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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Et si une énorme comète se dirigeait tout droit sur notre planète, et qu'elle la détruirait entièrement ? C'est ce que découvrent Kate Dabiasky et Randall Mindy, deux astronomes de l'Université de Michigan State. Ils en réfèrent tout de suite aux plus hautes instances scientifiques du pays, puis à la Présidente des Etats-Unis. Laquelle est plus préoccupée par les élections de mi-mandat, qui arrivent vite, que par une nouvelle potentiellement contraire à sa popularité, elle qui joue -un peu trop- sur son sex appeal. Dépités, les scientifiques décident de passer par la case médias pour faire connaître l'atroce nouvelle : les Terriens n'ont plus que 6 mois à vivre. Mais là encore ils vont de confronter à l'ineptie de ce contre-pouvoir, plus prompt à faire du divertissement qu'à faire peur aux gens.

Dès sa sortie sur la plateforme de streaming Netflix, le film d'Adam Mc Kay (Vice, The Big Short) a fait le buzz : oscillant en permanence entre le drame social et la comédie, elle interroge sur les relations entre le pouvoir politique et les lobbies, sur le rôle des médias et l'obscurantisme des climato-sceptiques. Il n'est pas question de réchauffement climatique, puisque la comète Dabiasky n'en est pas la conséquence, mais les comportements et les réactions sont comparables. Les séquences tragi-comiques s'enchaînent dans le film, et je vous avoue que je comprends le comportement de Jennifer Lawrence, qui joue la jaune astronome doctorante qui découvre le bolide et se heurte à toutes ces barrières : j'aurais envie de péter complètement un câble.

 

Don't Look up est un excellent film. Non seulement parce que tous les acteurs sont bons, voire excellents, mais aussi et surtout parce qu'au-delà de son aspect parodique, de la réaction outrée de certains personnages (Meryl Streep et Cate Blanchett sont monstrueuses), il est surtout... incroyablement crédible. Nous fonçons droit dans le mur, nous tuons notre propre planète de plus en plus vite, et les grands de ce monde n'en ont STRICTEMENT rien à foutre. Alors on rit, mais jaune, très jaune.

 

C'est flippant.

 

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Essais

Le clown tueur de Ça, la voiture jalouse et maléfique de Christine, le virus et l'Homme noir du Fléau, la fan tortionnaire de Misery, l'horreur absolue de Simetierre... Si comme moi vous lisez un peu (voire plus si affinités) l'oeuvre de Stephen King, ces figures vous sont familières. Après avoir rendu hommage à Tolkien puis à la saga de The Witcher, je vous propose d'explorer un autre univers, celui de l'écrivain du Maine universellement connu...

Changement d'éditeur cette fois-ci, pour des raisons de cohérence éditoriale. C'est donc les Editions ActuSF qui m'accueillent dans leur catalogue en ce début d'année 2022, dans la collection "3 Souhaits" ; rendez-vous le 18 février en librairie ! Vous pouvez également le commander auprès de l'éditeur.

 

Spooky

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

En 2045 le monde a sombré dans une sorte de léthargie suite à différents conflits économiques et sociaux. la vie est tellement à pleurer que tout le monde se réfugie dans un monde virtuel appelé OASIS, créé 20 ans plus tôt par un ingénieur de génie nommé Halliday. A sa mort en 2040 il annonce avoir laissé un easter egg dans ce monde virtuel, qui permettrait à son détenteur de devenir actionnaire majoritaire de la société produisant le jeu, et de le contrôler. En bref, de devenir virtuellement maître du monde. Wade Watts est un jeune homme qui comme de smillions d'autres rêve de trouver cet easter egg. Il passe donc le plus clair de son temps dans OASIS, truffé de références de la pop culture. Mais face à lui se trouve -entre autres- Nolan Sorrento, anbcien stagiaire de Halliday et propriétaire de la multinationale IOI, qui veut prendre le contrôle d'OASIS.

