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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

livres

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://www.matagot.com/local/cache-vignettes/L205xH315/artoff404-e43ee.jpg

 

Tiens, un thriller dans l'Egypte des pharons... Et pourquoi pas ?

 

Nous sommes à Thèbes, appelée Ouaset, en Egypte, au XVème siècle avant notre ère. Le jeune scribe Sennefer est rattaché au service des inventaires du port fluvial de la cité aux cent portes, capitale du Double Pays. Alors que la ville attend avec fébrilité la crue et la nouvelle année, une étrange erreur administrative retient son attention. Il ne se doute pas qu'il vient de mettre le doigt dans un engrenage infernal qui va changer sa vie à jamais. Accompagné de son ami Pahy, vétéran des guerres d'Asie, son enquête le mène aux maisons d'embaumement aux montagnes du Grand Désert de l'Est, et le confronte à une machination qui porte les ténèbres au coeur même du royaume.

 

Tout de suite, le souci de véracité du decorum force le respect. Je ne sais pas si Cédric Chaillol est un historien spécialiste de l'Egypte antique, mais sa connaissance de cette période semble très approfondie, car son thriller s'inscrit dans une époque, un lieu et même une philosophie très clairement expliqués. Mais on peut être un excellent historien et être barbant... Ce n'est pas le cas de l'auteur, qui a une plume assez remarquable, son style mêlant action et intériorisation avec pas mal de bonheur.

 

Le fond de l'histoire est une enquête policière mettant en scène un scribe aidé par un ancien soldat qui est une sorte de couteau suisse avant l'heure, soit une intrigue un peu à l'ancienne, mais qui fonctionne assez bien, car l'auteur a pris le soin d'expliquer que ledit scribe est un érudit, ce qui explique sa vivacité d'esprit. Cependant la partie policière me semble manquer d'un peu de clarté ; certains ressorts liés à l'intrigue principale, notamment les implications des personnages, m'ont semblé relativement peu clairs. Mais la qualité d'écriture a pallié ces manques, et permis à l'histoire d'arriver à bon port.

 

A noter la bonne idée de l'éditeur de compléter le roman par une trentaine de pages d'annexes, présentant justement les personnages, mais aussi et surtout le contexte politique et religieux dans lequel ils évoluent. Très utile. Je serai curieux de suivre les futures aventures de Sennefer.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://clefargent.free.fr/images/lelivredelamort_recto.jpg

 

Ahah je vous vois venir, vous pensiez que j'allais remettre en avant un article écrit il y a quatre mois, soudainement pris de délire et précocement radoteur. Mais que nenni, il ne s'agit pas là d'une aventure du Bourbon Kid, mais bel et bien d'un livre très différent, qui plus est écrit il y a plus d'un siècle.

 

Mais reprenons au début. Edouard Ganche est, dans sa jeunesse des années 1880, le fils d'un madecin de campagne, qui dès l'âge de 6 ans accompagne son père sur les routes, au chevet des patients, très tôt confronté à la mort et au fait des pratiques médicales. Très intéressé par ces sujets, ainsi que par la vie de Frédéric Chopin (mais ça n'a rien à voir), il va grandir en développant ses connaissances, et tenter, par ses écrits, de repousser la Faucheuse, de l'exorciser, de la démythifier aussi.

 

Car contrairement à beaucoup de poètes romantiques, il va occulter totalement la religion et les mythes, pour nous livrer un portrait sans concession et sans fard de celle qui met un terme à la vie, d'un point de vue biologique. Le Livre de la Mort paraît en 1909, reçoit un accueil enthousiaste de la presse. Dans les années qui suivent, Ganche pense à en refaire une nouvelle édition, qui ne verra pas le jour de son vivant, puisqu'il décède en 1938 dans des circonstances mystérieuses. Ayant laissé de nombreuses notes, son oeuvre, telle qu'il l'avait rêvée, verra tout de même le jour... en 2012.

