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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

Publié le par Ansible
Publié dans : #BD


NOIR C'EST NOIR

Une des œuvres les plus célèbres de Frank Miller, il y a beaucoup de choses à en dire. A commencer probablement par sa célébrité parmi les fans du genre, qu'elle a en son temps (1986) révolutionné. Le Batman montré ici est vieux, il a pris sa retraite depuis dix ans déjà. Cependant ses démons hantent Bruce Wayne, et nuit après nuit, ne lui laissent guère de répit que dans un sommeil agité et dans l'alcool. Et pendant ce temps la criminalité explose…
Le célèbre millionnaire est présenté ici comme un psychotique, un malade dont la névrose prend l'aspect de Batman, mais qui ne se limite pas à lui. Au contraire, elle prend l'allure d'un phénomène de société, avec ses effets sur les gens, suscitant diverses réactions, entre approbation et rejet. C'est également elle qui suscite des ennemis, tels que Harvey Dent ("Double Face") ou le Joker. Ce qui n'est au départ qu'une initiative individuelle, le combat d'un homme contre des criminels, est devenu un problème de société.

La chose est présentée de façon assez intéressante quoique plutôt brutale. Ici, le super héros pose problème, il n'est pas juste cette image enfantine qu'on adore, ce héros noble qui sauve et veille, mais un élément de la société, dans laquelle se pose le problème de son insertion, de son image, de sa perception. Ainsi, Batman protège les gentils et combat les méchants. Certes. Mais il se substitue de ce fait à la justice, recourt à une violence illégale, et son action est assimilable à celle d'une milice. Il se place au-delà de la loi, au-delà des hommes, et cela fait peur. C'est autour de ce thème que tourne Batman Dark Knight, traité également (mais plus en douceur) dans Watchmen, ainsi que dans ce qui me semble être son successeur direct, Kingdom Come.
Cette dernière référence n'est pas innocente, car son histoire poursuit (des années après) celle racontée ici, qui reprend elle-même de nombreuses références à des histoires passées. Le tout tisse tout simplement une véritable mythologie autour du personnage, avec sa personnalité, les grands événement marquant sa vie, mais aussi ses choix. Je dois avouer n'avoir pas l'habitude de cette façon de faire (qui me semble d'autant plus atypique que Batman a été utilisé par de nombreux scénaristes), qui est pourtant loin d'être désagréable. Même si cela me semble un peu puéril par certains côtés (autant que d'épiloguer sans fin sur la vie supposée de Néron, Phèdre ou Ulysse…), le résultat présente une force certaine, ici largement amplifiée par la violence de l'œuvre.
Car Batman n'est pas tendre, et la violence est ici présente sous les formes physique, sociale et politique. Comme cela est montré, il punit brutalement. Son existence même suscite de fortes haines (celle du gang des mutants par exemple), et il ainsi accusé par le bouffon psychiatre de l'album, de créer toute cette criminalité, d'en être l'instigateur, l'origine. Cette thèse est appuyée par la réapparition (la rechute) de Harvey Dent et du Joker suite à la reprise d'activités de Batman.



On peut d'ailleurs remarquer que l'ouvrage en général est traité sur le mode "téstostérone only"… Après un tome de Sin City, 300 et Bad Boy, je vais finir par croire que c'est là une marque de fabrique de Frank Miller. La réflexion en tant que telle n'y a en effet qu'assez peu de place, au contraire de l'action. Les quatre comics originaux -- formant donc ici quatre chapitres -- voient en effet chacun un affrontement (assez titanesque, disons-le), le point culminant étant incontestablement Batman contre Superman. Eh oui, carrément. La vieille lutte entre l'intelligence rusée et la force un peu stupide… Ulysse contre le cyclope, puisqu'on parlait de mythologie précédemment.
Ces quatre chapitres paraissent un peu décousus entre eux, mais ils ont évidemment comme point commun l'évolution de Batman et sa perception auprès de la société et de ses instances. Miller a beaucoup fait appel à la télévision dans ses pages pour montrer cela, et représente les politiques sous la forme de bouffons, qu'il s'agisse du maire, un petit bonhomme obèse et sans opinion sauf lorsqu'un conseiller en communication se tient derrière lui, ou du président, un Ronald Reagan tout vieux à la limite du gâtisme le plus complet, parlant aux Américains comme à des enfants de trois ans. Même lorsqu'il met en scène un Batman en difficulté, malmené, rejeté, haï, on sent bien qu'il a choisi son camp et qu'il prend parti. En un sens c'est dommage, car développer plus intelligemment l'opposition à Batman aurait pu donner un résultat un poil plus intellectuel et approfondi. Ceci dit, l'ensemble est -- comme souvent avec Miller -- d'une grande efficacité, même si je me demande toujours ce que Carrie Kelley (le nouveau Robin) vient faire dans cette Batgalère.

