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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

livres

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

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« Aujourd’hui encore, je ne sais pas pourquoi je suis monté dans cette voiture. Sans doute parce qu’un autre que moi en avait décidé ainsi. Je sais juste que la portière s’est ouverte, la portière s’est refermée. Entre les deux, j’ai eu le temps de m’asseoir et de boucler ma ceinture. »

Quand deux paumés décident de jouer aux cow-boys sur des routes où les pompes à essence ont remplacé les Indiens, cela donne une course folle et déjantée entre Bordeaux et Montélimar, soient 4000 kilomètres en dents de scie à manger des sardines à l’huile et des gâteaux secs, à foutre le feu aux forêts et à vider un fusil pour secouer le décor…

 

C'est sûr, voilà un road-movie assez déjanté... Aux commandes, Sébastien Gendron, qui a écrit un tome du Poulpe, un habitué des récits qui vous remuent les tripes. Ici les deux paumés sont vraiment à baffer presque du début à la fin, même si on se doute que Vincent suit Carell dans sa cavalcade idiote parce qu'enfin il se passe quelque chose dans sa vie, et tant pis si ça doit se faire à coup de chevrotines, et à bord d'une longue liste de bagnoles volées... Au cours de leur errance, les deux couillons (Carell est un modèle de compétition) vont croiser la route d'une pute plus de la première fraîcheur, d'une secte millénariste, d'un dabiste à crampons, d'une infirmière attachante et de bien d'autres personnages assez croquignolets... 

 

La plume de Gendron est alerte, nerveuse, sa langue est très moderne sans être faussement à la page, et les éructations langagières de Carell sont entrecoupées d'expressions relevant du patois bordelais. Forcément, ça me parle, c'est ma région d'origine. Le roman démarre sur les chapeaux de roues, mais semble connaître des défaillances vers la moitié, j'ai un peu l'impression que Gendron a voulu mettre beaucoup de péripéties en peu de pages, et du coup le mécanisme de grippe un peu. Il y a aussi un peu trop de personnages (un ou deux...) pour que ce soit réellement maîtrisé. Mais c'est une lecture qui fait passer un bon moment, on se délecte à lire les ennuis que se créent tous seuls ces abrutis intersidéraux que sont Vincent et Carell.

 

Pas une lecture exceptionnelle, mais la découverte d'un jeune auteur qui a probablement beaucoup d'avenir...

 

Et je me rends compte que ce récit plairait peut-être à Stéph...

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

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Déjà le troisième tome pour la trilogie de David S. Khara aux Editions Critic. Si j'avais découvert le monsieur avec ses Vestiges de l'Aube (initialement chez Rivière Blanche, entre-temps réédité dans une nouvelle mouture chez Michel Lafon), c'est bien son Projet Bleiberg qui aura marqué la reconnaissance du public envers l'auteur.

 

Comment en effet minimiser l’explosion Bleiberg, qui atteint aujourd'hui les 100 000 exemplaires vendus, pour un tirage initial de 1 500 exemplaires ? Force est de constater que même moi, qui avais pourtant apprécié Les Vestiges de l'Aube, j'ai incomparablement plus accroché à Bleiberg et ses suites. Parce que le mélange d'Histoire et d'histoire est franchement réussi, que les personnages sont attachants et que le montage hollywoodien de la trame scotche d'emblée le spectateur, qui n'a pas franchement le temps de reprendre son souffle en cours de lecture.

 

Ce troisième opus va une nouvelle fois mettre Eytan Morgenstern face aux dirigeants du Consortium, qui oeuvrent depuis des siècles dans l'ombre et sont notamment à l'origine des expériences qui ont transformé le jeune enfant en machine à tuer quasi-indestructible. Cette fois-ci, c'est aux proches d'Eytan qu'ils vont s'attaquer, espérant que le géant pliera sous la menace. C'est mal connaître l'agent du Mossad et l'affection que lui portent ses amis, depuis Jérémy et Katherine en passant par Eli et Avi. Chacun, avec leurs forces et leurs faiblesses, vont accompagner leur ami et l'aider à remonter la piste de ceux qui s'attaquent une fois de plus à eux. En parallèle, l'auteur lève un peu plus du voile qui recouvre le passé d'Eytan, remontant à la période où il venait tout juste de s'évader du camp de Stutthof. De quoi comprendre un peu plus la psychologie du personnage, et les différentes étapes par lesquelles il a pu passer avant de devenir l'agent qu'on connaît. Ce qui est également vrai pour les autres personnages, auxquels on finit sans mal par s'attacher.