 

Le Livre des Morts est un recueil de nouvelles mettant en scène, soit en tant que sujet principal, soit en tant que sujet connexe, la mort. Mais il ne s'agit pas d'une entité mythique ou mythologique, elle est appréhendée ici comme une réalité biologique, qui met un terme définitif à l'existence, rend l'enveloppe flasque et immédiatement aux prises avec les microbes qui la rongent. En 13 nouvelles Ganche tire le portrait de la Faucheuse, à la Morgue, à l'Hôpital, au cimetière, à l'amphithéâtre (de la faculté de médecine). Les récits, à l'exception d'un -mais je vais y revenir- s'efforcent tous de rendre les évènements, de détailler les décors ou les procédures de façon très scientifique, les récits étant parfois truffé de termes techniques et anatomiques. Ce qui rend la lecture parfois un peu difficile, certains termes n'étant pas du tout connus de votre serviteur (et donc, a priori, du grand public).

 

Attention aux âmes sensibles, bien sûr, certains de ces récits ne lésinant pas sur les moyens concernant une autopsie, ou la lente décomposition d'un cadavre. Pourtant Ganche fait une entorse à son souci de réalisme et de rigueur scientifique. Au cours d'un récit judicieusement intitulé "La Danse des morts", un flâneur du cimetière du Père lachaise assiste à un ballet mettant en scène entre autres des trépassés célèbres. Cette parodie macabre est la seule survivance de fantastique dans le recueil.

 

Cette édition définitive du chef d'oeuvre d'Edouard Ganche est accompagnée d'un appareil critique léger, de l'évocation de la vie de l'auteur, ainsi que de la reproduction d'une partie de la réception critique de la première édition, en 1909. Un petit texte explique aussi l'illustration de couverture de l'ouvrage, illustration déjà présente dans l'édition de 1909. Il s'agit du Transi de René de Châlons, une sorte de gisant présent dans une église de Bar-le-Duc, en Meuse, représentant René de Châlons, prince d 'Orange, mort en 1544. Celui-ci aurait demandé au sculpteur de le représenter tel qu'il se présente... trois ans après sa mort. L'oeuvre, d'un réalisme frappant, est attribuée à Ligier Richier.

 

Une oeuvre que certains qualifieront de morbide, mais qui constitue une curiosité.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://rebelleeditions.com/SITE/wp-content/uploads/2011/08/Pamphlet01-version-all%C3%A9g%C3%A9.jpg

 

A la suite d'une chute de cheval, la lycéenne Satine Müller est immobilisée pendant ses vacances d'été ; elle décide d'en profiter pour écrire un pamphlet destiné à montrer du doigt la mode de la vampirophilie, dont sa meilleure amie Carla est la plus belle représentante... Le hic, c'est que visiblement certains de ses camarades n'apprécient pas du tout sa satire, diffusée sur internet et le journal interne de son lycée...

 

Sophie Jomain fait partie, avec Cassandre F. Amaranthe et Marika Gallman, de cette nouvelle génération d'auteures francophones ayant connu le phénomène Twilight et cherchant à s'en démarquer sans toutefois se départir de leur passion pour les saigneurs de la nuit. Ce premier roman a placé Sophie dans le peloton de tête de cette mouvance, car elle fait preuve d'une certaine maîtrise de l'écriture, et la structure de son récit apparaît claire assez vite.

 

Attention, ce roman est dans une mouvance "young adult", son héroïne à 17 ans, et a donc des préoccupations de son âge. Toutefois Sophie Jomain évite d'en faire un personnage trop cucul la praline, c'est plutôt, à l'instar de la Maeve Regan de Marika Gallman, un caractère de cochon, capable de foutre un bourre-pif à un garçon qui lui rend 20 centimètres s'il va trop loin. Là encore l'auteure évite d'aller trop loin dans la caricature, ses personnages sont relativement crédibles.

 

Le (1) présent sur la tranche du volume semble indiquer qu'il s'agit du début d'une série, mais la lecture du pitch des autres romans de l'auteure (7 en moins de 3 ans !) ne contient a priori aucun élément commun avec ce Pamphlet, si ce n'est la présence systématique des vampires.

