Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
...:::Ansible:::...

...:::Ansible:::...

Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

livres

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

 

Les terres de Falanor sont attaquées par une armée de guerriers albinos. Un petit groupe de survivants s’échappe pour prévenir le roi Leanoric de l’invasion. Composé du légendaire héros Kell, de sa petite-fille Nienna et son amie Katrina, ainsi que de Saark, l’ancien champion du roi, disgracié après son aventure avec la reine. Faisant route vers le sud, le groupe est assailli de tous côtés par des créations monstrueuses qui drainent le sang de leur victime pour le ramener à leurs maîtres, des créatures mi-vampires, mi-machines. Ce sang est raffiné pour devenir de l’huile-de-sang, qui est pour eux semblable à un combustible alimentant leur corps mécanique et leur donnant l’immortalité. Mais alors que Falanor tente de repousser l’invasion, Nienna découvre la vérité sur son grand-père Kell : la légende qui fait de lui un héros semble bien plus belle que la réalité, ou bien pire…

 

Voilà un roman qui puise à plusieurs sources. La première d'entre elles est bien sûr le Légende de David Gemmell, maître-étalon de la dark fantasy de ces dernières années. Comme Druss, Kell est un ancien guerrier légendaire qui espérait couler une retraite tranquille, mais qui va devoir reprendre les armes pour sauver son roi, mais aussi et surtout sa petite-fille. Cet élément est nouveau, car souvent on nous dit que le vieux guerrier est... vieux, sans toujours préciser son âge. Ici la légende guerrière est grand-père d'une jeune fille de 17 ans. Il est doté d'une arme vivante, capable de prendre le dessus s'il le lui autorise. Et dans ces conditions, Kell est invincible et immortel, comme les héros de certains romans de Moorcock, autre figure essentielle du genre, mais plus ancienne.

 

Ces éléments relèvent de la fantasy, mais d'autres sont à rapprocher du steampunk, puisque Kell se retrouve aux prises avec des créatures génétiquement et/ou mécaniquement modifiées. Mais parfois ces modifications échouent, et engendrent des monstres mécaniques, de monstrueuses choses dont les chairs sont truffées de mécanismes, de rouages... Il me semble qu'Andy Remic n'a pas encore vraiment exploité cet aspect de son univers, et je suis curieux de voir comment les Chancres (comme sont appelées ces aberrations) seront utilisées dans la suite de la trilogie.

 

Un autre élément surprenant est la présence de vampires. Pas des vampires "biologiques", si j'ose dire, mais issues elles aussi de manipulations : leurs crocs sont commandées mécaniquement, et le sang qu'elles prélèvent serviront à un brassage  qui leur premettra de vivre.

 

En parallèle des aventures de Kell et les siens, nous suivons également le parcours d'Anukis, jeune femme du clan des Vachins, d'où sont originaires ces "vampires d'airain". Son père est l'"inventeur" de ces vampires mécaniques, mais il a disparu depuis quelques temps et c'est l'objet de sa quête, dont elle ne sortira bien sûr pas indemne.

 

L'univers dans lequel évolue le récit est dur, les personnages sont cruels et sans merci, et l'on assiste à de nombreux combats. En cela ces Chroniques des Vampires d'airain s'approchent de l'esthétique et de la thématique de l'univers Warhammer (célèbre jeu de rôle, pour ceux qui ne connaîtraient pas). Même si l'ensemble n'est pas très original, Remic arrive, grâce à son savoir-faire d'écrivain, à insuffler un véritable rythme à l'ensemble. Il sait aussi garder une part de mystère, concernant par exemple les Moissonneurs, qui semblent aider les Vachins dans leur incessante quête de sang humain.

 

La suite, que j'attends de pied ferme avec ma hache, permettra sans doute de dire si cette trilogie se détache du lot. Tiens au passage, je trouve la couverture française bien meilleure que l'originale ci-dessous, qu'en pensez-vous ?

 

Spooky.