 

Le lecteur est d'emblée propulsé dans l'histoire, et les enchaînements de l'intrigue n'offrent aucun temps mort. Cinématographique dans son approche des scènes d'actions, et la description des réactions de ses personnages, l'auteur maintient d'un bout à l'autre du roman son emprise sur l'esprit du lecteur. Sans compter que le fond de l'histoire, qui s'intéresse aux recherches sur la biomécanique, est une nouvelle fois parfaitement intégré, sans donner à aucun moment l'impression de faire dans l'encyclopédique. Tout en choisissant un cadre plus contemporain, les éléments d’Histoire ici utilisés remontant à la guerre du Golfe (si on excepte les flashbacks ayant trait au passé d’Eytan).

 

J'avais franchement aimé Le projet Bleiberg, presque davantage Le Projet Shiro, et voilà que Le Projet Morgenstern prend le dessus du peloton. Depuis ses premières armes avec Les Vestiges de l'Aube, il n'y a pas de doutes, David S. Khara a fait mûrir sa plume. Les liens entre Histoire et histoire sont plus maîtrisés, les personnages plus travaillés, le style hollywoodien gagne en efficacité au fil des romans. Bref c'est du tout bon. J'ai hâte de voir ce que le Monsieur nous réserve pour la suite. 

 

Vladkergan

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Publié le par Spooky
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May, dix ans, est peut-être en train de mourir. Le Dr Goldberg l’a envoyée dans la maison ronde, au milieu de la forêt, rejoindre Thomas et Lola, Nora et la docteure Anne, chargés de distraire les enfants malades. Et de leur apprendre le monde. Un monde qui ressemble au nôtre. Mais qui en est prodigieusement distinct et distant. Où tout est différent, subtilement ou violemment. Encore heureux qu'il y ait le changement, sans lequel la vie ne vaudrait pas d'être vécue. Et l'Extension, si vaste qu'elle cache peut-être ce que May nomme en langage grimm’s mondo paradisio.

 

Michel Jeury, au début des années 1970, a changé la science-fiction avec sa trilogie, Le Temps incertain, Les Singes du temps et Soleil chaud poisson des profondeurs. Il revient au crépuscule de sa vie d'auteur avec ce roman gigogne, qu'il appelle lui-même son testament au genre. J'ai été désarçonné presque d'entrée de jeu, et j'ai dû cravacher en cours de lecture pour raccrocher les wagons. Car ce roman se déroule dans un monde en déliquescence, un monde qui tourne autour de May, laquelle, ainsi que les autres personnages (si j'ai bien compris), créent d'autres réalités, générées par des changements. A l'issue de ces changements, chacun n'est ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre, et garde un vague souvenir de sa vie passée. C'est assez déroutant, car ils changent aussi de noms, de caractères...

 

Là où Jeury m'a vraiment touché, surpris, c'est dans l'invention d'une sorte de novlangue, un Espéranto fortement inspiré du français avec des touches d'anglais, composé parfois de mots-valises, parfois de termes tronqués tout aussi évocateurs... Il y a ainsi plusieurs niveaux de langage, plusieurs "langues" suivant le plan de réalité -ou la phase- où l'on se trouve, ce qui donne une véritable identité à ce roman.

 

Jeury n'exclut pas le souci de l'écologie, l'attention à l'autre au travers de son personnage de May, une adolescente un peu frivole mais aussi attentive au monde qui l'entoure (animaux, hélicoptères...). Il y a de la poésie dans May le Monde, c'est indéniable.

 

Et au final, Jeury ne tranche pas : avons-nous simplement suivi une histoire avec des identités multiples, ou s'agit-il simplement d'une sorte de mécanisme de défense de la petite May, dans un état critique ? C'est dans cette ambigüité, à mon sens, que tient le véritable intérêt du roman. Dans le doute.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

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Jake Epping, professeur d’anglais à Lisbon Falls, n’a pu refuser d’accéder à la requête d’un ami mourant : empêcher l’assassinat de Kennedy. Une fissure dans le temps va l’entraîner dans un fascinant voyage dans le passé, en 1958, l’époque d’Elvis et de JFK, des Plymouth Fury et des Everly Brothers, d’un taré solitaire nommé Lee Harvey Oswald et d’une jolie bibliothécaire qui deviendra le grand amour de Jake, un amour qui transgresse toutes les lois du temps.

