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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

Publié le par Spooky
Publié dans : #Séries TV

Il y a une douzaine d'années Stephen King amorçait un virage important dans son œuvre, avec le roman Mr Mercedes. Un virage important parce qu'il entamait une sorte de cycle, plus orienté sur le polar, avec seulement des petites touches de fantastique. Un cycle également amorcé avec l'apparition d'un personnage particulier, Holly Gibney. Une jeune femme neuroatypique, dont la névrose principale est la sociopathie, mais dont les capacités de déduction lui ont permis de devenir une enquêtrice de tout premier plan, plébiscitée par le public (et par King lui-même). Ce roman couronné de succès a été directement suivi par deux autres, Carnets noirs et Fin de ronde.

Dès 2016 une série adaptant ce qu'on appelle La Trilogie Hodges ou la Trilogie Mr Mercedes a été mise en production. C'est David E. Kelley, connu pour Ally Mc Beal et The Practice ou encore Big Little One, qui est chargé de produire la série. Il trouve son réalisateur de référence avec Jack Bender (Boston Justice, les Sopranos, Lost, etc.). Il fallait trouver avant tout des interprètes solides pour le rôle de Bill Hodges, l'ex-flic hanté par l'affaire dudit Mr Mercedes, et l'auteur de cette hantise, Brady Hartsfield. Pour ce dernier c'est le Britannique Harry Treadaway (Penny Dreadful), qui révèle la profondeur de son jeu, à la fois séduisant et flippant. Pour Hodges, l'acteur parfait a également été trouvé : Brendan Gleeson met toute son expérience et son caractère irlandais dans la peau de cet ex-flic en bout de course et bourru. L'ensemble des interprètes est également intéressant, mais je mentionnerai spécialement Breeda Wool, qui incarne Lou Linklatter, la collègue lesbienne et un brin marginale de Hartsfield, et Justine Lupe, qui prête ses traits à Holly.

La première saison adapte le premier segment de la trilogie, qui voit Hartsfield foncer sur une foule avec une Mercedes volée, puis jouer au chat et à la souris avec Hodges, qui n'a pas réussi à le coincer lorsqu'il était en charge de son cas au sein de la police de Bridgton, Ohio. Aidé par ses intuitions et le concours de Holly ainsi que de Jerome, le jeune homme très malin qui tond sa pelouse, Hodges, au bord du suicide, va finalement remonter la pente et reprendre sa traque du tueur à la Mercedes. La deuxième et la troisième saisons s'attachent plutôt à transposer le segment final de la trilogie, alors que [SPOILER] Hartsfield, grièvement blessé par Holly, recouvre petit à petit ses capacités sur son lit d'hôpital, bien aidé par des expérimentations médicamenteuses d'un neuro-chirurgien. Le deuxième tome, qui se concentre sur une enquête menée par Hodges et Gibney, est finalement présent dans la troisième saison. Les scénaristes ont vraiment choisi de traiter le segment "Brady" dans les deux première saisons, ce qui n'est pas une mauvaise idée.

L'ensemble est plutôt bien foutu, c'est une série de bonne facture, portée par son casting dominé par Gleeson et Breeda Wool, déjà citée, et Gabriel Ebert, qui incarne une petite frappe qui pète un boulard dans la troisième saison. Comme je l'ai indiqué, les scénaristes ont quelque peu modifié la chrnologie générale de la trilogie, mais aussi la chronologie interne, surtout celle de Carnets noirs. Ainsi Tina, la sœur maligne du jeune Tom Saubers, qui rentre par hasard en possession des manuscrits inédits d'un auteur qui meurt dans des circonstances non élucidées, disparaît-elle, et l'action est-elle concentrée sur l'année 2013, et non plus sur les années 80 et 2010. Exit également le rôle croissant joué par Barbara, la jeune soeur de Jerome. Un Jerome bien diminué dans cette adaptation, tout comme Holly Gibney, également sous-utilisée. 

Je vais m'arrêter là car il serait vain de lister toutes les différences entre les romans et la série, d'abord parce que toute adaptation est de fait une trahison, et que la dynamique, le rythme et les codes des séries sont forcément différents de ceux des romans. Ce qui est important est le fait que cette série soit réellement de qualité, globalement. On passera sur les erreurs artistiques comme la disposition d'une cellule d'hôpital psychiatrique qui change d'une séquence à l'autre, ou des cicatrices sur le visage d'un personnage qui sont à géométrie variable. D'autres petites choses m'ont un peu chagriné, mais j'ai tout de même passé un bon, voire un très bon moment (près de 30 heures de visionnage au final) devant mon écran.
 

 

Spooky

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