Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
...:::Ansible:::...

...:::Ansible:::...

Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

Publié le par GiZeus
Publié dans : #Livres


Considérée comme le point d'orgue de l'oeuvre de Silverberg, auteur prolifique de SF et grand ami d'Asimov, je me devais de lire Les Monades urbaines. Premier constat, le livre est composé de 7 épisodes ou nouvelles, qui s'intéressent à tour de rôle au destin d'une personne en particulier, que l'on retrouvera parfois dans une autre nouvelle par un jeu d'intertextualité, ou que l'on récupérera où on l'avait laissée.


Dans les monades urbaines, gigantesques tours de trois kilomètres de hauteur, tellement énormes qu'elles sont divisées en cités, vivent 75 milliards d'humains. La surpopulation est vaincue, et les hommes n'aspirent plus qu'à créer la vie, qu'ils considèrent la véritable offrande à Dieu. De fait, de nouvelles monades sont perpétuellement en construction pour accueillir l'excédent des autres tours. La promiscuité forcée a obligé les hommes à engager certains changements dans les moeurs, parmi lesquels on retiendra notamment une intimité réduite à néant et une libération sexuelle totale, cette dernière intervenant dans le cadre de la suppression des conflits. En effet, dans une société où l'on se marche presque sur les pieds, le moindre conflit peut s'envenimer rapidement, et c'est pourquoi l'on précipite du haut des monades, sorte de roche tarpéienne moderne, les "anomos", en d'autres termes les différents, les mécontents, les inadaptés sociaux.


A travers Les Monades Urbaines, Silberberg tente de nous brosser le portrait d'un futur qui aurait vaincu la surpopulation. Sous une couche utopique, comme le ressent la majorité des habitants, se cache un malaise profond qui touche uniquement certaines personnes. Ces anomos en puissance seront les protagonistes que nous suivrons tout au long des sept nouvelles. Evoluant dans un univers inadapté, ils tenteront malgré tout de résister avec leurs moyens à la normalisation imposée. Car deux sorts attendent les anomos :  la "chute", ou bien la rééducation par la pensée. Une manière de dénoncer notre système actuel, où les "fous" sont souvent confiés à des psychiatres au nom de l'ordre public.


En dehors de cette normalisation, on retiendra surtout deux messages forts. Silverberg dénonce clairement l'incitation à créer la vie à profusion, comme si ce n'était qu'une vulgaire marchandise. En tant que lecteur, on a clairement l'impression que cette société se trompe dans sa vision du monde en créant la vie sans s'occuper de la qualité de vie et de sa valeur. Résumé grossièrement, on pourrait dire que la qualité importe moins que la quantité. Le second message concerne l'autre grand concept des monades : les balades nocturnes. Dans un monde où l'adultère n'existe plus, n'a plus cours puisque tout le monde couche avec tout le monde, où toutes les pratiques sexuelles - et relatives à la drogue également - ne sont plus taboues, cette liberté de forniquer avec tout un chacun peut apparaître comme une libération immense. Paradoxalement c'est l'inverse qui se produit. Car lors des promenades nocturne, l'homme est implicitement poussé hors de chez lui, en quelque sorte chassé de son domicile.
Durant ces promenades, on s'apercevra vite que les classes sociales sont au contraire bien plus visibles qu'aujourd'hui. Divisées en cités, les monades abritent tous types de travailleurs "utiles à la société". En bas de l'échelle/monade, les travailleurs manuels, et en haut les dirigeants de la monade. Du plan horizontal au plan vertical rien n'a changé, le pouvoir se trouve toujours aux endroits les plus inaccessibles. Silverberg profitera également du cas Siegmund Kluver, jeune prodige appelé à devenir le maître de la monade 116, pour dénoncer les comportements amoraux des dirigeants, leurs débauches à l'abri des regards de la société bien pensante dont ils sont les gardiens moraux. Peu surprenant selon moi, et un peu trop banal.


Il y a tant d'autres choses à dire, comme l'extérieur de la monade, auquel un chapitre est dédié, ou encore la théorie de l'évolution selon Silverberg (je suis très peu convaincu sur ce point). Ce que je retiendrai des Monades urbaines sera surtout un univers très fouillé, avec ses codes propres, mais également une critique que je trouve un peu faiblarde par moments. Souvent, je me demandais ce que l'auteur tentait de faire passer. En ce qui me concerne, cette dystopie ne m'est pas apparue horrible ou malsaine, comme le choc que j'ai pu éprouver avec 1984, simplement sympathique et agréable à lire. Cette impression est notamment due au fait que la critique ne m'est pas apparue assez incisive ou plus explicité par moments, l'auteur parlant à demi mots et n'approfondissant pas plus sa pensée.



