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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

Publié le par Ansible
Publié dans : #Livres


Hier soir, avec l’amie Hespéride alias Isabelle Bauthian, nous étions conviés (par l’intermédiaire d’un autre site, mais j’y reviendrai) à la rentrée littéraire des Editions Bragelonne. Mais qu’est-ce donc ? Bragelonne est une maison d’édition qui existe depuis le 1er avril 2000, montée par un petit groupe de passionnés de fantasy. 8 ans après, pour faire comme les autres éditeurs, ils ont proposé à un groupe de privilégiés (environ 100 personnes ?) de venir avec eux fêter leur rentrée… Voici donc mon compte-rendu.



Le rendez-vous était dans les Caves Saint-Sabin, un lieu sympathique que j’ai déjà eu la chance de voir. Mais cette fois-ci, pas d’obligation vestimentaire particulière, nous pouvions déambuler librement sous les voûtes. A 18h30, heure à laquelle nous descendons, il y a déjà une trentaine de personnes en train de prendre un verre, de discuter, de feuilleter les ouvrages publiés par Bragelonne et exposés sur deux tables en bois. Parmi les convives, je reconnais d’emblée Alain Névant, le boss, dont je reparlerai ultérieurement, mais aussi Gérard Guéro, moitié d’Ange, que j’ai eu le plaisir d’interviewer récemment. Lui aussi me remet, et nous commençons à discuter. L’atmosphère est sympathique, visiblement plusieurs « mondes » se côtoient : édition, bandes dessinées, cinéma… Aux alentours de 19h, une charmante hôtesse bat le rappel : Stéphane Marsan, Directeur éditorial de Bragelonne, s’apprête à entamer son allocution. Nous nous installons dans la grande salle, avec nos verres de cidre, de bière ou de jus de fruits. L’homme est élégant, mais peu habitué à faire des discours. Il commence par une anecdote au sujet des Alcooliques anonymes et de Jack Palance, acteur légendaire aujourd’hui décédé, pour faire le parallèle avec son amour de la fantasy. D’entrée l’ambiance se décontracte, et il entame l’histoire de la maison d’édition qu’il a cofondée.



Cette création répondait à un besoin, fort, de combler un certain manque éditorial en France. Une envie irrépressible de publier de la fantasy. Publier des récits imaginaires, mais dans des conditions optimales, l’offrir au grand public avec des maquettes attractives, des couvertures qui pètent, mais aussi proposer de la variété, du nombre. Afin qu’enfin, la fantasy soit visible, attrayante. En 2000 trois ouvrages sont sortis. Il y en a maintenant plus de 300 au catalogue. Aujourd’hui Bragelonne est le premier éditeur de l’imaginaire en France, pour ne pas dire le seul. Du coup l’équipe éditoriale tente un coup, que je trouve osé, pour ne pas dire surprenant : créer la concurrence ! C’est comme ça que Milady a vu le jour, Milady étant un label qui réédite certains titres du catalogue Bragelonne, mais en poche, et qui propose l’édition de nouveaux titres en grand format. Le but est aussi de toucher d’autres publics avec Milady. Des gens qui aiment la fantasy, mais ne sont pas prêts à mettre 25 euros dans un bouquin, toucher le public féminin via des maquettes différentes… Lorsque le tome 2 d’un cycle sortira en grand format, le tome 1 sortira en poche. Il y aura aussi des sorties de livres sous jaquettes, pour en faire des beaux livres, créer une bibliophilie nouvelle basée sur la beauté, la rareté de l’objet. En bref, permettre à la fantasy de franchir les barrières, de la faire entrer dans le cénacle de la littérature tout court, comme le roman policier l’a fait il y a 15 ou 20 ans.



Dans la deuxième partie de son intervention, Stéphane Marsan s’attache à placer les auteurs emblématiques de la maison d’édition dans cette perspective.
Le premier auteur dont il parle est Terry Goodkind, et en particulier de son cycle L’Epée de vérité. Goodkind est l’auteur de fantasy le plus vendu en France, et c’est le dernier prodige en date de la fantasy américaine. Le tome 8 de sa saga sort en fin d‘année. Pour marquer le coup, Bragelonne va également publier une de ses novellas en tirage limité et luxe. Le second auteur évoqué est Robert Howard, auteur symbolique du genre puisqu’il est le créateur de Conan. Bragelonne veut aussi faire dans le patrimoine en revenant sur ces pionniers, qui provoquent beaucoup d’émotions chez les amateurs. Par conséquent le cycle de Conan est déjà en cours de réédition, avec une nouvelle traduction. De même pour Solomon Kane, du même auteur.
Vient ensuite David Gemmell, auteur emblématiquissime de chez Bragelonne. C’est en effet la publication de Légende, en novembre 2000, qui lança véritablement la maison d’édition. David Gemmell, disparu subitement il y a deux ans. Un Gemmell qui était presque un père pour l’équipe de Bragelonne, qui était très attentif aux choix éditoriaux, qui déambulait régulièrement dans Paris (je pense l’avoir croisé plusieurs fois en librairie, mais sans le savoir). Gemmell, qui amené la fantasy sur des terres épiques d’une puissance évocatrice presque sans équivalent. Sa littérature est humaine, mais aussi très forte et efficace. Bragelonne publie actuellement sa dernière série, Troie. L’évocation de Stéphane Marsan est poignante mais courte, l’émotion étant palpable.

Mais plutôt que de se reposer sur ses (glorieux) lauriers, Bragelonne se tourne vers l’avenir. L’avenir, c’est d’abord le cycle de Kushiel, par Jacqueline Carey. Le fan de fantasy qui sommeille (ou pas, en fait) chez Stéphane Marsan s’éveille, ses yeux s’allument. Pour lui le premier roman, La Marque (qui est le nom de l’héroïne, une sorte d’espionne, de mata-hari transposée en fantasy) va révolutionner le genre. Jacqueline Carey serait une auteure de la trempe de Robin Hobb, George RR Martin, ou encore David Gemmell, rien que ça. C’est un roman dense, touffu, doublé d’une fresque troublante, aux accents érotiques, presque sado-masochistes, assumés. Cette auteure est emblématique de la volonté de l’éditeur de multiplier les thématiques, de proposer des histoires plus adultes. Stéphane Marsan parle de « Bitlist », qui est un ensemble d’auteurs et d’œuvres qui assument leur héritage d’histoires noires, d’histoires de vampires, avec des héroïnes fortes, mais aussi de la romance, des sentiments, et de l’action entremêlés. Avec aussi le désir de renouer avec le feuilleton classique. Tout cela pour permettre une lecture purement distrayante, une tendance qui submerge actuellement le marché anglo-saxon.

Comme je l’ai dit, Bragelonne veut aussi faire du patrimoine en fantasy. C’est pour cela que des auteurs comme Terry Brooks, Raymond E. Feist et Fritz Leiber y trouvent leur place. Une œuvre comme Princess Bride, de William Goldman, également.
Mais Bragelonne souhaite également faire découvrir de nouveaux auteurs, 7 ou 8 chaque année. Stéphane Marsan nous parle donc des dernières découvertes maison. En premier lieu James Clemens, dont les récits parlent d’une héroïne qui se découvre des pouvoirs, mais aussi Fiona Mc Intosh, dont l’œuvre séduit des lecteurs non fans de fantasy, ou encore Trudi Canavan, qui est lue par des jeunes amateurs de 10-11 ans, mais aussi des adultes. Bragelonne publie également des auteurs d’autres pays que la traditionnelle sphère anglo-saxonne, tels que Janny Wurts, qui est allemande. Les Allemands, qui appartiennent à la sphère anglo-saxonne, et sont plus ouverts à la fantasy.



