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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

livres

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Ma tolkienothèque continue à s'étoffer, et cette fois-ci c'est un ouvrage à vocation biographique qui est venu l'enrichir.

 

Michael Coren, chroniqueur radio canadien et auteur de biographies de Chesterton, CS Lewis ou encore HG Wells ou sir Arthur Conan Doyle, s'est donc attaché à nous conter, en 170 pages, la vie de l'un des auteurs les plus populaires au monde.

 

Ce n'est pas le premier ni le dernier ouvrage du genre, mais Coren est remonté un peu plus loin que ses collègues, en nous contant la rencontre et la jeunesse de Mabel Suffield et Arthur Tolkien, les parents du jeune John Ronald Reuel. La suite de l'histoire est connue : la naissance à Bloemfontein, ville du Comté d'Orange (actuelle Afrique du Sud), le départ en Angleterre de Mabel avec ses deux fils pour préserver la santé de Ronald, alors fragile ; le décès d'Arthur aux antipodes, avant d'avoir pu rejoindre sa famille, l'emménagement et les années heureuses à Sarehole, près de Birmingham. L'emménagement dans la grande ville, la disparition prématurée de Mabel, le séjour de Ronald et son frère Hilary chez leur tante, puis dans une pension de famille où il fait la connaissance d'Edith, une jeune pianiste belle comme le jour.
 

Puis viennent les études, pour lesquelles Ronald n'est pas très assidu, qui lui permettent d'entrer à Oxford, les fiançailles avec Edith, le mariage, puis le départ pour la guerre en France en 1915. Atteint de la fièvre des tranchées, Ronald est rapatrié en Angleterre, où il commence à développer son monde imaginaire, l'installation avec Edith, la carrière universitaire (il est professeur de vieil anglais et de philologie à Leeds, puis Oxford), la naissance de ses quatre enfants, la publication du Hobbit puis du Seigneur des Anneaux, la retraite universitaire, le départ des enfants devenus grands, la déclinaison de la santé d'Edith puis son décès. Et quelques années plus tard, le décès du Professeur lui-même.

 

Je vous ai fait la version courte, mais il ne s'est pas passé pas grand-chose de spectaculaire dans la vie de JRR Tolkien. C'était un homme au tempérament assez tranquille, qui aimait son petit chez soi, ses habitudes et la nature.  Un portrait assez peu contrasté donc, à prendre un peu avec des pincettes, car d'autres travaux sur sa biographie sont forcément plus nuancés. Coren s'attache donc essentiellement à sa vie, avec parfois quelques petites digressions pour parler un peu plus en détail d'une personne qui a eu une influence notable sur la vie de Tolkien, comme son ami CS Lewis, qui a également été l'un de ses premiers lecteurs et critiques, ou encore tel ou tel enseignant à Oxford. Des digressions parfois rallongées par des considérations d'ordre personnel, où Coren donne son avis sur la guerre ou la religion.

 

Malgré ces petits écarts de conduite, si on peut les appeler ainsi, l'ensemble est franchement agréable à lire.

 

Spooky

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Publié en novembre 2002, cet ouvrage surfe clairement sur la vague des films de Peter Jackson, puisque le second segment de son adaptation du Seigneur des Anneaux, à savoir Les Deux Tours, s'apprêtait alors à débarquer sur les écrans. Et ce n'est que justice, quelque part, puisque John Howe était, avec Alan Lee, le concept designer de la production. C'est à dire que les deux hommes, déjà illustrateurs reconnus de Tolkien, devaient fournir des milliers, voire des dizaines de milliers, de croquis afin de donner vie aux décors, designs d'armes, de costumes, engins, etc. des films. Si Tolkien a écrit l'histoire, c'est leur vision qui transparaît à l'écran.

 

Mais ce recueil ne comporte pas, ou si peu, d'illustrations ayant directement servi aux films. Certainement pour des questions de droits et d'exclusivité. Mais il n'empêche que Howe a abondamment illustré, et ce depuis ses 20 ans, en 1977, le Seigneur des Anneaux. Le croquis le plus ancien dans le recueil est d'ailleurs une représentation du duel opposant Gandalf au Balrog, sur le pont de Khâzad-Dûm, au fin fond de la Moria. Une scène iconique, qui l'a visiblement inspiré, puisqu'il y en a une demie-douzaine de variations dans l'ouvrage. Gandalf semble d'ailleurs avoir sa préférence, le magicien gris étant l'objet de sketches fort réussis.

