Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
...:::Ansible:::...

...:::Ansible:::...

Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

livres

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

 

2009. Adam est de retour dans la maison où il a passé sa courte enfance. Ni humain, ni vampire, il peine à trouver sa place dans la société. Sa rencontre avec Lou, la fille aux chiens, va lui permettre de découvrir l’amitié. Mais le lien fragile qui les unit sera vite entamé par le départ d’Adam, orchestré par Rodolphe Dubuissert, vampire puissant qui régit la région sous le titre d’Ordonnateur, après le renversement des puissances. Car le monde a basculé. Le pétrole, l’électricité et le progrès n’ont plus cours dans cet Ordre Nouveau que les vampires ont instauré.

Les humains ont-ils conscience de la vraie nature des nouveaux envahisseurs ?

Comment faire face à la fois à cette menace et aux dangers d’une vie sans technologie, dont plus personne n’a l’habitude ? Le reste du monde est-il semblable à ce coin de l’Avesnois, annexé de toutes parts et égorgé dans tous les sens du terme ? Face à tous ces changements, Lou parviendra-t-elle à tenir la barre et à sauver ce à quoi elle tient ?

 

Le premier roman d'Emilie Witwicki-Barbet est étrange. Non pas tant au sujet de sa thématique (la bit-lit a le vent en poupe), mais plutôt au niveau des moyens que l'auteure se donne pour le réaliser. En effet l'ancrage historique et géographique est fort : cela se passe juste avant l'écriture (comme en témoigne l'évocation du tremblement de terre en Haïti), et dans un coin un peu reculé de la région Nord-Pas-de-Calais, plutôt boudée par les écrivains de genre. Pourtant Emilie (oui, je vais l'appeler Emilie, ça sera plus simple je pense) est une enfant du pays, et souhaite lui rendre hommage en plaçant son récit dans une région qu'elle connaît bien.

 

Autre point remarquable : souvent les romans de bit-lit nous montrent des vampires (et autres monstres classiques ou pas) dans un contexte moderne (ou pas), mais en coexistence pacifique (ou pas) avec les humains. Ici le cadre est tout autre, puisqu'à la suite de la paralysie des centrales nucléaires, le pays retombe en quelques semaines dans le chaos, dans un système féodal. Cela sent même la fin du monde par moments, puisqu'un groupe de survivants/résistants s'organise dans une ferme. Ca rappelle un peu Malevil parfois... Un contexte post-apocalyptique dans la bit-lit, il fallait oser !

 

Emilie nous propose un récit à plusieurs voix, éclaté principalement entre Lou(ise), une garçonne à peine sortie de l'enfance qui prend en charge le groupe, Rodolphe DuBuissert, un vampire qui essaie d'organiser la région, et Adam, dont on ne saisit pas la véritable nature (hybride d'humain et de vampire ?), obligé de disparaître physiquement et officiellement pour ne pas attirer les ennuis sur celle qui pourrait être sa petite amie. Procédé un peu maladroit, car on s'y perd un peu. A la limite, garder le focus sur Lou et nous faire lire des lettres écrites par l'un et l'autre (ou des procédés similaires) aurait été plus judicieux. Etant donné que leur temps de parole est inégal, cela induit une lecture un peu bancale, d'autant plus que dans certains passages on saute des pensées de l'un à l'autre lorsqu'ils sont dans la même pièce.

 

A côté de cela, la langue d'Emilie est fort agréable, elle décrit bien les actions, s'attardant parfois un peu trop sur les introspections des personnages, mais son récit est très agréable à suivre. Il manque cependant d'un chouïa de relecture en termes d'orthographe et de grammaire.

 

A suivre donc.

 

Spooky

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://ressources.bragelonne.fr/img/livres/2012-05/1205-maeve1.jpg

 

Maeve Regan, 21 ans, est une jeune fille au tempérament de feu, capable de se battre avec un colosse qui brutalise sa meilleure amie. Capable aussi d'envenimer ses relations avec un ami d'enfance à cause de sa compagne trop parfaite. Mais en l'espace de quelques jours sa vie bascule. Son grand-père semble lui cacher bien des choses sur la mort de ses parents juste après sa naissance, elle rencontre un homme envoûtant et ses meilleurs amis s'éloignent d'elle.

 

Je ne suis pas preneur de la bit-lit, que j'ai largement décriée dans mes précédentes lectures. Ceci dit les échos concernant ce premier tome étant tout de même positifs, j'ai profité de sa réédition -chez Milady, label de Bragelonne, leader incontesté de l'imaginaire en France- pour m'y mettre. Et d'entrée de jeu, le ton m'a plu. Le personnage de Maeve est bien construit, assez crédible -en clair, elle est passionnée, au point d'en devenir encombrante parfois- et jouit d'une mise en scène des plus plaisantes : pas la langue dans sa poche, des répliques -exprimées ou non- souvent cyniques. Une vraie casse-couilles, au propre comme au figuré. Mais elle a aussi ses faiblesses, qui peuvent la rendre vulnérable. Maeve a le sang chaud, quand elle veut un homme, elle le prend. Les descriptions de phases sensuelles échappent elles aussi à la mièvrerie, le personnage ne souhaitant pas s'attacher, recherchant le plaisir avant tout. Ca change des habituelles lasagnes du sous-genre...

