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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

Publié le par Spooky

 

Dans la foulée de Promenades au pays des Hobbits et l'Encyclopédie des Hobbits, la fine équipe des auteurs français tolkienophiles, issue en partie des associations Tolkiendil et Elbakin.net est repartie pour un tour, et nous livre cette nouvelle petite bible pour tout amateur des Seml-Hommes.

Ils ont donc rassemblé toutes les informations disponibles, dans le Hobbit, le Seigneur des Anneaux, les Aventures de Tom Bombadil ou encore dans les différents tomes de l'Histoire de la Terre du Milieu ou les Lettres du Professeur.

 

Les auteurs ont réparti leurs contributions sur six grandes parties : l'origine et l'histoire des Hobbits, la dimension géographique, avec la Comté ("LE Comté" dans la nouvelle traduction -désolé, je ne m'y fais pas), avant de passer aux us et coutumes, la langue et l'écriture, puis les personnages célèbres dans l'ethnie hobbitte. Le dernier chapitre est consacré aux inspirations historiques et littéraires pour les Hobbits.

 

Il va de soi qu'un tel ouvrage va intéresser ceux pour lesquels les Hobbits sont une énigme, ce recueil donne donc un panorama quasi exhaustif de la question, permettant de comprendre la philosophie et l'importance de ces semi-hommes dans l'oeuvre de Tolkien. J'ai apprécié l'ensemble, qui m'a permis de retrouver dans un seul ouvrage l'essentiel des renseignements relatifs aux Hobbits. La dernière partie, qui s'attache aux origines historiques et littéraires probables du personnage emblématique de la Terre du Milieu, est très intéressante, dans la mesure où elle propose de nouvelles pistes de réflexion.

 

De l'excellent travail donc, de la part de Damien Bador, Audrey Morelle, Coralie Potot, Viven Stocker, Jean-Rodolphe Turlin et Dominique Vigot. L'ensemble est admirablement illustré par Sandrine Gestin et Xavier Sanchez, avec des portraits de Hobbits, qu'ils soient célèbres ou pas, des paysages ou encore des arbres généalogiques. Leslie Boulay y a également apporté sa contribution. Très belle maquette, encore une fois, chez le Pré aux Clercs.

 

Ce recueil est donc une nouvelle Bible pour les hobbitophiles, complémentant idéalement l'Encyclopédie du Hobbit.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Alors que DC a annoncé il y a quelques jours une vague de films (qui n'a pas soulevé un grand enthousiasme) et que la phase 2 est sur le point de se terminer, Marvel a dégainé la grosse artillerie et dévoilé le programme de sa phase 3 autour des Avengers. Lors de la soirée orchestrée par Kevin Feige, un petit malin a réussi à filmer une scène avec Tony Stark et Steve Rogers, plus connus sous les pseudos d'Iron-Man et Captain America, qui serait un extrait de Captain America 3, intitulé Civil War...

 

Voici donc ce à quoi ressemblerait cette Phase 3 :

Cela va commencer le 6 mai 2016 sortira le troisième volet de Captain America, intitulé Civil War. Un arc très important dans le multiverse Marvel, qui ne sera cependant pas celui des comics. Le 7 novembre de la même année sortira Doctor Strange, personnage également populaire, qui sera incarné par Benedict Cumberbatch, actuel Sherlock Holmes sur petit écran. Le film sera réalisé par Scott Derrickson (l'Exorcisme d'Emily Rose, Le Jour où la Terre s'arrêta, Délivre-nous du mal...). Le 5 mai 2017 devrait sortir le second volet de Guardians of the Galaxy, le succès surprise de l'année 2014. Le 3 novembre Thor va faire frémir son gros marteau dans Ragnarök.

 

2018 verra arriver trois films également, avec Avengers Infinity War (le 4 mai), découpé en deux parties, dont la seconde sortira en mai 2019. Black Panther va nous faire profiter de sa démarche féline sur grand écran, avec Chadwick Boseman dans le rôle-titre, après être apparu dans Civil War. Premier héros "non-blanc" de l'univers Marvel depuis Blade. Rendez-vous le 6 juillet. Captain Marvel sort début novembre, avec le personnage de Carol Danvers ; ce sera donc le premier film "porté" par un personnage féminin depuis Elektra. Inhumans sort en juillet 2019..