Stéphane Marsan parle encore d’autres auteurs symboliques, comme EE Knight, dont l’œuvre sera directement publiée en poche, RA Salvatore, qui a beaucoup écrit dans l’univers des Royaumes oubliés, ou encore Pierre Pevel, auteur français qui sera bientôt traduit en anglais. Il évoque aussi Laurent Genefort, l’un des chefs de file de la SF française, qui s’est mis récemment à la fantasy, d’Ange, scénariste bicéphale de bande dessinée qui exerce aussi dans la traduction, le scénario de télévision, mais aussi, avec un certain bonheur, dans la littérature de fantasy. Ange, qui écrit un nouveau cycle avec un concept fort, l’histoire d’une jeune femme qui peut transformer la douleur en plaisir. Marsan a invité Anne Guéro, une moitié d’Ange, à venir en parler brièvement au micro.



Sont également évoqués Richard Morgan, dont le roman, Carbone modifié, fait se télescoper science-fiction et polar. Carbone modifié va être réédité en poche, et son second roman, Blackman, va sortir en fin d’année.



Bragelonne, c’est au départ la fantasy, mais petit à petit les genres se diversifient. Science-fiction (avec la collection les Trésors de la SF, dirigée par Genefort, qui publie notamment Julia Verlanger), mais aussi terreur et fantastique. Des œuvres fortes, spectaculaires, qui proposent également une relecture, un regard particulier sur notre monde, nos valeurs morales. Jack Ketchum, avec son Une Fille comme les autres, a fait forte impression sur l’éditeur. Le bandeau qui entoure le roman en témoigne : Ce livre est insupportable, je ne l’oublierai jamais. On nous parle également de Robert Mc Cammon, qui avait fait une arrivée remarquée au début des années 90 dans la littérature de terreur, puis avait disparu avant de revenir avec un roman énorme, dont je vous parle par ailleurs. Benoît Domis, traducteur de ces deux auteurs, est venu parler brièvement de son travail et des surprises à venir.



Bref, après ce tour d’horizon gouleyant, Stéphane Marsan parla de son plaisir d’être éditeur de l’imaginaire et nous invita à venir discuter, échanger autour de ces thèmes, tout en sirotant une boisson et dégustant un buffet médiéval. Et, cerise sur le gâteau, à nous servir parmi les ouvrages disponibles sur les tables, nous promettant également de repartir avec les épreuves non corrigées de 3 ouvrages à venir, parmi lesquels le roman d’Ange, et celui de Jacqueline Carey !!



Hespéride et moi nous mélangeons donc, discutant avec Emmanuel Baldenberger, qui s’occupe des relations avec les libraires, Ange, encore et toujours, Aléthia, du site Elbakin, site que j’apprécie beaucoup et depuis longtemps. Il y a même un rédacteur de Jeu de rôle Magazine qui vient me voir. Et puis, le plaisir de rencontrer Guillaume et Pierre, du site Babelio.com, puisque c’est Guillaume qui m’a proposé de venir à cette soirée. Après avoir pillé la table des bouquins, j’essayai de trouver Alain Névant, avec l’aide de Stéphane Marsan, pour évoquer avec lui le bon temps d’Ozone… Mais on reparlera de tout ça un jour.




Pour ma part j’ai passé une excellente soirée, en compagnie de passionnés, et je souhaite une longue vie à Bragelonne et Milady !

Je vous invite bien sûr à aller faire un tour sur le site de cet éditeur incontournable.


Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Essais
SURVOL DE LA SCIENCE-FICTION




La science-fiction n’est pas une invention «moderne». On pourrait même dire qu’elle est née avec l’homme.

Déjà présente dans l’art pariétal des hommes de la préhistoire, on trouve dès 1638, dans L’Homme dans la Lune, de Francis Godwin, le souci de l’Homme d’aller vers le premier astre visible, qui a déclenché les plus vifs fantasmes depuis L’Histoire véritable de Lucien de Samosate (IIème siècle de notre ère).
Mais l’acte de naissance «officiel» du genre date de 1818, lorsque la poétesse anglaise Mary Shelley composa son Frankenstein ou le Prométhée moderne ; cette histoire d’un médecin suisse qui crée un homme à partir de tissus prélevés sur des cadavres va déclencher l’arrivée massive de récits prenant appui sur des faits scientifiques.
L’origine même de cette œuvre reste obscure : résultat d’un pari entre intellectuels, cauchemar terrifiant de l’auteur, roman écrit en réaction au courant gothique alors en vogue ?
Les progrès techniques dus à la Révolution industrielle vont permettre ce genre de production littéraire. Les deux auteurs majeurs de la fin du XIXème siècle seront le Français Jules Verne et l’Anglais Herbert George Wells.
Le premier, au travers de ses Voyages extraordinaires dans les mondes connus et inconnus, s’attachera à décrire les conquêtes de la science. Ses romans les plus intéressants restent Vingt mille lieues sous les mers, De la Terre à la Lune (1865), ou encore Voyage au Centre de la Terre (1864), des modèles d’anticipation scientifique, selon l’expression de l’auteur.
A cette rationalité répond la portée philosophique de H. G. Wells ; il interroge la société sur l’impact des avancées techniques sur le quotidien et le contexte social de ses contemporains. A ce titre, L’Homme invisible (1897) ou La Guerre des mondes (1898) sont de grands textes.

Au début du XXème siècle, les sciences et les techniques sont à la mode. Le développement des modes de transport facilite l’évasion et l’exploration des terres inconnues. Le faible prix du papier permet la multiplication des pulps, revues bon marché et de petit format de l’autre côté de l’Atlantique, qui vont publier des récits d’inconnus mêlant poésie, merveilleux, voyages et aventure.
J. H. Rosny Aîné, auteur de La Guerre du Feu (1909) et La mort de la Terre (1910), est l’auteur français le plus intéressant de cette période.
Côté anglo-saxon, les auteurs s’attachent plus à une vision pessimiste de futurs dominés par la technologie, pour notre plus grand malheur. George Orwell, avec son «Big Brother is watching you» de 1984 (1949) et Aldous Huxley avec Le Meilleur des mondes (1932) se posent surtout comme des porte-paroles de propagande antitotalitaire.
Le film Metropolis (1926), de l’Allemand Fritz Lang, se rattache à ce courant. Les années 1930 sont riches de films reprenant les grands mythes littéraires : Frankenstein (Whale, 1931), Dr Jekyll and Mr Hyde (Mamoulian, 1932), L’homme invisible (Whale, 1933).

Dans l’intervalle, Hugo Gernsback, éditeur de la revue Amazing Stories (créée en 1926), contribue à promouvoir la SF ; il inventa le terme de scientifiction pour synthétiser tous ces concepts.
Dans les années 50, le Prix Hugo sera créé par la profession des auteurs et éditeurs pour récompenser les meilleures oeuvres du genre (par réaction, les fans vont créer le prix Apollo). Le développement des pulps va permettre aux lecteurs de s’exprimer ; ce mouvement sera appelé fandom ; il sera à l’origine de réunions de fans, appelées conventions, qui sont aujourd’hui de grandes messes autant que des rendez-vous incontournables pour les auteurs qui veulent rester proches de leur lectorat.
Le second âge d’or de la SF au cinéma correspond à cette période, dont l’atmosphère est rendue lourde par la Guerre Froide. La vague des soucoupes volantes (Le Météore de la nuit, La Guerre des mondes, L’Invasion des profanateurs de sépultures, Planète interdite...) déferle alors sur les écrans.
C’est l’apogée des space opera grandioses, mais aussi de l’heroic fantasy, où des héros musclés luttent contre des forces occultes omnipotentes. Ce mouvement a été initié par Le Seigneur des Anneaux (Tolkien, 1954-1955, à noter que ce roman a été élu «Roman du siècle») et la série des Conan de Robert E. Howard (à partir de 1925).

