un souffle épique, une écriture plutôt fluide et aventureuse et un vocabulaire riche et détaillé. En plus d'un amour certain pour deux cités, Lyon et Venise, avantageusement décrites et "augmentées" dans l'esprit steampunk. De plus le personnage du Valet réserve quelques surprises, puisqu'à ses aptitudes mécaniques hors normes s'ajoutent, de manière inattendue, l'expérience et les souvenirs des hommes et des femmes dont il avait accueilli l'encéphale. Des ressources qui peuvent parfois se révéler fort utiles... Le roman est truffé de péripéties, de trahisons, de volte-faces, ce qui fait qu'on n'a que très peu de temps pour souffler. Par moments c'est même un peu trop effréné ; on perd presque le fil de la narration du "présent". Mais dans l'ensemble, c'est une lecture pleine de rebondissements, d'aventure, avec pas mal d'ingéniosité, en bref, divertissante. Et on n'a pas besoin de plus.

 

Une petite remarque quant à la maquette : si la couverture est plutôt belle, avec ces mécanismes dorés et ce dessin en médaillon de Benjamin Carré, le dos, lui, fait la part belle au genre et au titre de la collection, "Steampunk", qui en occupent plus de la moitié. Le nom de l'auteur et le titre du roman sont 5 fois plus petits... Un peu dommage.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Stan Lee fut, pendant de nombreuses années, l'incarnation de Marvel, la maison d'édition à l'origine de nombre de personnages marquants, essentiellement des super-héros. Pour la dernière génération à l'avoir "connu" (il est décédé en fin d'année 2018), c'était surtout ce vieux monsieur qui faisait des apparitions drolatiques dans tous les films Marvel (y compris post mortem). Mais qui est-il vraiment ?

Au sein de la collection Héros des Editions Ynnis, Sébastien Célimon, écrivain, journaliste, traducteur et scénariste, s'est essayé à l'exercice, difficile, tant l'homme a pris le pas sur l'auteur ces dernières décennies, et a brouillé les pistes au sujet de ses créations. Sans complaisance, mais avec bienveillance et recul, Sébastien Célimon retrace donc le parcours de ce juif new-yorkais, dont les parents ont fui ce qu'on a fini par appeler des pogroms en Europe de l'est au début du XXème siècle. Un New-Yorkais qui a intégré les Editions Timely, qui se contentait alors (au tout début des années 1940) de suivre les tendances dans les comics les plus populaires. Petit à petit, au contact des auteurs maison, Stan est monté en grade, devenant le véritable homme-orchestre de ce qu'on a appelé plus tard la Maison des idées, devenue Atlas puis Marvel entretemps.

 

On prête à the Man la paternité de la plupart des super-héros Marvel, alors qu'en rélité il en a récupéré certains, coimme Captain America, déjà présents dans les publications marvelliennes ? D'autres, comme Spider-Man ou les Quatre fantastiques, sont réellement de son fait et de celui de ses compagnons d'alors, qui avaient pour nom Jack Kirby, Steve Ditko... Son génie des dialogues, son goût des bons mots ont emmené ces personnages à des niveaux parfois stratosphériques, comme Spider-Man. La méthode Stan Lee, son omniprésence, son héritage, tout est passé en revue dans ce hors-série abondamment illustré. Très intéressant.

 

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

L'ironie du sort et le hasard des lectures font que j'ai attaqué -et terminé- ce Stephen King, le dernier en date traduit en français, pendant la période de confinement en France. Pourquoi mentionner ce fait ? Parce que l'histoire de l'Institut se déroule dans un endroit clos, au sein duquel des enfants ayant des caractéristiques particulières, sont détenus après avoir été arrachés violemment à leurs familles.

