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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

Publié le par Ansible
Publié dans : #BD


La vie coulait paisiblement dans la grande cité d'Armon Zurath. On venait de toute la terre basse pour assister aux combats des champions. La noblesse savourait son oeuvre et contemplait son peuple. Nul ne pouvait imaginer que la plus grande championne serait la source d'ennuis et rien ne le laissait présager, car elle vivait avec son compagnon de toujours, le guerrier Encenzo.

Tous deux vivaient dans un palais, dont les nombreuses fêtes orgiaques n'étaient pas du goût de la noblesse mais on fermait les yeux. Car Ganarah était unique ! Au cours des combats, les guerriers du dôme voyaient leur courage récompensé par le pouvoir d'un des neufs magiciens, et c'est lors d'un combat, qu'un pouvoir fit perdre à la puissante guerrière tout contrôle et engendra le terrible massacre, encore aujourd'hui inexpliqué. Depuis, Ganarah vit à l'écart du monde. Seule la rencontre avec Tchénée, jeune femme sauvage surgie de nulle part, va provoquer son réveil. Mais leur relation ambiguë et sensuelle est-elle possible ?




 La lecture du résumé ne laisse pas beaucoup de place à l'ambigüité : Ganarah est un mélange de Krän, de La Quête de l'Oiseau du temps, et d'autres encore...
Si l'on regarde la couverture, on pourrait croire que c'est une BD comme celles que Soleil en produit à la chaîne ; seul le logo de Vents d'Ouest vient démentir cette impression.
Non seulement sur le plan des l'histoire, mais aussi sur le plan graphique : merci aux grands pionniers du genre !
Cependant, c'est une BD qui se laisse très bien lire, on est rapidement intrigué par le passé de l'héroïne, par la façon dont son aura est perçue par les habitants d'Armon Zurath...
Le premier tome est une introduction nous présentant une partie du système géopolitique de la ville, l'apparition d'une troublante sidekick à Ganarah (la couverture est trompeuse quant à l'attitude de Tchénée...). Et puis Ganarah est très belle, joliment dessinée graphiquement et psychologiquement parlant.
La suite est à lire avec intérêt.



Petite déception avec ce tome 2. Meddour avait plutôt pas mal introduit son univers avec le premier, et il patine dans le second.
Le début ressemble assez à celui de tome 1, avec cette "renaissance" incognito (ou presque) dans une arène de province. De nouvelles créatures font leur apparition, les fameux spectres, qui finalement ne sont pas si effrayants que ça. C'est dommage parce que ce qui arrive à Ganarah presque à la fin du tome leur est directement imputable, et apporte un souffle d'inattendu dans un océan d'ennui. Bien sûr le retour de Tchénée va faire réapparaître les situations lesbiennes déjà évoquées dans le tome 1. Des situations également effleurées avec l'arrivée d'autres personnages féminins jeunes, beaux et généreusement pourvus bien que peu vêtus. L'occasion pour Meddour de faire de jolis plans sur les fesses ou la naissance d'un sein de ses héroïnes. Pas de quoi fouetter un chat cependant, d'autant plus que le traitement des couleurs est à la limite du hideux, comme si Meddour avait trempé son pinceau dans les restes de Loisel...

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #BD


DEPUIS L'ENFER

From Hell raconte l’histoire de Jack l’éventreur. Ou plutôt une histoire, une version possible. Celle d’Alan Moore, qui n’a pas ménagé sa peine pour rassembler une documentation impressionnante et construire un scénario à la fois crédible et à la frontière du fantastique.

From Hell c’est un énorme pavé de 576 pages, lourd comme tout et vraiment pas engageant. Lorsqu’on le feuillette comme ça, le dessin apparaît vraiment repoussant, tout à l’encre de chine qu’il est (que du noir et blanc, même pas de gris, tsss !), tout hachuré, et certainement pas “beau” au sens classique du terme. En plus ça commence par un gros plan sur une mouette crevée, ça ne donne pas forcément envie d’aller plus loin.

Et pourtant...
Et pourtant quand on commence à le lire, au bout de la première page on est intrigué. Par le dialogue, un peu étrange et décalé; par la mise en scène, qui malgré le dessin semble très bien faite... Et puis au bout de l’introduction (8 pages), sans s’en rendre compte on a été absorbé dans cet univers. Comme ça, sans même s’en être aperçu. Les trois premiers chapitres m’ont posé problème... j’ai en effet bêtement loupé les indications de dates dans la première case, et c’est seulement en cours de route que j’ai réalisé que les scènes ne se suivaient pas chronologiquement. On ne comprend pas trop le lien des deux premiers chapitres avec l’affaire de Jack l’éventreur, mais le lien se fera plus tard... En attendant on est intrigué, complètement attentif et... littéralement immergé dans l’histoire. Le chapitre quatre en particulier m’a paru absolument renversant. Invraisemblable qu’un auteur ait osé faire ça : quarante pages d’un quasi monologue sur l’architecture, l’origine et le mystère des Francs-Maçons ! Des considérations complètement ésotériques et absconses, de quoi faire décrocher n’importe qui en deux pages ! Et pourtant... pourtant on reste scotché là, devant ce récit témoignant d’un esprit complètement étranger, tordu, aux limites même de la folie. Qu’Alan Moore ait pu faire cela m’inspire un respect presque sans bornes. O_o

