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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

livres

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://psiland.free.fr/biblio/description/images/keel01.jpg

 

Je suis rentré récemment en possession, grâce à l'ami pierig, d'une partie de la bibliothèque d'un fondu du paranormal. Ne vous étonnez donc pas si certaines des prochaines notes contiennent des bouts de bizarre. Pour commencer ce défrichage, j'ai jeté mon dévolu sur un ouvrage relativement connu, peut-être le plus "grand public" de ce lot, l'oeuvre de John Keel, journaliste spécialiste du paranormal. Ce bouquin, écrit en 1991 et révisé en 2001, a d'ailleurs été adapté au cinéma avec Richard Gere dans le rôle de l'écrivain.

 

Oui, son rôle, car John Keel se met lui-même en scène dans ce compte-rendu d'un ensemble d'évènements bizarre s'étant déroulés dans les années 60 aux Etats-Unis. En effet Keel s'est rendu compte en 1966 qu'une ville de Virginie Ocidentale, Point Pleasant, était devenu une sorte d'épicentre d'apparitions d'OVNIs, de visites d'étrangers... étranges, et ainsi de suite. Keel, écrivain renommé, est chargé par Playboy (ben oui) d'écrire un article définitif sur le sujet des OVNIs. Le gros des témoignages recueillis par l'auteur entre novembre 1966 et décembre 1967 fait état de sphères brillantes, de cigares et de lumières ayant poursuivi des véhicules, des personnes seules ou des groupes. Mais aussi d'apparitions de grands oiseaux parfois affublés de corps (ou seulement de têtes) d'homme, que l'auteur surnomme Garuda, en référence à une créature fabuleuse des traditions hindouiste et bouddhiste ou encore l'homme-phalène, la phalène étant un papillon, ce qui est une appellation plus poétique. Mais il a noté également que les habitants de la ville et de ses alentours ont reçu la visite d'hommes étranges, tout habillés de noir, qui posent des questions au sujet des témoignages sur les OVNIs, incitant parfois les témoins à ne pas en parler plus. Ainsi sont nés les Men in black (hommes en noir)... Eh oui.

 

Plutôt que de faire un catalogue de ces apparitions, ce qui serait, convenons-en, relativement vain, que l'on soit ufophile et amateur de paranormal ou pas, Keel va plutôt essayer de s'attacher à ce qui pourrait se passer derrière. Selon lui beaucoup de ces témoignages pourraient être suggérés par une sorte de prédisposition collective, une sorte d'"air du temps" favorisant le signalement de tels évènements. Ils ont toujours eu lieu, mais on n'en parlait pas auparavant. Au milieu des années 1960, en pleine Guerre froide, la méfiance envers le gouvernement ou des organismes tels que la CIA était tellement forte que les langues se déliaient très facilement. Bien sûr, les autorités gardaient un silence curieux sur ces évènements, tentant, via l'armée notamment, de les étouffer en évoquant justement ceux d'en face ou des appareils militaires défectueux (je parle ici des OVNIs).


Mais, et c'est un point intéressant, Keel a pu remarquer que souvent les évènements ufologiques majeurs se passaient concomitamment à d'autres faits passés inaperçus, comme par exemple la disparition de personnes ou d'animaux (domestiques ou bétail), et même le saignement à blanc de ceux-ci, sans qu'aucune cause ne soit déterminée. Car Keel remarque que parfois les gens reçoivent la visite de personnes étranges, s'exprimant parfois avec difficulté, semblant avoir du mal à respirer ; ces hommes se font la plupart du temps passer pour des agents de recensement, des employés de compagnies de téléphone... ; pour l'auteur, il pourrait s'agir là de simulacres d'humains, créés par des extra-terrestres dans un but encore nébuleux. Et pour donner la vie à ces simulacres, ils auraient besoin de sang... Ce qui rapproche ces faits de la théorie vampirique, présente depuis des siècles, tout comme le signalement d'objets étranges dans le ciel. Parfois aussi la technologie s'y met. Les gens reçoivent des coups de téléphone au bout desquels ils perçoivent une respiration haletante, mais visiblement synthétique, des séries de bips ou autres bruits électroniques... Parfois des coups de fil semblent être passés par des personnes connues du destinataire, alors qu'il n'en est rien... Des poltergeists se manifestent aussi de manière périphérique à ces observations. Mieux encore, Keel a fait l'expérience étrange d'avoir une sorte de suiveur, quelqu'un qui savait avant lui ce qu'il allait faire, ou d'être confronté à des contactés qui pouvaient lui prédire son avenir, et ce de façon très naturelle.

 

Tout cela porte à croire que cette année-là, Point Pleasant est devenu une sorte d'Ikea du paranormal, ouvert jour et nuit et 7 jours sur 7, où nombre d'amateurs de monstres légendaires et de soucoupes volantes ont pu trouver chaussure à leur pied.

 

Lorsqu'un contact extraterrestre est assumé par le visiteur, il délivre dans la plupart des cas un message de paix. Keel remarque que celui-ci est vraiment dans l'air du temps. En effet nous étions à l'époque en pleine guerre groide, et les gens étaient très inquiets au sujet d'une menace nucléaire... Parfois les contactés étaient emmenés par un vaisseau spatial vers la planète Lanulos, situé dans la "galaxie de Ganymède" (sic, étant donné que Ganymède est un satellite de Jupiter...). L'un des émissaires de cette planète est Indrid Cold, un humanoïde fort poli, qui eut de nombreux contacts avec un ami de Keel.