 

Ce 22/11/63 était précédé d'une réputation très flatteuse. 

 

En effet, ce roman énorme (plus de 900 pages pour l'édition française, écrit plus petit que d'habitude, sur un papier également plus fin pour rendre moins épais le bouquin) ramène l'auteur sur certaines de ses terres préférées. Pas celles de l'enfance, qu'il a largement explorées (mais j'y reviendrai dans un autre post), mais bel et bien celles de l'Amérique profonde, celle qui trouve les racines de sa culture actuelle dans les années 1950-1960, lorsque plusieurs évènements tragiques ont marqué leur histoire. Car dans la foulée de l'assassinat de JFK, c'est celui de Martin Luther King qui survient, puis l'engagement au Vietnam, dans lequel s'embourbent les Américains, etc.

 

Encore une fois l'élément fantastique n'est qu'un prétexte. Celui qui lui permet de nous montrer ces Etats-Unis des années 50, de son Maine natal au Texas semi-rural, en passant par la Floride. L'occasion de raccrocher ce nouveau roman à sa mythologie personnelle, puisque la ville de Derry, dévorée de l'intérieur par le Mal, y est une nouvelle fois montrée (après Ça, Simetierre, Sac d'os et Insomnie), est le théâtre d'une partie du roman, et que le personnage principal y croise des protagonistes de Ça en particulier. Il va donc par la suite à Dallas, théâtre de l'attentat sur la président, vite comparée à Derry : une ville moche, sans attrait, où il décide de ne pas rester. Très vite il s'installe à Jodie, petite ville à taille humaine, comme les apprécie King. Là, il va faire son trou, se construire une nouvelle vie, au point de ne plus avoir envie de rentrer dans sa "véritable" époque... Et King sait s'y prendre pour nous faire aimer une époque, un lieu : la confiance des gens, leur simplicité... Mais loin de se comporter comme un nostalgique un brin réac (pour info Stephen King avait entre 12 et 18 ans à l'époque), il sait remettre les choses à leur place. Juste après un passage "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil", il vous balance comme ça, sans prévenir, un petit rappel de la condition des personnes de couleur, en prenant comme exemple les "toilettes" qui leur sont réservées sur une aire d'autoroute...

 

Autre clin d'oeil en passant, Jake voit à plusieurs reprises une plymouth Fury 1958, une voiture chargée d'histoire puisqu'elle est l'héroïne-titre de Christine, l'un de premiers succès de l'auteur dans les années 1958. King l'intègre même de façon plus forte dans le récit, puisqu'à chaque fois que le héros en croise une, il ressent une sorte de tintement de cloche dans son esprit, peut-être une manifestation du passé, du destin, lui signifiant qu'ils sont à l'oeuvre pour l'empêcher de les changer.

 

22/11/63 c'est aussi une petite mise en abyme de la vie de Stephen King ; comme lui, Jake Epping est enseignant en anglais ; comme lui, il se met à écrire pour raconter la société dans laquelle il vit ; et bien sûr, le bouquin qu'il écrit (enfin, l'un des deux, puisque 22/11/63 est son oeuvre principale, le roman étant à la première personne) raconte une ville possédée par le Mal (ce qui est raconté dans Ça, si vous avez suivi...). Tout est lié, chez King.

 

Le rythme de ce roman est branché sur courant alternatif. Le roman a un peu de mal à décoller avant la page 200, mais après il est suivi par plusieurs moments d'anthologie : les rencontres des adolescents de Derry ; la station-service dont j'ai déjà parlé ; la scène de représentation théâtrale des lycéens de Jodie, la disparition de plusieurs personnages secondaires attachants... Jake, alias George, avait réussi à s'installer dans une certaine routine à Jodie, et le récit a connu, entre les lignes, quelques petites longueurs.

 

Vous l'aurez compris, cette lecture fut assez frustrante. Pour les raisons déjà évoquées, mais aussi du fait que King reste, malgré les évolutions récentes dans son oeuvre, un page-turner de compétition, une qualité qui devient un défaut dans un roman où on a l'impression que chaque détail compte, puisque tout ce que Jake fait, les gens dont il influence la vie, tout peut avoir une résonance plus ou moins forte dans le futur, qu'il soit de quelques jours ou de cinquante ans... Il prend soin de ne pas influer sur l'affaire qui l'a mené en cette époque, à savoir l'assassinat de JFK, mais sa présence va bien sûr changer quelques destinées, d'autant plus en tant qu'enseignant...