Bon, sinon il faut bien reconnaître que le travail qu’il y a derrière From Hell est impressionnant. On peut en avoir un aperçu à la fin du livre, dans l’appendice II, qui raconte en image l’histoire des différents travaux existant sur le sujet, où Moore analyse les querelles. C’est réellement intéressant, et de plus mis en images de façon véritablement intelligente. L’appendice I quant à lui, est composé de 42 pages d’explications sur les différentes pages/scènes/cases du livre... J’avoue les avoir juste survolé, mais là aussi c’est réellement intéressant. Moore explique ce qui est “vrai”, ce qu’il a inventé, adapté ou arrangé. Vraiment bien. Si From Hell était un dvd, je dirais que ce bonus est d’une qualité rarement atteinte. L’album raconte une histoire, une version possible. Moore conclut dans l’appendice II que le mystère est si embrouillé qu’il n’y a probablement pas de vérité, mais un ensemble d’hypothèses qui forment un matériau dont on ne pourra plus tirer grand chose... à part d’autres matériaux, d’autres versions. Il propose donc ici la sienne, et l’ensemble est tout simplement grandiose. L’histoire a des relents de folie, mais une folie si bien développée, si bien mise en scène, si bien montrée et enfin si bien expliquée, qu’on en vient (presque) à la comprendre. Par ailleurs rien n’est épargné au lecteur. Les scènes d’assassinat, parfois très gores, horribles, sont montrées. La folie, l’aspect glauque et cynique de l’ensemble, des scènes de cul assez crues, rien de cela n’est voilé. Et le dessin, a priori peu attirant, basé sur un gaufrier de 3x3 cases, est étonnamment expressif et particulièrement adapté à cette oeuvre sombre.



Un chef d’œuvre, tout simplement. Un véritable monument. Et c’est peu de le dire. Seuls points noirs : l’album est peu maniable, et comme les dessins et les textes sont très petits, on est obligé de lire de près, ce qui est parfois problématique. Et je n’ai pas encore compris ce que venait faire là John Merrick (Elephant Man). Pour ceux qui aiment les V.O., le livre est disponible sur amazon, presque à moitié prix par rapport à l’édition française.

CoeurdePat

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films


Longtemps l'ogre américain a trusté le cinéma de genre, en particulier le film d'angoisse. Mais ces dernières années des "nouvelles" nations se sont faites connaître chez nous, en attendant un réveil français aléatoire. Il y eut la vague nipponne, avec des films comme Ring, The Grudge, qui alliaient au peu de moyens une efficacité maximale. Il y a aussi, depuis 3-4 ans, des purs produits de l'horreur hispanique. je dis bien hispanique, puisqu'à côté des Jaume Balaguero (Fragile, Darkness, La Secte sans nom et bientôt .REC), les Alejandro Amenabar (Tesis, Ouvre les yeux, Les Autres) ou encore Alex de la Iglesia (Le Jour de la Bête, Action mutante), on trouve Guillermo del Toro, réalisateur mexicain au poids de plus en plus important. En témoignent Mimic, Cronos et surtout Le labyrinthe de Pan. Sans parler des deux Hellboy et du probable Hobbit, qui émargent dans un autre genre. Et je ne cite que les auteurs qui ont le plus de succès, à mon avis la vague est en pleine force.

C'est donc Guillermo del Toro qui a produit cet Orphelinat, qui a remporté un énorme succès de l'autre côté des Pyrénées.

Laura a passé son enfance dans un orphelinat entourée d'autres enfants qu'elle aimait comme ses frères et soeurs. Adulte, elle retourne sur les lieux avec son mari et son fils de sept ans, Simon, avec l'intention de restaurer la vieille maison. La demeure réveille l'imagination de Simon, qui commence à se livrer à d'étranges jeux avec "ses amis"... Troublée, Laura se laisse alors aspirer dans l'univers de Simon, convaincue qu'un mystère longtemps refoulé est tapi dans l'orphelinat...

Le pitch est classique, typique même des productions espagnoles, puisque ça rappelle un peu L'Echine du diable, film de... Guillermo del Toro. Celui-ci porte donc un intérêt tout particulier à l'enfance, déjà explorée dans Le Labyrinthe de Pan. Il a confié la réalisation à Juan Antonio Bayona, nouveau venu derrière la caméra. Un petit prodige ? A voir le triomphe fait au film en Espagne (7 équivalents des César espagnols sur 14 nominations, le plus gros succès espagnol de tous les temps, le grand Prix à Gerardmer...).

