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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

livres

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres


Une mystérieuse organisation internationale protectrice de l'environnement s'empare de plusieurs régions du globe, à la recherche d'un secret millénaire, qui pourrait menacer l'ordre géopolitique de la planète.

Ari Mackenzie, ancien des renseignements généraux, alerté par une série d'inexplicables disparitions, décide de mener l'enquête. Existerait-il un lien entre les étranges recherches de cette organisation et les occultes découvertes de Nicolas Flamel, célèbre alchimiste du Moyen Age ?

Le commandant Mackenzie va devoir se mesurer aux ténèbres. Une enquête dangereuse, la dernière peut-être...

 

J'étais curieux de lire la deuxième aventure d'Ari Mackenzie, après le Rasoir d'Ockham, qui m'avait laissé une très bonne impression. Ce roman y fait directement référence, et se montre d'ailleurs très connecté à ce premier opus. On sent que Loevenbruck a creusé le sillon, toujours très documenté, entre sociétés occultes, alchimistes et flic hors normes. Mais je n'ai pas senti autant d'attirance pour cet univers. La faute, peut-être, à un faux rythme dans le récit, une intrigue plus téléphonée que sa devancière, je ne sais pas trop. Un troisième opus a vu le jour en 2013, je le lirai probablement si je tombe dessus, mais sans attente particulière...

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Empire Britannique, 1873, sur l’île Bourbon hantée par les diwas, des créatures magiques, imprévisibles et dangereuses.

Lisha Payet, retirée toute petite à sa famille, a grandi sur l’île Maurice voisine. Quatorze ans plus tard, elle revient à Bourbon pour y devenir une parfaite épouse victorienne, sous l’œil critique de la bonne société saint-pauloise.

C’est sans compter le conflit qui éclate sur l’île. Prise malgré elle dans ce soulèvement, Lisha devra choisir son camp. Famille adoptive ou liens du sang ? Obéissance ou transgression ? Ami d’enfance ou officier à la beauté troublante ? Si encore elle ne jouait que sa propre vie ! Mais l’île Bourbon, à travers sa dernière fée, lui a confié son destin et celui de toutes les créatures qui l’habitent.

Du battant des lames au sommet des montagnes, Lisha en apprendra plus qu’elle ne l’aurait souhaité sur les diwas, les hommes et sur elle-même.

 

Ophélie Bruneau est une jeune autrice de SFFF (science-fiction, fantasy et fantastique) qui fait feu de tout bois depuis une petite dizaine d'année, et promène sa silhouette froufroutante surmontée de chapeaux miniatures dans les salons littéraires idoines. Elle souhaitait rendre hommage à ses origines -en partie- réunionnaises au cours d'un roman, ce qu'elle a fait en 2015 avec cette histoire publiée aux Editions du Chat noir. Elle y fait preuve d'une écriture délicate, nerveuse et fort sensible, inscrivant le drame intime de cette jeune femme en marge d'un conflit latent qui va secouer l'île alors appelée Bourbon, car sous domination anglaise. La description de l'île, en aprticulier, vaut à elle seule la lecture, on a vraiment l'impression d'y être.

 

Un fragment d'Histoire, du folklore passionnant et des personnages hauts en couleurs : cocktail explosif que je vous recommande chaudement.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

L'héroïne est toujours Lilly, qui se retrouve confrontée à un danger inédit, puisqu'au retour d'une expédition, elle et ses amis retrouvent Woodbury fracturée, et les enfants enlevés. A la tête d'un groupe de survivants, elle va tout faire pour les retrouver, et elle va se confronter à un groupe à la solde d'un savant dont les travaux pourraient faire basculer l'équilibre des forces, face aux zombies.

 

La plume de Jay Bonansinga connaît un sursaut dans ce tome 7, on s'attache un peu plus aux personnages, même si certains disparaissent. Je le disais dans ma chronique du volume 6 de cette série, on est à la fin d'un cycle, celui qui est consacré à la ville de Woodbury, en Géorgie, indéfectiblement liée à la franchise The Walking Dead. Mais on sent derrière ce jeu de massacre le souci de faire table rase, ou presque, et de repartir avec de nouveaux personnages. Lilly est toujours là, increvable.

