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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

livres

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Tout commence par un coup de fil. Une voix métallique qui menace tour à tour le père Gildas, cloîtré dans son abbaye de Kerascouët, le maire d’une petite ville de Bretagne, effrayé au point de renoncer à un mandat de député, et un médecin du Perche, qui prend la fuite.
Trois notables aux vies transparentes, qui avaient fait leurs études de médecine ensemble. Avec le chirurgien Alain Vénoret, revenu à Brest après de nombreuses années d’absence, ils formaient un joyeux quatuor : « la petite bande ». Pourquoi se sont-ils séparés brusquement ? Que leur a chuchoté cette mystérieuse voix pour les troubler à ce point ? Et pourquoi Alain a-t-il été épargné ?

 

Considéré comme un auteur classique du suspense à l'accent breton, Jean-François Coatmeur, après 50 ans de carrière et près de 30 romans, livre donc ce roman aux allures de vengeance à travers le temps et les générations. Jouissant d'une écriture élégante et nerveuse (alors que le Monsieur compte 90 ans au compteur), il se lit à la vitesse de l'éclair, surtout si vous êtes coincé dans les transports en commun un jour de grève et de crue de la Seine. Cependant ses Noces macabres manquent singulièrement de jus, Coatmeur alignant les scènes sans véritable génie, avec des personnages auxquels on a du mal à s'attacher. On a un peu l'impression de voir un polar (en film) des années 1980, avec une idée certes intéressante au départ, mais avec un traitement qui ne passe pas les années. Dommage.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

2202
Né des cendres d’une conflagration planétaire, l’Empire Chrétien Moderne règne sur une Terre ravagée et irradiée. Urbain IX, pape tout puissant et restaurateur du Dominium Mundi, y gouverne d'une main de fer ses peuples revenus à un mode de vie médiéval.
Sous son impulsion, un vaisseau colonisateur est envoyé vers une planète d'Alpha du Centaure, dans l’espoir d’y trouver de nouveaux territoires pour l’humanité. Lorsque les passagers l'abordent, ils ont la surprise d'y découvrir un peuple, les Atamides. Le choc est grand. Mais ce n’est rien en comparaison d’une découverte encore plus bouleversante : le véritable tombeau du Christ ! Guidés par leur foi inébranlable, les missionnaires tentent de s’en emparer, en vain. Les indigènes les massacrent.
Sur Terre, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Deux ans plus tard Urbain IX achève d’armer un gigantesque vaisseau, le St-Michel, capable d’abriter un million d’hommes. Pour Tancrède de Tarente, le Méta-guerrier héros des champs de bataille, et Albéric Villejust, le génie de l’Infocosme enrôlé de force,débutera une croisade sanglante vers une nouvelle Jérusalem…
Les événements feront-ils bégayer l’Histoire ?

 

Le roman de François Baranger, scindé en deux parties, est très ambitieux. De par sa taille déjà, puisque ce premier Livre comporte 600 pages. 600 pages d'une écriture dense, qui s'attache à l'histoire de deux personnages que tout oppose, mais que les circonstances et leur esprit libre vont faire se rapprocher inexorablement. Malgré cette longueur, on ne s'ennuie jamais dans la lecture, ou presque. Je vous avoue que j'ai allègrement sauté certains passages un peu prêchi-prêcha, indispensables puisque la religion -catholique- est la raison même de cette croisade. Mis à part ça, je me suis vraiment pris d'affection pour Tancrède, ce soldat qui réfléchit, et Albéric, ce technicien qui lutte contre l'ordre établi.

 

Le récit comporte plusieurs morceaux de bravoure, comme le départ du Saint-Michel ou son arrivée sur Akya, ou encore des scènes de combat entre Tancrède et un ennemi mystérieux, ou bien l'examen de passage de Clorinde, cette soldate aussi fière que sensible.

 

Curieux de lire la suite. mais je vais changer d'univers avant, 600 pages, c'est quand même gros.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Vous connaissez Emma Bovary ? Voici sa cousine américaine, une adorable petite vache au destin tout aussi romanesque. Pour Elsie Bovary, le bonheur a toujours été dans le pré, jusqu’au jour où elle comprend qu’elle est vouée à finir en steak haché. Flanquée de deux complices, Shlomo le cochon converti au judaïsme et Tom le dindon qui voulait voir Istanbul, Elsie, déterminée à éviter l’abattoir, se lance dans un rocambolesque projet de Grande Évasion.