 

Le voyage dans le temps, a fortiori dans le passé, sous-entend bien sûr des paradoxes temporels, un élément du tapis narratif dans lequel plusieurs générations d'écrivains se sont pris les pieds au cours de leurs tentatives. King évacue la difficulté en plaçant le temps, ou plutôt le passé, comme un acteur à part entière, qui "corrige" en temps réel les éventuelles perturbations sur l'histoire "déjà écrite"... Ainsi plus Jake approche de son objectif, plus les obstacles augmentent, jusqu'à frôler le ridicule parfois. Curieusement, lors de cette séquence, j'ai pensé aux films Destination finale, où une bande d'adolescents échappe de peu à la mort en refusant au dernier moment de monter dans un avion qui va se crasher, et où la mort s'ingénie à vouloir réparer cette erreur. Je digresse mais cette idée que le temps (dont la mort n'est, finalement, qu'une division ou un agent) m'a séduit. Et le Mal est permanent, mais le Bien aussi, puisqu'il est à l'oeuvre, surout dans les dernières pages du roman, très émouvantes. 

 

Au final mon avis sur ce nouvel opus, que King a mis près de deux ans à réaliser (après y avoir songé une première fois en... 1972) est largement positif. L'écriture y est -comme souvent chez l'auteur- maîtrisée, sur le plan technique et sur le plan narratif : truffé de petits détails fort importants, utilisant la boucle à la fois comme motif et comme sujet, proposant des portraits brillants d'une Amérique révolue, c'est un roman qui restera dans les mémoires, non seulement grâce à ces qualités, mais aussi grâce au sujet, l'assassinat de Kennedy, qui marqua un tournant dans l'histoire des Etats-Unis. Cinquante ans après, l'Oncle Sam est encore marqué...

 

A noter deux petites choses dans cette édition française (et certainement déjà présentes dans l'édition en VO) : au début de certains chapitres se trouvent des clichés, datant de l'époque de l'histoire, comme le bâtiment d'où Oswald a tiré sur le Président, d'autres lieux -réels- où se déroule l'action, une scène de danse, puisque la danse est au coeur de plusieurs scènes-clés, ou encore les portraits d'Oswald, du général Walker... Une première dans les romans de King, il me semble ; mais il est vrai qu'il s'agit de son premier roman aussi ancré dans l'Histoire véritable...


L'autre point est la postface, réalisée par King lui-même (comme c'est toujours le cas il me semble), dans laquelle il signale un petit évènement, ou plutôt deux, qui ont changé la direction de cette Histoire véritable. Toujours ce souci des petites choses qui changent tout... Il évoque aussi, rapidement, sa position concernant les armes à feu, une position qu'il développera plus tard dans Guns, sorti aux USA au début de cette année. Il s'agit plus d'un essai que d'un roman. Je suis curieux de le lire, si Albin Michel a acheté les droits.

 

Il ne s'agit peut-être pas du meilleur roman de King (Dôme, sorti il y a deux ans, m'a un peu plus marqué), mais ce roman contient en creux beaucoup d'éléments inhérents à l'oeuvre de King, il s'inscrit dans sa "mythologie" grâce à des personnages ou des décors, et ose affronter frontalement l'un des évènements majeurs du XXème siècle pour son pays, un évènement qui a déjà fait couler énormément d'encre, et va certainement en refaire couler... Il a également traité le 11 septembre dans une novella très intéressante. Comme l'indique King, il ne faut pas prendre pour argent comptant ce qu'il a écrit sur Oswald, il a "arrangé" ce qu'on en sait pour servir son histoire. Et c'est bien normal. C'est un très grand roman.

 

Spooky

 

NB : en complément, la page dédiée sur le site du Club Stephen King

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

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Son nom est Corvus. Il deviendra un grand roi. Vingt-trois ans ont passé depuis que les Macht ont retrouvé le chemin de leur foyer après la lutte contre l’Empire Asurian. L’homme qui dirigeait cette armée, Rictus, est maintenant un capitaine mercenaire âgé et fatigué. Il ne souhaite rien d’autre que poser sa lance et devenir le fermier que son père était. Mais le destin ne voit pas les choses de cette façon. Un jeune chef de guerre, stratège de génie, prend la tête des mercenaires et défie les nations. Son nom est Corvus. Les rumeurs prétendent qu’il n’est pas seulement humain. Il deviendra un grand roi.