La production a confié le premier rôle du film, celui de la mère désespérée, à Belen Rueda essentiellement actrice de télévision), qui fait preuve d'un incroyable tempérament à l'écran. Le film repose en grande partie sur ses épaules, et sa prestation est solide. Le film est resserré sur 5 ou 6 personnages importants, autour desquels tourne l'atmosphère inquiétante de l'orphelinat, théâtre de la quasi-totalité des scènes. On reconnaît d'ailleurs bien là la patte de Del Toro, maître orfèvre en la matière (je vous recommande chaudement L'Echine du Diable). Pour en revenir à Bayona, il se contente de filmer assez sagement ses acteurs, sans faire d'esbroufe, sans en rajouter au niveau des effets. Il n'y a vraiment que deux ou trois scènes réellement "choc", mais qui se justifient pleinement en tant que telles.

Côté scénario, il est assez ambigu. En fait le pitch trouve une justification logique, naturelle, en fin de métrage, alors que le réalisateur nous a baladés dans une direction clairement surnaturelle pendant 80% du film (une histoire de fantômes, si vous n'aviez pas encore compris à la lecture du synopsis). Alors, la partie surnaturelle ne serait-elle qu'un rêve, le délire de la mère, ou quelque chose d'approchant ? On pourrait le croire, mais c'est là que réside la véritable astuce du film. La partie "cartésienne" est bien mince, et si l'on est un peu joueur, elle ne suffit pas à expliquer la totalité des évènements. de même pour la partie fantastique, qui prend une plus grande part, mais ne suffira pas. C'est donc un croisement entre les deux orientations qui permet d'apprécier L'Orphelinat. De plus, encore une fois dans le cinéma espagnol (Ah, Les Autres, Fragile...), j'ai été étonné, de façon assez positive, par la direction qu'a pris la narration à certains moments-clés du film. Seul bémol, moi qui ai été élevé par des films tels que Scream ou Halloween, je n'ai pas eu mon content de gore, de scènes-choc. Mais je vieillis, je m'ouvre à de nouvelles cultures, et par conséquent mon spectre d'appréciation artistique évolue.

 





Ce n'est pas un chef-d'oeuvre du genre, à mon avis, mais je dois dire que le film m'a très largement plu, surtout grâce à son atmosphère, à son interprétation et à ses choix narratifs. Vous pouvez aller voir L'Orphelinat au cinéma (si tant est qu'il soit encore à l'affiche, vu qu'il est sorti il y a plus de trois semaines), c'est du bon.

 

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #BD


SIGNES KABBALISTIQUES
Dans un monde gangréné par la montée de la violence (pas éloigné du tout du nôtre), Gaël est un jeune auteur de contes pour enfants. Cette situtation bien rangée ne l'empêche pas d'être un militant actif, particulièrement lorsque de simples voleurs de voiture sont abattus froidement par un policier ou un commerçant fascisant. Au cours d'une manifestation pacifiste, il est grièvement blessé par les nouvelles brigades de répression. Durant de longs moments d'inconscience, une voix étrange l'abjure de réagir, de se transformer en une sorte de justicier impitoyable (un peu comme Bruce Willis à la fin du film Incassable.



D'accord, le scénario tient en trois lignes, mais alors, me direz-vous, pourquoi parler de cette BD ? Parce qu'elle a été réalisée par Grégory Charlet, dessinateur du Maître de Jeu, où son style graphique est proprement fascinant. Cadrages serrés, personnages criants de vérité (on jurerait la transposition d'une expérience vécue), atmosphère envoûtante et faits troublants, voici l'oeuvre maîtresse d'un jeune auteur que les faits de société et l'actualité touchent au point de hurler sa colère sur certaines pages de l'album, et qui parvient à instiller une inquiétude sourde (et une certaine impatience) chez le lecteur.
Une curiosité : la couverture ne porte pas le nom de l'éditeur ; de plus, le nom de l'auteur et le titre de l'album sont présents sur une pastille auto-adhésive... Un packaging tout particulier donc.

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #BD


BONNET STRYGIEN
Ce septième tome d’une série culte, qui la relance dans un second cycle, appelle beaucoup de commentaires. ces observations vont êtr organisées de façon littérale, en suivant la pagination de l’album, sans toutefois vous dévoiler l’intrigue. Vous le verrez, je m’attache aux détails, car rien n’est gratuit chez les Stryges. Commençons donc par la couverture. On se rend compte que l’ensemble de l’équipe de création graphique a franchi un nouveau palier. Le titre de la série se présente désormais sur une ombre portée blanche, ce qui permet un impact plus grand. Auparavant la couverture présentait un ou plusieurs personnages très nets, avec d’autres en ombre ou en arrière-plan sombre. Ici, l’ensemble a été largement retouché par ordinateur ; l’ensemble est flou, pour un résultat mitigé. Pour ma part, j’aime moins l’Ombre que la stryge. mais le décor est planté. L’Ombre est toujours en guerre contre les mystérieuses ailées. L’un des points forts, côté marketing, du Chant des Stryges, est l’intérieur de la couverture. ce nouveau cycle ne déroge pas à la règle : on se concentre désormais sur Sandor G. Weltman et l’Ombre. A signaler le clin d’oeil aux maîtres du fantastique : le paquet de cigarettes “Love Kraft - Full Rich American Fear”. Le Reclus de Providence a donc inspiré nos auteurs, ce qui n’est un secret pour personne... On trouve également des coupures de presse concernant des pontes de l’organisation qui emploie l’Ombre, avec des photos, sans doute déformées des auteurs des Stryges : Corbeyran (scénario), Guérineau (dessin), Ruby (coloriste), ainsi que leurs complices de l’Atelier 49bees. Afin que l’intrigue et les enjeux ne soient pas perdus de vue, Corbeyran les résume en quelques mots dans un avant-propos, surmonté d’une image stylisée de l’Ombre, qui montre l’évolution graphique de Guérineau. On y trouve également une citation de Maurice G. Dantec, auteur des Racines du Mal ; citation pas si anodine que ça, comme nous le verrons plus loin. On retrouve donc Kevin Nivek, en gorille présidentiel, et l’Ombre, terminatrice professionnelle au service d’une organisation dont elle-même ignore quasiment tout, 7 ans après les événements relatés dans les 6 premiers albums, rattrapés par leur passé. Au passage, on remarquera que Nivek a adopté un look proche de celui d’Obiwan Kenobi dans Star Wars : Episode II (merci Rill@o) ; hommage de fan ? Nivek, retiré des affaires, a changé physiquement, alors que l’Ombre (dont la véritable identité nous sera révélée), qui entretient sa forme physique, reste dans le coup.

