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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

livres

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://www.editions-calmann-levy.com/image-couverture/photo/2009/9782702139721-G.jpg

 

Avant World War Z et son succès international, Max Brooks s'était déjà penché sur le sujet des morts-vivants. Son Guide de survie en territoire zombie propose, comme son nom l'indique, un véritable manuel pour qui se retrouve aux prises avec des zombies...

 

Brooks, évacuant d'entrée tout humour au premier degré de son ouvrage, le compose de façon tout à fait méthodique. La première partie est consacrée à (r)établir un certain nombre de vérités sur les zombies : l'origine du virus, la physiologie des zombies, leurs attitudes... La deuxième propose de passer en revue TOUTES les armes possibles (enfin, il y en a pour 40 pages, hein) afin de se défendre, avec leurs avantages et leurs inconvénients respectifs. Ensuite Brooks propose de montrer au lecteur comment se défendre, en fortifiant sa maison ou des lieux publics. La partie suivante explique comment se déplacer et fuir) dans un environnement fortement zombifié.... On peut aussi être chasseur de zombies, et là encore, tout nous est expliqué. Pour finir l'auteur passe en revue les principales épidémies de zombies recensées dans le monde, de 60 000 ans avant JC à nos jours...

 

Bien sûr, l'ensemble du roman est à prendre avec un humour au troisième, voire quatrième degré, mais l'entreprise, dans son aspect exhaustif, et surtout sa maîtrise, mérite un immense respect. Et puis finalement, ça peut faire un bon manuel d'auto-défense, ce que je n'encourage pas, bien sûr.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://i63.servimg.com/u/f63/15/23/93/78/grisha10.jpg

 

John Grisham, ancien avocat, s'est fait connaître dans les années 90 par ses romans à succès se déroulant dans le milieu qu'il connaît le mieux, dont certains (L'Affaire Pélican, la Firme, l'Idéaliste, le Client..) ont été portés à l'écran avec pas mal de bonheur. L'auteur est prolifique, puisqu'il produit un bouquin par an. Celui-ci est relativement ancien, puisqu'il date de 1998.

 

Il nous raconte l'histoire de Michael Brock, avocat spécialiste de l'antitrust dans l'un des plus gros cabinets de Washington. Il est en pleine ascension : à 32 ans il s'apprête à devenir associé de son cabinet ; mais sa vie bascule le jour où un SDF vient le prendre en otage, ainsi que plusieurs de ses collègues, dans une salle de réunion. Aucune revendication n'est faite, les motivations ne sont pas claires. Le preneur d'otages est abattu, mais Brock décide d'en savoir plus sur l'histoire de celui qui s'est fait appeler "Monsieur" par ses otages. Et il va bientôt découvrir que son cabinet a trempé dans une sale histoire de transaction immobilière... Sous le coup d'une sorte de prise de conscience, et horrifié par ses découvertes mettant en cause son cabinet, Brock décide de démissionner. Passé de l'autre côté du miroir, il va tout mettre en oeuvre pour faire payer à son ex-employeur le mal qu'il a fait.

 

Grisham insiste sur le "Brock d'avant", personnage superficiel, uniquement préoccupé par son ascension sociale et l'argent qu'elle va lui rapporter, sa vie de couple qui se délite et son bel appartement. On ne comprend pas trop comment il change de posture intérieure, malgré la prise d'otages qui sert de déclencheur. Une prise de conscience assez peu crédible en vérité. Cela a mis le roman sur des rails faussés, Grisham insistant ensuite sur le fossé existant entre la société ultra-riche (souvent blanche) de Washington et l'ultra-pauvre (souvent noire) que Brock décide -du jour au lendemain, littéralement- d'aider, au détriment de tous ses privilèges. Attention, je ne dis pas que c'est mal décrit, mais les descriptions n'échappent pas à certaines caricatures, décrédibilisant quelque peu son propos.

