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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

livres

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

J'ai un truc à vous dire.

 

L'année dernière j'ai écrit un livre. Depuis le temps que je tourne autour de Tolkien, que je lis ses bouquins, en français, en anglais, que j'en lis sur sa vie ou son oeuvre, en français, en anglais, en espagnol, il fallait bien que je fasse quelque chose de tout ça, en plus d'empiler les chroniques...  J'en ai eu l'opportunité. Une opportunité que j'ai su saisir. Début 2019, une de mes amies avait réalisé un bouquin sur la vie et l’œuvre d’Isao Takahata, le réalisateur du Tombeaudes Lucioles (entre autres). Lors de la soirée de lancement dans une librairie parisienne, j’ai pu discuter avec le directeur de la collection dans laquelle s’inscrivait le bouquin, l’idée de base de ladite collection, « Hommage », permettait de faire découvrir l’univers d’un créateur de la pop culture au grand public. Prenant mon courage à deux mains, je lui ai proposé l’idée de faire un bouquin sur Tolkien, et de l’écrire moi-même. Sous réserve de lui présenter un sommaire efficient et cohérent, il a validé l’idée. Quelques semaines plus tard, je recevais et signais mon premier contrat en tant qu’auteur chez Ynnis Editions. Depuis le mois de juin ma troisième journée est donc devenue celle de l’écriture. Mon éditeur m’a laissé une grande liberté dans le contenu du bouquin, il ne s’est immiscé dans celle-ci que pour quelques remarques d’ordre éthique qui n’ont pas impacté le propos du livre. Quasiment à aucun moment je n’ai perçu ce processus comme une contrainte, une gêne. Une belle expérience, qui touche à sa fin puisque le livre doit sortir le 11 mars prochain.

Cet ouvrage se décline très simplement selon le schéma suivant : la vie de l’auteur, son œuvre, son héritage, chaque partie étant de longueur inégale, mais écrite de ma main, enrichie d’interviews exclusives de spécialistes de Tolkien francophones et anglophones. 160 pages richement illustrées, avec entre autres des photos de pièces de ma collection privée. Dans le jargon de l'édition d'aujourd'hui, c'est ce qu'on appelle un "mook" (mélange entre magazine et book).

Illustration : Bouss

Je suis fier. Fier de m'être pris par la main, d'avoir "osé", sentant qu'une belle opportunité se présentait pour réaliser l'un de mes rêves. Car oui, écrire est un passe-temps que je pratique depuis 30 ans au moins, et je n'ai jamais réellement publié. Alors certes, si mon mode d'expression est plutôt la fiction, je n'ai pas nourri cette passion depuis longtemps, et du fait de mes activités je me suis plutôt orienté vers les chroniques, les avis. Ici il s'agit d'un ouvrage grand public, s'attachant à tracer de grandes lignes dans les trois axes précédemment cités. L'occasion de tordre le cou à certains clichés concernant Tolkien, de livrer quelques informations parfois inédites et d'avoir la satisfaction d'avoir écrit quelque chose de légitime, de cohérent (autant que faire se peut, j'aurai bien évidemment des tolkienophiles acharnés sur le dos), et, en espérant ne pas avoir écrit trop de bêtises, d'à peu près à jour concernant la recherche sur le poète et philologue britannique.



Ce livre ne s'est pas fait tout seul, même si certaines des textes qui le composent sont inspirés de billets du présent blog ou de contributions réalisées pour le site tolkiendil.com, par exemple. Il a nécessité des centaines d'heures de recherches, de lectures, parfois chez moi, parfois dans des bibliothèques (comme cette magnifique abbaye près de Caen, dans laquelle j'ai pu compulser les archives des premiers éditeurs de Tolkien en France). Il doit énormément à la gentillesse et la compréhension des personnes interviewées, à la bienveillance des tolkienistes que je fréquente, et au soutien de membres de ma famille et de quelques amis, dont certains m'ont fait l'honneur de relire et corriger ma prose parfois hésitante. Les remerciements font une page complète dans l'ouvrage, mais je tenais à saluer et remercier ici Guillaume Narguet pour sa relecture et son oeil "neuf", Stéphanie pour tout, Olivier pour son soutien et Miss K. pour son regard précieux de dernière minute.