 

Pour Keel, tous ces phénomènes sont liés. Développe-t-il réellement une théorie d'ensemble sur tout cela ? Pas forcément. En fait, il rapproche, comme il l'a fait avec la théorie vampirique, nombre de choses au phénomène ufologique. Ainsi nombre d'observations sont-elles faites après la vision de lumières clignotantes ; or il est prouvé, depuis la fin des années 1940, que l'effet stroboscopique peut générer des états de transe et d'hypnose. Le cerveau peut alors percevoir des choses, programmées d'une façon ou d'une autre, en ayant la certitude absolue qu'elles sont vraies, mais qui ne le sont en réalité pas. De même il est arrivé qu'après des expériences de ce genre, accompagnées ou non de substances hallucinogènes, des personnes se retrouvent en résonance avec l'univers entier, en phase, et arrivent à transcender leur nature, à voir leur QI augmenter et deviennent des personnages importants. Il en serait de même pour des personnes embrassant la prêtrise, après une illumination.

 

J'avoue que le passage où Keel déploie ces théories, par ailleurs de façon assez confuse, ne m'ont pas convaincu. En gros les aliens sont partout, depuis la nuit des temps, et sont responsables de tous les évènements majeurs, et même de certaines destinées personnelles remarquables. La théorie du complot. En plein. Une idée renforcée par celle, de plus en plus largement répandue aux Etats-Unis dans les années 1960, que beaucoup de hauts fonctionnaires ont été remplacés par des extraterrestres. Et hop, la légende du changelin au passage. 

 

En tous les cas, un évènement survenant en décembre 1967 constitue le point de convergence de toutes ces histoires. Un pont routier à proximité de Point Pleasant cède, entraînant dans l'Ohio une quarantaine de personnes, dont un bon nombre ont été témoins de ces étranges phénomènes l'année précédente... Comme si on avait voulu faire disparaître des témoins gênants ou comme si leur vision était annonciatrice de leur mort prochaine... Et bien sûr, il y eut un arrêt net des rencontres du troisième type à Point Pleasant après ce drame... Cet évènement, Keel en avait entendu parler en amont, mais sans que soient précisés réellement le lieu, la nature de la catastrophe ; et par recoupements, il était arrivé à d'autres conclusions. Mais c'est bien cet évènement-là dont les contactés avaient été informés. Que l'on croie à tout cela, avouez tout de même que cette coïncidence est troublante...

 

Keel écrit assez bien, ce qui rend son ouvrage assez intéressant à lire. Mais il semble que même au cours de sa révision de 2001, il n'ait pas pris le soin de réellement réviser l'ensemble. Car il y a des redites, et nombreuses. Et puis Keel semble ne pas vraiment classer ses observations, il ne sépare seulement que l'homme-phalène et les OVNIs...

 

L'ouvrage est complété par une série de notes sans doute préparées par le préfacier, Pierre Lagrange, lui-même spécialiste des phénomènes paranormaux. Des notes intéressantes, qui précisent les sources des évènements présentés (car tous n'ont pas été racontés directement à Keel, ou ne se sont pas passés à Point Pleasant...). Mais elles perdent une partie de leur impact car dans le corps du livre il n'y a aucun renvoi, ni même aucun avertissement relatif à l'existence de ces notes. Si l'on ne parcourt pas l'ensemble du volume en préambule à sa lecture et si l'on ne fait pas des allers-retours pour vérifier si l'on ne loupe pas une note intéressante -ce qui serait déjà une source d'irritation chez un lecteur lambda-, on ne les lit pas de façon efficiente. Un gros mauvais point pour l'éditeur donc (les Presses du Châtelet) pour ce manque de professionnalisme...

 

Au final, la lecture est intéressante pour qui veut en savoir plus sur les évènements de Point Pleasant, mais l'auteur ne fait pas vraiment preuve d'organisation dans son plan, ce qui gâche quelque peu le sérieux qu'il a pu y mettre par ailleurs. De plus sa propension à faire du phénomène OVNI un élément universel m'a quelque peu irrité, sa démonstration manquant de liant.

 

 

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://sparks.free.fr/vampires/pictures/simmons_les_fils_des_tenebres_lp14120.jpg

 

Dan Simmons est peut-être l’un des auteurs les plus importants de la littérature fantastique de ces vingt dernières années. Avant de secouer la SF avec son Hypérion, qui est très vite devenu un incontournable du genre, il ne s’était fait connaître que par des romans de terreur de qualité assez honnête. Avec Les Fils des ténèbres, il s’attaque au roman vampirique, et quand il s’essaye à un nouveau genre, ce n’est pas pour rien, et pas n’importe comment.

 

Car il aborde ce sous-genre via l’angle scientifique. Oui, c’est possible.


Jeune et brillante hématologue américaine, Kate Neuman débarque à Bucarest afin de se consacrer aux orphelins atteints du SIDA. Là, elle découvre l’étrange cas de Joshua, un bébé qui, à chaque transfusion, développe pendant un court laps de temps une formidable résistance à la maladie… Kate ne se doute pas encore que Joshua l’amènera à s’aventurer dans les mystères d’un pays encore marqué par les légendes de vampires et le souvenir du terrible Vlad Tepes, dont la férocité sanguinaire n’eut d’égale que celle du dictateur Ceaucescu, fusillé peu de temps plus tôt.