Deux nouveaux personnages, Jill et Grace, font leur apparition. Leurs relations saphiques ne réussissent pas à cacher le malaise qui les sépare. A la page 16, cette fameuse Jill inspecte des fichiers informatiques aux noms évocateurs : lawear (?), Moreno Bros. (qui collaborent avec Corb’ sur une quatrième série concernant les stryges, Les Hydres d’Harès), EA Putty (surnom de l’informaticien de l’atelier 49bees), 49 Bees (sans commentaires), et Corber (pour Corbeyran). Les pages 27 et 28 se démarquent résolument du reste de l’album. Elles représentent les figures virtuelles des 6 personnages déjà évoqués en pages intérieures de couverture. Une page collective certainement, Guérineau n’atant pas un fan de l’infographie, qui a visiblement été largement utilisée. Cette digression graphique se justifie tout à fait , même si elle surprend le lecteur. Petite digression : l’énigmatique Jill, appelée à jouer un rôle très important, nous gratifie de ses formes (au demeurant pas déplaisantes) dans deux séquences de l’album... C’est la première fois que Guérineau dévoile une de ses héroïnes (à l’exception de Winnie, dans le tome 2), soulignant son homosexualité, car elle ne se dévoile qu’en présence d’autres femmes (Grace, puis l’Ombre). A la page 40, Jill évoque le poison inoculé par un stryge comme étant “la racine du mal”. l’allusion au bouquin de Dantec est transparente : poison, aliénation, perte de repères...




Nos deux héros, (Nivek et l’Ombre) se retrouvent à la page 41, pour une sorte de bilan des 6 premiers tomes et des 7 années qui ont suivi. A l’instar d’une certaine frange de lectorat, l’Ombre considère que la fin du tome 6 ressemble à une vaste supercherie, et suggère de repartir sur de nouvelles bases, à l’assaut de celui qui pourrait être le véritable ennemi. Astucieuse pirouette de la part de Corbeyran, qui a su entendre les sirènes de son lectorat, qui s’est senti floué une fois le tome 6 refermé... Dernière remarque : Vampire, le chat de Josh, ami de Nivek, avait disparu au cours de la série... Une pétition lancée sur le site officiel (www.stryges.com) a eu raison de l’oubli des auteurs. Le félin amateur de sang frais fait donc une apparition (discrète, car Guérineau l’a rajouté en catastrophe), à la page 45. En conclusion, voilà un superbe album, une remise en question de ses auteurs, une relance totale de l’intrigue, avec certes quelques révélations mais aussi de nouvelles interrogations.

Spooky

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Publié le par Ansible
Publié dans : #BD


NOIR C'EST NOIR

Une des œuvres les plus célèbres de Frank Miller, il y a beaucoup de choses à en dire. A commencer probablement par sa célébrité parmi les fans du genre, qu'elle a en son temps (1986) révolutionné. Le Batman montré ici est vieux, il a pris sa retraite depuis dix ans déjà. Cependant ses démons hantent Bruce Wayne, et nuit après nuit, ne lui laissent guère de répit que dans un sommeil agité et dans l'alcool. Et pendant ce temps la criminalité explose…
Le célèbre millionnaire est présenté ici comme un psychotique, un malade dont la névrose prend l'aspect de Batman, mais qui ne se limite pas à lui. Au contraire, elle prend l'allure d'un phénomène de société, avec ses effets sur les gens, suscitant diverses réactions, entre approbation et rejet. C'est également elle qui suscite des ennemis, tels que Harvey Dent ("Double Face") ou le Joker. Ce qui n'est au départ qu'une initiative individuelle, le combat d'un homme contre des criminels, est devenu un problème de société.