 

Un bon roman, dont la trame est enracinée dans le réel, le fantastique étant très peu présent. Une bonne alternative pour les young adults aux mièvreries américaines.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

C'est la rentrée, et l'occasion de faire le point sur la pile de bouquins qui m'attend, pour certains depuis des années hélas. 10 titres, a priori très divers. On se donne rendez-vous dans un an pour voir combien j'en ai lu ?

 

http://www.noosfere.org/images/couv/G/GarancAF03.jpg

 

H. Rider Haggard - Le Dieu jaune

Haggard est surtout connu pour son roman Les Mines du Roi Salomon, qui mettait en scène l'aventurier Allan Quatermain, personnage qui a inspiré un certain indiana Jones... Je ne sais rien sur ce roman, seul le nom de l'auteur m'a attiré...

 

 

http://ifisdead.net/wp-content/uploads/2012/06/Les-Lames-du-Cardinal-Integrale-de-Pierre-Pevel.jpg

 

Pierre Pevel - Les Lames du Cardinal

Depuis plusieurs années les oeuvres de Pevel sont saluées par la critique et le public. Cette intégrale semble fortement inspirée par l'oeuvre d'Alexandre Dumas, avec une touche de fantasy.


 

 

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Sophie Jomain - Pamphlet contre un vampire

Sophie est une jeune femme charmante que j'ai eu le plaisir de rencontrer lors de différentes manifestations liées au fantastique. Je vais quand même finir par lire son bouquin, je pense (oui, je suis long)

 

 

http://extranet.editis.com/it-yonixweb/IMAGES/POC/P3/9782266166041.JPG

 

 

JRR Tolkien - Lettres

Je continue mon exploration du monde tolkienien...

 

http://www.pourtolkien.fr/IMG/jpg/dictionnaire-tolkien-72dpi-2.jpg

 

 

Dictionnaire Tolkien

Même si je pense qu'une partie de son contenu m'est déjà connu, je suis curieux de lire cet ouvrage, réalisé par une pléiade de spécialistes et d'amateurs francophones de l'oeuvre de Tolkien.


 

http://www.tolkiendil.com/_media/asso/tolkiendil1.jpg?cache=

 

L'Arc et le Heaume n°1 - les Hobbits

Edité par l'association Tolkiendil, dont je suis membre...


 

http://www.lekti-ecriture.com/blogs/alamblog/public/GancheMortLivre.jpg

 

Edouard Ganche - Le Livre de la Mort

Le titre et la couverture m'ont intrigué...

 

 

 

 

http://img.over-blog.com/371x525/1/18/13/98//London-Bone-copie-2.jpg

 

Michael Moorcock - London Bone

Moorcock est connu pour ses romans du cycle d'Elric (et autres), classique de la dark fantasy, mais il est aussi une figure importante de la scène littéraire rock britannique...

 

 

http://di1-4.shoppingshadow.com/images/pi/2f/91/a0/2040045844-260x260-0-0_Glace_De_Feu_2040045844.jpg

Clive Cussler, avec Paul Kemprecos - Glace de feu

Jamais lu un seul bouquin de l'un des maîtres supposés du thriller géopolitique...

 


http://pmcdn.priceminister.com/photo/sennefer-tome-1-les-larmes-de-kemi-de-pascal-quidault-937811549_ML.jpg

 

Cédric Chaillol - Sennefer tome 1 - Les larmes de Kémi

Un thriller dans l'Egypte des Pharaons...

 

Des avis ? des remarques ?

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://www.noosfere.org/images/couv/p/pdf419-1998.jpg

 

Tik-Tok est un robot ménager, capable d'accomplir toutes les tâches que requiert l'entretien d'une maison. Mais Tik-Tok rêve de devenir plus humain, de prendre des initiatives, d'éprouver des émotions. Alors un jour Tik-Tok tue une jeune aveugle de son quartier, et maquille le crime en disparition, tout en faisant accuser un marginal. Et le meurtre lui donne l'occasion de réaliser une fresque murale chez ses propriétaires, point de départ d'une carrière très particulière...