 

John Howe donne, au travers d'un long entretien reproduit ici, un aperçu de son rapport avec l'art, de sa formation d'illustrateur (à Strasbourg, à l'Ecole des Arts Décoratifs, alors qu'il est originaire de Vancouver, au Canada), de son approche de l'oeuvre de Tolkien, etc. Deux personnes donnent par ailleurs leur avis sur son travail, et l'une d'entre elles n'est autre que Christopher Lee, l'interprète de Saroumane dans les films, et la seule personne du casting à avoir réellement rencontré Tolkien...

 

Au long d'environ 150 pages, Howe nous régale avec ses peintures si évocatrices, si puissantes, si visionnaires. Comme l'indique Stéphanie Benson, l'autre contributrice, l'une des peintures les plus connues de Howe est celle qui nous donne à voir Cul-de-Sac de l'intérieur, en direction de la porte d'entrée. Son dessin regorge de détails, et pourtant ces détails n'apparaissent pas chez Tolkien. C'est l'interprétation si juste de l'artiste qui donne une telle vie aux écrits du Professeur.

 

Ce bouquin est un véritable bonbon pour les yeux.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

John Howe est l'un des meilleurs illustrateurs vivants, à mon goût. Le fait qu'il illustrât l'oeuvre de Tolkien depuis le début des années 1990 (au moins) n'est pas étranger à cette opinion. Il a ainsi pu travailler en tant que Directeur artistique sur les deux trilogies de Peter Jackson, avec l'autre grand illustrateur Alan Lee.

 

Né à Vancouver en 1957, diplômé de l'Académie des Beaux-Arts de Strasbourg et amateur d'architecture médiévale, Howe a rassemblé dans cet ouvrage de nombreux travaux autour de la figure mythologique et fictive du dragon. Loin de n'être qu'un simple catalogue d'illustrations, l'artiste s'est attaché à reprendre de nombreuses légendes faisant apparaître des vers, des wyrms, bref, les dragons sous toutes leurs formes. De Nidhoggr dans la mythologie nordique à Apophis chez les Egyptiens en passant par Fafner, nous avons droit à des petits exposés sur chaque créature et le decorum qui y est rattaché, ainsi qu'à -systématiquement- une illustration souvent superbe sur une double page, accompagnée de divers croquis, mais aussi de quelques indications sur la technique utilisée, des précisions qui intéresseront sans doute les apprentis Howe.

 



Mais la figure draconique n'est pas présente que dans les légendes ; ainsi celui qu'affronte Beowulf, le dragon de St Georges, ainsi, bien sûr, que dans les oeuvres de Robin Hobb, Ursula Le Guin, Anne Mc Caffrey (qui en a fait les personnages centraux de tout un cycle de romans que je vous recommande, la Ballade de Pern)... Avant de passer aux plus impressionnants, créés par Tolkien : Smaug le Doré, Glaurung, mais aussi les créatures volantes que chevauchent les Nazgûls. Ce ne sont pas des dragons, le terme ne leur a jamais été associé, mais Howe se permet cette petite auto-trahison en l'assumant complètement. On voit que Howe a une prédilection toute particulière pour ces créatures tolkieniennes, malgré le témoignage de Robin Hobb au sujet de ses dragons dessinés par l'illustrateur.