La chose est présentée de façon assez intéressante quoique plutôt brutale. Ici, le super héros pose problème, il n'est pas juste cette image enfantine qu'on adore, ce héros noble qui sauve et veille, mais un élément de la société, dans laquelle se pose le problème de son insertion, de son image, de sa perception. Ainsi, Batman protège les gentils et combat les méchants. Certes. Mais il se substitue de ce fait à la justice, recourt à une violence illégale, et son action est assimilable à celle d'une milice. Il se place au-delà de la loi, au-delà des hommes, et cela fait peur. C'est autour de ce thème que tourne Batman Dark Knight, traité également (mais plus en douceur) dans Watchmen, ainsi que dans ce qui me semble être son successeur direct, Kingdom Come.
Cette dernière référence n'est pas innocente, car son histoire poursuit (des années après) celle racontée ici, qui reprend elle-même de nombreuses références à des histoires passées. Le tout tisse tout simplement une véritable mythologie autour du personnage, avec sa personnalité, les grands événement marquant sa vie, mais aussi ses choix. Je dois avouer n'avoir pas l'habitude de cette façon de faire (qui me semble d'autant plus atypique que Batman a été utilisé par de nombreux scénaristes), qui est pourtant loin d'être désagréable. Même si cela me semble un peu puéril par certains côtés (autant que d'épiloguer sans fin sur la vie supposée de Néron, Phèdre ou Ulysse…), le résultat présente une force certaine, ici largement amplifiée par la violence de l'œuvre.
Car Batman n'est pas tendre, et la violence est ici présente sous les formes physique, sociale et politique. Comme cela est montré, il punit brutalement. Son existence même suscite de fortes haines (celle du gang des mutants par exemple), et il ainsi accusé par le bouffon psychiatre de l'album, de créer toute cette criminalité, d'en être l'instigateur, l'origine. Cette thèse est appuyée par la réapparition (la rechute) de Harvey Dent et du Joker suite à la reprise d'activités de Batman.



On peut d'ailleurs remarquer que l'ouvrage en général est traité sur le mode "téstostérone only"… Après un tome de Sin City, 300 et Bad Boy, je vais finir par croire que c'est là une marque de fabrique de Frank Miller. La réflexion en tant que telle n'y a en effet qu'assez peu de place, au contraire de l'action. Les quatre comics originaux -- formant donc ici quatre chapitres -- voient en effet chacun un affrontement (assez titanesque, disons-le), le point culminant étant incontestablement Batman contre Superman. Eh oui, carrément. La vieille lutte entre l'intelligence rusée et la force un peu stupide… Ulysse contre le cyclope, puisqu'on parlait de mythologie précédemment.
Ces quatre chapitres paraissent un peu décousus entre eux, mais ils ont évidemment comme point commun l'évolution de Batman et sa perception auprès de la société et de ses instances. Miller a beaucoup fait appel à la télévision dans ses pages pour montrer cela, et représente les politiques sous la forme de bouffons, qu'il s'agisse du maire, un petit bonhomme obèse et sans opinion sauf lorsqu'un conseiller en communication se tient derrière lui, ou du président, un Ronald Reagan tout vieux à la limite du gâtisme le plus complet, parlant aux Américains comme à des enfants de trois ans. Même lorsqu'il met en scène un Batman en difficulté, malmené, rejeté, haï, on sent bien qu'il a choisi son camp et qu'il prend parti. En un sens c'est dommage, car développer plus intelligemment l'opposition à Batman aurait pu donner un résultat un poil plus intellectuel et approfondi. Ceci dit, l'ensemble est -- comme souvent avec Miller -- d'une grande efficacité, même si je me demande toujours ce que Carrie Kelley (le nouveau Robin) vient faire dans cette Batgalère.

Le dessin, brièvement, n'est pas le plus beau qui soit, et on a même parfois quelques petits problèmes à comprendre le déroulement de l'action. Cependant il est lui aussi d'une grande efficacité et d'une grande force, malgré la sobriété apparente de nombreuses pages, et certaines cases donneraient presque des frissons tellement elles sont bien composées. Le script en fin d'album donne également l'occasion de voir le chemin entre scénario et réalisation, et permet de se rendre compte que celle-ci a été faite très intelligemment, avec un important travail d'adaptation.

Loin de ressembler à Watchmen, nettement plus premier degré bien que remettant complètement en cause le modèle classique du super héros, Batman Dark Knight est une œuvre sombre, violente, tourmentée, débordant d'action, qui suscite des réactions fortes, et pousse à se poser quelques questions. Lecture conseillée à sa suite : Kingdom Come.

