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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

livres

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

 

Après Preuves d'amour et Arrêtez-moi, me voici une nouvelle fois plongé dans un roman de Lisa Gardner, et elle est en passe de devenir l'un de mes auteurs de thrillers préférés.

 

Cette fois-ci l'héroïne est Tessa Leoni, croisée dans Preuves d'amour. Devenue investigatrice travaillant pour diverses sociétés, elle se retrouve sur l'affaire de la famille d'un entrepreneur dans le bâtiment qui a été enlevée dans sa propre maison, à Boston. En l'absence de revendication et de demande de rançon pendant les deux premiers jours, Tessa est dépêchée sur place, et doit faire équipe avec Wyatt, représentant du shérif du New Hampshire qui a découvert une veste abandonnée par les malfaiteurs en pleine forêt de cet immense Etat, mais aussi avec le FBI dès lors que l'affaire est sortie du Massachusetts. Notons toutefois que DD Warren, autre personnage fétiche de l'auteure, apparaît brièvement.

 

Encore une fois Lisa Gardner fait preuve d'une analyse des compétences des différents enquêteurs qui force le respect, notamment sur leurs procédures. A côté de cela, je remarque les mêmes techniques que dans les romans précédemment cités : nous sommes dans la tête de plusieurs personnages, ici Libby, la mère de famille enlevée et qui doit subir une claustration traumatisante, d'autant plus qu'au cours de ces quelques jours de cauchemars son histoire familiale va subir quelques ajustements plutôt désagréables... Et Tessa Leoni, donc, qui deux ans après la mort de son mari, remonte la pente à la fois sur le plan personnel et professionnel. Deux personnages de femmes, avec leurs subtilités, leurs doutes mais aussi leurs convictions -mises à mal- et leurs déterminations. Autre point caractéristique, une scène d'action qui devrait mettre fin à l'histoire à une centaine de pages de la fin (il y en a 500 au total), sauf que bien sûr, les flics, malgré leur talent et leur flair, n'arrivent pas forcément quand il faut, et que le coupable, le véritable responsable de l'affaire, n'est pas celui que l'on croit...

 

Une écriture habile et subtile, des personnages à la psychologie étudiée, mais dont l'évocation sert le récit sans l'alourdir, des scènes d'action crédibles... De la belle ouvrage.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

Le hasard du calendrier fait que je me suis retrouvé les yeux dans deux très beaux ouvrages consacrés à nos greffiers préférés. Un compte-rendu s'impose.

 

 

D'une part Facéties de chats, sorties chez les Editions Margot que vous commencez à connaître si vous suivez ce blog. Sébastien Perez imagine quinze histoires des chats facétieux, et Benjamin Lacombe, illustrateur au talent immense, les met en images.

Curieux, jaloux, bouffi au sens propre, prédateur, acrobate, tous les travers des chats sont passés en revue. quelques superstitions liées aux chats sont passées en revue. On a aussi droit à une version drôlatique du maneki-neko, ce chat de la fortune qui agite la patte en direction des clients des restaurants japonais.

 

Et au milieu de tout ça, un intrus...

De nombreuses surprises, un éventail large des races les plus populaires, et un livre de toute beauté, aussi délicat que manipulateur. Félin et noble, en quelque sorte.

 

 

D'autre part Mon chat... une oeuvre d'art est un ouvrage dans lequel Amandine Labarre, illustratrice délicate, met en images des photos glanées ici et là, mettant en scène le félin dans tous ses états. L'intention est toute autre ici, puisque l'ouvrage commence par des explications sur les techniques d'illustration, mises ensuite en pratique lors de nombreux croquis (souvent détailés étape par étape), accompagnés de leurs caractéristiques techniques (technique utilisée, type de papier, taille)... Quelques magnifiques photos émaillent également l'ouvrage, rivalisant d'élégance avec les jolies illustrations, très expressives et pleines d'énergie.