 

Et qui dit bit-lit dit -la plupart du temps- vampires. Maeve va en rencontrer plusieurs. Ils vont bouleverser sa vie, elle va en apprendre de belles sur elle-même. Cette variation du mythe vampirique, sans être bouleversé par les figures présentes ici, présente une modernisation ma foi pas inintéressante, sans grande fioriture. En gros, les suceurs de la nuit peuvent se déplacer en plein jour -sans non plus trop s'exposer aux rayons solaires-, n'ont aucun souci avec l'ail ou les crucifix ; dotés d'une force surhumaine et d'un pouvoir de suggestion, ils se déplacent avec furtivité mais peuvent être tués -définitivement- par l'extraction du coeur. Nul doute que ces aspects seront développés par Marika Gallman par la suite.

 

J'aime beaucoup l'écriture de cette auteure helvète. C'est vif, sans complexe, mais tout de même de qualité. Le côté fantastique de l'histoire met un peu de temps à se profiler, l'auteure avait peut-être le souci de bien poser les bases de son personnage, dont la personnalité conditionnera tout le reste. La réédition (retravaillée par l'auteure) chez Milady permet d'avoir en bonus -comme cela se fait de plus en plus dans la littérature de l'imaginaire, j'ai l'impression- le premier chapitre du tome 2. Ca s'appelle du teasing, et ma foi, c'est assez réussi. J'ai hâte de lire la suite.

 

A noter, la belle couverture de Fleurine Rétoré sur cette réédition, assez représentative de l'ambiance qui règne dans le roman.

 

Spooky.

 

 

 

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://ecx.images-amazon.com/images/I/516fBtFf81L._SL500_AA300_.jpg 

 

Attention, du fait de sa position de troisième et dernier tome de la saga Hunger Games, l'intrigue de celui-ci, telle que je m'apprête à la révéler, est remplie de spoilers. Je conseille donc à toutes celles et ceux qui sont encore en cours de lecture (du 2ème ou du 3ème tomes) ou qui envisagent de se plonger dans cet univers dans un proche avenir de carrément sauter à mon paragraphe de conclusion. :)

 

A la fin du tome 2 Katniss, Beetee et Finnick sont enlevés par les rebelles du district treize dans l'arène, laissant les 75èmes Hunger Games inachevés. Le tome s'était achevé sur un constat effroyable : le district douze, région d'origine de Katniss et Peeta, avait été rayé de la carte par les bombardements du Capitole. Nos héros se retrouvent donc dans une société différente, qui n'a pu survivre depuis 75 ans que grâce à une discipline de fer, une rationalisation des ressources et des activités. Le résultat est un système très contraignant, où le moindre écart est passible de sanctions. Katniss y retrouve sa mère, sa soeur, plusieurs connaissances du district douze, et Gale. Sa haine pour le Capitole amène la jeune fille à accepter de devenir une sorte de symbole médiatique, le Geai moqueur, héroïne de spots télévisés. A l'inverse, Peeta a été récupéré par le Capitole, et devient rapidement une star des media "réguliers". Mais visiblement sous la contrainte.

 

Si les deux premiers tomes recélaient leur part de renversements de situations, de "bombes" en termes d'intrigue, ce troisième en est moins pourvu. De plus il y a quelques facilités. Ainsi par exemple le fait que Katniss soit entourée de la plupart de ses amis et famille, alors que leur région a été ratiboisée. Et lorsque le Geai Moqueur va sur le terrain, entouré de son équipe, il s'en sort la plupart du temps sans dommages... D'autres passages m'ont semblé trop faciles : Katniss qui sait tout de suite interpréter un message cryptique de Peeta, la présence inutile du chat, la façon dont ellecède à certaines demandes aussi... Où est passé l'adolescente rebelle du début, malgré sa mise en situation sur le front des combats entre les rebelles et le Capitole ? Et que dire de la fin, si politiquement correcte qu'on a l'impression qu'elle a été pensée pour un long métrage grand public ?

 

Pour tout vous dire, j'ai eu du mal à finir ce tome. L'attrait et l'intérêt suscité par le premier tome étaient presque totalement retombés.

 

En conclusion, cette trilogie de Hunger Games a toutefois été globalement un bon moment de lecture. le premier tome, qui se suffisait à lui-même, aurait dû rester seul. Suzanne Collins a peu à peu dilué l'intérêt initial, et c'est bien dommage.

 

Spooky.

