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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

livres

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Carniole (région au nord de Trieste), début du XVIIème siècle. Un riche comte allemand traverse la région avec ses proches pour prendre possession d'un château que son défunt frère lui a légué. Mais en chemin le groupe est attaqué par une horde de loups, et ne doit son salut qu'à un homme étrange, qui semble les commander. Bientôt celui-ci devient un visiteur régulier du nouveau seigneur, mais son attitude pleine de morgue ainsi que le dépérissement rapide de Franziska, la fille du comte, attisent les questions...

 

Ecrit en 1844, ce roman écrit en allemand par Karl von Wachsmann est présenté par son éditeur (le Castor astral) comme un précurseur des romans de Le Fanu, Carmilla (1872) et Dracula (1897), puisque le personnage de von Klatka (un nom présent dans Anno Dracula, tiens) peut se changer en brouillard, vit dans un cercueil, séduit ses futures victimes grâce à un magnétisme surnaturel... Mais ce sont là des traits communs à un grand nombre de romans vampiriques du XIXème siècle, lesquels reprennent des légendes des Carpathes.

 

L'imagination de von Wachsmann n'est pas très étendue, et sa plume est assez datée, nettement plus, en tous les cas, que les deux romans cités plus tôt. C'est cependant une petite curiosité vite lue, la novella ne comportant qu'une soixantaine de pages.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Après un premier roman réussi, mon enthousiasme était retombé à la lecture du deuxième développé autour de l'univers de la série de comics ultra-populaire The Walking Dead. Voici toutefois le troisième volet, à nouveau centré sur le Gouverneur, mais aussi sur Lilly, héroïne du deuxième roman. Deux habitants de Woodbury, aux trajectoires différentes, mais dont la vie va connaître un tournant décisif au cours des quelques semaines relatées ici.

 

D'autant plus qu'ils vont croiser un groupe de survivants que les lecteurs de comics connaissent bien... Le Gouverneur va tenter de tirer avantage des nouvelles perspectives que leur ouvrent ces nouveaux arrivants, à différents niveaux. Nous ne voyons donc plus les évènements du point de vue de Rick et de ses amis, comme c'était le cas dans le comic, mais bien via le Gouverneur et Lilly... L'occasion de constater la plongée dans la folie du premier, et la prise de conscience de la seconde.

 

L'occasion pour Jay Bonansinga, toujours officiellement cornaqué par Robert Kirkman, de développer encore ses personnages. Il y a fort à parier que Lilly tiendra une place très importante dans le prochain roman. Encore une fois la plume est de qualité, il ne s'agit pas simplement d'un roman de commande platement exécuté, il y a un vrai souci de construire un univers cohérent. L'occasion aussi de dépeindre en détail une scène de torture très forte, et de finir le roman sur une situation très cruelle, tandis qu'une autre, dramatique, est justifiée...

 

Un bon moment de lecture, qu'il vaut mieux faire précéder de celle des deux premiers opus pur bien en saisir la portée.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

 

Nous sommes en 1888, et Dracula n'est pas, comme voudrait le faire croire le roman de Bram Stoker, mort sous les coups de Van Helsing et ses complices. Non, il a, comme il le souhaitait ardemment, entamé son emprise sur sur l'Empire britannique en séduisant la reine Victoria, pour devenir le prince consort. De fait les vampires ne sont plus des hors-la-loi, et ceux qui ont été transformés par Vlad Tepes ou d'autres Anciens ont investi les différentes strates de la société britannique. Parallèlement des prostituées non-mortes sont retrouvées égorgées dans le quartier chaud de Whitechapel, à Londres. D'abord surnommé Scalpel d'argent, le tueur se fait bientôt surnommer Jack l'Eventreur. Scotland Yard est sur les dents (ahah !), mais ce sont deux enquêteurs des services secrets britanniques, Charles Beauregard et Geneviève Dieudonné (une vampire très ancienne) qui vont mener les investigations.

 

Après avoir écrit une nouvelle plaçant le mythe draculéen dans le contexte de Whitechapel, Kim Newman, grand auteur britannique (amli avec Neil Gaiman, notamment) a écrit un long roman (500 pages en poche) sur le sujet, en convoquant aussi bien des figures historiques (la reine Victoria, Oscar Wilde) que des personnages plus ou moins connus de la littérature vampirique (Lord Ruthven, Carmilla, Varney...), tout en les intégrant à une figure historique toujours nimbée de mystère qui a largement entretenu l'imaginaire colelctif, à savoir Jack l'Eventreur. Une rencontre des titans victoriens, en somme.