Allez, une citaton : Dieu a inventé le chat pour que l'homme ait un tigre à caresser chez lui. Victor Hugo

Véritable manuel de peinture à l'usage des amateurs de chats, cet ouvrage est précieux.

 

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

75 pages, et déjà l'envie de pleurer sous le coup d'une forte émotion. Quelques pages plus loin, une charge d'une violence jusque-là inédite contre la religion, contre toutes les religions. Et une position indéfendable pour les détracteurs. Dès son premier quart, le nouveau King part sur des bases très élevées.

 

La charge en question est déclamée par un prêtre méthodiste lors de son dernier sermon, quelques jours après que le camion d'un paysan épileptique lui ait enlevé à jamais l'amour et la présence de sa femme et de son fils âgé de neuf ans. Une séquence terrible.

 

Puis nous passons en accéléré la vie de Jamie Morton, lequel a connu le révérend Jacobs quand il était petit, et le recroisera plus tard, lorsque Charles Daniel Jacobs s'est reconverti en prêcheur évangéliste apposant d'étranges appareils sur les indigents pour les guérir. Un pouvoir qui va titiller la curiosité de Jamie, persuadé qu'il s'agit d'une supercherie. Mais ce n'est qu'une quinzaine d'années plus tard, au seuil de la vieillesse, qu'il va croiser une dernière fois la route de Jacobs, pour le sceau de leurs destins respectifs.

 

Religion, musique, électricité... Tout cela se croise et s'entremêle dans le dernier Stephen King (enfin le dernier sorti en France, puisque deux autres le sont déjà -ou presque- aux Etats-Unis à l'heure où j'écris ces lignes : Finders Creepers, suite de Mr Mercedes, et The Bazaar of Bad Ddreams, recueil de nouvelles, alors que End of Watch, fin de la trilogie amorcée par Mr Mercedes, est annoncée pour juin 2016. Pfiou.). Le tout est très légèrement fantastique, on est un peu dans la même veine que Joyland, auquel il fait d'ailleurs un peu référence, et que j'ai trouvé meilleur. Car après la centaine de pages initiales d'un haut niveau, l'écrivain du Maine connaît un gros trou d'air, d'environ 250 pages, jusqu'à la partie finale, où cela remonte en régime, sans toutefois atteindre des sommets. Il y a toujours cette faculté à raconter des histoires, des destins hors du commun mais invisibles pour le commun des mortels. King emprunte cette fois à HP Lovecraft, dans un hommage un peu timide. A noter également qu'il se passe à Harlow, ville créée par King.

 

Un King qui, s'il n'est pas désagréable à lire, n'en est pas moins mineur.

 

Spooky

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

On continue dans la découverte des grands noms du thriller à la française, avec Henri Loevenbruck, et ce premier opus des aventures d'un flic pas comme les autres (encore un, me direz-vous), sur conseil de l'auteur lui-même. Ari Mackenzie est un flic de 36 ans, opiniâtre et célibataire, spécialiste des sectes, avec un père dont la santé mentale décline, et qui va recevoir un coup de fil qui va changer sa vie. L'un des proches amis de son père, justement, un peu comme son oncle, a besoin d'aide en urgence. Mais lorsqu'Ari arrive chez le vieil homme, il est trop tard, celui-ci a été trépané. Ari va tout mettre en oeuvre pour retrouver son assassin, et ses connaissances ésotériques vont lui être bien précieuses...

 

Nous sommes donc dans un genre courant, sans être -encore- ultra-balisé, à savoir le thriller ésotérique. Loevenbruck se montre d'emblée très incisif, on a du mal à lâcher son bouquin, qui malgré ses 500 pages et quelques en poche, se dévore très vite. Il allie à des personnages modernes et très crédibles (parce qu'ayant beaucoup de fêlures qui vont sans doute influer sur son avenir) des enquêtes prenant pied dans le Moyen-Âge, en tous les cas pour ce premier opus. Et l'homme s'est beaucoup documenté pour construire son récit, entre spécialistes du picard ancien, des manuscrits médiévaux (les Carnets de Villard de Honnecourt existent vraiment, apparemment) et des arcanes des renseignements généraux, département auquel appartient Mackenzie.