Quel est l’âge d’or de la science-fiction ? Quatorze ans, répondit un jour Isaac Asimov. Les années 40-50, c’était l’âge d’or de la SF.

Les années 60 et 70 sont marqués par la Guerre Froide et le Vietnam. Les auteurs tournent résolument le dos au Sense of Wonder qui guidait les oeuvres auparavant. Un auteur comme Philip K. Dick est le plus représentatif de cette période. Centrée sur l’exploration des univers intérieurs de ses héros, son œuvre (Ubik, Le Dieu venu du Centaure) est profondément désespérée.
Le libéralisme triomphant est retourné systématiquement, procurant une atmosphère sombre et pessimiste aux productions de cette période.

Un autre mouvement, la new wave, cherche d’autres voies au travers d’une esthétisation, d’une expérimentation de l’écriture. Michael Moorcock, rédacteur en chef de la revue anglaise New Worlds, et J. G. Ballard sont les portes-drapeaux de cette génération. Le roman le plus marquant est Jack Barron ou l’éternité (1967), de Norman Spinrad, qui dénonce le pouvoir accru des médias et la prédominance de l’argent.
Le quotidien est source de malheur, de névrose, de déchéance. Le manifeste officieux de cette vision est le recueil Dangereuses visions (1967) coordonné par Harlan Ellison, où est utilisé le terme de speculative fiction. Véritable révolution, le livre ira même jusqu'à secouer la Chambre des communes britannique.

Stanley Kubrick lâche en 1968 une bombe dans le morne paysage du cinéma de SF : 2001, l’Odyssée de l’espace (adaptation d’une nouvelle d’Arthur C. Clarke) est une fable métaphysique aux ambitions messianiques ; le film inaugure l’ère de la SF «adulte». Kubrick recommencera 3 ans plus tard avec Orange mécanique, monument de réflexion sur le libre arbitre et ses limites.

En 1977 renaît le genre du space opera, où de grands vaisseaux fendent l’espace pour guerroyer dans des mondes très éloignés, grâce au film Star Wars : A New Hope de George Lucas. D’abord uni par une seule langue et une seule culture (comme dans Fondation, d’Isaac Asimov), l’univers est une mosaïque de cultures différentes, en butte à des luttes de pouvoirs (La Stratégie Ender, d’Orson Scott Card, en 1977, et Hypérion, de Dan Simmons, en 1990, sont des modèles de constructions de mondes entiers).

A côté de ces démiurges apparaît au milieu des années 80 une nouvelle tendance, qui s’appuie sur les progrès fulgurants des technologies numériques et optiques. C’est le cyberpunk, initié par Neuromancien, écrit par William Gibson en 1984. Ces techniques sont intégrées à la vie courante, et les héros sont des marginaux qui luttent contre les multinationales. Les films Total Recall (Verhoeven, 1990) et Matrix (Wachowski, 1998) rejoignent cette vision désenchantée.

Forts de toutes ces brèches ouvertes par les Anglo-saxons, les auteurs européens font leur apparition sur le marché global de l’édition de SF.
En France, Pierre Bordage réinvente le roman épique (Les Guerriers du silence, 1995), tandis que l’Allemand Andreas Eschbach se lance dans le space opera politique avec Des Milliards de tapis de cheveux (1995). L’Italien Valerio Evangelisti, avec les aventures de l’Inquisiteur Nicolas Eymerich (depuis 1993), mélange avec un talent fou les genres.
La dystopie, en déclin depuis de nombreuses années, retrouve un seconde souffle avec des auteurs aussi brillants que Gregory Benford (Un paysage du temps, 1980), Greg Bear (Eternité, 1988) ou David Brin (Marée stellaire, 1983), surnommés les Three B.
Parti de presque rien, le Français Bernard Werber mêle réflexion philosophique, entomologie et speculative fiction dans sa trilogie des Fourmis (1993-1997), grand succès public.


La science-fiction est plus qu’un genre artistique basé sur les fantaisies de savants fous.
C’est aussi et surtout une lame de fond qui interroge l’homme sur sa place dans l’univers et sur son époque, suscitant parfois les plus vives polémiques.

Mars 2001

Spooky

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Fictions
Voici l'une de mes humbles contributions à la science-fiction, conçue comme un hommage au génie de ses auteurs. Le Chant de la Terre est un petit texte écrit le 29 mars 1998. Il comprend 87 références à des titres d'ouvrages ou de films de SF. Saurez-vous les retrouver ?




En 1984 la Guerre des Mondes est déclarée. "Mars Attacks !" déclara le Dr Frankenstein, tout en déclarant le Monde perdu. Pour cette planète des singes, c'est le dernier rivage que l'Anneau-Monde. Les Femmes de Stepford s'en prennent au dieu Rama lui-même, le maître du Haut Château à la Rose, pour ce qu'il a fait au bébé de Rosemary.

En 2001, c'est "Panique année zéro". le Nuage noir, venu d'Hypérion, fait monter la tempéraure à Fahrenheit 451. L'homme tombé du ciel s'avère être un créateur d'étoiles, un Seigneur de lumière en terre étrangère. Face au silence de la terre, il commet les pires xénocides sur cette planète à gogos.

A la poursuite des Slans, les plus qu'humains franchissent la grande porte et asistent au vol du dragon du monde vert, Ubik. Puis ils entrent dans la Forêt de Cristal, traversée par le Fleuve de l'Eternité, refuge des enfants d'Icare. Serait-ce le meilleur des mondes ? Encore un peu de verdure et, à l'aube des ténèbres, ils arrivent sur une tere brûlée où les villes nomades errent les dunes. Quel voyage fantastique !

Vient la fin de l'éternité. On entend le "crash !" des ailes de la nuit dans les abysses du canal Ophite. Le neuromancien, un homme dans le labyrinthe, entonna alors un cantique pour Leibowitz et interrogea son cristal qui songe.

Demain les chiens seront la seule faune de l'espace, car cette chère Humanité est plus noire que vous ne pensez.

Le vagabond Jack Barron, Elric le Nécromancien et le Dr Adder partent affronter l'armée des 12 singes près de Shambleau, capitale du monde des Â. Les maîtres chanteurs, n'écoutant que leur oreille interne, partent en quête de l'oiseau blanc de la fraternité, celui-là même qui doit pondre l'Oeuf des Ténèbres des neuf Princes d'Ambre.

En 3001, c'est l'odyssée finale. Au carrefour des Etoiles, le troupeau aveugle des Triffides emprunte les voies d'Anubis enchâssées dans un temps incertain pour rejoindre Babel 17, la Porte des Etoiles. Pour cette croisière sans escale, ils contemplent un paysage du temps ravagé. A Pavane, ils rencontrent l'homme démoli, Tschaï, qui livre une guerre éternelle avec l'épée de Rhiannon contre les envahisseurs de la planète interdite, Barbarella.