 

Il y a finalement assez peu d'action dans cette Loi du plus faible, l'essentiel de l'histoire se déroulant dans des bureaux d'avocats (d'affaires ou consacrés aux plus démunis) ou dans un tribunal. Comme la plupart des romans de Grisham me direz-vous, mais à ce point-là c'est un peu trop. Je me suis assez fermement ennuyé dans ma lecture. Certes, l'auteur a toujours un savoir-faire certain pour proposer des personnages attachants (ici, une famille de SDF, une junkie...), on ne peut lui reprocher un côté technique traité n'importe comment en ce qui concerne le droit, mais à la fin du roman, je me suis demandé ce que je pouvais en retirer... Pas grand-chose finalement. Un Grisham mineur.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

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Le Clairvoyage est le premier roman d’Anne Fakhouri, une auteur que j’ai découverte il y a quelques mois via le très bon Narcogenèse (à qui je dois au moins une arrivée tardive au travail, après avoir oublié de descendre à la bonne station).

 

Ce premier roman ne visait pas forcément le même public. Si Narcogenèse se destine à un public plus adulte, le Clairvoyage est davantage coulé dans le moule de la littérature jeunesse. Ce qui n’empêche pas le lecteur dans la fleur de l’âge que je suis de m’être laissé accrocher sans problèmes par l’univers et les personnages.

 

Comment en effet ne pas se laisser convaincre par les personnages haut en couleur comme la Grand-tante Coucou ou le vieux monsieur Hêtre ? C’était une des forces d’Anne Fakhouri dans Narcogenèse, et je m’aperçois donc qu’il s’agit sans doute d’une des marques de fabrique de l’auteur. Tout comme cet intérêt pour les familles complexes qui dissimulent de lourds secrets que les dernières générations ont du mal à faire éclater. Mais le Clairvoyage n’est pour autant pas un simple proto-Narcogenèse. Le personnage principal est beaucoup plus jeune, la trame totalement différente et le bestiaire fantastique convoqué sans aucun rapport.

 

Récit jeunesse oblige, on est évidemment ici en présence d’une histoire initiatique, qui voit la jeune héroïne devenue subitement orpheline apprendre à affronter ses peurs, à démêler le vrai du faux et à comprendre que dans ce monde qu’on lui a présenté comme foncièrement pragmatique se déroulent des choses qui relèvent davantage de l’inexpliqué, voire du surnaturel. C’est intelligemment mis en place, le première chapitre pose brutalement les choses, ce qui permet de rapidement introduire un personnage principal qui va voir sa vie radicalement bouleversée.

 

J’attends de mettre la main sur La brume des jours pour conclure l’histoire de Clara, mais si j’ai mis plus de temps que Narcogenèse pour me plonger dans l’intrigue et prendre le rythme de l’histoire, force est de constater que Le Clairvoyage lançait sur les rails de l’édition une auteure pleine d’idées, qui sait puiser dans ses références avec goût, et appuyer son récit sur une galerie de personnages forts et complémentaires. Une sympathique lecture qui m’aura permis de me plonger dans un univers sans vampires, ce qui n’est jamais désagréable pour se ressourcer.

 

Vladkergan

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://www.yozone.fr/IMG/jpg/hantes_200.jpg

 

Depuis la mort suspecte de Tug, son beau-père policier, Samuel peine à contenir les voix mystérieuses qui le harcèlent. Darius, son nouvel ami, souffre du même mal. Tous deux comprennent bientôt qu’ils disposent de pouvoirs complémentaires. À travers eux, des fantômes s’incarnent et réclament justice... 

Après ma rencontre avec Anne Fakhouri il y a quelques mois de cela, à la faveur de la première édition des Oniriques, je m’étais plongé avec délectation dans son Narcogenèse, un roman particulièrement prenant et pour le moins bien construit autour d’une galerie de personnages assez forts. Entre-temps, je me suis plongé dans la lecture de la série précédente de l’auteur, diptyque jeunesse publié également chez l’Atalante, et dont le premier tome, Le Clairvoyage, m’aura permis de retrouver certains des thèmes fétiches de l’auteur (à commencer par de pesants secrets de famille).