 

Bon, vite, la suite.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Olen, Karib et Nils naissent un jour dans l'obscurité de cercueils, au fond d'une charette prête à basculer dans un gouffre. Après en être sortis non sans difficultés, ils comprennent qu'en fait ils étaient dans une sorte de fourgon-prison, convoyés par des soldats qui sont tous morts dans l'accident, ainsi qu'un de leurs codétenus. La liberté leur tend les bras, sauf que... sauf qu'ils ont perdu tout souvenir de leur vie d'avant, jusqu'à leurs noms. Ils décident donc d'essayer de survivre dans ce monde qui ne leur est pourtant pas inconnu, tout en tentant d'en apprendre plus sur eux. Petit à petit, l'incroyable vérité se fait jour : ils sont des combattants d'élite, qui ont tué le roi du domaine voisin de Woltan. Dès lors leur vie ne sera que fuite, car bien sûr les soldats woltaniens, réputés pour leur férocité et flanqués d'une créature effrayante, se sont mis sur leurs traces...

 

Gabriel Katz est encore presque un inconnu, pourtant il oeuvre dans l'ombre pour des grands noms de la littérature depuis de nombreuses années ; il est en effet un "nègre". Et puis un beau jour il a décidé d'agir à visage découvert (en opérant sous un pseudonyme), en tant qu'auteur à part entière. Et il a commencé par la fantasy, son genre de prédilection.

 

La lecture de son premier roman est une drôle d'expérience. Doté d'une qualité d'écriture indéniable, il propose un récit où la psychologie est omniprésente, et les scènes d'action finalement peu nombreuses. La personnalité de ses trois héros est ainsi bien affinée, ils sont très différents mais complémentaires. Le monde proposé n'est pas encore bien développé dans ce premier tome, mais les différents personnages permettent de comprendre ce qui est en jeu avec ces trois fugitifs. L'humour est plutôt présent dans les situations que dans les dialogues, ce qui rend la lecture plutôt agréable.

 

Sans être pour l'heure vraiment accro à cet univers, je le trouve suffisamment plaisant pour avoir envie de lire la suite.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

J'ai découvert l'oeuvre romanesque d'Oliver Péru avec l'ambitieux Martyrs. Mais il a débuté en solo en 2010 avec ce gros roman de fantasy, qui préfigurait l'auteur de genre de premier plan qu'il est devenu.

 

Complexe, fouillé, celui-ci nous conte, au long de ses 600 pages (en édition poche), une enquête au coeur de la noirceur, qui présente des ressemblances avec le Nom de la Rose : un enquêteur relevant d'une autorité spirituelle, doit trouver avec ses disciples le ou les coupables d'un meurtre abject commis dans le domaine de l'un des rois du Nord. Lequel meurtre ravive l'antagonisme millénaire desdits rois. Mais l'horreur va vite déborder et frapper au coeur même du sanctuaire druidique, une forêt primordiale qui cache de lourds secrets. Obrigan et ses garçons, bientôt rejoints par une jeune druidesse et par l'un des doyens de leur communauté, vont devoir forcer leur nature et rompre le pacte ancien, pierre angulaire de l'équilibre politique et spirituel de leur monde.

 

Jeux de guerre de pouvoir, mais aussi profondément écolo lorsqu'est évoqué le rapport des druides à la nature, ce roman se fait intimiste et touchant avec la fraternité qui unit les membres de l'ordre druidique. Au milieu de son écriture plutôt efficace se cachent des fulgurances, comme lorsqu'une druidesse laisse son "don" agir et scanne la campagne autour d'elle, à la recherche d'êtres dotés de conscience. Un autre passage remarquable est une chronique guerrière du passé, obtenue par le biais de la magie et du don druidique, dans laquelle se révèle une écriture d'une puisance et d'une noblesse insoupçonnées.