 

Nous sommes donc en Roumanie, au tout début des années 1990, une Roumanie encore sous la peur de la Securitate, qui n’a pas disparu avec le régime précédent, un pays où les conditions d’hygiène sont hallucinantes et où les infrastructures feraient pâle figure à côté des pays les plus pauvres du monde. Kate, touchée par la situation dramatique de Joshua, atteint de plusieurs formes de maladies immuno-déficientes, décide de l’adopter et de le ramener à Boulder, au Colorado, avec l’aide d’un jeune étudiant en médecine et d’un prêtre américian pour le moins étrange. Rentrée chez elle, elle met son équipe de spécialistes au chevet de son fils, afin de découvrir quel est cet étrange processus qui permet à son fils de recouvrer temporairement totalement la santé. Ce qu’elle découvre bientôt est effrayant : c’est bel et bien la transfusion sanguine qui permet cette métamorphose. Les implications d’une telle décvouverte sont incalculables : en effet le sida et certaines formes de cancer pourraient être traités. Mais ce dont Kate était à cent lieues de se douter, c’est que Joshua compte aussi énormément pour certaines personnes restées en Roumanie…

 

D’emblée Simmons fait valoir ses belles qualités d’écriture. Son style efficace permet de suivre sans heurts l’avancée du récit, même quand celui-ci se ralentit au moment des explications scientifiques. Si on y est allergique, on peut sauter ces passages sans dommages pour la compréhension du récit. A plusieurs reprises l’action devient échevelée, surtout lors de l’enlèvement de Joshua, mais aussi lors de l’équipée –en side-car !- de Kate et ses amis en Roumanie… Là encore ça fonctionne bien, et seule une séquence, que je qualifierais de jamesbondienne, gâche un peu le final.

 

Le roman contient plusieurs originalités ; d'abord cette attache scientifique qui permet de donner une touche moderne au genre vampirique, bien avant que certains accolent des lycéennes aux suceurs de sang. L'autre originalité est la double narration, qui nous met dans l'esprit de Kate, mais aussi d'un personnage... disons hitoriquement très important pour la Roumanie et pour le genre vampirique... La psychologie des personnages est ainsi très bien rendue, ce qui rend ce récit réellement très agréable à lire. De plus, la vision de la Roumanie de l'immédiat après-Ceaucescu, si elle n'est pas toujours tendre, évite tout de même le cliché du misérabilisme. Une lecture à recommander, même et surtout si les saigneurs de la nuit ne sont pas votre tasse de thé.

 

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

http://www.noosfere.com/images/couv/M/MasqSF017.jpg

 

C'est la perspective de rentrer en possession d'un lot de vieux bouquins de SF par l'intermédiaire de l'amie Herveline qui m'a fait acquérir ces Maîtres du hasard. E C Tubb, auteur britannique de SF des années 60 à 80, est surtout connu pour sa saga Dumarest, qui vient de connaître les honneurs d'une adaptation en BD chez Soleil. Laquelle n'est pas inoubliable non plus, mais vu que je ne connais pas l'oeuvre du bonhomme, j'ai voulu tester., sans me renseigner au préalable..  Ecrit en 1964, ce roman nous emmène sur la Lune, au sein d'une base britannique, où un psychologue, travaillant pour les services secrets britanniques, est envoyé pour découvrir ce qui ne va pas. Car des accidents étranges surviennent depuis quelques temps, et la visite d'une délégation venue de la base américaine la plus proche ne va pas arranger les choses.

 

Les Maîtres du hasard (Moon base en VO) est, je crois, le second roman écrit par Tubb en 1964. Je ne sais pas si c'est le fait du manque d'expérience, d'entraînement, appelez cela comme vous le sentez, mais il n'y a rien à sauver dans ce bouquin. Tubb a eu une idée, [ATTENTION SPOILER] créer une sorte de super-cerveau qui pourrait capter les pensées et contrôler à distance les machines, toutes les machines, et a essayé de la mettre en oeuvre dans un lieu un peu particulier, le huis clos d'une station militaire et scientifique lunaire. Le seul souci, c'est que sans un minimum de rigueur scientifique et de cohérence narrative, ça ne tient pas 10 secondes. Et c'est le cas ici. les motivations du "cerveau" et de son entourage ne sont pas claires du tout, la façon dont celui-ci agit l'est encore moins, et l'action est d'une indigence crasse. [FIN SPOILER] Regardez l'illustration de couverture (qui n'a d'ailleurs pas grand chose à voir avec l'intrigue du bouquin, mais c'est souvent le cas en SF), c'est ce qu'il y a de mieux ; et pourtant elle n'est pas terrible, vous en conviendrez avec moi...

 

Bref, il faudra que je pense à vérifier la valeur d'un bouquin ou d'un auteur avant de l'acheter.

 

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

http://www.albin-michel.fr/images/couv/7/0/3/9782226215307m.jpg

 

Après le retour de Bernard Werber dans mes lectures, voici la découverte d’un autre auteur français, émargeant presque dans le même genre et chez le même éditeur. C’est donc de son dernier roman que je vais vous parler.