Coeur de Pat

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Publié le par Ansible
Publié dans : #BD


EPHEMERE
Asphodèle… Fleur des Enfers suivant la mythologie classique. Ce nom est ici porté par une sorcière au passé trouble. Une femme à la beauté du Diable et extrêmement maline. Nous faisons sa connaissance alors qu'elle est engagée par un brelan de nantis victimes d'un envoûtement, ou plutôt d'une hantise. Une hantise qui va chercher ses racines dans leur passé commun. Voilà l'une des dernières créations d'Eric Corbeyran, scénariste réputé dans le fantastique, dans la collection " Insomnie " des Editions Delcourt…
Pour illustrer son dernier cauchemar, il s'est adjoint les services de Djillali Defali, l'auteur de Garous (Soleil). Celui-ci trouve rapidement ses marques, dans un style à la fois nerveux et racé, proche de celui de Guérineau, l'auteur du Chant des Stryges, également scénarisé par Corbeyran. Très vite, les références à cette dernière série apparaissent. En effet, l'un des personnages principaux travaille chez "Sandor Weltman Industry". on ne sait pas trop quelle est l'activité de la société en question, mais le fan strygien a tôt fait de repérer le clin d'œil. Le second cycle de deux tomes verse carrément dans le multivers des stryges, avec l'arrivée de Richard Guérineau en tant que co-scénariste. L'un des personnages, Graham Gallagher, est même commun aux deux séries. Les références se multiplient à partir de ce tome 3 : un certain tableau est vendu dans un célèbre magasin d'antiquités, on a une scène (racontée) commune avec Le Maître de Jeu, une autre anecdote se déroule dans l'univers du Clan des Chimères… Et les stryges envahissent la scène. Ce n'est là qu'une partie des éléments communs, Asphodèle en regorge. Plus que le personnage d'Asphodèle, c'est la lecture "latérale" de la mythologie des stryges qui fait le sel de la série. […] Car ne nous leurrons pas. Fidèle à ses inspirations, Corbeyran nous propose une série à la X-Files : d'un côté le "monstre de la semaine" (correspondant aux deux premiers tomes) et la semaine suivante un épisode sur le "Complot" (tomes 3 et 4). Sauf que là, contrairement à la célèbre série TV, et peut-être aussi à cause des critiques dont a fait l'objet la série " initiale " après la fameuse " non-fin " du tome 6, on progresse beaucoup plus vite (effet Guérineau ?), et certaines zones d'ombre nous sont révélées. […] On a même droit à une référence à la future série se déroulant dans ce multivers, Les Hydres d'Arès. Chronologiquement, le second cycle d'Asphodèle se passe avant Le Chant des stryges. Comment pouvait-on justifier la présence de Graham Gallagher, accompagné par Angela Cooper, qui n'est pas là dans la série dessinée par Guérineau ? Un nouveau personnage à explorer ? certainement. Enfin moi ça m'intéresserait. Comme Gallagher, elle est medium, et se montre particulièrement intéressée par les stryges… Peut-être en saura-t-on plus dans l'une ou l'autre des séries ?



Je ne saurais terminer cette brève typiquement spookyenne (entendez par là : confuse et passionnée) sans évoquer les quelques détails qui ont attiré mon attention. D'abord les clins d'œil : Corbeyran et Defali ont salué l'arrivée de Richard Guérineau dans le tome 3 en donnant à un lecteur d'Asphodèle les traits du dessinateur bordelais, dégaine et veste préférée comprises ! On appelle ça un caméo. Autre clin d'œil, les références cinématographiques. Je citerai par exemple le café "Black Cat", récurrent dans de nombreuses BD et films, et reprenant une scène de Pearl Harbor (désolé, je l'ai vu par curiosité).
Notons une petite pinaille dans le tome 4 : la "corde d'argent" d'Asphodèle a mystérieusement disparu, corde d'argent qui est pourtant un élément essentiel du voyage astral d'Asphodèle, et donne même son titre au tome 2. Asphodèle est donc la série inattendue de ce multivers des stryges, et la taille et l'abondance des éléments strygiens dans son second cycle plaident pour son inclusion dans cet univers. […] un gros bémol cependant. Que ce soit dans le premier cycle, où elle apparaît à la fois mystérieuse et ténébreuse, ou dans le second, où elle se montre fragile, amoureuse et déterminée, on n'arrive pas à s'intéresser à Asphodèle. Son personnage est fade, mal servi par un scénario un peu insipide dans les deux premiers tomes, et par le dessin un peu artificiel de Defali, peu aidé il est vrai par des couleurs synthétiques.
Spooky.


 

LA LOI DE 12 DIVISE PAR 2

Encore un nouveau concept dans la BD ! Visiblement inspirés par leur série et leur héroïne Asphodèle, Corbeyran et Defali lui donnent une seconde série dédiée, constituée de 12 récits de 30 pages chacun, chaque récit se passant au cours de l'année 2006. L'idée de départ était de faire une sortie mensuelle. Delcourt préfère les regrouper deux par deux, étalant les sorties de février à novembre 2006. Dans le premier tome, la sorcière à la grande beauté se retrouve donc aux prises avec l'esprit d'une sorcière au moyen-âge, puis avec le Cénacle, un cercle de personnages nébuleux. Il ne faut pas attendre de "fin" à ces tomes, l'ensemble constituant visiblement un puzzle ambitieux. Les 360 pages sont réalisés par Djillali Defali, qui est le Speedy Gonzales de la BD. Ouvertement, la série est inspirée du principe de la série TV 24 heures chrono, qui a bousculé les modes de narration. Le leitmotiv affiché : du suspense, du suspense, du suspense.



