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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Voici donc le dernier King traduit en date, le septième mettant en scène son personnage fétiche du moment, Holly Gibney, détective privée dotée d'une intuition hors du commun mais aussi d'un neuroatypisme pouvant l'handicaper dans les relations sociales. Cette fois-ci Holly est engagée par une star de l'édition, une certaine Kate McKay, chantre du féminisme et pro-choix qui entame une tournée de promotion mâtinée de one woman show à travers les Etats-Unis, et qui pense que sa vie est menacée après une agression sur son assistante, Corrie. Dans le même temps Holly est informée par son amie policière Isabelle "Izzy" Jaynes d'une nouvelle affaire qui secoue leur petite ville de l'Ohio, celle d'un homme qui abat des personnes au hasard et glisse dans les doigts des victimes des papiers comportant les noms des douze jurés ayant fait condamner à tort un homme pour pédopornographie. Un homme qui a été tué en prison par un co-détenu... 

 

Holly a par le passé, à deux reprises au moins, eu affaire à des créatures dont l'existence et les motivations dépassent l'entendement. Mais dans les autres, nous sommes dans du thriller relativement basique, si on met de côté le profil particulier de Holly. C'est le cas ici, si l'on excepte la toute dernière scène. Les deux affaires dans lesquelles est impliquée Holly se rejoignent dans un final assez violent, et le sous-texte du roman est quant à lui politiquement chargé.

 

Car nous avons en effet deux détraqué(e)s qui agressent des gens au hasard ou pas : l'un(e), mû(e) par un sentiment de mission religieuse, veut à tout prix empêcher une influente pro-choix -mais pas systématiquement pour l'avortement, la nuance est importante, de faire des adeptes par le biais de ses conférences. Quitte à mourir avec elle. L'autre, rongé(e) par la culpabilité souhaite en finir, mais pas seul(e). Malheureusement pour eux, se trouvent sur leur route cette détective hors normes et ses amis, de longue date ou de circonstance. King s'efforce de nous mettre dans leurs tête, de nous faire comprendre leurs motivations, mais force est de conclure que ce sont des maboules, selon les termes même de l'un des personnages. La religion, l'obscurantisme, le patriarcat : les causes de nombreux maux, mais surtout des méfaits, des crimes de ces deux personnages. On voit clairement le positionnement de King dans tout ça, d'autant plus qu'il liste en postface plusieurs personnes ayant été tuées parce qu'œuvrant pour faciliter l'accès des femmes à l'avortement.

 

Disons quelques mots une nouvelle fois sur la traduction du titre très approximative : Never flinch est devenu Ne jamais trembler, alors que cela s'approche plutôt de Ne jamais flancher... Mais après The Outsider devenu l'Outsider (!) et Later devenu Après (notamment), Albin Michel n'est plus à une approximation près, tant que le nom de King est sur la couverture, ça se vend par palettes.

 

Que penser de ce nouvel opus ? Ce n'est pas le meilleur roman du King, pas même le meilleur mettant en scène Holly. On se retrouve assez vite perdu dans l'intrigue, tortueuse, avec une dizaine de personnages principaux et secondaires, même si certains sont familiers (au-delà de Holly, Pete Huntley et les frère et sœur Jerome et Barbara Robinson, Izzy Jaynes était déjà présente au début de la trilogie Hodges). j'ai eu surtout l'impression que l'auteur voulait livrer en sous-titre un plaidoyer pour le choix en cas de grossesse non désirée, d'hommage aux bénévoles et professionnels des services d'IVG et planning familial (dont les noms de certains, victimes de la folie de leurs détracteurs, sont listés en fin d'ouvrage). Etant sensibilisé à la question (et pro-choix moi aussi), il a trouvé en moi un allié certain. Et s'est sans toute attiré de nouvelles inimitiés (si c'était encore possible) dans les rangs de MAGA. Mais je trouve que ce plaidoyer est assez mou, le personnage de Kate Mc Kay étant plutôt bancal, et les deux "méchants" trop caricaturaux. Ce qui affaiblit le message du roman. Un peu bof, finalement. En revanche l'atmosphère du roman est assez noire, désespérée, ça reste du thriller de bon niveau.

 

Spooky

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