Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
...:::Ansible:::...

...:::Ansible:::...

Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

livres

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://extranet.editis.com/it-yonixweb/IMAGES/FNO/P3/9782265097681.JPG

 

On réduit parfois l'oeuvre de Tolkien à un succès littéraire -et maintenant cinématographique-, video-ludique, et en termes de goodies, soient des domaines très difficile à évaluer. Mais son impact est plus important, influant même parfois sur l'existence des gens. Voici le point de départ de l'ouvrage de Noble Smith, dramaturge, scénariste de jeux video et auteur de fantasy.

 

Il s'est plongé dans la philosophie des Hobbits, ces petits êtres amateurs de bonne chère, de tabac et en phase avec la nature. Au fil de la lecture du Hobbit et du Seigneur des Anneaux, il en a dégagé un certain nombre de traits qui pourraient d'appliquer à notre quotidien, et ainsi réaliser ce petit guide pour mener une vie longue et heureuse (sous-titre de l'ouvrage). Voici quelques-uns des adages qu'il a retirés de ses réflexions :

- Votre véritable foyer est en votre coeur et reste avec vous où que vous alliez, mais qu'il fait bon revenir dans une chambre douillette !

- La prospérité ne se mesure pas avec l'or, mais par une santé solide, une bonne compagnie et des mets délicieux à déguster.

- Une bonne nuit de sommeil vous rendra joyeux, en bonne santé, et moins susceptible de provoquer la fureur d'un dragon.

- la cupidité est bonne pour les Nains ensorcelés, les dragons avares et les Sacquet de Besace.

- Ecoutez les conseils des Ents et ne soyez jamais trop pressés ; mais, comme eux, agissez avec promptitude pour défendre ce qui vous semble juste.

- Obtenir son repas à partir d'une graine plantée de ses propres mains, voilà qui est plus merveilleux que toute la magie d'un sorcier.

 

Un véritable réquisitoire pour l'hédonisme, a priori, mais il n'y a pas que ça, puisque les différents chapitres parlent aussi de la relation à l'autre -et notamment à celui ou celle qui, dans votre entourage, pourrait être comparé(e) à Gollum, le courage (potentiel, mais réel, chez les Hobbits), la courtoisie, l'abnégation, l'amour véritable... Des concepts et des valeurs qui peuvent paraître éculés et datés, mais qui permettent au lecteur de réfléchir un peu sur sa propre vie.

 

Mais voici celui qui me touche le plus :

- Puisse une étoile briller à l'heure de la rencontre avec un nouvel ami, et continuer à luire tout au long de votre amitié.

 

Vous pouvez le constater, il y a des choses intéressantes dans cet ouvrage, même si un choix éditorial me semble plus discutable. Noble Smith a en effet disséminé quelques références à notre époque perturbée dans son récit : de Saroumane à Monsanto, par exemple, le pas est franchi. Goldman Sachs est également présent, amené de façon un peu étrange. Cette incursion politique dans un tel récit m'a semblé un peu exagéreé -bien que pas forcément fausse, sur le propos-, et, disons-le franchement, peu respectueux de la parole du Professeur, qui ne voyait surtout pas ses écrits comme une allégorie du monde qui l'entoure... Rappelons que certains éléments du Hobbit et du Seigneur des Anneaux semblent en résonance directe avec la montée du fascisme et la Seconde guerre mondiale dans les années 1930-1940...

 

Au final, ce fut une lecture fort agréable, qui m'a permis de songer un peu à mon quotidien (d'autant plus que l'auteur fait des remarques sur celui du monde qui l'entoure), et apporte un nouvel éclairage sur des personnages qui sont au coeur de l'oeuvre de Tolkien. A noter quelques bonus sympathiques : la recette de la soupe à la bière hobbite et aux champignons, le "test Hobbit", destiné à déterminer votre niveau d'hobbitisme, oscillant entre références modernes et citations du légendaire tolkienien, ou encore un petit chapitre destiné à vous aider à fabriquer votre petit jardin typiquement hobbit. Un ouvrage globalement fort sympathique, donc.