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://www.librairiepantoute.com/img/couvertures_300/hungergamest2embrasementpocket2010.jpg

 

Attention, le contenu de cette note est susceptible de comporter des révélations sur l'intrigue. Si vous ne souhaitez pas trop en savoir, n'éhésitez pas à "sauter" les passages délimités par des balises [SPOILER] et [/SPOILER]

 

Vous le savez, j'ai été très agréablement surpris par le premier Hunger Games et par l'adaptation cinématographique qui en a été faite. Après une petite pause, je me suis décidé à lire la suite (la lecture du tome 3 suivra rapidement). Nous retrouvons donc Katniss et Peeta, rescapés des 74èmes Jeux de la faim, installés dans le village des vainqueurs, essayant de ne pas oublier leur vie d'avant, rendant service à leurs camarades dans le besoin, tandis qu'eux ne manquent de rien. Mais Katniss apprend, lors d'une de ses virées de braconnage (car elle n'a pas arrêté ses activités pour autant), que la révolte gronde au sein des districts, et que certains commencent même à se soulever, tandis qu'elle est devenue, en quelque sorte, l'égérie de ce mouvement de fond. Les autorités n'en laissent rien paraître publiquement, mais le Président Snow menace carrément la jeune femme quelques mois après son retour. Ne souhaitant pas devenir une martyr, elle décide de s'enfuir dans les bois avec ses amis (Madge, Gale, Haymitch et Peeta) et sa famille...

[SPOILER] Mais coup de théâtre, on apprend que les Juges ont décidé, pour cette 75ème édition -donc un peu spéciale comme tous les 25 ans), que parmi les tributs se trouveront également les anciens vainqueurs. La présence du district douze se fera donc entre Katniss, Peeta et Haymitch... Ce dernier restera en coulisses, son rôle de mentor étant très apprécié par les deux jeunes gens, qui de leur côté se sont juré de se protéger l'un l'autre. Les voilà donc repartis dans l'arène, avec de nouveaux adversaires, un nouveau terrain (une île), et de nouveaux défis. [/SPOILER]

 

Suzanne Collins avait réussi son coup avec le roman initial, plein de renversements de situations, un récit à la première personne particulièrement soigné au niveau de l'introspection et une réflexion intéressante sur le pouvoir des media, le refus du totalitarisme et bien d'autres choses. Dans le second tome elle pousse encore plus sur ces mêmes terrains, même si la découverte des circonstances est forcément moins développée. Ainsi elle passe en coup de vent sur certaines périodes de préparatifs, ou des explications quant à la finalité des Jeux. Il y a plusieurs coups de maître dans ce tome ; comme par exemple la nature de l'arène, l'utilisation de certains des concurrents. Et ce tome se termine sur un énorme cliffhanger... Cependant le plaisir de la découverte n'est plus tout à fait là, je mets donc ce tome 2 un cran au-dessous du premier, même s'il est vraiment plaisant et bien développé

 

Spooky

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/8/3/9/9782226239938.jpg

 

Depuis quelques années Stephen King semble avoir retrouvé l'allant qui en avait fait un écrivain majeur dans les années 70 à 90. Chaque mois de mars ou d'avril amenant sa traduction kingienne, j'ai un rendez-vous avec le géant du Maine ; je n'utiliserai plus l'expression "horrorus Rex", depuis qu'un camarade m'a fait remarquer, requête google à l'appui, que j'étais pratiquement le seul au monde à l'utiliser, sans toutefois en être l'inventeur... Mais passons, et concentrons-nous sur la livraison de cette année, en attendant un 22/11/63 qui est, selon les dires de ceux qui l'ont lu en VO, absolument excellent.

 

Nuit noire, étoiles mortes regroupe quatre récits, que l'on peut -je crois, j'ai la flemme de vérifier- qualifier de romans courts pour trois d'entre eux, et de novella pour le dernier. Ils comptent, par ordre d'apparition, environ 170, 150, 45 et 100 pages. C'est massif, mais c'est du King, hein. Nous allons donc parler de chacun de ces récits, qui sont inédits.

 

1922 est l'histoire d'un gars de la campagne qui un jour, excédé par son épouse acariâtre, décide de la faire disparaître, avec l'aide de son fils. Aucun remords ne le poursuit, seulement des petites créatures tout ce qu'il y a de commun. Il rédige sa confession -qui constitue donc l'histoire-, épuisé par huit années de hantise. J'ai trouvé ce récit trop long, clairement délayé, et finalement peu original.

 

Grand Chauffeur est celui d'une écrivaine qui prend un raccourci en revenant d'une intervention en bibliothèque et rencontre le grand méchant loup. S'en sortant un peu par miracle, elle décide de se faire justice par elle-même. Au-delà de la qualité d'écriture, bien présente dans ce petit roman sec et nerveux, c'est son thème qui a surtout retenu mon attention. En effet, si on ne savait pas lire entre les lignes, et si on ne connaissait pas l'orientation politique de King, qui est démocrate sans être un militant acharné, on pourrait croire qu'il s'agit d'un plaidoyer pour la peine de mort et pour la vengeance personnelle, sans passer par la case justice.

