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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

livres

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

C'est totalement par hasard que je suis tombé sur ce recueil d'illustrations. En fait, non, c'était lors d'une séance de dédicaces consacrée à Tolkien et un ouvrage sur son oeuvre, réalisé par des personnes depuis devenues des amis. Le prix m'avait rebuté dans un premier temps, mais j'avais gardé les références. Et puis je l'ai trouvé plus tard, sans même le chercher (merci Aaapoum Bapoum).

 

 

Mon esprit complétiste a cette fois bien fonctionné puisque la lecture, et surtout la vision des illustrations qu'il contient fut un enchantement presque constant. Je ne connaissais pas du tout cet illustrateur, qui comme son nom ne l'indique pas, est américain. Certes, il ne travaille sur l'univers tolkienien que depuis le début des années 2000, mais certains de ses croquis, réalisés comme les autres à l'aquarelle et au fusain, sont parmi les plus beaux que j'ai jamais vu. Oui, alors que je suis un admirateur du boulot de John Howe et d'Alan Lee, ou même, partiellement, de celui de Ted Nasmith. Nasmith qui ne tarit pas d'éloge dans son avant-propos de ce recueil, rejoint par David Wenzel, surtout connu pour avoir réalisé une adaptation graphique de Bilbo le Hobbit.

 

 

Le style de Giancola ? Certains le comparent aux maîtres de la Renaissance du 15ème siècle ; n'étant pas un spécialiste, je ne m'avancerai pas, mais force est de remarquer qu'il est très fort dans les expressions des personnages, du drapé des vêtements, du mouvement, des proportions, de... Bref, en tout. Pour ma part j'y ai vu une belle parenté avec un dessinateur de bande dessinée que j'adore, Grzegorz Rosinski (auteur de Thorgal), qui est aussi un peintre de grand talent à l'aquarelle. Au menu de ce recueil : Le Hobbit, Le Seigneur des Anneaux, mais aussi les Enfants de Hurin et d'autres contes issus du Legendarium. Régalez-vous.

 

Spooky

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Automne 1919. Trois figures légendaires de la littérature anglophone, C. S. Lewis, futur auteur des Chroniques de Narnia, J. R. R. Tolkien, futur auteur du Seigneur des Anneaux, Robert Graves, poète et futur auteur de grands romans historiques, font connaissance à l’université d’Oxford avec le déjà mythique T. E. Lawrence dit “Lawrence d’Arabie” et futur auteur des Sept Piliers de la sagesse. Chacun à leur façon, ces hommes s’efforcent de surmonter le traumatisme de la Première Guerre mondiale. Tandis que les hante le souvenir de ses charniers, la rencontre du flux de récits et de civilisations qu’incarne Lawrence, ce vent du désert qu’il porte avec lui, va les acheminer vers la réalisation de leurs œuvres, sous le regard critique et tendre de la féministe Nancy, épouse de Graves.

 

Soyons clair, j'ai lu ce roman car Tolkien en était l'un des protagonistes. Non que les autres protagonistes ne m'intéressent pas, loin de là, mais disons qu'ils m'attirent moins irrésistiblement que celui que l'on surnommera plus tard le Professeur.

 

A cette époque il n'est encore qu'une jeune enseignant, traumatisé comme ses camarades par la première guerre mondiale, au cours de laquelle il a été gazé, mais surtout qui lui a pris deux de ses meilleurs amis. Une perte immense, qui le marquera toute sa vie. L'unité du TCBS (Tea Club and Barrovian Society, le club qu'il formait avec ses amis) est à jamais brisée, même si CS Lewis est encore là.