 

 

 

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://www.coeurdejade.com/local/cache-vignettes/L196xH300/rubon2-0091b.jpg

 

IIIème siècle avant J.C, en Chine

Dans un petit village des Royaumes Combattants pillé par des brigands, la jeune Su Yi voit sa famille massacrée sous ses yeux. Mais sa destinée n’est pas de finir prisonnière d’une bande de ruffians, car elle est porteuse d’une marque sacrée… Sauvée par le puissant dragon Dao Long, elle signe un pacte avec lui.

Désormais, sous le nom de Coeur de Jade, la fille du Dragon va parcourir les Royaumes en quête de vengeance.

Mais quelques années plus tard, des forces maléfiques menacent le pays : qui sont donc ces mystérieux inités de la secte des Masques ? Pour les contrer, Coeur de Jade doit renouer avec d’anciens compagnons de route, l’impétueux guerrier Xian et l’exorciste Trois Vérités, et affronter les fantômes de son passé...

 

S'inscrivant comme les films Tigre et Dragon et Le Secret des poignards volants, dans le genre du Wu xia Pian (si vous connaissez ces films, vous voyez tout à fait), cette trilogie de romans nous transporte dans la Chine antique, sur les pas d'une jeune chasseuse de primes devenue célèbre et ses amis. Dans ce premier tome elle est accompagnée d'anciens complices et d'autres aventurières au passé mystérieux. C'est à une véritable plongée dans cette époque que nous invite Kristoff Valla, ancien scénariste de jeux video s'inscrivant dans le même univers. Dans une société empreinte de mysticisme, au coeur des Sept Royaumes Combattants, nous voilà transportés au Zhong Guo (littéralement "pays en guerre") d'il y a plus de 2000 ans. L'action est ultre-présente dans le récit, nous assistons à une multitude de combats, diablement chorégraphiés (mais pas surréalistes come dans les films déjà cités), et on sent que l'auteur connaît bien son sujet, qu'il y est très à l'aise. 

 

Les atmosphères sont bien campées, les personnages que l'on rencontre gardent -de façon habile la plupart du temps- leur part de mystère, et leur quête est bien menée. Cependant, assez peu sensible au Wu Xia Pian, j'ai eu un peu de mal à rentrer dans cet état d'esprit assez exotique. J'aurais aimé que l'auteur rentre un peu plus dans la vie courante, dans les traditions ou les légendes inhérentes à cette époque. Mais pour pallier à ce manque, il y a des annexes de qualité, décrivant justement le contexte géopolitique, le panthéon local et -entre autres- un lexique succinct. Des bonus de qualité, qui attireront à coup sûr de nombreux lecteurs parmi les adolescents auxquels cette trilogie est destinée. Une partie de ces bonus, ainsi que la couverture et le site internet dédié, bénéficient des illustrations magnifiques de Marc Simonetti. Subtiles, jouant plus sur les ombres et la suggestion que sur l'évidence, elles servent à merveille l'univers de Coeur de Jade.

 

Spooky.

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://extranet.editis.com/it-yonixweb/images/PLO/P2/9782259211192.gif

 

De nos jours, les media se font l’écho d’un évènement hors du commun. Les glaces du Groenland, sous l’effet du réchauffement climatique, ont libéré un U-boot, prisonnier depuis la seconde guerre mondiale. Cette annonce de mauvais souvenirs chez Oskar Manstein, philologue émérite de l’Université de Berlin. Avec l’aide de son disciple John Ackroyd, lui aussi spécialiste de langues orientales antiques, il entre en contact avec les autorités américaines, qui complotaient afin d’arriver à cette situation.

Car le sous-marin recèle un terrible secret : le journal de bord d’un savant, maître à penser de Manstein, qui faisait donc partie d’une mission ultra-secrète partie en 1941 en quête du mythe du surhomme sur le site de Thulé. Décodé par l’honorable vieillard, le journal livre donc l’effroyable horreur à laquelle dut faire face l’expédition von Mullendorf dans les glaces du grand Nord, et à laquelle Jack et plusieurs autres vont devoir à leur tour être confrontés…

 

Ecrit par Romain Garnier, lui-même philologue (spécialiste des langues), L’Héritage de Glace est un thriller compact, qui recèle de nombreux éléments, reflétant la grande érudition de son auteur. Certains passages, passionnants, ont leurs revers.