Leur destination n'est plus la lune, mais le village des damnés, investi par les profanateurs de sépulture. Ce fut l'ère des gladiateurs. Il y eut un météore dans la nuit, couleur orange mécanique, et la planète redevint sauvage.

Mars 1998.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

A chaque sortie de chez Pixar, des tas de gens s'enthousiasment, on crie au génie, les femmes balancent leurs soutiens-gorges sur l'écran, les mémés s'évanouissent, bref c'est le délire total. Wall-E ne déroge pas à la règle, et ce qui change, c'est le dithyrambisme presque unanime de la presse. C'en devenait presque inquiétant. Tous saluent le message écologiste véhiculé par le film, l'universalité du propos, la prouesse technique...


Eh bien Wall-E c'est tout ça, mais pas que, et pas tout à fait. L'histoire se passe 700 ou 800 ans dans le futur. La planète Terre, abandonnée par les Hommes partis vivre une éternité d'oisiveté dans une station spatiale, estd evenue un gigantesque dépotoir géré par des robots éboueurs. Le récit se focalise sur l'un d'entre eux, Wall-E (le dernier ? on pourrait le penser), un concasseur -à la mode "César" sur roulettes qui en est venu à collectionner les déchets insolites et à discuter avec sa seule amie, une blatte. Ahah oui, une blatte. C'est le côté fantaisiste de Pixar qui ressort. Mais un jour un énorme vaisseau se pose le temps de déposer un autre robot, sorte d'oeuf conique qui se fait appeler EVE. Instantanément le petit Wall-E tombe sous son charme, ce qui n'est pas le cas d'EVE, du moins pas tout de suite. Il faut dire qu'elle est une sonde envoyée par les Humains afin d'inspecter la Terre, et de trouver éventuellement des traces de vie. Et elle en trouve, puisque Wall-E a recueilli quelques jours auparavant une jeune pousse. L'annonce de ce retour de la vie sur Terre va provoquer bien des remous sur Axiom, l'arche spatiale où se prélasse l'intégralité de l'humanité.

Alors comme d'habitude, le film Pixar brasse pas mal de valeurs : la lutte pour la survie, l'amour entre deux êtres différents, la tolérance, le respect de la nature, et par conséquent le refus de l'assistanat systématique. Les Humains sont devenus des poussahs incapables de se tenir debout, car passant leur vie sur des couchettes volantes, et c'est une armée robotisée qui veille à leur bien-être, au point de vouloir empêcher leur retour sur Terre lors d'une nouvelle l'autorisant. Le message écolo est évident, bien asséné, mais pas forcément maîtrisé, d'autant plus que les spectateurs auront une appréciation différente de ce message. Techniquement Pixar nous prouve qu'ils sont à la pointe en termes d'images de synthèse ; c'est tout simplement époustouflant, avec de nombreux plans tout simplement époustouflants. Les scènes de Wall-E déambulant au milieu de monceaux de déchets sont incroyables, c'est bluffant. il y a des prises de vues réelles au milieu du métrage, et franchement on ne voit presque pas la différence. Comme d'habitude aussi, il y a beaucoup d'humour, et on ne peut que le saluer.

Mais curieusement, j'ai moins apprécié ce film que le précédent, Ratatouille. la faute peut-être à quelques longueurs, à un message écologiste finalement politiquement correct. Ce n'est pas le meilleur Pixar, mais il premettra cependant aux petits et aux grands (mais surtout aux grands) de passer un très bon moment. A noter que c'est Andrew Stanton, qui a réalisé 1001 Pattes et Le Monde de Nemo, qui a dirigé ce film d'animation.

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Livres
C'est mon ami Pierig qui m'a donné le lien. Il s'agit d'une page où vous pouvez admirer les couvertures de 5.000 oeuvres de science-fiction.

Une curiosité à aller voir.

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films
Ce 6ème Batman était très attendu par les fans et les critiques. A plusieurs titres, puisqu'il sort presque vingt ans après le début de la saga, réalisé par Tim Burton. Il devait permettre la confirmation du duo Nolan/Bale comme réalisateur et acteur principal, après un Batman begins très réussi. Mais aussi parce que le super-méchant de service, j'ai nommé le Joker, est incarné par Heath Ledger, jeune acteur australien qui est décédé peu de temps après la fin du tournage, et à qui on promettait monts et merveilles après sa prestation dans Le Secret de Brokeback Mountain.
Batman aborde une phase décisive de sa guerre contre le crime. Avec l'aide du lieutenant de police Jim Gordon et du procureur Harvey Dent, Batman entreprend de démanteler les dernières organisations criminelles qui infestent les rues de sa ville. L'association s'avère efficace, mais le trio se heurte bientôt à un nouveau génie du crime qui répand la terreur et le chaos dans Gotham : le Joker...




Contrairement à ce qu'on pourrait croire, The Dark Knight n'est pas l'adaptation du comic-book éponyme de Frank Miller. C'est en l'occurrence une sorte de sous-titre de la saga Batman, un surnom comme un autre pour le Caped crusader. Comme je l'ai souligné, on retrouve la même équipe en haut de l'affiche. Nolan (scénariste, producteur et réalisateur), Bale, mais aussi Michael Caine dans le rôle du fidèle Alfred, Morgan Freeman dans celui du conseiller technique de Bruce Wayne et Gary Oldman dans celui de l'inspecteur Gordon. Seul changement, la substitution de Katie Holmes par Maggie Gyllenhaal dans le rôle de Rachel Dawes, l'ex-petite amie de Bruce Wayne. Ce n'est pas une grande perte, le rôle étant quand même celui d'une crevette. Nouveaux venus dans la saga, Heath ledger donc (Le Purificateur, Les Frères Grimm, Chevalier...), mais aussi Aaron Eckhart (Erin Brockovich, Paycheck et Dahlia noir), dans le rôle d'Harvey Dent, nouveau procureur de Gotham City et nouveau petit ami de Rachel. Celui-ci convainc le milliardaire Bruce Wayne du bien-fondé de son action afin d'abattre le crime dans les rues de la ville. Entre tous ces personnages va se jouer une sorte de tragédie antique, un ballet ou un chassé-croisé qui ne laissera personne indemne.

Il va se passer beaucoup de choses dans ce film. Les séquences s'enchaînent sans temps mort, et les habituelles petites séquences contemplatives qui font l'essence de la série sont réduites à une portion congrue. Le Joker est un personnage qui sort de nulle part, mais qui incarne, selon le réalisateur, l'anarchie et le chaos absolu, l'anti-Batman par excellence. Et en effet son action va provoquer une panique sans précédent dans la ville, ce qui procure à Nolan l'occasion de filmer des mouvements de foule en cinémascope, un format largement utilisé, pour notre plus grand plaisir, en filmant les bâtiments cyclopéens de Gotham City. Le film comporte bien sûr son lot de gadgets high-tech : un nouveau costume, plus léger et plus maniable, mais aussi un bat-pod, une moto qui se réduit presque à deux roues. Bruce Wayne, son alter ego civil, conduit quant à lui une magnifique Lamborghini Murcielago, ce qui signifie en italien... chauve-souris. Les moyens sont visibles à l'écran, avec notamment une poursuite d'un gros camion, qui se conclue par un tonneau vertical. Le film débute cependant par une scène de braquage de banque extrêmement maîtrisée, inspirée par Heat de Michael Mann, une référence en termes de film d'action et de tournage de fusillade. Dans cette séquence apparaît l'excellent William Fichtner, habitué aux seconds rôles.