 

Le roman, écrit par un collectif d'auteurs italiens, propose donc de plonger dans ces années juste après la première guerre, où de nombreuses choses étaient à construire ; pour Tolkien, c'est la construction initiale de son Legendarium, mais aussi de sa famille, avec la naissance de son deuxième enfant et son exil à Leeds pour pouvoir enseigner ; pour Lewis, sa nouvelle vie familiale ; pour Graves, sa poésie... Et curieusement ces constructions vont prendre en compte la rencontre d'un homme pas comme les autres : T. E. Lawrence, surnommé Lawrence d'Arabie. Une légende vivante, mais un homme dont l'existence même est auréolée de mystère. Une ambiance fort particulière, bien rendue par les différents fils narratifs, qui s'entrelacent bien sûr.

 

Un roman intéressant, surtout concernant l'ambiance oxfordienne de l'immédiat après-guerre et sur la personnalité du Colonel Lawrence...

 

Spooky

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Louise Gaucher travaille dans un service de réanimation. Dès qu'elle le peut, elle s'assoupit auprès de ses malades plongés dans le coma. Elle a le don de voyager dans le « monde des rêves » où les patients choisissent entre la vie et la mort.
Simon Larcher est flic. Il ne boit plus, ne baise plus et ne joue à rien. Il voudrait juste nettoyer le monde de son horreur et de sa tristesse.
Une nuit de janvier, un enfant de la DDASS disparu est retrouvé dans le parc du Chais, propriété de la puissante et riche famille de Louise...

 

Je ne connaissais pas Anne Fakhouri avant de la rencontrer lors d'un salon consacré au fantastique. Sa gouaille, son intelligence et son humour m'ayant plu, je me suis laissé tenter pas l'un de ses titres les plus populaires. Il s'agit d'une drôle d'histoire, parlant de secrets de famille, de peurs ancestrales et de monstres hantant les rêves, doublés bien sûr d'une enquête policière menée par des personnages originaux.

 

Anne Fakhouri prend le temps de poser ses personnages, de leur donner une épaisseur psychologique, un passé permettant de saisir leur dimension et de comprendre leur comportement. C'est très fin, et j'avoue que je m'y suis laissé prendre pour certains d'entre eux, et de me retrouver bien peiné lorsqu'ils ont quitté la scène. Quant à l'histoire elle-même, j'aurais peut-être aimé une incursion dans l'onirisme plus grande, avec ce Marchand de Sable mystérieux et tentateur. Il n'empêche que j'ai passé un très bon moment de lecture, et découvert un grand écrivain.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

 

Et revoilà le commissaire Yeruldelgger !

 

Le loup des steppes mongoles et son équipe doivent cette fois enquêter sur un monceau de cadavres d'animaux, surmonté d'un homme (mort) sur un cheval (mort aussi), tandis que son entourage est lui aussi sujet à nombre de turbulences...

 

Après que le premier tome eût reçu plusieurs prix, l'écrivain Patrick Manoukian (car c'est lui qui opère sous le nom de Ian Manook) propose un nouveau récit empreint de bruit et de fureur, oscillant entre Oulan-Bator et... le Havre, où l'une des affaires sur lesquelles enquêtent les policiers va trouver un écho inattendu. L'occasion de faire preuve encore une fois d'une écriture très nerveuse, inspirée, pleine d'imagination, et... un peu embrouillée par moments. Le récit est dense, très dense (plus de 500 pages) et le lecteur a parfois l'impression d'assister à une suite de saynètes ou d'anecdotes que l'auteur a voulu placer dans son récit. L'arrivée d'un autre flic, français celui-là, correspond peut-être à une envie de délayer un peu, de diversifier ses approches, même si Yeruldelgger est encore un personnage trouble, au passé plein de zones d'ombre. L'occasion aussi de faire un véritable récit gastronomique centré sur la Normandie, après les délices de Mongolie.

 

Prenant et distrayant, même si on s'y perd un peu.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Après quatre décennies d'émargement dans le fantastique, Stephen King s'essaye au récit long relevant du polar. Ce n'est pas tout à fait sa première incursion dans le genre, quelques-unes de ses nouvelles (parmi lesquelles Colorado Kid) en faisant clairement partie.