GiZeus

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Films


Sur les écrans depuis le 1er octobre, ce film m'a donné envie de vous parler un peu de ce groupe de "super-héros" de l'Angleterre victorienne, dont Alan Moore nous conte les aventures dans un comics du même nom. L'idée de départ est assez simple. Qui n'a jamais imaginé gamin voir se rencontrer Albator, le Capitaine Flam et le prince Actarus ? Dans mes délires d'enfant, Thomas Magnum côtoyait Angus McGyver (si si c'est ça son prénom !), l'Agence tous risques et Steve Austin ! Et ça donnait des trucs assez bizarres mais très excitants ! Mais bon je m'égare, je ne suis pas là pour vous raconter comment Futé a piqué Jody la copine de Colt Seavers sous le nez d'Howard… Des héros d'horizons différents qui se rencontrent, voilà le postulat de départ du créateur des Watchmen et de From Hell. Sauf que ses héros à lui n'ont rien à voir avec le petit écran, mais sortent tout droit de la littérature populaire de la fin XIXème / début XXème siècle. Les classiques de l'aventure et du fantastique quoi. Alan Moore s'attèle donc à un "crossover" géant où se croisent les héros de Jules Verne, HG Wells ou encore Robert L. Stevenson… Il imagine pour ce faire une équipe, la League of Extraordinary Gentlemen, mandatée par l'Empire Britannique pour assurer sa sécurité à travers le monde.
Première recrue et leader du groupe, Wilhelmina Murray, autrement dit la Mina Harker du Dracula de Bram Stoker. Celle-ci a quitté son mari Jonathan Harker après leur mésaventure avec le comte transylvanien et met ses talents au service du mystérieux "M", homme de l'ombre qui va confier ses missions à la Ligue. D'ailleurs certaines rumeurs courent sur lui… il s'agirait en fait de Mycroft Holmes, le frère de ce cher Sherlock… (mais ça je vous laisse lire le comics pour avoir le fin mot de l'histoire…). Seconde recrue, et non des moindres, le Capitaine Nemo en personne. Plutôt surprenant de la part d'un ennemi déclaré de l'Empire Britannique que de se mettre au service de la couronne… On découvre un personnage sombre qui ne cesse d'inquiéter tant il ne cache pas son animosité à l'égard de la civilisation anglaise qu'il juge en pleine déchéance morale. Mais face à des menaces plus globales, il met à disposition toute sa technologie futuriste dont le Nautilus est l'un des fleurons. Le Prince Indien déchu de Jules Verne est indéniablement un homme dangereux… Ensemble, Harker et Nemo enrôlent le vieil Allan Quatermain, qui après tant d'aventures trépidantes est devenu un alcoolique doublé d'un opiomane au dernier degré. Le héros de Henry Ridder Haggard, qui lui a consacré tout un cycle d'aventures extraordinaires en Afrique coloniale (dont Les Mines du Roi Salomon sont le chapitre le plus connu) est présenté ici sous un bien mauvais jour, à la recherche d'un héroïsme et d'une grandeur qu'il semble avoir perdus il y a longtemps… Puis vient la capture du personnage à double personnalité de Robert L. Stevenson, le fameux Dr Jekyll / Mr Hyde … Si Henri Jekyll apparaît comme faible, apeuré et très perturbé, son alter-ego bestial est une véritable bombe à retardement. Mr Hyde ressemble plus à un gorille géant friand de chair fraîche qu'à un homme. Il n'y a guère que Mina Harker qui sache l'amadouer et l'amener à faire ce qu'elle désire… la bête n'est pas insensible aux charmes de la belle. Et pour compléter cette ménagerie, c'est le pervers Hawley Griffin, autrement dit l'Homme Invisible de H.G. Wells, qui rejoint (un peu contraint et forcé) le groupe. Griffin est un homme sans scrupule, il use de ses talents à des seules fins personnelles, le sexe et l'argent étant ses deux centres d'intérêts principaux…
Voilà pour les personnages qui forment la Ligue. Sachez toutefois que (comme souvent avec Moore), la BD regorge de références à une multitude de personnages de la littérature populaire. Ainsi, un de leurs premiers ennemis ne sera autre que le Dr Fu-Manchu lui-même (personnage créé par Sax Rohmer). Le Mouron Rouge (de la Baronne Orczy), Miss Coote (héroïne de romans coquins de l'époque) et même un certain Campion Bond (seconde référence à l'univers de Ian Fleming après "M") font des apparitions plus ou moins remarquées au cours des aventures de nos héros. Si l'intrigue générale reste souvent classique (démasquer et contrecarrer le bad guy de service), Alan Moore, en scénariste génial qu'il est, insère des sous-intrigues passionnantes, qui lui permettent au passage d'approfondir les relations entre les personnages et de développer les caractères et nuances de chacun. Triangle amoureux Quatermain/Harker/Hyde, trahisons internes, conflits d'intérêts, les rebondissements sont nombreux. La patte du maître est là et bien là. Quant aux dessins, beaucoup les décriront comme… laids. Ça devient presque une habitude avec les BD de Alan Moore. Kevin O'Neill n'est certainement pas le plus académique des dessinateurs, et si son trait ne possède pas la virtuosité d'un Miller, d'un Anacleto ou d'un Sienkiewicz (pour rester dans le monde des comics), il fait preuve d'une finesse et d'un pouvoir évocateur impressionnant. Grâce entre autres aux couleurs de Benedict Dimagmaliw (non, il n'y a pas de faute de frappe !), son trait simple chargé de détails (paradoxal hein ?) nous gratifie de quelques splash-pages de toute beauté. Et finalement on se prend à se demander quel type de dessin aurait pu mieux convenir que celui-ci à une ambiance aussi originale. O'Neill rend justice aux personnages et sert l'anachronisme de certaines scènes de très belle manière. Bref, cette Ligue des Gentlemen Extraordinaires version papier est plus que recommandable si les expériences hors du commun ne vous font pas peur …