Maintenant, si vous voulez en savoir plus sur le Professeur et son oeuvre, je vous incite à acheter cet ouvrage, et à me faire part de votre avis. J'y ai mis tout mon coeur, et une partie de mes tripes.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

L’Unité Alphabet est le service psychiatrique d’un hôpital militaire où, pendant la Seconde Guerre mondiale, les médecins allemands infligeaient d’atroces traitements à leurs cobayes, pour la plupart des officiers SS blessés sur le front de l’Est. Bryan, pilote de la RAF, y a survécu sous une identité allemande en simulant la folie. Trente ans ont passé mais, chaque jour, il revit ce cauchemar et repense à James, son ami et copilote, qu’il a abandonné à l’Unité Alphabet et qu’il n’a jamais retrouvé. En 1972, à l’occasion des jeux Olympiques de Munich, Bryan décide de repartir sur ses traces. Sans imaginer que sa quête va réveiller les démons d’un passé plus présent que jamais.

 

Alors que le 8ème volet des aventures du Département V se faisait attendre, les Editions Albin Michel ont tenté de combler l'attente des fans de Jussi Adler Olsen en leur proposant ce premier roman, qui date de 2007. D'une belle taille (630 pages dans cette édition grand format), ce premier roman ne laisse pas vraiment présager de ce que fera Adler Olsen par la suite. L'auteur s'est cependant visiblement beaucoup rencardé sur les unités "médicales" du IIIème Reich, et semble être tombé amoureux de la région de Fribourg, proche des frontières françaises et suisses.

 

Un premier roman, donc, qui souffre de plusieurs défauts. Un problème de rythme, tout d'abord. Toute la première moitié du roman est tenue par le séjour de Bryan et James dans l'hôpital, tentant de déjouer la surveillance des infirmières et des soldats, mais aussi de survivre aux brimades des autres résidents, avec un passif très lourd, visiblement. Ce séjour dure des mois. Il nous est décrit presque au jour près, sans doute pour qu'on s'imprègne de la lente descente vers la folie des deux hommes. Mais du coup on se retrouve avec beaucoup de longueurs. A tel point qu'on se dit qu'on ne finira jamais cette lecture. Et puis à un moment ça bouge, Bryan décide de partir, après avoir entrevu une belle opportunité. Et près de 30 ans plus tard, alors qu'on nous dit qu'il a tout essayé sauf enquêté sur place, il revient à Fribourg. Et là on y croit moyennement. Car Bryan semble ne pas être si affecté que ça par la disparition (au sens propre) de son ami d'enfance. Mais son regain d'intérêt et de remords entraîne avec lui son épouse, et l'on se retrouve alors dans un jeu de chat et de la souris dans le Bade-Wurtemberg. Un jeu qui confine un peu au burlesque par moments.

 

Au final j'ai eu l'impression de lire deux romans un peu différents ; une première partie indolente, presque lénifiante, puis une deuxième qu'on pourrait qualifier de course-poursuite un brin complexe entre 5 hommes et 2 femmes. Pas inintéressant ni désagréable dans le fond, mais un roman à réserver aux complétistes d'Adler Olsen ou des ambiances IIIème Reich. Et, alors que le titre promettait une intrigue peut-être plus axée sur les rouages de l'époque nazie, il n'en est rien. Au final, on ne sait même pas pourquoi cette "unité" s'appelait ainsi...

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Que voilà une bonne idée !

 

Une bonne idée de proposer à la jeunesse de découvrir, dans un livre illustré, la genèse de ce qui est par la suite devenu l'un des mythes majeurs de la littérature. Voici donc l'histoire de Mary Wollstonecraft, une jeune femme rêveuse, qui décide un jour de partir -très jeune- avec un poète plus âgé, nommé Percy Bysshe Shelley. Les deux amants voyagent, notamment en Suisse, en 1815. C'est là qu'ils font la connaissance d'un autre poète, Lord Byron. Au cours d'un week-end dans sa villa au bord du lac Léman, appelée Villa Diodati, ce cercle de penseurs se lance mutuellement un défi, celui d'écrire chacun une histoire de fantômes. Le reste appartient à l'Histoire de la littérature, puisque deux récits majeurs sont issus de ce moment-clé : le Vampyre, écrit par John William Polidori, le médecin de Byron, mais aussi et surtout Frankenstein ou le Prométhée moderne, par Mary, qui pour l'occasion prend le nom de son fiancé.