 

Spooky

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Christopher Tolkien, fils de l'auteur, a extrait le conte des amants Beren et Lúthien de L’Histoire de la Terre du Milieu, la série de 12 volumes qui réunit et analyse la fiction de J.R.R. Tolkien. L’histoire de Beren et Lúthien a évolué depuis sa première écriture en 1917 et a été retravaillée en diverses formes, y compris en poésie. Pour refléter cela, le nouvel ouvrage s’ouvre avec le texte originel de Tolkien, avant d’inclure des passages de textes plus tardifs qui retravaillent le conte. Présentés ensemble pour la première fois, ils révèlent des aspects de l'histoire jusqu'alors rejetés.

 

[SPOILERS] Seul rescapé d'une armée d'Hommes qui combattit le maléfique Morgoth, Beren pénétra dans le royaume elfique du Doriath. Là, il vit la jeune Lúthien, fille du roi elfe Thingol, danser dans une clairière, et en tomba instantanément amoureux. Pensant lui imposer un défi impossible à relever, Thingol lui demanda de récupérer un Silmaril, un joyau magique serti dans la couronne de Morgoth, s'il souhaitait épouser sa fille. Beren partit donc avec une dizaine de compagnons, dont le roi elfe Felagund (d'un royaume voisin), et fut fait prisonnier par Sauron, lieutenant de Morgoth. Pressentant le danger encouru par son fiancé, Lúthien entreprit de voler à son secours, mais fut retenue prisonnière par son père, puis en chemin par les maîtres d'un chien géant, Húan, avec lequel elle se lia d'amitié.

Avec l'aide de Húan, elle parvint à s'échapper, arriva chez Sauron, le défit sans le tuer, puis abattit la forteresse et libéra les prisonniers. Après une bagarre avec les maîtres de Húan, le couple reprit la quête du Silmaril et se rendit chez Morgoth, revêtu des peaux de deux serviteurs du malfaisant seigneur, un loup-garou pour Beren et une vampire pour Lúthien. Démasquée, la princesse elfe réussit néanmoins à envoûter Morgoth en dansant et chantant pour lui. Le couple put récupérer le joyau, mais à la sortie fut attaqué par Carcharoth, un loup géant serviteur de Morgoth. Beren y perdit la main tenant le Silmaril après que le loup l'ait prise entre ses crocs. Le couple se rendit devant Thingol pour lui prouver qu'ils avaient tenu parole ; Thingol exigea de voir le joyau, et Beren lui dit qu'il était dans sa main, laquelle n'était plus rattachée à son bras. Carcharoth, lui, était en train de ravager les terres de Thingol, lequel partit avec Beren, Húan et quelques autres le tuer. Mais Beren et Húan ne survécurent pas à la bataille.

Inconsolable, Lúthien partit dans les chambres de Mandos, l'équivalent du monde des morts, et réussit à le convaincre de ressusciter son fiancé. En échange, la princesse elfe devint mortelle. Beren et sa fiancée partirent vivre cachés sur une île, où ils eurent un fils, Dior, futur grand-père d'Elrond, que les lecteurs du Seigneur des Anneaux connaissent bien. Thingol fut plus tard tué, le Silmaril volé par des Nains, avant d'être repris par Beren avec l'aide d'Elfes verts et d'Ents. Après sa mort, il revint à Dior, qui régna à son tour sur le Doriath. Sa fille Elwing put ensuite plaider auprès des Valar pour qu'ils attaquent Morgoth. Mais ceci est une autre histoire... [FIN SPOILERS]

 

Alors qu'on pensait que Christopher en avait terminé avec les ouvrages relatifs à la Terre du Milieu, il nous offre ce dernier joyau, qui tient une place tout à fait particulière dans l'oeuvre de son père, puisqu'elle contient en creux bon nombre d'éléments qui vont déterminer la suite de l'Histoire de la Terre du Milieu, comme la future guerre faite à Morgoth, prédécesseur et maître de Sauron, que les Hommes et les Elfes reviennent en odeur de sainteté auprès des Valar (de puissants êtres qui ont presque tout créé en Terre du Milieu), et qu'un Silmaril, un bijou intimement lié à ce monde, a pu être recouvré par les forces du bien, si on peut les appeler ainsi. Les lecteurs du Seigneur des Anneaux en ont connaissance par le récit qu'en fait Aragorn auprès de la Communauté de l'Anneau lors de leur périple, mais aussi par sa propre histoire d'amour avec Arwen, qui présente des coïncidences troublantes avec celle de leurs aïeux (humain/elfe...).