Le dessin, brièvement, n'est pas le plus beau qui soit, et on a même parfois quelques petits problèmes à comprendre le déroulement de l'action. Cependant il est lui aussi d'une grande efficacité et d'une grande force, malgré la sobriété apparente de nombreuses pages, et certaines cases donneraient presque des frissons tellement elles sont bien composées. Le script en fin d'album donne également l'occasion de voir le chemin entre scénario et réalisation, et permet de se rendre compte que celle-ci a été faite très intelligemment, avec un important travail d'adaptation.

Loin de ressembler à Watchmen, nettement plus premier degré bien que remettant complètement en cause le modèle classique du super héros, Batman Dark Knight est une œuvre sombre, violente, tourmentée, débordant d'action, qui suscite des réactions fortes, et pousse à se poser quelques questions. Lecture conseillée à sa suite : Kingdom Come.

Coeur de Pat

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Publié le par Ansible
Publié dans : #BD


EPHEMERE
Asphodèle… Fleur des Enfers suivant la mythologie classique. Ce nom est ici porté par une sorcière au passé trouble. Une femme à la beauté du Diable et extrêmement maline. Nous faisons sa connaissance alors qu'elle est engagée par un brelan de nantis victimes d'un envoûtement, ou plutôt d'une hantise. Une hantise qui va chercher ses racines dans leur passé commun. Voilà l'une des dernières créations d'Eric Corbeyran, scénariste réputé dans le fantastique, dans la collection " Insomnie " des Editions Delcourt…
Pour illustrer son dernier cauchemar, il s'est adjoint les services de Djillali Defali, l'auteur de Garous (Soleil). Celui-ci trouve rapidement ses marques, dans un style à la fois nerveux et racé, proche de celui de Guérineau, l'auteur du Chant des Stryges, également scénarisé par Corbeyran. Très vite, les références à cette dernière série apparaissent. En effet, l'un des personnages principaux travaille chez "Sandor Weltman Industry". on ne sait pas trop quelle est l'activité de la société en question, mais le fan strygien a tôt fait de repérer le clin d'œil. Le second cycle de deux tomes verse carrément dans le multivers des stryges, avec l'arrivée de Richard Guérineau en tant que co-scénariste. L'un des personnages, Graham Gallagher, est même commun aux deux séries. Les références se multiplient à partir de ce tome 3 : un certain tableau est vendu dans un célèbre magasin d'antiquités, on a une scène (racontée) commune avec Le Maître de Jeu, une autre anecdote se déroule dans l'univers du Clan des Chimères… Et les stryges envahissent la scène. Ce n'est là qu'une partie des éléments communs, Asphodèle en regorge. Plus que le personnage d'Asphodèle, c'est la lecture "latérale" de la mythologie des stryges qui fait le sel de la série. […] Car ne nous leurrons pas. Fidèle à ses inspirations, Corbeyran nous propose une série à la X-Files : d'un côté le "monstre de la semaine" (correspondant aux deux premiers tomes) et la semaine suivante un épisode sur le "Complot" (tomes 3 et 4). Sauf que là, contrairement à la célèbre série TV, et peut-être aussi à cause des critiques dont a fait l'objet la série " initiale " après la fameuse " non-fin " du tome 6, on progresse beaucoup plus vite (effet Guérineau ?), et certaines zones d'ombre nous sont révélées. […] On a même droit à une référence à la future série se déroulant dans ce multivers, Les Hydres d'Arès. Chronologiquement, le second cycle d'Asphodèle se passe avant Le Chant des stryges. Comment pouvait-on justifier la présence de Graham Gallagher, accompagné par Angela Cooper, qui n'est pas là dans la série dessinée par Guérineau ? Un nouveau personnage à explorer ? certainement. Enfin moi ça m'intéresserait. Comme Gallagher, elle est medium, et se montre particulièrement intéressée par les stryges… Peut-être en saura-t-on plus dans l'une ou l'autre des séries ?