 

Cette histoire est contée de façon très accessible, dynamique, on ne peut s'empêcher de tourner les pages pour en savoir plus sur cette jeune femme au destin hors du commun. Une postface permet à l'auteure de donner un récit plus distancié, plus mature de son histoire.

 

Auteure primée, Linda Bailey a écrit plus de 30 livres pour enfants. Parmi ses nombreux prix figurent le Blue Spruce Award, la California Young Reader Medal et le Georgia Storybook Award. Comme Mary, elle construit « des châteaux dans le ciel » depuis toujours. Elle vit à Vancouver, en Colombie-Britannique.

Artiste, Júlia Sardà a illustré plusieurs livres pour enfants, dont Les Liszt de Kyo Maclear, ainsi que de grands classiques tels qu’Alice au pays des merveilles, Le Magicien d’Oz et Charlie et la chocolaterie. Son travail est paru en plusieurs langues partout dans le monde. Elle vit à Barcelone, en Espagne.

 

Si le texte est prenant, je suis plus réservé sur le graphisme. Je le trouve un peu anguleux, et la colorisation un peu sombre. Si le personnage de la créature de Frankenstein n'inspire pas forcément la joie de vivre, Mary, elle, est fraîche, pleine de vie et d'inventivité. J'aurais peut-être plus apprécié s'il y avait eu deux ambiances distinctes, entre la vie de Mary et son oeuvre... Je recommande cependant la lecture.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Certains m'avaient vendu l'oeuvre de Justine Niogret comme étant un bel héritage de Tolkien. Il faut croire que ces mêmes personnes n'ont pas forcément compris Tolkien. Ou Niogret...

 

Ainsi ce roman, qui fut son premier, nous plonge dans les bas-fonds du Moyen-Âge, dans les pas d'une mercenaire, Chien du heaume donc, essaie de survivre dans une époque obscure. Mais surtout, elle essaie de retrouver son vrai nom, elle qui a vécu dans l'ombre de son père pendant ses premières années avant de faire des armes son métier. Sa quête la mènera dans un château dirigé par un de ses congénères, surnommé le Sanglier, qui s'est entouré d'un groupe singulier : Regehir, forgeron à la gueule cassée, Iynge l'apprenti tueur et une jeune épousée d'à peine dix ans... Une micro-société à l'image de celle qui l'entoure, et qui va faire vivre à Chien du Heaume une forme de descente aux enfers...

 

Le point commun avec Tolkien ? Je ne l'ai jamais trouvé. Mais j'ai trouvé autre chose ; une autrice avec une voix pleine de rage, qui s'exprime au travers de combats dans la boue, de personnages en quête de rédemption, dans un récit plein de bruit et de fureur. Je vais me pencher sur le reste de sa production...

 

Spooky.

 

EDIT : Pour les curieux, j'ai interviewé l'autrice il y a peu.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Personnalités, #Livres

Bonjour Justine, comment avez-vous découvert l’œuvre de Tolkien ?

J'étais adolescente, et un ami d'un de mes parents m'a prêté le Seigneur des Anneaux, une vieille édition qui, dans mon souvenir, est rose fuchsia. Je n'en jurerais pas, toutefois. Je l'ai lu, j'ai trouvé ça très chiant mais d'une beauté sans commune mesure. Je suis donc tombée amoureuse immédiatement.

 

Cela vous a donné envie d’écrire, vous aussi, de la fantasy ?