 

Léviatemps nous emmène dans le Paris de 1900, en pleine Exposition universelle. Une Paris en pleine mutation, avec l’arrivée de l’électricité, les voitures automobiles… Une Paris en passe de devenir le territoire d’un tueur en série diabolique, dont les victimes sont retrouvées avec une expression de terreur sur le visage. C’est après la mort affreuse de Milaine, une prostituée qu’il appréciait, et l’inertie manifeste des policiers chargés de l’enquête, que l’écrivain Guy de Timée décide de mener ses propres investigations, en compagnie d’une autre « courtisane » et d’un jeune inspecteur de police qui aimait Milaine. Leurs questions vont les emmener au sein de l’Exposition universelle, bien sûr, mais aussi dans les bas-fonds de la ville, les cercles paranormaux, le milieu de la prostitution…

 

Première constatation : c’est bien écrit. Maxime Chattam a un style clair, qui permet de bien comprendre ce qu’il se passe. Le décor est bien planté. On sent que l’auteur a potassé sur l’Expo universelle, sur ce qu’était Paris en 1900, sur les caractères des différents quartiers… Il ne se cantonne en fait que dans deux ou trois zones, mais c’est suffisamment précis pour être documenté. L’intention était probablement de proposer une immersion dans ce lieu et cette période de basculement, puisque c’est le début du règne de l’électricité, règne toujours en cours plus d’un siècle après. On a souvent dit que Jack l’Eventreur avait « inventé » le vingtième siècle. Chattam en propose donc sa version, à Paris, dix ans plus tard, mais avec un personnage aux motivations encore plus dérangeantes que le tueur de Whitechapel… C’est plutôt bien trouvé, l’ambiance est réellement présente, on s’y croirait.

 

Deuxième constatation : Chattam est un auteur moderne et moderniste. Il applique à des personnages qui ont vécu un siècle en arrière des pensées et des comportements des années 2000. Ainsi Guy de Timée effectue un véritable  boulot de profileur pour remonter la piste du tueur de prostituées. D’accord, c’est un érudit, aristocrate, qui a beaucoup lu, qui a essayé de fréquenter différentes catégories socio-professionnelles pour les comprendre et en faire des personnages crédibles dans ses romans. Mais la facilité avec laquelle il dresse le portrait-robot du tueur est déconcertante. La scène d’analyse graphologique est, à mon sens, l’une des plus lourdes du bouquin. Il entre facilement dans le Cénacle des Séraphins, un cercle d’amateurs du paranormal soi-disant extrêmement fermé, aussi bien qu’auprès du roi des Pouilleux, une sorte de parrain des travailleurs de rue des bas-fonds. Ca ne devait pas arriver beaucoup en 1900 de pouvoir passer d’un milieu à l’autre comme ça. Autre petit défaut, on n’entre pas dans « l’esprit » d’Hubris, le tueur (c’est comme ça que le surnomme Guy, qui en fait une sorte de personnification du mal, mais dans le sens de sa démesure). Car si l’on découvre in fine son œuvre, on aurait aimé en savoir un peu plus sur ses motivations secrètes, sur la façon dont il « justifie » ses actes. Sauf à une occasion, on reste sur les enquêteurs, Guy et ses deux amis, et il manque une dimension au roman.

 

L’autre bonne idée, narrative celle-là, est d’embarquer le lecteur dans des fausses pistes. Les égouts de Paris sont peuplés d’étranges créatures, les enquêteurs suspectent tel personnage ambivalent, puis tel autre… Sans en faire trop, car on risque vite d’être lassé par ce procédé. Ici la balance est bien équilibrée, on sent la maîtrise narrative sur ces éléments. On sent également une légère influence de Clive Barker pour certains éléments, mais Chattam n’en fait pas trop, pour ne pas non plus se laisser emporter dans le côté délirant (et parfois malsain) de son illustre confrère.

 

Au final, Léviatemps est un roman plutôt bien fichu, à l’ambiance réussie, mais qui souffre de menus défauts, relativement peu handicapants pour apprécier ce thriller. Je pense lire d’autres bouquins de Chattam s’ils sont du même tonneau. Il y a des amateurs dans la salle ?

 

 

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

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Les romans de vampires sont tellement à la mode en ce moment qu'il commence à devenir difficile d'y voir clair. Au ilieu de l'omniprésence des équivalents dentus du clafoutis, à savoir la saga Twilight, on trouve des petites perles, des oeuvres qui sortent réellement du lot.

 

Les Radley est de ceux-là. Ca commence comme une gentille parodie de la série précitée (et d'autres), puis soudainement le virage du sérieux est pris, et l'on est malgré soi embarqué.

 

Dans la petite ville de Bishopthrope, en Angleterre et de nos jours, les Radley tentent tant bien que mal de vivre une vie normale malgré leur condition de vampires. Peter, le père, est médecin, et maintient son mariage à flot grâce à l'amour qu'il porte à Helen mais qui n'est pas partagé. Helen quant à elle ne peut aimer Peter comme elle le souhaiterait car elle a été convertie secrètement par le frère de celui-ci, Will. La conversion est un rituel vampirique qui consiste à échanger les sangs entre un vampire et l'une de ses victimes, la transformant irrémédiblement en créature de la nuit et en en faisant des amoureux intemporels. Un syndrome Tristan et Iseult horrifique en quelque sorte. Leurs deux enfants adolescents n'ont pas conscience de leur véritable nature. En effet leurs parents ont décidé avant leur naissance de devenir abstinents, c'est à dire d'éviter autant que possible de sucer le sang humain. Cela signifie se nourrir au maximum de viande rouge fraîche et crue, se protéger la peau avec de l'écran total indice 60... Mais un incident va tout changer.

 

En effet au cours d'une soirée lycéenne la jeune Clara va devoir repousser les avances alccolisées d'un camarade, qui insiste trop. Cédant à ses instincts, la jeune fille finit par saigner à mort son agresseur. Elle appelle à l'aide ses parents, qui vont devoir escamoter le corps, non sans avoir auparavant fait appel à l'oncle Will, qui entraîne dans son sillage une unité d'enquêteurs spécialisés dans les quenottes. S'ensuit une succession de situations diverses, oscillant entre l'ouvertement grotesque et le trépidant. 