Mais qu'en est-il du film ?
Je dois avouer que parmi toutes les adaptations ciné de BD et Comics qui déferlent sur nos écrans, j'attendais celle-ci avec impatience. Et après visionnage, il faut bien dire qu'on reste loin du compte… mais ce n'est pas un film raté pour autant.
Soyons clairs, les BD à l'écran c'est la mode, LXG n'échappe pas au phénomène avec tout ce que cela comporte d'avantages et d'inconvénients. Rien que le titre "LXG" trahit la volonté de surfer sur les récents succès des super-héros au cinéma, la symbolique du X faisant ouvertement référence aux X-Men dont la conversion au grand écran a été auréolée de succès public.
Comme dans toute adaptation, le film n'est pas d'une fidélité sans faille au comics d'origine, loin s'en faut. Tout d'abord, Allan Quatermain devient le leader du groupe, Mina Harker étant largement sous-exploitée dans le film. Quand on sait que c'est Sean Connery qui interprète l'aventurier anglais, et qu'il est aussi producteur du film, on comprend mieux le changement. On voit même mal comment il aurait pu en être autrement…

Outre le fait que l'intrigue n'a rien à voir avec celle du comics, la plus grosse différence se situe dans la composition même de la Ligue. Deux personnages sont ajoutés au groupe. Tout d'abord Dorian Gray, doté du pouvoir d'immortalité et d'éternelle jeunesse (et issu du roman fantastique d'Oscar Wilde, Le Portrait de Dorian Gray). Plutôt bien vu comme ajout, tout à fait dans l'esprit de la BD. Le second est plus étonnant : c'est Tom Sawyer, jeune agent secret américain qui va devenir le protégé (en comics on appelle ça un "side-kick", comme Robin pour Batman par exemple) de Quatermain. Le personnage de Mark Twain n'apporte rien au film, même sa relation avec le vieux Quatermain (relation du type père-fils hein, me faites pas dire ce que vous pensez !) n'amène rien, faute de temps pour la développer correctement. En réalité, les producteurs (américains) du film ont suggéré qu'il était nécessaire d'insérer un personnage auquel le jeune public (américain) puisse se référer et d'identifier. Faut dire que s'identifier à n'importe quel autre taré de la bande s'avère légitimement difficile !! :o) Tom Sawyer ne doit donc sa place dans le film qu'à la volonté des producteurs d'attirer le jeune public (américain) dans les salles. Ce qui à mon avis ne tient pas la route un seul instant. Sauf peut-être si c'était Eminem qui avait décroché le rôle, les jeunes américains doivent se contre-foutre de Tom Sawyer…
Au chapitre des points négatifs du film, le scénario souffre de gros "trous", d'ellipses et autres raccourcis narratifs plutôt dommageables… Il est important de préciser à ce sujet que le réalisateur Stephen Norrington (Blade) a été remercié en phase de post-production, suite à des "incompatibilités d'ordre artistiques" avec l'acteur principal, et rappelons-le producteur du film, Sean Connery. Le montage un peu chaotique par moment et l'enchaînement narratif des scènes sont là pour prouver que le film a été bouclé sans réalisateur digne de ce nom. D'ailleurs après cette mésaventure, Stephen Norrington qui devait enchaîner avec l'adaptation d'une autre BD, Akira, a annoncé qu'il désirait reporter ce projet pour prendre du recul vis-à-vis du cinéma hollywoodien…
Alors oui, je vous le concède, tout cela n'est pas fait pour rassurer quant à la qualité du film. Et il est regrettable que le réalisateur n'ait pas eu le temps d'approfondir ses personnages qui sont nombreux. Tout au plus entraperçoit-on des embryons d'idées qui permettent d'humaniser (si c'est possible !) ces héros si particuliers. La culture et la froideur de Nemo, le combat intérieur de Jekyll et Hyde, leur attirance pour Mina, l'humour cynique de Griffin, le peu d'intérêt que porte Quatermain à ses propres exploits, tout ceci est là, se devine, se ressent confusément, mais n'a pas le temps d'être abordé de manière satisfaisante. On se doute du potentiel des personnages et des situations, mais l'action prime.
Car LXG c'est avant tout un film d'action. Et avec ce point on aborde les bons côtés du film. On ne s'ennuie pas, à aucun moment. Le matériau de base est si riche que l'inverse eut été étonnant. Niveau action on est servi. Niveau effets spéciaux et visuels également. Le Nautilus est majestueux, Londres, Paris et Venise sont recréées avec soin. Hyde est assez proche de sa version papier, je l'aurais aimé aussi sauvage, mais il est physiquement très réussi à mon sens. Mina Harker reste sous-exploitée, y-compris dans les effets spéciaux qui nous proposent toutefois une bien belle vampire. L'Homme Invisible est je crois le plus réussi de tous, la retranscription de ses pouvoirs à l'écran est vraiment bluffante de réussite.
Ajoutons à cela une interprétation excellente des acteurs, dont la distribution est proche de la perfection. Chacun " habite " son personnage avec talent. Il n'y a pas d'erreur, le casting est une des grandes forces du film.
Et ce qui sauve le film, lui donne toute sa valeur et sa personnalité, c'est l'univers qu'il réussit à rendre en images. Les décors sont magnifiques, le moindre détail répond à un design très précis. Les images, les éclairages, les couleurs, tout est visuellement parfait. Une véritable ambiance de fin de siècle se dégage à l'écran, avec ce mélange entre classicisme de la fin du XIXème siècle, rudesse de l'ère industrielle où le charbon et la vapeur régnaient en maîtres, et folie d'une technologie audacieuse qui marie avec succès passé et futurisme. C'est une chose que le réalisateur a su parfaitement retranscrire de la BD. Ce côté classieux, kitsch et baroque à la fois. C'est très surprenant et complètement abouti.