Mais... Père Fouras, que faites-vous là ?

Le film débute par une jolie séquence de course, menant à la première des trois clés permettant d'accéder à l'easter egg. Les références s'accumulent tout à long du film : Batman, King Kong, Jurassic Park (!), Retour vers le Futur, Akira, le Géant de Fer... Il y a aussi Buckaroo Banzai, La Fièvre du Samedi soir... Une séquence-clé se déroule même dans le décor d'un film culte des années 1980. Plus tard une méga-bataille nous permet d'admirer Gundam et Mechagodzilla. Les nostalgiques des années 80 (en particulier) seront contents de toutes ces références, dans un cadre futuriste plutôt réussi, même si Steven Spielberg ne s'attarde pas trop là-dessus. Le film questionne sur les dérives des mondes virtuels, et se trouve dans l'actualité, avec la constitution par Mark Zuckerberg, boss de Facebook, d'une équipe exclusivement consacrée à la création d'un multiverse. je trouve cependant qu'il reste un peu en surface, ne creusant pas vraiment la réflexion.

Divertissant, mais sans plus.

 

Spooky.

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Publié le par Spooky

Romans

- Godzilla

 

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Publié le par Spooky

Jeux video :

- The Last of Us

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Séries TV

The Witcher, après avoir été une série de nouvelles, de romans et de jeux video à succès, est devenu une franchise rentable avec la production d'une série sur la plateforme de streaming Netflix. La première saison est sortie en décembre 2020, avec comme tête d'affiche l'acteur britannique Henry Cavill. Brouillonne, un peu cheap au niveau des effets spéciaux, des acteurs pas forcément au top... Malgré les critiques, la série a été l'une des plus vues sur la plateforme pendant de nombreux mois. Ce qui a permis la mise en chantier d'une deuxième saison (et bientôt une troisième)....

Petite remise à jour avec les épisodes de la fin de la première saison : Les sorciers et les sorcières essaient de contrer l'avance de l'armée nilfgaardienne au Mont Sodden, et celle-ci bascule favorablement après que Yennefer ait utilisé sa magie du feu, le Chaos. Voici un résumé de chaque épisode, et un avis plus général ensuite. Mais la sorcière disparaît et est présumée morte. Les échos de cette bataille arrivent aux oreilles de Geralt, qui est blessé après être venu au secours d'un modeste marchand, qui s'apprêtait à se faire attaquer par des goules. En guise de remerciement le marchand le ramène chez lui, lui promettant de le payer avec ce qu'il ne sait pas posséder. Il se trouve que son épouse, en son absence, a recueilli une adolescente, qui se trouve être... Cirilla, l'enfant-surprise du sorceleur.

[ATTENTION SPOILERS]

E01 : LA GRAINE DE VERITE

Geralt et Ciri arrivent au château de Nivellen, un vieil ami du Sorceleur. Celui-ci a été changé, par maléfice, en un être à face de sanglier. Ils découvrent qu’il a tué tous ses serviteurs, et qu’il vit sous l’emprise d’une brouxe (vampire), Vereena. Avant d’être abattue par Geralt (Nivellen voyant ainsi sa malédiction levée), elle discute avec Cirilla et lui révèle qu’elle n’est pas comme les autres. Yennefer est toujours prisonnière des forces du Nilfgaard, tandis que Cahir,  le général nilfgaardien est torturé par Tissaia de Vries, membre de la Loge des Sorciers.

 

E02 / KAER MORHEN

Yennefer et la sorcière du Nilfgaard, Fringilla Vigo, sont aux mains des elfes, dont Filavandrel, sous l’autorité de Francesca Findabair. Ils sont près d’une forteresse pour trouver quelque chose d’enfoui. Là les trois sorcières rencontrent dans leurs rêves une sorcière divine ( ?) qui leur promet quelque chose de différent à chacune… Geralt et Cirilla arrivent à Kaer Morhen. Dans la nuit Geralt doit abattre son ami Eskel, infecté par un léchi, une sorte d’arbre parasite. On apprend que le père de Yennefer était à moitié elfe.