 

Luke est un enfant de 12 ans, dont l'intelligence supérieure le destine à de grandes choses. C'est d'ailleurs après avoir passé les tests d'admission pour deux universités prestigieuses qu'il se réveille, un jour funeste, dans une chambre qui ressemble à la sienne mais n'est pas la sienne. Celle-ci donne sur un couloir, au sein d'un bâtiment inconnu. Luke va y faire la connaissance de plusieurs autres enfants, entre 8 et 18 ans, qui ont des dons de télékinésie ou de télépathie. Luke a remarqué que parfois, autour de lui, des choses étranges se passent : des portes qui claquent toutes seules, des assiettes qui tombent d'une table... Tous ces enfants ont de tels talents, plus ou moins développés. Dans ce que leur directrice nomme l'Institut, on leur fait passer différents tests, on leur injecte des produits sans leur expliquer leurs effets, on fait en sorte qu'ils vivent dans la peur. Cela dure deux à trois semaines, après quoi les enfants sont emmenés dans une autre partie de l'Institut, surnommé l'Arrière, de laquelle ils ne reviennent plus. Voyant ainsi partir un par un ses compagnons d'infortune, avant que son tour n'arrive, Luke décide d'agir. D'autant plus que les tests des gens de l'Institut... ont libéré, provoqué quelque chose.

 

Avec ce nouveau roman, Stephen King revient à l'un de ses thèmes préférés, ou plutôt un de ses héros préférés, à savoir le préadolescent. Nombre de ses meilleurs bouquins (en vrac, Stand by Me, La Petite fille qui aimait Tom Gordon, Carrie...) ont pour héros des personnes de cette classe d'âge. Ici nous suivons donc Luke, un garçon extrêmement intelligent (tellement parfois que c'est un peu too much... L'auteur semble oublier parfois qu'il n'a que 12 ans), capable de faire ce que personne ne ferait à sa place, et probablement pas un adulte. Luke dont la trajectoire va rencontrer Mike, ancien flic qui a tout plaqué à la suite d'une fusillade qui a dégénéré et a décidé de recommencer à zéro en tant que veilleur de nuit dans un trou à rats de Caroline du sud.

Ce roman m'a globalement déçu.

 

Certes, la destination de l'Institut est intrigante, et on ne la connaîtra que dans les ultimes pages, les meilleures. Certes, le personnage de Luke est émouvant. Il est bien écrit, c'est indéniable, mais je n'y ai pas trouvé cette étincelle, ce passage qui pourrait m'émouvoir aux larmes, comme cela a pu m'arriver pour d'autres. Ni cette dimension sociale qui a fait de King un écrivain qui fait "plus que des histoires de trouille" ces dernières années. Je n'ai pas eu ce frisson en lisant un passage de pure terreur, d'action trépidante à même de me faire rater ma station de métro (bon ok, je n'ai pas pris le métro depuis 2 ou 3 semaines, mais ce n'est pas une raison). Sans dire qu'il est fade, que je me suis par moments franchement ennuyé à sa lecture ; je classerais cet Institut dans une catégorie intermédiaire, celle des "bien, mais sans plus" qui sont nombreux chez King (et ceci alors qu'il a aussi quelques chefs-d'oeuvre). Si le sujet rappelle un peu The Shining ou Charlie, voire Carrie, je ne vois pas trop comment ce segment peut se raccrocher au reste de son oeuvre, malgré un clin d'oeil à Salem, et comme parfois, à l'actualité (l'élection de Trump, le Brexit). Pour tout vous dire, j'ai un peu eu l'impression de lire la version étendue (en version française grand format, le roman compte 600 pages) d'une nouvelle ébauchée dans les années 1970, reprise dans les années 1990 (lorsque King luttait contre ses démons et livrait des récits un peu trop faciles) et actualisée dans les années 2010 avec des références historiques et technologiques. Des fonds de tiroir, King doit encore en avoir quelques-uns.

 

Bref, un bon moment de lecture, mais pas inoubliable.

 

Spooky.

