Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
...:::Ansible:::...

...:::Ansible:::...

Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/78/77/24/19761986.jpg

 

"Aller voir Super 8 ? mais je n'ai pas vu les 7 premiers, je ne vais rien comprendre", ai-je pu lire sur un forum consacré au cinéma il y a quelques jours...  Si je puis me permettre, la personne faisait fausse route, car pour tout comprendre, il suffisait d'avoir vu (entre autres) Les Goonies, E.T., Stand By Me, Rencontres du 3ème type, La Guerre des Mondes... Tous ces films, à l'exception de Stand By Me, ont comme point commun d'avoir eté produits ou réalisés par Steven Spielberg. JJ Abrams, créateur de Lost, Cloverfield et appelé à la rescousse des franchises Star Trek et Mission Impossible, a bien lu son Petit Stevie Illustré, d'autant plus que le père d'Indiana Jones, en tant que producteur exécutif, a dû être très attentif quant à l'écriture du script. L'idée de départ était de faire un film-hommage au Super 8, le format préféré des cinéastes en herbe, un format avec lequel ils ont tous les deux débuté et qui existe toujours à ma connaissance (je crois même qu'il existe un festival consacré à ce format). Il faut savoir d'ailleurs qu'Abrams et son complice Matt Reeves (le réalisateur de Cloverfield) ont rénové et remonté -à sa demande- les premiers films de Spielberg. Ils avaient 15 ans.

 

Un groupe d'adolescents est en train de réaliser un petit film amateur lorsqu'ils assistent, en pleine nuit, au déraillement d'un train, provoqué par une camionnette sur les rails. Pas de blessés parmi eux, mais une chose s'échappe de l'un des wagons renversés, qui appartient à l'Armée de l'Air... Bientôt d'étranges disparitions et phénomènes surviennent dans la petite ville de Lillian, dans l'Ohio. Voilà le point de départ du film, très simple, mais sur lequel Abrams va tenir près de deux heures.

 

J'ai beaucoup aimé le casting ; le film repose en grande partie sur les épaules d'un groupe d'adolescents, au premier rang desquels Joel Courtney et Elle Fanning, respectivement le maquilleur et l'atrice principale de The Case, le film réalisé par leur copain Charles Kaznyk. Joel Courtney est un pur débutant, tandis qu'Elle Fanning, aperçue notamment dans Benjamin Button, est la petite soeur de Dakota du-même-nom, qui joue la fille de Tom Cruise dans la Guerre des Mondes ; des deux, c'est la benjamine qui est la plus douée, elle démontre un énorme potentiel dans Super 8. Lors d'une scène de tournage, les gamins sont scotchés... et les spectateurs, dont votre serviteur aussi... Riley Griffiths, le réalisateur en herbe, a suivi JJ Abrams tout le long du tournage pour s'imprégner des gestes et des attitudes d'un "vrai" metteur en scène. Kyle Chandler, qui joue le père du jeune héros, est un habitué des séries (même s'il était présent dans King Kong et le Jour où la Terre s'arrêta) ; je l'ai découvert dans la série Demain à la Une, qui proposait un petit côté fantastique. Son physique quelconque est contrebalancé par un talent assez évident, quoique pas forcément très visible.

 

L'ambiance qui règne sur Super 8 est bien typique des années 70, jusque dans les objets utilisés (comme les films Kodak) qui en viennent directement. Dans la façon de filmer également, puisque seules des saynètes figurant les disparitions viennent mettre du rythme au milieu de sènes un peu longues. Le dernier tiers est évidemment plus mouvementé, avec la confrontation directe avec la créature venue des étoiles et aspirant à y retourner. L'action débute véritablement par une scène d'accident ferroviaire : les wagons giclent dans tous les sens, ça dépote un max, pas forcément de façon cohérente, mais peu importe, la scène est très réussie (à l'instar de celle du crash aérien qui ouvre la série Lost, tiens...). Une scène de dévastation d'une station-service est aussi remarquable. L'équipe des effets spéciaux, sous l'égide de Dennis Muren, collaborateur habituel de Spielberg, a fait du bon boulot.

 

  http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/78/77/24/19724422.jpg

 

Il y a plusieurs strates dans le film. Au premier plan, les ravages causés par l'alien, les (ex)actions des militaires pour le retrouver, mais aussi la passion des adolescents pour le cinéma, leur amitié et l'idylle naissante entre deux d'entre eux (qui fait l'objet de deux jolies petites scènes) ; mais aussi les soucis des enfants, enfin de ces deux-là, avec leurs pères, liés et opposés par une tragédie survenue quatre mois plus tôt. Cela rajoute un plus au simple film de SF d'action, et permet à l'ensemble du casting de réellement travailler (on n'est pas dans Transformers, pour faire court). L'ensemble est assez cohérent, bien ficelé et permet de ne pas perdre le fil. Il y a quand même deux-trois trucs "hénaurmes" qui m'ont un peu fait tiquer. Le conducteur de la camionnette qui provoque l'accident de train en sort vivant (mais probablement pas loin de la paraplégie) après un choc frontal. Pourtant à l'époque l'utilisation des ceintures de sécurité n'était pas vraiment la généralité, sans parler des airbags... Certaines scènes sont d'un grand angélisme, à la limite du cucul la praline. Je ne sais pas si c'est révélateur d'un Spielberg qui devient plus consensuel, plus mou du genou dans ses histoires, mais franhcement cela n'avait pas forcément lieu d'être, surtout dans un film faisant de nombreuses références à ses devanciers des années 70-80, époque où l'on se souciait moins du politiquement correct et du palpitant des familles. Heureusement que l'un des ados vomit dans une voiture pour rattraper tout ça, enfin, pour faire passer la pilule, enfin vous me suivez...