 

Extension claire est une variation du mythe de Faust. Un homme de 50 ans, en phase terminale de cancer, rencontre un bonhomme étrange, qui vend... des extensions en tous genres. Notre héros accepter un supplément de vie de 15 ans (ou plus) contre 15% de ses revenus, reversés sur un compte aux Iles Caïman. Mais en contrepartie quelqu'un d'autre perdra ces 15 années... Streeter donne le nom d'une personne qu'il déteste, et ne s'étonnera donc pas lorsque son médecin lui annoncera une rémission -ou plutôt une disparition- miraculeuse de ses métastases... Il ne s'étonnera pas non plus lorsque la personne dont il a donné le nom va avoir des ennuis...

J'ai beaucoup aimé ce récit, le plus court du recueil. Les évènements s'enchaînent très vite, presque à un débit de mitraillette dès lors que Streeter constate l'amélioration de son état. Et surtout ce personnage n'a aucun remords... C'est malsainement jouissif.

 

Bon ménage. Jusqu'à quel point pouvez-vous être sûr(e) de connaître quelqu'un ? C'est la réflexion que se fait Darcy lorsqu'elle découvre par hasard un "trésor" de son mari qu'elle croit connaître depuis 25 ou 30 ans... Ce récit est peut-être mon préféré, dans la montée de l'histoire, sa descente, sa remontée, et sa descente que l'on croyait finale, alors qu'une nouvelle remontée narrative vient la conclure en beauté. 

 

King, dans sa postface de -seulement- 5 pages, explique que ce qui l'intéresse dans le processus d'écriture, c'est de créer des personnages aux comportements plausibles. Et pas de doute, il y réussit superbement, ce qui constitue peut-être l'essence de son succès.

 

En 2011, Nuit noire, étoiles mortes a remporté le prix Bram Stoker et le prix British Fantasy du meilleur recueil. En ce qui me concerne, ce n'est pas son meilleur bouquin, ni même son meilleur recueil de nouvelles, mais il constitue une lecture vraiment fort plaisante, pour peu que vous aimiez le genre. 

 

Spooky

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://www.lagedhomme.com/boutique/images_produits/c_hendrickx_lovecraft_bat-2-z.jpg

 

Je vous ai abreuvés -pour ne pas dire noyés- ces dernières années de tout un tas de digests et autres résumés de bouquins sur l'oeuvre de JRR Tolkien. Pourtant il ne fut pas le seul écrivain à faire forte impression sur le lycéen et étudiant que je fus, dans le vaste domaine de l'imaginaire fantastique. Parmi ceux-là se trouve Howard Phillips Lovecraft (1890-1937), écrivain américain dont l'influence fut considérable, à titre posthume essentiellement. Un certain nombre d'études lui sont consacrées depuis des décennies, mais c'est en discutant avec Didier Hendrickx, journaliste de formation, et spécialiste en marketing et communication dans le secteurs énergétique, que je me suis décidé à lire son ouvrage sur celui que l'on surnomme le Reclus de Providence, du nom de la ville où il passa l'essentiel de sa vie.

 

En effet les images d'Epinal nous décrivent un homme souffreteux, plus ou moins attiré par les idéologies pseudo-fascistes, qui menait une vie de reclus, à la limite de la misère... Cette étude vient quelque peu recadrer cette perception.

 

L'essayiste adopte une approche systémique, en analysant dans un premier temps la vie de HPL, et la façon dont elle a influencé son oeuvre. Ce qui domine celle-ci est ce qu'on nomme Le Mythe de Cthulhu ; on pourrait le résumer en disant qu'il concerne des légendes au sujet de divinités anciennes, voire antédiluviennes, qui dorment dans les profondeurs de la Terre, et que la visite impromptue par des humains risque de réveiller. Le second niveau de référence, c'est la Nouvelle-Angleterre, que Lovecraft a bien arpentée dans sa jeunesse et dans laquelle il a toujours vécu. La troisième structure mythique est représentée par l'enfance de l'auteur, une période heureuse dont il a profité sans réserve.

 

Didier Hendrickx passe ensuite aux influences littéraires de Lovecraft. Les novices pourraient croire qu'hormis Poe et... euh Poe, les auteurs fantastiques de la génération précédente sont inexistants. Mais le Reclus de Providence avoue dans ses nombreuses lettres sa dette envers trois auteurs. Poe bien sûr, pour sa science de la nouvelle, mais aussi sa faculté à retranscrire l'étrange sans tenir compte des carcans moraux. Mais aussi Lord Dunsany, dont la littérature atteint parfois des dimensions cosmiques, avec des créatures immatérielles souvent entourées de beauté. Un auteur qui place le rêve au centre des ses histoires également, un principe dans lequel Lovecraft a largement puisé pour écrire. Le troisième auteur qui l'influença fut Arthur Machen, auteur gallois dont l'oeuvre est pétrie de légendes locales, remontant à l'époque où son pays était sous influence romaine... Lovecraft, de son vivant, a connu des continuateurs, qu'il a considéré comme des contributeurs à son oeuvre, notamment dans l'univers de Cthulhu. Ainsi Clark Ashton Smith, Robert E. Howard, Frank Belknap Long, Robert Bloch et August Derleth sont à ranger dans le cercle "cthulhusien", selon les propres mots de l'essayiste. A la mort de l'écrivain, en 1937, nombre d'autours continueront à élargir et enrichir cet univers, mais peu à peu celui-ci perdra de sa substance, pour devenir le substrat de simples récits d'aventures. Certains observateurs parleront même de pillage. Certains de ces continuateurs, dont Derleth, ont par ailleurs installé une opposition typiquement judéo-chrétienne entre le Bien et le Mal, dénaturant ainsi complètement le propos de l'oeuvre lovecraftienne...