Changement radical de ton (mais pas d’auteur) avec ce Hantés, annoncé dans les prochaine semaines chez Rageot Thriller. L’auteur s’y essaie au polar young-adult non sans renier son attachement au fantastique, qui conserve une place de choix dans ce one-shot rondement mené, mais y est imbriqué de manière bien différente. De même, on quitte les thématiques habituelles de l’auteur pour assister à une rencontre des plus efficace entre Histoire et histoire.

L’auteur choisit en effet de se frotter ici, par le truchement de plusieurs de ses personnages comme par celui de sa trame de fond, au génocide rwandais, et à la place des enfants dans ce dernier. Ce choix appuie fortement le réalisme de l’intrigue, laquelle garde un pied dans l’imaginaire par ce que le titre laisse d’emblée présager : on est ici face à une histoire de fantômes. L’aspect polar agit donc comme un véritable liant entre la dimension historique et la dimension fantastique, ce qui enrichit les ambiances, et évite à l’auteur de se fixer platement dans l’une ou l’autre de ces dimensions. Ce qui multiplie les possibilités d’accrocher à l’ouvrage.

J’ai beau avoir trouvé que certains personnages auraient pu bénéficier d’un approfondissement plus poussé (tels que Moses ou Henri, qu’on peut rapprocher de certains personnages présents dans les anciens romans de l’auteur), le livre a été lu d’une traite, sans écueil ni ennui. Pas de lenteurs, pas de baisse de régime : une fois que les bases du récit sont posés, Anne Fakhouri conduit tout son petit monde (lecteur comme personnage) au coeur d’une intrigue qui ne manque ni d’intérêt ni de rebondissements.

Littérature jeunesse oblige, le roman propose une vision édifiante de certaines attitudes actuelles (le regard vis à vis de la pauvreté notamment) sans que cela prenne une tournure trop sentencieuse. Sans dégager une ambiance aussi prenante que Narcogenèse (dont le premier chapitre est un modèle du genre, notamment au niveau de la mise en scène et de l’introduction des personnages), ce Hantés est donc un polar jeunesse plus que recommandable, qui peut séduire autant les jeunes lecteurs que ceux qui ne veulent pas voir un nouveau roman d’Anne Fakhouri leur échapper.

 

Vladkergan 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://s.tfou.fr/mmdia/i/63/1/citesdorroman-3d-sticker-10869631vyrhd.jpg?v=1

 

 

2013 semble être une année particulière pour les Mystérieuses Cités d'Or. Après une réédition intégrale en DVD et blouré haute définition, la diffusion d'une "suite" se déroulant en Chine (que je n'ai pas vue, si vous avez des avis dessus, je suis preneur), ainsi qu'un jeu video disponible sur iTunes et Google Play. La bande-son a aussi été ressortie récemment.

 

Pour ceux auxquels ce nom ne dit rien, je vous recommande ce tour sur mon ancien site.

 

C'est aussi l'occasion de revenir aux racines, c'est à dire le roman de Scott O'Dell, la Route de l'Or, qui a lui aussi été réédité -par Kazé, dont il me semble que c'est la première publication non-mangaïque. Lequel a donc inspiré le dessin animé. "Inspiré" est le terme le plus approprié, car les différences sont énormes. Esteban, le héros, n'est plus un orphelin sauvé d'un naufrage par le fourbe Mendoza, mais un adolescent, issu de la bourgeoisie, qui le lendemain de l'obtention de son diplôme de cartographe, s'embarque pour le premier bateau en partance pour le Nouveau Continent.

 

Nous sommes en 1540, et le réalisme s'embarque aussi. Exit les faire-valoir à vocation comique. pas de Grand Condor ou d'autres moyens de transport de taile démesurée. En fait, seuls le contexte historique (l'exploration du Nouveau Monde à la recherche de Cibola, l'une des sept Cités d'Or) et trois personnages sont présents ; hormis Esteban de Sandoval, Mendoza est un capitaine de marine, uniquement intéressé par l'or, et Zia est une jeune Indienne qui sert de guide et d'interprète à Mendoza et son groupe.