Alors, Spielberg est-il ramolli ? Espérons que sa production de l’adaptation de l’excellent Dôme de King (l’un de ses 36 projets en cours), en mini série télévisée, prouvera qu’il en a encore sous le capot…

 

 

Le film doit aussi beaucoup à Stand by Me, notamment dans l'ambiance et l'interaction entre les enfants. Abrams se reconnaît de l’influence de Stephen King (dont une nouvelle, Le Corps, a inspiré le film), un « spécialiste » de l’enfance, qui a la faculté de raconter une situation banale et la faire brusquement virer de bord pour aller vers tout autre chose. Rob Reiner, le réalisateur de Stand by Me, a d’ailleurs conseillé à JJ Abrams de prendre son temps dans le script de Super 8.

 

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/78/07/83/19758319.jpg


Le film que tournent les enfants dans Super 8 est entièrement le fait des jeunes acteurs : scénario, prises de vue, montage. On le voit d'ailleurs en entier pendant le générique de fin. Ce n'est pas du Speilberg mais c'est rigolo, surtout pour le côté amateur. Je trouve cette mise en abyme vraiment bien vue, car cela a dû renforcer la cohésion entre les acteurs, et cela peut donner envie aux jeunes générations de spectateurs de passer, à leur tour, à l'exercice de la réalisation amateur.

 

Au final j'ai trouvé que Super 8 était un bon film, mais pas une oeuvre inoubliable ; eu égard à ce qu'on pouvait en attendre. Un scénario trop sage, quelques incohérences... Je pensais "repeindre" mon blog aux couleurs du film, mais il faudra un autre coup de coeur...

 

Pour le plaisir je vous mets une affiche américaine qui m'a fait penser à celles des différents Star Wars...

 

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/78/77/24/19757030.jpg

 

 

Spooky.

 

EDIT : Pour une lecture plus large et une analyse plus fouillée, je vous recommande le billet de l'ami Dobbs.

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/82/95/58/19660916.jpg

 

Au camp Pendleton, base militaire située à proximité de Los Angeles, un groupe de Marines, dirigé par le sergent Michael Nantz, est appelé à riposter immédiatement à l'une des nombreuses attaques qui touchent les littoraux à travers le monde. La section du sergent Nantz est chargée d'extraire des civils de la zone de combat mais lui et ses hommes vont devoir mener une bataille acharnée contre un ennemi extra-terrestre bien décidé à faire un maximum de dégâts.

 

Alors une fois passée la découverte de ce mystérieux ennemi et de son véritable objectif que reste-t-il de ce film ?

Un bon film de guerre en ce qui concerne les scènes d’accrochages avec l'ennemi et des scènes de guérilla urbaine où la supériorité tactique et logistique supposée de l'armée US est mise à rude épreuve. Cette partie du film remplit sa mission puisqu'elle ravira les amateurs d'action.

Elle est aussi intéressante car elle est représentative du ressenti de l'industrie du cinéma US par rapport aux traumatismes dû à des évènements récents, que ce soit le 11 Septembre à travers les scènes de destruction massive, la "guerre" sur le sol américain, et aussi le conflit irakien à travers ces scènes de guérilla urbaine.

 

Pour le reste on a droit à de bons effets spéciaux et sans échapper à des moments "d’héroïsme" lourdingues, on évite quand même en partie un patriotisme un peu trop appuyé même s'il est présent.

 

En tout cas,et pour ceux qui le verront dans ce format, ça reste un bon blu-ray aux excellentes images et au bon son.

Un bon divertissement.

 

FabMart

 

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/82/95/58/19669846.jpg

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://club-stephenking.fr/photo/Stephen_King/stephen-king-16.jpghttp://www.abebooks.com/blog/wp-content/uploads/2011/07/Lord-of-the-Flies1.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un peu par hasard je suis tombé sur un texte de King qui parlait de ce que je tiens pour l'un des meilleurs romans du XXème siècle. Ne faisant ni une ni deux, je décidai de traduire le papier. Ce ne fut pas évident, il y eut quelques expressions un peu étranges, mais je finis par y arriver. Je vous livre donc ça. Attention, je n'ai traduit que la version abrégée de la préface de King. Connaissant la préface de l'Horrorurs Rex à en faire des tartines, nul doute que j'y serais encore si je devais m'atteler au texte intégral...

 

J'ai grandi dans une petite communauté rurale du nord de la Nouvelle-Angleterre, où la plupart des routes étaient boueuses ; il y avait plus de vaches que de personnes, et l'école était une pièce simple chauffée par un poêle à bois. Les enfants qui étaient mauvais n'avaient pas de retenue, ils devaient rester après l'école et couper des laies ou saupoudrer de chaux les toilettes.