 

Matt Haig n'est pas un spécialiste du vampirisme, mais c'est un bon écrivain. Il découpe son roman de façon très nerveuse, avec des chapitres courts (4 ou 5 pages en moyenne), alternant les scènes avec les différents protagonistes (une dizaine au total) vers un crescendo total et final. On est très vite happé par son écriture à la fois dynamique et moderne, et on ne lâche pas le bouquin avant la dernière page, ce qui m'est arrivé rarement ces derniers temps. Je n'oserais dire que ce bouquin a renouvelé le genre vampirique, mais il en propose une variation très intéressante, qui ne verse pas dans le gothique larmoyant ou le pseudo-romantisme à deux sous. De plus on baigne dans une ambiance d'humour noir britannique (mais pas absurde, attention !). Les vampires en question peuvent voler, certains hypnotiser leurs interlocuteurs, mais Haig a le mérite de ne pas abuser de ces pouvoirs, pour rendre ses personnages plus attachants. Le decorum vampirique est donc relativement discret, et la lecture de ce livre pourra sans doute contenter les amateurs de fantastique (et pas seulement les vampirophiles) et les lecteurs avides de qualité d'écriture.

 

Lisez-le ou je vous mords !

 

Spooky.

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Publié le par Spooky
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Ma première rencontre avec David Day ne fut pas, loin s'en faut, une véritable réussite. Pourtant j'avais gardé à l'esprit qu'il me fallait lire certains de ses autres ouvrages d'éxégèse du monde tolkienien pour parfaire ma connaissance de celui-ci. Ce Tolkien's World n'est pas Tolkien's Ring, du même auteur, mais sa lecture ne fut pas pour autant aussi décevante que la précédente. Et puis soyons honnêtes, le fait de tomber par hasard dessus dans une bouquinerie à un prix trois fois moindre que celui du neuf m'a bien aidé à vaincre mes hésitations.

 

Cet ouvrage, écrit en 2003, s'applique donc à donner des clés de lecture pour Le Seigneur des Anneaux (eh oui, éternellement), en ramenant nombre de ses éélements à la mythologie, ou plutôt aux mythologies. Le sommaire nous propose un découpage relativement étrange de ceux-ci, jugez-en plutôt. On commence par la découverte de la Terre du Milieu, ou une analyse des lieux et des époques relatifs à cette terre imaginaire et mythique. Day s'attache ensuite à nous faire découvrir les différentes divinités, bénéfiques ou maléfiques, qui président à sa destinée, ou pas. Day se rapproche à nouveau de la terre, ou plutôt de ses habitants, en nous parlant des différentes peuplades : Hommes, Elfes, Nains, Hobbits et Ents bien sûr, mais aussi les Trolls, les orques, les dragons... Ensuite les ethnies de chacune de ces peuplades, pour repartir vers les figures mythiques, comme les magiciens, les spectres de l'anneau, les goules (telles Gollum) et les Hommes libres. J'avoue que ce découpage m'a laissé quelque peu circonspect. Pour ma part j'aurais parlé des différentes peuplades sans faire ensuite de croisements transversaux, du moins avec les éléments dont il disposait. Car il n'évite ainsi pas les redites, voire les contradictions, certes rares.

 

Day ramène donc la plupart des ces éléments à des figures mythologiques, qu'elles soient nordiques, celtes, rhénanes, grecques antiques voire hindouistes. Autant pour la plupart des influences européennes (au sens large) je ne peux qu'agréer, en ayant d'ailleurs étudié moi-même, bien que très superficiellement, autant pour d'autres je reste circonspect. On a parfois l'impression que David Day tente d'inscrire l'oeuvre maîtresse de Tolkien à une sorte d'universalité à tout prix, et surtout à celui de la vraisemblance parfois. Il faudrait croire qu'il aurait récupéré presque toutes les figures entre les premiers âges de l'homme jusqu'à son époque, et dans toutes les traditions allant de l'Extremadure au Tibet. J'exagère bien sûr,, Tolkien revendique ces emprunts, du moins ceux dont il est conscient, mais Day n'étaye pas certaines de ses théories, par peur sans doute de ne révéler que le vent qu'elles contiennent. C'est bien dommage, car son ouvrage est tout de même intéressant, pour peu que l'on évite d'approfondir ce qu'il écrit. C'est clairement à l'usage du grand public, et les sorties récentes d'ouvrages de chercheurs (dont quelques-uns sont chroniqués sur le présent blog), sans compter d'autres qu'il liste lui-même en guise de bibliographie en fin d'ouvrage, permettent de nuancer, voire de biaiser complètement certaines de ses affirmations. 

 

Je suis volontairement assez critique car son ouvrage a des atours séduisants. La maquette est splendide, très aérée, illustrée par de nombreux dessins dont je ne connaissais pas les auteurs, et dont certaines valent réellement le coup d'oeil. Disons que pour une première approche interprétative de l'oeuvre du professeur, ce n'est pas mal. Mais si l'on veut bien saisir l'essence de son oeuvre, mieux vaut se tourner vers d'autres sources, plus sérieuses.

 

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres
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A comme Association est le projet de deux auteurs français : Pierre Bottero, décédé il y a un an, et Erik L'Homme. Les deux auteurs avaient envisagé ensemble cette saga jeunesse dans un univers fantastique qui tient autant de la Bitlit (version soft, public jeunesse oblige) que de Harry Potter. A l'origine, chaque auteur allait avoir son personnage dans cet univers, personnage qu'ils feraient chacun évoluer à leur tour. Pierre Bottero décédé, Erik L'Homme a pris le temps de réfléchir à l'intérêt de sortir quand même la série, sachant que plusieurs opus étaient déjà prêts. Par respect pour le travail de son ami et leur création commune, il a finalement décidé de publier les tomes existant,s et de prendre en main les deux personnages à la suite.
Le premier opus mettait ainsi en scène Jasper, un jeune sorcier aux prises avec un trafic de drogue destiné aux vampires. Une histoire à la croisée des chemins entre polar, fantastique et roman jeunesse. Un premier opus rafraîchissant, assez axé humour.