 

Le résultat est un roman policier de haut niveau, placé dans les brumes inquiétantes de la Londres d'il y a un siècle, avec des personnages nombreux et hauts en couleurs, tout en donnant un incroyable os -à moëlle- à ronger aux amateurs de littérature dentue, et pas seulement parce que nombre de personnages du chef d'oeuvre de Stoker sont présents. L'écriture est de grande qualité, tandis que le rythme du roman est parfaitement maîtrisé, entre fulgurances de l'action et périodes plus calmes, propices à l'introspection ou aux instants intimes.

 

Sorti en 1992, cet Anno Dracula est le premier violet d'une trilogie consacrée au héros de Stoker, mais peut se lire indépendamment. Pour cette troisième édition, sortie en 2001, l'auteur s'est repenché sur son manuscrit, y a apporté de menues corrections, mais y a surtout intégré d'incroyables bonus (150 pages tout de même), avec des annotations sur l'ensemble de son roman, une postface relatant la genèse de celui-ci, une fin alternative (tirée de la nouvelle originale), des extraits du scénario écrit par Newman lui-même dans l'optique d'un film (qui n'a jamais vu le jour), un article de Newman sur la thèse de Dracula en Jack l'Eventreur dans une revue consacrée au tueur en série de Whitechapel, et une nouvelle faisant se rencontrer le Comte et une innovation technologique majeure, qui est cohérente avec le roman de Stoker et prend tout à fait sa place dans l'univers d'Anno Dracula...

 

Un livre précieux et précis. Une perle. Une référence.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Après Ici reposent les oiseaux et Blanche, les Editions Margot continuent à explorer les voies de l'illustration jeunesse haut de gamme en nous proposant Mireille.

 

Comme Ici reposent les oiseaux, Mireille est écrit par Anne-Fleur Drillon ; cela se sent assez vite, les univers sont proches, avec des oiseaux, des drôles de machines, et un potentiel poétique certain. Mireille est d'ailleurs une petite hirondelle. Le travail de maquettage est remarquable : il n'y a que quelques phrases sur chaque page, laissant un maximum de place aux dessins d'Eric Puybaret, qui propose des illustrations très aérées, une large place laissée au ciel... Eric Puybaret a un trait vraiment doux, même si résolument moderne.

 

 

En bonus de l'ouvrage, quelques belles esquisses par Puybaret, permettant d'entrer un peu dans ses travaux préparatoires. Encore une fois, de la belle ouvrage. Chaudement recommandé.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres
La Patience du Diable

Le Mal peut-il contaminer ceux qui le traquent ?

Un go-fast pris en flag qui transporte bien pire que de la drogue…

Deux ados qui tirent sur les passagers d’un TGV lancé à pleine vitesse…

Des gens ordinaires découverts morts… de terreur.

Le Diable mène le bal, le monde est devenu fou.

Lieutenant à la Section de Recherche de Paris, Ludivine Vancker comprend bientôt qu’un fil sanglant relie ces faits divers. Rien ne pourra l’empêcher de remonter la piste à sa source. Aux racines de la peur.

J'avais beaucoup aimé La Conjuration primitive, sortie il y a un an, du même auteur. Celui-ci s'y montrait audacieux, novateur, surprenant, du moins pour l'amateur de thrillers que je suis. Cette Patience du Diable en est la suite, mettant en scène les mêmes personnages, cette cellule de la Section de Recherche de la gendarmerie nationale, avec au premier plan une jeune enquêtrice du nom de Ludivine Vancker.

Le schéma de ce roman est plus classique que le précédent, la construction oscillant entre actes de barbarie/terrorisme et enquête plus ou moins raisonnée, jusqu'à un climax dans le dernier quart, ou plutôt deux, où les protagonistes frôlent le vide et la mort. Mais ce qui est intéressant c'est que Chattam tisse, roman après roman, une sorte de toile narrative, qui lui permet de diffuser sa théorie d'un désordre total potentiel. Ce qui arrive à Ludivine lui permet d'étayer sa théorie en filigrane. Son prochain roman pourrait ainsi s'appeler Les Graines du Chaos, ou Les Germes de la Discorde, voire La Moisson des Ombres, si le monde finit par verser dans le chaos...

La fin de la Patience du Diable lui permet également de pouvoir faire revenir certains personnages par la suite, un en particulier, qui comme il le révèle dans ses remerciements, a déjà été présent dans un de ses anciens écrits, et pourrait faire son retour sous une autre forme et un autre nom, un procédé cher à Stephen King, idole de son homologue français, avec la figure de Randall Flagg.

A suivre, donc.