D’abord un problème de rythme se fait rapidement jour. La période pendant laquelle les deux universitaires décryptent le journal est expédiée en une petite vingtaine de pages, alors qu’elle aurait mérité sans doute plus de place. Il est probable que l’auteur –guidé ou pas par son éditeur- ait voulu éviter d’embrouiller le lecteur par un langage trop technique, ce qui est louable dans l’esprit, mais je pense que Romain Garnier avait les capacités de nous proposer un récit intéressant. Bien sûr la séquence suivante est consacrée à la restitution de ce journal, une séquence ma foi plutôt réussie puisque l’on se retrouve peu ou prou dans le sous-genre lovecraftien, du moins sur le plan du thème puisqu’on n’atteint pas la dimension gothico-paranoïaque des écrits du reclus de Providence.

 

Je l’ai dit, le roman est compact, dense. Les chapitres, de taille à peu près classique, sont découpés en longs paragraphes ; trop longs parfois. Quelques respirations liminaires eussent été de bon aloi pour une lecture un peu plus agréable.

 

Les expérimentations nazies avant et pendant la guerre ont créé une sorte de mythe, de légende urbaine les concernant. Du Groenland au Tibet, Hitler aurait envoyé des hommes à la recherche de l’immortalité, de la toute-puissance afin d’assurer les mille ans du IIIème Reich. Romain Garnbier récupère donc cette posture et parle de nombreux mythes indo-européens. Intéressant, mais désordonné parfois.

De même qu’une romance avec une agent de la CIA est amorcée au début du roman ; la façon dont elle est décrite est un peu maladroite. Il en est de même dans une scène de controverse entre sciences dures et sciences molles. L’auteur a probablement mis beaucoup, peut-être trop, de sa personne, de ses opinions, dans le personnage de Jack Ackroyd et ses relations à autrui. Dans ses prochaines aventures –et nul doute qu’il y en aura vue la façon dont le roman s’achève- il faudra mieux doser sa personnalité et prendre du recul.

 

En définitive, un roman intéressant, dense, mais un peu maladroit par moments.

 

Spooky.

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

http://fedeylins.kaweb.fr/dmediafiles/biblio/gt1.jpg

 

Etre fedeylin, c'est accepter.

Accepter de sortir de sa bulle le jour de l'éclosion, et rejoindre la rive de son peuple après avoir traversé la mare et ses divers dangers.

Accepter de grandir, de faire l'apprentissage d'une caste prédéterminée jusqu'à devenir adulte et passer ensuite sa vie à travailler au sein de cette caste.

Accepter que la paix fragile entre fedeylins et gluants soit émaillée d'accidents regrettables.

Accepter les raids meurtriers des migrateurs.

Accepter, lors du passage à l'âge adulte, que l'un des Pères, garants de l'équilibre du peuple fedeylin, parachève l'extraction de ses ailes lors d'une cérémonie à laquelle assiste l'ensemble de son peuple.

Mais Cahyl, seul survivant de l'une des pontes de sa mère, ne pouvait accepter tout cela. Né sans marque, toute sa jeunesse n’a été que mensonges et dissimulations. Doté d’une faculté d’empathie sans précédent ou presque, il pouvait lire dans l’esprit de ceux qui l’entouraient, qu’ils soient fedeylins ou gluants. Et puis Cahyl, qui avait peu d’amis, se lia avec Glark, le gluant qui l’avait sauvé des poissons le jour de son éclosion. Une amitié qui le poussera à commettre l’irréparable.

 

J’ai démarré ce roman avec des doutes : un premier bouquin de fantasy, genre ultra-balisé et bouchonné, une jeune romancière qui avait fait ses armes sur un forum d’écriture et de béta-lecture… Le récit débute cahin-caha, on a du mal à comprendre qui sont les Fedeylins, s’il s’agit de créatures originales ou d’allégories de libellules, par exemple… Et puis je me suis pris au jeu. Ce récit à la première personne, dans l’esprit de Cahyl, permet une immersion profonde dans la société fedeylin, dont l’organisation en castes révèle la rigidité. Et Cahyl, différent, contraint à la discrétion, voire à la marge, mais aussi à la pluridisciplinarité dans son apprentissage, nous propose un panorama assez complet de celle-ci. La naïveté initiale du héros, si elle peut être irritante pour un lecteur adulte au départ, permettra à un adolescent d’appréhender le monde à travers un prisme original. Et Cahyl est suffisamment intéressant et logique pour que l’on s’identifie à lui.