Un casting haut de gamme, qui joue son rôle de façon presque parfaite. La révélation du film est Heath Ledger, avec une prestation exceptionnelle. Il a su apporter au Joker toute la démesure, la dimension tragi-comique que le personnage requiert. Pour se préparer au rôle, il s'est enfermé plusieurs jours dans une chambre d'hôtel, inscrivant dans un carnet toutes les idées noires que pourrait avoir le personnage. Une implication dont on dit qu'elle aurait fait basculer l'interprète dans une folie paranoïaque, et aurait amené son décès (suicide ?). Heath Ledger rejoint ainsi d'autres légendes du cinéma fantastique, telles que Brandon Lee et Bela Lugosi, morts alors qu'"habités" par leurs personnages fétiches (The Crow pour le premier, Dracula pour le second). Le Joker avait déjà été incarné par Jack Nicholson dans le premier Batman, mais il a l'air d'un aimable cabotin de bac à sable à côte de Heath Ledger. Christian Bale est comme d'habitude impeccable dans son rôle de milliardaire philanthrope et de justicier névrosé. Il est très bien entouré, et le film se déroule dans une ambiance musicale symphonique réglée par Hans Zimmer et James Newton howard, des pointures en ce domaine.



Je l'ai dit, le film est très intense, et je ne vous livre là que quelques scènes, pas forcément les plus importantes. Le métrage dure 2h30, il se passe beaucoup de choses. Des personnages apapraissent, d'autres disparaissent, des choses ne sont plus (à la fin de Batman Begins le Wayne Manor a d'ailleurs été détruit), des positionnements apparaissent... Le film est quand même noir, très noir, mais ne perd en aucune manière sa dimension épique, avec par exemple des récitatifs anthologiques en fin de parcours. On peut désormais parler de franchise, puisque la fin est une nouvelle fois ouverte, et que de nouveaux adversaires apparaissent pour l'homme chauve-souris... Un film de haute volée, très dense, mais qui comporte une forte dose d'action et de thématiques fortes.

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Livres
 
Nous sommes à la fin du 21ème siècle. Les plus grandes cités se sont regroupées par de gigantesques réseaux souterrains, supposés sécurisés. En-dehors, c’est le pays des Horcites, où règnent le chaos, la pollution, les épidémies…

Dans le réseau de NyLoPa (qui regroupe New York, Londres et paris), pourtant, une série de morts effroyables commence à semer la terreur. Une brigade de police spéciale est chargée de mener l’enquête. Nous suivons donc Ganesh, un Fouineur, c'est-à-dire un flic équipé d’une biopuce implantée dans son cerveau. Cette biopuce lui communique données et probabilités en temps réel pour faire avancer son enquête. Ganesh mène donc ses recherches pour trouver ceux que l’on surnomme très vite les Ombres, à cause de leur action ravageuse et leur faculté à ne laisser aucune trace. Et chez les Horcites, c’est Naja, une jeune femme intrépide dont la famille périt dans un incendie provoquée par ceux qu’on surnomme les Cavaliers de l’Apocalypse.

 





L’originalité de ce projet tient en son support. En effet il s’agit de fichiers mp4, c'est-à-dire d’images fixes (type BD) que l’on anime légèrement pour illustrer un texte lu par des comédiens accompagnés d’effets sonores. L’ensemble de la série est disponible via plusieurs possibilités. D’abord l’abonnement, fixé à 2 euros par mois, qui permet de recevoir par e-mail un épisode par semaine. L’abonnement annuel coûte 20 euros (pour 40 épisodes). Vous pouvez aussi découvrir la série sur un DVD découverte (15 épisodes) au prix de 9,99 euros dès la rentrée. Les épisodes durent de 12 à 15 minutes. La durée a été réduite en cours de route pour « coller » aux attitudes des spectateurs (qui s’agitent au bout de 10 minutes de visionnage). Il est également possible de retrouver ces épisodes sur le site d’une grande enseigne culturelle consacré au téléchargement légal au prix de 0,70€ l’épisode. Le passeport sur la saison ou l’abonnement annuel comprennent l’envoi d’un DVD comprenant tous les épisodes et des bonus en fin de saison.

 

A l’origine du projet, Bruno Martinaud et Rubi Cortes, patrons de la société mp3minutes. Leur idée ? Réaliser des séries mp3 professionnelles (à la différence du Donjon de Naheulbeuk, par exemple) à destination du grand public. Il contacte Pierre Bordage, auteur de science-fiction très connu, afin de réaliser une série « intensément dialoguée et ponctuée par des récitants, mis en scène et produite selon le savoir faire de l’industrie cinématographique, illustrée par une BD-video mais avec une bande audio totalement indépendante pour s’ajuster aux situations limitées à l’écoute. » (j’ai repris l’argumentaire de l’éditeur, qui me semble bien détourer les caractéristiques du projet).

 

Pierre Bordage s’est fait un nom depuis la parution en 1994 des Guerriers du silence (qui a lui-même été adapté en BD). Son univers est caractérisé par une grande richesse, un humanisme qui ne se dément pas, c’est l’un des chefs de file de la SF française. Parmi ses plus grands succès on trouve Les fables de l’Humpur, la Citadelle Hyponéros, Abzalon et Wang. Pour réaliser concrètement ces Chroniques des Ombres, les producteurs font appel à un casting vocal de premier choix ; je citerai les acteurs habituellement doublés, ce sera plus parlant : Morgan Freeman, George Clooney, Cameron Diaz, Christina Ricci, Scarlett Johansson, Nicole Kidman, Gwyneth Paltrow, Uma Thurman ; certains ont aussi travaillé pour Smallville, Les experts, Les Guignols de l’info...

Côté illustration, c’est là encore une belle équipe qui est constituée, mais pas vraiment de stars, plutôt des illustrateurs free lance ou des character designers de jeux video. Notons quand même le nom de Gilles Francescano, connu pour illustrer de nombreuses couvertures de SF chez Folio SF ou le Livre de Poche, Grelin, dessinateur des séries Hazard et La Colo chez Soleil, ou encore Stéphanie Hans, qui réalise Galathéa (Emmanuel Proust Editions). L’habillement musical est assuré par Laurent Dury et Jean-Pierre Limborg, aux influences classiques et jazzy.

 

En complément des épisodes, le site internet officiel propose de nombreuses ressources : des informations sur la production, sur l’univers des Chroniques des Ombres (les personnages, NyLoPa, la biopuce, le pays vague, l’évolution du monde)… On y trouve également des extraits et résumés de chaque épisode, des fonds d’écran, mais aussi un espace communautaire comportant des fora, un espace fan-art, des jeux et une newsletter.