 

 

Mais l'intertexte de ce conte, qui a connu de nombreuses réécritures, renvoie également à l'histoire intime de Tolkien, puisque le personnage de Lúthien lui a été inspiré par son épouse Edith. Lors d'une période de convalescence qu'il passe près du village de Roos pendant la première guerre mondiale, en Angleterre, Tolkien voit son épouse Edith le rejoindre, et au cours d'une promenade dans le bois voisin, assiste à une danse pleine de grâce de celle-ci au milieu des ciguës. La scène sera directement retransposée par l'écrivain dans son conte, et à la mort d'Edith, il fit apposer le nom de Lúthien sur sa pierre tombale. A sa disparition, en 1973, leurs enfants firent écrire celui de Beren sur sa tombe. Difficile de faire plus romantique, n'est-ce pas ?

 

Le conte contient également de nombreuses références aux différentes influences (en général nordiques ou anglo-saxonnes) de Tolkien. Christopher le dit dans sa longue préface : il n'y a aucun matériau inédit -pour les anglophones, s'entend- dans cet ouvrage. Les différentes versions du conte, en vers ou en prose, sont présentes qui dans Le Silmarillon, qui dans L'Histoire de la Terre du Milieu (dans des tomes non encore traduits en français). Si vous ne connaissez de l'auteur que ses deux romans principaux, vous découvrirez un autre pan incroyable de son imaginaire dans le monde d'Arda, servi par une écriture magnifique. Les passages en vers sont de très haut niveau, et les traducteurs successifs, Daniel Lauzon, Elen Riot et Adam Tolkien (dans le désordre), ont su rendre justice à cette qualité sans la dénaturer. Le matériau, d'un point de vue éditorial, sent donc un peu le réchauffé. Mais il offre l'avantage de regrouper en un seul ouvrage toutes les versions du conte, dans une version aussi expurgée que possible de notes de bas de page ou d'annexes, une caractéristique des Tolkien père et fils. Seule une liste des noms (très nombreux), avec une petite explication, vient compléter l'ouvrage. Pour l'occasion, l'illustrateur Alan Lee a réalisé une dizaine de peintures magnifiques, marquant certains épisodes du conte. Un ouvrage précieux, donc.

 

Le voilà, peut-être, le testament littéraire véritable de JRR Tolkien, mais aussi celui de son fils Christopher, qui devrait arrêter sur cet ouvrage son activité d'éditeur sur les oeuvre de son illustre père. A 93 ans, il est temps, me direz-vous... Beren et Lúthien est, pour moi, la quatrième pierre angluaire de l'histoire de la Terre du Milieu, avec Le Seigneur des Anneaux, le Hobbit et Les Enfants de Húrin. Excellente lecture.

 

Spooky

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Ce roman a été écrit dans les années 1980, mais je n'en avais pas entendu parler avant une double actualité récente. D'abord lorsque l'actrice Emma Watson, révélée par la saga Harry Potter et militante féministe, a annoncé sur son compte Twitter en avoir disséminé des dizaines d'exemplaires dans les rues de Paris, afin de le faire découvrir ; ensuite lorsqu'une série télévisée américaine l'adaptant a été diffusée et saluée par la critique et le public.