 

Corvus est le second tome d'un cycle de fantasy épique écrit par Paul Kearney, entamé par 10 000 - au coeur de l'Empire. L'une des caractéristiques de l'oeuvre de Kearney est que ces tomes peuvent se lire indépendamment, bien qu'il y ait des personnages récurrents. Ici c'est Rictus, qui après une longue campagne n'aspire qu'à retrouver la paix auprès des siens. Le vent du destin va l'emener sur une autre guerre, aux dimensions presque cosmiques, dont il ne sortira bien sûr pas indemne. 

 

Corvus est construit d'étrange façon. Une première partie, presque la moitié du bouquin, est faite de discussions autour de Rictus, avant de basculer, presque subitement, dans l'action pure et dure, jusqu'à la fin ou presque. Il s'agit bien de fantasy épique, puisque les stratégies militaires y sont largement décrites, rendant les batailles extrêmement vivantes. Mais à côté de cette dimension se trouve un côté tragique, au sens classique du terme, puisque Rictus va être touché dans sa chair (et même la chair de sa chair) au cours de cette guerre. Les personnages revetus d'une aura légendaire vont d'ailleurs descendre de leur piédestal. Cette ambiance très particulière est renforcée par le background très inspiré du decorum de l'Antiquité romaine : nombre d'éléments (noms propres, termes techniques, organisations politiques) s'y réfèrent. 

 

Un autre élément intéressant est la multiplicité des points de vue ; nous sommes du côté de Rictus et Corvus, mais aussi de celui de leurs ennemis, de la famille de Rictus qui l'attend, etc. Pas mal pour bien comprendre la mécanisme de la narration.

 

Personnellement je ne suis pas trop preneur de récits guerriers, où l'adrénaline et le sang remplacent tout autre moteur narratif. Je dois cependant reconnaître que Paul Kearney a une belle écriture, très évocatrice et d'une puissance rare. A lire si vous aimez le genre. A noter que le roman possède en annexe une carte du monde de Kuf (beaucoup plus grand que ne le laisse entendre le cadre de ce roman) ainsi qu'un glossaire des termes militaires spécifiques et des divinités (inventés par Paul Kearney).

 

Spooky

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Publié le par Spooky
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Sur le bureau de Mørck, le dossier d’un double meurtre impliquant une bande de fils de famille, innocentée par les aveux « spontanés » de l’assassin. Mais très vite l’inspecteur s’aperçoit que l’affaire, hâtivement bouclée, comportait des zones d’ombre. Quel rôle ont vraiment joué, il y a vingt ans, trois des hommes les plus puissants du Danemark ?
Cercles très fermés des milieux d’affaires, corruption au plus haut niveau, secrets nauséabonds de la grande bourgeoisie…

 

Troisième plongée dans l'oeuvre de Jussi Adler Olsen avec ce second roman (oui, je les lis dans le désordre) qui nous emmène donc dans les hautes sphères de la bourgeoisie danoise, forcément décadente, et même pire que ça... On n'est plus dans le huis-clos clinique de Miséricorde, ou pas encore dans la traque de Délivrance (qui vient donc plus tard). L'enquête sur des meurtres sordides commis une quinzaine d'années plus tôt mettent Mørck, son assistant syrien Assad et sa nouvelle secrétaire Rose sur la piste d'un groupe de personnages hauts en couleurs, dont une femme qui vit dans la rue mais demeure insaisissable. D'une bonne longueur (540 pages), le roman a du mal à décoller, on a un peu de mal à relier les différentes affaires entre elles, mais l'écheveau se dénoue en cours de route, avec en parallèle quelques scènes d'action bien senties.

 

En outre, et c'est ce qui m'a fait aimer ce roman avant tout, la conclusion est l'une des plus belles que j'aie pu lire. Très émouvante, d'une cohérence parfaite, elle fait partie de mes coups de coeur. Le duo Mørck/Assad est quand même l'un des plus réussis de la littérature... Et Rose promet beaucoup.