Alors je ne vais certainement pas vous dire que LXG est un film parfait et irréprochable. Le film n'est pas toujours très fidèle au comics. De même que le comics n'est pas non plus d'une fidélité absolue envers les mythes de la littérature qu'il met en scène. Et Finalement ce n'est pas le plus important je pense. Si je suis resté dubitatif face à certains choix, si le film est un peu en-deçà de ce que j'attendais, il m'a laissé une bonne impression, j'ai été séduit par certaines scènes, certains plans. Et surtout il m'a donné une furieuse envie de relire la BD, dont je le signale en passant et pour finir, le 4ème tome en VF sort en fin d'année aux Éditions USA.
Si à défaut de faire gagner des spectateurs au film j'ai pu aiguiser la curiosité de certains pour la BD, j'en serais déjà très content…

 


Marv’

 

 

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Films


 

Aujourd'hui, je vais vous parler de K-19, sous-titré "Le piège des profondeurs" chez nous. Retitrage un peu idiot, vu que le film se passe assez peu dans les grandes profondeurs de l'océan. Le titre original, comme vous pouvez le voir, était d'ailleurs K-19, the Widowmaker, c'est à dire "le faiseur de veuves". Pourquoi ne pas avoir traduit littéralement ce titre ? Eh bien peut-être parce que ce titre est celui d'un roman de Mike Resnick, publié par Denoël dans la défunte -et très bonne- collection Présence du futur en 1996. "Le Piège des profondeurs" ça sonne mieux, non ? On pense tout de suite à du mystère, du monstre, voire du dégoulinant...


En fait le mystère se situe plutôt du côté d'Harrison Ford, en gros sur l'affiche (c'est lui le monstre ? Bon ben, ils se sont pas cassé la tête depuis Les dents de la Mer). Après plusieurs flops pour l'ex-Indiana Jones, sera-t-il en mesure de redresser la barre (je fais les jeux de mots que je veux !), et sortir la tête de l'eau avec ce thriller politico-historique ? Réponse plus bas.


"En juin 1961, en pleine Guerre froide, dans les eaux de l'Atlantique nord, Alexei Vostrikov, le capitaine du premier sous-marin nucléaire de l'arsenal soviétique, le K-19, découvre que le système de refroidissement du réacteur principal est défaillant. A son bord, des ogives et un moteur à propulsion atomique menacent d'exploser si la température au coeur du réacteur ne baisse pas rapidement.
Coupés du monde extérieur et du reste de la flotte russe à cause d'une panne d'antenne, le capitaine Vostrikov et son second Mikhail Polenin doivent surmonter leurs différends pour faire face à la crise et éviter un accident nucléaire. Par ailleurs, si une telle explosion se produisait, les Etats-Unis pourraient croire à une première attaque soviétique et déclencher une guerre totale."


Vous l'aurez peut-être compris, Vostrikov est incarné par Ford, et Polenin par Liam Neeson, un excellent acteur qui n'arrive pas à trouver de rôle aussi marquant depuis La Liste de Schindler. Deux acteurs en quête de rachat, au milieu d'une nuée de jeunes acteurs à peu près inconnus dans un film qui s'annonce comme spectaculaire. Mais le spectacle n'est pas là où on aurait pu le croire. Car K-19 est avant tout un thriller psychologique plutôt qu'un récit de guerre. C'est d'ailleurs une constante dans les bons films se déroulant dans des sous-marins : rappelez-vous de A la Poursuite d'octobre rouge, de das Boot... Une raison aussi pour cette orientation à rebours de la tendance "blockbuster" : au commandement de ce film se trouvait Kathryn Bigelow, ci-devant épouse de James Cameron, et réalisatrice aussi rare que difficile à suivre : Aux frontières de l'Aube, qui renouvelle le style vampirique, le branché Point Break (eh oui !), le polar Blue Steel, ou encore le très controversé Strange days, vision étrange du futur.


K-19 est donc un film étonnant, qui se passe à 95% à bord d'un sous-marin soviétique, où, en version originale, tous les acteurs s'expriment en Russe, sauf... les deux têtes d'affiche. Mais ce n'est là qu'un point anecdotique. Car le film est, contre toute attente, plutôt bon. Sur l'ensemble des points, jusqu'à l'interprétation de l'ensemble des comédiens. Il est intéressant de noter que les deux stars ne sont pas constamment à l'écran, rendant la performance des autres (jeunes) acteurs plus tangible et appréciable. Liam Neeson est d'ailleurs en retrait. Ford prouve qu'il est resté un très bon acteur, surtout au cours d'une longue scène vers la fin, où la muraille du commandant Vostrikov se lézarde pour laisser échapper quelques sentiments. Concernant les autres comédiens, le "climax" du film se situe vers le milieu ou le premier tiers du métrage, lorsqu'une longue séquence nous montre plusieurs membres de l'équipage obligés de pénétrer dans la chambre nucléaire afin de colmater la fuite radioactive, au péril de leur vie. La scène est glaçante, surtout quand on sait que tout ça est réellement arrivé. Et tout ça sans aucun effet superflu, rien que la prise de vues passant des matelots en train de réparer, puis sautant sur le visage d'un autre se rendant compte du danger de la manoeuvre. Absolument glaçant.

Dommage que K-19 ne soit pas devenu un classique du genre, il l'aurait mérité.

 

Spooky.

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Pour ceux qui ne connaissent pas la série [•REC], je vous renvoie vers ma critique du premier [•REC], qui date d'il y a 18 mois. Cela raconte l'histoire d'une équipe de télé qui suit des pompiers sur une intervention dans un immeuble de Barcelone. Le problème c'est que tous els occupants de l'immeuble semblent... changés. Surfant sur la vague des horror-movies filmés en caméra subjectives (mode dont Cloverfield a bien profité), [•REC] proposait un récit simplissime, efficace, flippant aussi par moments.