Le second tome reprend la chronologie à son départ mais va s'intéresser à un autre personnage :
Elle s'appelle Ombe, est lycéenne à Paris et adore la moto. Elle a aussi l'incroyable pouvoir d'être incassable ou presque. C'est pourquoi L'Association l'a recrutée comme agent stagiaire. Une stagiaire de choc, qui fait des débuts remarqués en explosant une bande de gobelins devant tous ses camarades de classe. Le problème ? La discrétion est une obligation absolue au sein de L'Association, comme le lui rappelle Walter, son directeur. Et à force de foncer tête baissée, Ombe l'incassable risque fort de comprendre ce que «ou presque» veut dire.

Après avoir suivi Jasper sur les traces d'un trafic de drogue vampirique, c'est ainsi au tour d'Ombe de prendre le lead de l'histoire, et à Pierre Bottero de nous ramener à cet univers réalistico-fantastique qu'il a mis sur pied avec son compère Erik l'Homme. Le résultat est bien sympathique, voire un léger cran au-dessus du précédent. L'univers étant maintenant en partie jalonné, Pierre Bottero a sans doute eu plus de facilité à faire évoluer son personnage, qui nous avait déjà été introduit à travers ses échanges avec Jasper. Les deux histoires se déroulent en parallèle, on croise donc avec plaisir Jasper et l'intrigue du premier roman en de nombreux passages. L'intérêt étant cette fois de les envisager sous le point de vue d'Ombe, qui propose une vision tout sauf répétitive.

Psychologiquement plus fouillée, Ombe est un personnage qui semble renfermer plus de mystères que Jasper. On sait d'où viennent les capacités de celui-ci, mais celles d'Ombe, si on parvient à les identifier assez vite, restent d'origine mystérieuse. Le style est assez différent du premier opus, peut-être moins orienté humour mais pas moins amusant. Destiné à un public jeunesse, cette suite souffre à mon sens du même souci que la première histoire, à savoir une trame principale assez rapidement aboutie, même si l'auteur laisse de grosses questions en suspens (qui risquent fort de rejoindre celles posées par les aventures de Jasper).

Vladkergan.

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Publié le par Spooky
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Bernard Werber, depuis l'immense succès des "Fourmis" en 1991, s'est tracé une place toute particulière parmi les auteurs français. Se situant à la frontière de plusieurs genres, la science-fiction, les récits philosophiques et scientifiques, chacun de ses ouvrages est attendu par des centaines de milliers de lecteurs. Pour ma part je n'ai lu que deux ou trois de ses livres, dont deux de sa trilogie des Fourmis. L'occasion s'étant présentée de lire son dernier opus, je m'y suis (re)mis.

 

Le Rire du Cyclope s'ouvre sur le décès sur scène, ou presque, de l'humoriste Darius Wozniak. Celui-ci, personnalité préférée des Français, provoque une intense émotion dans la société hexagonale. La jeune journaliste scientifique Lucrèce Nemrod, dont l'histoire personnelle est liée au disparu, décide d'investiguer sur sa disparition, pensant qu'il s'agit d'un meurtre. Elle va renouer les liens avec Isidore Katzenberg, collègue à la retraite, et pénétrer les arcanes du milieu de l'humour... Ils découvriront ainsi qu'un étrange artefact, surnommé la BQT, semble faire l'objet de bien des convoitises... 

 

Le Rire du Cyclope est l'occasion pour Werber de remettre en scène deux de ses personnages fétiches, deux journalistes scientifiques déjà rencontrés sur Le Père de nos pères (1998) et L'Ultime secret (2001). Comme il l'explique en postface, c'est une blague racontée par un camarade lors d'une excursion en montagne, à l'âge de 17 ans, qui lui a permis de finir les Fourmis, et par-là même de comprendre la structure d'un récit. Il souhaitait rendre hommage, à sa façon, à l'humour, et cette enquête étrange lui a permis de le faire. Werber a bénéficié de nombreux soutiens : d'abord les tuyaux de ses amis humoristes, qui lui ont expliqué un peu la jungle de leur milieu, et ensuite de milliers d'internautes qui sont venus déposer des blagues sur son site internet. Lesquelles blagues servent d'entracte au récit, étant parsemées ça et là, entre les chapitres purement sur l'intrigue principale et ceux où l'histoire de l'humour nous est contée. On apprend ainsi -mais bien sûr ce n'est que de la fiction- qu'une organisation secrète s'est constituée depuis des siècles pour tenter d'élever l'humanité en produisant des blagues, et ce de façon industrielle, ou du moins... contrôlée. Laquelle organisation élève sa qualité humoristique par des combats de blagues, où celui qui rit le plus fort meurt. Un monde sans pitié donc, dans lequel les deux journalistes scientifiques, qui furent amants mais se cherchent toujours, tentent de voir plus clair.


 

Comme je l'ai indiqué le récit est émaillé d'anecdotes permettant de suivre l'évolution du rire depuis son apparition chez l'Homme, il y a 2 millions d'années ; c'est ainsi que commence la civilisation, et non lorsqu'on commença à enterrer les morts. L'humour est ainsi abordé sous son angle historique, mais aussi médical, et presque idéologique, puisque l'on apprend que des personnages tels que Staline et Hitler avaient banni le rire de leurs existences, sauf en de rares occasions de représentation. Des anecdotes intéressantes, à mettre en regard avec le récit, qui avance de façon assez logique, même si on se retrouve systématiquement ou presque dans l'esprit de Lucrèce.