 

Dans la partie suivante, Didier Hendrickx rentre dans les caractéristiques de l'oeuvre de Lovecraft. Tout d'abord, une dégradation de l'environnement au sein de son histoire. Le décor, et son côté sombre participent forcément à l'atmosphère du récit. Grouillements, ruines, multitudes, pourrissement, tout le spectre y passe au fil des nouvelles et romans. Cette dégradation spatiale est parfois accompagnée d'une perturbation temporelle : passé, présent et futur s'entremêlent, le narrateur est vite perdu, et le lecteur avec. Ils retombent parfois en enfance, sans entrevoir la moindre chance de sortie. Au cours de ces voyages intérieurs et extérieurs, les héros de Lovecraft rencontrent des créatures immémoriales, monstrueuses et -semble-t-il- invincibles. Les rapports du narrateur avec ces créatures se définissent par une répulsion teintées de fascination.

 

Ces impressions visuelles sont souvent accompagnées de bruits, de musique et d'éléments de langage au sens souvent bien définis. Soit ils sont incompréhensibles et renforcent l'atmosphère d'inquiétude ; soit ils ont un pouvoir permettant de communiquer, voire de contrôler les créatures que le narrateur rencontre. La partie concernant ces éléments est la plus courte de l'essai, et je ne peux m'empêcher de penser qu'il s'agit plus d'une ébauche, ou d'une première approche, et que le sujet aurait eu besoin de plus de développements.

 

Au fil de son analyse Hendrickx relève les analogies entre Randolph Carter, héros de Démons et Merveilles, et Lovecraft lui-même. De là à parler d'alter ego, il n'y a qu'un pas que l'essayiste franchit en prenant ses précautions toutefois.

 

Autour de la notion d'écriture, dont l'oeuvre de Lovecraft semble n'être qu'une gigantesque parabole, l'auteur a utilisé différentes utilisations : des hiéroglyphes, des bibliothèques, etc. Ici Didier Hendrickx rapproche son analyse de la nature ci-devant immortelle des Anciens. Je n'ai pas trop compris le cheminement de sa démonstration, mais nul doute qu'une relecture s'impose.

 

Lovecraft, outre ses écrits fictionnels, est aussi connu pour son innombrable correspondance -avec d'auteurs auteurs, des éditeurs, des écrivains-. On parle de 100 000 missives, dont une partie seulement a été publiée. L'auteur y parle de ses obsessions, sa façon d'écrire, la catharsis qu'elle revêt, etc. Mais il est à noter qu'un grand nombre de ses histoires sont elles-mêmes des lettres, ou des journaux intimes. Des relations épistolaires où celui qui écrit se trouve bien souvent dans un état de stress extrême, une inquiétude dévorante ou une folie sur le point de le submerger. L'écriture est un acte solitaire, et la solitude du héros lovecraftien est érigée au rang de mythe. Un autre élément est celui de l'apparence physique des interlocuteurs rencontrés par les héros de Lovecraft ; une part de leur hérédité cache une abomination, et rien ne dit qu'un gêne récessif pendant des millénaires ne ressortirait pas un jour. Ainsi certains personnages se retrouvent avec des attributs humains et non humains. Pourquoi cette peur de l'hérédité ? Hendrickx nous ramène à l'histoire personnelle de l'écrivain, dont le père est frappé de paralysie complète alors qu'il a 10 ans. Lui-même connaîtra des ennuis de santé qui l'empêcheront de finir ses études, et l'amèneront à craindre un sort comparable à celui de son géniteur.

 

Se réfugiant dans ses lectures et de rares fréquentations intellectuelles, Howard acquiert un certain nombre de certitudes, souvent liées à la Nouvelle-Angleterre du XVIIIème siècle, avant l'Indépendance. Un esprit rétrograde, conservateur, voire réactionnaire si l'on veut prendre des raccourcis. Les idées de tolérance, de liberté et d'égalité dégénèrent la civilisation anglo-saxonne. C'est pourquoi on peut le taxer -là encore en schématisant- de sympathie pour les idées fascisantes, bien qu'il n'ait presque pas connu la montée européenne des partis véhiculant des idées. Ses écrits regorgeant de monstres sont en quelque sorte le reflet de son opinion concernant les dernières vagues d'immigration aux Etats-Unis, lorsque des "races inférieures" viennent souiller en grouillant les bas-fonds des grandes villes... Lovecraft clame dans ses lettres son admiration pour le Teuton grand, mince et blond, il a lu Mein Kampf... Oui, cela paraît puant à notre époque (encore que, pas pour tout le monde...), mais à l'époque, ce n'était pas si rare. Par ailleurs Lovecraft lit très tôt Nietzsche et Schopenhauer, et hérite du premier la conviction que l'Homme n'a aucun but, qu'il est perdu face à l'immensité de l'univers et qu'il ne pourra infléchir son destin.