Absolument pas. J'estime n'avoir jamais écrit de fantasy, d'ailleurs, à part le roman sur lequel je travaille depuis à peu près quarante-sept ans, Rouge-Sel, dont je parle à chaque entretien histoire de tenter d'entretenir mon fan-club (mon cousin et son rottweiler, Panpan). Je ne sais pas si Tolkien m'a donné envie d'écrire, puisque j'écrivais déjà. Étant donné ma force d'évocation pour les univers complexes (je bluffe, je n'écris jamais que les états d'âme de deux persos vivant dans la boue), j'aurais été figée par la honte si j'avais voulu écrire « comme l'autre, là-bas, l'anglais avec la pipe ».

Votre premier roman, Chien du Heaume, est souvent présenté comme inspiré par Tolkien. Pas en termes de création d’un monde complet, mais plutôt en termes de personnages, de valeurs… Qu’en pensez-vous ?

Je pense que c'est carrément n'importe quoi. J'ai autant de Tolkien dans mes écrits qu'il y en a dans les trois films du Hobbit. C'est dire. Par contre je ne mets personne avec du guano sur le visage et je n'aurais pas choisi un Beorn en forme de balai à chiottes, peut-être que c'est une tare.

 

Quels sont, pour vous, les auteurs très influencés par le Professeur ? Pensez-vous que cette influence va finir par s’éteindre ?

Jamais. Tolkien est immortel. Enfin, son héritage. Bref. Non. On raconte des histoires depuis la nuit des temps et il y a tissé de si beaux fils que les trames s'en souviennent, comme on l'entend dans j'ai encore rêvé d'elle.

 

Justine, merci.

Je ne sais pas s'il y a de quoi.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Ma tolkienothèque continue à s'étoffer, et cette fois-ci c'est un ouvrage à vocation biographique qui est venu l'enrichir.

 

Michael Coren, chroniqueur radio canadien et auteur de biographies de Chesterton, CS Lewis ou encore HG Wells ou sir Arthur Conan Doyle, s'est donc attaché à nous conter, en 170 pages, la vie de l'un des auteurs les plus populaires au monde.

 

Ce n'est pas le premier ni le dernier ouvrage du genre, mais Coren est remonté un peu plus loin que ses collègues, en nous contant la rencontre et la jeunesse de Mabel Suffield et Arthur Tolkien, les parents du jeune John Ronald Reuel. La suite de l'histoire est connue : la naissance à Bloemfontein, ville du Comté d'Orange (actuelle Afrique du Sud), le départ en Angleterre de Mabel avec ses deux fils pour préserver la santé de Ronald, alors fragile ; le décès d'Arthur aux antipodes, avant d'avoir pu rejoindre sa famille, l'emménagement et les années heureuses à Sarehole, près de Birmingham. L'emménagement dans la grande ville, la disparition prématurée de Mabel, le séjour de Ronald et son frère Hilary chez leur tante, puis dans une pension de famille où il fait la connaissance d'Edith, une jeune pianiste belle comme le jour.
 

Puis viennent les études, pour lesquelles Ronald n'est pas très assidu, qui lui permettent d'entrer à Oxford, les fiançailles avec Edith, le mariage, puis le départ pour la guerre en France en 1915. Atteint de la fièvre des tranchées, Ronald est rapatrié en Angleterre, où il commence à développer son monde imaginaire, l'installation avec Edith, la carrière universitaire (il est professeur de vieil anglais et de philologie à Leeds, puis Oxford), la naissance de ses quatre enfants, la publication du Hobbit puis du Seigneur des Anneaux, la retraite universitaire, le départ des enfants devenus grands, la déclinaison de la santé d'Edith puis son décès. Et quelques années plus tard, le décès du Professeur lui-même.

 

Je vous ai fait la version courte, mais il ne s'est pas passé pas grand-chose de spectaculaire dans la vie de JRR Tolkien. C'était un homme au tempérament assez tranquille, qui aimait son petit chez soi, ses habitudes et la nature.  Un portrait assez peu contrasté donc, à prendre un peu avec des pincettes, car d'autres travaux sur sa biographie sont forcément plus nuancés. Coren s'attache donc essentiellement à sa vie, avec parfois quelques petites digressions pour parler un peu plus en détail d'une personne qui a eu une influence notable sur la vie de Tolkien, comme son ami CS Lewis, qui a également été l'un de ses premiers lecteurs et critiques, ou encore tel ou tel enseignant à Oxford. Des digressions parfois rallongées par des considérations d'ordre personnel, où Coren donne son avis sur la guerre ou la religion.