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Bob Leman est un écrivain américain (1922-2006) qui n'a à son actif qu'une quinzaine de nouvelles passées à la postérité, et qui n'a eu l'honneur d'une traduction sous nos cieux qu'il y a une vingtaine d'années, dans la revue Fiction. Sous l'impulsion d'auteurs gravitant autour des librairies de genre Charybde et Scylla (sises à Paris), un processus de retraduction et de publication, financée par un crowdfunding, ont permis aux Editions Scylla de ressortir un recueil de la moitié de ces nouvelles (dont deux inédites en français), sous le titre générique de Bienvenue à Sturkeyville, car elle s'y passent toutes.

 

Et je dois avouer que la lecture fut plutôt profitable. Bob Leman est un écrivain qui émarge dans le fantastique, le bizarre, si l'on peut qualifier l'atmosphère dans laquelle baignent ces nouvelles : mutations lentes, vampires inattendus, créatures aquatiques, demeures manipulatrices, voyageurs intemporels, en 6 nouvelles de 15 à 50 pages il brasse plusieurs thèmes classiques. Et de belle manière, la plupart du temps. Sans atteindre la maîtrise de l'exercice de Stephen King, il se montre assez efficace, avec une langue riche et sensuelle parfois. Sans verser dans les excès à la Lovecraft, dont il fut presque contemporain, il constitue une belle découverte. Dommage que son oeuvre fût si ténue...

 

Je recommande, évidemment.

Pour plus d'infos, rendez-vous .

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Luke Rhinehart, psychiatre de son état, a une vie morne et bien réglée entre sa femme ennuyeuse, ses enfants insupportables et ses patients qu'il écoute sans jamais les bousculer. Puis un soir, après une soirée poker avec ses collègues, lui prend l'envie d'aller violer la femme de l'un d'entre eux. Il décide de jouer la chose aux dés, et ceux-ci sont favorables. Il décide alors de jouer l'étape suivante avec ces mêmes dés. Et ainsi de suite. Jusqu'à s'effacer totalement derrière l'Homme-Dé, devenir quelqu'un d'autre en permanence, tente d'embrigader ses collègues, ses patients aux bienfaits des dés...

 

Mais au bout de quelques mois de vie-dé, Rhinehart déraille : son comportement erratique le fait expulser de l'association des psychiatres, sa femme est prête à divorcer, il est au bord du meurtre... Pourtant il a le temps de trouver des disciples, et même d'ouvrir des sortes de centres-dé. D'exposer longuement sa théorie, qui vise à déconstruire la personnalité, à rendre tout un(e) chacun(e) malléable, adaptable, lui faire jouer des dizaines de personnalités différentes, pour lui permettre de ne pas être aliéné par la société folle qui nous entoure.

 

Le roman, qui date de 1971, est en fait semi-autobiographique, puisque l'auteur, de son vrai nom George Cockcroft, psychiatre de son état, semble avoir expérimenté une partie de ce qu'il raconte dans le livre. ce sont les dés qui me l'ont dit. Une période de révolution sociologique, de liberté sexuelle. L'auteur use et abuse des scènes de sexe, explicites, voire trash par moments. Si sur le papier, l'idée de base est intéressante (pour ne pas dire séduisante), le roman montre bien à quelles extrémités une telle philosophie peut mener. L'histoire se présente sous forme de récits classiques des aventures de l'Homme-Dé, entrecoupé d'extraits de correspondance avec ses disciples, ou encore des comptes-rendus d'audiences de police. J'ai trouvé assez tordue la scène où Rhinehart se fait interroger par un flic, faisant ses aveux, ou plutôt indiquant que ceux-ci lui avaient été dictés par les dés, sans toutefois préciser s'il s'agissait de la vérité. Un positionnement bien sûr dicté par les Dés...