 

Spooky

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://extranet.editis.com/it-yonixweb/IMAGES/PAC/P3/9782842285289.jpg

 

La communauté des tolkienophiles à toujours été très active, et en France il existe de belles ressources et du talent. Une preuve en à été faite via l'ouvrage de jean-Rodolphe Turlin en 2012, et voici qu'à la fin de l'annee 2013 ce sont des membres des sites Tolkiendil et Elbakin (que je ne saurais trop vous recommander) qui nous proposent un ouvrage collectif de haute volée.

Basée sur les travaux déjà publiés sur tolkiendil, cette Encyclopédie nous permet d'avoir un panorama assez complet de l'univers des Hobbits. La première partie passe en revue les personnages, bons ou mauvais, présents dans le premier roman de Tolkien, qu'il soit au premier plan ou simplement cité. La deuxième s'attache aux peuples (et pas seulement aux "races", terme qui n'a ici comme ailleurs aucun fondement). Les sections suivantes s'intéressent aux objets et constructions, aux lieux de l'aventure, aux évènements remarquables pour finir sur les sources d'inspiration.

La maquette de l'ouvrage est magnifique, et ne cache pas, comme c'est souvent le cas, un contenu médiocre. En effet la densité de celui-ci, alliée à un souci de didactisme constant, témoigne de la qualité des contributions. Ici les rédacteurs vont plus loin que le roman original, cherchant la moindre mention dans l'ensemble du Légendaire tolkienien. Et mieux encore, ils s'attachent à faire référence à chaque fois que c'est nécessaire à la nouvelle traduction de Daniel Lauzon, échappant ainsi à la datation.

 

Mais tout cela ne serait pas aussi agréable à l'oeil sans les nombreuses illustrations de Xavier Sanchez et Sandrine Gestin, et les ornements délicieux de Leslie Boulay. L'ensemble confère à l'ouvrage une ambiance aussi charmante qu'évocatrice.

 

Chaque entrée (il y en a 88 au total, si mon compte est bon) reprend l'historique du sujet, de ses débuts connus à sa fin. L'origine du nom, s'il est possible de la retrouver, est également évoquée. Nombre d'entrées se recoupent, ce qui est normal, puisque créatures, évènements et lieux interagissent, mais il n'y a pas de fausse note, tout est cohérent, enfin autant que possible. Mais au-delà de l'aspect "catalogue" de l'ensemble, c'est aussi le moyen, au travers de la dernière section, baptisée Les sources d'inspiration, de proposer quelques théories, ma foi fort instructives, comme lorsque sont évoqués la subcréation ou l'eucatastrophe, deux termes inventés par Tolkien lui-même, permettant de caractériser certains éléments de son oeuvre.

 

Un ouvrage précieux, à plus d'un titre.

 

Spooky

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://www.images.hachette-livre.fr/media/imgArticle/LGFLIVREDEPOCHE/2009/9782253087861-G.jpg

 

Le fils aîné de Stephen King s'est fait connaître en France grâce à sa série de comics Locke & Key (Editions Milady), mais il a également une carrière d'écrivain depuis une quinzaine d'années, et son oeuvre commence à rencontrer un succès notable.

 

Le Costume du mort, son premier roman, raconte l'histoire d'un chanteur et musicien décadent, Judas Coyne, qui commande un jour sur internet le costume d'un mort, accompagné de son fantôme, car attiré par toutes sortes de bizarreries paranomales. Ce qu'il ne sait pas, c'est que le mort en question a un lien tout particulier avec lui, et que son fantôme a juré de causer sa perte.

 

Le roman a une structure un peu étrange. La première partie, qui comporte environ 150 pages (sur moins de 450), voit se dérouler presque toute l'action classique de ce genre d'histoire : la découverte de la malédiction, le pourquoi de celle-ci, et l'amorce d'une solution au problème. Pour tout vous dire le roman aurait presque pu s'arrêter là, après une longue scène de lutte contre le fantôme. Mais Judas décide de s'enfuir avec sa compagne du moment, de retourner aux origines du Mal qui le popursuit, et le récit bascule dans le road-movie sanglant et trépidant, avant de se terminer par un climax où Judas va régler d'un coup, ou presque, plusieurs de ses problèmes. Une nouvelle dimension s'ouvre, où l'écrivain se révèle véritablement, entre séquences oniriques -pas toujours bien gérées- et action au présent clairement définies.