 

Au départ je pensais que ce roman était un peu ancien, qu'il se plaçait dans une mouvance un peu vintage, en parallèle aux Robots d'Isaac Asimov (1950), lequel recueil posa les bases de toute une partie de la littérature de SF, et même de la science robotique. Mais au fil de ma lecture, en voyant les références faites, justement, à l'oeuvre d'Asimov (les robots ont des "circuits asimov", lesquels leur permet de ne pas transgresser les fameuses Trois Lois*), et un ton relativement modernes, je me suis rendu compte que ce roman n'avait pas plus de 30 ans. Le thème principal est bien sûr le libre-arbitre, lequel est matérialisé par un récit à la première personne, écrit par Tik-Tok lui-même dans une confession en forme de rédemption.

 

C'est bourré de références, traité sur le ton de l'humour carrément foutraque (une version technologique d'un inventaire à la Prévert sous acide), et parfois on s'y perd un peu. Car ce côté joyeusement portnawakesque se traduit parfois par des listes sans aucune cohérence, amenant le lecteur à la limite de lâcher l'affaire par moments. Mais Sladek réussit à compenser par un traitement distancié -mais jamais perdu de vue- de son thème central, celui d'un personnage qui devient fou en voulant devenir humain. Tik-Tok vit des aventures assez trépidantes, et l'alternance de parties "passé éloigné" et "passé récent", malgré un schéma un peu embrouillé, donne un récit assez vivant.

 

Une curiosité, mais qui pour moi ne dépasse pas les oeuvres d'Asimov lui-même (pour l'ampleur et la cohérence) et de Fredric Brown (pour l'humour décalé).

 

Spooky

 

 

* Première Loi : « Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger. » ; Deuxième Loi : « Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la Première Loi. » ; Troisième Loi : « Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n'entre pas en contradiction avec la Première ou la Deuxième Loi. »

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://www.editions-calmann-levy.com/image-couverture/photo/2009/9782702139721-G.jpg

 

Avant World War Z et son succès international, Max Brooks s'était déjà penché sur le sujet des morts-vivants. Son Guide de survie en territoire zombie propose, comme son nom l'indique, un véritable manuel pour qui se retrouve aux prises avec des zombies...

 

Brooks, évacuant d'entrée tout humour au premier degré de son ouvrage, le compose de façon tout à fait méthodique. La première partie est consacrée à (r)établir un certain nombre de vérités sur les zombies : l'origine du virus, la physiologie des zombies, leurs attitudes... La deuxième propose de passer en revue TOUTES les armes possibles (enfin, il y en a pour 40 pages, hein) afin de se défendre, avec leurs avantages et leurs inconvénients respectifs. Ensuite Brooks propose de montrer au lecteur comment se défendre, en fortifiant sa maison ou des lieux publics. La partie suivante explique comment se déplacer et fuir) dans un environnement fortement zombifié.... On peut aussi être chasseur de zombies, et là encore, tout nous est expliqué. Pour finir l'auteur passe en revue les principales épidémies de zombies recensées dans le monde, de 60 000 ans avant JC à nos jours...

 

Bien sûr, l'ensemble du roman est à prendre avec un humour au troisième, voire quatrième degré, mais l'entreprise, dans son aspect exhaustif, et surtout sa maîtrise, mérite un immense respect. Et puis finalement, ça peut faire un bon manuel d'auto-défense, ce que je n'encourage pas, bien sûr.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

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John Grisham, ancien avocat, s'est fait connaître dans les années 90 par ses romans à succès se déroulant dans le milieu qu'il connaît le mieux, dont certains (L'Affaire Pélican, la Firme, l'Idéaliste, le Client..) ont été portés à l'écran avec pas mal de bonheur. L'auteur est prolifique, puisqu'il produit un bouquin par an. Celui-ci est relativement ancien, puisqu'il date de 1998.

 

Il nous raconte l'histoire de Michael Brock, avocat spécialiste de l'antitrust dans l'un des plus gros cabinets de Washington. Il est en pleine ascension : à 32 ans il s'apprête à devenir associé de son cabinet ; mais sa vie bascule le jour où un SDF vient le prendre en otage, ainsi que plusieurs de ses collègues, dans une salle de réunion. Aucune revendication n'est faite, les motivations ne sont pas claires. Le preneur d'otages est abattu, mais Brock décide d'en savoir plus sur l'histoire de celui qui s'est fait appeler "Monsieur" par ses otages. Et il va bientôt découvrir que son cabinet a trempé dans une sale histoire de transaction immobilière... Sous le coup d'une sorte de prise de conscience, et horrifié par ses découvertes mettant en cause son cabinet, Brock décide de démissionner. Passé de l'autre côté du miroir, il va tout mettre en oeuvre pour faire payer à son ex-employeur le mal qu'il a fait.