 

Mr Mercedes est le surnom d'un psychopathe qui un beau jour de décembre, fonce au volant d'une voiture volée (une Mercedes donc) dans une foule attendant l'ouverture d'un forum de l'emploi, et faisant 8 morts et des dizaines de blessés... Ce n'est que quelques mois plus tard que l'inspecteur à la retraite K. William Hodges reçoit un étrange message, visiblement envoyé par le détraqué, qu'il n'a pas réussi à coincer alors qu'il était en charge de l'affaire. Ce qui lui valait précédemment de passer ses journées avachi sur son canapé, devant sa télé, prenant du poids et ruminant des idées noires... Mais alors que Mr Mercedes espère que son message va accélérer la déchéance de Hodges et peut-être le pousser au suicide, celui-ci sent se réveiller d'anciens réflexes et va tenter de remonter la trace de Mr Mercedes...

 

Alors bien sûr, ce n'est pas du fantastique, mais ça reste du King : ça fait 475 pages, il y a des passages sur l'enfance de l'un des personnages principaux, et vous ne pouvez pas décoller du bouquin. J'ai réussi à louper ma station de métro à cause de Mr Mercedes. Deux fois dans le même trajet. Et bien sûr, King, dont l'écrivain de polars préférés est James M. Cain, ne fait rien comme tout le monde. Aucun de ses enquêteurs n'est flic, ou ne l'est encore, et son méchant est très méchant, même s'il a fait mieux dans Ça. Mais Grippe-Sou n'était pas humain, tandis que Mr Mercedes, si. Et il est incroyablement réaliste, tout comme l'ensemble du récit. King essaye bien de faire une petite allusion au fantastique, mais cela reste de l'ordre du furtif, et n'influe en rien sur l'histoire.

 

Un seul petit regret : les enquêteurs hétéroclites utilisent un véhicule très particulier. J'ai trouvé dommage que ledit véhicule ne soit pas utilisé jusqu'au bout du bout, afin de boucler une boucle. Mais en-dehors de cette remarque, il s'agit d'un excellent polar, largement salué par la critique et le public, à tel point que King a annoncé qu'il était le premier acte d'une trilogie, dont le deuxième tome, Finders Keepers, sort au mois de juin aux Etats-Unis. Entretemps, pour les fans, Revival sera sorti, en fin d'année 2015...

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Les éditions chambériennes ActuSF sont parmi les plus inventives du marché de l'imaginaire français. Elles proposent ici, en partenariat avec la Maison d'Ailleurs, musée helvétique lui aussi consacré au fantastique, une collection de petits essais malins. Cet opus, dans la foulée d'une exposition intitulée Alphabrick, ayant pour vocation de montrer comment les univers de certains écrivains ont fini par essaimer dans d'autres formes d'expression, en est la dernière livraison en date. Le point de départ est celui de Lovecraft, mais Francis Valéry, écrivain, journaliste et essayiste, s'est laissé convaincre par le directeur de la Maison d'Ailleurs de faire de même pour Tolkien, avec une petite synthèse parlant brièvement d'autres univers étendus, tels Star Trek, Sherlock Holmes ou Tarzan.

 

L'auteur s'est donc attaché à nous parler de HP Lovecraft, écrivain et novelliste méconnu de son vivant, qui a ensuite été "ressuscité" par August Derleth, lequel s'est en partie attribué son oeuvre, avant que celle-ci, regroupée en partie dans ce qu'on a appelé "le Mythe de Cthulhu", devienne un univers de référence pour les amateurs de fantastique et d'horreur. Il nous indique comment, parti de rien, l'écrivain incompris est mort presque dans la misère.

 

Il passe ensuite à JRR Tolkien, universitaire anglais, enseignant émérite en philologie et en vieil anglais, dont l'oeuvre de fiction, écrite pendant ses heures de loisirs et après sa retraite, est devenue un univers encore plus populaire, et a également connu de grandes extensions, dans le jeu, la bande dessinée, le cinéma...