 





Ayant pu me procurer le DVD découverte comportant les 15 premiers épisodes, j’ai pu juger de la qualité de la série. Les premiers épisodes durent 15 minutes, et l’on sent un certain tâtonnement dans la réalisation. Les styles graphiques sont assez diversifiés, trop peut-être. On a du franco-belge avec des influences manga, du dessin typique de BD ou de l’illustration, et même des dessins qui ressemblent plus à des esquisses qu’à des cases encrées. De plus le son n’est pas toujours très bon, et quelques sautes sonores par-ci par-là hachent un peu la progression du récit. Mais au fil des épisodes les défauts sont gommés, notamment certains soucis de rythme. Assez vite on rentre dans l’histoire, les qualités de conteur de Pierre Bordage étant intactes. Un autre point positif dans la conception, au début de chaque épisode un récitant, homme ou femme, fait le résumé de l’intrigue. Pratique quand on n’a pas visionné un épisode depuis longtemps. Au début de chaque épisode on entend également ce qui est présenté comme un extrait d’ouvrage scientifique, sociologique, philosophique, un proverbe…

 





Au bout du visionnage des 15 premiers épisodes, le bilan (provisoire) est très positif. Bordage a écrit une intrigue complexe, une sorte de puzzle dont les morceaux sont à raccrocher ensemble, et les comédiens donnent une vie sacrément prenante aux personnages. J’aime par exemple beaucoup Naja, à la fois courageuse et sensible, mais aussi Josp, un mutant qui fait un peu penser à Gollum, mais dont le caractère est empreint d’innocence. Les dessins sont sympas, j’en préfère bien sûr certains par rapport à d’autres, mais il y a là encore de beaux talents. L’univers développé par Bordage, nous montrant une France retournée à l’état médiéval à côté des Cités unifiées, s’il n’est pas original, a le mérite d’être cohérent et d’offrir de multiples possibilités narratives. Très encourageant.

 

Si vous voulez en savoir plus, visitez le site officiel, ou même regarder cette bande-annonce.

 

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Livres


WORLD WAR Z

 

Films, bandes dessinées, jeux vidéos, jeux de société, depuis quelques années les zombies, morts-vivants et goules font un retour en force, après celui effectué quelques années plus tôt par leurs cousins vampires. C’en est arrivé au point que même le fan de nos amis décomposés peut finir par frôler l’indigestion. Pourtant, malgré ma lassitude de les voir resservis à toutes les sauces, je lorgnais depuis longtemps sur World War Z de Max Brooks (par ailleurs auteur d’un Zombie Survival Guide). Sous-titré An Oral History of the Zombie War, le livre est présenté comme un documentaire et nous raconte un conflit qui, dans un futur très proche, oppose l’humanité entière à une invasion de zombies.

 

Créés par un virus d’origine inconnue, les zombies de World War Z ressemblent à l’idée que l’on peut se faire de ces bestiaux depuis La Nuit des Mort-Vivants : des créatures lentes et dépourvues d’intelligence, uniquement mues par une faim inextinguible de chair fraîche, qui propagent leur infection par morsure et ne peuvent être stoppées que par la destruction de leur cerveau. L’épidémie démarre en Chine et se propage rapidement sur toute la planète. L’humanité lutte du mieux qu’elle peut, mais s’organiser face à cette menace inédite et terrifiante se révèle extrêmement difficile, et ce n’est que de justesse que l’on échappe à l’extinction complète, après une dizaine d’années de “guerre mondiale” contre ces envahisseurs venus de l’intérieur et dont les rangs augmentent chaque fois que diminuent ceux de leurs victimes.

 

C’est par une série de témoignages émanant de tous les continents qu’est racontée la “Zème Guerre Mondiale” : le début de l’épidémie, les premières tentatives pour l’endiguer, la propagation globale du mal, la “Grande Panique”, la résistance inefficace de l’armée, l’organisation pour la survie… On voit se dérouler le conflit étape par étape, à travers les yeux de ceux qui l’ont vécu, à différents niveaux de la société. On lira tour à tour les récits d’un médecin ayant constaté l’un des premiers cas dans un petit village ; d’un “passeur” qui a contribué à la catastrophe en aidant des personnes infectées à quitter clandestinement la Chine ; d’un chirurgien ayant transplanté des organes contaminés ; d’un ponte de l’industrie pharmaceutique sans remords d’avoir commercialisé un vaccin bidon ; d’un garde du corps dont l’employeur s’est enfermé avec des célébrités dans un bunker de luxe pour y produire une émission de télé-réalité en marge des événements ; d’un réalisateur de cinéma amené à tourner des films de propagande pour remonter le moral de la population ; de militaires que l’incompétence de leurs officiers a conduits à la débâcle ; de simples civils ayant fui et survécu comme ils pouvaient ; de ceux qui ont fini par planifier des méthodes effroyables mais efficaces pour éviter l’apocalypse totale, réorganiser les zones “sûres” puis contre-attaquer ; de soldats qui ont lutté pour regagner le terrain perdu ; d’un mercenaire accro à la lutte anti-zombies et qui craint de n’en avoir bientôt plus aucun à tuer…

 

Si le livre fournit à l’amateur de zombies son quota de têtes qui explosent, de tripes qui dégoulinent et de scènes d’angoisse (très réussies), c’est surtout par son côté troublant de réalisme que World War Z est remarquable (et qu’il glace bien plus le sang qu’une simple succession de confrontations brutales entre vivants et morts). Le livre n’omet aucun aspect, politique, social, économique, psychologique, des causes et conséquences de l’horreur, et ne sombre jamais dans la grosse satire tarte-à-la-crème (du style “Ha ! Voyez, en réalité, tout ça c’est une allégorie hyper profonde de l’Amérique de George Bush/la société de consommation/la ségrégation raciale !!!”) tout en proposant évidemment, comme toute bonne œuvre de science-fiction, plus qu’un simple exercice de style consistant à rendre crédible un futur hypothétique résultant d’événements n’ayant jamais eu lieu. Car Max Brooks n’est jamais lourd, jamais binaire, et c’est par petites touches qu’il distille son ironie, comme dans ce récit d’un homme politique expliquant la difficulté de rebâtir une communauté et une économie détruites alors que la majeure partie de la population est habituée à exercer un métier “inutile” comme consultant, analyste ou communiquant...

 

Le livre s’essouffle malheureusement vers la fin ; après une longue série de témoignages si captivants qu’on se dit souvent “Dommage que ça s’arrête, parce que rien qu’avec cette histoire-là il y avait de quoi tirer tout un roman, ou au moins tout un chapitre supplémentaire”, la plupart des récits des dernières parties se révèlent nettement plus faibles et on pourra se sentir floué par cette conclusion un poil poussive. 40 pages assez fades sur les opérations de nettoyage d’après-guerre ou la disparition des baleines, après 300 pages d’une plongée passionnante et cauchemardesque dans un enfer apocalyptique, je n’irais pas jusqu’à dire que ça gâche tout, mais la déception est grande. Malgré ça, il serait vraiment regrettable de passer à côté de cet excellent bouquin qui, au-delà du public des aficionados de zombies, a de quoi séduire tout amateur d’anticipation. Il convient juste de signaler que le livre n’a pas encore été traduit en français, ce qui pourra en rebuter plus d’un, encore que le vocabulaire et le niveau de langue devraient permettre à n’importe quel lecteur ayant quelques années d’anglais au compteur et un bon dictionnaire de poche de ne pas se sentir trop perdu.

 

Toxic.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Jeux
En hommage à l'anniversaire de Mobutu Sese Tolkien qui aurait eu très précisément 116 ans et 7 mois ces jours-ci s'il n'était pas mort il y a 35 ans, voici le deuxième jeu inspiré de son oeuvre en deux jours sur ce blog, parce qu'après tout il n'y a pas que Gary Gygax qui mérite tous les honneurs pour avoir inventé les dragons et les elfes.