Bien sûr, il n'y avait pas de bibliothèque dans la ville, mais dans le presbytère méthodiste désert à environ un quart de mile de la maison où mon frère David et moi avons grandi, il y avait une pièce avec des livres pourris empilés, beaucoup d'entre eux de la taille d'annuaires téléphoniques. Un bon pourcentage d'entre eux était des livres pour garçons de ce que nos cousins​​britanniques appellent "Ripping Yarns" (traduction approximative : longues histoires sensationnelles). David et moi étions des lecteurs voraces, une habitude que nous avons héritée de notre mère, et nous sommes tombés sur cette mine comme les hommes affamés sur un os de poulet.

Il y avait des dizaines de livres sur le brillant jeune inventeur Tom Swift (nous plaisantions souvent sur le fait que, tôt ou tard nous tomberions sûrement sur l'un d’entre eux intitulé Tom Swift et sa grand-mère électrique), il y en avait presque autant sur un pilote héroïque de la RAF de la Seconde Guerre mondiale du nom de Dave Dawson (dont le Spitfire était toujours « à prendre de l’altitude grâce à son hélice griffue »). Nous avons combattu le méchant Scorpion avec Don Winslow, enquêté avec les Hardy Boys, vagabondé avec le Rover Boys.

Finalement - à l'époque où John Kennedy est devenu président, je pense - nous sommes venus à sentir que quelque chose manquait. Ces histoires étaient assez excitantes, mais quelque chose à leur sujet… sonnait faux. Une partie de cela pouvait être due au fait que la plupart des histoires ont été écrites dans les années vingt et trente, des décennies avant que mon frère et moi soyions nés, mais ce n'était pas l’essentiel. Quelque chose au sujet de ces livres était tout simplement faussé. Les enfants qui y étaient présents n'étaient pas crédibles.

Il n'y avait pas de bibliothèque, mais au début des années soixante, la bibliothèque est venue à nous. Une fois par mois un van en bois vert s’arrêtait en face de notre petite école. Sur le côté en grandes lettres d'or était écrit Bibliobus de l'État du Maine. Le chauffeur-bibliothécaire était une dame qui aimait les enfants presque autant qu'elle aimait les livres, et elle était toujours prête à faire une suggestion. Un jour, après que j'aie passé 20 minutes à tirer des livres des étagères dans la section marquée jeunes lecteurs et à les remettre à leur place, elle m'a demandé quel genre de livre je cherchais.

J'y ai réfléchi, puis ai posé une question - peut-être par accident, peut-être en raison d'une intervention divine - qui a ouvert le reste de ma vie. «Avez-vous des histoires sur la façon dont les enfants sont vraiment ?"

Elle réfléchit, puis se rendit à la section de la fiction pour adultes, et en tira un volume cartonné mince. "Essaye ceci, Stevie", a-t-elle dit. "Et si quelqu'un te demande, dis-leur que tu as trouvé toi-même. Sinon, je pourrais avoir des ennuis."

Imaginez ma surprise (choc pourrait être un terme plus proche) quand, un demi-siècle après cette visite du bibliobus garé dans la cour poussiéreuse de l'école méthodiste Corners, j'ai téléchargé la version audio de Sa Majesté des Mouches et entendu William Golding articuler, dans la charmante introduction à sa lecture brillante, exactement ce qui m'avait troublé. «Un jour que j'étais assis d'un côté de la cheminée, et que ma femme était assise sur l'autre, je lui dis soudain : "Ce ne serait pas une bonne idée d'écrire une histoire sur quelques garçons sur une île, montrant comment ils aimeraient vraiment se comporter, d'être des garçons et non des petits saints comme ils le sont habituellement dans les livres pour enfants ?" Et elle dit : "C'est une idée de première classe ! Ecrivez cela !" Donc je suis allé de l'avant et l’ai écrit. »

J'avais lu des romans pour adultes auparaavant, ou ce qui se faisait passer pour tels (la salle des livres imbibés d’eau dans le presbytère méthodiste était pleine de Hercule Poirot et Miss Marple ainsi que de Tom Swift), mais rien qui avait été écrit au sujet des enfants, pour adultes. Je n'ai donc pas été préparé à ce que j'ai trouvé entre les pages de Sa Majesté des Mouches : une compréhension parfaite de la sorte de personnes que mes amis et moi étions à 12 ou 13 ans, non touchés par le savon doux et le déodorant habituels. Pourrions-nous être bons ? Oui. Pourrions-nous être gentils ? Oui encore. Pourrions-nous, au tournant d'un moment, devenir de petits monstres ? En effet nous avons pu. Et fait. Au moins deux fois par jour et beaucoup plus fréquemment sur les vacances d'été, quand nous étions souvent laissés à nous-mêmes.

Golding a exploité son point de vue clinique sur l'enfance dans une histoire d'aventure au suspense croissant. Pour le garçon de 12 ans que j'ai été, l'idée d’arpenter une île tropicale inhabitée sans supervision parentale semble libératrice au premier abord, presque céleste. Au moment où le garçon avec la tache de naissance sur le visage (le premier petit à évoquer la possibilité d'une bête sur l'île) a disparu, mon sentiment de libération s’est teinté de malaise. Et au moment où le très malade - et peut-être visionnaire - Simon affronte la tête coupée et couverte de mouches de la truie, qui a été collée sur un poteau, j'ai sombré dans la terreur. "Les yeux à demi fermés étaient appesantis par le cynisme infini de la vie adulte", écrit Golding. "Ils ont assuré Simon que tout était une sale histoire." Cette ligne résonnait avec moi alors, et continue à résonner après toutes ces années. Je l'ai utilisée comme l'un des épigrammes à mon livre de romans interreliés, Coeurs perdus en Atlantide.