 

Grisham insiste sur le "Brock d'avant", personnage superficiel, uniquement préoccupé par son ascension sociale et l'argent qu'elle va lui rapporter, sa vie de couple qui se délite et son bel appartement. On ne comprend pas trop comment il change de posture intérieure, malgré la prise d'otages qui sert de déclencheur. Une prise de conscience assez peu crédible en vérité. Cela a mis le roman sur des rails faussés, Grisham insistant ensuite sur le fossé existant entre la société ultra-riche (souvent blanche) de Washington et l'ultra-pauvre (souvent noire) que Brock décide -du jour au lendemain, littéralement- d'aider, au détriment de tous ses privilèges. Attention, je ne dis pas que c'est mal décrit, mais les descriptions n'échappent pas à certaines caricatures, décrédibilisant quelque peu son propos.

 

Il y a finalement assez peu d'action dans cette Loi du plus faible, l'essentiel de l'histoire se déroulant dans des bureaux d'avocats (d'affaires ou consacrés aux plus démunis) ou dans un tribunal. Comme la plupart des romans de Grisham me direz-vous, mais à ce point-là c'est un peu trop. Je me suis assez fermement ennuyé dans ma lecture. Certes, l'auteur a toujours un savoir-faire certain pour proposer des personnages attachants (ici, une famille de SDF, une junkie...), on ne peut lui reprocher un côté technique traité n'importe comment en ce qui concerne le droit, mais à la fin du roman, je me suis demandé ce que je pouvais en retirer... Pas grand-chose finalement. Un Grisham mineur.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

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Le Clairvoyage est le premier roman d’Anne Fakhouri, une auteur que j’ai découverte il y a quelques mois via le très bon Narcogenèse (à qui je dois au moins une arrivée tardive au travail, après avoir oublié de descendre à la bonne station).

 

Ce premier roman ne visait pas forcément le même public. Si Narcogenèse se destine à un public plus adulte, le Clairvoyage est davantage coulé dans le moule de la littérature jeunesse. Ce qui n’empêche pas le lecteur dans la fleur de l’âge que je suis de m’être laissé accrocher sans problèmes par l’univers et les personnages.

 

Comment en effet ne pas se laisser convaincre par les personnages haut en couleur comme la Grand-tante Coucou ou le vieux monsieur Hêtre ? C’était une des forces d’Anne Fakhouri dans Narcogenèse, et je m’aperçois donc qu’il s’agit sans doute d’une des marques de fabrique de l’auteur. Tout comme cet intérêt pour les familles complexes qui dissimulent de lourds secrets que les dernières générations ont du mal à faire éclater. Mais le Clairvoyage n’est pour autant pas un simple proto-Narcogenèse. Le personnage principal est beaucoup plus jeune, la trame totalement différente et le bestiaire fantastique convoqué sans aucun rapport.

 

Récit jeunesse oblige, on est évidemment ici en présence d’une histoire initiatique, qui voit la jeune héroïne devenue subitement orpheline apprendre à affronter ses peurs, à démêler le vrai du faux et à comprendre que dans ce monde qu’on lui a présenté comme foncièrement pragmatique se déroulent des choses qui relèvent davantage de l’inexpliqué, voire du surnaturel. C’est intelligemment mis en place, le première chapitre pose brutalement les choses, ce qui permet de rapidement introduire un personnage principal qui va voir sa vie radicalement bouleversée.