 

Pas d'Iron-Man, ni de Hulk, encore moins de Black Widow ou d'Oeil de Faucon dans cette phase. Pas assez bankables ? Par ailleurs, le titre de Ragnarök (la fin du monde dans la prophétie nordique) pourrait laisser penser que ce troisième opus de la franchise Thor pourrait être le dernier. Pas d'Ant-Man 2 pour l'heure, malgré le succès surprise du film de Peyton Reed et l'intégration de celui-ci dans l'équipe des Avengers.

 

Pour ceux qui crieraient au scandale, à la trahison, à l'hérésie, il a été dit haut et fort que le Marvel Cinematic Universe (MCU pour les intimes) se détachait presque complètement des histoires créées dans les comic-books. Au total 10 films sont donc annoncés, presque autant que lors des phases 1 et 2 (six chacune). Marvel passe la troisième. Sa vitesse de croisière ?

 

Votre avis sur cette déferlante ?

 

Spooky

 

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Publié le par Spooky

 

La fin du tome 1 de la saga Martyrs proposait un énorme cliffhanger, et des dizaines de questions. Dans ce deuxième opus un certain nombre de questions trouvent leur réponse, mais d'autres se font jour.

 

Attention, la suite contient des [SPOILERS], je vous recommande de lire le premier tome avant de revenir lire ma chronique. A dans un mois, donc :)

 

Irmine est donc revenu dans le passé, désemparé, seul et désespéré. Il se raccroche au souvenir de ses amis, dont la plupart ne naîtront que 75 ans plus tard. Deux personnes mobilisent ses pensées : Helbrand et Kassis. Pendant un siècle ils vont lui servir de moteur, jusqu'à l'heure de leur rencontre. Entre passé et présent, Irmine et sa famille vont donc vivre des destinées différentes.

 

Oliver Péru nous livre un deuxième pavé (plus de 600 pages) où l'introspection se mêle aux scènes d'action, où la guerre, la peste (curieuse collision avec l'actualité) et les intrigues de palais dansent une sarabande au goût de mort...

 

Le roman est dense, presque pesant par moments, car il comprend de nombreux personnages principaux et secondaires, à l'instar d'une célèbre série TV actuelle. J'y ai trouvé des résonances aussi avec le Légende de David Gemmell, même si la dimension épique est moindre. Comme les héros de Michael Moorcock, Irmine est tourmenté, terriblement seul même s'il eut pour un temps comme compagne une gamine aux pouvoirs surprenants. On tremble au cours de combats, on pleure avec l'Arserker lorsqu'il songe à sa famille perdue, on est circonspect face au retour tout en subtilité de Karmalys, on souhaite le pire à la reine du Reycorax...

 

 

La plume d'Oliver Peru est élégante, elle permet de suivre l'action sans problème de bout en bout. Le roman est long, mais c'est un univers que l'on n'a pas envie de quitter.

 

La saga Martyrs ne relève pas tout à fait de la fantasy, c'est plutôt du médiéval fantastique avec sa magie, ses dragons et ses guerriers fantômes. Ce tome 2 s'achève sur une note d'espoir, une résurrection un peu inattendue. Et sur un futur inconnu, qui nous sera révélé en 2015, pour la conclusion de la saga. J'ai hâte.

 

Spooky

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Publié le par Spooky

 

Depuis une dizaine d'années à présent JRR Tolkien est revenu sur le devant de la scène culturelle avec les films de Peter Jackson. La traduction du Seigneur des Anneaux, par Francis Ledoux, avait quant à elle pris un petit coup de vieux et son éditeur historique, les Editions Christian Bourgois, a décidé de réviser la traduction. Le processus a pris du temps, il fallait un traducteur capable d'intégrer les contraintes toutes particulières de l'exercice, et après celle du Hobbit est arrivée celle du Seigneur des Anneaux (dont je vous reparlerai de façon dédiée), du moins de sa première partie. Dans ce cadre, Vincent Ferré, que j'ai eu l'occasion et le plaisir d'interviewer il y a quelques années, fait une série de rencontres avec des lecteurs dans des librairies ou des bibliothèques.

 

Pour rappel Vincent Ferré est professeur en littérature comparée à l'Université de Paris-Créteil, spécialiste de Proust et Tolkien, et directeur de la collection Tolkien chez Bourgois. Cette fois-ci il était au Merle Moqueur, grande librairie parisienne, où un auditoire de 25 personnes a pu échanger avec lui.