A la différence de LucasArts qui a décliné la saga Star Wars à toutes les sauces possibles et imaginables, avec des jeux de courses, l'atelier de droïdes, Jabba Passion Cuisine ou
Sim Jar Jar, Electronic Arts a exceptionnellement su faire preuve d'une certaine retenue avec la licence Seigneur des Anneaux, en se limitant à des jeux de stratégie et d'action ne déviant pas trop des films dont ils sont tirés. Fait relativement rare dans l'histoire des jeux "tirés de...", les divers titres sortis se sont révélé d'honnête qualité pour autant que j'aie pu en juger (j'avoue ne pas les avoir tous testés) et on les apprécie d'autant mieux aujourd'hui qu'ils se trouvent tous à bas prix.

La bonne affaire du jour, donc, c'est Le Retour du Roi qui se déniche n'importe où pour 5 €. Comme son nom l'indique, il s'agit de l'adaptation du dernier volet de la série. On y contrôle les principaux personnages dans un bon vieux beat'em all à l'ancienne, ou du moins une sympathique transposition 3D de ce à quoi ressemblaient les bons vieux beat'em all à l'ancienne. Pour les plus abrutis ignorants jeunes d'entre vous
qui ne savent pas ce que c'est que d'avoir eu une Megadrive étant ado, le beat'em all consiste à démolir à la chaîne des centaines de clones en utilisant toujours la même demi-douzaine d'attaques, et dit comme ça je sais que ça a l'air con, mais c'était vraiment le meilleur genre du monde à la belle époque, parce que c'était bien défoulant et que ça pouvait se jouer avec un pote, et c'est dommage qu'à l'arrivée de la première PlayStation et du tout-3D, on ait oublié comment faire de bons beat'em all. Mais je suis prêt à parier qu'avec un bon Streets of Rage 4 ou un bon Golden Axe 4, la Dreamcast aurait survécu plus longtemps !

Tant qu'on est dans les parenthèses destinées à nos amis les jeunes, qui n'ont rien connu, je précise également que le chiffre "4" était le chiffre que l'on pouvait autrefois accoler au titre d'un film ou d'un jeu quand il s'agissait du 4ème épisode d'une série de films ou jeux. Evidemment aujourd'hui on ne fait plus ça, ça donnerait trop l'impression qu'on a perdu toute créativité et qu'on se contente d'exploiter des filons jusqu'à la nausée, alors pour que les gens ne se disent pas "ouah putain déjà le 12ème Need for Speed, faut qu'ils arrêtent, là"
, à la place du chiffre on ajoute un sous-titre ou un sur-titre bidon, voire le prénom du héros. Comme quand Rambo 4 devient John Rambo. Il y a encore quelques années, un nouveau Streets of Rage baptisé Streets of R4ge n'aurait peut-être pas été trop ringard, mais aujourd'hui on l'appellerait plus vraisemblablement Streets of Rage: Back on the Streets, Bare Knuckles: The Chronicles of Streets of Rage, ou John Streets of Rage Balboa. Tenez, d'ailleurs le nouveau Golden Axe s'appelle Golden Axe: Beast Rider, c'est dire si j'ai raison.


Graphiquement, ça fait un peu "jeu PS2 d'il y a 5 ans",
il y a d'ailleurs une version PS2 strictement identique disponible pour 20 €.

Bref, trêve de couillonnades, revenons-en à nos hobbits. Le Retour du Roi est donc un beat'em all à l'arme blanche, ou un Hack & Slash si vous préférez, qui vous permet de revivre les moments-clés du film de Peter Jackson sur une dizaine de niveaux répartis sur 3 "chemins" suivant les parcours parallèles des membres de la défunte Communauté de l'Anneau désormais séparée. L'action consiste principalement à découper des nuées d'orcs et de gobelins à l'épée, à la hache ou à la dague, mais les héros sont également munis d'armes de jets et peuvent même, de temps en temps, faire appel à des machines de siège. La palette de coups n'est au départ pas très étoffée mais en accumulant des points d'expérience, on peut "acheter" de nouvelles attaques. Malgré cette possibilité de varier les combos et la présence de 5 personnages jouables (et d'autres à débloquer par la suite), ça reste évidemment très bourrin et répétitif même si les niveaux offrent généralement une petite particularité permettant de casser un peu la monotonie. Par exemple, le niveau de Minas Tirith avec Gandalf se déroule sur des espaces limités, dans lesquels le magicien doit repousser l'invasion de la citadelle en renversant les échelles qui permettent aux soldats ennemis d'escalader la muraille, et en protégeant un maximum de civils une fois que les orcs ont pénétré dans l'enceinte. Le niveau d'Osgiliath où l'on dirige Sam est conçu comme une longue fuite en avant sur les traces de Gollum, au cours de laquelle il faudra régulièrement trouver des cachettes pour empêcher un  Nazgûl de capturer Frodon.


Dans le 1er niveau avec Sam, il faut surveiller la jauge en haut à droite
et se mettre à couvert chaque fois que possible pour la vider.
Si elle se remplit entièrement, Elijah Wood finit en casse-croûte pour lézard volant.

Les niveaux les plus classiques sont ceux où l'on peut contrôler au choix Aragorn, Legolas ou Gimli, mais ils sont également ceux qui permettent de jouer à deux en coop. Une possibilité qui a de quoi mettre la larme à l'oeil des nostalgiques de l'Age d'Or de la baston dont je parlais plus haut. Dommage que l'action devienne alors un poil trop confuse, et n'apporte donc finalement pas autant de satisfaction qu'on le souhaiterait. C'est pas qu'on ne s'amuse pas, mais on ne retrouve pas vraiment les sensations qu'on a pu avoir il y a 16 ans sur borne d'arcade ou console 16-bit.


Ici, vos alliés les Ents s'attaquent aux orcs qui vous barrent la route,
mais sans regarder où ils mettent les pieds (les racines ?),
ce qui les rend dangereux pour vous également.

L'une des réussites du jeu en revanche est une retranscription assez fidèle de l'ambiance furieuse des batailles du film. Les niveaux dans lesquels vous évoluez sont "vivants", autour de vous ça s'anime, ça explose, des "figurants" se battent entre eux sans nécessairement s'en prendre à vous... Et malgré un level-design en couloir et de nombreux recours à des scripts déclenchés par l'intervention du joueur, l'impression d'immersion en plein coeur de grands combats dont vous n'êtes qu'un pion se frayant un chemin au milieu des autres est souvent assez bonne.


Chaque ennemi tué rapporte un nombre de points d'expérience plus ou moins grand
selon votre habileté. Enchaîner les coups réussis sans être touché vous-même
vous fera monter de niveau plus vite, mais ce n'est pas toujours facile au milieu d'un champ de bataille.

Le jeu n'est pas très long et malgré la possibilité de recommencer avec de nouveaux héros (Faramir, Merry & Pippin...) la durée de vie reste limitée dans la mesure où on ne peut pas dire que rejouer les mêmes niveaux dans la peau de Frodon plutôt que Sam change radicalement l'expérience. Cela dit, Le Retour du Roi reste bien défoulant et franchement sympa. Dans un genre aussi sous-représenté sur PC, si vous êtes amateur de baston et pas allergique au Seigneur des Anneaux, à 5 € ce serait bête de s'en priver.


Toxic.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Jeux
Avant tout, mes excuses aux quelques-uns qui cliquent sur le lecteur de musique que je joins aux articles, je sais qu'aujourd'hui c'est vraiment de la daube, mais j'étais pas inspiré pour le choix, et mettre un extrait de la bande originale des films de Jackson était trop facile, ce qui m'amène donc à vous infliger une perlouze par les auteurs de la chanson que Cartman est obligé de chanter jusqu'au bout. Désolé.