 

Car les intentions de celui-ci sont vite découvertes par son commandant d'expédition, lequel le débarque sous un faux prétexte en Californie, avant qu'une mutinerie éclate à son bord. Esteban, trois musiciens (!) et un prêtre un peu illuminé sont également du voyage. Guidés par la jeune Zia et les rumeurs colportées par les différentes tribus d'Indiens rencontrées en chemin, les fugitifs essaient de trouver ces fameuses cités pavées d'or...

 

Le récit est partagé entre deux trames narratives. D'une part le récit de cette expédition, vouée à l'échec ; d'autre part le récit du procès d'Esteban, qui a lieu l'année suivante, à Veracruz (actuel Mexique), accusé d'avoir soustrait à la possession du Roi d'Espagne un trésor amassé dans ces cités indiennes. Après avoir été mené en bateau par Mendoza, Esteban est là encore manipulé, par son geôlier qui le presse de ne rien dire au tribunal auquel il est confronté. A noter que le titre original est The King's Fifth, ce qui évoque directement cette fameuse part d'un cinquième qui revenait alors au Roi d'Espagne lors de la découverte d'un trésor sur les terres conquises.

 

Je ne sais pas si la traduction est récente, mais un élément m'a fait tiquer. Etant donné que l'espagnol (enfin, le castillan) est la langue du narrateur, et que l'auteur est Américain, pourquoi avoir gardé dans le texte de nombreuses locutions espagnoles, qui ont leurs équivalents en français ? Pour les unités de mesures, cela ne se discute pas, ce sont celles de l'époque, mais pour d'autres termes, je reste circonspect.

 

Autre petit défaut, et là c'est l'éditeur qui est en cause ; les dialogues et les passages descriptifs sont parfois collés ; ou bien la parole d'une même personne est hachée, avec des retours à la ligne intempestifs parfois. Ces défauts ne constituent pas la majeure partie du livre, mais si l'enjeu était de "gagner deux ou trois pages", cela me laisse pantois.

 

La Route de l'Or est un roman sérieux de bout en bout. Le style de Scott O'Dell est très sec, factuel, laissant finalement peu de place à l'introspection du héros (sauf dans la partie judiciaire). L'ensemble baigne dans un réalisme sombre, montrant avant tout la cupidité des Conquistadores... Du coup la lecture n'est pas très plaisante, même si on se demande, à la fin de chaque chapitre, ce qu'il va arriver à nos marginaux.

 

A noter que la partie "passée" d'Esteban fait référence à une expédition réelle, celle du gouverneur Francisco Vasquez de Coronado -auquel Oo'Dell fait plusieurs clins d'oeil dans le roman- qui essaya lui aussi de trouver les sept Cités d'or durant deux ans.

 

En 1972 Scott O'Dell a reçu -pour l'ensemble de sa carrière d'auteur- le prix Hans Christian Andersen, lequel est décerné par l'Union internationale pour les livres de jeunesse (IBBY), en reconnaissance d'une "contribution durable à la littérature pour enfants".

 

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://images.fnac-static.com/file.media?f=HWKiBnlq5MU

 

Gagner la guerre m’avait littéralement démis la mâchoire, Janua Vera (lu après) n’avait pas eu un effet moindre. Une plume bluffante, une poésie de la langue impressionnante dès le premier chapitre, un imaginaire discret mais pourtant bien présent. C’est dire si j’attendais avec impatience ce premier tome de la nouvelle série de Jean-Philippe Jaworski édité chez les Moutons Electriques.

 

Parlons déjà de l’objet, puisqu’il diffère des publications habituelles de l’éditeur, qui a tenu ici à propose un vrai format hardcover (couverture en dur) à l’américaine, avec jaquette à rabats, papier épais, etc. Avant même d’avoir ouvert le livre, c’est donc déjà un vrai plaisir de lecteur bibliophile, qui trônera fièrement dans les rayonnages de toute bibliothèque imaginaire qui se respecte.