 

En guise de présentation, Vincent a parlé rapidement de la genèse et de la réception des ouvrages de Tolkien de son vivant, et a abordé le travail d'adaptation de Christopher Tolkien et de la traduction en cours de ses oeuvres.

 

 

En termes de volume, il y a encore des milliers de pages écrites par Tolkien à la Bodleian Library et dans d'autres établissements. Mais selon Christopher, Beowulf, paru l'an dernier (et dont la traduction est en cours) est le dernier grand texte de son père. En français, on a encore du retard : outre Beowulf, il reste de nombreux poèmes, relatifs à la Terre du Mmilieu ou pas, et les volumes 6 à 12 de l'Histoire de la terre du Milieu (les 6 à 9 étant les prémices du Seigneur des Anneaux, les suivants étant plus centrés sur les Elfes).

 

Vincent n'a esquivé aucune question concernant son travail de superviseur, ou son sentiment sur les adaptations diverses et variées de l'oeuvre tolkienienne. Il a ainsi participé à la traduction du premier film de PJ, avant de lâcher l'éponge, s'étant rendu compte que le milieu cinématographique n'était pas sa tasse de thé. Concernant le jeu d'action récemment sorti, l'Ombre du Mordor, il s'agit vraisemblablement d'une sorte d'hérésie narrative de niveau industriel, entre le Mordor fertile et verdoyant (!) et le principe du jeu, avec son héros qui ressuscite grâce à l'esprit de Celebrimbor...

 

V. Ferré a parlé de sa relation avec Daniel Lauzon, traducteur basé au Québec, avec qui les échanges se passent essentiellement par mail, et lequel avait le "final cut" en cas de divergences de vue sur la traduction. Il a évoqué en particulier le travail fait sur les poèmes et les chansons du Seigneur des Anneaux, au nombre d'une cinquantaine, pour lesquels Lauzon a tenté de garder la métrique et les jeux de mots, en bref, l'esprit d'origine. A noter que cette traduction, dont les deuxièmes et troisièmes volets sortiront en 2015, a déjà nécessité plus d'un an de travail. Lequel est arrivé après que Vincent Ferré et un groupe de volontaires, au nombre de neuf au départ (comme les membres de la Communauté de l'Anneau), aient établi une liste de coquilles et incohérences sur la traduction de Francis Ledoux, un document de... 910 pages.

 

Le plateau des victuailles réalisé par la librairie le Merle Moqueur à l'occasion de la rencontre avec Vincent Ferré. Photo réalisé par leurs soins, merci à eux pour le prêt.

 

Vincent Ferré a d'ailleurs salué l'activité et le dynamisme de plusieurs partenaires français, tels que l'association Tolkiendil, les sites Tolkiendrim et Elbakin, mais aussi des partenaires institutionnels tels que le Tolkien Estate et la Tolkien Trust, organistation caritative fondée par les quatre enfants de Tolkien et qui reverse des fonds pour des actions caritatives telles que l'aide d'urgence et le secours aux sinistrés, des organismes de bienfaisance à destination de la santé, des causes environnementales, l'éducation et les arts.

 

Comme je vous le disais l'actualité tolkienienne est dense en cette fin d'année. En prévision de la sortie du dernier volet du Hobbit, Warner a inondé le web ces derniers jours de visuels teaser. Au mois de décembre Arte propose un cycle d'émissions et de documentaires consacrés au Professeur. Vincent Ferré, quant à lui, publie à la même époque "Lire JRR Tolkien", chez Pocket. L'universitaire propose également différents textes sur la question sur ce site, ou celui-ci. Bref, un homme très intéressant, passionné et érudit sans être pédant, en plus d'un garçon charmant.

 

L'occasion est trop belle pour vous signaler cette possibilité proposée par Google de vous balader en Terre du Milieu... Et si vous souhaitez dormir une nuit dans un trou de hobbit, c'est possible (plus ou moins) près de chez vous...