 

Spooky

 

pour lire ma chroniques sur l'épisode précédent :

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Publié le par Spooky
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Une école. Un centre de détention psychiatrique. Entre les deux, un couloir souterrain… que les enfants franchissent régulièrement pour rendre visite à leur parent interné. Jan Hauger, qui a réussi à se faire embaucher au sein de ce dispositif expérimental étroitement surveillé, ne rate pas une occasion d’être leur accompagnateur. Mais que cherche-t-il ? Et que se passe-t-il réellement dans les sous-sols obscurs et labyrinthiques de la clinique ? Irrésistiblement attiré par des criminels dangereux et des malades incurables, ne risque-t-il pas de passer définitivement de l’autre côté ?

 

On continue la découverte des polars scandinaves... Cette fois-ci, un one-shot écrit par un auteur suédois, remarqué pour ses atmosphères glaçantes. Ici il nous propose un récit qui est quasiment un huis clos, car 90% de l'intrigue "actuelle" se déroule dans l'école maternelle et l'hôpital psychiatrique attenant. Une atmosphère étouffante, claustrophobique, dans laquelle se débattent quelques personnages (au final une dizaine).  Je parlais d'intrigue "actuelle", car pour bien comprendre les tenants et les aboutissants, l'ensemble du récit s'étale sur trois époques, ayant pour personnage Jan, lequel a vécu une expérience traumatisante dans l'adolescence, suivie d'une rencontre qui va bouleverser sa vie et la placer sous le signe de la vengeance.

 

Je suis moins enthousiaste pour ce roman que pour le travail de Jussi Adler-Olsen ; le caractère suédois est ici absent, le roman pourrait se passer, à peu de détails près, dans n'importe quel pays de l'Europe. Le titre, plutôt frappant, ne reflète pas le contenu du roman. L'auteur propose plutôt une sorte de huis clos un peu étouffant, où l'action est finalement assez peu présente, sauf en denier lieu.

 

Pas désagréable à la lecture, mais moins prenant que d'autres romans... A l'occasion j'essaierai de lire d'autres récits du même auteur.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
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Vous le savez peut-être, je suis un grand fan de la saga en bande dessinée Thorgal. Créée dans les années 1970 par le scénariste Jean Van Hamme et le dessinateur Grzegorz Rosinski, elle raconte les aventures de Thorgal Aegirsson, un homme vivant à l'époque des Vikings, et qui n'a pour seul but que de vivre tranquille avec sa famille. Mais les dieux nordiques ne l'entendent pas de cette oreille, et n'ont de cesse de le mettre à l'épreuve.

 

Ce roman revient sur la genèse de l'histoire, les vingt premières années de l'Enfant des Etoiles, de la découverte de son berceau céleste par Leif Haraldsson, chef viking, jusqu'à la révélation de ses origines... Amélie Sarn, dont j'ai déjà parlé dans le coin, avait à l'époqué été contactée par son éditrice pour adapter trois albums : l'Enfant des Etoiles, La Magicienne trahie et l'Île des mers gelées (respectivement albums n°7, 1 et 2 de la série). Très fan, la romancière s'est attachée à coller au plus près de la trame imaginée par van Hamme, y ajoutant sa patte, remplissant les vides du scénario, nous faisant entrer dans la tête des personnages, en particulier Thorgal.

 

C'est très agréable à lire, et même si vous ne connaissez pas l'univers Thorgal, l'immersion dans les légendes nordiques vaut le coup.

 

Ce roman a une place de choix dans ma bibliothèque, avec les 33 tomes de la série originale, et les 7 des séries dérivées, lancées depuis plus de deux ans. A noter qu'Amélie a également adapté un autre album de la série, Au-delà des Ombres.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
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Rome, automne 1193.

 

Humbles ou puissants, les gens meurent par milliers, foudroyés par la Mort Noire. De sinistres semeurs de peste y veillent, hantant les rues et les collines de la ville. Les Haut-Conteurs semblent être les seuls à pouvoir arrêter ces créatures. Mais, accusés de sorcellerie, pourchassés par la foule qui les adulait hier encore, ils deviennent les jouets d'un ennemi fait d'ombres et de secrets. Alors que le temps joue contre eux et le monde entier, Roland, Mathilde, Salim et Corwyn voient se réaliser les pires prophéties du Livre des Peurs. Ainsi, l'heure est venue de tout comprendre, comme Roland le pressentait, lui, l'enfant maudit piégé dans un combat inégal contre son destin. Pourtant, il n'abandonne pas et se battra jusqu'au bout de son ultime aventure. Car nul mieux qu'un Haut-Conteur ne sait quand une histoire doit trouver sa fin...