Le récit avance donc bien, jusqu’à un rebondissement énorme, en contrepoint à la cérémonie du mudeylin (passage à l’âge adulte), qui est mené de belle façon, et donne vraiment envie de lire la suite des aventures de Cahyl et de son ami Glark.

 

 

Spooky

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://www.audiable.com/Resources/titles/84626100432190/Images/84626100432190L.gif

 

Mes contacts avec les éditeurs de l'imaginaire m'amènent parfois sur des sentiers non battus, vers des ouvrages auxquels je ne jetterais peut-être même pas un seul coup d'oeil, mais qui s'avèrent intéressants, pour telle ou telle raison.

 

C'est le cas de ces Nouveaux nouveaux mystères de Paris. Pourquoi ce titre ? C'est presque une provocation de l'auteure, Cécile Vargaftig, qui cherchait un titre classique, référentiel, et comme Les Nouveaux mystères de Paris étaient déjà pris par Léo Malet pour une série de romans policiers, elle en a simplement mis une couche.

 

Mais de quoi cela parle-t-il ? De frédérique, alter ego de l'auteure, qui se retrouve dans une drôle d'histoire de voyages dans le temps et de passe-murailles dans son Paris chéri.

 

Mais ce roman, c'est bien plus que ça. D'abord nous avons Frédérique, scénariste pour la télévision et accessoirement lesbienne, qui essaie d'influer sur son destin, qui rencontre Manuelle, jeune fille un peu paumée, d'une chatte, Paquita Valdès, qui dialogue avec ces personnages, mais aussi -tenez-vous bien !- avec l'auteure elle-même. Bien plus que l'alibi d'une intrigue qui finalement tient sur une feuille de papier à cigarette, le roman nous présente une mise en abyme du métier d'écrivain, puisque Cécile Vargaftig nous fait régulièrement part de ses doutes, de ses trous d'inspiration, elle-même s'en ouvre à ses personnage, à la chatte entre autres, qui explique entre deux secouages ou griffures d'auteure que les chats ont beaucoup oeuvré pour la littérature, littéralement. L'exercice pourrait tourner jusqu'au vertige, mais Cécile Vargaftig parvient à maintenir un équilibre précaire pour que le lecteur ne se perde pas, elle a conscience du caractère bancal de sa narration, de la façon dont son humeur et même sa vie privée influent sur son écriture, et nous livre ses pensées dans un exercice qui fait fortement penser à de l'écriture automatique. Elle met aussi dans son récit des bouts des bouquins qu'elle lit pendant ce temps, ce qui rajoute un niveau de lecture supérieur. Si je vous parle un peu en détail de tout cela, c'est que l'écriture, et ses affres, sont le véritalbe sujet du bouquin.

 

L'élément fantastique est un buffet Henri II, tranquillement placé dans un appartement de l'est de Paris, qui permet, lorsqu'on se couche à l'intérieur, de voyager dans le temps. L'auteure ne s'embarrasse pas d'explications techniques, visiblement pas à l'aise avec le genre, mais s'attache à entremêler ces différents niveaux de narration.

 

Roman semi-autobiographique, roman sentimental avec des morceaux de fantastique dedans, essai informel sur l'art d'écrire, il est difficile de classer cet ouvrage, et Cécile Vargaftig en est bien consciente. ce côté fourre-tout est d'ailleurs l'identité la plus prégnante du bouquin, plutôt intéressant. une véritable curiosité.

 

Spooky.