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres
Cahier de croquis du Seigneur des Anneaux

Alan Lee est, avec John Howe, l'un de mes illustrateurs préférés de l'univers de Tolkien. Ça tombe bien, ils avaient tous les deux été choisis pour travailler aux effets visuels de la trilogie de Peter Jackson. Un boulot de six mois, au départ, qui s'est transformé en une expérience de six ans, le plus souvent en Nouvelle-Zélande, à travailler sur la pré-production, la réalisation des décors, costumes et accessoires, puis sur l'habillage visuel voire matériel des éditions spéciales en DVD.

Alan Lee n'a donc pas résisté à l'envie de montrer son travail préliminaire, qui peut aller de la simple esquisse au croquis très très poussé, proche de l'illustration finale. Des Hobbits aux statues de l'Argonath en passant par la forteresse lugubre de Cirith Ungol ou encore les Oliphants, Alan Lee a touché à tout, en alternance ou en accord avec Howe, et c'est un pur régal pour les yeux. Au fil des dessins il livre aussi quelques impressions de tournage ou de production, parle de ses relations avec les autorités des films ou les techniciens qui ont dû transformer en réalité ses visions dantesques.

Un must have pour les amateurs de l'univers de Tolkien :)

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

 

Joyland est le nom d'un parc d'attractions situé sur la côte de Caroline du nord. En cet été 1973, Devin Jones, 21 ans, découvre l'endroit un peu par hasard et décide de s'y faire embaucher comme saisonnier. Il va y vivre les plus belles et les plus cruelles pages de sa vie...

 

Quelques années auparavant la réputation de Joyland a été entachée par un drame. Une jeune fille a été retrouvée dans les décors de la Maison de l'Horreur, une attraction du type "train de l'Horreur", et personne n'a retrouvé le coupable, qui est fort probablement son petit ami, à l'identité inconnue, qui l'accompagnait ce jour-là... Depuis, le fantôme de la jeune fille réapparaîtrait de temps à autre aux yeux des visiteurs (qui la prennent comme un élément de l'attraction) ou des employés, qui préfèrent se taire. Intrigué, Devin et l'une de ses amies également engagée comme saisonnière, Erin Cook, commencent à s'y intéresser, et vont découvrir une vérité bien sombre...

 

On n'arrête plus Stephen King. Ce nouveau roman, sorti il y a un an en anglais, sort seulement six mois après Dr Sleep, présenté comme un évènement, et environ six mois avant Mr Mercedes, visiblement plus ou moins inspiré par l'attentat du marathon de Boston, survenu l'an dernier. Joyland est un récit assez court (320 pages tout de même), qui relève plus du policier et du social que du surnaturel, un genre où l'auteur s'est posé en maître, même s'il y en a des soupçons.

 

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, King a livré quelques très bons récits ne relevant pas du surnaturel, certains sous le nom de Richard Bachman, d'autres sous son nom véritable. Je pense par exemple à La petite fille qui aimait Tom Gordon, Misery, Dolorès Claiborne, ou encore le récent 22/11/63. Mais il est difficile de trouver des motifs communs à ces romans, si ce n'est une analyse fine de ses personnages et un ancrage historico-géographique presque sans équivalent... C'est encore une fois le cas avec ce roman, qui voit se croiser (entre autres) un enfant atteint de myopathie, un chien géant qui fait des claquettes, une jeune fille au destin fatal, quelques fantômes et une logeuse adepte de Scrabble.

 

Mais dès les premières pages, on sait qu'on lit un King. Avec ces bonds dans le futur par rapport à la trame principale, qui attisent l'attente du lecteur ("mais comment en est-on arrivé là ?"), ces petits détails dont il parsème son récit et qui ont tous leur importance, ces moments où certains personnages disparaissent, laissant le lecteur dans le désarroi... Car bien sûr on a de l'empathie pour ceux-ci, presque quels qu'ils soient, et lorsque l'identité du tueur est découverte, on est presque choqué, au même titre que le héros...

 

Pourtant, malgré tous ces éléments et ces atouts, je n'ai pas trouvé que ce Joyland était l'un des meilleurs bouquins du King. Il est bien écrit, les personnages sont, comme je l'ai dit, empathiques, mais il n'y avait pas tout à fait cette âme, cette énergie qui en font -souvent- un redoutable page-turner. Il conviendra tout à fait à celles et ceux qui ont une âme sensible parmi ses fans, cependant.

 

Spooky

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres
 

 

La vie de JRR Tolkien fut longue (plus de 80 ans) et riche. L’essayiste John Garth s’est plus particulièrement intéressé à un épisode particulier de celle-ci, la première guerre mondiale, à laquelle il a participé. Nous « fêtons » cette année le centenaire du déclenchement du premier conflit moderne ; l’éditeur Christian Bourgois a donc publié l’ouvrage de référence sur cette période.