 

Il s'agit pourtant, ni plus ni moins, d'un des meilleurs romans d'anticipation, ou de dystopie, au même titre que 1984, Le Meilleur des Mondes... Dystopie, car il présente un futur proche dans lequel une dictature a remplacé la démocratie (américaine, en l'occurrence, mais cela n'a pas d'importance). Cette dictature a été mise en place après des conflits armés au déroulement confus, et une évolution sociétale qui a fait brutalement chuter la natalité. Les autorités ont donc mis en place un nouveau système, au sein duquel les femmes ayant déjà eu un enfant deviennent en quelque sorte des pondeuses, au service d'hommes issus de l'élite. Les autres femmes sont réparties selon des classes bien précises : Epouses (mariées aux Commandants mais trop âgées pour enfanter ou stériles), Marthas (domestiques) ou Tantes (sortes de superviseurs ou tutrices des Ecarlates). Un statut de femme-objet que doit donc assumer Defred, notre héroïne. Ce n'est pas son vrai nom, mais un surnom qui souligne son appartenance au Commandant Fred. Les écarlates n'ont quasiment plus de libertés, plus de possessions, plus d'identité non plus.

 

La façon dont Margaret Atwood, Canadienne née en 1939, parle de la vie de Defred, fait froid dans le dos. Le récit est presque un huis-clos, les conversations de Defred étant -dans un premier temps- réduites au simple fonctionnel. L'aliénation, l'obscurantisme (liés à la religion chrétienne, ici érigée en règle absolue) sont des rouleaux compresseurs qui peuvent détruire complètement un individu. Celles qui sortent du schéma risquent gros : la déportation, ou même la pendaison en public. Certains passages, pourtant très cliniques par moments, sont glaçants.

 

Defred parviendra toutefois à changer ses conditions de vie, et à nouer une relation particulière avec le Commandant.

 

La fin du roman laisse à penser que Defred finira par s'en sortir, et que ce système n'a pas tenu au-delà de quelques dizaines d'années. Mais Atwood laisse tout de même pas mal de questions en suspens. Trente ans après, elle présente dans une postface très intéressante les conditions d'écriture, ainsi que la réception et le succès international du roman. Elle dissipe également quelques contre-vérités véhiculées par la critique, comme le positionnement féministe du récit. Un positionnement battu en brèche par la présence des Tantes, qui sont aussi responsables de ce système.

 

Une lecture indispensable, et toujours d'actualité lorsqu'on regarde la condition féminine d'aujourd'hui.

 

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Tiens, un King qui était passé sous mon radar à la première époque où je les lisais tous, au début des années 1990. Il faut dire que Peter Straub n'avait pas très bonne presse dans le milieu des amateurs de fantastique. Et puis animé par un souci de complétion, j'ai acheté ce roman, qui a été coécrit en 1984.

 

C'est un long roman, qui raconte la quête d'un adolescent, Jack Sawyer, dont la mère, ancienne starlette de cinéma, se meurt d'un cancer dans un hôtel miteux du New Hampshire. C'est après avoir rencontré Speedy Parker, agent d'entretien dans un parc d'attractions, que Jack découvre l'existence des territoires, une dimension parallèle où Morgan Sloat, ancien associé de son père défunt, semble régner en maître, ou plutôt en despote. Mais plus important, ces Territoires semblent recéler le Talisman, un artefact qui pourrait guérir sa mère.

 

Un pitch a priori alléchant, et qui rappelle un peu certains éléments de l'univers de King, comme celui de la Tour Sombre. Mais.

 

Mais c'est raté, quasiment de bout en bout. Les Territoires sont très peu développés, l'idée des "doubles", ces alter ego présents dans cette dimension parallèle, assez peu exploité. Ces Territoires, complétés par les Terres dévastées, n'ont pas vraiment d'identité claire : époque moyenâgeuse, contemporaine, retour à une époque préhistorique ? Tout se mélange sans véritable harmonie, sans cohérence.

 

Quant à l'histoire, elle ne réserve pas trop de surprises, allant vers sa conclusion inéluctable, mais... que c'est long ! Près de 1200 pages pour l'édition poche de ce roman. On a un peu l'impression que la logorrhée respective de chaque auteur s'est ajoutée à l'autre, sans aller vers l'essentiel. Notons une fin qui dure plus de 100 pages. Insupportable. Je n'ai jamais ressenti une telle lassitude à la lecture d'un King...