 

Attention toutefois à l'acte final, trop long (une centaine de pages) et qui se résume à une suite de combats. Un défaut qui ne m'a pas empêché de trouver ce roman vibrant.

 

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Publié dans : #Livres

 

14 juillet 1881, Old Fort Sumner. Lorsque la nuit tombe sur ce coin perdu du Nouveau-Mexique, l’Ouest américain ne le sait pas encore, mais on va l’amputer d’une légende. Tapi dans l’ombre, Billy the Kid attend son heure. Dans quelques secondes, ses actes changeront à jamais le cours de l’Histoire.


Décembre 2012, Washington, bibliothèque du Congrès. Un archiviste examine un exemplaire du Miami Chronicle daté de 1934. Soudain, une photo retient son attention : les revenants existeraient-ils ? Tandis que les sbires d’un candidat à la présidence suppriment les dossiers compromettants de leur employeur, un groupe d’historiens de choc, dirigé par Richard Benton, se met en quête de la vérité. Quel lien unit donc un jeune hors-la-loi du XIXe siècle à un requin politique de l’ère spatiale ? Dick Benton et son équipe feront l’impossible pour le savoir.

 

Dick Benton, c'est cet ancien officier du FBI qui se trouve à la tête d'une bande d'enquêteurs de la Bibliothèque du Congrès, qu'il surnomme lui-même les rats de poussière, et qui va se retrouver personnellement impliqué et concerné par les remous de son enquête.

 

Ce Goodbye Billy est un roman dense, touffu, qui fait des aller-retours entre plusieurs époques, sans que le lecteur soit perdu, ce qui est rare dans un récit de ce genre. D'autres points surprenants : Le personnage principal est directement impacté, dans sa famille, par les conséquences de son enquête, et son équipe implose dès ce premier tome. Whale malmène ses personnages, pour un réalisme accru. Il ne faut pas avoir peur des presque 600 pages du roman, il se passe beaucoup de choses et on ne s'ennuie pas une seconde.

 

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2010. Dès leur plus jeune âge, les enfants sont testés et affiliés à une caste d'Odorant : animal, minéral ou végétal. L'ordre des Flagellants, des religieux extrémistes, maintient la société sous contrôle et affirme que la pandémie qui prive les humains de leur odorat est un fléau de Dieu. Mathis, l'orphelin blanc de Tanzanie, va cependant bouleverser l'ordre établi.

 

Toute cela est en fait le résultat de la grippe espagnole, qui en plus de faire des ravages en Europe à la fin de la première guerre mondiale, a affecté toute la population en la privant totalement ou en partie de l'odorat. Le roman co-écrit par Danielle Martinigol et Alain Grousset respecte donc le principe de la collection "Ukronie" chez Flammarion, et nous propose un thriller nerveux, haletant et totalement en accord avec notre époque. Leur écriture est très efficace, et c'est avec plaisir que j'attaquerai leurs autre romans, écrits à quatre mains ou séparément.

 

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Publié dans : #Livres

 

Une équipe technique de la voirie découvre 5 cadavres à Gravenchon, commune de Seine-Maritime, ensevelis deux mètres sous terre. Chose effroyable, leur crâne a été ouvert, leur cerveau prélevé ainsi que leurs yeux. La DPJ de Rouen n'ayant pas l'habitude de traiter ce genre d'affaire est aidée par le commissaire parisien Sharko. Parallèlement, Ludovic Senéchal, cadre lillois dans une administration française, est un vrai passionné de films anciens. Pour étoffer sa collection, il se rend à Liège (en Belgique) pour acquérir des vieilles bobines filmatographiques qu'un jeune revend, son père venant de décéder. Après visionnage d'une pellicule, Ludovic est rendu inexplicablement aveugle. Un réflexe lui permet, néanmoins, de joindre par téléphone Lucie Hennebelle, inspecteur de police à Lille et ancienne relation personnelle. Très vite, ces deux affaires pourtant éloignées semblent tisser un lien étroit, un mystère bien complexe que le duo Sharko-Hennebelle va tenter de résoudre en parcourant plusieurs pays.