Je ne saurais terminer cette brève typiquement spookyenne (entendez par là : confuse et passionnée) sans évoquer les quelques détails qui ont attiré mon attention. D'abord les clins d'œil : Corbeyran et Defali ont salué l'arrivée de Richard Guérineau dans le tome 3 en donnant à un lecteur d'Asphodèle les traits du dessinateur bordelais, dégaine et veste préférée comprises ! On appelle ça un caméo. Autre clin d'œil, les références cinématographiques. Je citerai par exemple le café "Black Cat", récurrent dans de nombreuses BD et films, et reprenant une scène de Pearl Harbor (désolé, je l'ai vu par curiosité).
Notons une petite pinaille dans le tome 4 : la "corde d'argent" d'Asphodèle a mystérieusement disparu, corde d'argent qui est pourtant un élément essentiel du voyage astral d'Asphodèle, et donne même son titre au tome 2. Asphodèle est donc la série inattendue de ce multivers des stryges, et la taille et l'abondance des éléments strygiens dans son second cycle plaident pour son inclusion dans cet univers. […] un gros bémol cependant. Que ce soit dans le premier cycle, où elle apparaît à la fois mystérieuse et ténébreuse, ou dans le second, où elle se montre fragile, amoureuse et déterminée, on n'arrive pas à s'intéresser à Asphodèle. Son personnage est fade, mal servi par un scénario un peu insipide dans les deux premiers tomes, et par le dessin un peu artificiel de Defali, peu aidé il est vrai par des couleurs synthétiques.
Spooky.


 

LA LOI DE 12 DIVISE PAR 2

Encore un nouveau concept dans la BD ! Visiblement inspirés par leur série et leur héroïne Asphodèle, Corbeyran et Defali lui donnent une seconde série dédiée, constituée de 12 récits de 30 pages chacun, chaque récit se passant au cours de l'année 2006. L'idée de départ était de faire une sortie mensuelle. Delcourt préfère les regrouper deux par deux, étalant les sorties de février à novembre 2006. Dans le premier tome, la sorcière à la grande beauté se retrouve donc aux prises avec l'esprit d'une sorcière au moyen-âge, puis avec le Cénacle, un cercle de personnages nébuleux. Il ne faut pas attendre de "fin" à ces tomes, l'ensemble constituant visiblement un puzzle ambitieux. Les 360 pages sont réalisés par Djillali Defali, qui est le Speedy Gonzales de la BD. Ouvertement, la série est inspirée du principe de la série TV 24 heures chrono, qui a bousculé les modes de narration. Le leitmotiv affiché : du suspense, du suspense, du suspense.



Le dessin de Defali reste beau, malgré (encore) de légers défauts anatomiques, et il est réhaussé par les couleurs des frères Péru, auteurs de Shaman. Le rythme est effréné, certes, mais il risque de lasser les lecteurs non amateurs de la série originelle.

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #BD


LEO, C’EST PAS DU CARPACCIO !

Depuis 1995, le dessinateur Leo (Trent) a lancé une OPA sur la bande dessinée de SF. ses histoires se passent plusieurs siècles dans le futur. Les terriens ont lancé des vaisseaux dans l’espace pour trouver des mondes viables et installer des colonies sur de lointaines planètes. c Certains de ces vaisseaux se sont perdus sur des mondes à la faune et la flore totalement inattendues. Ainsi les protagonistes du premier cycle, Aldebaran, sont confrontés à une créature polymorphe, la Mantrisse, qui apparaît périodiquement pour délivrer des cachets de non-vieillissement. Servi par un graphisme réaliste un rien flamboyant, l’oeuvre délivre des messages fondamentalement humanistes (mais pas gnan-gnan) plutôt rares dans le space-opera. Kim, personnage récurrent d’Aldebaran, devient l’héroïne de Bételgeuse, le second cycle. partie à la recherche d’un premier vaisseau sur Bételgeuse-6, elle arrive, à la tête d’un petit groupe, sur les lieux du débarquement pour découvrir que la petite colonie s’est scindée en deux. D’un côté, une communauté où tout le monde est libre et respecte son prochain, où les scientifiques croient en l’intelligence supérieure des iums, sortes de pandas indigènes ; de l’autre, un système dictatorial, militaire, qui milite pour la colonisation de la planète. Avant d’appeler des renforts, Kim décide d’observer les deux camps.