 

Conscient de l'incomplétude de son étude (quid par exemple de l'absence de personnages féminins dans ses écrits ? de l'origine des noms de ses Anciens ?), Didier Hendrickx s'en va donc rédiger une conclusion provisoire, réitérant les différents points abordés auparavant, mais va un peu plus loin en nuançant certains d'entre eux. L'amour inconditionnel d'Howard pour Providence, sa ville, se teinte d'admiration pour celle de Québec, qu'il visita en 1930. Son adoration pour la civilisation gréco-romaine. Son ethnoculture limite fascisante, qui s'infléchira vers la fin de sa vie, en allant vers plus de paternalisme et de pédagogie. Son rejet initial de tout ce qui concerne la religion, qui se mue en reconnaissance pour ce que celle-ci a apporté en termes d'arts.

 

Didier Hendrickx s'est donc efforcé, dans son essai, de montrer toute la complexité d'un auteur fondamental, au croisement de nombreuses influences littéraires et philosophiques. Je ne saurais juger de la validité de ses thèses, ne connaissant pas suffisamment le background lovecraftien. Il n'en reste pas moins que cette étude est une première approche abordable, parfois un peu sinueuse, mais recommandable pour celle ou celui qui souhaiterait en savoir plus sur cet auteur extraordinairement méconnu.

 

Spooky.

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://www.grund.fr/images_livres/zf/9782324000119.jpg 

Né sans marque, après une adolescence où il ne trouvait pas sa place, Cahyl le jeune Fedeylin a bravé mille dangers en exil pour sauver son peuple. La paix avec les Gorderives revenue, Cahyl erre à présent sans occupation au sein de son peuple. Mais le départ inopiné de sa mère et l'appel à 'laide de l'un des Pères fondateurs le mettent à nouveau en activité, sur la piste des légendes qui ont construit le peuple fedeylin...

 

Cette saga de fantasy au coeur d'une peuplade à l'existence totalement régie par un système de castes, engoncée dans des croyances inébranlables, m'a beaucoup plu. Un système à nouveau menacé de disparition avec la maladie de l'un des cinq Pères, les seuls fondateurs du clan. Touché au plus profond par cette tragédie en cours, Cahyl dont donc lui trouver un successeur. Commence alors un jeu de piste au coeur des textes fondateurs de la société fedeylin, des (rares) récits de voyage...

 

A l'aventure plus pure des deux premiers tomes succède donc une espèce d'enquête archéologique, où Cahyl découvre bien des choses concernant l'histoire et les légendes de son peuple... Au fil des pages, on mesure la logique du récit, la plupart des questionnements trouvant leurs réponses en amont ou en aval, les expériences passées du jeune fedeylin lui servant pour progresser. Nadia Coste avait donc bien préparé son récit en trois volets. La qualité de son écriture et son sens du dosage de l'intrigue permettent de suivre aisément ce récit, découpé en chapitres courts. On tourne les pages sans s'en rendre compte, impatient d'en savoir plus.

 

Cahyl est un personnage doué d'empathie, mais pour lequel nous en ressentons tous. Ses compères habituels, Glark et Sperare, ne l'accompagnent plus trop, mais il rencontre d'autres personnages qui vont fortement influer sur ses recherches et son destin...

 

La parution du tome 4, qui conclura la saga, n'en est que plus attendue...

 

A noter que ma camarade Acr0 parle très bien de l'oeuvre de Nadia Coste.

 

Spooky.

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51ZwCDOE0bL._SL500_AA300_.jpg

 

Après avoir été enlevé à la fin du troisième tome, nous retrouvons Roland Cœur de Lion et ses amis Haut-Conteurs. Prisonnier dans des grottes froides et sans lumière, Roland ne se souvient plus de rien, sa mémoire lui fait défaut. Les sorcières utilisent des plantes nocives pour droguer Roland et lui faire tout oublier… jusqu’à son surnom.


Perdu dans une grotte glacée, Roland est amnésique et prisonnier de sorcières qui l'empêchent de recouvrer la mémoire. Il tente de percer le mystère de ses bourreaux sans perdre l'esprit mais la folie est inlassable. Elle le dévore peu à peu et même un Cœur de Lion ne saurait lui résister. Pourtant les réponses aux questions qu'il s'est toujours posées sont à portée de voix... Car ses geôlières semblent tout savoir du Livre des Peurs. A Rome, Alexandrie ou dans les Alpes, les Haut-Conteurs cherchent Roland et Mathilde la Patiente. La jeune Eléna, le truculent Bouche-Goulue, Salim l'Insondable et Corwyn le Flamboyant collectent des indices partout et progressent vers le nord de l'Europe, sur la piste des 13 damnés et des origines du Livre des Peurs. Sont-ils prêts à découvrir ce que nul Conteur avant eux n'avait seulement osé imaginer ? Voici venue l'histoire mère de toutes les histoires, voici venu le temps des révélations...