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Alors que son rival historique, Marvel, a pris -définitivement ?- de l'avance sur les adaptations au cinéma de son catalogue, l'autre grand éditeur de comics, DC, a dévoilé son plan de sorties sur les 5 années à venir. Voici le détail de ces sorties :

 

2016 :
25 mars : Baman vs Superman: Dawn of Justice
5 août : Suicide Squad

2017 :
26 mai : LEGO Batman
23 juin : Wonder Woman
12 novembre : Justice League Part 1, avec Ben Affleck, Henry Cavill et Amy Adams de retour dans leurs rôles

2018 :
23 mars : The Flash (le personnage principal sera joué par Ezra Miller, vu dans The Perks of Being a Wallflower and We Need to Talk About Kevin)
25 mai : The LEGO Movie 2
27 juillet : Aquaman (avec Jason Momoa)

2019 :
5 avril : Shazam (avec Dwayne Johnson en Black Adam)
14 juin : Justice League Part 2

2020 :
3 avril : Cyborg (avec l'acteur Ray Fisher)
19 juin : Green Lantern (un reboot donc, la première tentative avec Ryan Reynolds s'étant soldée par un échec historique)

 

On annonce aussi de nouveaux films Batman et Superman "en solo". Du lourd, donc, voire du très lourd pour les années à venir. Votre avis ?

 

Spooky

 

EDIT : Pour avoir une idée de tous les fims de super-héros qui nous attendent pour les 6 années à venir et plus, suivez ce lien.

 

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Livres



Sorti il y a 10 ans, l'occasion est belle de remettre en lumière ce monument...

Conseillé par d’autres fans d'univers de science-fiction ambitieux, La Horde du contrevent (Editions La Volte et Folio SF) est une vraie claque.


Imaginez une Terre poncée, avec en son centre une bande de cinq mille kilomètres de large et sur ses franges un miroir de glace à peine rayable, inhabité. Imaginez qu’un vent féroce en rince la surface. Que dans les villages qui s’y sont accrochés, avec leurs maisons en goutte d’eau, les chars à voile qui la strient, les airpailleurs debout en plein flot, tous résistent. Imaginez qu’en Extrême-Aval ait été formé un bloc d’élite d’une vingtaine d’enfants aptes à remonter au cran, rafale en gueule, leur vie durant, le vent jusqu’à sa source, à ce jour jamais atteinte : l’Extrême-Amont.


Mon nom est Sov Strochnis, scribe. Mon nom est Caracole le troubadour et Oroshi Melicerte, aéromaître. Je m’appelle aussi Golgoth, traceur de la Horde, Arval l’éclaireur et parfois même Larco lorsque je braconne l’azur à la cage volante. Ensemble, nous formons la Horde du Contrevent. Il en a existé trente-trois en huit siècles, toutes infructueuses. Je vous parle au nom de la trente-quatrième : sans doute l’ultime.

Ca n'a pas l'air de grand-chose, mais à partir de ce décor et de ces quelques personnages, Alain Damasio va nous proposer un roman à la fois surprenant et inoubliable. Sa Horde est donc composée au départ de 23 membres, tous différents, avec leurs aptitudes, leurs caractères propres. La première bonne idée est d'en faire, à tour de rôle et suivant les besoins, le narrateur de l'histoire. Mais plutôt que de nous les présenter de façon scolaire, il nous les décline au cours d'une sorte de spectacle vivant donné par la Horde et orchestrée par Caracole, le conteur-troubadour, lorsque nos Hordiers croisent la route d'un gigantesque bâtiment remontant le vent à la force des moteurs. Caracole, un personnage vraiment exceptionnel, qui met en exergue la verve rhétorique de Damasio au travers de plusieurs scènes d'anthologie, dont une joute oratoire d'un niveau exceptionnel. Caracole, dont l’identité réelle est une énigme, lui qui semble entretenir une relation intime avec son environnement.

 

Mais il y a bien sûr d'autres personnages incroyables dans cette Horde, en premier lieu Golgoth, le Traceur, celui qui décide de la voie à suivre pour son groupe, celui qui resserre les rangs, parfois à coups de dents, sans vergogne et avec une volonté inébranlable. J'aime beaucoup Sov, le Scribe qui retranscrit toute l'équipée sur le carnet de contre, une tradition qui a permis à chaque Horde de profiter des leçons de ses devancières. Damasio a composé un groupe d'une diversité qui n'égale que sa complémentarité, avec par exemple une guérisseuse, une feuleuse, capable de faire jaillir une flamme même sous la pluie battante, un combattant-protecteur... Je ne ferai pas le catalogue de tous les personnages, mais chacun a un rôle bien particulier dans l'histoire.