 

Considéré comme subversif, l'Homme-dé a été longtemps censuré dans un certain nombre de pays. En France ce sont les Editions Aux Forges de Vulcain qui ont décidé de le rééditer (après les Editions de l'Olivier en 1995), et de publier ce roman très particulier, considéré par certains comme un chef-d'oeuvre de la littérature du XXème siècle. Pour ma part, sans être particulièrement fan de l'ensemble, je l'ai trouvé intéressant, comprenant qu'il ait pu sembler "révolutionnaire" à une certaine époque. Une curiosité satisfaite par une lecture qui fut longue et un peu difficile par moments, essentiellement par manque de temps. Mais c'est un ouvrage à connaître, assurément.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Au début de l'été, Philip Hastings, son épouse Gloria, sa fille Gabbie et leurs jumeaux Sean et Patrick emménagent dans une maison un peu paumée de l'Etat de New York, à Pittsville. L'endroit est surnommé "la Colline du Roi des Elfes", sans que l'on sache vraiment pourquoi. Mais très vite des évènements étranges affectent la famille Hastings : Gabbie rencontre des jeunes hommes à la beauté surréelle dans la forêt qui jouxte la propriété, l'un des jumeaux, surpris par la crue de la rivière voisine, manque de se faire attraper par une créature mi-singe mi-araignée qui occupe le pont sous lequel elle passe, et le chat de la famille se fait éviscérer par une créature inconnue dans la cave. Tout cela alors que l'ancien propriétaire de la maison, un entrepreneur venu de Prusse, semble avoir été mêlé à des évènements surnaturels dans son pays d'origine...

Au début de sa carrière, dans les années 1980, Raymond Elias Feist était catalogué comme un héritier de Tolkien, avec ses Chroniques de Krondor notamment. Il a écrit d'autres cycles relevant de la fantasy, et un seul roman est indépendant au sein de sa riche production. Ce Faërie, qui est sorti au début de l'année 1988, et se place dans un genre différent. Il s'agit en effet d'une (la seule ?) incursion de l'auteur dans un récit mêlant légendes d'inspiration celtique et horreur pure. Il s'y montre particulièrement efficace? Et ce, dès les premières pages, ou presque, instillant une atmosphère très inquiétante, avec ces yeux qui scrutent les moindres faits et gestes des Hastings, que ce soit dans le voisinage ou à l'intérieur de leur propre maison. Des créatures qui semblent sortis tout droit de livres de folklore irlandais ou de nos pire cauchemars tournent autour de cette gentille famille pour l'amener à dévoiler le secret de cette maison isolée...

Malgré des conditions de lecture pas simples, j'ai été très vite happé par celle-ci, ayant des frissons aux moments les plus inquiétants, ressentant de la compassion pour les Hastings et leurs amis. Je me sentais un peu revenu à mes plus belles heures de lectures des romans de Graham Masterton, autre auteur du genre qui s'appuie sur les mythes (essentiellement nord-américains, mais pas seulement). J'ai par exemple vibré dans une séquence où l'on voit, où l'on vit, la détresse des deux parents, leur impuissance face à la maladie étrange d'un de leurs enfants... Très vite happé, et tenu en haleine jusqu'au dernier gros tronçon. Car le récit bascule alors dans une quête initiatique, ou un parcours dans les mythes celtiques, avec une mise à l'épreuve de l'un des jumeaux. Le rythme se ralentit, devient presque lénifiant, et surtout Feist commence à se répéter, à se paraphraser. Si le changement de rythme peut se justifier (après tout, on est à ce moment-là dans une sorte de dimension parallèle), les répétitions, pas vraiment. L'auteur semble d'ailleurs avoir réellement du mal avec la gestion du temps sur cette fin de roman, car la séquence suivante se passe pendant que le carillon d'une église voisine sonne les douze coups de minuit, une séquence qui semble durer... Une demie-heure ou une heure.