 

J’attends de mettre la main sur La brume des jours pour conclure l’histoire de Clara, mais si j’ai mis plus de temps que Narcogenèse pour me plonger dans l’intrigue et prendre le rythme de l’histoire, force est de constater que Le Clairvoyage lançait sur les rails de l’édition une auteure pleine d’idées, qui sait puiser dans ses références avec goût, et appuyer son récit sur une galerie de personnages forts et complémentaires. Une sympathique lecture qui m’aura permis de me plonger dans un univers sans vampires, ce qui n’est jamais désagréable pour se ressourcer.

 

Vladkergan

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

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Depuis la mort suspecte de Tug, son beau-père policier, Samuel peine à contenir les voix mystérieuses qui le harcèlent. Darius, son nouvel ami, souffre du même mal. Tous deux comprennent bientôt qu’ils disposent de pouvoirs complémentaires. À travers eux, des fantômes s’incarnent et réclament justice... 

Après ma rencontre avec Anne Fakhouri il y a quelques mois de cela, à la faveur de la première édition des Oniriques, je m’étais plongé avec délectation dans son Narcogenèse, un roman particulièrement prenant et pour le moins bien construit autour d’une galerie de personnages assez forts. Entre-temps, je me suis plongé dans la lecture de la série précédente de l’auteur, diptyque jeunesse publié également chez l’Atalante, et dont le premier tome, Le Clairvoyage, m’aura permis de retrouver certains des thèmes fétiches de l’auteur (à commencer par de pesants secrets de famille).

Changement radical de ton (mais pas d’auteur) avec ce Hantés, annoncé dans les prochaine semaines chez Rageot Thriller. L’auteur s’y essaie au polar young-adult non sans renier son attachement au fantastique, qui conserve une place de choix dans ce one-shot rondement mené, mais y est imbriqué de manière bien différente. De même, on quitte les thématiques habituelles de l’auteur pour assister à une rencontre des plus efficace entre Histoire et histoire.

L’auteur choisit en effet de se frotter ici, par le truchement de plusieurs de ses personnages comme par celui de sa trame de fond, au génocide rwandais, et à la place des enfants dans ce dernier. Ce choix appuie fortement le réalisme de l’intrigue, laquelle garde un pied dans l’imaginaire par ce que le titre laisse d’emblée présager : on est ici face à une histoire de fantômes. L’aspect polar agit donc comme un véritable liant entre la dimension historique et la dimension fantastique, ce qui enrichit les ambiances, et évite à l’auteur de se fixer platement dans l’une ou l’autre de ces dimensions. Ce qui multiplie les possibilités d’accrocher à l’ouvrage.

J’ai beau avoir trouvé que certains personnages auraient pu bénéficier d’un approfondissement plus poussé (tels que Moses ou Henri, qu’on peut rapprocher de certains personnages présents dans les anciens romans de l’auteur), le livre a été lu d’une traite, sans écueil ni ennui. Pas de lenteurs, pas de baisse de régime : une fois que les bases du récit sont posés, Anne Fakhouri conduit tout son petit monde (lecteur comme personnage) au coeur d’une intrigue qui ne manque ni d’intérêt ni de rebondissements.

Littérature jeunesse oblige, le roman propose une vision édifiante de certaines attitudes actuelles (le regard vis à vis de la pauvreté notamment) sans que cela prenne une tournure trop sentencieuse. Sans dégager une ambiance aussi prenante que Narcogenèse (dont le premier chapitre est un modèle du genre, notamment au niveau de la mise en scène et de l’introduction des personnages), ce Hantés est donc un polar jeunesse plus que recommandable, qui peut séduire autant les jeunes lecteurs que ceux qui ne veulent pas voir un nouveau roman d’Anne Fakhouri leur échapper.

 

Vladkergan 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

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2013 semble être une année particulière pour les Mystérieuses Cités d'Or. Après une réédition intégrale en DVD et blouré haute définition, la diffusion d'une "suite" se déroulant en Chine (que je n'ai pas vue, si vous avez des avis dessus, je suis preneur), ainsi qu'un jeu video disponible sur iTunes et Google Play. La bande-son a aussi été ressortie récemment.

 

Pour ceux auxquels ce nom ne dit rien, je vous recommande ce tour sur mon ancien site.