 

Côté personnages, il n'y a que Jack qui soit vraiment intéressant ; il a peut-être bénéficié de l'empathie si particulière de King pour les adolescents. Ses compagnons de route, Wolf et Richard, ne sont pas désagréables. Par contre les méchants, car ils sont nombreux, sont risibles tellement ils sont ridicules...

 

Bref, une lecture difficile et frustrante. Pas sûr que je réitère l'expérience avec Territoires, la suite que les deux auteurs ont écrit quelques années plus tard...

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Je lis du Ketchum, et plus rien d'autre n'existe autour de moi. Je suis là physiquement mais si on s'adresse à moi, mes réponses seront :" hum humm", "ha ouaiiii", humm c'est sûr" ...trucs dans le genre, quoi. Et merde, je l'ai lu sur la journée et comme d'habitude je commence mon deuil d'avoir perdu un ami cher.

J'arrive. Cet homme a le Pouvoir et le Génie de t'embarquer en immersion absolue. Dès la première ligne. Son style d'écriture est simple, pas de chichis inutiles, à la portée de toutes et tous.
L'histoire, un peu moins. Droit au but.
Il sait jouer et étaler des faits simples (et malheureusement d'actualité, merde), et les transformer en pure dégueulasserie psychologique. T'es quand même proche de la Vraie Terreur. De page en page, c'est crescendo gogo.

Je ne dirai rien sur l'histoire en elle-même. Seulement qu'il émane de ce bouquin une profonde tristesse. Moins "trash" qu'Une Fille Comme Les Autres (tout dépend du ressenti personnel) mais côte à côte tout de même, mamma mia.

Le malsain/malaise est donc bel et bien là. Il plane et ne te quitte pas. Tu ne peux pas le délaisser des yeux, ce bouquin. Tu veux savoir jusqu'où l'innommable va aller.
La collaboration Lucky McKee/Ketchum fonctionne du Feu de Dieu.
Ces deux-là et King, Ils n'sont pas potes pour rien

Bref. C'est une histoire d'Amour, de fusion éternelle et d'humains qui ne savent plus ce qu'ils font.

Les voix se sont tues. Notre corps est fatigué, tellement fatigué. Nous regardons un instant en bas, vers l'entrée, puis nous finissons de grimper les marches, vers la chambre et la fenêtre. Et ce que nous trouvons au-delà de la fenêtre, est confortable et sûr. Une simple couverture au milieu de la nuit orageuse et sans étoiles, notre véritable foyer, dans cette maison familière que nous avons aimée, qui a été "chez nous" mais qui ne l'est plus, d'où tant d'amour s'est enfui. Si nous pouvions pleurer, nous pleurerions. Nous nous nichons là pour la dernière fois. La dernière...

PS : Le remerciement à Guillermo Del Toro, à la fin. Peut-être pour l'aura poétique qu'on retrouve dans ses films et qu'on retrouve ici même. Peut-être.

 

Carole MiaOou

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

J'avais découvert Christopher Priest avec son classique Le Monde inverti, il y a déjà pas mal d'années. Après une longue coupure, c'est le visionnage de l'excellent film Le Prestige qui m'a envoyé vers le roman original, dont il est l'auteur. Et c'est le bandeau "Prix Bob Morane", "Prix de la British Science Fiction Association", "John W. Campbell Award" qui m'a mené à nouveau vers lui.

 

Ce roman, si on peut l'appeler ainsi, prend pied dans l'Archipel du Rêve, qui a donné son nom à un autre roman, écrit en 1981. 32 ans plus tard, il y revient, avec un principe proche : des récits plus ou moins courts, interconnectés, qui tissent une toile narrative complexe, une toile au sein de laquelle sont nichés des morts mystérieuses, des phénomènes inexpliqués, sous couvert d'un guide de voyage consacré à certaines îles remarquables, parmi les milliers que compte l'Archipel. Si l'on est dans une zone géographique, voire une dimension fantasmée, l'époque décrite est proche de la nôtre, du fait, par exemple, de l'existence d'internet. Il y a quelques personnages, dont certains sont récurrents : des artistes, des journalistes, des personnages politiques, qui sont quasiment inoubliables. Tout n'est pas résolu, tout n'est pas dévoilé, loin de là, dans cet opus, et nul doute que la lecture de l'Archipel du Rêve constitue un complément plus qu'utile.