Mesdames et Messieurs, le barde est musclé !

E03 / TANT DE PERTES

Cirilla s’entraîne à Kaer Morhen et G. regrette son ami Eskel. Yennefer revient parmi les sorciers à Thanedd et doit faire profil bas pour que Tissaia et Vilgefortz prennent le pouvoir dans la Loge. Elle retrouve Triss, traumatisée par la bataille de Sodden. Les Elfes se réfugient à Cintra/Xin’trea, où Fringilla leur propose une alliance avec Nilfgaard. Yennefer est confrontée par Stregobor, l'un des sorciers majeurs, qui l’accuse d’être une traîtresse. Cirilla suit ses visions, accompagnée par Geralt, et se retrouve face au léchi d’Eskel, tué devant leurs yeux par un monstre inconnu. Yennefer doit exécuter Cahir devant les rois du Nord, mais le libère et s’enfuit avec lui.

 

E04 / LE RENSEIGNEMENT REDANIEN

Triss Merigold arrive à Kaer Morhen pour s’occuper de Cirilla. Elle discute avec Geralt de la jeune fille, qui semble être clairvoyante, et attirée par des créatures qui veulent la détruire. Celles-ci semblent provenir de Cintra. Yennefer et Cahir sont à Gors Velen et décident d’aller à Cintra. A Oxenfurt ils croisent Jaskier, qui sert de passeur aux Elfes voulant s’y réfugier.

 

E05 / VOLTE-FACE

Le mage Rience, qui pourrissait dans une prison de Cintra pour avoir voulu (tuer ?) Calanthe, est libéré pour se lancer aux trousses de Cirilla. Il kidnappe Jaskier et l’interroge sur le sorceleur. Yennefer vient à son secours et brûle le visage du mage. Faite prisonnière, elle échappe à ses bourreaux et cède à la demande de la mystérieuse sorcière, et découvre qu’elle doit retrouver… Cirilla. Geralt est téléporté par Triss auprès d’Istredd, pour l’interroger au sujet de la tour de stellacite de Nilfgaard, qui s’est effondrée et délivre des nouveaux monstres, ayant subi des mutations. Vesemir explique à Cirilla la création des sorceleurs et lui révèle qu’elle a peut-être le Sang Ancien en elle. Triss entre dans sa mémoire et elles voient les parents de Cirilla, Ithlinne qui délivre sa prophétie et la Traque sauvage. Geralt rentre à temps à KM pour empêcher Vesemir de transformer Cirilla, à sa demande.

Deux femmes de pouvoir : Fringilla la sorcière et Francesca l'Elfe.

E06 / CHERS AMIS

Pendant que Geralt et Ciri se battent en chemin vers le temple de Melitele, un tchernobog les attaque. G. l’abat, après qu’il ait blessé mortellement Ablette. Rience fait irruption à KM et blesse Vesemir devant Triss. Istredd, lui, enquête sur le monolithe, le sorceleur et Cirlla auprès des juristes Codringher et Fenn. A Melitele, G. et C. retrouvent Yennefer. A Cintra, Fringilla, qui a redonné de l’espoir aux Elfes, redoute l’arrivée d’Emhyr. Rience arrive à Melitele, et se heurte à Geralt. C. et Y. s’enfuient via un portail.