Aldébaran
Pour Aldébaran, l'histoire est celle, classique, d'un monde isolé où une colonie doit faire face à une faune étrange et à sa propre déchéance, typiquement humaine. Certes, certains reprochent à Léo son style "figé", un peu impersonnel, et son goût pour les jeunes filles dénudées sans raison valable, mais moi je suis client... Pour moi "Aldébaran" est une série très intéressante, de par la diversité et l'imagination dont fait preuve l'auteur. Et ses héros un peu effacés, mais qui annoncent des caractères forts par la suite. 5 albums à lire en priorité si vous êtes amateur du genre.

Bételgeuse
Après Aldébaran, la suite est tout à fait à la hauteur. L'essentiel de mon avis reprendra celui de la première série. Par contre la propension de Leo à placer du sexe sans raison est un peu agaçante. Et la fin du cycle ressemble à Beverly Hills. Dommage, car Leo a bien digéré ses lectures SF et construit un méta-cycle qui pourrait être placé tout en haut. On retiendra cependant le superbe dessin qui donne un véritable cachet, unique, à la série.


Antarès
Leo est revenu à ce qui a fait la qualité et le succès d'Aldébaran : le départ vers une destination inconnue, un climat d'angoisse savamment dosé, des personnages redevenus plus épais... Antarès est donc une nouvelle planète susceptible d'être colonisée. Mais elle recèle bien des secrets, et surtout des dangers. Et c'est Kim, devenue une sorte de phénomène médiatique après ses exploits sur Bételgeuse, qui redevient le centre de l'attraction. Kim, qui n'a rien perdu de son caractère très fort, malgré une certaine lassitude par rapport à toute cette vie aventureuse. Léo récupère bien des éléments ayant composé ses 10 albums précédents pour permettre à l'action de se développer lentement, mais sûrement. Son dessin est toujours aussi bon, avec une mention spéciale aux créatures d'Antarès. Un très bon départ pour ce troisième cycle.

Spooky.
 



A noter que cet univers a désormais son site officiel : www.aldebaran.ws

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

X AU CARRE EGAL DES POSSIBILITES INFINIES
Il est de coutume de dire que les suites des films fantastiques sont moins bonnes que les originaux. X-Men 2
semble ne pas échapper à la règle, bien qu'il talonne de très près son illustre devancier. Ce coup-ci, un danger encore plus grand menace les mutants dans leur ensemble : un physicien militaire, le général Stryker, fomente une incroyable machination afin de les éliminer tous. Pour ce faire, il se sert du Pr Xavier et de son ami/ennemi intime, Eric Lehnsherr, alias Magneto. Ceux-ci, avec leurs élèves respectifs, devront s'allier afin de neutraliser le fâcheux, qui en sait également beaucoup sur le passé de Wolverine (Hugh Jackman, excellent)… Les acteurs sont à présent bien à l'aise dans leurs rôles respectifs, et le réalisateur Bryan Singer n'a pas besoin d'exposer ceux-ci, comme dans le premier épisode. Cela laisse d'autant plus de place pour développer l'intrigue, nettement plus ample, et moins linéaire que dans le premier opus. L'ensemble est plutôt bien maîtrisé, les différents départements (scénaristes, effets spéciaux, musique, direction des acteurs, maquillage…) ayant, comme dans le premier épisode, très bien fait leur boulot. Remarquons la multiplication des plans où l'on voit Mystique (Rebecca Romijn-Stamos) dans son costume habituel, c'est à dire à poil, la peau peinte en bleu et quelques morceaux de tissu par-ci par-là… Qui s'en plaindrait ?