Reprenant l'histoire quasiment là où elle s'est terminée, puisque l'immeuble est toujours bouclé par les autorités, nous sommes cette fois dans les pas, ou plutôt les yeux d'un groupe de super-soldats accompagnés par un "expert" du Ministère de la Santé. Nonobstant le point de départ qui rappelle Aliens, on continue dans l'horror movie de base, avec deux lignes de scénario pour une efficacité maximale. Dans cette suite, cependant, l'origine du "virus" qui ravage l'immeuble est dévoilée, et l'implication religieuse de celle-ci n'est pas forcément une bonne idée...


Cependant certains masques tombent, des protagonistes du premier film réapparaissent pour donner du ressort au récit... L'une des bonnes idées du film est d'avoir équipé chacun des soldats d'une caméra sur le casque. Cela permet d'avoir du split-screen, puis de basculer d'une vision à l'autre, pour un récit à plusieurs voix qui donne plus de profondeur. Alors qu'on pensait que celui-ci allait s'enliser dans une lutte entre les soldats et les zombies, certes bien menée, des intrus font leur apparition dans l'immeuble, eux aussi "armés" d'une caméra : un trio d'adolescents un peu curieux, à la suite d'un pompier et d'un résident de l'immeuble. Bien sûr ça ne va pas arranger les choses, au contraire...


Si les images restent très fortes, si parfois le son se brouille et le cadraage se renverse quand la caméra tombe à terre, si les acteurs -en particulier l'"expert" et l'un des adolescents jouent vraiment bien la terreur, la rigueur ou la possession, il n'en reste pas moins que cette suite est un cran au-dessous du premier opus. D'abord parce que le pot-aux-roses est dévoilé, et qu'il n'est pas forcément judicieux, et ensuite parce qu'on n'a plus la surprise, la fraîcheur du premier... Mais les deux co-réalisateurs, jaume Balaguero et Paco Plaza, se sont gardé la possibilité de faire une suite, puisqu'à la fin du film (qui intervient après seulement une heure et quart, comme pour le premier), peu de choses ont fondamentalement changé. Pas sûr que j'aie envie de voir un [•REC]3...



Spooky.


Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Dans un Japon fantaisiste, des mots même de l’auteur, nous partons sur les traces du célébrissime rônin Miyamoto Musachi. En réalité, nous passerons plus de temps en compagnie de Mikeki, jeune fils de seigneur, devenu apprenti de Musachi suite au passage de ce dernier à la forteresse de son père. Se présentant sous la forme d’une quête initiatique, nous suivrons le duo sur 6 années durant lesquelles Mikeki tentera de trouver sa voie.


Malheureusement, ce roman n’est pas exempt de défauts. A son habitude, Thomas Day ne souhaite pas s’éterniser, et nous avons donc droit à des ellipses importantes. Là où l’on aurait souhaité de plus amples développements, comme l’entraînement rude de Musachi, la difficulté des conditions de vie qui auraient permis d’apprécier un peu plus les moments de repos, nous nous retrouvons avec une simple description lointaine des faits et gestes là où l'on aurait aimé les vivre avec Mikeki. De même, ce faible développement empêche de jouir plus longuement du style de l’auteur, qui possède une plume de platine puisque le silence est d’or. On se laissera donc facilement emporter par le lyrisme dont fait preuve Thomas Day, mais on ne pourra s’empêcher de noter la brièveté des descriptions et des actions, qui se traduit par des chapitres relativement courts qui ne dépassent pas la plupart du temps la dizaine de pages.


Le problème qui en découle est que l’on ne se sent pas en phase avec le héros, Mikeki. Puisque le développement des conditions de vie est parfois réduit au strict minimum, Day employant fréquemment des ellipses sur une ou deux années, on ne peut ressentir les émotions de Mikeki, seulement les lire. D’où un sentiment d’inachevé, d’un voyage initiatique auquel il manquerait des morceaux, qui a pour conséquence de nous donner l’impression d’une faible montée en puissance. Il en résulte également une interaction peu présente entre le maître et l’élève, qui passeront malgré tout de précieux moments ensemble, rendus cristallins par leur rareté en début de récit. Et l’on ne peut que regretter ce faible développement, qui a pour conséquence d’atténuer la personnalité des protagonistes. On y découvre en effet Musachi présenté comme un surhomme, autant par ses prouesses techniques que par sa sagacité. Quant à ses enseignements, et sans critiquer l’auteur, ils se révèlent malgré tout peu profonds, mais surtout, la plupart du temps, placés peu élégamment, à la manière d’une morale dans une fable. On aurait apprécié plus de subtilité de ce côté-là, mais c’est néanmoins un plaisir de découvrir une partie de l’enseignement de Musachi.


Au final, c’est un sentiment d’insuffisance qui prédomine. Le principal point noir provient de la volonté de brièveté alors que certaines situations auraient mérité plus de développement. Et malgré la critique d’apparence négative, ce fut une lecture plaisante à défaut d’être réellement excitante.


GiZeus.

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Ne vous fiez pas à la couverture très "bit-lit" de ce roman, car le contenu contredira très vite cette imagerie.
En effet nous sommes dans un récit très classique, où les personnages troubles sont vite visibles, où les chasseurs de vampires sont relativement naïfs, où les ailes de la nuit sont toujours porteuses de mauvaises aventures.