Il a été, autant que je me souvienne, le premier livre avec des mains – des mains puissantes qui ont surgi des pages et m’ont saisi à la gorge. Il m'a dit : "Ce n'est pas seulement un divertissement, c'est la vie ou la mort."

Sa majesté des Mouches n'était pas du tout comme les livres des garçons dans le presbytère, en fait, il a rendu ces livres obsolètes. Dans les livres du presbytère, les gamins de Hardy pouvaient se retrouver ligotés, mais vous saviez qu'ils se libèreraient. Un Messerschmitt allemand pouvait tomber sur le paletot de Dave Dawson, mais on savait qu'il allait s'échapper (en mettant son Spitfire en mode « hélice griffue », sans doute).

Au moment où j'ai atteint les 70 dernières pages de Sa Majesté des Mouches, j'ai compris que non seulement certains des garçons pourraient mourir, mais que certains mourraient. C’était inévitable. J’espérais seulement qu’il ne s’agisse pas de Ralph, auquel je me suis identifié avec tant de passion que c’est avec une sueur froide que je tournais les pages. Nul besoin d’un enseignant pour me dire que Ralph incarnait les valeurs de la civilisation et que l’adhésion de Jack à la sauvagerie et au sacrifice représentait la facilité avec laquelle ces valeurs pourraient être balayées, c’était évident, même pour un enfant. Surtout un enfant qui avait été témoin (et a participé à) de nombreux actes d’intimidation à l’occasion de récréations. Mon soulagement à l'intervention de dernière minute du monde des adultes fut immense, même si j'ai été en colère contre la façon presque désinvolte dont l'officier de marine juge les survivants hétéroclites («J'aurais pensé qu'un groupe de garçons britanniques [...] aurait été en mesure de mieux s’organiser... »).

Je suis resté en colère à ce sujet jusqu'à ce que je me rappelle - des semaines plus tard, mais j'ai pensé au livre tous les jours - que les garçons étaient sur l'île en premier lieu parce qu’un tas d'adultes idiots avait commencé une guerre nucléaire. Et des années plus tard (alors que j'étais sur ma quatrième ou cinquième lecture du roman), je suis tombé sur une édition avec une postface de Golding. Dans ce qu'il a dit (je paraphrase): "Les adultes ont sauvé les enfants [...] mais qui va sauver les adultes ?"

Pour moi, Sa Majesté des Mouches a toujours représenté le but des romans ; ce qui les rend indispensables. Doit-on s'attendre à se divertir quand nous lisons une histoire ? Bien sûr. Un acte de l'imagination qui ne divertit pas manque sa cible. Mais il devrait y avoir plus. Un roman réussi doit effacer la frontière entre auteur et lecteur, afin qu'ils puissent s'unir. Quand cela arrive, le roman devient une partie de la vie - le plat principal, pas le dessert. Un roman réussi devrait interrompre la vie du lecteur, lui faire manquer un rendez-vous, sauter un repas, oublier d’aller promener le chien. Dans le meilleur des romans, l'imagination de l'écrivain devient la réalité du lecteur. Elle brille, incandescente et furieuse. J'ai épousé cette idée la plus grande partie de ma vie d'écrivain, et non sans être critiqué pour elle. Si le roman est strictement de l'émotion et de l'imagination, la plus puissante de ces critiques se fait, puis l'analyse est balayée et la discussion du livre devient sans objet.

Je reconnais que "Cela m'a bluffé" est carrément un non-commencement lorsqu'il s'agit de discussions en classe d'un roman (ou une nouvelle ou un poème), mais je dirais que c'est toujours le cœur battant de la fiction. "Cela m'a bluffé" est ce que tout lecteur veut dire quand il ferme un livre, n'est-ce pas ? Et n'est-ce pas exactement le genre d'expérience que la plupart des écrivains veulent offrir ?

Une réaction émotionnelle viscérale à un roman n’empêche pas non plus l'analyse. J'ai terminé la dernière moitié de Sa Majesté des Mouches dans un seul après-midi, mes yeux écarquillés, mon cœur battant, sans penser, juste en respirant. Mais j'ai réfléchi à ce sujet depuis lors, pendant 50 ans et plus. Ma règle d'or en tant qu’écrivain et lecteur - en grande partie formée par Sa majesté des Mouches – est de faire ressentir d'abord, d'y faire penser plus tard. Analysez tout ce que vous voulez, mais en premier lieu creusez l'expérience.

Ce qui me permet de revenir à Golding disant : "Ce ne serait pas une bonne idée d'écrire une histoire sur quelques garçons [...] en montrant comment ils se comportent vraiment ?"

C'était une bonne idée. Une très bonne idée qui a produit un très bon roman, passionnant, pertinent, et qui fait réfléchir maintenant à ce qu’il était quand Golding l’a publié en 1954.