 

Tout juste regrettera-t-on un épilogue un peu longuet, peut-être trop optimiste.

 

Au final, sans être un très bon roman, ce Costume du mort constitue une vraie bonne surprise pour un premier roman, certes probablement réalisé sous la bienveillance paternelle, même si la filiation de Joe Hill ne sera révélée qu'après la publication et la réception critique de celui-ci.

 

Spooky

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://www.folio-lesite.fr/couv_maxi/01061488542.gif?13878099347760.5134185447725155

 

Les premiers flocons ont quelque chose de féerique. Ils rapprochent les couples dans la chaleur des veillées, étouffent les bruits, étirent les ombres et masquent les traces. Dans le jardin familial des Becker, un bonhomme de neige fait son apparition, sorte de croquemitaine blanc, ses grands yeux noirs braqués vers les fenêtres du salon. Le lendemain matin, la mère a disparu ; seule reste une écharpe rose autour du cou du bonhomme de neige...
Trop de femmes en Norvège, depuis des années, n'ont plus donné signe de vie le jour des premières neiges. Harry Hole reçoit une lettre qui lui annonce d'autres victimes. D'une sobriété étonnante, l'inspecteur va se retrouver confronté, pour la première fois de sa carrière, à un tueur en série agissant sur son territoire. L'enquête le conduira jusqu'au gouffre de la folie.


Ce Bonhomme de neige est la septième enquête de l'inspecteur Harry Hole, norvégien de son état, et probablement l'un des pires flics qui existent, si l'on se réfère à ses rapports sociaux. L'un des meilleurs, si l'on se fie à ses résultats. C'est sur la recommandation d'un ami (merci Nico) que j'ai donc entamé cette lecture, et ma foi, je ne me suis pas senti dépaysé, ayant commencé à défricher un peu la littérature policière nordique. C'est un domaine où les auteurs, du moins ceux qui sont traduits chez nous, sont excellents. Ils partagent ce côté désenchanté, cette écriture sèche et diablement efficace qui les rendent véritablement incroyables. Je n'ai pas pu lâcher ce roman, malgré ses 580 pages, lequel promet beaucoup de surprises, de fausses pistes et de moments forts. Hole est un sacré personnage... 

 

Bon, ce ne sera pas la première fois que je lis les bouquins d'une série dans le désordre. Je ne me suis pas senti perdu, donc, même si la vie de Hole semble au moins aussi mouvementée que sa carrière... Je lirai les autres romans de Jo Nesbo avec plaisir.

 

Spooky

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://club-stephenking.fr/img/NEWS/septembre/2013/StephenKing-DocteurSleep-albinmichel.jpg

 

Accompagnée par une tournée "européenne" de son auteur (je vous en parle et ), la sortie de ce 37ème (si mes comptes sont bons) roman de Stephen King était très attendue. A plusieurs titres, le moindre n'étant pas qu'il s'agit là d'une suite à Shining.

 

Car oui [SPOILER], si l'hôtel Overlook explose à la fin du roman (adapté par Kubrick), tuant Jack Torrance, il n'en est pas de même pour sa femme et son fils, Wendy et Danny. [/SPOILER] Et King avoue, dans sa postface, que le personnage de ce dernier n'avait peut-être pas livré tous ses secrets, et que régulièrement, parfois à des moments impromptus, il en venait à se demander quel âge pouvait avoir Danny, ce qu'il devenait, etc.

 

Et puis un jour il s'y est mis. Danny Torrance, après pas mal d'années d'errance au cours desquelles il a touché le fond à cause de l'alcool, comme son père, a fini par poser son sac à Frazier, dans le New Hampshire. Parce que son intuition lui disait que c'était là. Assez vite, désireux de s'insérer, il s'inscrivit au cercle local des Alcooliques Anonymes, trouva un boulot stable : aide-soignant dans une maison de repos pour personnes âgées, où son étrange pouvoir mental lui valut une place toute particulière et un surnom. Car lorsqu'un résident de la Maison Rivington était sur le point de passer, le chat qui rôde (qui s'appelle Azrael, comme dans les Schtroumpfs) dans l'établissement vient lui rendre visite, puis c'est au tour de Danny, qui vient tenir la main et accompagner le mourant dans son dernier sommeil. "Docteur Sleep", son nouveau surnom, était né.