Allemagne, fin du XIXème siècle. La sortie peu d'années auparavant du roman Dracula de Bram Stoker, a secoué l'Europe. Pourtant son sujet, les vampires, n'est pas une fiction. Gérald de Lacarme, jeune érudit français épris de surnaturel, doit remplacer au pied levé son père qu'un vieil ami teuton a appelé au secours. En effet sa maisonnée semble être en proie à une malédiction à laquelle les saigneurs de la nuit ne seraient pas étrangers. Lorsqu'il arrive, Gérald ne rencontre que Marion, l'une de leurs deux filles, dont la beauté égale le comportement énigmatique. Sa soeur jumelle, Charlotte, est elle clouée au lit par une anémie quasi mortelle en plus d'être handicapée par une cécité congénitale. Gérald finira par découvrir la nature du mal qui ronge la demeure et ses habitants, mais le combat laissera des traces... 

 

Le Mal en la demeure est le premier roman d'un jeune auteur, Stéphane Soutoul, passionné par le fantastique et les récits vampiriques en particulier. On sent l'influence d'oeuvres comme Dracula (cité dans les premières pages) pour le déroulement de l'intrigue ou les films de la Hammer pour le manque de nuances parfois. Cela plante le récit dans cette tradition classique dont je parlais plus haut. Mais le point intéressant est que ce récit s'inscrit dans un cycle plus large, où une famille (les Lacarme) voue sa vie au combat contre les forces de ténèbres, ce qui laisse présager plusieurs romans aux héros différents, mais aux liens familiaux ou affectifs très forts. A ce titre, la nouvelle (De simples souvenirs...) qui complète le récit principal sert de passerelle avec la suite, ce qui est un procédé original et bien mené, cette nouvelle révélant plus de dynamisme que le récit principal. Le roman n'est pas exempt de menus défauts, telle une petite propension à la logorrhée parfois, alors qu'une concision aurait apporté plus d'efficacité. Ou encore, par endroits, une certaine défaillance dans la correction des fautes d'orthographe, un défaut pas insurmontable mais gênant.




Il y a tout de même de la qualité. Stéphane Soutoul écrit bien, son style, bien qu'ampoulé par moments, permet de bien saisir les sentiments des personnages, ou de comprendre l'action lorsque celle-ci s'emballe, ce qui n'est pas toujours le cas dans des récits fantastiques. L'auteur a visiblement voulu toucher le public le plus large possible, et l'objectif est atteint, il n'est nul besoin d'avoir des connaissances dans le genre vampirique pour bien saisir le récit. Comme l'auteur se positionne sur un créneau classique, certains diront "basique", la lecture est plaisante et accessible. L'idée d'utiliser le tissu familial comme point de départ et soutien de l'intrigue est intéressante, il ne reste qu'à bien la développer dans les récits suivants.

 

 

Spooky.

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Pas facile en ce moment d'écrire une chronique sur quelque chose de récent, entre journées très intenses, lectures insatisfaisantes (et qui parfois ne vont pas à leur terme) et sorties réduites à néant ou presque. Du coup comme vous l'avez vu, je réédite des papiers ayant plus de trois ans, ou c'est l'excellent GiZeus qui prend le relais.

 

J'ai presque dû me faire violence pour accepter l'invitation d'un blogueur influent à aller voir ce film. Non par manque d'envie, mais seulement parce que, comme je le disais, mon temps de loisirs est très limité. De même l'écriture de ce billet ne s'est pas faite en une fois, et n'a pu être commencée qu'une semaine après le visionnage du film. Mais comme celui-ci ne sort que le 30 juin, le timing est finalement bon si vous souhaitez le voir à sa sortie. Mais trêve de racontars sur ma vie, passons à ma chronique.

 

Splice (dont la traduction littérale en français est "épissure", un terme de matelot qui désigne la jonction de deux bouts de corde) est donc le nouveau film de Vincenzo Natali, encensé pour son premier long-métrage, Cube. On l'avait un peu perdu de vue, mais pourtant il n'a pas arrêté de tourner depuis le complexe mais insatisfaisant Cypher, avec Jeremy Northam et Lucy Liu. Il y eut aussi l'intrigant Nothing, où un couple se retrouve projeté dans un autre monde. Natali est aussi un adaptateur de classiques de la SF : après IGH, d'après le roman éponyme de JG Ballard (produit en 2008 mais non sorti en France), il s'attaquera bientôt à Neuromancien, le roman de William Gibson, plus ou moins considéré comme le fondateur du mouvement cyberpunk. Mais pour l'heure c'est donc Splice qui nous intéresse.


Splice qui nous présente Clive et Elsa, des superstars de la science puisqu'il ont réussi à combiner les ADN de différents animaux pour obtenir des hybrides capables de guérir de nombreuses maladies. Mais bien sûr le laboratoire pharmaceutique qui leur sert de mécène refuse de continuer à les soutenir juste au moment où leurs brevets deviennent économiquement viables. Ils décident de franchir -en catimini- le pas du tabou : combiner de l'ADN animal avec celui d'un humain. Une étrange créature va bientôt apparaître, ressemblant à un lapin écorché sur des pattes de sauterelle. D'abord craintive, puis agressive, la créature se laissera finalement plus ou moins apprivoiser, et va grandir à toute allure. Au bout de quelques semaines elle a une taille et une allure presque humaines. Surnommée Dren, celle-ci va finir par expérimenter certains comportements humains, et notamment l'amour, faisant basculer le film dans un ménage à trois un peu étrange, avant de partir sur les terrains de l'horreur.