 

Malgré ces petits écarts de conduite, si on peut les appeler ainsi, l'ensemble est franchement agréable à lire.

 

Spooky

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Publié en novembre 2002, cet ouvrage surfe clairement sur la vague des films de Peter Jackson, puisque le second segment de son adaptation du Seigneur des Anneaux, à savoir Les Deux Tours, s'apprêtait alors à débarquer sur les écrans. Et ce n'est que justice, quelque part, puisque John Howe était, avec Alan Lee, le concept designer de la production. C'est à dire que les deux hommes, déjà illustrateurs reconnus de Tolkien, devaient fournir des milliers, voire des dizaines de milliers, de croquis afin de donner vie aux décors, designs d'armes, de costumes, engins, etc. des films. Si Tolkien a écrit l'histoire, c'est leur vision qui transparaît à l'écran.

 

Mais ce recueil ne comporte pas, ou si peu, d'illustrations ayant directement servi aux films. Certainement pour des questions de droits et d'exclusivité. Mais il n'empêche que Howe a abondamment illustré, et ce depuis ses 20 ans, en 1977, le Seigneur des Anneaux. Le croquis le plus ancien dans le recueil est d'ailleurs une représentation du duel opposant Gandalf au Balrog, sur le pont de Khâzad-Dûm, au fin fond de la Moria. Une scène iconique, qui l'a visiblement inspiré, puisqu'il y en a une demie-douzaine de variations dans l'ouvrage. Gandalf semble d'ailleurs avoir sa préférence, le magicien gris étant l'objet de sketches fort réussis.

 

John Howe donne, au travers d'un long entretien reproduit ici, un aperçu de son rapport avec l'art, de sa formation d'illustrateur (à Strasbourg, à l'Ecole des Arts Décoratifs, alors qu'il est originaire de Vancouver, au Canada), de son approche de l'oeuvre de Tolkien, etc. Deux personnes donnent par ailleurs leur avis sur son travail, et l'une d'entre elles n'est autre que Christopher Lee, l'interprète de Saroumane dans les films, et la seule personne du casting à avoir réellement rencontré Tolkien...

 

Au long d'environ 150 pages, Howe nous régale avec ses peintures si évocatrices, si puissantes, si visionnaires. Comme l'indique Stéphanie Benson, l'autre contributrice, l'une des peintures les plus connues de Howe est celle qui nous donne à voir Cul-de-Sac de l'intérieur, en direction de la porte d'entrée. Son dessin regorge de détails, et pourtant ces détails n'apparaissent pas chez Tolkien. C'est l'interprétation si juste de l'artiste qui donne une telle vie aux écrits du Professeur.

 

Ce bouquin est un véritable bonbon pour les yeux.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

John Howe est l'un des meilleurs illustrateurs vivants, à mon goût. Le fait qu'il illustrât l'oeuvre de Tolkien depuis le début des années 1990 (au moins) n'est pas étranger à cette opinion. Il a ainsi pu travailler en tant que Directeur artistique sur les deux trilogies de Peter Jackson, avec l'autre grand illustrateur Alan Lee.

 

Né à Vancouver en 1957, diplômé de l'Académie des Beaux-Arts de Strasbourg et amateur d'architecture médiévale, Howe a rassemblé dans cet ouvrage de nombreux travaux autour de la figure mythologique et fictive du dragon. Loin de n'être qu'un simple catalogue d'illustrations, l'artiste s'est attaché à reprendre de nombreuses légendes faisant apparaître des vers, des wyrms, bref, les dragons sous toutes leurs formes. De Nidhoggr dans la mythologie nordique à Apophis chez les Egyptiens en passant par Fafner, nous avons droit à des petits exposés sur chaque créature et le decorum qui y est rattaché, ainsi qu'à -systématiquement- une illustration souvent superbe sur une double page, accompagnée de divers croquis, mais aussi de quelques indications sur la technique utilisée, des précisions qui intéresseront sans doute les apprentis Howe.