 

Lorsque la guerre éclate, en 1914, Tolkien a 22 ans et est étudiant à Oxford. Sa vie venait de prendre un tournant tout à fait intéressant, car malgré ses résultats universitaires relativement médiocres, il avait fondé, avec trois autres camarades, une sorte de club de réflexion artistique et philosophique, appelé le TCBS (Tea Club and Barrovian Society). Outre Tolkien, ce club compta dans ses fondateurs Christopher Luke Wiseman, Robert Quilter Gilson et Geoffrey Bache Smith. Seuls les deux premiers ont survécu au conflit. C’est leur histoire au cours de celui-ci qui nous est contée ici. Au passage, comme l'ont remarqué certains observateurs, ces quatre amis sont un peu comme les quatre Hobbits qui partent ensemble au début du Seigneur des Anneaux, partant pour une aventure dans l'inconnu, dont ils sont loin de mesurer les conséquences...

 

Ils ne voulaient pas y aller. Bien à l’aise dans leurs costumes d’étudiants semi-oisifs, et en pleine phase de construction de leurs œuvres respectives (surtout Tolkien et Smith), les TCBSiens n’étaient pas prêts à aller au Front. Qui l’est, d’ailleurs ? Après avoir fait ses classes de sous-officier affecté aux signaux, Tolkien arrive en France en juin 1916. Il s’est entre-temps marié à Edith Bratt, son amour d’adolescence. Le 11 juillet la bataille de la Somme, à laquelle prend part le 11ème régiment des Lancashire Fusiliers, commence. Au mois d’octobre, souffrant de la fièvre des tranchées (un virus transmis par des poux, qui pullulaient sur place), il est rapatrié en Angleterre, puis va d’un hôpital à un camp militaire. Entretemps son épouse connaîtra plus de 20 domiciles différents, une mobilité due aux aléas économiques et aux déplacements de Tolkien.

 

C’est pourtant pendant ces heures sombres qu’il élabore les bases de son Légendaire. Avant la guerre celui-ci ne comprenait que le lexique d’une langue inventée, le qenya, ainsi qu’un ou deux poèmes notables. A la fin de la Guerre plusieurs textes majeurs, comme La Chute de Gondolin ou l’histoire de Turin Turambar (qui seront plus tard inclus dans les Contes et légendes inachevés ou Le Silmarillion) viennent déjà étayer ce qui constituera l’un des univers romanesques les plus riches de l’histoire de la littérature mondiale. C’est au travers de la correspondance de Tolkien (déjà abondante à l’époque), mais aussi celle de ses amis et de divers registres universitaires et militaires que John Garth a pu reconstituer la chronologie des évènements.

 

Au-delà du simple aspect chronologique, Garth s’attache également, en filigrane puis de manière plus poussée en fin d’ouvrage, à analyser les origines et les motifs de ces prémices. La Chute de Gondolin, par exemple, semble directement, au moins dans sa seconde partie, inspirée de son expérience de la bataille de la Somme. A certains égards, le Melko (appelé plus tard Melkor et Morgoth) présent dans ses poèmes de jeunesse, préfigure certains dictateurs célèbres du XXème siècle. Le conte de Beren et Tinuviel (plus tard rebaptiése Luthien) comporte pour la première fois un motif qui deviendra prépondérant chez Tolkien : le fait que le destin du monde n’est pas entre les mains des seigneurs, des puissants, mais bel et bien entre celles des humbles, des inconnus. Le Conte de Turambar est empreinte de naturalisme, c’est une ode humaine à la nature, face aux machines. Pour John Garth l’existence des Elfes, qui ne vieillissent jamais, dans l’œuvre tolkienienne, semble être une sorte d’hommage à tous ces jeunes gens fauchés dans la fleur de l’âge pendant la guerre. Des jeunes hommes qui auront pour l’éternité 18, 20, 25 ou 30 ans…

 

Se croyant plus ou moins immortels, car ayant –toujours selon eux- reçu un don, une étincelle leur permettant de changer le monde, d’y laisser leur empreinte, les membres du TCBS ont été presque anéantis par la perte de deux des leurs. Oui, en effet, la guerre n’était pas vraiment une menace pour eux, jusqu’à ce qu’ils se retrouvent en première ligne… En 1940, alors qu’un nouveau conflit de grande ampleur s'annonçait et que son fils Christopher venait d’être appelé à y participer (ou allait être appelé), Tolkien eut ces mots : « Etre emporté en pleine jeunesse par 1914 n’a pas été une expérience moins abominable qu’en 1939… en 1918, tous mes amis proches, sauf un, étaient morts. »

 

Garth fait d’ailleurs remarquer que le peu d’autobiographie présent dans ces écrits de jeunesse a en grande partie été gommé par les réécritures ultérieures. En 1939 le Hobbit était en pleine révision, et Le Seigneur des Anneaux à l’état d’ébauche. John Ronald Reuel Tolkien, qu’on le veuille ou non, et qu’il l’ait reconnu lui-même ou pas, a vécu l’horreur de la guerre, et ses écrits s’en ressentent.