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres
http://www.ombres-blanches.fr/Visuels/642/9782075013642_1_75.jpg
Lors d'une mission particulièrement éprouvante, Ombe sauve la vie d'un loup-garou. Elle ne l'aurait peut-être pas secouru si elle avait su qu'elle en tomberait amoureuse... Car son corps a beau être incassable, son coeur, lui, ne l'est pas. 

Ce quatrième tome de la saga a quelque chose de très particulier, et représente à lui seul un tournant dans la série, même s'il n'était pas pensé comme tel. Il s'agit en effet du dernier livre écrit par Pierre Bottero avant son décès. Un livre publié tel quel, sans retouches, et c'est surtout là où qualitativement on se retrouve face au talent de cet auteur, capable de proposer dès le premier jet une histoire avec un rythme nerveux, centrée autour d'une héroïne à la personnalité forte mais non moins emprunte de faiblesse.

Même si j'apprécie les facéties et le côté un peu geek-magicien de Jasper, j'avoue avoir dès le début préféré les aventures d'Ombe, et ce même si le tome 3, et même ce tome 4, permettent de creuser un peu plus la personnalité de Jasper, et les faiblesses derrière sa maladresse. Ombe est un personnage original, doté d'un background mystérieux et relativement sombre, ce qui en fait d'emblée une personnalité attirante, voire attachante.

Le ton est ici plus adulte, plus urbain également, Ombe nous offrant comme pour le tome 2 une histoire qui dévoile davantage la noirceur de l'univers dans lequel évolue les deux héros. Une histoire qui voit de nouveaux doutes se former, vis à vis de certains personnages secondaires tout d'abord, mais aussi vis à vis de ce qu'est réellement Ombe. Le style de Bottero amène ces différents éléments de main de maître, sans ambages mais avec un rythme haletant, qui prend encore de l'ampleur à quelques pages de la fin.

Chapeau bas Monsieur Bottero, j'ai découvert votre plume avec cette série et à la lecture de ce dernier texte, je sens que je vais rapidement prendre plaisir à découvrir vos oeuvres passées, à défaut de pouvoir un jour en lire de nouvelles.

Souhaitons à Erik L'Homme de reprendre avec panache la suite des aventures des deux héros, mais je n'ai pas vraiment de doutes à ce niveau.

 

 

Vladkergan

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://www.imaginelf.com/wp-content/uploads/2011/02/d-or-et-d-emeraude-holstein.jpg

 

Voilà un étrange roman...

 

Cela débute un peu comme un roman initatique, avec l'histoire de Simon, 25 ans, français adopté en Colombie, qui décide sur un coup de tête de partir à la recherche de ses origines pour y trouver un destin hors du commun. Une seconde partie nous met sur les traces du lieutenant-général Quesada, officier espagnol parti conquérir un empire, celui des Muiscas, dans les années 1540, dans des contrées qui deviendront plus tard la Colombie. Quant à la troisième partie, c'est elle qui jette le trouble chez le lecteur, puisque nous sommes à une époque contemporaine, mais que les pays, les institutions ne sont pas les mêmes, alors que cette société est elle aussi héritée de l'empire chibcha, dont l'ethnie muisca fait partie...

 

Trois parties distinctes donc, où, vous l'aurez peut-être compris, l'auteur joue le jeu délicat de l'uchronie et du paradoxe temporel. Car oui [SPOILER], la première et la troisième sont clairement deux orientations différentes d'une même histoire, deux conséquences possibles d'un évènement qui eut lieu au creux de l'Amérique latine dans les années 1540.[/FIN SPOILER]

 

Eric Holstein a une plume très agréable. La première partie, contemporaine, nous emmène dans une Bogota très évocatrice, peuplée de mille détails visuels, sonores et olfactifs, sur les pas d'un jeune homme un peu perdu à la recherche de son passé. Au passage Holstein a su s'emparer du sujet délicat de l'adoption (internationale) de façon aussi sobre que bien informée, au point que je me suis demandé si ce n'était pas simplement un pan de sa vie qu'il nous racontait... Un grand bravo donc pour cette partie, réellement très réussie.