 

La mort noire est le cinquième est dernier  tome de cette fabuleuse série : Les Haut Conteurs. Pour rappel, dans le tome précédent, Roland et Mathilde ont été fait prisonniers par les treize damnés pendant 2 ans. Leur libération grâce aux forces conjointes des membres des Haut-Conteurs et noirs marcheurs permet à Roland de revenir en Angleterre voir sa famille. Il ne peut malheureusement pas profiter d’eux bien longtemps. De graves incidents ont lieu en Italie, la peste noire sévie déjà dans plusieurs villes et s’étend rapidement. Chose grave, tous les témoignages désignent un Haut-Conteur comme vecteur de la maladie. Une délégation de Haut-Conteur part rapidement vers l’Italie. Corwyn, Mathilde, Salim et Roland partent à Rome pour mener l’enquête.

 

Un cinquième tome très sombre dont le ton est donné dès le début. Un livre plein de rebondissements, tous très bouleversants. Le séjour des Haut-Conteurs à Rome n’est pas très réjouissant. L’humeur est grave et marquée par beaucoup de pertes. Comme pour les autres romans de la série, plusieurs dessins accompagnent la lecture. Les illustrations sont à la hauteur de l’histoire, tout aussi inquiétants et emprunts de tristesse. Une fin qui s’annonce sombre et terrible. On a du mal à quitter cette série fascinante, aux personnages attachants. Tourner la dernière page nous rend nostalgique, on aimait entendre les surnoms de Roland donnés par Mathilde, entendre les histoires de ces Haut-conteurs… Roland, Mathilde et les autres Haut-Conteurs vont nous manquer.

 

Ewelf

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http://lemondedefleurine.com/wp-content/uploads/2013/02/couvartbookbaseresolution-206x300.jpg

 

Le métier d'illustrateur est très particulier. Mais je ne vais pas vous en parler aujourd'hui, je ne suis pas assez calé pour le faire. Je vais plutôt vous parler de l'une d'entre eux, Fleurine Rétoré.

 

Au fil de cinq ans d'activité (mais un seul en tant que professionnelle) cette charmante jeune femme s'est fait un nom, et même un prénom, dans la sphère de la SFFF, surtout pour la bit-lit francophone, mais pas seulement. Auteure de nombreuses couvertures s'inspirant des romans auxquels ils sont accollés, elle a eu un jour l'idée inverse : et si c'étaient ses créations "libres" qui inspiraient les écrivains ? Un appel lancé sur les réseaux sociaux plus tard, Fleurine reçoit des textes écrits par 17 auteurs, en lien avec une sélection de belles images. Les forces vives de l'imaginaire francophone s'y sont toutes mises, mais je citerai par exemple Stéphane Soutoul, Fabien Clavel, Cécile Guillot, Matthieu Guibé ou encore Sophie Jomain. Des auteurs déjà chevronnés, et d'autres dont c'est la première publication. Les récits relèvent tous du fantastique, racontant des histoires pleines d'elfes, de vampires, de sylves, de sirènes, de loups-garous, pour ne citer que les créatures les plus identifiables ou emblématiques.

 

Le talent est partout dans cet ouvrage.

 

D'abord dans les illustrations de Fleurine, très expressives, parfois très précises ou qui laissent au contraire une grande part à l'imagination. Et de l'imagination, ses complices en ont à revendre. Il s'agit d'une anthologie, d'un recueil, et bien souvent la qualité des textes est fluctuante ; mais ici, hormis une ou deux nouvelles, j'avoue que j'ai beaucoup aimé l'ensemble, et certains textes m'ont franchement plu ; j'essaierai d'ailleurs de découvrir plus en profondeur leurs auteur(e)s.

 

Si l'essentiel de l'ouvrage est constitué de nouvelles (13 au total), il ne faut pas négliger les 7 poèmes, parfois inspirés par les mêmes illustrations que les nouvelles, qui concluent de belle façon le recueil. Pour permettre aux lecteurs de respirer un peu, Fleurine Rétoré propose également quelques illutrations sans texte. De quoi nourrir une deuxième fournée ?

 

En tous les cas j'ai passé un excellent moment de lecture en parcourant ces 233 pages.

 

Spooky

 

EDIT : un petit tour sur le site de Fleurine s'impose...

 

 

 


 

 

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