 

Si vous allez voir le film ou le louez (ou l'achetez), ne laissez rien passer : absolument aucune réplique, situation, personnage n'est laissé au hasard. Le film ouvre tant de pistes et introduit tellement de personnages qu'il y a de quoi alimenter 10 longs métrages. Pêle-mêle, et parmi les plus "visibles", je vous citerai Iceberg, Pyro, Colossus, ou encore Diablo (NightCrawler en VO). Concernant ce dernier, je trouve que le choix de l'acteur anglais Alan Cumming est très bon, il apporte une incroyable sensibilité au rôle ; reste à confirmer dans X-Men 3… De même pour Jean Grey, superbement campée par Famke Janssen (GoldenEye), qui prend une part prépondérante à l'action et devrait nous réserver une belle surprise dans l'avenir (alors que, curieusement, elle est absente de l'affiche française du film… allez comprendre !). L'humour est très présent dans le film (alors que Singer lui-même n'est pas franchement un gai luron), permettant de désamorcer certaines séquences assez trippantes, mais aussi de montrer que les acteurs interagissent mieux avec leurs personnages. Voilà pour le côté positif des choses. Côté défauts, eh bien au final il n'y a pas grand-chose à dire, finalement… J'ai été quelque peu déçu par le combat entre Wolverine et Lady Deathstrike, en quelque sorte sa petite sœur… Certains partis-pris scénaristiques (comme une faculté essentielle de Xavier) me semblent bizarres, et répondre plutôt à des obligations de scénario, mais ma connaissance du comics n'est que parcellaire, et j'ai pu louper des trucs. Et comment ne pas se marrer devant ce long travelling où l'on voit nos chers mutants, emmenés par un Wolverine bombant le torse, au sommet d'une colline enneigée ? Comme frimeurs, les X-Men sont forts !!



Ah et puis, on n'a toujours pas vu la fameuse Danger Room, salle d'entraînement des X-Men… Elle nécessite certainement les meilleures ressources des effets spéciaux et de la virtuosité des cameramen ; ce serait bien qu'on la voie dans le troisième épisode, sous peine de décevoir plusieurs dizaines de millions de fans de par le monde… Mais je cherche la petite bête, me direz-vous. Possible. Mais ne perdez pas de vue que Singer est un très bon réalisateur, très intéressé par la psychologie de ses personnages (ceux qui ont vu Usual Suspects et Un Elève doué ne me contrediront pas), et c'est là que réside la force du film, dans l'attention portée aux protagonistes, tout le reste (rythme, effets spéciaux) n'étant, somme toute, que de la littérature…

Spooky

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films


CLASSE X PUISSANCE 10 !
Les X-Men est un comics créé par Stan Lee en 1963. Il raconte la destinée et les aventures de plusieurs groupes de personnes, affublé de pouvoirs paranormaux (absorber les souvenirs, contrôler la météo, se régénérer instantanément...), qui souhaitent trouver leur place dans un monde “normal”. Certains souhaitent maîtriser leurs facultés dans un but pacifique et se retrouvent à l’école du professeur Charles Xavier (d’où la lettre X) ; d’autres se rallient à Magnéto, qui veut dominer le monde avec ses “mauvais mutants”. Une adaptation vient enfin de voir le jour, dirigée par Bryan Singer (Usual Suspects, Un Elève doué), qui ne connaissait pas le comics au départ du projet. L’adaptation relevait donc de la gageure. Tom de Santo, fan de la série, a pourtant relevé le défi. Il a écrit un script dans son coin, puis l’a soumis à Marvel, éditeur de comics, puis à la Fox. Une guerre couve entre les mutants et les humains. C’est du moins ce que croit Magnéto, maître du magnétisme dont la haine trouve ses racines pendant l’Holocauste. Il s’oppose au Professeur Xavier (Patrick Stewart, le Commandant Picard de Star Trek), qui recherche les mutants via un amplificateur d’ondes mentales. Il trouve ainsi Wolverine (Hugh Jackman, la découverte du film), qui possède un squelette en adamantium (incassable), et Malicia (Anna Paquin, vue dans La Leçon de piano), qui absorbe les souvenirs et les pouvoirs de ceux qu’elle touche. Cette dernière va devenir la proie de Magnéto, qui veut s’en servir pour étendre la mutation au monde entier.