 

Pour ce qui est du roman, j’ai été comme je m’y attendais happé par cette nouvelle saga, qui nous plonge en plein âge du fer. L’auteur repose sa narration sur une crédibilité historique indéniable, sans pour autant mettre celle-ci trop en avant, évitant ainsi d’alourdir son propos par un trop-plein de détails. Jean-Philippe Jaworski choisit également de coller à la dynamique des grands textes mythiques, en jouant sur les nombreux analepses et autres récits dans le récit (à la manière d’une Illiade ou de la Matière de Bretagne, pour citer quelques-uns des plus connus) qui émaillent ce premier volet, et agissent comme autant de clés pour la compréhension de l’histoire. On comprend certes d’emblée certains éléments sur le passé de Belovèse et de sa famille, mais ils ne sont pas explicité d’emblée, les détails venant bien plus tard.

 

Le style littéraire et la plume sont à mon sens moins difficile à aborder que dans Gagner la guerre. Ce qui n’empêche pas la langue d’être d’une richesse rare, la rythmique des phrases venant donner corps à ce vocabulaire qui ne nuit aucunement à la compréhension, malgré l’absence totale de notes de bas de page (pas franchement utiles étant donné que même le sens des termes très peu usités se déduisent sans mal du contexte). Et à jouer de cette manière avec sa manière de narrer, l’auteur gagne à mes yeux en fluidité.

 

Le récit mélange donc intrigues politiques, histoire de vengeance, querelles de familles et mythologie pour un résultat du plus bel effet, qui aurait autant sa place en littérature imaginaire qu’en littérature blanche. Car la force des récits de Jean-Philippe Jaworski, c’est aussi leur utilisation très intelligente du fantastique, qui ne pénètre le récit que par petites touches discrètes. C’est très intelligemment construit, l’ensemble mettant en branle une galerie de personnages assez dense sans pour autant créer de confusion dans l’esprit du lecteur.

 

Avec ce Même pas mort, Jean-Philippe Jaworksi réinvente la saga pour notre plus grand plaisir. A égalité, voire au-delà d’un Gagner la guerre, même si ce premier opus est court, d’autant que la lecture est d’une fluidité rare. Chapeau bas !

 

Vladkergan

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

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La sortie du film avec Brad Pitt a remis en lumière ce roman tout récent, déjà remarqué à sa sortie. Comme j’ai plus ou moins l’intention de voir le film, j’ai décidé de lire l’œuvre originale.

 

Le pitch est différent. World War Z se présente comme une compilation d’interviews d’acteurs très différents de la guerre qui a opposé l’humanité entière à… des zombies. Pour une raison inconnue, les morts ont commencé à se relever, et à vouloir dévorer les vivants. Du fait des transports et des communications, le virus s’est rapidement propagé au monde entier, prenant au dépourvu la plupart des gouvernements.

 

Sur ce pitch ultra-simple, Max Brooks (qui n’est autre que le fils de Mel Brooks, acteur et réalisaeur « comique ») propose une sorte de référence sur le genre zombiesque. L’ouvrage est dense (plus de 500 pages en édition poche), et même si ce n’est pas de la grande littérature (le langage est proche du vocabulaire parlé, forcément), l’ensemble est sacrément efficace. En effet Brooks nous emmène quasiment partout dans le monde, au début, pendant le plus fort et après ce qu’on appellera la Guerre Z, pour nous montrer comment des survivants ot réagi face à Zack (surnom collectif des zombies, également appelés G ou goules). Simples quidams, militaires, chefs d’Etat, un grand spectre est passé en revue, d’autant plus que la menace Z était présente partout : sur terre, sur mer et même au fond des océans… Plusieurs années après la guerre, certaines goules réapparaissent, ayant été conservées dans les glaces arctiques on antarctiques…

 

Il n’y a pas de héros, de personnage central dans World War Z, simplement une multitude d’hommes et de femmes, qui avec leurs moyens, mais aussi leur volonté et leurs convictions, ont su repousser la plus grande menace qu’ait connu leur espèce.

 

Un excellent bouquin, qui vaut surtout par son aspect exhaustif, par la précision de certains des éléments indiqués (armes, religion, géographie…).