 

Il ne s'agit pas, au sein de ce guide de 92 pages (format A6) richement iconographié, de faire l'inventaire de toutes les adaptations, mais simplement de montrer comment deux écrivains, au succès plutôt modeste au départ, voire pire que modeste, ont vu leur oeuvre leur échapper. Et c'est bien réalisé, Francis Valéry a su faire une bonne synthèse de ce processus, sans jamais entrer dans l'analyse de leurs oeuvres, restant didactique et factuel. Un guide qui donne envie de se (re)plonger dans ces univers.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Bienvenue à Carson Mills, petite bourgade du Midwest avec ses champs de coquelicots, ses forêts, ses maisons pimpantes, ses habitants qui se connaissent tous. Un véritable petit coin de paradis… S’il n’y avait Jon Petersen. Il est ce que l’humanité a fait de pire, même le Diable en a peur. Pourtant, un jour, vous croiserez son chemin. Et là…

Réveillera-t-il l’envie de tuer qui sommeille en vous ?

 

Maxime Chattam continue son exploration des tréfonds de l'âme humaine, des racines du Mal. Mais à côté de ses romans simili-victoriens, comme Léviatemps ou sa suite le Requiem des Abysses ou plus récents, mettant en scène Ludivine Vancker (la Conjuration primitive, la Patience du diable), il déplace cette fois-ci son périscope vers les Etats-Unis, pays qui a vu fleurir les tueurs en série, pour nous parler de l'un d'entre eux, Jon Petersen. Un garçon chez lequel les graines du Chaos commencent à éclore dès l'enfance, lorsqu'il fait subir de nombreuses souffrances à des animaux. Il aurait pu ne pas aller plus loin si un camarade, sous forme de brimade, n'avait détruit son dérivatif. Dès lors la noirceur du garçon n'aura pas de limite, et va s'exprimer auprès de ses proches, puis d'autres habitants de Carson Mills, et au-delà. L'issue ne pourra qu'être dramatique...

 

Avec ce roman Chattam est monté d'un cran dans cette quête du noir absolu. Jon Petersen est un personnage absolument haïssable, dont la perversité provoque un dégoût presque absolu. Et on souhaite très vite qu'il soit arrêté, mais dans les thrillers cela ne se passe pas forcément ainsi. L'auteur décrit donc la montée en sève du tueur, qui signe ses forfaits par un coquelicot rouge, en même temps que l'enquête, qui piétine, du chef de la police locale. Jusqu'à un renversement de posture aux trois quarts du bouquin, qui, je l'avoue, m'a laissé un peu désarçonné, me demandant de quoi les 80 dernières pages allaient être faites. Et c'est là que Chattam a fait fort : son récit révèle plusieurs niveaux, dont le moindre n'est pas la signification du titre, qui entre en résonance avec pas mal d'éléments du roman.

 

Sur le plan de l'écriture, Chattam me semble progresser à chaque fois (c'est tout de même son 21ème roman), mais il a encore quelques petits défauts à corriger, comme une certaine tendance à paraphraser certains passages, sans véritable besoin. Sa langue est riche, mais utiliser tous les homonymes d'un mot ou d'une expression dans un même paragraphe n'est pas utile. Malgré ce défaut, j'ai été bien pris dans le récit, on sent bien l'influence de Stephen King dans les motifs (petite ville américaine, présence de la religion, traumatismes de l'enfance...) ainsi que dans les "trucs" narratifs. C'est vraiment plaisant.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Pour ce cinquième épisode des aventures du Département V, Jussi Adler Olsen nous propose de suivre Marco, un adolescent élevé pour mendier puis voler les passants naïfs des rues de Copenhague, qui décide un jour d'échapper aux griffes de ceux qui l'expoitent, dont son père. Ce qui ne serait qu'anecdotique si au cours de sa fuite il n'avait croisé la route d'un cadavre, un haut fonctionnaire qui travaillait pour l'aide humanitaire et dont la disparition arrange plein de monde, à commencer par ses responsables hiérarchiques... C'est en déterrant cette affaire que Carl Morck et son équipe vont se retrouver connectés à Marco, qui pourtant fait tout pour leur échapper.