 

Parallèlement une petite fille, prénommée Abra, domiciliée à quelques kilomètres, fait preuve dès sa plus tendre enfance de pouvoirs étranges : capable de pénétrer l'esprit de quelqu'un à distance, elle peut aussi faire danser tout un arsenal de petites cuillères au plafond ou projeter une forme astrale d'elle-même. Et accessoirement elle prend contact avec Danny, car à l'asdolescence elle découvre par hasard le tragique destin d'un petit garçon porté disparu...

 

Ce nouveau King est étrange, comme souvent. Pourtant il nous fait revenir sur des terres qu'il a arpentées plusieurs fois par le passé, celui du psychisme (on pourrait même dire le super-psychisme) des enfants ou des adolescents. Je dis bien des. Car malgré ses 40 ans, Danny, qui se fait désormais appeler Dan, est quelque part, encore, ce petit garçon de 5 ans que son père rendu fou par l'ivresse et l'angoisse de la page blanche pourchasse dans les couloirs d'un hôtel peuplé de fantômes... Ces fantômes qui le hantent toujours, et vont jouer un rôle crucial dans sa destinée, et celle d'Abra.


Docteur Sleep est aussi un roman vampirique. Il parle de vampires psychiques, des créatures très particulières qui inhalent l'âme de leurs victimes au moment où elles expirent. Dan, lui, voit cette âme s'échapper puis s'étioler, délivrées par sa présence auprès des défunts.

 

Disons-le tout net, ce Docteur Sleep n'est pas le meilleur bouquin de King. La densité et les sujets de 22/11/63 et Dôme (pour ne citer que des titres récents) les mettent dans le peloton de tête. Ce roman est, disons, dans le peloton grouillant et foisonnant que forme une bonne vingtaine de titres. Procédé surprenant, l'arc narratif qui donne son nom au bouquin sert presque de prétexte ; à la limite, sans lui, l'histoire se tiendrait. Et c'est dommage, car cela aurait aussi pu faire le sujet d'un bouquin à part. Peut-être une piste pour une autre suite, d'autant plus qu'Abra et Dan n'en ont peut-être pas fini avec leurs histoires respectives...

 

Spooky

 

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://www.mythologica.net/wp-content/uploads/2013/05/Martyrs.jpg

 

Olivier Péru a débuté en tant que scénariste et dessinateur de bandes dessinées, auprès de son frère Stéphane. Mais depuis quelques années il se sent pousser des ailes au niveau narratif, et souhaite explorer de nouveaux horizons. Un premier roman, Druides, l'a révélé au grand public. Il poursuit l'expérience avec Martyrs, qui devrait compter trois volets.

 

Helbrand et Irmine sont des assassins professionnels. Ce sont des Arserkers, un peuple réputé pour ses aptitudes physiques exceptionnelles et ses yeux d'or. Ils n'ont peur de rien, excepté des fantômes. Et lorsqu'Irmine, le frère cadet d'Helbrand, se trouve fce à un revenant qui lui ressemble étrangement dans une ville déserte, sa vie bascule. Mais avant qu'il ait le temps de réfléchir à son destin, son aîné et lui se retrouvent dans la garde privée de la dernière descendante d'une famille de seigneurs tout-puissants, totalement soumise à l'autorité du roi du Palerkan, lequel doit lutter contre son obésité galopante tout autant que contre des révoltes à ses frontières. Parallèlement, un étrange guerrier borgne semble veiller sur la destinée des deux frères...

 


http://uppix.net/2/b/7/097f6951cbb6353c376018d8a5605.jpg

 

Vous l'aurez compris, Olivier Péru nous propose d'emblée un monde riche, fortement inspiré des sociétés médiévales européennes. Son premier tome réussit à bien asseoir la société qu'il a inventée, avec ces castes de guerriers marginaux, sa religion polythéiste et sa géographie particulière (le monde n'est composé que d'un seul Etat). Lui-même dessinateur et illustrateur, il enrichit tout cela par une carte de ce monde, et des visuels de cartes de tarot, lesquelles vont jouer un rôle dans l'histoire.