 

E07 / VOLETH MEIR

C. et Y. se retrouvent chez les fermiers qui avaient recueillie la jeune fille. Mais ils sont morts. Elles décident d’aller à Cintra. G. délivre Jaskier, qui lui raconte son entrevue avec Y. Geralt comprend qu’elle est manipulée par Voleth Meir, un démon qui a été enfermé par les premiers sorceleurs. Tissaia et Vilgefortz essaient d’interroger Triss, revenue à Aretuza, au sujet de Cirilla, sans succès. Les deux jeunes femmes arrivent près de Cintra, et C. comprend la trahison de Yennefer. Geralt arrive et renvoie Cirilla, escortée par Jaskier et le groupe de Yarpen Zigrin vers KM. G. et Y. assistent au départ de la sorcière immortelle, rassasiée par la douleur (le bébé des Elfes) et dont l’âme semble s’emparer de Cirilla…

Rififi chez les sorceleurs.

E08 / LA FAMILLE

Cirilla, possédée par Voleth Meir, commence à tuer les derniers sorceleurs. Elle fait ensuite apparaître un monolithe qui, en éclatant, fait surgir d’un portail des monstres. Geralt tente de la faire revenir de la prison à l’intérieur d’elle-même, où elle danse à Cintra, voit ses parents disparus. Yennefer se sacrifie pour héberger la vieille sorcière, et tous les trois sont propulsés à travers un portail vers un monde où se trouve la Traque sauvage. Ils reviennent à KM grâce à Cirilla, et Yennefer a retrouvé sa magie. L'Elfe Dara, viré par Dijkstra, révèle sa vraie mission (d'espionnage) à Filavandrel, à Cintra. Celui-ci part avec la plupart des Elfes, et commence à tuer tous les nouveaux-nés en représeailles, en Rédanie. Ils sont rejoints par Istredd, qui leur révèle que Cirilla est de Sang Ancien et qu’elle peut tous les sauver. Emhyr arrive (enfin) à Cintra..

 

[FIN SPOILERS]

Avec cette saison 2 les créateurs du show ont entendu certaines des critiques relatives à la première. Le récit est plus linéaire, moins enchevêtré : la plupart des évènements des différents fils narratifs sont simultanés, et la réalisation est plus "punchy." Les réalisateurs en profitent pour s'éloigner assez nettement de l'oeuvre de Sapkowski, et même des jeux video. Par exemple, si Nivellen est bien présent lors d'une des premières nouvelles de la saga littéraire, Cirilla n'y était pas. Le personnage de Rience, moteur actif de la Saga du Sorceleur, est déjà intégré avec une apparition proche de celle de son double de papier. En revanche Voleth Meir est une invention de Netflix. Le cheminement de Yennfer pendant sa "disparition" est différente. La fin de la saison s'achève sur un coup de théâtre (emprunté à l'auteur polonais) qui oriente différemment un certain nombre d'évènements antérieurs.
 

Cette saison 2 entre quasiment de plain-pied dans le "dur" de l'histoire de Geralt de Riv, nous montrant qu'il n'est plus vraiment le héros de celle-ci, au profit de... Cirilla. La découverte de se véritable nature et la difficile maîtrise de ses pouvoirs est d'ailleurs le fil rouge de cette saison 2. Elle est d'ailleurs transformée en termes caractérisation et même d'aspect physique : exit la gamine fragile de 12 ans, place à la jeune apprentie sorceleuse. Geralt et les autres sorceleurs ne sont plus maîtres de leur destin, soumis à des aléas d'ordre cosmique qui vont probablement les broyer. Les personnages féminins sont pléthore : Tissaia, Triss, Yennefer, Cirilla, Fringilla Vigo, Francesca, Voleth Meir... Et d'autres encore. C'est un choix narratif assumé et claironné par la showrunneuse, Lauren Schmidt Hissrich, et j'imagine que la saison 3 (dont le tournage devrait intervenir rapidement) va enfoncer le clou.