Le dessin de Defali reste beau, malgré (encore) de légers défauts anatomiques, et il est réhaussé par les couleurs des frères Péru, auteurs de Shaman. Le rythme est effréné, certes, mais il risque de lasser les lecteurs non amateurs de la série originelle.

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #BD


LEO, C’EST PAS DU CARPACCIO !

Depuis 1995, le dessinateur Leo (Trent) a lancé une OPA sur la bande dessinée de SF. ses histoires se passent plusieurs siècles dans le futur. Les terriens ont lancé des vaisseaux dans l’espace pour trouver des mondes viables et installer des colonies sur de lointaines planètes. c Certains de ces vaisseaux se sont perdus sur des mondes à la faune et la flore totalement inattendues. Ainsi les protagonistes du premier cycle, Aldebaran, sont confrontés à une créature polymorphe, la Mantrisse, qui apparaît périodiquement pour délivrer des cachets de non-vieillissement. Servi par un graphisme réaliste un rien flamboyant, l’oeuvre délivre des messages fondamentalement humanistes (mais pas gnan-gnan) plutôt rares dans le space-opera. Kim, personnage récurrent d’Aldebaran, devient l’héroïne de Bételgeuse, le second cycle. partie à la recherche d’un premier vaisseau sur Bételgeuse-6, elle arrive, à la tête d’un petit groupe, sur les lieux du débarquement pour découvrir que la petite colonie s’est scindée en deux. D’un côté, une communauté où tout le monde est libre et respecte son prochain, où les scientifiques croient en l’intelligence supérieure des iums, sortes de pandas indigènes ; de l’autre, un système dictatorial, militaire, qui milite pour la colonisation de la planète. Avant d’appeler des renforts, Kim décide d’observer les deux camps.

Aldébaran
Pour Aldébaran, l'histoire est celle, classique, d'un monde isolé où une colonie doit faire face à une faune étrange et à sa propre déchéance, typiquement humaine. Certes, certains reprochent à Léo son style "figé", un peu impersonnel, et son goût pour les jeunes filles dénudées sans raison valable, mais moi je suis client... Pour moi "Aldébaran" est une série très intéressante, de par la diversité et l'imagination dont fait preuve l'auteur. Et ses héros un peu effacés, mais qui annoncent des caractères forts par la suite. 5 albums à lire en priorité si vous êtes amateur du genre.

Bételgeuse
Après Aldébaran, la suite est tout à fait à la hauteur. L'essentiel de mon avis reprendra celui de la première série. Par contre la propension de Leo à placer du sexe sans raison est un peu agaçante. Et la fin du cycle ressemble à Beverly Hills. Dommage, car Leo a bien digéré ses lectures SF et construit un méta-cycle qui pourrait être placé tout en haut. On retiendra cependant le superbe dessin qui donne un véritable cachet, unique, à la série.


Antarès
Leo est revenu à ce qui a fait la qualité et le succès d'Aldébaran : le départ vers une destination inconnue, un climat d'angoisse savamment dosé, des personnages redevenus plus épais... Antarès est donc une nouvelle planète susceptible d'être colonisée. Mais elle recèle bien des secrets, et surtout des dangers. Et c'est Kim, devenue une sorte de phénomène médiatique après ses exploits sur Bételgeuse, qui redevient le centre de l'attraction. Kim, qui n'a rien perdu de son caractère très fort, malgré une certaine lassitude par rapport à toute cette vie aventureuse. Léo récupère bien des éléments ayant composé ses 10 albums précédents pour permettre à l'action de se développer lentement, mais sûrement. Son dessin est toujours aussi bon, avec une mention spéciale aux créatures d'Antarès. Un très bon départ pour ce troisième cycle.

Spooky.
 



A noter que cet univers a désormais son site officiel : www.aldebaran.ws

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

X AU CARRE EGAL DES POSSIBILITES INFINIES
Il est de coutume de dire que les suites des films fantastiques sont moins bonnes que les originaux. X-Men 2
semble ne pas échapper à la règle, bien qu'il talonne de très près son illustre devancier. Ce coup-ci, un danger encore plus grand menace les mutants dans leur ensemble : un physicien militaire, le général Stryker, fomente une incroyable machination afin de les éliminer tous. Pour ce faire, il se sert du Pr Xavier et de son ami/ennemi intime, Eric Lehnsherr, alias Magneto. Ceux-ci, avec leurs élèves respectifs, devront s'allier afin de neutraliser le fâcheux, qui en sait également beaucoup sur le passé de Wolverine (Hugh Jackman, excellent)… Les acteurs sont à présent bien à l'aise dans leurs rôles respectifs, et le réalisateur Bryan Singer n'a pas besoin d'exposer ceux-ci, comme dans le premier épisode. Cela laisse d'autant plus de place pour développer l'intrigue, nettement plus ample, et moins linéaire que dans le premier opus. L'ensemble est plutôt bien maîtrisé, les différents départements (scénaristes, effets spéciaux, musique, direction des acteurs, maquillage…) ayant, comme dans le premier épisode, très bien fait leur boulot. Remarquons la multiplication des plans où l'on voit Mystique (Rebecca Romijn-Stamos) dans son costume habituel, c'est à dire à poil, la peau peinte en bleu et quelques morceaux de tissu par-ci par-là… Qui s'en plaindrait ?