 

http://4.bp.blogspot.com/-c4oZpTvcmpU/UKUdoqYuGaI/AAAAAAAACRo/T4PoZkiSAcg/s1600/martyrs_gf.jpg

 

Ce premier tome, malgré son format de poche, est un sacré morceau. Près de 700 pages qu'il n'est pas évident d'engloutir, tant le récit est émaillé de détails, tant la langue est riche, sans être particulièrement inventive. Ce n'est pas un souci, car les relations entre les personnages sont à la fois inspirées des modèles médiévaux et de notre monde moderne. Olivier Péru incarne, avec d'autres, une véritable relève dans l'imaginaire français, procurant un énorme plaisir de lecture, tout en laissant ses lecteurs particulièrement frustrés par une fin de tome 1 très accrocheuse. On a envie de savoir quel va être le destin d'Irmine et Helbrand. Vite. Le tome 2 devrait arriver en 2014, et le troisième, conclusif, l'année suivante.

 

 

Spooky

 

http://nsa33.casimages.com/img/2013/03/05/130305011524750807.jpg

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Allez, on change un peu l'ordinaire du présent blog pour vous parler de deux livres d'illustration jeunesse qui m'ont particulièrement séduit ces derniers temps. Tous les deux édités par les Editions Margot, ce sont de beaux objets, certes un peu encombrants (38 cm x 27,4 cm), mais l'éditeur a fait le choix de laisser autant de place que possible aux illustrations.

 

http://pmcdn.priceminister.com/photo/964146526.jpg

 

Ici reposent les oiseaux est écrit par Anne-Fleur Drillon, et illustré par Etienne Friess. Il reproduit les carnet d'un savant fou, Ernest Sémaphore, qui sur une île tropicale déserte, a laissé libre cours à son imagination et créé des oiseaux mécaniques, avec des caractères et des caractéristiques très différents. Chaque "espèce" est représentée par un texte explicatif sur le comportement de l'oiseau, des illustrations le mettant en scène (y compris des recherches). Citons le Hululeur nocturne, à l'allure de hibou, fabriqué à partir de vieux transistors qui se déclenchent de manière impromptue, le Colibricoleur, composé essentiellement d'un bidon d'huile, aussi maladroit qu'hyper-actif, ou encore le Pélican à vapeur, qui nettoie les eaux polluées grâce à son bec qui peut s'ouvrir démesurément. Des illustrations en double page et la présentation rapide d'essais ratés, sans oublier de véritables présentations d'oiseau qui ont inspiré nos deux auteurs donnent un véritable cachet à l'ouvrage, qui a un coté steampunk assumé.

 

http://www.bdtheque.com/inter/blanche1.jpg

 

Blanche raconte l'histoire d'une petite fille du même prénom, créée par un couple de vieillards dans un pays lointain (la Russie ou son double fantasmé), à partir d'une matriochka de neige sur laquelle on a posé deux pierres bleues en guise d'yeux. Blanche est une petite fille délicate et gentille, et redonne l'espoir à ce couple stérile, qui sait que leur bonheur sera de courte durée... Ici les textes, en rimes, sont illustrés par des bustes ou des illustrations pleine page (mais pas seulement) en noir et blanc, parcourues par des poissons, qui donnent un côté onirique à ce conte. Troublant.

 

Merci à Anabelle pour la découverte.

 

Spooky

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://www.albin-michel.fr/images/couv/7/4/9/9782226251947g.jpg

 

Le corps enfoui d’une enfant, découvert dans la steppe par des nomades mongols, réveille chez le commissaire Yeruldelgger le cauchemar de l’assassinat jamais élucidé de sa propre fille. Peu à peu, ce qui pourrait lier ces deux crimes avec d’autres plus atroces encore, va le forcer à affronter la terrible vérité. Il n’y a pas que les tombes qui soient sauvages en Mongolie. Pour certains hommes, le trafic des précieuses « terres rares » vaut largement le prix de plusieurs vies. Innocentes ou pas.