 

L'entame de la deuxième m'avait un peu désarçonné, avec son vocabulaire qui, s'il est adapté à l'époque dépeinte (le XVIème siècle, je le rappelle), n'en était pas moins un peu chaotique. mais au bout de quelques pages l'auteur rectifie le tir, s'attachant plus à décrire l'atmosphère et les paysages que traversent ces Conquistadores dans un pays hostile. L'immersion est presque totale par moments, et je me suis pris au jeu, me demandant comment ces deux parties pouvaient s'articuler. A noter que le livre tourne autour de la légende d'El Dorado, celle d'un roi chibcha, surnommé Zipa, qui se faisait recouvrir de poudre d'or (adhérant à sa peau grâce à une résine spéciale) qui se faisait immerger dans une lagune penddant que ses sujets jetaient ors et bijoux dans cette même étendue d'eau. Une légende qui a fasciné chercheurs, historiens et auteurs...

 

Et puis la troisième partie, elle aussi écrite sur un ton moderne, accentue le caractère d'étrangeté de l'ensemble, il m'a fallu un peu de temps pour comprendre que le lien entre les trois parties était sous-jacent, mais complètement intime. L'articulation dans cette partie se fait grâce à un bouquin, un paradoxe temporel qui m'a rappelé un peu les ressorts du formidable roman d'Andreas Eschbach Jesus video (tiens, il faudrait que je retrouve la chronique que j'avais écrite à l'époque).

 

A son exercice -assez brillant par encroits-, Holstein a rajouté, via des annexes, quelques éléments donnant des clés de lecture. D'abord un article issu de la revue Histoire qui amorce le "et si..." qui sous-tend toute une partie du roman, mais aussi un lexique permettant de comprendre un certain nombre de termes muiscas, que Holstein utilise massivement. Une bibliographie, de Bolivar à Clara Rojas (oui, la secrétaire d'Ingrid Bétancourt), ainsi qu'un site-projet d'étudiants ayant tenté de reconstituer le vocabulaire muisca.

 

Un bouquin un peu inattendu, aux atmosphères réussies, qui mérite une belle exposition.

 

Spooky.

 

 

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres
http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTljIpEZGucpXW1_9zZmRaCL0MtCfDRVqJeC0Un_RJPFtnJduoNWA
Après sa chronique du tome 2 de la série, l'ami Vladkergan nous propose la suite.

Persuadé qu’Ombe est en danger, Jasper part à sa recherche avec son compagnon Erglug, un troll à l’humour décapant. Catapultés au Moyen Âge par un sort du mage Siyah, les deux amis devront conjuguer leurs talents pour sortir de cette mauvaise farce !
 
Après deux tomes qui présentaient l’univers et les deux protagonistes de la série, voici venu le troisième tome, qui nous permet de retrouver Jasper, le jeune agent-stagiaire de l’Association. Après avoir tenu tête à un démon et un vampire, voici que notre héros, en théorie sur le banc de touche, va se retrouve plongé malgré lui dans un nouveau guêpier, rapidement flanqué d’un troll pour le moins spirituel.
 
J’avais moins apprécié le tome 1 de la série, qui me semblait trop alourdi par son humour potache. Les calembours et autres jeux de mots dont Jasper à le secret sont à nouveau bien présents, mais de manière plus espacée, ce qui permet de davantage se concentrer sur les pouvoirs du héros et ses aventures. Aventures qui risquent fort de lui faire reconsidérer l’attirance qu’il possède pour Ombe.
 
L’univers puise à nouveau dans les contes et légendes, faisant intervenir trolls, magiciens, garous et autre vampire, mettant sur pied un univers très typé urban fantasy, avec un je ne sais quoi de plus qui donne un esprit assez à part à la série, sans doute son orientation jeunesse, pleinement assumée, mais qui n’en fait pas moins une lecture agréable à tout âge.
 
Peu à peu, les trames sous-jacentes lèvent leur voile d’ombre, et on sent bien plus pointer ici un futur sombre, la menace représentée par les Paranormaux qui ne veulent pas rentrer dans le rang semblant croître au fil des pages.
 
En tout cas, un tome qui continue avec un certain brio la série, et me semble même supérieur au premier tome, dont il est la suite directe, au moins par son narrateur.