Splice aborde différents thèmes. En premier lieu la manipulation génétique, et comme je l'indique, celle qui concerne l'ADN humain. Un sujet relativement bien traité, même si j'aurais aimé qu'il y eût plus de désaccords, de doutes au sein du couple de scientifiques au moment de basculer dans cette aventure interdite. Ensuite celui de la maternité. Elsa ne souhaite pas sentir un enfant grandir dans son ventre, mais lorsque Dren apparaît et fait preuve d'intelligence, son instinct maternel s'éveille et elle finit par l'élever exactement comme un enfant normal, tandis que son compagnon est plus en retrait. Une peinture un peu caricaturale de la famille au passage, mais bon. Le dernier thème traité en filigrane est celui de l'inceste, puisqu'épiant les ébats de ses parents adoptifs, Dren va chercher à séduire Clive. Situation oedipienne typique. Une richesse thématique certaine, mais que Natali, hélas, effleure seulement, puisqu'on passe en 1h47 du biothriller à la bluette pour finir sur un film de monstre. Il en résulte une posture un peu maladroite, car on ne sait pas si le second ou troisième degré présent est réellement voulu ou si le réalisateur se prend au sérieux. Par exemple le laboratoire où oeuvrent nos tripatouilleurs de chromosomes s'appelle N.E.R.D, ce qui prête à sourire puisque c'est précisément ce qu'ils sont, des personnes solitaires et intelligentes, à la fois socialement handicapées (mais pas toujours isolées car un nerd peut conserver une vie sociale) et passionnée par des sujets liés à la science et aux techniques (merci Wikipedia pour la définition de ce terme d'origine anglaise entré dans la culture populaire).

Mais cet esprit nerd n'est plus vraiment utilisé par la suite, le ton étant le plus souvent assez sérieux. La salle riait pourtant à gorge déployée pendant des scènes pas forcément drôles... Un élément appréciable est la façon dont le supposé "monstre" dévoile son humanité, en opposition aux deux "vrais" humains qui eux peuvent trouver des ressources de cruauté insoupçonnées... Un motif de choix, que l'on peut trouver ailleurs, mais rarement bien utilisé comme dans Splice.


Sur le plan artistique, pas grand-chose à dire, Natali pose bien ses cadrages, sa lumière, et panache bien les moments de calme et de "précipitation", mêmes si ces derniers sont quand même concentrés dans le dernier quart du métrage. Le casting est de qualité, car plutôt que d'avoir des gravures de mode pour incarner ces scientifiques asociaux, nous avons deux excellents acteurs, comme Adrien Brody, vu récemment dans King Kong ou the Jacket, et Sarah Polley, vue dans L'Armée des morts de Zack Snyder. Deux acteurs au physique banal, presque passe-partout. Par contre le rôle de Dren adulte est tenu par la française Delphine Chanéac, qui n'a joué presque que dans des séries TV. Elle est surprenante, sensuelle, lunaire, énigmatique, inquiétante et surtout androgyne à souhait... C'est peut-être elle la vraie surprise du film. Par contre Brody a une coiffure absolument immonde dans ce film, et ça, ce n'est pas vraiment une révélation... Celui-ci est d'ailleurs presque un huis-clos, puisqu'il ne compte que 8 rôles parlants, l'essentiel de l'intrigue se passant entre les trois personnages principaux.


Au final je n'ai pas détesté ma séance de cinéma, j'ai vu un film relativement agréable à suivre, correctement filmé et interptété, mais  qui malheureusement a le cul entre deux chaises et a bien du mal à se relever. J'espère que l'on retrouvera le Natali inventif de Cube dans ses prochaines productions. Attention cependant, certaines scènes sont à la limite du malsain. A prendre avec des pincettes donc.


Spooky.


Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Séries TV


Vous vous souvenez tous de la série Arrête j'ai mal au bout, où des poupées gonflables courent le long de la plage dans des maillots une-pièce trop petits de deux tailles. Ne niez pas, tous les mecs de 40 ans, je sais que vous avez tous regardé. 


Eh bien j'ai trouvé une nouvelle série avec cette tendance icônique. Il s'agit de Truc à linge. Euh non. Tricot Lange. Non, c'est pas ça, attends... Ah oui, Tru Calling. Ca passe le samedi soir sur M6, dans "La trilogie du samedi". J'ai découvert ça ce week-end chez des amis (merci Wali), et je ne m'en suis pas remis.


En gros, l'histoire, c'est celui d'une étudiante en médecine qui, pour arrondir ses fins de mois, travaille à la morgue. De temps en temps, un mort lui parle, et lui demande de l'aider. Instantanément, Trudy ("Tru" étant un diminutif pas très glorieux pour une fille) se retrouve propulsée au début de sa journée, avec pour alternative d'aider le futur refroidi. En général, elle y arrive, mais elle essaie aussi de "réparer" des petits soucis quotidiens, genre éviter qu'un pot de fleurs se casse, aider son frère à mieux préparer un entretien d'embauche, etc. Ce qui fait que parfois les choses ne s'arrangent pas, et empirent dans certains cas. Seuls son patron à la morgue et son frère sont au courant de son "pouvoir", mais pas son petit ami, qui se fait pas mal balader, le pauvre... J'ai bien aimé les deux épisodes vus chez Wali, d'une part parce que c'était pas trop mal fait, que l'héroïne a parfois du mal à se dépétrer de petits tracas tout bêtes alors qu'elle sauve des vies...