 

Un polar en Mongolie. Et pourquoi pas, les Etats-Unis, les pays nordiques ou la France n'ont pas l'apanage du crime. Ian Manook, auteur français (il s'agit donc très probablement d'un pseudonyme) qui a pas mal roulé sa bosse, nous propose donc une immersion dans la société mongole d'aujourd'hui, marquée par l'influence chinoise, la corruption des flics (ok, ça c'est partout) et des traditions ancestrales en perte de vitesse. Car Yeruldegger, flic bourru détruit par la mort tragique de sa fille, a été élevé, comme nombre de jeunes mongols de sa génération, dans un temple shaolin, où il a appris un certain nombre de techniques de combat, mais aussi les traditions sociétales de son peuple.

 

Les deux affaires sur lesquelles Yeruldegger va enquêter (le corps de la petite fille, mais aussi le meurtre sordide de trois travailleurs coréens et de deux prostituéees mongoles) vont marquer un tournant décisif dans la carrière de Yeruldegger. Car au-delà des liens qui peuvent unir ces différentes affaires, elles vont lui permettre de faire le point sur sa famille, sa situation amoureuse, et de mettre à jour de drôles de pratiques au sein de la police et de l'économie de son pays...

 

On pourrait croire que le cadre, très exotique, rendrait la lecture pas forcément aisée, mais Ian Manook semble avoir compris pas mal de rouages du roman policier, il propose une sorte d'épopée moderne, à plusieurs voix, qui nous emmène des steppes interminables à l'ultra-modernisme d'Oulan-Bator, la capitale, avec tout de même une nette préférence pour les plaines mongoles et un peu de forêt. Il y a quelques moments où le rythme retombe un peu, mais dans l'ensemble c'est très plaisant à lire, l'immersion dans la société mongole contemporaine est intéressante, et le construction du récit plutôt cohérente. Et il y aura une suite, très surprenante paraît-il, je suis curieux de la lire...

 

Spooky

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://ressources.bragelonne.fr/img/livres/2011-07/1107-cardinal-i_org.jpg

 

Paris, 1633. Les dragons menacent le royaume.
Surgis de la nuit des temps, ils sont décidés à restaurer leur règne absolu. Usant de sorcellerie, ils ont pris apparence humaine et créé une puissante société secrète, la Griffe noire, qui conspire dans les plus grandes cours royales d’Europe.
Pour déjouer leurs complots, Richelieu dispose d’une compagnie d’aventuriers et de duellistes rivalisant de courage, d’élégance et d’astuce. Des hommes et une femme aux talents exceptionnels, prêts à braver tous les dangers et à risquer leur vie pour la Couronne : les Lames du Cardinal !

 

J'avais dans ma pile à lire depuis longtemps (un an ? deux ?) cette intégrale à la réputation flatteuse, qui aurait fait de Pierre Pevel une sorte de chef de file francophone d'une renaissance d'une certaine forme de littérature.

 

Publié par Bragelonne, maison phare de la fantasy en France, Pierre Pevel a un jour dit à son éditeur : "Tu vas rire, j'ai l'intention d'écrire une histoire de cape et d'épées avec des dragons et le Cardinal de Richelieu". Mais celui-ci n'a pas ri, et a même encouragé l'auteur à développer son idée. Il en résulte trois romans, publiés avec succès par Bragelonne et réunis dans cette belle intégrale.

 

Très vite Pierre Pevel nous met dans l'ambiance. Sa Paris de 1633 est décrite avec précision, il nous plonge dans les bas-fonds, ou au contraire les palais avec un luxe de détails qui force le respect, bien qu'il prenne des libertés parfois, mais c'est pour les besoins de son histoire, donc ça passe sans problème. Un peu au détriment de l'action parfois, mais on s'y croit.

 

Le premier tome est introductif, il nous permet de nous familiariser avec cette petite dizaine d'aventuriers émérites, aux caractères très dissemblables mais aux aptitudes complémentaires, placés sous les ordres de la Fargue, qui reconstitue son groupe au début de l'histoire après une première dissolution cinq ans plus tôt. C'est très fourni, un poil confus parfois, mais on sent que l'auteur a déjà un canevas très précis, et que nombre d'éléments a priori sans intérêt vont avoir leur utilité par la suite.