 

Une couverture sombre et inquiétante, des taches de sang… Avant même d’ouvrir le livre, l'ambiance est posée. Ce nouveau tome est beaucoup plus noir que les autres. L’angoisse nous pèse et nous oppresse. On ressent bien la détresse de Roland lors de sa capture et de ses tentatives d’évasions. Même quand nous le quittons pour suivre ses amis Haut-Conteurs partis à sa recherche, nous ressentons leurs paniques et leurs doutes grandir. Les uns sont enfermés et ne désirent qu’une seule chose, partir loin de cette prison. Les autres sont libres mais ne veulent qu’une chose, trouver cette prison afin d’y sauver leurs amis.


Ce territoire hostile dans les montagnes est un véritable dédale. Les scènes peuvent nous paraître répétitives car elles seront vues plusieurs fois par des personnages différents. Une impression de déjà vu qui nous marque et nous montre à quel point Roland et Mathilde ont dû souffrir. Cette sensation d'enfermement est contrebalancée par les voyages que leurs amis Corwyn, Eléna, Bouche-Goulue, etc. font pour trouver des informations sur les 13 damnés.


Les auteurs arrivent à nous distiller des pistes et des révélations au goutte-à-goutte, maintenant ainsi le suspens et la tension. Des alliances inattendues et plus ou moins bienheureuses viendront pimenter l’action. Ce nouveau tome se détache des autres par sa noirceur mais surtout par des scènes de combats sanglants ainsi que des scènes de tortures. Le lecteur qui suit cette série grandit et vieillit comme Roland Cœur de Lion. Ce n'est plus le garçon du petit village anglais. C'est un jeune homme qui veut et à besoin de s'affirmer. Un récit à couper le souffle du début à la fin. L'action est présente ainsi que les moments de réflexion et de recherche de codes comme le font si bien les Haut-Conteurs. Même si la série change un peu de style, on aime suivre Roland et ses amis dans leurs nouvelles aventures.

 

Ewelf

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/4/2/8/9782253134824.jpg

 

Dans l’univers de The Walking Dead, il n’y a pas plus méchant que le Gouverneur. Ce tyran sanguinaire qui dirige la ville retranchée de Woodbury a son propre sens – complètement déviant – de la justice, puisqu’il organise des combats de prisonniers contre des zombies dans une arène pour divertir les habitants, ou qu’il tronçonne les extrémités de ceux qui le contrarient… Sa rencontre avec les héros de la série couvre plusieurs épisodes et en constitue le point fort. Mais aucune explication sur la cause de sa folie et ses manies n’est donnée : pourquoi aime-t-il se détendre en regardant la « télé » (c’est-à-dire 53 aquariums remplis chacun d’une tête de zombie animée) ? Pourquoi a-t-il des rapports malsains avec Penny, une zombie de 12 ans qu’il garde en laisse et à qui il a arraché les dents pour pouvoir l’embrasser ? L’Ascension du Gouverneur décrit son parcours et celui de ses proches depuis le début de l’invasion zombie jusqu’à la prise du pouvoir à Woodsbury. Il s’attache ainsi au premier mois de l’invasion, période non couverture par la BD puisque Rick la passe dans le coma.

 

Depuis presque le début de la parution de The Walking Dead en France, je suis un grand fan. J'ai tous les comics traduits, je suis la série TV, et je jette un oeil attentif à l'avancement du jeu video, bien que les survival-horror ne soient pas forcément ma tasse de thé en termes de videoludicité. Lorsque j'ai appris qu'un roman se passant dans cet univers paraissait, je n'ai pas beaucoup tergiversé, bien qu'ayant toujours la crainte d'une qualité variable, comme en témoignent les romans Star Wars, par exemple.

 

Très vite mes craintes ont été balayées. Sous le haut patronage de Robert Kirkman, créateur de la mirifique série, c'est Jay Bonansinga, auteur de quelques thrillers, qui s'y colle. Et, le jeu de mots est facile, c'est une tuerie.

 

Jay Bonansinga accroche tout de suite le lecteur par un sens du suspense incroyable, on est tout de suite pris par l'histoire, qui passe sans arrêt par des scènes d'action entre les périodes plus calmes, plus introspectives. Etant donné que le but de ce roman est de nous présenter le futur Gouverneur, l'auteur prend le temps de bien développer ses personnages, entre Philip le colosse qui commande, Brian l'introverti qui réfléchit, Nick le suiveur croyant (eh oui, malgré l'ambiance d'Armageddon...), et même Penny la petite fille qui essaye de tenir dans l'horreur ambiante. On s'attache très vite à ce petit groupe, dont on se demande comment il va bien pouvoir se sortir des situations impossibles où il se retrouve. Bien sûr, le facteur chance entre en ligne de compte, il en faut sinon l'histoire s'arrêterait au bout de 20 pages (et non 350). Tout y est : l'ambiance crépusculaire, la peur permanente des Bouffeurs ou des pillards, l'instinct de survie chevillé au corps... Et, détail non négligeable, la plupart des scènes sont visuellement très bien décrites, ce qui fait qu'on s'imagine tout à fait la scène dans l'ambiance de la série TV. Et -je ne sais pas si c'est dû à l'auteur ou au traducteur- la langue est très diversifiée, vivante, dynamique.