 

En définitive il s'agit d'un roman qui commence très bien, qui tient son lecteur ou sa lectrice jusqu'à ses deux tiers, et qui se crashe sur la fin du parcours. Je citais Masterton en référence, et je persiste, car la plupart des romans que j'ai pu lire de cet auteur (mais je sais que ce n'est pas la majorité) souffraient de ce défaut majeur. Dommage.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Quel plaisir de retrouver le Département V pour ce huitième opus ! Surtout que nous voilà, avec cet antépénultième épisode, dans le tronçon consacré à Assad, l'assistant syrien un brin gaffeur et haut en couleurs de l'inspecteur Carl Morck.

Sauf que, et les épisodes précédents le laissaient affleurer, Assad n'est pas syrien. Ni gaffeur. Que son côté folklorique n'est qu'une façade. Il ne s'appelle même pas Assad, en réalité. Jussi Adler Olsen, après nous en avoir dit plus sur l'assistante Rose, nous fait donc entrer dans la tête d'Assad, l'un des personnages les plus poignants, forts et surprenants que j'aie jamais lus. Le passé du policier danois (d'adoption) refait surface lorsque le corps d'une vieille femme, prise en photo presque par hasard sur une plage chypriote, fait la une des journaux. Venue de Syrie, elle a comme des dizaines de milliers de personnes chaque année tenté de rallier les pays européens sur un bateau de fortune. Cette personne a recueilli Assad et son épouse lorsquu'ils fuyaient le régime de Saddam Hussein, mais notre inspecteur la croyait morte depuis longtemps... Une mort qui survient juste après que le commissaire principal, mentor d'Assad, fût décédé de façon tragique, rapidement suivi par le suicide de son frère...



Ne pouvant refouler les réminiscences du passé face à ces disparitions rapprochées, Assad décide alors de raconter celles-ci aux seuls amis qu'il lui reste, ses collègues du Département V. Un récit tétanisant, abominable, qui les amène à tout plaquer pour l'aider, car le cliché de son amie morte s'est accompagné d'autres, sur lesquels apparaissent également son épouse et l'une de ses filles, mais aussi celui qui les a enlevées une quinzaine d'années auparavant en Irak... Le sujet de ce huitième opus est dur, très sombre. Il se réfère à une réalité dramatique, l'odyssée de milliers de personnes fuyant la guerre ou la famine chez elles, et traite en deuxième vague de terrorisme. Si l'humour est toujours présent par intermittences -via le personnage de Joan Aiguader, reporter catalan un brin médiocre, ou encore via la relation de Carl avec son ex-belle-mère, l'ensemble de l'environnement de celui-ci semble le faire entrer dans un âge adulte (à 54 ans, il était temps). 

 

Et. Bordel, Adler Olsen a réussi une nouvelle fois à me prendre aux tripes. En écrivant des choses atroces sur ce que des terroristes peuvent faire subir à des gens innocents. En montrant comment l'amour, la rage, la colère et le chagrin peuvent être destructeurs, mais aussi générateurs d'actions déterminantes. J'ai DEVORE les trois quarts du bouquin. 570 pages à raison de plus de 90 pages par jour, je n'avais pas connu un tel rythme de lecture depuis les grandes heures où je lisais Stephen King, adolescent. C'est incroyable comme cet auteur danois monte en puissance sur sa série. Il reste deux volumes à sortir, le neuvième centré sur Carl Morck, le dernier, selon les mots d'Adler Olsen lui-même, opérant une boucle sur l'ensemble de la série. J'ai hâte, vraiment hâte.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

J'ai un truc à vous dire.