A l’écran, le résultat tient de la bonne surprise. Les personnages, bien que nombreux, sont tous plutôt bien respectés, avec l’accent mis sur les personnages de Wolverine, Magnéto et Malicia. servi par de bons effets spéciaux et un casting pourtant hétéroclite (un acteur shakespearien, deux ex-mannequins, un catcheur pour ne citer que les figures les plus marquantes), Singer a réussi un véritable tour de force pour ce qui était au départ un film de commande. Celui-ci ayant fort bien marché aux States, une suite est prévue, avec la même équipe. En fait, chacun des 10 personnages pourrait faire l’objet d’un long métrage.


Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

LE VIL AGE
Fait rare : je ne sais pas si j’ai aimé ce film. Si si, je vous assure, je ne sais pas quoi en penser. Du calme, Spooky, calme-toi, respire, re-mate-toi le premier épisode des X-Files et ça va aller. Bon alors, le Village... Ca raconte l’histoire d’un village (jusqu’ici tout va bien), visiblement dans les années 1890, dont les habitants ont peur des bois environnants. Lesdits bois contiendraient des créatures terrifiantes avec lesquelles les villageois ont établi une trêve. Une autarcie qui commence à poser de graves problèmes aux habitants de Covington, car les malades, faute de soins et de médicaments adéquats, meurent les uns après les autres, ce qui fait gravement réagir Lucius Hunt (Joaquin Phoenix, vu dans Signes et The Yards), qui décide de traverser les bois pour aller chercher des remèdes à la ville. Mais il rebrousse vite chemin. Dès lors, de drôles d’événements secouent la communauté : on trouve des chiens sans les poils, et les bois semblent anormalement agités...

Un soir, une des créatures franchit même la lisière des bois, et vient rôder aux abords des habitations. Lucius Hunt est l’un des rares qui reste dehors, pour protéger sa fiancée, Ivy Walker, la fille du chef, qui malgré sa cécité, se révèle l’une des personnes les plus sensées de la communauté. Garçon manqué, elle passe beaucoup de temps avec Noah Percy (Adrien Brody, Le Pianiste), l’idiot du village. A l’annonce des fiançailles d’Ivy avec Lucius, il devient fou et poignarde Lucius. Ivy, folle de chagrin, décide à son tour de traverser des bois pour trouver des médicaments, seul espoir de sauver son fiancé... Voilà un pitch pas inintéressant. Traité par Shyamalan, l’auteur remarqué de Sixième Sens, Incassable et Signes, cela part dans des directions inattendues. Car la double révélation du film peut agacer, intriguer, fasciner. je n’en révèlerai rien, car même si le film peut être une effroyable daube si on le prend comme un épisode foutraque de La petite Maison dans la prairie, il révèle tout de même un énorme travail d’écriture, un appui fort sur la symbolique (des couleurs notamment, mais ceux qui ont vu les précédents films de Shyamalan y sont habitués), et une ambiance réussie.



Car le film est très oppressant dans sa globalité (la musique de James Newton Howard y est pour beaucoup) ; on sursaute à plusieurs reprises, et les créatures sont accompagnées d’un sentiment de gêne, ce qui est un atout pour un thriller psychologique. Notons également un casting réussi, avec des seconds rôles prestigieux (Sigourney Weaver : et j’ai crié, crié-é... Alien ! pour qu’il revienne ! ; William Hurt, acteur remarquable mais sous-exploité...), et une vraie révélation : Bryce Dallas Howard, fille du réalisateur Ron Howard (Apollo 13, Un Homme d’exception...). En aveugle débrouillarde, elle éclabousse l’écran, bénéficiant en outre d’un physique assez agréable.