 

Si vous allez voir le film ou le louez (ou l'achetez), ne laissez rien passer : absolument aucune réplique, situation, personnage n'est laissé au hasard. Le film ouvre tant de pistes et introduit tellement de personnages qu'il y a de quoi alimenter 10 longs métrages. Pêle-mêle, et parmi les plus "visibles", je vous citerai Iceberg, Pyro, Colossus, ou encore Diablo (NightCrawler en VO). Concernant ce dernier, je trouve que le choix de l'acteur anglais Alan Cumming est très bon, il apporte une incroyable sensibilité au rôle ; reste à confirmer dans X-Men 3… De même pour Jean Grey, superbement campée par Famke Janssen (GoldenEye), qui prend une part prépondérante à l'action et devrait nous réserver une belle surprise dans l'avenir (alors que, curieusement, elle est absente de l'affiche française du film… allez comprendre !). L'humour est très présent dans le film (alors que Singer lui-même n'est pas franchement un gai luron), permettant de désamorcer certaines séquences assez trippantes, mais aussi de montrer que les acteurs interagissent mieux avec leurs personnages. Voilà pour le côté positif des choses. Côté défauts, eh bien au final il n'y a pas grand-chose à dire, finalement… J'ai été quelque peu déçu par le combat entre Wolverine et Lady Deathstrike, en quelque sorte sa petite sœur… Certains partis-pris scénaristiques (comme une faculté essentielle de Xavier) me semblent bizarres, et répondre plutôt à des obligations de scénario, mais ma connaissance du comics n'est que parcellaire, et j'ai pu louper des trucs. Et comment ne pas se marrer devant ce long travelling où l'on voit nos chers mutants, emmenés par un Wolverine bombant le torse, au sommet d'une colline enneigée ? Comme frimeurs, les X-Men sont forts !!



Ah et puis, on n'a toujours pas vu la fameuse Danger Room, salle d'entraînement des X-Men… Elle nécessite certainement les meilleures ressources des effets spéciaux et de la virtuosité des cameramen ; ce serait bien qu'on la voie dans le troisième épisode, sous peine de décevoir plusieurs dizaines de millions de fans de par le monde… Mais je cherche la petite bête, me direz-vous. Possible. Mais ne perdez pas de vue que Singer est un très bon réalisateur, très intéressé par la psychologie de ses personnages (ceux qui ont vu Usual Suspects et Un Elève doué ne me contrediront pas), et c'est là que réside la force du film, dans l'attention portée aux protagonistes, tout le reste (rythme, effets spéciaux) n'étant, somme toute, que de la littérature…

Spooky

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films


CLASSE X PUISSANCE 10 !
Les X-Men est un comics créé par Stan Lee en 1963. Il raconte la destinée et les aventures de plusieurs groupes de personnes, affublé de pouvoirs paranormaux (absorber les souvenirs, contrôler la météo, se régénérer instantanément...), qui souhaitent trouver leur place dans un monde “normal”. Certains souhaitent maîtriser leurs facultés dans un but pacifique et se retrouvent à l’école du professeur Charles Xavier (d’où la lettre X) ; d’autres se rallient à Magnéto, qui veut dominer le monde avec ses “mauvais mutants”. Une adaptation vient enfin de voir le jour, dirigée par Bryan Singer (Usual Suspects, Un Elève doué), qui ne connaissait pas le comics au départ du projet. L’adaptation relevait donc de la gageure. Tom de Santo, fan de la série, a pourtant relevé le défi. Il a écrit un script dans son coin, puis l’a soumis à Marvel, éditeur de comics, puis à la Fox. Une guerre couve entre les mutants et les humains. C’est du moins ce que croit Magnéto, maître du magnétisme dont la haine trouve ses racines pendant l’Holocauste. Il s’oppose au Professeur Xavier (Patrick Stewart, le Commandant Picard de Star Trek), qui recherche les mutants via un amplificateur d’ondes mentales. Il trouve ainsi Wolverine (Hugh Jackman, la découverte du film), qui possède un squelette en adamantium (incassable), et Malicia (Anna Paquin, vue dans La Leçon de piano), qui absorbe les souvenirs et les pouvoirs de ceux qu’elle touche. Cette dernière va devenir la proie de Magnéto, qui veut s’en servir pour étendre la mutation au monde entier.



A l’écran, le résultat tient de la bonne surprise. Les personnages, bien que nombreux, sont tous plutôt bien respectés, avec l’accent mis sur les personnages de Wolverine, Magnéto et Malicia. servi par de bons effets spéciaux et un casting pourtant hétéroclite (un acteur shakespearien, deux ex-mannequins, un catcheur pour ne citer que les figures les plus marquantes), Singer a réussi un véritable tour de force pour ce qui était au départ un film de commande. Celui-ci ayant fort bien marché aux States, une suite est prévue, avec la même équipe. En fait, chacun des 10 personnages pourrait faire l’objet d’un long métrage.


Spooky.

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