 

 

Spooky

 

EDIT : Veuillez noter qu'une adaptation cinématographique, avec Brad Pitt, est sortie au cinéma.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://www.albin-michel.fr/multimedia/Article/Image/2013/9782226248374-j.jpg

 

Boulder, Colorado. Pia Grazdani, chercheuse en bilogie moléculaire, est employée par l'entreprise Nano pour développer des nanorobots, ces composants électroniques minuscules permettant d'agir dans l'infiniment petit de l'organisme. Un jour, lors d'un jogging, elle tombe sur un cycliste d'origine chinoise visiblement mort. Mais après quelques gestes de premier secours, il se réveille en pleine forme, avant d'être récupéré par des hommes de main et des huiles de Nano... Et si le complexe ultra-sécurisé dans lequel travaillait Pia cachait d'autres secrets ?

 

Nano est le deuxième thriller que je lis sur le sujet des nanorobots, après le très bon La Proie de Michael Crichton. La posture est ici un peu différente, bien qu'il s'agisse à nouveau de dérives concernant une avancée médicale. Ici la visée n'est pas de faire des microbivores (une branche des nanorobots) des armes de guerre, mais plutôt des organismes améliorant les performances physiques. Et cette fois-ci ce n'est pas le gouvernement américain qui est montré du doigt, mais plutôt son rival économique des années 2000. Une dérive relativement classique donc.

 

Robin Cook, réputé pour ses thrillers se déroulant dans le milieu médical, donne donc une suite à son roman Assurance-vie, avec Pia, qui a tout plaqué et quitté sa région d'origine après un épisode traumatisant pour se consacrer à son travail de chercheuse, et son ami George, resté interne dans leur école de médecine d'origine. Se rajoute au duo Paul, un séduisant urgentiste dont Pia fait la connaissance en accompagnant le cycliste chinois aux urgences. Tous trois interagissent bien, et le milieu médical et laborantin semble bien cadré, comme souvent avec Cook.

 

Je suis plus réservé sur d'autres éléments. Sur sa connaissance du monde du sport, par exemple. Les coureurs du Tour de France ne se présentent plus sous la bannière d'un pays, mais d'un sponsor, depuis au moins 30 ans. Ce n'est qu'un détail, et même si Cook ne s'appuie pas trop dessus, cela m'a fait tiquer... J'ai trouvé par ailleurs que le récit manquait de punch. Pia est un drôle de cocktail, mélangeant esprit frondeur et angélisme parfois très surprenant...

 

Au final, ma découverte de cet auteur qu'est Robin Cook n'a peut-être pas été très heureuse, ce dernier roman se révélant assez classique dans sa construction. Mais je n'hésiterai pas à en lire d'autres.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

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Et on continue avec les grands noms de la SF. Cette fois-ci, je vais vous parler d'un recueil de nouvelles de Iain M. Banks, principalement connu pour son cycle dit de la Culture. Dans les années 1990, cet Ecossais apparut comme une sorte de messie dans une science-fiction un peu somnolente, y apportant des récits d'une grande ampleur épique, alliée à une ironie politique féroce, le tout avec une qualité d'écriture inespérée. Son cycle de la Culture renouvela le genre du space opera, et pendant deux décennies il y plaça plusieurs romans, des nouvelles... La plupart de celles de ce recueil y prennent donc place, et on y retrouve tous ces éléments.

 

[Edit du 10/06/2013]Iain M. Banks vient de décéder, à 59 ans, d'une longue maladie. Un auteur majeur qui part vers les étoiles. J'essaierai d'approfondir un peu ma connaissance de son oeuvre...

 

[Extrait de Wikipedia] La Culture est une civilisation pan-galactique inventée par Iain M. Banks au travers de ses romans et nouvelles de science-fiction. Décrite avec beaucoup de précision et de détails, La Culture peut être considérée comme une utopie technique et philosophique à part entière. Il s'agit d'une société anarchiste : ni loi, ni hiérarchie, ni argent, ni propriété. Elle compte trente mille milliards d'habitants, mêlant dans une totale égalité humains, extra-terrestres, drones et intelligences artificielles. [/fin de l'extrait]

 

 

La Route des Crânes est un court récit qui ne semble appartenir à aucun univers, mais qui raconte une sorte de promenade dans une charrette qui se déplace sur une route pavée de crânes. Le récit semble un peu inachevé.