Le destin (et la raison d'être) de la Horde est donc de remonter le vent afin de trouver sa source, le fameux Extrême-Amont. Elle va donc croiser de nombreux obstacles, aux formes variées, parmi lesquelles les moins étonnantes ne sont pas les chrones, ces créatures qui semblent manipuler le temps de façon très diverses. A ce titre, le véramorphe est l’une des créatures les plus géniales de la littérature mondiale ; son impact sur le temps est très particulier. Le temps est d'ailleurs le thème central du roman, car le temps est mouvement, et le mouvement est la vie.

 

La Horde du Contrevent est le récit du choc entre deux mouvements, celui, constant, éternel, tout-puissant, du vent, et celui, plus ponctuel, timide et discontinu, de la Horde. Les hordiers se battent, luttent malgré les coups du sort pour continuer leur route. Damasio utilise et décline le thème du temps, inventant de nouveaux paradoxes, trouvant des trous d’air au milieu des rafales. Par moments, on tutoie le magistral, le solennel… L’auteur utilise aussi toutes les ressources de la langue française pour faire rendre les armes au lecteur. Langage de haut niveau, parfois technique, il invente souvent des néologismes, des mots-valises pour faire avancer son récit. Et pas besoin d’un lexique pour comprendre ce qu’il se passe. C’est là encore dans le rythme, l’utilisation du temps que cela se passe : certaines scènes d’action se déroulent très vite, à d’autres il vaut mieux se poser pour bien comprendre une déclamation… Juste sublime.

 

Oh, et encore une utilisation –à ma connaissance- inédite de l’objet-livre, mais aussi du temps : en général un bouquin commence à la page 1 (ou 3, ou 10, c’est selon), et la pagination augmente au fil de la lecture. Dans La Horde du Contrevent, celle-ci décroît vers la conclusion, le destin inéluctable de la bande à Golgoth. A l’ouverture on sait donc qu’il reste 521 pages à lire. 521 pages très denses, qui commencent par une phrase de Caracole dispersée (par le vent ?) qui dit « Nous sommes faits de l’étoffe dont sont tissés les vents ».

 

Le roman nous conte 23 destins, ceux des Hordiers, avec chacun ses peurs, ses joies, ses pensées, son destin. Ce sont des quêtes intérieures individuelles, des quêtes intimement liées à l’essence de ce monde, le vent, mais aussi le vif. Qu’est-ce que le vif ? A vrai dire, à l’issue de votre lecture, vous ne le saurez pas vraiment, même si on pourrait dire que c’est l’âme de chacun des personnages, mais aussi son étincelle vitale. La quête des personnages dure 30 ans, et s’achève de façon très surprenante. Le choix de la multi-narration est astucieusement matérialisé par un symbole typographique particulier à chacun.

 

La Horde du Contrevent est un livre-univers, il contient énormément d’éléments permettant de comprendre comment celui-ci fonctionne. Sa lecture ne laisse personne indifférent, à moins d’être allergique aux logorrhées audacieuses. Un véritable chef-d’œuvre, qui a reçu en 2006 le Grand Prix de l’Imaginaire, en tant que meilleur roman francophone. Rien n’est laissé au hasard dans ce roman, pas même le nom de la maison d’édition, La Volte, qui suggère une danse, un mouvement, un vent tourbillonnant… Une maison d’édition qui se dit animée par… "une horde, sans cesse mouvante, d'amis et de passionnés…" La Horde du Contrevent est le premier ouvrage paru chez la Volte en 2004. CQFD.

 

Le livre est complété par un marketing multimedia de premier ordre. En plus d’une édition « classique », vous pouvez vous procurer une version comportant un CD de musique. « Mélodies organiques à l’élégance électro-pop, percutées de bruits bruts, rehaussées d’harmonica, de guitare slide et de bouzouki. Entendez ces nappes riches tissées de voix chapechutées, de boléros souples, soudain déchirées de brefs textes. Le vent fluide enfle. La Horde marche, rythme et nous obsède. Laissez-vous guider par les trompes des pharéoles, traversez la Flaque à mi-torse et ne dites jamais « Fontaine… ».  Une édition prestige comprend un DVD avec des bonus plutôt intéressants (entretiens avec l’auteur, court-métrage, diaporama d’illustrations…).