 

Cependant la lecture des Insulaires se révèle au pire enthousiasmante, au mieux, galvanisante. Plusieurs récits encapsulés ont la densité et la qualité de vrais romans, et l'écriture de Priest, traduite avec brio par Michelle Charrier, permet de passer un excellent moment de lecture de ce livre-univers. Il va falloir que je me penche sur plusieurs autres de ses récits.

 

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Dans un futur pas si lointain, les planètes colonisées par la Terre se sont rebellées. Au prix d’une guerre sanglante, les colonies ont acquis leur indépendance.
Un siècle a passé sous l’égide d’une paix qui semble désormais durable. Néanmoins, un incident inexplicable frappe un transport de troupes de la flotte coloniale, scène d’ouverture pour le moins prometteuse qui ouvre sur pas mal de questions. Cela pousse les militaires qui dirigent la Confédération des Planètes Colonisées à déclencher le plan « Guerre Spéciale » afin de parer à toute menace. L’enjeu : dénicher au sein des jeunes générations les ados dotés d’un potentiel secret susceptible d’être porté à son plus haut niveau, via un entraînement au sein de l’académie militaire.

 

J'ai vu deux filiations dans le roman de Mauméjean : les romans SF de Robert Heinlein et Joe Haldeman, centrés sur la guerre, mais aussi la Stratégie Ender, d'Orson Scott Card, dans lequel on forme des jeunes (très jeunes) recrues à attaquer des extraterrestres, et qui se passe au sein de l'académie militaire. C'est aussi le cas pour la Guerre spéciale, qui a pour héros un trio d'aolescents canonique : le musclé pas très malin, la petite asiatique qui fait tourner les têtes et battre les coeurs, et le petit malin, issu des couches les plus modestes. L'atmosphère scolaire est habilement construite, entre gentils enseignants et figures d'autorité, voire de terreur.

 

Mais... Mais on attend presque tout le roman que le récit prenne son envol, après un prologue un peu alléchant, où l'on voit un officier abattre froidement tous les occupants de son bâtiment. Mauméjean semble coincé entre l'hommage à ces patriarches de la SF et le roman "de commande", qui se doit de rester dans certains clous. oh bien sûr, on a quelques éclairs, sur l'importance de la connaissance, sur l'obéissance militaire, mais cela reste fugace. Et la fin est d'une platitude absolue, venant achever le sentiment de déjà-vu qui caractérise le roman. Un lecteur adulte, ou chevronné sur la SF, s'ennuiera une bonne partie de sa lecture. En revanche, un jeune lecteur (à partir de 11 ans) y trouvera un récit sympathique, didactique sans être chiant, et indéniablement bien écrit.

 

Spooky

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Il m'est arrivé de participer à des campagnes de crowdfunding, sur ulule ou ailleurs, souvent sur des projets auxquels je croyais, et le hasard a la plupart du temps bien fait les choses. Une fois de plus, avec Darryl Ouvremonde, la pioche fut bonne. Il faut dire que les noms associés avaient de quoi allécher. Rémi Guérin, scénariste au nez creux du "manga français" City Hall, Nicolas Mitric, qui préside actuellement, entre autres, aux destinées de la saga intergalactique Kookaburra. Mais surtout Olivier Péru, qui a commencé entant qu'auteur de BD avec son frère Stéphane, avant de se consacrer à l'écriture, d'abord en BD, avec entre autres Zombies, mais également dans le roman, avec les très réussis Druide et l'ambitieux Martyrs.

 

Darryl Ouvremonde est sa création, en quelque sorte son message d'amour à son cadet Stéphane disparu subitement il y a quelques années. Un récit qu'il a écrit dans son coin pendant 7 ou 8 ans, avant d'en parler à ses deux compères précités, avec lesquels il a lancé un studio de création, Termites Factory.