 

C'est aussi l'occasion de revenir aux racines, c'est à dire le roman de Scott O'Dell, la Route de l'Or, qui a lui aussi été réédité -par Kazé, dont il me semble que c'est la première publication non-mangaïque. Lequel a donc inspiré le dessin animé. "Inspiré" est le terme le plus approprié, car les différences sont énormes. Esteban, le héros, n'est plus un orphelin sauvé d'un naufrage par le fourbe Mendoza, mais un adolescent, issu de la bourgeoisie, qui le lendemain de l'obtention de son diplôme de cartographe, s'embarque pour le premier bateau en partance pour le Nouveau Continent.

 

Nous sommes en 1540, et le réalisme s'embarque aussi. Exit les faire-valoir à vocation comique. pas de Grand Condor ou d'autres moyens de transport de taile démesurée. En fait, seuls le contexte historique (l'exploration du Nouveau Monde à la recherche de Cibola, l'une des sept Cités d'Or) et trois personnages sont présents ; hormis Esteban de Sandoval, Mendoza est un capitaine de marine, uniquement intéressé par l'or, et Zia est une jeune Indienne qui sert de guide et d'interprète à Mendoza et son groupe.

 

Car les intentions de celui-ci sont vite découvertes par son commandant d'expédition, lequel le débarque sous un faux prétexte en Californie, avant qu'une mutinerie éclate à son bord. Esteban, trois musiciens (!) et un prêtre un peu illuminé sont également du voyage. Guidés par la jeune Zia et les rumeurs colportées par les différentes tribus d'Indiens rencontrées en chemin, les fugitifs essaient de trouver ces fameuses cités pavées d'or...

 

Le récit est partagé entre deux trames narratives. D'une part le récit de cette expédition, vouée à l'échec ; d'autre part le récit du procès d'Esteban, qui a lieu l'année suivante, à Veracruz (actuel Mexique), accusé d'avoir soustrait à la possession du Roi d'Espagne un trésor amassé dans ces cités indiennes. Après avoir été mené en bateau par Mendoza, Esteban est là encore manipulé, par son geôlier qui le presse de ne rien dire au tribunal auquel il est confronté. A noter que le titre original est The King's Fifth, ce qui évoque directement cette fameuse part d'un cinquième qui revenait alors au Roi d'Espagne lors de la découverte d'un trésor sur les terres conquises.

 

Je ne sais pas si la traduction est récente, mais un élément m'a fait tiquer. Etant donné que l'espagnol (enfin, le castillan) est la langue du narrateur, et que l'auteur est Américain, pourquoi avoir gardé dans le texte de nombreuses locutions espagnoles, qui ont leurs équivalents en français ? Pour les unités de mesures, cela ne se discute pas, ce sont celles de l'époque, mais pour d'autres termes, je reste circonspect.

 

Autre petit défaut, et là c'est l'éditeur qui est en cause ; les dialogues et les passages descriptifs sont parfois collés ; ou bien la parole d'une même personne est hachée, avec des retours à la ligne intempestifs parfois. Ces défauts ne constituent pas la majeure partie du livre, mais si l'enjeu était de "gagner deux ou trois pages", cela me laisse pantois.

 

La Route de l'Or est un roman sérieux de bout en bout. Le style de Scott O'Dell est très sec, factuel, laissant finalement peu de place à l'introspection du héros (sauf dans la partie judiciaire). L'ensemble baigne dans un réalisme sombre, montrant avant tout la cupidité des Conquistadores... Du coup la lecture n'est pas très plaisante, même si on se demande, à la fin de chaque chapitre, ce qu'il va arriver à nos marginaux.

 

A noter que la partie "passée" d'Esteban fait référence à une expédition réelle, celle du gouverneur Francisco Vasquez de Coronado -auquel Oo'Dell fait plusieurs clins d'oeil dans le roman- qui essaya lui aussi de trouver les sept Cités d'or durant deux ans.

 

En 1972 Scott O'Dell a reçu -pour l'ensemble de sa carrière d'auteur- le prix Hans Christian Andersen, lequel est décerné par l'Union internationale pour les livres de jeunesse (IBBY), en reconnaissance d'une "contribution durable à la littérature pour enfants".

 

 

Spooky

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