 

Une autre mise en miroir est présente, puisque des personnages secondaires du roman s'appellent Loevenbruck et Chattam, deux noms qui ne sont pas inconnus du grand public puisqu'avec Werber ils tiennent le haut du pavé de la littérature du suspense et de la fantasy aujourd'hui. Quant à Stéphane Krausz, producteur du Cyclope, c'est un ami personnel de l'auteur qui est en train de produire et réaliser un documentaire sur lui. Clin d'oeil sympathique en passant. De là à imaginer que Darius Wozniak, alias le Cyclope (surnommé ainsi à cause d'un accident de jeunesse l'ayant privé d'un oeil), n'est qu'un alter ego de Werber, il y a un pas que je ne franchirai pas. D'autant plus qu'un parallèle bien plus évident se fait au cours du roman : Isidore va devenir romancier, dans un genre assez large, le suspense à science, qui est justement celui de Werber. Lequel parle un peu de ses oeuvres précédentes : Les Fourmis bien sûr, les deux récits où Isidore et Lucrèce étaient présents, mais aussi L'Arbre des possibles, le site internet (dont le nom est inspiré par une nouvelle écrite en 2002) où l'auteur invite les internautes à livrer leur vision de l'avenir.

 

Dans l'ensemble, la lecture de ce livre fut assez agréable, Werber a bien progressé en termes de qualité d'écriture depuis les Fourmis (désolé, je n'ai pas lu Les Thanatonautes* par exemple), et il livre une étude intéressante sur le rire sous ses aspects historiques avec quelques exemples (dont certains très connus comme la blague du frigo), et permet de retrouver deux personages qui d'après mes recherches et les questionnements auprès de fans de l'auteur, sont très appréciés. Nul besoin cependant d'avoir lu Le Père de nos pères ou L'Ultime secret pour bien saisir le propos, ce qui est une belle qualité. J'ai aussi appris un certain nombre de choses sur l'histoire du rire, sa mécanique, et ses personnages les plus illustres. 

 

Spooky.

 

* Pour les amateurs de ce roman, il est à noter qu'une adaptation en bande dessinée est en cours. Adapatée par Eric Corbeyran, elle va être mise en images par le talentueux Pierre Taranzano. Plus d'informations sur le blog de ce dernier.

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1942. Pologne. Camp de Stutthof. Le chef suprême de la SS rencontre secrètement le scientifique en charge du plus important projet du 3ème Reich. De nos jours. États-Unis. Jay Novacek, jeune trader new-yorkais, dépressif et alcoolique, reçoit la visite de deux émissaires de l’armée. Son père, haut gradé de l’US Air Force, vient de mourir dans d’étranges circonstances. Aussitôt, la C.I.A. dépêche une pétillante recrue pour protéger le fils du défunt. 
 
Au même moment, près de la base de Langley en Virginie, un agent du Mossad abat un espion à l’issue d’un interrogatoire musclé. Muni de nouvelles informations, il se rend vers son prochain objectif : un certain Jay Novacek. Venue des heures les plus sombres de l’Histoire, une terrible machination se met en branle, menaçant l’humanité tout entière. N’est-il pas déjà trop tard pour l’arrêter ?
 
Après le très prometteur Vestiges de l’Aube, voici donc le second roman de David S. Khara, qui délaisse les terres du fantastique pour s’essayer au polar. Les Vestiges de l’Aube avaient été une bonne surprise à mes yeux. Sans pour autant être parfait, le roman tirait son épingle du jeu parmi la production de romans vampiriques, et mêlait déjà polar et fantastique d’assez belle manière. Bleiberg fait cependant monter le niveau de l’auteur d’un cran. Car les quelques faiblesses narratives (notamment les quelques chapitres nécessaires à la mise en place des personnages et de l’intrigue) ressenties dans Les Vestiges de l’Aube se sont évanouies, propulsant d’emblée le lecteur dans une intrigue qu’on perçoit de plus en plus tentaculaire à mesure que progresse le récit.
 
Tout comme son précédent roman, David S. Khara joue à nouveau avec les flashbacks, qui nous conduisent cette fois-ci à différents moments de la seconde guerre mondiale. Le récit ne souffre pas de temps mort, les deux temporalité décrites étant toutes les deux travaillées avec soin. Un travail qui semble avoir également porté sur la psychologie des personnages, aussi riche et variée que travaillée. Tout ne nous est pas livré de but en blanc, ce qui permet d’apprécier au fur et à mesure les décisions des différents protagonistes, quel que soit leur camp. Les recherches historiques et techniques effectuées par l'auteur, qui apporte une crédibilité certaine au récit, s'allient ici avec une plume vivante, tour à tour mâtinée de roman noir, de récit de guerre ou d'action endiablée.
 
Polar protéiforme, à la fois financier, médical et espionnage, ce premier tome du Projet Bleiberg se dévore d’une traite, et augure du meilleur pour les prochains romans de David S. Khara, qui après les très bons retours sur les Vestiges de l’Aube confirme son statut d’auteur français de genre avec qui il faut maintenant compter.

La presentation de l'editeur (et des liens vers la bande-annonce) : http://librairie.critic.over-blog.fr/article-le-projet-bleiberg-de-david-s-khara-57819148.html

Vladkergan

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Connaissez-vous Allan Quatermain ? Ceux qui me répondent que c'est un barbu tout propre accompagné de Sharon Stone auront raison... et pas. Ceux qui me parleront d'Indiana Jones pareil. Pourtant c'est un personnage romanesque à découvrir...