Spooky

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

GHOST CHEAP

Premier film fantastique de l’an 2003, Le Bateau de l’Angoisse (Ghost Ship en VO), est un remake d’un “classique” des années 50. N’ayant pas vu l’original de Jack Castle, votre serviteur se contentera ici de vous parler de la “copie” des années 2000, réalisée par Steve Beck.
En 1963, l’Antonia Graza, un paquebot de luxe italien, disparaît dans le Détroit de Bering. Près de 40 ans plus tard, Jack, un jeune opérateur radio, en prend une photo aérienne. il propose à l’équipage de l’Arctic Warrior, un remorqueur d’Anchorage, de der afin d’en prendre possession, avec tout ce qu’il contient. Alléchés par cette perspective, Murphy (Gabriel Byrne, vu dans Smilla) et ses associés tentent le coup. Ils vont trouver le bâtiment, qui s’avère complètement vide. Mais leur arrivée va déchaîner les horreurs surgies du passé. On n’en dira pas plus, même si la suite réserve peu de surprises. En effet, il s’agit là d’une classique histoire de fantômes. le film atteint globalement son objectif : atmosphère envoûtante et glauque à souhait, effets de surprise habilement placés, casting sans stars mais efficace. A ce titre, on notera le premier rôle de Julianna Margulies (l’ex-infirmière-chef des Urgences), un rôle à la Ripley d’Alien, loin d’être ridicule, ou celui de Karl Urban (Eomer dans Les Deux Tours).



Au croisement (en haute mer) de Titanic, La Chose et Hantise, ce film sympatoche (avec un passage “techno” plutôt pas mal) reste un bon divertissement, à louer en video si vous en avez marre des blockbusters.

 

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

INTERCONNEXIONS SOUTERRAINES
Décidément la mode cinématographique semble être au référentiel. Après Equilibrium (lire par ailleurs), la série B Underworld prend la même voie. De Matrix (décidément incontournable) à The Crow en passant par Dark City et le manga Gunnm, les emprunts sont nombreux, sans compter l’inspiration de Roméo & Juliette claironnée haut et fort par les producteurs. Il semblerait donc que les jeunes réalisateurs d’aujourd’hui aient du mal à imposer des univers personnels originaux.
New York, de nos jours (en fait, c’est Budapest, hein, ça coûte moins cher). Les Vampires et les Lycans (loups-garous) se livrent une guerre souterraine millénaire, émaillée par des traquenards posés par les tueurs vampires, dont Selene (Kate Beckinsale) fait partie. Au cours de l’une de ces chasses, elle soustrait aux Lycans un humain “normal”, Michael Corvin (Scott Speedman), qui semble avoir un patrimoine génétique particulier. Cela va déchaîner le conflit, révéler des complicités inattendues, réveiller des terreurs passées... Saupoudrez un brin de romance, et vous obtenez deux lignes de scénario. Le reste, c’est l’équipe artistique du film qui s’en charge ; réalisation typique de clippeur djeunz, effets spéciaux corrects (qu’on me cite un autre film avec des loups-garous crédibles !), même si les vampires n’en sont pas vraiment bénéficiaires (lentilles de couleur et quenottes amovibles) et acteurs convaincants (au premier rang desquels la délicieusement moulée Kate Beckinsale, qui a débuté sa carrière professionnelle en tant qu’assistante d’anglais en France, avant d’être révélée -hum- par Pearl Harbor). A noter que Kevin Grevioux, co-scénariste et auteur de l’idée originale, joue aussi à l’acteur (cherchez un grand Black à la voix caverneuse vu dans La Planète des Singes).


Au niveau de la contribution du film de Len Wiseman au genre du film de vampires, l’apport est mince. On retiendra cependant l’idée des grands Anciens alternativement réveillés puis rendormis à intervalles réguliers, astuce qui permet de laisser la porte ouverte à une éventuelle suite (ah ! on me fait signe qu’il y aura une suite, bizarre, non ?).
Pour avoir une vue globale du genre, je ne peux que vous recommander de vous faire un week-end vidéo avec Blade, Entretien avec un Vampire, Vampires, Nosferatu... Et d’oublier Aux Frontières de l’Aube... Pour les films de loups-garous, évitez le portnawakesque Le Loup-Garou de Paris, préférez celui de Londres, sans oublier le sympathique Wolf, avec Jack Nicholson... Si l’on s’en tient au niveau du divertissement, Underworld tient globalement son pari. Par contre, au niveau de l’originalité, on repassera, Len Wiseman, bien qu’étant prometteur, n’est qu’un fan-boy de plus.