 

Un Cadeau de la Culture raconte le supplice d'un ancien agent de la Culture, obligé de renouer en quelque sorte avec celle-ci afin de commettre un acte illégal et dangereux. Le personnage étant un lâche, le lecteur lambda peut assez facilement s'identifier à lui...

 

Curieuse jointure : Une nouvelle courte très drôle sur le représentant d'une race indigène très particulière, au cours de son premier contact avec un Humain.

 

Descente raconte le calvaire d'un homme, rescapé du crash de son vaisseau, qui essaie de rallier une base sur une planète désolée, tout en conversant avec son scaphandre intelligent. Bien écrit et encore une fois plein d'humour. On dirait presque du Fredric Brown.

 

Nettoyage : Les Terriens sont confrontés à la chute d'étranges objets en provenance de l'espace. Une terrible méprise qui va changer la face du monde... Ou pas. Là encore, l'humour est très présent, mais je l'ai trouvé moins grinçant que dans la nouvelle précédente.

 

Fragment est une nouvelle qui nous emmène dans l'un des évènements les plus effroyables du XXème siècle. Avec une mise en abyme, mais relativement mal construite, c'est peut-être la pièce la plus faible du recueil.

 

 

L'Essence de l'Art

Le récit le plus long du recueil, environ 150 pages. Il mérite bien ce titre, car contient, en creux, toutes les interrogations sur la nature de la Culture (oui je sais, ça vous rappelle un sujet du bac philo). Au travers de l'histoire d'un de ses agents qui décide de rester sur Terre, dans les années 1970, et même de se faire altérer pour approcher au plus près la nature humaine, c'est un récit aux implications métaphysiques multiples. Très intéressant.

 

Eclat

Une nouvelle un peu étrange, qui fait penser à une sorte de téléscopage médiatique, dont il est difficile de discerner le sens.

 

Au final ce recueil propose des récits d'assez bon niveau, relevant presque toutes de l'univers de la Culture, qui permet de s'y intéresser à nouveau. Vous n'avez pas besoin de connaître ce Cycle pour l'apprécier pleinement. Un petit regret cependant, la préface racontant l'essence de la Culture est simplement signée par deux initiales ; il m'a fallu aller sur internet pour récupérer l'information : il s'agit d'arkady Knight, auteur français né en 1976.

 

Spooky

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

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Si vous êtes des lecteurs assidus du présent blog (et si vous êtes encore là - ohoooooh ! Y'a quelqu'un ?), vous savez probablement que JRR Tolkien fut non seulement un grand écrivain, qui a posé les bases de la fantasy (pour le bien et le mal du genre), mais il fut aussi un philologue émérite, spécialisé dans les langues européennes nordiques. Ce qui l'a amené à se pencher sur des textes fondateurs du légendaire anglo-saxon et scandinave, lesquels l'ont, en retour, largement inspiré pour son oeuvre de fiction.

 

Parmi ces textes, plusieurs fragments d'une légende écrite en vieux norrois (dont l'origine date probablement du XIème siècle), racontant les exploits d'un jeune prince, Sigurd, dans une épopée mêlant amour et action. Cette Völsunga Saga étant dispersée (notamment dans l'Edda de l'Islandais Snorri Sturlusson, l'Anneau des Nibelungen et le Codex Regius) et fragmentaire, Tolkien s'est attaché (là encore, on ne sait pas vraiment quand, mais ce serait dans les années 1930) à reconstituer et traduire l'ensemble en anglais, tout en respectant une forme de mètre poétique particulier au vieux norrois et à l'anglo-saxon, le fornyrðislag, mais aussi à combler certains trous narratifs. Tolkien a donc traduit cette matière en vieil anglais plus exactement, ce qui m'a empêché de le lire intégralement en anglais. Heureusement l'édition française de Christian Bourgois (éditeur historique de l'auteur) et sa version en poche est bilingue, ce qui permet tout de même de faire quelques comparaisons. Comme pour l'ensemble des productions Tolkien depuis 35 ans (époque de la disparition du Professeur), c'est son fils Christopher qui s'est chargé de remettre en ordre ses notes et de les commenter. Il en ressort une longue introduction (reprenant en partie une conférence de son père sur le sujet), ainsi que des commentaires a posteriori très fournis, accompagnés de deux autres courts poèmes ayant trait à la même légende. A la Tolkien, finalement... A noter que cet ouvrage est paru en version originale en 2009, et l'année suivante en version française. Il s'agit donc d'une oeuvre posthume, à 99%.