 

 

Stephen King

 

Translation by Spooky

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Vie du blog

Si vous êtes un familier du blog, vous savez que tous les trois mois, sous la supervision de l'excellent Alice, la communauté de blogs consacré à l'imaginaire (au sens large) réalise un webzine de haute volée, présentant textes en tous genres, dessins, etc. En plus nous faisons des concours (de nouvelles, d'illustrations) entre nous. Si vous ne connaissiez pas, je vous encourage fortement à le découvrir. Et si vous faites partie des blogueurs d'over-blog, vous pourriez même y participer !

 

Cliquez sur l'image pour découvrir le dernier numéro :)

 

Spooky

 

http://idata.over-blog.com/2/17/07/30/1er-de-couverture-2/une-printemps-2011.jpg

 

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

http://2.bp.blogspot.com/-Kmqb6XJfoCI/TahEZMi1anI/AAAAAAAAArA/6eg92s07v6c/s1600/Les+heut-conteurs.jpg http://3.bp.blogspot.com/-iwK9qIERP0Q/TahQZGBWprI/AAAAAAAAArI/2BRD_BIsEk0/s1600/haut-conteurs2.JPG http://zonamaxo0.files.wordpress.com/2011/07/book_cover_les_haut_conteurs_tome_3___coeur_de_lune_163448_250_400.jpg?w=250&h=375

 

Roland, fils d'aubergiste à Tewkesberry, rêve secrètement de quitter cet ennuyeux village pour vivre de grandes aventures. Mais son avenir est déjà tout tracé, son père espère que son fils tienne l'auberge à ses côtés. Toute sa vie change à l'arrivé des Haut-Conteurs dans son village.

 

Dans la Voix des Rois, le premier tome de cette série, notre héros Roland va faire la rencontre de voyageurs habillés de capes pourpres que l'on appelle les Haut-Conteurs. Il les aidera à retrouver un des leurs disparu mais également à combattre goules et vampires qui terrorisent le village.

Les aventures continuent dans le deuxième tome, le Roi Vampire, en France. Roland apprenti Haut-Conteur secondera Mathilde (son mentor) pour retrouver des pages du livre des Peurs. Les pages de ce livre sont disséminées aux quatre coins du monde et les Haut-Conteurs ainsi que les Noirs Parleurs, entités dirigés par Mots-Dorés, les recherchent activement. Ces deux groupes se livrent à de grandes batailles pour avoir ces pages.

 

Dans le troisième tome, Coeur de Lune, Roland et Mathilde partent en Allemagne à la recherche d'un de leurs collègues disparu. Malheureusement en route, ils s'arrêtent pour aider un village attaqué par une énorme bête sanguinaire. Ils seront accompagnés par la belle italienne Elena qui fait tourner la tête de notre héros. Un tome très prenant où l'on oublie la quête première des Haut-Conteurs : les pages du Livre des Peurs.

 

Nous suivons dans cette série Mathilde, la patiente, et Roland, Cœur de Lion. En plus de ces deux inséparables, chaque tome voit apparaître quelques personnages aux caractères bien trempés comme Bouche-goulue, un autre Haut-Conteur. Ce petit nombre d'acteurs permet d'avoir des personnages plus recherchés et fouillés. L'histoire peut être contée par plusieurs personnages. Nous aimons suivre Roland, Mathilde ou encore le sombre Mots-dorés dans leurs réflexions et leurs doutes. Les dialogues sont justes et on s'amuse autant que Mathilde à lire les surnoms qu'elle donne à Roland.


Quel que soit le tome, on ne ressent pas du tout de temps mort. Les actions se succèdent agréablement et avec beaucoup de suspens. Les livres sont adaptés à un public jeune par le langage simple utilisé sans toutefois manquer de vocabulaire. Au contraire, le vocabulaire est toujours recherché et colle très bien avec l'époque.

 

Cette série est un véritable coup de cœur. Nous y trouvons des énigmes, des intrigues et des combats dignes des livres de cape et d'épées. Tout cela saupoudré d'un soupçon d'humour et de  romantisme.

 

Ewelf.

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://www.milady.fr/img/upload/1011-mercy5.jpg

 

Mercy Thompson vient de passer les deux derniers mois à tenter d'échapper aux griffes de la Reine des vampires. Et maintenant le chef des loups-garous de la ville a besoin de son aide.
Un grimoire renfermant les secrets des faes vient d'être découvert et le monde est sur le point d'apprendre à quel point ces derniers sont impitoyables... et dangereux. Mercy ne cracherait pas sur quelques jours de vacances...

Après un quatrième tome qui faisait la part belle à l'aspect vampire de l'univers dans lequel évolue Mercy, voici venu un 5e opus qui puise ses racines exclusivement dans les univers lycanthropiques et féériques de l'univers établi par Patricia Briggs.

Sans pour autant être révolutionnaire, l'histoire commence sur les chapeaux de roues, l'auteur lançant de nombreuses pistes qui finiront toutes par se rassembler à l'approche de la fin du volume. Si certes arcs me semble finalement rapidement résolus, au vu de l'importance qu'ils ont acquis au fil du tome (celui des fées notamment), la partie lycanthropique est pour le moins intéressante, et creuse davantage la manière de fonctionner de la meute, autour de son alpha et des liens qui unissent les différents membres. Alors que les loup-garous sont présents depuis le premier tome, c'est la première fois que l'auteur explore réellement à fond cet univers et ses codes, en proposant une vision pas totalement originale mais assez cohérente.