 



Mais la figure draconique n'est pas présente que dans les légendes ; ainsi celui qu'affronte Beowulf, le dragon de St Georges, ainsi, bien sûr, que dans les oeuvres de Robin Hobb, Ursula Le Guin, Anne Mc Caffrey (qui en a fait les personnages centraux de tout un cycle de romans que je vous recommande, la Ballade de Pern)... Avant de passer aux plus impressionnants, créés par Tolkien : Smaug le Doré, Glaurung, mais aussi les créatures volantes que chevauchent les Nazgûls. Ce ne sont pas des dragons, le terme ne leur a jamais été associé, mais Howe se permet cette petite auto-trahison en l'assumant complètement. On voit que Howe a une prédilection toute particulière pour ces créatures tolkieniennes, malgré le témoignage de Robin Hobb au sujet de ses dragons dessinés par l'illustrateur.

Ainsi avons-nous droit également à quelques digressions sur le symbolisme attaché au dragon ; tantôt incarnation du Mal des Enfers, tantôt garant de l'équilibre du monde, ou encore origine de nombre de phénomènes telluriques, symbole du paganisme... L'ouvrage est d'une richesse textuelle inattendue, elle vient compléter de manière passionnante une iconographie splendide.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

La Chute de Gondolin est en quelque sorte la première grosse étape de la course au long cours que constitua, à terme, le Silmarillion. Le Légendaire de Tolkien était déjà en gestation, quelques petits textes avaient été rédigés, mais ce récit un peu particulier, dont l’écriture remonte à 1916-17, est le premier de grande ampleur que l’auteur place dans son univers. Loin d’être tranquille, l’écriture de ce récit majeur a subi de nombreux aléas, et au moins deux versions notables, entrecoupées par des évolutions plus ou moins importantes. La version définitive, si l’on peut la qualifier ainsi dans la mesure où elle est… inachevée, date ainsi de 1951. C’est ainsi que trois traducteurs sont crédités sur cet ouvrage : Tina Jolas pour la version définitive présente dans le Silmarillion, Adam tolkien (petit-fils de l’auteur) pour celle qui a été publiée une première fois dans le Livre des Contes Perdus (…), et Daniel Lauzon, retraducteur du Seigneur des Anneaux et du Hobbit, pour les ajouts et les commentaires (abondants) de Christopher Tolkien.

 

Gondolin est une cité elfique construite dans un endroit reculé par le roi elfe Turgon, sur les conseils du Vala (divinité) des eaux Ulmo. Mais le Vala Morgoth, devenu une entité assoiffée de pouvoirs, souhaite éradiquer les Elfes, et menace Gondolin, qu’il cherche en vain. Ulmo, craignant que ce ne soit qu’une question de temps, apparaît devant un humain errant, Tuor, afin qu’il trouve la cité cachée et prévienne Turgon du péril à venir. C’est ainsi que l’on suit les pérégrinations de Tuor dans le Beleriand (le continent qui précède la Terre du Milieu), qui rencontre l’Elfe Voronwë/Bronweg, lequel, ayant déjà été à Gondolin, le guide jusqu’à ses portes. L’accueil de Turgon n’est pas très chaleureux (les hommes ne sont pas bien considérés par les Elfes, c’est le moins que l’on puisse dire), mais Tuor peut néanmoins rester dans la cité cachée, dans un statut de semi-captif. Il épouse la fille de Turgon, Idril, laquelle lui donnera un fils, Eärendil. Mais le cousin de cette dernière, Maeglin, déteste Tuor, et c’est au cours d’une de ses promenades hors des Montagnes Encerclantes (ce qui est pourtant interdit) qu’il est capturé par les séides de Morgoth. Contre sa liberté et la promesse d’épouser Idril, Maeglin donne la position de la cité cachée. S’ensuit une bataille féroce à laquelle pourront échapper Tuor et sa famille, laquelle connaîtra une histoire mouvementée dans d’autres récits du Légendaire.