Ainsi avons-nous droit également à quelques digressions sur le symbolisme attaché au dragon ; tantôt incarnation du Mal des Enfers, tantôt garant de l'équilibre du monde, ou encore origine de nombre de phénomènes telluriques, symbole du paganisme... L'ouvrage est d'une richesse textuelle inattendue, elle vient compléter de manière passionnante une iconographie splendide.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

La Chute de Gondolin est en quelque sorte la première grosse étape de la course au long cours que constitua, à terme, le Silmarillion. Le Légendaire de Tolkien était déjà en gestation, quelques petits textes avaient été rédigés, mais ce récit un peu particulier, dont l’écriture remonte à 1916-17, est le premier de grande ampleur que l’auteur place dans son univers. Loin d’être tranquille, l’écriture de ce récit majeur a subi de nombreux aléas, et au moins deux versions notables, entrecoupées par des évolutions plus ou moins importantes. La version définitive, si l’on peut la qualifier ainsi dans la mesure où elle est… inachevée, date ainsi de 1951. C’est ainsi que trois traducteurs sont crédités sur cet ouvrage : Tina Jolas pour la version définitive présente dans le Silmarillion, Adam tolkien (petit-fils de l’auteur) pour celle qui a été publiée une première fois dans le Livre des Contes Perdus (…), et Daniel Lauzon, retraducteur du Seigneur des Anneaux et du Hobbit, pour les ajouts et les commentaires (abondants) de Christopher Tolkien.

 

Gondolin est une cité elfique construite dans un endroit reculé par le roi elfe Turgon, sur les conseils du Vala (divinité) des eaux Ulmo. Mais le Vala Morgoth, devenu une entité assoiffée de pouvoirs, souhaite éradiquer les Elfes, et menace Gondolin, qu’il cherche en vain. Ulmo, craignant que ce ne soit qu’une question de temps, apparaît devant un humain errant, Tuor, afin qu’il trouve la cité cachée et prévienne Turgon du péril à venir. C’est ainsi que l’on suit les pérégrinations de Tuor dans le Beleriand (le continent qui précède la Terre du Milieu), qui rencontre l’Elfe Voronwë/Bronweg, lequel, ayant déjà été à Gondolin, le guide jusqu’à ses portes. L’accueil de Turgon n’est pas très chaleureux (les hommes ne sont pas bien considérés par les Elfes, c’est le moins que l’on puisse dire), mais Tuor peut néanmoins rester dans la cité cachée, dans un statut de semi-captif. Il épouse la fille de Turgon, Idril, laquelle lui donnera un fils, Eärendil. Mais le cousin de cette dernière, Maeglin, déteste Tuor, et c’est au cours d’une de ses promenades hors des Montagnes Encerclantes (ce qui est pourtant interdit) qu’il est capturé par les séides de Morgoth. Contre sa liberté et la promesse d’épouser Idril, Maeglin donne la position de la cité cachée. S’ensuit une bataille féroce à laquelle pourront échapper Tuor et sa famille, laquelle connaîtra une histoire mouvementée dans d’autres récits du Légendaire.

Mais pourquoi, donc, nous présenter ces différentes versions ? Parce que la première, intitulée Tuor et les exilés de Gondolin, est la seule à contenir l’ensemble de l’histoire, les errances du héros (qui ressemblent fortement à un voyage initiatique mais sont expédiées en quelques pages), sa découverte de la cité perdue, ainsi que l’attaque de celle-ci par les troupes de Morgoth et le destin de celles et ceux qui ont survécu à cette bataille. Le dernier texte, en revanche, est beaucoup plus détaillé en ce qui concerne le voyage de Tuor, et le point culminant est d‘ailleurs l’apparition d’Ulmo qui lui dicte sa mission au milieu d’une mer déchaînée.

Ce récit marque ses lecteurs par l’exubérance de son style, il propose de magnifiques descriptions des décors du Beleriand, jusqu’à l’arrivée de Tuor et son ami Voronwë à Gondolin, étape qui marque la fin, ou plutôt l’interruption de cette version, provoquant une grande frustration chez celui ou celle qui a eu la chance de lire ce récit. Celui-ci ayant été rédigé en 1951, on voit l’influence qu’a eu l’écriture de l’épopée sur le conte, mais aussi, malheureusement, les stigmates du projet avorté du professeur de voir le Silmarillion et le Seigneur des Anneaux publiés ensemble. 

 

Le sentiment général est effectivement le gâchis, car vue la qualité de la langue et la richesse des détails que Tolkien a pu mettre dans son conte, on ne peut qu’imaginer l’ampleur qu’il aurait pu avoir une fois achevé… S’il ne propose pas grand-chose de neuf par rapport au Silmarillion et aux Contes et Légendes inachevés (dans lesquels se trouvent les deux versions), cet ultime opus édité par Christopher Tolkien a le mérite de mettre en perspective les différentes versions d’une même (superbe) histoire.