Côté "fan service" on a droit à de nombreuses vues de Kaer Morhen, la forteresse en ruines des sorceleurs, au personnage (moins subtil qu'espéré) de Vesemir, le mentor de Geralt et des autres sorceleurs survivants, et ausis à la Traque Sauvage, de manière très épisodique. Jaskier, l'ami barde du sorceleur, a un rôle plus dramatique que lors de la première saison. Et puis on commence à avoir un aperçu de la Conjonction des Sphères, cet évènement d'ordre cosmique qui a amené les monstres sur le Continent et amené la création des sorceleurs... Au service de tout ça, le budget effets spéciaux a été revu à la hausse, la photo a été améliorée, mpême si l'interprétation est irrégulière (l'aintrprète de Yennefer, en particulier, brille par... son jeu anémique).

 

Cette deuxième saison part donc pas mal, mais s'essouffle un peu dans sa deuxième moitié, on a l'impression que les scénaristes devaient caser un maximum d'éléments en peu d'épisodes, un peu au détriment de la lisiblité de l'intrigue, qui est encore éclaté en plusieurs faisceaux : Geralt et Cirilla, Yennefer, les Elfes, la Loge, Fringilla et Cahir... Sans compter les ajouts de Dijkstra, de Dara... Il va falloir resserrrer tout ça, les amis, au risque de perdre une autre partie de vos fans de la première heure... Peut-être en mettant le paquet sur le coup d'Etat d'Aretuza, vrai moment fort de l'oeuvre de Sapkowski ? Mais dans l'intervalle sortira l'Héritage du Sang, un spin-off remotnant aux origines des sorceleurs.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Grandir, c’est parfois affronter les démons qui vous hantent.

Jamie n’est pas un enfant comme les autres : il a le pouvoir de parler avec les morts. Mais si ce don extraordinaire n’a pas de prix, il peut lui coûter cher. C’est ce que Jamie va découvrir lorsqu’une inspectrice de la police de New York lui demande son aide pour traquer un tueur qui menace de frapper… depuis sa tombe.

 

Alors, ça donne quoi, ce dernier King en date ? Eh bien, d'abord, deux petits mots sur le titre français, "Après", qui diffère de l'original, "Later" ("plus tard", pour les non-anglophones). Ce changement n'est pas forcément utile, puisqu' "Après" laisse entendre qu'il se passe un évènement particulier après lequel les choses changent pour notre Jamie. Or le roman raconte une suite d'évènements, et notre narrateur ne cesse de dire "on verra ce qu'il se passe plus tard" (en VO) bien sûr. Au final cela ne fait pas une grande différence, mais ces changements de titre sans justification ne cessent de m'agacer.

Ensuite... C'est une sorte de retour aux sources pour l'écrivain du Maine, qui fait preuve de concision avec ce roman de moins de 300 pages (en VO, parce qu'en VF Albin Michel a réussi à l'étirer vers les 330, ce qui justifie son prix un brin élevé - 20,90€ - ça aussi, ça m'agace), qui ne se perd pas trop dans de longues descriptions, et qui propose une variation intéressante sur le thème pourtant éculé des fantômes, et des gens qui peuvent les voir. D'ailleurs il est fait plusieurs fois mention du très bon film de M. Night Shyamalan, Sixième Sens, pour bien montrer que King s'en démarque. Il s'en démarque, mais explore une nouvelle fois l'un de ses sujets favoris, l'enfance et l'adolescence. Et avec brio, même si la brièveté du récit ne lui permet pas de trop développer le personnage de Jamie. Mais encore une fois, tout y est : l'émotion (on a quand même des gens qui meurent, et pas que des méchants), le suspense (la première moitié est encore redoutable de ce point de vue), le langage qui met très vite le lecteur dans la connivence ; et cet enfant qui devrai dire prématurément adieu à l'innocence face à ces trépassés... King a bien mis cette grosse dose de polar qui émaille une partie de son oeuvre depuis la Trilogie Hodges, et ça fonctionne bien.
 