 

Encore une fois Adler Olsen fait preuve d'une belle vivacité d'écriture, celle-là même qui en fait un des plus redoutables page-turners scandinaves. A côté de l'enquête du Département V, les personnages qui le composent sont aussi développés, entre la vie amoureuse de Carl, le passé mystérieux de son assistant Assad, un changement de direction du commissariat et l'arrivée d'un nouveau membre, un stagiaire appelé Gordon qui semble ne pas laisser Rose indifférente.

 

L'essentiel de l'intrigue se passe dans la tête de Marco, pauvre petit oiseau apeuré mais doté d'une grande intelligence, et d'un courage immense, qui lui permet d'échapper pendant des années à ses tortionnaires. Et la scène de sa rencontre avec une jeune fille de son âge est très bien décrite, elle constitue en quelque sorte l'acmé du roman. J'ai toujours autant de plaisir à lire ces enquêtes.

 

Encore un très bon moment de lecture, et une plongée dans les bas-fonds de Copenhague

 

Spooky

 

pour lire mes chroniques sur les tomes précédents de la série, par ordre chronologique :

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Pour conclure cette année 2014 riche en tolkienneries, rien de tel -en attendant le visionnage de la Bataille des Cinq Armées- que de lire un bon bouquin analysant l'oeuvre de son écrivain préféré. Treize ans après Tolkien : Sur les rivages de la Terre du Milieu et dix ans après Tolkien : trente ans après, qu'il a dirigé, l'universitaire Vincent Ferré propose un nouvel ouvrage rassemblant les différents articles qu'il a pu rédiger au sujet du professeur et que l'on trouve également sur son site dédié.

 

Vincent Ferré est l'un des plus éminents spécialistes du sujet en France, et son analyse, qui se veut autant critique que comparative, permet de replacer de nombreux éléments dans leur contexte, lui qui aborde de nombreux motifs relatifs à l'Oeuvre tolkienien, certains inédits à ma connaissance.

 

Dans un premier temps Vincent Ferré rappelle la genèse de l'oeuvre de Tolkien, ce goût immodéré pour certaines langues anciennes qui l'a amené à créer les siennes, puis à écrire des histoires pour les mettre en scène, lesquelles histoires ont fini, pour une grande partie par faire aprtie d'un vaste ensemble fictionnel dont la toile de fond n'a jamais pu être achevée de son vivant, et dont le Seigneur des Anneaux et le Hobbit ne sont que des détails. Il s'attache ensuite à décortiquer la part de fictionnel intentionnellement introduite par Tolkien dans ses oeuvres majeures : rappelons que dans ses préfaces celui-ci indique que le Hobbit et le SdA sont issus d'un manuscrit écrit par Bilbo, continué par Frodo et Sam en particulier, appelé le Livre Rouge. Mais ces allégations sont démenties -semble-t-il à dessein, montrant l'humour du Professeur- au fil du texte.

 

Par la suite Vincent Ferré pointe le doigt sur un fait qui m'a toujours frappé depuis que je lis les oeuvres posthumes, éditées par Christopher Tolkien*, sans pouvoir mettre les mots sur les faits : après que son père ait réalisé une oeuvre fictionnelle largement inspirée d'un corpus de contes et légendes, certains très connus, d'autres oubliés, une oeuvre qui marie les deux talents de son auteur, à savoir la philologie et l'écriture, Christopher Tolkien a dû, après avoir récolté des tonnes de papiers après le décès de son père, examiner, essayer de trier, assembler de manière raisonnée (et en faisant des choix entre les différentes versions, car oui, Tolkien a fait plusisuers versions de certains de ses textes, tous aussi valables à ses yeux), combler certains trous et enfin éditer le fruit d'un demi-siècle de travaux divers. Soit, toutes proportions gardées puisque tout le contenu était tout de même sous sa main, le même travail que son père.