 

Un petit mot sur les conditions d'édition de cet ouvrage. Curieusement, la Chute de Gondolin, qui est chronologiquement le premier des 3 grands contes écrits par Tolkien, est le dernier à recevoir une édition dédiée et détaillée. En effet en 2017, dans la préface de Beren & Lúthien, son fils Christopher annonçait qu’il en avait terminé avec les publications des œuvres de son père. C’est sans compter sur le poids des tolkienophiles, pour lesquels cette annonce annonçait la frustration de ne pas voir sortir en édition séparée le récit par lequel tout, ou presque, a commencé, à savoir celui racontant la chute de Gondolin. L’héritier Tolkien repartit donc pour un baroud d’honneur, et fit sortir l’ouvrage en 2018 (an anglais, en 2019 pour l’édition française), magnifiquement illustré par Alan Lee. Emotion et qualité sont bien sûr au rendez-vous.

 

Spooky

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Publié dans : #Livres

John Howe fut, avec Alan Lee, l'un des deux concept artists qui ont travaillé sur les deux trilogies de Peter Jackson adaptant les romans de JRR Tolkien. Mais avant cela, il avait beaucoup travaillé sur l'univers du Professeur, réalisant de merveilleuses adaptations des moments-clés de son oeuvre. Son séjour en Nouvelle-Zélande lui a permis de réaliser des centaines, peut-être des milliers de croquis plus ou moins avancés, dont il nous livre ici sa propre sélection, avec une partie exclusive.

 

Au travers, donc, de près de 200 pages, découpées en une quinzaine de chapitres thématiques, John Howe nous montre à voir les décors de la Terre du Milieu comme si on y était, de Cul-de-Sac au Mordor, en prenant parfois des chemins de traverse, mais aussi d'admirer différentes créatures, qu'elles soient elfique, gobelines ou draconesques (ça se dit ?), ou bien encore, mais c'est plus rare, quelques designs d'outils ou d'armes. Avec une admiration sans bornes pour son talent infini.

La plupart des illustrations, mises en valeur par une maquette élégante des Editions Bourgois, sont accompagnées de citations des romans de Tolkien, et/ou de petites synthèses sur les peuples ou les lieux représentés. Là encore, la traduction de Daniel Lauzon fait son office, permettant de raccrocher cet ouvrage aux dernières retraductions. Des passages éclairants, d'ailleurs, complétés par une postface où notre illustrateur livre quelques anecdotes sympathiques sur son expérience de concept designer.

 

Beau, encore une fois merci à John Howe de donner vie à l'imagination fertile de JRR Tolkien.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Voici l'un des ouvrages les plus récents sur Tolkien en France. Rédigé par Catherine McIlwaine et traduit par Vincent Ferré, grand spécialiste de l'auteur,  il a pour vocation d'exposer dans un seul ouvrage les pièces les plus belles de la collection Tolkien à la Bodleian Library d'Oxford, l'autrice étant justement responsable de ce fonds.

 

On y trouve donc des toiles, parfois inédites, réalisées par le Professeur pour illustrer ses différentes oeuvres, comme le Hobbit, les Lettres du Père Noël, des essais de jaquettes réalisées par Tolkien lui-même, des cartes, des fragments de textes , par exemple elfiques, écrites en tengwar (une écriture qu'a inventée Tolkien). Il y aussi quelques clichés -rares pour certains- concernant la famille Tolkien. Chaque pièce d'iconographie est accompagnée de ses références, et puis surtout l'autrice s'est attachée à les mettre en perspective au travers de textes synthétisant l'oeuvre et la vie de Tolkien. Le tout dans une maquette aérée, avec des illustrations ensorcelantes...

 

Un ouvrage magnifique, que je recommande chaudement à tous les tolkienophiles.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Après avoir lu une Encyclopédie des Elfes intéressante mais un peu particulière, j'ai voulu creuser le sillon Kloczko, et m'attaquer à l'ouvrage qui l'a fait plus ou moins connaître du public tolkienophile, à savoir un recueil d'articles critiques qui ont valeur de pionniers sur le sujet en France.