Et comme par exemple pour L'Outsider, on n'a pas le fin mot sur la créature qu'affronte l'adolescent dans la deuxième moitié du roman, mais en définitive ce n'est pas grave, le charme opère assez largement. C'est un bon King, sans être excellent.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Jeux

Etats-Unis, un temps indéterminé, mais très proche de nous. Un étrange virus ravage le monde, transformant les infectés en créatures assoiffées du sang de leurs semblables. Joel est un clandestin qui survit via quelques rapines et escarmouches avec l'armée. Mais un jour (une vingtaine d'années après l'apocalypse) on lui propose, contre une réserve d'armes et de munitions, de convoyer une adolescente jusqu'en-dehors de la ville. Ellie, une adolescente un brin insolente, qui a une particularité : la morsure des infectés n'a pas d'effet sur elle. Très vite Joel va se prendre d'affection pour elle, et la mission va se transformer en expédition au travers des Etats-Unis.

The Last of us est un jeu d'aventure sorti sur plusieurs plateformes en 2013. Ce n'est que récemment que je me suis décidé à l'acheter, alléché par les excellents retours de joueurs amis. Je pensais qu'il s'agissait d'une sorte de shoot'em up dans un contexte survivaliste, mais c'est bien plus que cela. Le jeu bénéficie d'un scénario simple, mais plutôt malin. Les personnages sont assez bien campés. Joel est un homme bourru, auquel la vie n'a pas fait de cadeau, qui va retrouver un peu le goût de vivre en s'occupant d'Ellie. Celle-ci, loin d'être juste un "colis", va prendre une part active dans la progression du duo vers la liberté. D'ailleurs par moments les deux vont être séparés, et le joueur est amené à animer Ellie durant quelques instants. Le monde du jeu n'est pas ouvert, par conséquent impossible d'aller dans la mauvaise direction, grâce à des obstacles naturels ou artificiels (véhicules, bâtiments, barricades...). Au sujet de la période pendant laquelle Joel n'est plus l'avatar du joueur ou de la joueuse, la version remasterisée du jeu, qui comprend le DLC Left Behind, permet de combler ce petit manque, et même de revenir sur un moment important de la vie d'Ellie.

L'ensemble est de très bonne tenue. C'est un jeu où il faut être constamment aux aguets, prêt à repousser les assauts des zombies, des soldats, des pillards... Mais aussi se méfier de celles et ceux qui disent vouloir le bien d'Ellie et Joel... On peut le terminer en une cinquantaine d'heures en mode facile (sachant qu'il y a 5 niveaux, jusqu'au "réaliste"). Les relations entre les personnages sont complexes, évolutives et donc intéressantes. Il y a quelques rares moments de respiration, voire de contemplation.

Je recommande chaudement. A noter que le réseau HBO a annoncé le projet d'adaptation du (des) jeu(x) en série.



Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Personnalités

Caroline Raszka-Dewez est, par ordre chronologique, la quatrième personne à travailler sur la traduction de l’œuvre d’Andrzej Sapkowski pour le compte des Editions Bragelonne. Mais elle a travaillé sur l’ensemble de l’arc narratif surnommé La Saga du Sorceleur.

 

Bonjour, comment avez-vous découvert Sorceleur ?

Tout simplement au moment où l’éditeur m’a proposé la traduction du tome Le temps du mépris. J’avoue que je ne connaissais absolument pas le domaine de la Fantasy avant de lire le Sorceleur. Ça a été pour moi une grande découverte.

 

Avez-vous éprouvé des difficultés particulières lors de la traduction ?

Oui bien entendu. Comme j’étais totalement novice dans la lecture de ce genre, j’ai été très surprise. Beaucoup de termes m’étaient étrangers, je n’en connaissais même pas la signification en français, des noms d’armes du Moyen-Âge, notamment. Sapkowski utilise aussi beaucoup de néologismes, de vocabulaire très ancien. J’ai dû plonger un peu dans l’ancien français, par exemple. Ses tournures de phrase sont par moments un peu « tordues », c’est très drôle, je trouve, en polonais, mais il faut faire en sorte que cela passe bien en français, c’est un peu comme un puzzle parfois !