Sur le jeu lui-même, ben, c'est une vieillerie qu'on trouve désormais dans la "Hits Collection" de Mindscape, pas la rouge à 5 € mais l'argentée à 10 €, je précise parce qu'il y en a 2. Comme son titre l'indique à peu près bien, ils vous invite à revivre sous la forme d'un jeu de stratégie en temps réel la guerre entre lutins et farfadets qui est racontée, entre deux chapitres sur les vertus de l'herbe à pipe ou les chansonnettes d'un casse-burnes forestier, dans les livres de Joseph-Désiré Tolkien.

Comme beaucoup de types qui ont dû, dans leur jeunesse, trouver des trucs pour s'occuper pendant que les adolescents normaux avaient une vie sociale, voire sexuelle, je me suis farci les aventures du gnome à la bagouze magique quand j'avais 15 ans, et un certain attachement nostalgique à ces calembredaines me faisait attendre avec impatience la sortie d'un jeu qui permettrait de prendre le contrôle des fameuses armées de créatures imaginaires commandées au cinéma par Dracula et Richard III (ou le Comte Puduku et Magneto, si vous avez des goûts de chiottes en films).

Hélas, à l'époque de sa sortie, la presse était plutôt tiède, ce qui m'a conduit à ne finalement pas acheter le jeu. C'est finalement un mec de chez EA qui me faisait visiter les locaux de la boîte qui m'a convaincu de lui donner sa chance, aidé en cela par un prix attractif de 10 dollars à la boutique des employés à laquelle il me donnait accès. Evidemment, je me doute que vous vous en foutez un peu, mais quand on veut gagner ses galons de vrai journaliste de jeux vidéos, il n'y a rien de tel que de plomber ses articles d'anecdotes personnelles inintéressantes comme le font les professionnels.

Bref, voilà, j'ai acheté le jeu, et constaté que les détracteurs du jeu étaient quand même un poil sévères, puisque La Bataille pour la Terre du Milieu est au bout du compte un petit STR bien sympathique qui, sans révolutionner le genre, se révèle plus intéressant que bon nombresde clones insipides de Warcraft et Age of Empires. On y retrouve les personnages, créatures et armées des livres et des films, répartis en 4 factions, elles-mêmes réunies sous deux bannières : du côté du Bien, vous avez le Rohan et le Gondor, du côté du Mal, le Mordor et l'Isengard. Evidemment, chaque camp a ses forces et faiblesses et les affrontements utilisent un système proche de l'habituel "papier-pierre-ciseau" des jeux de ce genre, même s'il paraît tout de même un poil déséquilibré : ainsi,  chez la clique de Gandalf et Aragorn, il n'y a pas grand chose qui justifie d'utiliser l'infanterie par rapport à la cavalerie, tant celle-ci se révèle efficace face à presque n'importe qui, et pour le fan-club de Sauron et Saroumane, presque toutes les unités semblent obsolètes une fois qu'on a accès aux plus gros monstres comme le Mûmak ou le Nazgûl.


Les batailles n'ont pas toujours l'envergure de celles des films,
parfois quelques escouades de haut niveau suffisent à prendre une ville ennemie.

Tant qu'on parle d'unités, j'apprécie beaucoup le fait que, pour une fois, les bastons entre les unes et les autres ne se limitent pas à "elles se font face et se cognent dessus à répétition jusqu'à ce que les points de vie de l'une des deux tombent à zéro". Les animations (et les effets des attaques) sont plus réalistes, plus dynamiques. Ici, quand un ogre ou la cavalerie charge une escouade de fantassins, ils sont immadiatement éparpillés aux quatre vents et ne se relèvent pas. Quand un Nazgûl fond sur une proie, il l'attrape, l'emporte puis la laisse tomber dans le vide pour la tuer sur le coup. Du coup, on regrette que les armées n'aient pas la taille de celles d'un Total War, parce qu'une belle charge de Mûmakil sur un gros régiment d'infanterie, avec des dizaines de soldats volant dans tous les sens sous les coups de défenses des bestiaux, ça aurait eu sacrément de la gueule, mais bon, ça n'est déjà pas si mal, même si le jeu a quand même vieilli graphiquement.


Même les plus grandes villes ne peuvent contenir que 9 bâtiments en comptant
le donjon central, une limite qui ne plaira pas à tout le monde.

La plus grosse critique faite par les détracteurs du jeu est l'absence de liberté offerte au joueur dans la construction de sa base. Il n'est en effet pas possible d'établir un camp n'importe où, ni de construire autant de bâtiments que l'on veut. Il y a des places fortes et des villages déjà établis en différents points de la carte, et sur chaque, un nombre limité d'emplacements disponibles pour y installer vos fermes, casernes et forges. Et c'est vrai qu'au début, ça agace. Je comprends que le nerd fanatique de Tolkien qui a pour la 1ère fois de sa vie l'occasion de commander une armée de la Terre du Milieu a envie d'ériger une forteresse impressionnante pour compenser la petite taille de son sexe avant de rusher avec 15.000 cavaliers, pas simplement de poser deux fermes et une écurie dans un pauvre petit avant-poste minable avant de péniblement réunir 10 clodos sur des poneys. Mais passée la frustration, on se dit que c'est finalement une contrainte intéressante qui est ici imposée au joueur, une approche pour une fois un peu originale du genre là où on aurait pu craindre un simple mod tolkiénesque d'AgeCraft & Conquer. On ne peut pas vraiment rusher, on ne peut pas vraiment camper. Il faut réfléchir intelligemment à son développement, tout en conquérant régulièrement de nouveaux emplacements, que ce soient des murailles où l'on pourra développer une nouvelle base ou des tours abandonnées qu'on pourra convertir en positions défensives redoutables.


Quand les grosses bébêtes du Mordor parviennent à investir une forteresse,
c'est un peu la fin des haricots pour l'assailli.

A part ça, on y retrouve ce qu'à peu près tous les STR modernes proposent, mais pour l'époque ça n'était pas si mal : les unités qui gagnent de l'expérience au fil des batailles, les héros aux pouvoirs spéciaux, des scénarii avec objectifs principaux et secondaires permettant d'engranger des points débloquant des attaques plus puissantes, une campagne avec une carte sur laquelle on peut déplacer ses troupes pour choisir le prochain territoire à conquérir en fonction du bonus que l'on vise... C'est banal aujourd'hui, mais du coup le gameplay ne paraît pas trop désuet, surtout si on le compare à d'autres STR de la même génération comme un Command & Conquer Generals (qui se trouve pour sa part à 5 € dans la Hits Collection rouge susmentionnée) ou un Age of Empires III (qui en revanche est encore à plus de 30 €).

Au final, force est de reconnaître que si le jeu est loin d'être déshonorant, il ne fait pas vraiment le poids face à d'autres jeux de stratégie disponibles eux aussi en gamme budget, comme un
Dawn of War (5 € sans ses add-ons) ou un Medieval II (20 € en version Gold, le prix a encore baissé). Néanmoins, à défaut de séduire les amateurs de STR hyper novateurs et pointus, La Bataille pour la Terre du Milieu est suffisamment bien fait et plaisant à jouer pour offrir aux fans de la plus célèbre saga d'heroic fantasy depuis la Bible une durée de vie qui ne les fera pas regretter leur dépense de 10 €.

Toxic.

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