Mais pourquoi, donc, nous présenter ces différentes versions ? Parce que la première, intitulée Tuor et les exilés de Gondolin, est la seule à contenir l’ensemble de l’histoire, les errances du héros (qui ressemblent fortement à un voyage initiatique mais sont expédiées en quelques pages), sa découverte de la cité perdue, ainsi que l’attaque de celle-ci par les troupes de Morgoth et le destin de celles et ceux qui ont survécu à cette bataille. Le dernier texte, en revanche, est beaucoup plus détaillé en ce qui concerne le voyage de Tuor, et le point culminant est d‘ailleurs l’apparition d’Ulmo qui lui dicte sa mission au milieu d’une mer déchaînée.

Ce récit marque ses lecteurs par l’exubérance de son style, il propose de magnifiques descriptions des décors du Beleriand, jusqu’à l’arrivée de Tuor et son ami Voronwë à Gondolin, étape qui marque la fin, ou plutôt l’interruption de cette version, provoquant une grande frustration chez celui ou celle qui a eu la chance de lire ce récit. Celui-ci ayant été rédigé en 1951, on voit l’influence qu’a eu l’écriture de l’épopée sur le conte, mais aussi, malheureusement, les stigmates du projet avorté du professeur de voir le Silmarillion et le Seigneur des Anneaux publiés ensemble. 

 

Le sentiment général est effectivement le gâchis, car vue la qualité de la langue et la richesse des détails que Tolkien a pu mettre dans son conte, on ne peut qu’imaginer l’ampleur qu’il aurait pu avoir une fois achevé… S’il ne propose pas grand-chose de neuf par rapport au Silmarillion et aux Contes et Légendes inachevés (dans lesquels se trouvent les deux versions), cet ultime opus édité par Christopher Tolkien a le mérite de mettre en perspective les différentes versions d’une même (superbe) histoire.

 

Un petit mot sur les conditions d'édition de cet ouvrage. Curieusement, la Chute de Gondolin, qui est chronologiquement le premier des 3 grands contes écrits par Tolkien, est le dernier à recevoir une édition dédiée et détaillée. En effet en 2017, dans la préface de Beren & Lúthien, son fils Christopher annonçait qu’il en avait terminé avec les publications des œuvres de son père. C’est sans compter sur le poids des tolkienophiles, pour lesquels cette annonce annonçait la frustration de ne pas voir sortir en édition séparée le récit par lequel tout, ou presque, a commencé, à savoir celui racontant la chute de Gondolin. L’héritier Tolkien repartit donc pour un baroud d’honneur, et fit sortir l’ouvrage en 2018 (an anglais, en 2019 pour l’édition française), magnifiquement illustré par Alan Lee. Emotion et qualité sont bien sûr au rendez-vous.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

John Howe fut, avec Alan Lee, l'un des deux concept artists qui ont travaillé sur les deux trilogies de Peter Jackson adaptant les romans de JRR Tolkien. Mais avant cela, il avait beaucoup travaillé sur l'univers du Professeur, réalisant de merveilleuses adaptations des moments-clés de son oeuvre. Son séjour en Nouvelle-Zélande lui a permis de réaliser des centaines, peut-être des milliers de croquis plus ou moins avancés, dont il nous livre ici sa propre sélection, avec une partie exclusive.

 

Au travers, donc, de près de 200 pages, découpées en une quinzaine de chapitres thématiques, John Howe nous montre à voir les décors de la Terre du Milieu comme si on y était, de Cul-de-Sac au Mordor, en prenant parfois des chemins de traverse, mais aussi d'admirer différentes créatures, qu'elles soient elfique, gobelines ou draconesques (ça se dit ?), ou bien encore, mais c'est plus rare, quelques designs d'outils ou d'armes. Avec une admiration sans bornes pour son talent infini.

La plupart des illustrations, mises en valeur par une maquette élégante des Editions Bourgois, sont accompagnées de citations des romans de Tolkien, et/ou de petites synthèses sur les peuples ou les lieux représentés. Là encore, la traduction de Daniel Lauzon fait son office, permettant de raccrocher cet ouvrage aux dernières retraductions. Des passages éclairants, d'ailleurs, complétés par une postface où notre illustrateur livre quelques anecdotes sympathiques sur son expérience de concept designer.

 

Beau, encore une fois merci à John Howe de donner vie à l'imagination fertile de JRR Tolkien.

 

Spooky

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