 

Ca commence un peu bizarrement, par un avant-propos où l'anthologiste tente de résumer l'impact de l'oeuvre de Tolkien, en allant jusqu'à la précipitation, non sans écorcher les "piètres traductions françaises de Bilbo le Hobbit, du Seigneur des Anneaux ou du Silmarillion" ; mais aussi en fustigeant celles et ceux qui, en 1999, ne connaissaient pas l'oeuvre de Tolkien... Le ton est donné. Et puis, à la lecture du sommaire, on se rend compte que Kloczko n'est pas l'auteur de l'ouvrage, mais plus probablement... le compilateur, en plus de signer plusieurs articles (3 sur 9).

 

On commence par un article sur l'inspiration religieuse de Tolkien dans un article de F. Léaud (dont le prénom, la date de publication et le media de publication sont inconnus, ou du moins non communiqués). De menues recherches n'ont pas permis d'en savoir plus, on supposera que l'article a été écrit exprès pour l'anthologie. Dommage cependant qu'on n'en sache pas plus sur son auteur... Lequel (ou laquelle ?) passe donc en revue la notion de religieux dans le Hobbit et le Seigneur des Anneaux, en remarquant que les signes en sont nombreux, entre le roi-guérisseur (figure christique), la magie omniprésente ou presque... Et ce, malgré l'absence suspecte d'allusions directes.

 

Le deuxième article, rédigé par Kloczko lui-même, raconte la genèse et l'importance de l'un des textes les moins connus de Tolkien, Smith of Wootton Major. Notons au passage l'habituelle pique au premier traducteur de Tolkien, Francis Ledoux ; morceaux choisis :" "Une première et très mauvaise traduction..." ; [...] le responsable est F. Ledoux, le 'saigneur' des anneaux [...]." autre "tic" : Kloczko, traducteur anglais-français, présuppose que tous ses lecteurs ont le même niveau que lui. Ainsi, quand il cite Tolkien dans le texte, il ne s'embarrasse pas de proposer une traduction. C'est agaçant. On y reviendra.

 

Par la suite deux articles s'intéressent à l'oeuvre poétique de Tolkien ; tout d'abord Jean-Louis Aroui (Maître de conférence en sciences du langage à Paris 8 - merci google) fait une analyse très poussée d'un poème méconnu, Mewlips, qui semble désigner des créatures malveillantes. Intéressant, mais extrêmement technique. Ensuite Frédérique Munier (pas de traces sur cette personne), au travers de l'étude approfondie du chant funèbre de Boromir, entend nous démontrer la fonction tripartite (en accord avec les théories de Georges Dumézil) de celui-ci, au sein de l'oeuvre de Tolkien. Puis Françoise Poyet et Jean-François Orjollet (dont l'article ici présent provient le revue Littérature de 1972 - encore merci Google) proposent de nous démontrer pourquoi l'oeuvre de Tolkien relève du fantastique et du merveilleux. L'article suivant est ma foi assez utile Edouard Kloczko a en effet tenté de recenser tous les écrits de Tolkien, depuis ses débuts présumés ou avérés, dans le journal de la King Edward's School, en 1910, jusqu'à la parution du présent ouvrage, en 1998, avec la parution du conte Roverandom. Vient ensuite une liste (par ordre alphabétique d'auteur(s)) des articles et ouvrages critiques en langue française. Mais curieusement ces articles ne clôturent pas l'ensemble, puisque George W. Barlow fait l'éloge de Tolkien via un Hobbituary, qui passe en revue certains traits de l'oeuvre de Tolkien, en insistant cependant sur l'importance des langues. Son article, paru en 1975 dans la vénérable revue Fiction, est ancrée dans le temps puisqu'il parle clairement (et en des termes nuancés) de la traduction de Ledoux, et d'une édition du Hobbit dont la couverture lui semble très laide.

 

Une constante dans ces articles, les passages de l'oeuvre de Tolkien sont cités en version originale, et quand il y a des traductions de termes spécifiques, ils sont souvent différent de la traduction de Francis Ledoux. C'est étrange. Ou bien cela relève de l'esprit constant de Kloczko, consistant à nier, pour ne pas dire conchier la traduction pionnière en français.