 

L'année dernière j'ai écrit un livre. Depuis le temps que je tourne autour de Tolkien, que je lis ses bouquins, en français, en anglais, que j'en lis sur sa vie ou son oeuvre, en français, en anglais, en espagnol, il fallait bien que je fasse quelque chose de tout ça, en plus d'empiler les chroniques...  J'en ai eu l'opportunité. Une opportunité que j'ai su saisir. Début 2019, une de mes amies avait réalisé un bouquin sur la vie et l’œuvre d’Isao Takahata, le réalisateur du Tombeaudes Lucioles (entre autres). Lors de la soirée de lancement dans une librairie parisienne, j’ai pu discuter avec le directeur de la collection dans laquelle s’inscrivait le bouquin, l’idée de base de ladite collection, « Hommage », permettait de faire découvrir l’univers d’un créateur de la pop culture au grand public. Prenant mon courage à deux mains, je lui ai proposé l’idée de faire un bouquin sur Tolkien, et de l’écrire moi-même. Sous réserve de lui présenter un sommaire efficient et cohérent, il a validé l’idée. Quelques semaines plus tard, je recevais et signais mon premier contrat en tant qu’auteur chez Ynnis Editions. Depuis le mois de juin ma troisième journée est donc devenue celle de l’écriture. Mon éditeur m’a laissé une grande liberté dans le contenu du bouquin, il ne s’est immiscé dans celle-ci que pour quelques remarques d’ordre éthique qui n’ont pas impacté le propos du livre. Quasiment à aucun moment je n’ai perçu ce processus comme une contrainte, une gêne. Une belle expérience, qui touche à sa fin puisque le livre doit sortir le 11 mars prochain.

Cet ouvrage se décline très simplement selon le schéma suivant : la vie de l’auteur, son œuvre, son héritage, chaque partie étant de longueur inégale, mais écrite de ma main, enrichie d’interviews exclusives de spécialistes de Tolkien francophones et anglophones. 160 pages richement illustrées, avec entre autres des photos de pièces de ma collection privée. Dans le jargon de l'édition d'aujourd'hui, c'est ce qu'on appelle un "mook" (mélange entre magazine et book).

Illustration : Bouss

Je suis fier. Fier de m'être pris par la main, d'avoir "osé", sentant qu'une belle opportunité se présentait pour réaliser l'un de mes rêves. Car oui, écrire est un passe-temps que je pratique depuis 30 ans au moins, et je n'ai jamais réellement publié. Alors certes, si mon mode d'expression est plutôt la fiction, je n'ai pas nourri cette passion depuis longtemps, et du fait de mes activités je me suis plutôt orienté vers les chroniques, les avis. Ici il s'agit d'un ouvrage grand public, s'attachant à tracer de grandes lignes dans les trois axes précédemment cités. L'occasion de tordre le cou à certains clichés concernant Tolkien, de livrer quelques informations parfois inédites et d'avoir la satisfaction d'avoir écrit quelque chose de légitime, de cohérent (autant que faire se peut, j'aurai bien évidemment des tolkienophiles acharnés sur le dos), et, en espérant ne pas avoir écrit trop de bêtises, d'à peu près à jour concernant la recherche sur le poète et philologue britannique.



Ce livre ne s'est pas fait tout seul, même si certaines des textes qui le composent sont inspirés de billets du présent blog ou de contributions réalisées pour le site tolkiendil.com, par exemple. Il a nécessité des centaines d'heures de recherches, de lectures, parfois chez moi, parfois dans des bibliothèques (comme cette magnifique abbaye près de Caen, dans laquelle j'ai pu compulser les archives des premiers éditeurs de Tolkien en France). Il doit énormément à la gentillesse et la compréhension des personnes interviewées, à la bienveillance des tolkienistes que je fréquente, et au soutien de membres de ma famille et de quelques amis, dont certains m'ont fait l'honneur de relire et corriger ma prose parfois hésitante. Les remerciements font une page complète dans l'ouvrage, mais je tenais à saluer et remercier ici Guillaume Narguet pour sa relecture et son oeil "neuf", Stéphanie pour tout, Olivier pour son soutien et Miss K. pour son regard précieux de dernière minute.

Maintenant, si vous voulez en savoir plus sur le Professeur et son oeuvre, je vous incite à acheter cet ouvrage, et à me faire part de votre avis. J'y ai mis tout mon coeur, et une partie de mes tripes.

 

Spooky

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