Vladkergan

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://www.stephenking999.com/local/cache-gd2/5f09c57b24af3af30ec9a3ed22e3cd3c.jpgLe Dôme : personne n'y entre, personne n'en sort.

 

Si vous avez lu mon billet sur le tome 1, vous savez que le Dôme enserre toujours Chester's Mill, petite ville du Maine, la coupant irrémédiablement du reste du monde. Permettant à un dictateur d'opérette de faire régner la terreur dans la ville. Obligeant les habitants à jouer la seconde partie d'une tragédie en deux actes. Les morts s'accumulent, les émeutes couvent, et ceux qui pourraient mettre fin à cette mascarade -ou du moins ramener un semblant de calme- se retrouvent soit à l'ombre, soit six pieds sous terre, quand ils ont la chance d'être enterrés.

 

Le Dôme du titre, dont King ne parle presque plus directement pendant une bonne partie du roman, préférant se concentrer sur les conséquences de sa présence sur les résidents de Chester's Mill. Son action lente mais insidieuse, sur chacun d'entre eux. L'air, privé de vent et de pluie, devient de plus en plus malsain, en plus d'une chaleur croissante (alors que l'on est en plein automne). Certains, désespérés, décident de mettre fin à leurs jours ; d'autres sont pris d'une folie meurtrière ; d'autres encore abusent de leur position de pouvoir -instituée par le tyran à deux euros- pour commettre les pires exactions. De nombreux évènements émaillent la nouvelle vie de Chester's Mill. Des discours pompeux, des retrouvailles organisées par les autorités -les vraies- de part et d'autre du Dôme, sous l'oeil compatissant du monde entier via la télévision.

 

Je l'ai dit, c'est une véritable étude entomologiste que nous propose King. Chester's Mill dépasse le millier d'habitants, et même si une demie-douzaine d'entre eux représentent un véritable enjeu dans le récit, ils sont tout de même plus de 60 à interagir de façon plus ou moins importante. Pour qu'on puisse tous les suivre, l'auteur découpe son récit en chapitres courts -parfois moins d'une page, le plus souvent moins de 10- en essayant de faire avancer leurs arcs narratifs respectifs de façon presque parallèle, le plus souvent. Il y a pourtant un manque, voulu. Celui, celle ou ceux qui a/ont installé le Dôme est/sont le(s) seul(s) personnage(s) dont on ne sache rien pendant toute la durée du récit. Ou pas. Le lecteur lambda n'est cependant pas trop perdu parmi cette foule de personnages, l'auteur rappelant régulièrement, pour les personnages secondaires du moins, quelle est leur fonction ou leur statut.

 

Une note négative cependant, un petit carton jaune pour l'éditeur français, Albin Michel. D'abord le sous-titre présent sur les deux couvertures... Ces "Roman 1" et "Roman 2" qui ne signifient pas grand-chose, puisqu'il s'agit des deux tomes d'un seul et même roman, et que le second n'est pas compréhensible sans le premier et vice-versa. Dans le même genre, la tomaison n'apparaît pas sur la tranche des deux gros bouquins, ce qui est un peu gênant quand on les range de façon classique. Le second point un peu négatif concerne la traduction. Sans retirer à William Olivier Desmond la qualité de son travail, et ce, depuis de longues années, il me semble qu'il y a eu un peu de précipitation. Quelques fautes de frappe, d'orthographe -ce qui n'arrive JAMAIS dans une traduction de King- mais aussi des petits passages dont la compréhension est obscure. Cela n'impacte absolument pas la lecture ni la bonne compréhension de l'ensemble, mais m'a fait tiquer, ainsi que d'autres lecteurs. Des errements mineurs inhabituels, qui auraient pu être évités avec une relecture supplémentaire je pense ; si la parution des deux bouquins (1 200 pages, je vous le rappelle) avait été décalée d'un mois, je pense que cela n'aurait pas posé de problème envers le lectorat potentiel.