 

Spooky


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Publié le par Ansible
Publié dans : #Personnalités

Arthur C. Clarke, immense auteur de science-fiction et humaniste acharné, s'est éteint hier dans un hôpital du Sri Lanka, pays où il vivait depuis 50 ans. Clarke avait fêté ses 90 ans en décembre dernier. Avec lui, c'est l'un des derniers auteurs du premier âge d'or de la science-fiction qui disparaît.

Il laisse une trace indélébile dans la littérature de l'imaginaire. Inventeur du concept des satellites géostationnaires, fervent supporter de la thèse de l'existence d'extra-terrestres intelligents, il avait écrit des romans et des nouvelles qui auront durablement marqué la SF. Il y eut bien sûr les Odyssées (2001, 2010, 2061...), mais aussi la fresque gigantesque de Rama (dont je vous recommande la lecture du premier volet, Rendez-vous avec Rama), couronné par les prestigieux prix Nebula et Hugo. Son apport scientifique est aussi indéniable. L’Union internationale d’astronomie donnera plus tard son nom à l’orbite géostationnaire des 42 000 kilomètres, «The Clarke Orbit». En 1998, il est anobli par la Reine Elisabeth II.


 

«Je n’ai jamais voulu me faire étiqueter comme un prophète, je préfère extrapolateur», disait Sir Arthur Clarke, pour qui la plupart des progrès technologiques avaient été précédés par l’imagination d’écrivains. Lui-même a pronostiqué que l’homme mettra le pied sur Mars vers 2021, et qu’il découvrira une civilisation avancée dans notre galaxie en 2024. Arthur C. CLARKE rentre dans la postérité des grands auteurs, et les lecteurs de SF que nous sommes ne seront pas étonnés qu’il ait prévu sa résurrection future : dans une interview à l’Associated Press, il avait récemment révélé qu’il s’était débrouillé pour faire mettre sur orbite un peu de son ADN. « Un jour, confiait-il, une super civilisation pourrait tomber sur cette relique d’une espèce disparue, et je pourrais revivre à une autre époque... »

Si du haut des étoiles que tu n'as jamais réellement quittées tu nous vois, Arthur, nous te saluons bien bas...

Voici quelques articles intéressants sur Clarke :
- sur Libération.fr
- celui de Wikipedia
- celui du Cafard cosmique

EDIT du 25 mars : le jour de sa disparition, Clarke a été salué par les étoiles...

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

TU NE BANDERAS POINT
Un film américain avec une vedette qui ne joue pas la surenchère, c'est suffisamment rare pour être signalé. Boudé par les media, Le Tombeau vaut cependant d'être vu.
La scène se passe de nos jours. Une jeune archéologue israëlienne (Olivia Williams) découvre un mausolée dans une cave de Jérusalem. Le corps découvert là serait présent depuis 20 siècles, et porte des marques aux poignets, aux pieds, mais aussi une blessure au côté.
L'analogie avec une certaine personne est vite faite. Le Vatican est alerté, et dépêche sur place un enquêteur, le père Matt Gutierrez (Antonio Banderas, comme toujours impeccable). Celui-ci se heurte à la détermination de ceux qui l'envoient, mais aussi à la colère des Juifs (on ne souille pas une sépulture) et à la convoitise des Palestiniens.
Dans la ville trois fois sainte, il est difficile de louvoyer entre les eaux. Mais le corps gardera-t-il son mystère jusqu'au bout ? Un thriller théologique sans fioriture, efficace et qui plus est, intéressant. En effet, que se passerait-il si l'on découvrait le tombeau du Christ ? .


Petit bémol cependant. Que Gutierrez, prêtre sud-américain, s'exprime en anglais avec les Israëliens et les Palestiniens, cela peut se comprendre. Mais pourquoi un Israëlien parle-t-il également en anglais à un autre Israëlien ? De même pour les Palestiniens... Soit il y a un truc qui m'échappe, soit les Américains oublient que tout le monde ne parle pas la langue de Shakespeare...

Spooky.

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