 

Et je ne serais pas complet si je ne parlais pas du site internet où l’on retrouve la plupart de ces bonus, mais aussi une revue de presse et une section « l’univers du livre », où l’on peut retrouver des descriptions, des musiques, des illustrations, ainsi qu’un intéressant « atelier » comportant plusieurs versions de l’écriture de Damasio. Sans oublier des notes biographiques pour chacun des contributeurs de l’ensemble (Damasio bien sûr, mais aussi le compositeur des musiques, l’illustrateur, les concepteurs du site et l’éditeur). Juste incontournable.

 

Spooky.

 

Damasio/La Volte

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Publié le par Spooky

 

 

Marie, 15 ans, se réveille dans une chambre blanche, immaculée, le bras raccordé à une perfusion. Apparaît bientôt un homme, Victor, qui lui révèle qu'elle avait été longtemps dans le coma à la suite d'un accident de voiture au cours duquel ses parents sont morts. Elle doit réapprendre la vie, retrouver peu à peu une existence normale, sous l'oeil attentif de Victor, qui note ses moindres faits et gestes. Après plusieurs mois de réclusion, elle réintègre le lycée, à Genève, et essaie de se faire des amis, malgré les réticences son "père"...

 

Mais la nouvelle vie de Marie est bien compliquée. Dotée de facultés psychologiques et physiques hors du commun, elle est aussi hantée par de drôles de rêves, où elle semble être des personnes différentes, et est hantée par un voile noir qu'elle voit se poser sur les gens, sans qu'ils ne remarquent quoi que ce soit. Mais l'adolescente met tout cela sur le compte de son traumatisme, et de sa condition d'adolescente, et essaie de se sociabiliser. Jusqu'au jour où elle échappe de peu à une explosion dans un centre commercial. Et se met à douter de sa vraie nature...

 

Amélie Sarn est, entre autres talents, un écrivain spécialisée dans la littérature pour adolescents. Mais loin de répondre aux canons et aux clichés du genre, sa plume, aussi élégante qu'efficace, emmène ses lecteurs sur des territoires parfois très noirs. C'est le cas avec ce roman, qui, au-delà d'un argument fantastique, propose un déroulement assez crédible. On sent la volonté de l'auteure de s'échapper du carcan habituel de ce genre de romans, ou plutôt, puisque la littérature pour ados (ou le "young adult") n'est PAS un genre, de ne pas s'attarder sur le côté midinette de l'histoire, et aller plus dans la noirceur, même si à mon goût elle aurait peut-être pu aller encore plus loin.

 

On ne peut pas lâcher le roman. je l'ai lu en moins de deux jours, en ayant assez vite une intuition sur la nature, ou plutôt sur l'histoire de Marie. Intuition vérifiée par la suite. Au passage Amélie Sarn rend un hommage à un classique incontournable de la littérature fantastique, hommage discret mais véritable. J'ai beaucoup aimé ma lecture, une nouvelle fois avec cette auteure, probablement l'une des plus originales et des plus surprenantes du moment.

 

Spooky

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Publié le par Spooky

 

 

Plutôt enthousiasmé par mes différentes letures de polars nordiaques, j'ai voulu tenter cette nouvelle sortie, nettement mise en avant pas Albin Michel.

Une auteure suédoise, pourquoi pas ? Sauf que très vite j'ai dû un peu déchanter...

 

À 145 kilomètres du cercle polaire, dans l’atmosphère crépusculaire du Grand Nord, un petit village aux environs de Kiruna, ville natale de l’avocate, est sous le choc : le pasteur de la paroisse – une femme – vient d’être assassiné. En mission là-bas pour son cabinet d’avocats, Rebecka remonte la piste de cette affaire qui réveille le souvenir traumatisant d’un autre meurtre…

 

Rebacka n'est pas la seule héroïne du roman. Nous sommes aussi dans la tête de Lisa Stöckel, paroissienne de Jukkasjärvi, celle de Lars-Gunnar, policier à la retraite avec un fils attardé mental, celle d'un prêtre et d'un vicaire... Et dans celle d'une louve. Et là vous vous dites : mais quel rapport ? C'est la question que je me suis posé tout du long de ma lecture, d'autant plus que l'arc narratif concernant cette louve clôt le roman, sans que jamais celui-ci ne croise les autres intrigues. Alors bien sûr, il y a un côté allégorique, mais même en me mettant dans cette posture, je n'ai pas su raccrocher les wagons. Peut-être une dimension scandinave que je n'ai pas su saisir...