 

Darryl Ouvremonde est un livre-monde. Il comporte 600 pages pour le roman, et de nombreux bonus dont je parlerai plus loin.

 

Collégien à Montréal, Darryl semble être un adolescent ordinaire.

Il fugue pourtant toutes les nuits... C'est qu'il a fort à faire dans l'Ouvremonde, où il exerce le métier de journalyste. À dire vrai, il n'est encore qu'apprenti, mais grâce à son courage et son pouvoir sur les Glyphes liant les mondes entre eux, Darryl compte bien écrire un jour pour le Veilleur, le quotidien le plus respectable de l'Ouvremonde.

À ses yeux, une enquête, c'est une quête ! Hélas, dans certaines quêtes, il arrive qu'on perde un peu plus que des plumes. C'est ce que risquent de découvrir Darryl et son maître, le célèbre Tortup, dont le mauvais caractère n'a d'égal que le talent pour le scoop.

Leur prochain artycle les entraîne tous deux sur l'île de Croque-Corbeau car une insaisissable rumeur prétend que les habitants de ce triste bout de terre ont disparu en une nuit. Qu'y a-t-il à découvrir là-bas où jamais personne n'a écrit un bon papier ? Rien de moins qu'un mystère qui pourrait changer l'Ouvremonde... et le nôtre.

 

J'ai ADORE ma lecture. Encore une fois Olivier Péru nous fait profiter de sa plume élégante et agile. Son univers est bien posé, très cohérent en termes de créatures et de decorum, et ses personnages sont riches et complexes. J'ai beaucoup aimé les deux adolescents dont on suit les aventures en parallèle dans les deux mondes, puis lorsqu'ils sont réunis et à nouveau séparés. J'ai eu peur à un moment qu'on se retrouve avec un groupe un peu trop fourni de héros, à l'image de Goonies (une influence citée dans le roman), mais il n'en est rien, on perd peu de vue les deux personnages principaux.

Il y a beaucoup d'autres références à la pop culture dans Darryl Ouvremonde : Resident Evil pour certaines ambiances et personnages zombiesques, Les livres dont vous êtes le héros pour certains passages dans le Monde blanc, ou encore la série videoludique des Zelda pour qualifier le decorum typiquement fantasy de l'Ouvremonde. Les plus grands créateurs sont également cités : HP Lovecraft, Stephen King (pour son cycle de la Tour sombre) ou encore Tolkien, sans parler de George Romero, le cinéaste amateur de zombies qui nous a quittés il y a peu... Que des bonnes références donc, pour un one-shot qui fait rêver, voyager, et même un peu réfléchir avec la postface de Péru, qui replace l'ensemble dans son histoire personnelle.

 

Il y a donc quelques bonus de qualité, comme des nouvelles, prenant pied dans le même univers, écrites par Patrick Mc Spare, compère de Péru sur la série des Hauts Conteurs (une histoire policière très bien menée), Jean-Luc Cano et Rémi Guérin, lequel se met dans la peau du regretté Stéphane Péru. On trouve ensuite une galerie conséquente des portraits de Princes architectes, des portraits sans doute inspirés par des amis des auteurs. Une demie-douzaine d'illustrateurs a participé en livrant des illustrations disséminées dans le roman (mélangées à celles de Péru). L'ensemble est juste magnifique. Il y a également des tas de fanarts de "copains", avant que l'ouvrage se termine par la liste complète des ululeurs ayant participé au financement et les remerciements de Guérin et Mitric.

Grande qualité donc, que je vous invite à découvrir via le lien ci-dessous. Pour lire le roman, il fallait hélas faire partie des 850 souscripteurs. Peut-être y aura-t-il un jour une réédition dans le circuit commercial classique, ou même une adaptation au cinéma ? En tous les cas, vous serez prévenus.

Pour en savoir plus, vous pouvez aller sur la page ulule du projet. a noter qu'il a été financé en 13 minutes et 20 secondes, ce qui doit en faire l'un des projets les plus rapidement financés sur la plate-forme.

 

Spooky.

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