 

http://www.mollat.com/cache/Couvertures/9782266214377.jpg

 

L'ouvrage est en fait composé de deux lais en vers. Le premier lai est intitulé « Völsungakviða en nýja » (« Le Nouveau Lai des Völsungs » en vieux norrois) et sous-titré « Sigurðarkviða en mesta », « Le Plus Long Lai de Sigurd ». Il comprend neuf sections, plus une introduction, totalisant 339 strophes.

 

Le deuxième poème s'intitule « Guđrúnarkviða en nýja » (« Le Nouveau Lai de Gudrún » en vieux norrois). Il est sous-titré « Dráp Niflunga » (« La Mise à mort des Niflungs ») et compte 166 strophes.

 

Je me suis permis de reprendre le résumé de mes camarades de Tolkiendil :

La première partie, « Le Nouveau Lai des Völsung » retrace l’histoire de Sigurd, le grand héros qui s’empare du trésor de Fáfnir le dragon après l’avoir abattu. Il raconte également comment Brynhild, la Valkyrie qui sommeilla au milieu d’un cercle de feu, est réveillée par Sigurd. Enfin, il rapporte comment Sigurd entre à la cour des grands princes, les Niflungs (ou Nibelungs), avec qui il devient frère de sang. Dès lors surgissent amours et rancœurs attisées par les pouvoirs de la sorcière, la mère des Niflungs, qui maîtrise la magie, la métamorphose... Scènes spectaculaires, identités troublées, passions contrariées, conflits amers… La tragédie de Sigurd et Brynhild, et de Gudrún, sa sœur, aboutit au meurtre de Sigurd par les mains de ses frères de sang, au suicide de Brynhild et au désespoir de Gudrún.

Le second lai, « Le Nouveau Lai de Gudrún », raconte l’histoire de Gudrún après la mort de Sigurd, de son mariage forcé avec Atli, le chef des Huns qui tue ses frères, ainsi que de sa monstrueuse vengeance. 

 

En ce qui me concerne, cette lecture n'a pas été vraiment facile ; j'ai du mal avec l'oeuvre poétique en général, et même si c'est Tolkien qui en écrit, ça ne changera pas trop mon avis. Par ailleurs l'introduction de Christopher Tolkien est beaucoup trop longue, et gâche un peu le plaisir de la découverte du travail de son père. Le versant philologue n'est pas ce que je préfère dans son oeuvre, et pour le coup c'est presque un pensum. Dommage, car le lecteur assidu de Tolkien pourrait discerner pas mal de figures narratives qui ont inspiré son oeuvre de fiction.

 

Je vous ai mis en illustration les deux couvertures des éditions françaises. La première, proche de l'originale, reprend un détail du portail de l'église de Hylestad, en Norvège, datant du XIIe siècle et conservé à l'Institut archéologique de l'université d'Oslo. Elle représente le cheval de Sigurd, Grani, chargé du trésor de Fáfnir, avec les deux oiseaux qui préviennent Sigurd de la trahison de Regin. La seconde est un fragment d'une peinture de John Howe, baptisée Door of Heorot, Heorot étant le palais de Beowulf, autre héros de légendes nordiques ayant inspiré Tolkien ; mais pour le coup, malgré sa beauté, elle est plus éloignée de l'esprit de l'ouvrage, qu'en pensez-vous ? Un seul regret, que la version en poche (celle que j'ai achetée et lue, donc) n'ait pas repris les illustrations de Bill Sanderson de l'édition originale.

 

Spooky

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