 

La multiplicité des points de vue n'a donc pas aidé à ma lecture, d'autant plus qu'Asa Larsson use et abuse des flashes-backs. Pour TOUS les personnages, pas seulement Rebecka, qui semble être son personnage fétiche. Autre souci, la traduction, dont je ne juge pas la qualité générale, mais qui n'a visiblement pas bénéficié d'une grande relecture par moments : oublis de transcription, mots oubliés ou superflus... C'est assez dommageable et surprenant, surtout chez un éditeur de la taille d'Albin Michel.

 

Quant à l'histoire elle-même, je l'ai trouvée sans ressort, assez plate pendant 400 pages, sachant que le roman en fait 470. Et l'évènement qui permet à l'enquête de décoller est tellement tirée par les cheveux que j'en ai presque ri. A côté de cela Asa Larsson sait installer des ambiances particulières, mais n'en profite pas vraiment. Dommage car cette région proche du cercle arctique est propice à de beaux morceaux d'écriture, à mon humble avis.

 

Bref, une déception assez nette.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Reportages

 

THE PLACE TO BLEED

(Oui, ce slogan est de moi)

Et voilà, je vous en avais un peu parlé en amont, le troisième Salon du Vampire a fermé ses portes.

 

Alors, comment ça s'est passé ? Eh bien les amateurs étaient invités à se rendre à la Maison des Italiens, une salle -encore une fois trop petite- situé à une station de tramway de la gare de la Part-Dieu, pour rencontrer des auteurs, des éditeurs, assister à des tables rondes, se faire prendre en photo dans des décors vampiriques... Car la thématique de cette troisième édition était celle des chasseurs et chasseuses de vampires, comme en témoigne le joli minois qui vous accueillait près de l'entrée :

 

 

Le coeur de la manifestation était l'espace exposants, partagé entre éditeurs, libraires, artistes et stands associatifs. Lesquels ont su faire preuve d'originalité pour attirer le chaland...

 

 

 

D'autant plus que quelques auteurs sont venus signer leurs ouvrages consacrés au genre :

 

La dernière partie du Salon était réservé aux tables rondes, qui ont jalonné les deux jours de manifestation. Les sujets ? "Dracula contre Van Helsing, face à face originel", "Quels codes graphiques pour le chasseur ?", "Chasser à Sunnydale : une histoire de filles ?", "Entre sciences et surnaturel : rapporter l'hystérie", "Le Chasseur, cette créature contemporaine", "Quelle mythologie pour le chasseur de vampire ?". Une programmation dense, où les auteurs invités sont venus apporter leurs connaissance et leurs propres ajouts aux questions posées. Pour alléger un peu le programme, une association est venu faire une démonstration (en trois temps) de self-défense spéciale vampires, et le réalisateur Bertrand Demarre est venu présenter son court-métrage "Road 666", dont la production venait de se terminer. Le public, qui a répondu présent à chaque animation, a aussi pu écouter deux masterclass, l'une consacrée à Mathieu Guibé, l'autre à Aurélie Mendonça, tous les deux contributeurs littéraires du genre.

 

 

 

 

Comme je l'ai dit le public était très présent pendant les deux jours. L'objectif initial, d'environ 200 personnes, a été dépassé à 17 heures le samedi, pour une affluence doublée au final. Il n'était pas rare de croiser des visiteurs aux tenues inhabituelles au détour des stands, pour le plus grand plaisir des photographes et documentaristes présents.

 

 

 

Autre plaisir visuel, l'association AOA production, qui réalise plein d'évènements à Lyon et ailleurs (comme les Zombies Walks) proposait aux visiteurs de de faire photographier -par un professionnel, Toumy, dans un décor inspiré de la série Buffy contre les vampires. Une animation qui a eu un très grand succès, il y avait presque constamment la queue.

 

 

Cette année l'organisation du salon a été gérée par un groupe de bénévoles bien plus important, puisque nous étions 25 à nous relayer à l'accueil, l'animation, le bar, la cuisine, l'assistance aux auteurs, le vestiaire, etc. Une organisation sans faille, qui a permis à la manifestation de se dérouler sans le moindre accroc pour les mordus. Un état d'esprit de camaraderie et de respect du travail a régné tout le long du Salon, provoquant sans doute de nombreux pincements au coeur au moment de quitter le 82, rue du Dauphiné, à Lyon...