Créé en 1985 dans le roman Les Mines du Roi Salomon, Allan Quatermain est un aventurier comme on n'en fait plus, un profiteur de la colonisation anglaise de l'Afrique du Sud, un poltron cupide. Eh oui, à mille lieues de l'image que l'on se fait d'un aventurier, et encore plus des adaptations au cinéma qui ont pu être faites du roman de Haggard... Les années ont un peu effacé cette figure, pourtant le roman vaut largement le détour. Il s'agirait du premier roman de fiction britannique dont la trame se situe en Afrique.

 

Un jour où Quatermain était un peu désoeuvré, il fait sur un bateau la connaissance de Sir Henry Curtis, un lord anglais flanqué de Good, ancien officier de marine. Sir Henry est à la recherche de son frère, parti plusieurs années plus tôt à la recherche des fameuses mines du Roi Salomon, que la légende place au coeur du Kukuanaland, un royaume indigène perdu vers le nord des terres connues d'Afrique du sud. Curieusement, alors qu'il n'est pas vraiment courageux, au contraire, Quatermain accepte de venir en aide au malheureux, surtout parce que c'est lui qui a aiguillé le frère peu de temps avant qu'il ne disparaisse. Commence alors une équipée inoubliable au coeur du désert, vers des contrées inconnues et mystérieuses. Quatermain est donc flanqué de Sir Henry, un géant à l'allure scandinave qui fait preuve d'une belle opiniâtreté, de Good, personnage fort surprenant et affublé de caractéristiques qui étonneront l'indigène lambda, mais aussi d'Umbopa, un colosse zoulou qui semble étrangement savoir beaucoup de choses sur le parcours des trois hommes blancs...

 

Bien sûr, étant écrit en 1885, le roman est truffé de remarques infantilisantes, limite racistes envers la population africaine. Pourtant, si l'on sait lire entre les lignes, et si l'on se renseigne un peu, on sait que Haggard a vraiment vécu plusieurs années sur place, et qu'au final il pose un regard bienveillant sur ceux qu'il appelle des Cafres (et qu'on appellera Nègres plus tard). Certaines situations pourraient sembler ridicules, mais elles ne sont que le reflet d'un humour qui se veut assez simple, et qui forcément est suranné en 2010. Par exemple le fait de tuer des animaux par pur plaisir, ou encore le peu d'importance accordée à une vie humaine ; et pourtant ce ne sont pas des malandrins de la pire espèce qui font cela, mais un lord anglais, un ancien officier de la Marine... Pour tout vous dire je ne me suis pas attaché à ces détails, propres à l'époque, tâchant de m'intéresser à l'histoire proprement dite. Car Haggard, et ce pour la première fois dans son parcours d'écrivain, épure son écriture, l'appauvrit presque, en décidant d'être efficace. Sur ce plan c'est totalement réussi. Pas de fioritures, on est pleinement dans le récit d'aventure, et même si Quatermain nous gratifie régulièrement de ses réflexions, cela reste assez basique.

 

 

Cependant, le long d'une grose première moitié du bouquin, il ne se passe pas grand-chose. Les aventuriers avancent, peinent, puis arrivent, presque miraculeusement, dans un royaume oublié et très surprenant. C'est à partir de là que le récit prend de l'ampleur. Une ampleur épique tout d'abord, puisque ce royaume est fortement militarisé, et que bien malgré eux nos amis vont être à l'origine d'une guerre de succession, qui se résumera à une bataille  inoubliable. Une bataille vraiment dantesque, avec des dizaines de milliers de combattants de part et d'autre. Mais, alors qu'on pensait l'histoire finie, on en vient aux fameuses mines du titre. Et là mes amis, je dois dire que j'ai beaucoup aimé ce passage. Je n'en dirai pas plus, mais sachez que c'est un excellent passage de roman d'aventures. Par contre la scène finale m'a un peu déçu, c'est une sorte de happy end dont l'auteur aurait pu se passer.

 

Il faut noter le rôle des femmes dans ce récit, à une époque où elles ne servent souvent pas à grand-chose dans la littérature. Ici elles sont au nombre de deux, et sont toutes les deux issues de l'ethnie que nos héros découvrent. L'une est une sorte de sorcière sans forme réellement définie, tellement vieille qu'elle a peut-être vu les débuts du monde, et l'autre est une jeune femme d'une beauté intense qui tape dans l'oeil, si l'on peut dire, du capitaine Good. Gagool, la première, jouera un rôle déterminant dans la découverte des fameuses mines du titre.

 

Dans l'ensemble c'est un roman qui inspire le respect, de par son ampleur épique, ses personnages surprenants, la force de son écriture, ainsi que des passages vraiment grandioses. Un vrai classique.

 

Bonus : Une quête, un trésor, des batailles épiques, un roi oublié qui revient prendre possession de sa couronne, ça ne te rappelle rien ?, me souffle Monsieur D. à l'oreille de son haleine douteuse. Bon sang, mais c'est bien sûr, Haggard aurait-il influencé un certain JRR Tolkien ? Le pas est vite franchi, mais je n'en dirai pas plus sur ce chapitre, je le fais déjà assez par ailleurs.

 

A noter qu'une adaptation en BD est en cours pour les plus feignants (le roman se lit cependant assez vite, disons entre 3 et 5 jours), et que vous trouverez mon avis à son sujet ici.

 

Spooky.

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