Mais ce qui m'a frappé, et mon ami Wali avant moi, c'est quand même l'actrice principale, Eliza Dushku (Faith dans Buffy contre les vampires). Elle a une lèvre inférieure énorme, genre le chirurgien s'est endormi une heure au moment de l'injection de collagène. Quand tu l'embrasses, tu dois avoir l'impression de faire la bise à un pneu. Et puis surtout, elle a des... avantages physiques non négligeables, qui font que quand elle court, ça balance dans tous les sens, de façon asymétrique. Résultat, les scènes où elle court sont de grands moments de télé. On s'est même repassé le générique, car il y a une séquence où elle court. Dans le second épisode de samedi soir, il y avait une scène où elle courait ET où elle plongeait dans une piscine, en courant. C'était formidable. 


Sinon, j'en ai profité pour regarder hier les épisodes de la semaine précédente. Bon, elle courait déjà (en fait, il y a une scène de course à chaque épisode), mais c'était moins intéressant au niveau de l'histoire. Au final, c'est une série au concept qui, s'il n'est pas très original (dans un genre un peu similaire, citons la série Demain à la Une et le film Un Jour sans Fin), mérite l'attention. Par contre le traitement est un peu inégal.


Pour les curieux et les amateurs, il existe un site français pas trop mal fait sur la série.

 

Spooky.

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Films




Trouble Jeu est l'histoire d'un psychiatre (Robert de Niro) qui vient de perdre sa femme, qui s'est ouvert les veines dans sa baignoire. Contre avis médical, il décide d'aller se mettre au vert à la campagne quelques temps, en compagnie de sa fille de 7 ans, qui semble prostrée depuis le décès de sa mère. Ils vont dans une grande maison, où la petite fille développe une relation avec Charlie, un ami imaginaire qui commence à faire peur à son père... Et puis un jour, tout bascule. Une amie de la famille est tuée, apparemment par Charlie...

Eh bien en fait, il fonctionne pas mal ce film, sur les deux premiers tiers. L'ambiance est oppressante, inquiétante. On sent que le père et la fille n'arrivent pas à communiquer, on comprend le refuge de cette dernière dans une relation imaginaire... A partir du moment où le "noeud" du film est dévoilé, ça devient poussif, facile, trop gros... C'est dommage, parce que la réalisation, même si elle n'est pas très originale, tient la route. Côté acteurs, De Niro fait du cacheton, et c'est Dakota Fanning, le nouveau petit prodige du cinéma américain, qui lui vole la vedette. Dans La Guerre des Mondes, elle ne joue presque que sur le registre de la sale gamine hystérique, alors que dans ce thriller, elle est impressionnante. Dérangeante plutôt. On a l'impression de voir un adulte dans un corps d'enfant. Elle est minuscule, mais elle prend toute la place de l'écran. Elle est parfaite ; parfois mystérieuse, secrète. Parfois elle laisse libre cours à une pure terreur, quand le fameux "Charlie" dévoile enfin sa vraie nature. A noter la présence de la délicieuse Famke Janssen (X-Men) et d'Elizabeth Shue (L'Homme sans Ombre).

Le film est donc à voir pour la prestation de Dakota Fanning, mais c'est dommage de gâcher un talent pareil dans un film à moitié raté.

 

Spooky.


Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

La Ferme des Animaux fut finalisé en février 1944 mais seulement publié en août 1945. La faute en incombe à la guerre qui opposait alors les puissances des Alliés à celles de l'Axe. L'Angleterre, en pleine lutte contre le Toisième Reich, ne voulait pas affaiblir son allié d'alors, l'URSS. Car cet apologue est en réalité un pamphlet assez éloquent contre le régime soviétique d'alors.


En effet, beaucoup d'éléments nous mettent la puce à l'oreille. Si l'emblême du drapeau de la Ferme, un sabot et une corne superposés, qui rappelle fortement le drapeau soviétique (un marteau et une faucille sur fond rouge), peut-être que le second indice vous mettra sur la voie. Le chant révolutionnaire évoque bien entendu l'Internationale. Ainsi certains événements d'apparence anodine feront référence au passé historique de l'ex URSS. Par exemple, la rivalité qui oppose Boule de Neige et Napoléon est l'équivalent animalier de la lutte Trotsky-Staline qui se termina par l'exil du premier.


D'autre part, chaque animal représente un concept ou un groupe de personnes. Ainsi on pourra voir en Malabar, le cheval, l'allégorie du stakhanoviste qui a une confiance aveugle, dans n'importe quelle circonstance, au soviétisme et en son chef. Les moutons quant à eux symbolisent la masse des endoctrinés qui n'ont d'autre rôle que de faire taire les contestataire en répétant inlassablement des slogans qu'ils ne comprennent absolument pas. Les révolutionnaires Bolcheviks sont eux représentés par des cochons (représentation pas si innocente), s'accaparant graduellement le pouvoir et les richesses.


A travers l'histoire de l'URSS, il est intéressant de noter la manière dont Napoléon/Staline s'accapare progressivement le pouvoir, revisite l'histoire, établit le culte de la personnalité et arrive à maintenir ses sujets dans un état de plus en plus dramatique alors qu'il s'enrichit en parallèle. Mais en établissant l'allégorie de la montée du régime soviétique, Orwell montre que les nobles idéaux de départ sont oubliés en route au profit du confort des dirigeants. En effet, les sept commandements de l'Animalisme seront retouchés en cours de route, dans la plus obscure clandestinité, pour se voir à la fin totalement remodelée.


GiZeus.

Voir les commentaires

Articles récents

Hébergé par Overblog