La psychologie des personnages est travaillée de manière à mettre en scène des personnalités intéressantes, pas archétypiques. Chaque personne a ses parts d’ombres, qu’on découvre au fur et à mesure des opus, et ce 5e tome ne fait pas exception dans la logique.

Mercy Thompson est une des séries estampillées bit-lit que je trouve la plus agréable à lire. Les tomes s'enchainent mais ne se ressemblent pas, et les personnages gagnent en richesse et en profondeur au fil des tomes. Si certaines des thématiques déjà creusées jusque-là ne sont pas très bien utilisées dans ce nouvel opus (les fées pour les nommer), ce 5e tome n'en est pas moins intéressant et n'a pas entamé mon intérêt pour cette série toujours aussi agréable à lire.


Vladkergan.

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/35/53/31/18407454.jpg

 

Depuis Gladiator, Ridley Scott est redevenu un réalisateur dans le coup. Pourtant en ce qui me concerne je n'ai pas été convaincu outre mesure par le peplum du créateur d'Alien et Blade Runner. La faute à une narration hachée et à un traitement confus des combats, entre autres.

 

Des combats, Kingdom of Heaven en compte beaucoup, puisqu'il raconte le voyage en Terre sainte d'un jeune seigneur français que son père emmène en croisade. Arrêtons-nous deux minutes sur le début dui film, que je trouve caractéristique des derniers films de Scott. Balian (Orlando Bloom, l'archer elfe du Seigneur des Anneaux), est un forgeron qui vit quelque part en France. Il a perdu le goût de vivre depuis que son enfant a été tué, et que sa femme s'est suicidée par désespoir. L'âme de celle-ci erre donc en enfer, et l'arrivée de son père, jusqu'alors inconnu, tombe à pic, puisqu'il lui propose de guerroyer avec lui vers Jerusalem. Combattre les Infidèles lui permettrait de racheter l'âme de sa femme, d'autant qu'en tuant l'agresseur de sa femme, un prêtre, son âme est damnée. Il part donc avec son père, qui, blessé, ne peut embarquer à Messine, en Italie, avec le reste des Croisés. Balian, adoubé par son père, fait naufrage quelque part en Méditerranée, et là, magie ! se réveille sur une plage pas loin de Jérusalem.

 

Ces circonstances préliminaires évacuées, Ridley scott peut enfin se concentrer sur le propos central, le parcours de Balian et sa rencontre avec Sybilla, la femme d'un noble français et la soeur du roi de Jérusalem. Lequel roi se meurt lentement de la lèpre, et qui voit d'un mauvais oeil la succession probable de son beau-frère, qui n'a de cesse de rompre la paix fragile conclue avec les Musulmans.

 

Au bout de quelques semaines la guerre éclate à nouveau, et l'immense armée de Saladin assiège la ville sainte. Les dissensions entre les généraux chrétiens apparaissent au grand jour.

 

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/35/53/31/18413349.jpg

 

Je reviens sur les défauts du film, parce que ça m'agace. Scott expédie de façon presque infantile la partie introductive, truffant celle-ci d'approximations narratives. On ne ressent que peu les circonstances pénibles du voyage. C'est bien pratique également de faire naufrage juste en face de la côte terminus... On savait que Scott ne s'embarrassait parfois pas de cohérence, ça se confirme. Passons sur le fait qu'un simple forgeron puisse devenir un bretteur émérite et un stratège capable d'organiser la défense d'une ville face à Saladin, qui n'était pas le premier venu... Et puis, tous ces gens qui traversent un continent, une mer, un désert, semblent tous sortir de la douche.


Second gros défaut, et non des moindres, l'acteur principal est une endive. Orlando Bloom n'a, à l'exception d'une séquence, que des scènes avec deux phrases maximum. Ca, pour remuer sa perruque aile-de-corbeau et lancer des oeillades, il y a du monde. Certes, le personnage est censé être renfermé, ténébreux, etc., mais pas de manquer d'expressivité. Une belle gueule d'elfe ne suffit pas. Il passe la première demie-heure du film avec son père, incarné par Liam Neeson, lequel a dix fois plus de présence à l'écran...

 

Bloom a une belle gueule, mais plus son arc, seulement une épée, qu'on le voit finalement peu manier.

 

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/35/53/31/18865545.jpg

 

Passons au positif à présent. Scott et ses scénaristes ont songé -et c'est tout à leur honneur- à rétablir quelques vérités historiques. Comme de montrer -de façon succincte mais nettement visible- la supériorité scientifique, culturelle et humaniste des Musulmans à cette époque ; comme de montrer que la Guerre sainte n'est dûe qu'à une suite de provocations  (à cause de l'ennui, du goût du sang, par exemple) des Chrétiens. Suggérant par-là même que le conflit israëlo-palestinien repose sur pas grand-chose en définitive. A ce titre la meilleure scène du film est celle où l'on voit les deux ennemis parlementer, et où Balian dit qu'il pourrait raser Jérusalem si cela pouvait permettre de sauver ses habitants et ses défenseurs, et où Saladin lui rétorque que ce ne serait pas une si mauvaise idée... Ce genre de parti-pris n'a pas dû plaire à tous Outre-Atlantique...