 

Avez-vous rencontré Andrzej Sapkowski pendant ce processus ?

Non, jamais. Je n’ai eu absolument aucun contact avec lui.

Comment vous êtes-vous positionnée par rapport au travail de Laurence Dyèvre, Alexandre Dayet et Lydia Waleryszak, qui ont traduit la série avant vous ?

Pour être honnête, au vu des délais de traduction pour le premier tome que j’ai traduit, je ne me suis pas posé beaucoup de questions. Je reprenais de temps en temps leur traduction pour me faire une idée plus particulière de tel ou tel personnage, par exemple, de sa façon de s’exprimer. Après, l’éditeur et les correcteurs interviennent et donnent une cohérence à l’ensemble si besoin.

 

Vous avez vu la première saison de la série Netflix. Qu’en avez-vous pensé ?

J’ai été un peu surprise. Le personnage de Geralt est assez bien rendu, peut-être pas au niveau physique, mais dans sa manière d’être, de parler (ou ne pas parler), de bouger. Pour ce qui est des autres personnages, Ciri, Jaskier, Yennefer, les autres magiciennes, je reconnais que je me les imaginais autrement, mais c’est souvent le cas lors des adaptations de romans., principalement lorsque l’on travaille dessus en profondeur, comme c’est le cas pour un traducteur. La bataille prend beaucoup plus de place dans la série que dans le roman, de même que la métamorphose de Yennefer… Il y a un mélange de certaines nouvelles et de la Saga à proprement parler. La mise en place est assez lente, les passages du passé et du présent ne sont pas évidents. Pour qui n’a pas lu les romans, l’histoire est sans doute un peu compliquée à suivre pour cette première saison. Il faut voir l’évolution qui en sera donnée.

 

Caroline, merci.

Je vous en prie…

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Personnalités

© HENNINGER Bernard

Thomas Bauduret, auteur et traducteur, a assuré la traduction en français deux ouvrages relatifs à des jeux video inspirés de l'univers créé par Andrzej Sapkowski. Il nous a accordé un entretien, qui devait apparaître dans Hommage à The Witcher - la saga d'un chasseur de monstres. Nous n'avons pas pu l'inclure, par manque de place. Le voici donc en exclusivité.

 

Bonjour Thomas, comment avez-vous découvert l’œuvre d’Andrzej Sapkowski ?

Je l’ai rencontré une fois, lors de sa venue aux Imaginales, mais j’avoue ne pas trop avoir accroché aux livres, je trouve l’écriture (ou la traduction ?) assez, hem, spéciale. Et pourtant, pour une fois qu’on sort de la doxa anglo-saxonne, ça avait tout pour me plaire.

 

En tant qu’écrivain, comment avez-vous appréhendé cet univers ?

Il m’a eu l’air assez complet, logique et structuré, ce qui je trouve manque à la fantasy. Mais je suis auteur de polar, genre qui exige une rigueur quasi mathématique, pour reprendre les termes d’un collègue.

 

Les Editions Panini ont fait appel à vous pour traduire deux ouvrages autour de cet univers, l’un sur le Gwent/Gwynt, et l’autre au sujet du jeu video. Avez-vous pratiqué ces jeux ?

Non malheureusement, je le voulais, puisque j’aime bien l’univers vidéoludique, mais j’ai été pris par le temps. J’ai juste fait un travail de vérification croisée pour les noms et les quelques événements cités.

Selon vous, quelle place peut-on donner à l’œuvre de Sapkowski et ses différentes déclinaisons dans le domaine de la fantasy ?

Je ne connais pas assez le genre, mais au moins, cela signifie, après le succès de Valerio Evangelisti, qu’il y a autre chose que le rouleau compresseur culturel anglo-saxon et la frilosité légendaire des éditeurs et des lecteurs. Ce qui eût été impensable il y a quelques années.

Thomas, merci.

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