 

En plus d'être un acteur connu pour avoir incarné un agent du FBI passionné par les extra-terrestres et les écrivains jouisseurs (entre autres), David Duchovny écrit. Et ce, depuis longtemps, si l'on en croit les quelques mots qu'il a distillés lors de son passage à Paris il y a quelques jours. Ce premier roman est pour le moins... surprenant, puisqu'il s'agit d'une variation moderne de la fable animalière, comme a pu le faire George Orwell en son temps avec la Ferme des animaux. C'est un roman court, à peine 200 pages au format poche (avec un prix qui ne l'est pas, lui : 16,90€), qui nous permet donc de suivre les aventures de ce trio insolite.

 

L'occasion pour Duchovny d'écorcher -gentiment- au passage la société de consommation, les pollueurs, les religieux intégristes de tout poil. Sans toutefois aller trop loin dans la satire, le but de l'auteur n'est pas de s'attirer les foudres des lobbies en tout genre, mais seulement d'écorcher un peu. Il joue régulièrement sur ce registre, expliquant que son éditrice le rappelle régulièrement à l'ordre.

 

C'est bourré d'humour, de jeux de mots souvent bien vus, parfois complètement ratés (pas toujours facile en traduction). Pas désagréable à lire... mais on est loin du bouquin du siècle, hein.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

 

Les Editions Albin Michel, fortes du succès des auteurs scandinaves maison, creusent le sillon et proposent de plus en plus de titres. Des auteurs confirmés, mais aussi des nouveaux venus, comme Stefan Ahnhem. Scénariste pour la télévision suédoise depuis une vingtaine d'années, notamment de la série des Wallander, il se lance à son tour dans le genre policier avec Hors cadre.

 

Près des corps sauvagement mutilés de deux victimes, une photo de leur classe de 3ème sur laquelle leur visage a été raturé. Cette classe a aussi été celle de l’inspecteur Fabian Risk de la police de Helsingborg. Pour arrêter la spirale infernale et éviter d’être la prochaine cible, il s’enfonce dans les méandres de son propre passé. Au risque de s’y perdre.

 

Les communiqués de presse de l'auteur parlent de Jo Nesbo et Henning Mankell comme mètres-étalons auxquels Ahnhem peut se mesurer. C'est extrêmement flatteur, mais pas galvaudé.

 

J'ai été littéralement happé par le roman. La preuve, j'ai réussi à rater ma station de métro à cause de ma lecture. Et croyez-moi, malgré ma petite tête proverbiale, cela m'arrive rarement. Pourtant la construction est relativement classique : un flic revient dans sa région natale et se retrouve mêlé à une affaire de meurtres en série. Personnellement mêlé. Ça ressemble au pitch de pas mal de bouquins, me direz-vous...

 

Mais Ahnhem a ce truc en plus, cette écriture tenace qui en fait un redoutable page-turner d'entrée de jeu. Ses chapitres courts ne vous lâchent pas, et ses dialogues sonnent étonnamment juste. Alors bien sûr, on plonge dans les arcanes de la police suédoise, mais aussi dans sa rivalité séculaire avec le voisin danois, par petites touches, puisque le roman se déroule sur le sol des deux pays. L'équipe autour de Risk n'est encore qu'esquissée, mais nul doute que dans les titres suivants ils vont être développés.

 

Ahnhem a sans doute beaucoup de chsoes à dire avec ce nouveau héros, Fabian Risk, ses collègues, son boulot, sa famille. Je serai présent pour la suite.

 

Spooky

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

 

Chapman's Peak, quartier résiden,tiel et côtier du Cap, an Afrique du Sud... Une promeneuse tombe par hasard sur un corps déchiqueté, flottant mollement au milieu d'un groupe de rochers au bord de l'océan... Persy Jonas, jeune inspectrice métisse issue des townships, est chargée de l’enquête sur un meurtre qui la renvoie à sa propre histoire. C’est donc avec réticence qu’elle accepte de collaborer avec Marge Labuschagne, une psychologue criminelle à la retraite, qu’elle considère comme une incorrigible raciste. Mais Marge a elle aussi quelques raisons de vouloir oublier le passé. Liées par bien plus de choses qu’elles ne le soupçonnent, les deux femmes finiront par comprendre que les plus lourds secrets sont ceux que l’on se cache à soi-même…

 

Entrée dans le polar sud-africain avec ce titre, dont Deon Meyer est paraît-il la figure la plus connue. Une société complexe, officiellement débarrassée de l'Apartheid, mais qui continue à en payer le tribut.Tensions raciales, malversations financières, corruption des services publics... La société sud-africaine est gangrénée par cette violence sous-jacente, héritée de ses heures les plus sombres. Cette déliquescence est présente dans ce premier roman d'une scénariste et productrice chevronnée, qui crée un "couple" particulier, à la psychologie déjà très poussée dans ce premier tome.