 

Le second tome est moins dense, mais aussi plus échevelé. Les dragons y tiennent une place plus importante, et sont moins suggérés. Et bien sûr ce tome 2 s'achève sur un énorme cliffhanger.

 

Le troisième est dans le même ton, avec ce mariage assez heureux entre roman de cape et d'épées (un peu comme Les Trois Mousquetaires, d'ailleurs des personnages du classique de Dumas sont présents dans le néo-classique de Pevel) et de fantasy, cette part-là étant quand même franchement réduite. C'est peut-être mon grand regret dans cette lecture, j'aurais aimé un peu plus de dragons, de magie...


Les trois tomes peuvent se lire indépendamment, car Pevel prend le temps de faire des rappels, de présenter ses personnages à chaque tome, ce qui permet à tout un chacun de raccrocher les wagons s'il prend le train en marche.

 

La scène finale prend place dans le plus beau monument de Paris (non, pas celui-là, souvenez-vous de l'époque), et propose un véritable feu d'artifice (au propre comme au figuré) qui parachève de fort belle manière cette trilogie.

 

En définitive ces Lames du Cardinal furent une bonne lecture, grâce à une plume plutôt élégante, assortie d'une belle inspiration classique et une immersion dans le Paris du début du XVIIIème siècle toute en précision. Le rythme aurait peut-être mérité d'être resserré, mais l'impression finale est celle d'un bon moment, malgré la part ténue de la fantasy.

 

A noter que Pierre Pevel a obtenu le Prix des lycéens aux Imaginales 2009 (l'un des grands festivals de l'imaginaire français) et le prix Morningstar du David Gemmell Legend Award en 2010. Le succès et la renommée du titre sont tels qu'un jeu de rôle va bientôt sortir.

 

Spooky

Voir les commentaires

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://www.albin-michel.fr/images/couv/0/3/9/9782226251930g.jpg

Depuis une ou deux ans j'ouvre mon champ de découverte de l'imaginaire, et le polar fait partie de ces axes d'ouverture. Je ne connaissais pas du tout Lisa Gardner, mais elle m'a été chaudement recommandée, du coup j'ai essayé son dernier roman, Preuves d'amour.

 

Nous sommes à Boston. La police municipale reçoit, un dimanche matin, un appel concernant une femme-flic de la police d'Etat qui aurait abattu son mari chez eux, et dont la petite fille de 6 ans aurait disparu... Le commandant D. D. Warren (héroïne d'un autre roman de Gardner) et l'officier Bobby Dodge, officier de liaison, sont dépêchés sur les lieux et chargés de l'enquête. Tout semble clair : Tessa Leoni aurait abattu son mari Danny après que ce dernier l'aurait violemment molestée. Personne par contre ne sait ce qu'est devenue la petite Sophie... Mais peu à peu l'affaire révèle de sombres secrets, et les mauvaises personnes ne sont pas forcément celles qu'on croit...

 

Lisa Gardner fait preuve d'une grande connaissance des procédures des différentes polices. Son style est assez direct, factuel, ce qui n'empêche pas par moments des respirations avec les introspections des personnages. Car elle a choisi de nous mettre dans la peau de trois d'entre eux : Tessa, D.D. (deux femmes, dont l'une est dans un état particulier) et dans une moindre mesure, Bobby. Ce qui permet une montée en puissance parallèle, avec des personnages qui interagissent directement mais dont la perception est forcément différente. Le récit est nerveux, enlevé, mais somme toute relativement classique sur ses deux tiers. Puis lorsque D.D s'arrache à sa condition de "victime/criminelle" pour devenir "actrice/chasseuse", on passe à une dimension supérieure, extrêmement prenante. J'avoue, j'ai dévoré les cent dernières pages, le suspense étant demeuré entier.

 

 

Je lirai d'autres romans de Lisa Gardner avec plaisir.

 

Spooky

Voir les commentaires

<< < 10 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 40 > >>

Archives

Articles récents

Hébergé par Overblog