 

Au final, ce recueil de textes propose des analyses poussées, voire un peu trop, sur l'oeuvre de Tolkien. Il s'agit pour certains de contributions directes, ou de papiers récupérés dans des revues anciennes, voire très anciennes 25 ans en arrière), ce qui ne constitue pas vraiment un panorama porteur de sens de la critique francophone sur Tolkien. Heureusement quelques passages et les articles factuels de Kloczko lui-même viennent remonter cette perte d'intérêt. il est toutefois dommageable que l'on ait peu d'informations sur les articles eux-mêmes.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Lorsque l'on parle du Studio Ghibli, l'un des studios de production animée japonais les plus couronnés de succès, on pense tout de suite à Hayao Miyazaki, auteur de Mon Voisin Totoro, Princesse Mononoke et le Voyage de Chihiro, entre autres. Mais ledit studio fut cofondé et codirigé également par deux autres personnes, Toshio Suzuki, qui se confine généralement à un rôle de producteur sur les différents films de la firme, et Isao Takahata, disparu en avril 2018, auquel s'intéresse Stéphanie Chaptal dans cet ouvrage.

 

Isao Takahata est connu surtout pour son film Le Tombeau des Lucioles, un chef-d'oeuvre empreint de tristesse. Mais, sans vouloir aucunement dévaloriser la qualité de ce long-métrage, notre autrice s'est attachée à remonter le fil du temps, et à nous parler en long, en large et en travers de son oeuvre et de son influence.

 

Takahata a débuté en 1961, en tant qu'assistant réalisateur au sein de Tôei Animation. Le temps de faire ses armes, et en 1968 il réalise son premier film, Horus, Prince du Soleil, qui peut être vu comme une combinaison de différentes influences occidentales, avec des choix visuels et scénaristiques déjà novateurs pour l'époque. Suivront Panda, petit Panda, Kié la petite peste, le Tombeau des Lucioles, Omoide Poroporo : Souvenirs goutte à goutte, Pompoko, Mes voisins les Yamada, puis le Conte de la Princesse Kaguya, pour ne citer que les longs métrages. Takahata a également réalisé des épisodes de différentes séries, très diverses : Conan, le fils du futur, Heidi, Anne des Pignons verts... La liste de ses scénarios et participations en tant que producteur est intéressante également. De ce génie méconnu, le "grand public" français ne connaît que quelques titres. Il était temps, donc, de combler cette lacune, et Stéphanie Chaptal le fait de fort belle manière.

 

Plutôt que de nous proposer un panorama chronologique de la vie et de l'oeuvre du maître japonais, elle a découpé sa présentation en grands chapitres thématiques. Après l'évocation de ses débuts, elle affirme les racines japonaises de notre réalisateur et scénariste, au travers de quelques films emblématiques comme Pompoko, habile observation de la transition entre le Japon ancestral, et ancré dans la nature et le progrès, la modernité. Ces analyses sont complétées par des entretiens avec des comédiens de doublage qui ont travaillé sur les films en question. Des souvenirs uniques, donc précieux.

 

Cette formule est répétée dans les chapitres suivants, consacrés à ses influences et connaissances du monde occidental, et à l'un des traits particuliers de son oeuvre, à savoir l'ancrage dans le réel (à l'opposé de son ami et collègue Miyazaki, prompt à basculer dans le fantastique). Même si ses héros sont des animaux ou s'il adapte, comme dans Le Conte de la princesse Kaguya, un récit folklorique traditionnel. Le tout abondamment illustré par des extraits de ses réalisations ou des photos montrant Takahata seul ou en compagnie de ses collègues. Le dernier gros chapitre, quant à lui, détaille l'influence que le réalisateur japonais a pu avoir sur des gens comme Michael Dudok de Wit (qui a réalisé le seul film non-japonais des Studios Ghibli, la Tortue rouge), ou Michel Ocelot, l'auteur de Kirikou).