 

L'intrigue est riche, les personnages nombreux (un peu trop cependant), mais l'écriture est tout de même assez claire, elle permet de bien saisir les enjeux du récit. J'en lirai d'autres avec plaisir et curiosité.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Ce tome 3 contitue l'épilogue de cette série SF pour adolescents. Après les émeutes qui ont rendu la Colonie impropre à la vie, une poignée de survivants a sauté dans une navette qui se rend, comme les précédentes, sur Terre.

Et ces naufragés se retrouvent donc avec les "presque 100", qui vont devoir gérer ces nouveaux arrivants, dont une partie s'est blessée à l'atterrissage... Mais parmi eux se trouve Rhodes, ancien Vice-cchancelier, autoritaire et totalitaire. Ça ne sent pas bon pour Clarke, Wells et Bellamy, qui ont pris en charge les survivants, ainsi que pour Sasha, la Née-Terre qui est tombée amoureuse de Wells. Il va y avoir des morts...

Ce qui me pose le plus problème dans cette série -qui heureusement touche à sa fin avec ce troisième tome-, c'est l'angélisme de son auteure. Elle aurait tout aussi bien pu se dérouler à Santa Barbara de nos jours. On a des gosses de riches et des gosses de pas riches qui se disputent pour des choses assez futiles, même si Kass Morgan essaie de nous faire croire le contraire...

La caractérisation se révèle très caricaturale dans ce troisième tome. Un ancien garde éprouve du dégoût à la vue du sang ; des jeunes hommes, seulement un peu aguerris par leurs semaines de présence dans la nature, parviennent à battre sans coup férir des gardes armés... Et en pleine action, ils ont le temps de réfléchir à leur tactique, leurs amours, de résoudre deux-trois équations différentielles et ainsi de suite... isolés en pleine nature, avec des cabanes en guise d'habitat, ils s'y meuvent comme s'ils étaient dans un immeuble de bureaux...

 

Sur le plan éditorial, ce n'est pas glorieux non plus : fautes de frappe, traduction et syntaxe hasardeuses...

 

Et la fin... est un peu trop gnangnan à mon goût, trop angélique...

 

Bref, vous l'aurez compris, cette trilogie qui commençait pas trop mal finit un peu n'importe comment.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Voici donc le second volet de la trilogie polar de King, sorti un an après le premier volet, en France.

 

En prenant sa retraite, John Rothstein a plongé dans le désespoir les millions de lecteurs des aventures de Jimmy Gold. Rendu fou de rage par la disparition de son héros favori, Morris Bellamy assassine le vieil écrivain pour s’emparer de sa fortune, mais surtout, de ses précieux carnets de notes. Le bonheur dans le crime ? C’est compter sans les mauvais tours du destin… et la perspicacité du détective Bill Hodges.

 

Nous sommes donc -dans un premier temps- dans les pas de deux personnages, Morris Bellamy et le jeune Pete Saubers, qui trouve un peu par hasard ces fameux carnets, tandis que Morris croupit en prison pour un viol commis alors qu'il était sous l'emprise de l'alcool. Condamné à perpétuité, mais bien décidé à sortir un jour et à lire la suite des aventures de Jimmy Gold. Occasion que se présentera au bout de 36 ans...

 

King renoue donc avec l'un de ses vieux démons, le fan ivre d'amour qui commet les pires crimes pour redorer l'image de son héros favori. Ça rappelle forcément Misery, l'un des chefs-d'oeuvre de King, d'ailleurs cité au détour d'une page. Un de ses bouquins les plus connus, qui comporte, comme cette trilogie, une absence totale ou presque d'éléments fantastiques. Et vous vous en doutez, une nouvelle fois la beauté de la littérature américaine est mise en avant, King distillant des dizaines de titres qui suscitent l'envie de lecture...

 

Cette fois-ci, je n'ai pas loupé ma station de métro, mais j'ai été très fortement pris dans ma lecture. King passe sans problème d'un personnage à l'autre, adolescent pris au pire dilemme de sa vie, criminel pas repenti sorti de prison et ex-flic devenu une sorte de recouvreur de créances. Il est indispensable d'avoir lu Mr Mercedes pour comprendre toutes les implications du présent roman, même si la trame principale pourrait presque vivre sans. La gestion du "pic" narratif de l'histoire est quant à elle impeccable, on se croirait vraiment dans un film réalisé par David Fincher.

 

Ces Carnets noirs (Finders Keepers en VO, du nom de l'agence de Hodges) sont un des meilleurs King du moment.

 

Spooky

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Olen, Nils et Karib, convaincus d'être des régicides en cavale, essaient d'en apprendre plus sur leurs véritables identités au fil de leurs pérégrinations. Mais il leur faut d'abord gagner leur croûte. Leur seul talent ? Deux d'entre eux sont d'excellents combattants, et le troisième un mage qui semble maîtriser plusieurs courants de magie. Ils vont d'abord devenir mercenaires, puis au cours d'une de leurs missions, vont découvrir leur véritable identité, à mille lieues de ce qu'ils pensaient... Enfin, deux d'entre eux, puisque Nils semble ne pas être connu des différentes personnes qu'ils croisent.