 

L'ouvrage de John Garth a été salué et bien perçu par la critique anglo-saxonne, car il a permis d'éclairer sous un jour nouveau la genèse de son oeuvre, mais aussi la seconde guerre, au travers de la vie de l'un des écrivains qui l'ont traversée en tant que combattants. La lecture en est un peu aride, une bonne partie du contenu (et pour cause) se cantonnant à du factuel. Et par ailleurs il vaut mieux avoir une certaine connaissance du Legendarium tolkienien pour bien saisir certaines remarques. Le portrait, même s'il n'est pas très attirant, est convaincant.

 

A noter dans les bonus, outre une abondante bibliographie ainsi que la liste impressionnante des sources données en notes, une petite chronologie de la bataille de la Somme du côté de Tolkien ainsi qu'une carte des lieux, pas très claire.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres
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Nous sommes dans l'uchronie. Le point de divergence de ce roman se situe à Alésia. César est assassiné et les Romains sont battus par les Gaulois. Un Empire celte naît de cette victoire, l’Empire romain se repliant de l’autre côté des Alpes.
 
Quelques siècles plus tard, le jeune Lucius apprend une nouvelle stupéfiante : son oncle lui a trouvé une épouse, jolie de surcroît et il va se marier. Pour cela, ils doivent se rendre à Gergovie. Après l’attaque de la caravane dans laquelle ils se trouvent, il découvre que tout cela n’est qu’une mascarade. Le mariage n’était qu’un alibi pour que son oncle réussisse une mission de la plus haute importance. En jeu : l’équilibre entre les différents Empires européens.

Ça faisait un moment que je n'avais pas lu une oeuvre de Michel Pagel. Ce roman, sorti il y a un an, a été vite épuisé. Il est aujourd'hui réédité par Critic, émanation de la librairie du même nom, située à Rennes. Il s'agit donc d'une uchronie, dans une époque inhabituelle, l'Antiquité romaine. Son roman se déploie de manière plutôt intéressante dans sa première partie, Pagel décrivant le monde alternatif mis en place, avec un voyage se déroulant entre Rome et Gergovie. Le voyage est donc plaisant et on apprend quelques petites choses, comme le fait que "Vercingétorix" n'est pas vraiment un nom propre, mais plutôt un titre, désignant le roi des guerriers, autrement dit un chef de guerre...

Le style de l'auteur est clair, agréable, il propose de longs chapitres assez denses, avec des personnages intéressants, surtout le narrateur, qui compense sa difformité par un état d'esprit touchant et une intelligence au-dessus de la moyenne, mais qui n'échappe pas non plus tout à fait à la naïveté.

Une lecture franchement sympathique.

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://www.greghocfell.com/medias/images/patron.couv.seule.sk.bat2.jpg?fx=r_550_550

 

Ce n'était pas sa journée... Gary était un de ces cadres en retard, dont le pantalon se tache à la première flaque d'eau, et dont la voiture rend l'âme sur une route déserte. Panne sèche. A cinquante mètres d'une pompe à essence. Ce qu'il ne savait pas, c'est que cet évènement allait probablement être un des plus forts de toute sa vie. Car le vieillard présent derrière le comptoir était tout sauf un pompiste ordinaire...

 

Avec cette nouvelle de 45 petites pages, Greg Hocfell, écrivain français "spécialisé" dans le fantastique, fait un hommage à son écrivain préféré, Stephen King (d'où les initiales qui tiennent lieu de titre). Un auteur qu'il a eu le plaisir de croiser, comme votre serviteur, lors de sa venue en France en fin d'année dernière. Cela lui a donné envie d'écrire une histoire à la manière de son auteur préféré. Une envie qui visiblement lui a pris comme une envie d'uriner, sans raison particulière. Et le résultat, écrit en trois heures, est un vrai cri d'amour, une déclaration enflammée au King des débuts, à l'écrivain qui incarne peut-être le mieux l'esprit américain, avec ses défauts, ses addictions, mais aussi son amour infini pour sa femme et son talent incroyable pour raconter des histoires...

 

Emouvant.

 

Spooky

 

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