 

Ainsi peut-on voir que dans des productions très différentes par leur sujet aussi bien que par leur aspect visuel, Isao Takahato s'est montré grand observateur de l'évolution de son pays, pour mieux le critiquer, en se servant de ce qu'il a pu apprendre dans la culture occidentale. Un réalisateur à (re) découvrir d'urgence.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
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Le niveau de production de Stephen King ne baissant pas du tout ces dernières années, les éditeurs français ont décidé de s'adapter à cette folie, en proposant, directement en poche comme pour Gwendy et la boîte à boutons, la novella Elevation, sortie seulement l'année dernière aux USA.

 

Dans la petite ville de Castle Rock, les rumeurs circulent vite. Trop vite.
C’est pourquoi Scott Carey ne veut confier son secret à nul autre que son ami le docteur Bob Ellis. Car avec ou sans vêtements, sa balance affiche la même chose, et chaque jour son poids diminue invariablement. Que se passera-t-il quand il ne pèsera plus rien ? Scott doit également faire face à un autre problème : les chiens de ses nouvelles voisines ont décidé que sa pelouse était le lieu idéal pour faire leurs besoins. Entre le couple et Scott, la guerre est déclarée. Mais lorsqu’il comprend que le comportement des habitants de Castle Rock, y compris le sien, envers les deux femmes mariées met en péril le restaurant qu’elles ont ouvert en ville, il décide de mettre son « pouvoir » à contribution pour les aider.

 

A l'instar de Gwendy, Elevation se classe dans la veine "soft" de l'oeuvre kingienne, dans la mesure où le fantastique est ici relativement ténu, et même s'il sert de moteur au récit, c'est encore une fois les personnages qui en font l'intérêt principal. Scott Carey est un divorcé sans histoire, qui va faire preuve d'une immense gentillesse envers ses voisines. L'histoire est menée sur un rythme léger, pas de violence, même si deux personnages sont à deux doigts d'en venir aux mains à un moment, pas de moment gore, mais plutôt de la poésie, à deux ou trois moments-clés, dont le dénouement, si triste et pourtant teinté d'espoir. Pas d'enfant ou d'adolescent ici, seulement des adultes avec leurs fêlures et leur bonté.

 

King a écrit une belle fable sur l'acceptation de la différence, délicatement traduite par Michel Pagel.

 

A lire, l'espace d'une après-midi...

 

Spooky

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Publié le par Spooky
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Edouard J. Kloczko est un traducteur et auteur français, qui s'est fait connaître dans le cercle des amateurs de Tolkien pour ses travaux relatifs aux langues elfiques. Oui, vous avez lu, quelqu'un s'est attaqué à l'étude de certaines des langues inventées par Tolkien. Une tâche dont l'intention inspire le respect, mais Kloczko s'est aussi fait remarquer par une attitude très particulière, un manque de respect d'autres exégètes de l'oeuvre du professeur, qui a amené de nombreux amateurs éclairés à prendre leurs distances avec l'auteur. Mais ne jugeons pas l'homme, attachons-nous à son oeuvre.

 

Ca part mal. Dans la préface où il fait l'élégie de l'oeuvre de Tolkien, il tire à boulets rouges sur "les compilateurs" de son oeuvre, parmi lesquels -mais il ne le nomme pas- son fils, Christopher. Idem au sujet des traducteurs, au travail approximatif selon lui. Passons.

 

Kloczko s'attache ensuite à nous raconter les origines des Elfes, du moins dans les écrits de Tolkien. Dès les premières pages, des encarts nous proposent du vocabulaire dans les différentes langues elfiques, regroupé par thématiques. Le tout joyeusement enluminé et illustré par des gens de renom comme Sandrine Gestin ou Ted Nasmith.

 

la troisième partie explore les us et coutumes elfiques, du langage du corps à l'héraldique, en passant par la religion et la télépathie. Deux sections sont ensuite consacrées aux écritures et langues elfiques, avec maints détails sur les spécifications locutives (oui, il existe plusieurs langues elfiques !).



Au final, c'est un ouvrage très érudit, trop peut-être, que le quidam va vite lâcher. Le/la passionné(e) d'elfes sera nettement plus accroché, même si parfois le ton, un rien hautain pour ses confrères tolkienophiles, n'incite pas forcément à éprouver de la sympathie pour l'auteur.

 

Spooky

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