 

Dans la deuxième partie de sa riche analyse, Vincent Ferré passe en revue l'héritage artistique, la postérité de Tolkien. D'abord au travers des différentes adaptations cinématographiques du Seigneur des Anneaux, qu'elles fussent achevées, comme celle de Peter Jackson, on inachevées (celle de Bakshi) ou encore simplement restées à l'état de script (Z). Des adaptations qui toutes dénaturent le propos de Tolkien, à l'exception de la Communauté de l'Anneau. Ferré aborde également une polémique régulièrement remise sur le devant de la scène depuis... près de 80 ans : est-il un auteur pour la jeunesse ? La réponse est : pas vraiment, même s'il ne faut pas négliger et minimiser l'impact de ses oeuvres jeunesse, telles Le Hobbit, Les lettres du Père Noël, Roverandom, ou même Monsieur Merveille, que Vincent Ferré ne cite pas. Il poursuit en analysant a réception en France de l'oeuvre de Tolkien, en parlant aussi des traductions tardives de son oeuvre. Un retard qui est en train de se combler ces dernières années, puisqu'il ne manque plus qu'à traduire que les 7 derniers volumes de l'Histoire de la Terre du Milieu, ou encore Beowulf (pour ne citer que les textes de grande longueur) sachant qu'une nouvelle traduction du Seigneur des Anneaux est en cours.

 

Dans sa troisième et dernière partie Vincent Ferré certaines des influences médiévales de Tolkien, d'abord au sujet du motif de l'amour (et les personnages de Beren, Túrin et Aragorn, qui ont tous vécu des romances contrariées). Ensuite avec la figure du roi, qu'elle soit canonique ou "révolutionnaire" (c'est à dire attribuée au mérite), et la Ferré convoque le personnage d'Arthur, pour parler d'Aragorn, puis du fermier Gilles de Ham.

 

Au final, malgré sa brièveté (360 pages au format Pocket), ce petit recueil d'articles m'a permis d'apprendre -encore- quelques petites choses sur les influences et l'importance de l'oeuvre de Tolkien, notamment en ce qui concerne le jeu de la fiction et sa mise en abyme dans l'oeuvre considérée. Il permet en outre de faire le point sur les oeuvres publiées, et celles restant à traduire en français, une liste qui m'intéresse beaucoup. A posséder par tout tolkienophile qui se respecte.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres
Les 100, tome 2 - 21ème jour

(Pour une chronique du tome 1, merci de cliquer par ici)

 

Les 100, ou plutôt les 96 qu'il reste, sont donc arrivés sur Terre, et doivent s'adapter à un milieu hostile... D'autant plus hostile qu'ils se rendent compte qu'ils ne sont pas seuls, que d'autres humains sont présents. Sur Walden, pendant ce temps, la panique générale gagne l'ensemble de la population, les pauvres se pressent aux passerelles permettant d'accéder aux quartiers des plus riches, et les ressources en oxygène commençant à se raréfier.

 

C'est l'heure où les secrets, qu'ils soient malsains ou pas, sont révélés, où de nouveaux doutes se font jour et où de nouvelles relations se nouent. On commence à se douter que les 100, les Nés-Terre et ceux qui réussiront à quitter Walden vont finir par se retrouver, mais quel va être le prix à payer ?

 

L'écriture est toujours assez agréable, même s'il y a beaucoup plus de passages de dialogues que d'action pure, ce qui, pour un survival, est un peu gênant :)

 

Vite lu, plutôt apprécié.

 

Spooky

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