 

Changement de décor dans ce deuxième tome, puisqu'on quitte les chemins et les auberges douteuses pour apsser aux ambiances feutrées des palais et des appartements de mages de haut niveau. L'univers géopolitique mis en place dans cette trilogie se met doucement en place, et comme les principaux protagonistes, on le découvre peu à peu.

 

La lecture du premier tome m'avait laissé une bonne impression. Cette suite confirme les bonnes dispositions de Gabriel Katz pour créer un univers de fantasy assez cohérent, sans rentrer dans les détails, puisqu'il s'attache plutôt aux pas et aux pensées de ses trois héros amnésiques. Une astuce narrative, qui, si elle n'est pas nouvelle, permet de ne pas en dire trop au lecteur.

 

Il nous livre par ailleurs à la toute fin du tome une révélation qui donne envie de lire (vite) la suite et fin.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Eh oui, encore un bouquin sur l'univers de Tolkien... Celui-ci commence à dater un peu, puisque sorti en VO en 2002, et en France au début de l'année 2004.

 

David Colbert, spécialiste en mythologie et anthropologie, tente de répondre à une série de questions simples relatives au Seigneur des Anneaux, tout en y apportant des précisions, pouvant intéresser le néophyte dans l'univers tolkienien, mais aussi le lecteur plus chevronné à la recherche de nouvelles informations.

 

Avec les dizaines de bouquins déjà lus à ce sujet, j'arrive encore à apprendre des choses. Sur l'origine de certains noms. Sur la présence accrue des souterrains dans l'oeuvre de Tolkien. Sur le nombre de langues inventées par le Professeur... Colbert répond ainsi à une trentaine de questions, sur les inspirations de Tolkien, sur le symbolisme du Seigneur des Anneaux, etc. Un ouvrage plutôt intéressant, donc, bien écrit, mais qui souffre de son périmètre : en effet le Seigneur des Anneaux n'est qu'une infime partie du Légendaire inventé par Tolkien, et il est un peu dommage, dans les années 2000, de se cantonner à cette seule partie, certes remarquable...

 

Notons toutefois que l'auteur s'est arrangé pour ne pas spoiler la fin du Seigneur des Anneaux au cas où son lecteur n'y serait pas (encore) arrivé, et qu'il réserve la conclusion de son ouvrage à celles et ceux qui l'ont lue.

 

Sympathique, mais sans plus.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Clarissa est une jeune femme qui travaille dans les services administratifs d'une université, à Bristol (Angleterre). Un soir elle assiste à une fête dans une librairie où Rafe, un collègue, dédicace son roman nouvellement paru. Eméchée, elle accepte qu'il l'accompagne chez elle. Là, après un ultime prise d'alcool (coupé par autre chose ?), ils couchent ensemble. Mais au réveil, Clarissa est malade, et accuse Rafe d'avoir abusé d'elle. Dans les jours qui suivent, l'homme se met à la suivre, à lui envoyer des messages, à se comporter de façon totalement déplacée. Lorsque Clarissa apprend qu'elle doit être jurée lors d'un procès pour viol, elle est soulagée car elle pense que cela va l'éloigner de son travail, et donc de Rafe. Mais c'est sans compter avec son acharnement et sa perversité...

 

Vous l'aurez compris, le sujet du roman, le premier de Claire Kendal, professeure de littérature en Angleterre, est le harcèlement sexuel. Le roman alterne entre deux points de vue : celui de Clarissa, qui tient une sorte de journal à l'intention de Rafe, et un point de vue plus classique, à la troisième personne. L'atmosphère est donc très particulière, chargée en menaces sourdes, en situations limites. On voit l'éventail du harceleur, entre victimisation, culpabilisation, manipulations en toutes sortes... Cela fait peur, très peur...

 

Le roman est d'autant plus intéressant que le procès auquel participe Clarissa lui renvoie en miroir sa propre situation, et lui permet, ainsi qu'avec l'aide de brochures sur le sujet, d'éviter de donner du grain à moudre à son harceleur. Enfin, la plupart du temps. Car bien sûr, avec toutes les aides du monde, Clarissa est isolée, et n'ose pas s'imposer, aller vers les autres pour leur donner des soucis supplémentaires. On n'est pas rationnel quand on perd ses repères...

 

Tout cela, Claire Kendal le démontre très bien, dans son roman qui fait figure d'exemple ultime du harcèlement sexuel. Un roman tétanisant, glaçant.

 

Spooky

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