 

Mais ne vous inquiétez pas, si vous ne connaissez pas la série de comics ni la série TV (dont les protagonistes n'ont pour l'heure pas encore croisé la route du Gouverneur), vous ne serez pas perdus. Ce roman peut se lire de façon indépendante, il se suffit à lui-même, même si sa fin laisse le lecteur dans l'attente d'une suite, qui se trouve dans les comics. Tiens parlons-en de cette fin, qui est vraiment forte, c'est un retournement de situation bien amené. Bonansinga, Kirkman et les éditeurs nous ont bien eus sur ce coup-là.

 

Spooky.

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://www.hunger-games.fr/IMAGES/LIVRES/hungergames.jpg

 

Alors que vient de débouler sur nos écrans le film adapté du premier tome de cette série de fantasy à succès, je me suis dit qu'il était temps de découvrir cet univers.

 

On y découvre l'histoire de Katniss Everdeen, une jeune adolescente de 16 ans, qui vit dans une Amérique post-apocalyptique, connue sous le nom de Panem. Un puissant gouvernement répressif, le Capitole, qui s'est formé après une période de troubles et de destruction, contrôle les treize districts qui forment le Panem. Après la rébellion du 13e district, qui sera complètement rasé, le Capitole crée un jeu télévisé appelé Hunger Games, qui consiste à choisir deux enfants entre 12 et 18 ans dans chacun des 12 districts (soit 24 participants) et de les faire se battre à mort dans une arène où il ne peut y avoir qu'un seul gagnant. Lors de la 74e édition, la jeune sœur de Katniss, Primrose, est choisie pour participer aux Hunger Games. Mais Katniss se porte volontaire afin de la sauver, devenant instantanément la chouchou du public. Les préparatifs commencent, l'exposition médiatique, puis les Jeux eux-mêmes, où chacun devra préserver sa peau... ou pas.

 

 

Hunger Games est une série (trois tomes à ce jour) qui a remporté un succès que l'on peut qualifier de mondial. Destiné au public adolescent, il est écrit avec une plume acérée, Suzanne Collins étant scénariste pour la télévision depuis plusieurs années.

 

A noter qu'un site français s'est emparé du phénomène.

 

J'ai vraiment été agréablement surpris par le bouquin. Suzanne Collins prend son temps pour poser son univers, cohérent, puis pour décrire les préparatifs, Katniss devenant une véritable star de télévision, aux détriments de sa personnalité et de ses convictions. Ensuite vient l'action, avec le début proprement dit des Jeux. Tout n'est alors que survie, Katniss doit gérer ses maigres ressources, être sans cesse à l'affût, trouver à manger, éviter ses concurrents, car au final, il ne doit en rester qu'un... ou pas. Car certaines années aucun tribut ne survit aux Jeux de la Faim (traduction littérale du titre).

Alors bien sûr, si vous avez un peu de culture manga ou cinéma japonais de genre, ça vous fait irrésisitiblement penser à Battle Royale, dans lequel un groupe de collégiens doit s'affronter sur une île déserte. Le principe n'est ici pas tout à fait le même, les concurrents ne se connaissant pas au départ, sauf deux par deux éventuellement, et apprenant chacun les forces et faiblesses des autres pendant les préparatifs et au fil de l'épreuve, s'ils en ont le temps. De plus ils bénéficient d'un coaching, même s'ils portent sur leur tête tout le poids de leur district, et celui de la culpabilité relative à la dette que chaque district doit payer... Cette dimension n'est pas forcément appuyée dans ce premier tome, mais l'est peut-être par la suite (à noter que le premier tome comporte en bonus le premier chapitre du deuxième opus). Au-delà du survival dystopique pur Suzanne Collins nous propose donc une étude assez fine de la manipulation par les media, des éléments de géopolitique pas inintéressants, mais aussi... de la romance. Car un amour contrarié entre Katniss et son camarade de district est mise sur pieds par leur mentor afin de faire fléchir l'opinion publique en leur faveur. Mais Katniss n'oublie pas Gale, son compagnon de chasse... Ce côté midinette m'a un pêu freiné, mais après tout, elle a 16 ans et découvre ses premiers émois... Voilà, Hunger Games pourrait donc, en raccourci, être défini comme un mélange de Running Man, de Battle Royale et de Twilight (pour le côté romance maudite).

 

Un univers qui est donc plus riche et dense qu'il n'y paraît, et je suis curieux de voir l'adaptation qui en a été faite, même s'il y a forcément eu des concessions. Et je lirai la suite, bien sûr.

 

Spooky.

Voir les commentaires

<< < 10 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 40 > >>

Archives

Articles récents

Hébergé par Overblog