 

 

Difficile d'en parler sans rentrer dans le dithyrambique, mais les faits sont là, le succès est public, les intervenants sont tous contents, et tous en redemandent. Et si vous voulez voir encore plus de photos, c'est par ici.

 

A dans deux ans ?

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Si vous suivez régulièrement ce blog, vous devez savoir que je suis un grand fan de Stephen King, l'auteur aux 350 millions de livres vendus dans le monde. Vous avez aussi, peut-être, que lors de sa tournée promotionnelle en France l'année dernière, j'ai fait partie des happy few qui ont pu le rencontrer et assister à sa conférence. Parmi les autres heureux élus se trouvait aussi Alexandra Varrin, jeune auteure dont la vie a été marquée par la rencontre avec l'oeuvre de King.

 

L'expression n'est pas galvaudée, car elle a construit son imaginaire, depuis ses 10 ans, avec les personnages et l'écriture de l'auteur de Ça. Et comme plusieurs centaines de fans, elle a enfin pu croiser son idole en novembre 2013. Ce qu'elle raconte dans ce livre, c'est cette rencontre, réitérée, puisqu'elle a eu la chance d'assister à chacune des apparitions publiques de King lors de cette semaine si particulière. D'abord la conférence de presse, au milieu de 300 journalistes dont la plupart savaient à peine QUI est King. Mais celui-ci, par ses traits d'esprit et sa gentillesse, conquiert vite son public. Alexandra lui remet, avant l'exercice, un panier contenant quelques menus cadeaux représentant la France. C'est ensuite la séance de signature dans un complexe cinématographique, avec une nuit entière passée sur place pour être parmi les premiers à obtenir l'autographe tant désiré. Ce moment où, tétanisés, les fans ne peuvent grommeler qu'un vague "Bonjour, je m'appelle Couillon, j'aime beaucoup ce que vous faites, merci, au revoir", et s'effondrer de bonheur à la sortie.

 

Troisième rendez-vous, dans les studios de France 5 pour l'émission La Grande Librairie, où le présentateur pose des questions pertinentes à son invité entre deux reportages sur son oeuvre et son histoire. Ce moment si particulier ensuite, dans les locaux du Mouv', pour une émission radio avec douze auditeurs triés sur le volet, qui pourront lui poser directement des questions. La proximité avec l'auteur n'aura peut-être jamais été aussi forte, et le fait de pouvoir lui parler quasiment directement -avec l'aide d'un traducteur- remplit Alexandra d'extase. La personnalité de SK se dévoile un peu plus ; il s'agit d'un homme simple, aux idées politiques non alignées mais claires, d'une gentillesse infinie et grand amateur de rock n'roll. Notre jeune auteure en profite pour évoquer avec lui la figure centrale de la Tour Sombre, Randall Flag, alias l'homme en noir, qui porte de nombreux autres noms dans d'autres romans, et d'apprendre qu'il échappe à son créateur...

 

Ces différents comptes-rendus sont ponctués -et souvent intimement mêlés- à l'évocation assez large de la jeunesse d'Alexandra, dans une Franche-Comté maussade (comme le Maine où a toujours vécu King), mais entourée de l'amour de sa mère et ses grands-parents, mais sans père (comme son auteur préféré), et la façon dont elle a perçu les romans les plus importants de SK. Au sommet desquels se trouve le cycle de la Tour sombre, point de convergence de tous ses romans et sorte de manifeste artistique et philosophique. Une oeuvre que l'auteur considère comme "toute sa vie", et dont il craint un jour l'adaptation télévisuelle ou cinématographique. Voir Roland de Gilead figé à jamais sous les traits d'un acteur, fût-il prodigieux, est sa plus grande crainte.

 

Au final, même si j'ai vécu moi aussi quelques-uns des évènements dont parle Alexandra dans son roman, savoir ce qu'il s'est passé dans les autres m'a beaucoup intéressé. La partie introspective du récit pourrait rebuter certains lecteurs avides surtout de sensationnel et/ou de factuel sur cette tournée, mais elle permet de bien saisir la portée de l'évènement pour une jeune femme qui aurait sans doute pris une toute autre voie si elle n'avait pas rencontré dans ses livres cet auteur.

 

Spooky

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