 

Dôme est donc une lecture intense, avec beaucoup de morceaux de bravoure, qu'ils concernent une foule immense, un jeune garçon au bord de la mort ou deux junkies croyant se faire les messagers de Jésus. King manie à merveille l'exercice dramatique, et les pages que j'ai tournées sont riches en émotion. La fin est bien sûr importante, et elle laissera sans doute beaucoup de lecteurs frustrés, mais je ne dirai pas pourquoi, sinon je vous dévoilerais tout, alors que le but de mon double billet est justement de vous inciter à lire ce pavé. Deux fois 22 euros, c'est une grosse dépense, mais le plaisir de lecture est bel et bien là. Le King est bel et bien de retour.

 

 

Spooky.

 

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://crepusculaires.files.wordpress.com/2011/02/dome1.jpg

 

Tout comme je me fais de temps en temps des "sessions" Tolkien, il arrive que parfois je me retrouve à lire plusieurs ouvrages d'un même auteur. En ce moment c'est Stephen King qui y a droit, puisqu'après avoir achevé la lecture de l'adaptation de La Tour sombre en comics (ou plus exactement l'adaptation de l'un des arcs narratifs de cette série), je me suis lancé dans la lecture d'American Vampire, premier comic spécifiquement écrit par le King. Et puis, actu oblige, j'ai attaqué la lecture de Dôme, son énorme diptyque de 1 200 pages dont les premiers échos ont été assez positifs. Par exemple l'ami Shanaa, lui aussi kingophile devant l'Eternel, en dit le plus grand bien sur son blog. N'ayant pas la prétention d'en parler aussi bien que lui, je vais tout de même tâcher de vous en toucher deux mots.

 

Imaginez Chester's Mill, petite ville tranquille du Maine, mais typique des villes à la King, comme la défunte Castle Rock, qui est d'ailleurs voisine de ladite localité. c'est à dire avec des habitants ayant souvent des blessures secrètes, des vices cachés, des politiciens véreux, des commerçants honnêtes ou pas. Une petite ville qui du jour au lendemain, sans crier gare, se retrouve entièrement isolée du reste du monde par un dôme transparent mais impossible à percer. Du coup la petite société qu'est Chester's Mill va devoir se réorganiser, les ennemis d'hier vont devoir collaborer, plusieurs drames vont faire prendre conscience aux habitants que l'heure est grave... La ville est donc mise sous cloche, et cette micro-société va donc devoir évoluer, survivre, avec ses forces et ses faiblesses, et peut-être, qui sait, un ver dans le fruit...

 

J'ai dévoré ce premier tome. 630 pages en une semaine, je crois que je n'ai plus fait ça depuis plus de 15 ans. Le King est de retour avec ses tripes et son stylo (ou son clavier) d'enfer. Le roman est d'une extrême maîtrise, on y retrouve beaucoup de choses qui font que l'auteur a été le plus vendu au monde pendant je ne sais combien d'années. On retrouve plus ou moins l'ambiance du cycle Castle Rock (titre officieux et purement de mon invention), c'est à dire un univers se réduisant presque à une petite ville de quelques milliers d'habitants, de nombreux personnages dont les destins vont se croiser, pour le meilleur et peut-être pour le pire (surtout pour le pire, avec King, c'est souvent le cas), un dosage parfait entre passages introspectifs et pures scènes d'action (il y a une scène d'émeute dans ce premier tome, par contre je l'ai trouvé moins réussie que celle, dramatique au possible, mettant en scène le jeune Rory Dinsmore). Pour que l'on ne s'y perde pas (trop), l'auteur (ou l'éditeur) a eu la bonne idée de mettre en début de l'ouvrage la liste des personnages (il y en a plus de 60) qui interviennent peu ou prou dans l'intrigue ; il y a également un plan de la ville de Chester's Mill.

 

En résumé, ce premier tome est l'un des meilleurs jamais écrits par Stephen King, renouant avec les thrillers horrifiques de la grande époque. A bientôt pour une chronique du second volet du diptyque.

 

Spooky.

 

http://jccclib.files.wordpress.com/2009/11/under-the-dome-by-stephen-king-full-cover.jpg

 

Voir les commentaires

<< < 10 20 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 > >>

Articles récents

Hébergé par Overblog