 

Au final Kingdom of Heaven est plutôt un bon film, si l'on passe outre la première demie-heure un peu bâclée et son acteur principal, dont on se serait bien passé. La lecture proposée de l'une des croisades est intéressante, révélant le côté criminellement futile de celle-ci.

 

Spooky

 

EDIT : commentaires de Jean-Luc Sala et Tristan Pastier sur facebook : en lisant ta critique je me dis que tu n'as pas vu la version longue qui est excellente puisqu'elle amène tout un pan dramatique zappé dans la version ciné (le fils de Sybille, le mariage et le sacre)... il y a aussi des excellents bonus dans cette version sur les partis pris graphiques de Ridlet Scott... (et si tu voulais voir un film épique raté et mal écrit jette un coup d'oeil a son Robin Hood)...

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://www.scifi-universe.com/upload/medias/malevil1.jpg

 

Ils sont sept. Sept survivants d'une terrible catastrophe, probablement nucléaire (on ne le saura peut-être pas, et finalement peu importe), qui se trouvaient dans la cave du château de Malevil lorsque c'est arrivé.

 

Le château de Malevil, dans les ruines duquel Emmanuel et ses amis venaient jouer étant enfants. Un château qu'il a pu acheter et restaurer pour mieux faire fructifier ses terres alentour. Un château dans les caves duquel il se trouvait donc avec ses amis d'enfance et sa gouvernante (et son fils mentalement retardé) lorsque l'onde de chameur insoutenable a littéralement rasé tout le pays, voire la Terre entière. Protégé par une falaise et un creux, Malevil a survécu avec ses occupants humains, et quelques bêtes, dont certaines sur le point de mettre bas (ce qui est bien pratique). La survie s'organise bientôt, entre labours et embouteillage (de vin). Un semblant d'ordre, où Emmanuel, plus ou moins élu chef, s'efforce de composer avec les caractères des uns et des autres. Jusqu'au jour où la découverte d'autres survivants amène Muette à Malevil, une jeune et jolie femme...

 

Robert Merle n'est pas un auteur de genre. Enfin disons qu'il a exercé dans plusieurs genres. Enseignant, il a reçu le prix Goncourt en 1949 avec Week-end à Zuydcooote, puis la gloire avec Fortune de France, qui narre les heurs et malheurs des rois de France. L'élément de genre, la destruction presque totale de la vie sur Terre suite à une guerre nucléaire, vite évacué, l'auteur s'attache à nous narrer le quotidien ordinaire -si tant est qu'il puisse l'être dans de telles circonstances- de personnages ordinaires. Nous sommes clairement dans l'étude de moeurs, dans un cadre post-apocalyptique combinant le huis-clos à une chronique rurale, provinciale (on insiste bien sur le fait que certains personnages s'expriment en patois). Le château de Malevil, devenu le refuge de ces derniers représentants de l'humanité, est traité presque comme un personnage à part entière. Son caractère d'inexpugnabilité lui confère une aura toute particulière. De plus Merle, visiblement très au fait des techniques de défense médiévales, insiste bien sur ce point.

 

Le récit est écrit à la première personne, sous forme de journal d'Emmanuel (sans repères temporels cependant) mais est parfois interrompu par son ami Thomas, qui apporte des précisions ou des corrections. Ce procédé ajoute une dimension d'authenticité au récit, déjà très prenant. Plusieurs éléments sociétaux sot présents en toile de fond : la démocratie, la religion, la morale -surtout sexuelle... Merle découpe son récit en longs chapitres, très denses, au cours desquels il se passe beaucoup de choses. La langue est assez claire, le français étant entrecoupé d'un peu de patois du sud-ouest et d'un chouia d'argot.

 

Quelques petites choses m'ont gêné. Le comportement de certains personnages, le narrateur en tête, qui m'a semblé décalé, inadéquat. Mais comment savoir comment nous réagirions dans cette situation ? Egalement, l'aisance avec laquelle la communauté surmonte toutes les difficultés, notamment techniques. Quelle chance d'avoir un ingénieur, un tireur émérite,et un chef charismatique dans ses rangs ! Et enfin, une conclusion qui n'en est pas une, et qui laissera de nombreux lecteurs sur leur faim.

 

En résumé, je dirais que Malevil est une curiosité dans le sous-genre post-apocalyptique. Comme souvent dans ce sous-genre, il permet de faire une étude de moeurs, mais ici c'est poussé plus loin, le cadre post-apocalyptique n'étant qu'un alibi. Ma lecture fut intéressante, enrichissante même, mais attention car elle sort des sentiers battus de la littérature de genre.

 

Un gros merci à Erwelyn pour m'avoir permis de lire ce pavé (plus de 600 pages tout de même).

 

Spooky

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/35/49/23/18424092.jpg

 

Aux confins de la Russie et de la Chine, un avion-cargo vient prendre livraison du personnel d'une exploitation minière qui vient de fermer. Mais au cours du vol de retour, une tempête surprend l'équipage et le contraint à poser l'appareil en catastrophe. En plein désert de Gobi, et sans radio, détruite dans le crash. L'espoir est donc mince, mais parmi la dizaine de survivants un homme mystérieux, Elliott, leur propose de construire un second avion à partir de l'épave du premier.


J'arrête là mon résumé car il est fort probable que les spécialistes en aéronautique ont crié à l'hérésie (si si, j'ai entendu des cris). N'y connaissant pas grand chose moi-même, cela m'a fait sourire. Bien entendu, l'essentiel du récit se concentre sur les rapports entre les personnages de ce survival, entre le directeur tiré à quatre épingles, l'ingénieur (une femme), le pilote baroudeur et une ou deux têtes brûlées, dans des décors grandioses.

 

J'ai trouvé l'ensemble assez maladroit. Le casting de seconds couteaux est mal dirigé. Pourtant avec le vétéran Dennis Quaid, Giovanni Ribisi (Il faut sauver le soldat Ryan, Intuitions, Capitaine Sky et le monde de demain...), Hugh Laurie (plus connu sous le nom du Dr House dans la série TV éponyme) et Miranda Otto (Le Seigneur des Anneaux), il y avait de quoi faire. Mais ils sont tous impavides dans un scénario mal fichu, pourtant remaké d'un film de Robert Aldrich vieux de 40 ans. Les scènes de crash sont gérées par ordinateur et avec des maquettes, mais le résultat est médiocre. Heureusement que les décors sont assez mis en valeur par la caméra de John Moore (En territoire ennemi, Max Payne).

 

Note : Il n'y a pas l'once d'une romance entre la seule nana du groupe et les neuf mecs présents. Certes, Miranda Otto n'est pas une créature de pages centrales, mais ele n'est pas laide non plus. Je ne sais pas si c'est un bon point finalement...

 

En définitive un film sans âme, qui doit cependant faire sa carrière en video-club avec la bobine de Dennis Quaid dessus.

 

Spooky.

 

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/35/49/23/18887980.jpg

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://oscar-de-curbans.fr/wp-content/uploads/2010/04/Trone-de-Fer-integrale-j-ai-lu-01b1-203x300.jpg

 

Le Trône de Fer (Game Of Thrones en VO) : vaste saga fantasy écrite par George R. R. Martin. Il m’aura fallu le temps pour m’y mettre. Sans doute avais-je été dissuadé par l’ampleur de la tâche et par le fait que la saga, si imposante soit-elle, n’était pas terminée.

Mais, aidé par l’excellente adaptation tv, j’ai fini par m’y coller.

 

L’histoire, A Song of Ice and Fire, démarre sur le continent de Westeros, dans le royaume des Sept Couronnes, un pays composé de plusieurs grandes maisons (ou familles) qui sont au nombre de 9 : la maison Stark, la maison Baratheon, la maison Lannister, la maison Targaryen, la maison Tully, la maison Greyjoy, la maison Arryn, la maison Tyrell et la maison Martell. Au début de la saga le pouvoir est détenu par le roi Robert Barathéon, qui siège à Port-Réal et doit composer avec la reine, Cersei Lannister, et les intrigues de différents conseillers. Au Nord du pays et de Winterfell, le royaume de la famille Stark, une troupe d’élite appelée la Garde de Nuit veille sur la frontière du haut d’un immense mur de glace, et protège le Royaume de la menace de peuples sauvages et de créatures appelées les Autres que tout le monde pensait légendaires.

A l’Est les deux derniers survivants de la maison Targaryen négocient avec les Dothrakis, peuple composé de puissantes hordes de cavaliers nomades, et un de leurs chefs (Khal) : Drogo. 

 

http://2.bp.blogspot.com/_iRN5MzAg6cI/TOF0na2hqKI/AAAAAAAAACM/M7qaeoiHLko/s1600/trone_de_fer_roman_3.jpg

 

Plus qu’un véritable univers fantasy tel qu’on peut l’imaginer (et je ne vous en dévoilerai pas les quelques éléments hormis le fait que les saisons peuvent durer plusieurs années), on a l’impression de retrouver l’Europe du Moyen-Age et une époque qui semble sur le déclin. Grâce à l’importante galerie de personnages, dont même les plus secondaires peuvent avoir leur importance, l’univers de Martin estriche en intrigues politiques, affrontements et rebondissements.

La narration sort de l’ordinaire : Martin a fait le choix de donner plusieurs points de vue à son récit en changeant de narrateur à chaque chapitre. Du coup aucun des personnages, qu’ils soient directement ou non au centre de l’action, n’est laissé de côté. Ils sont tous extrêmement détaillés et pourvus d’une psychologie très réaliste.

Le récit gagne en épaisseur, en vie et évite ainsi le piège du manichéisme.

 

Je ne peux que vous conseiller la lecture de ce 1er tome de l’intégrale. Y goûter c’est l’assurance de vouloir y revenir et c’est parfait tant cet univers est dense et riche à la fois avec l’existence de 3 autres tomes de l’intégrale et de 2 courts récits (Le Chevalier errant et L'Épée lige) servant de prélude et se déroulant près de 90 ans avant. Il y a de quoi faire pour ne pas succomber aux affres du manque.

 

Vraiment ne passez pas à côté de cette formidable épopée et surtout n’oubliez jamais : 

 

                                                  L’Hiver arrive !!!!!

 

FabMart.

Voir les commentaires

Articles récents

Hébergé par Overblog