 

Ce Syndrome [E] est l'occasion pour Thilliez de réunir deux de ses personnages fétiches, un vieux flic maniaque au sens médical du terme et une jeune maman dont l'obsession pour les enquêtes sordides met sa vie familiale, déjà compliquée, en péril. C'est aussi et surtout un roman ambitieux, qui fait voyager ses personnages sur trois continents pour les besoins de l'enquête, et nous amène au coeur de plusieurs milieux parfois très fermés : les neurosciences, le cinéma underground (très underground) ou encore la Légion étrangère. C'est un roman dense, qui prend aux tripes par séquences, alors que l'action est rarement présente. Et lorsque l'intrigue se dénoue, que la vérité éclate dans toute son horreur (on apprendra au passage un véritable scandale sanitaire et social québécois), l'écrivain conclue son histoire sur un nouveau drame...

 

Prenant.

 

Recommandé.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
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Enlisés en pleine guerre du Pacifique, les États-Unis ont besoin de renforts très spéciaux pour combattre les Japonais. Ils font appel aux êtres les plus aguerris aux milieux hostiles, un peuple en totale harmonie avec la nature et aux sens plus développés que ceux des humains : les Elfes, dont la dernière réserve se situe au Sylvaniel, en territoire américain.


Après de délicates négociations, les habitants du Sylvaniel acceptent d'envoyer en Asie cinq des leurs pour former les alliés aux techniques de guérilla. Leur seule exigence : emmener avec eux un distingué gentleman spécialiste de l'elfique, un professeur nommé Tolkien.


Au coeur de la jungle, le cauchemar commence pour les humains et les Elfes...

 

Vous vous en doutez, c'est le nom de Tolkien qui m'a amené à lire ce roman. Car pour moi comme pour beaucoup le nom de Christophe Lambert est lié à des films comme Greystoke, Vercingétorix... Sauf qu'il ne s'agit pas du même, mais d'un homonyme, auteur d'une trentaine de romans et qui touche un peu à tous les genres. Ici il inclut des éléments de fantasy dans une trame historique, à savoir les opérations terrestres des Alliés face au Japon en territoire asiatique.

 

Le roman est raconté du point de vue du professeur Tolkien, officier de réserve à qui l'on propose de rencontrer des Elfes au cours d'une telle opération, mais aussi de celui de Cealendar, un semi-elfe dont la condition est un supplice quotidien, et l'amène vers l'alcoolisme. Ce voyage au coeur des ténèbres (et cette référence n'est pas fortuite) va amener Tolkien à réfléchir plus précisément au roman sur lequel il travaille (et qui deviendra Le Seigneur des Anneaux).

 

J'ai été très agréablement surpris par ce récit ; d'une part, si Tolkien est le personnage central, il n'est pas le seul digne d'intérêt, l'auteur développant Cealendar et même Brody, cet officier britannique érudit qui accompagne l'expédition. Bien sûr le traitement du Professeur pourrait faire hurler les puristes, mais on est clairement dans une fiction aux frontières de l'uchronie et de la fantasy, et ces interprétations ne m'ont pas gêné. J'ai été intéressé par le personnage du semi-elfe également, même si j'aurais apprécié un chouïa plus d'approfondissement psychologique le concernant.

 

Mais Lambert (pas l'acteur, l'autre !) ne se contente pas d'insérer une figure de la fantasy et des Elfes, il fait également basculer son récit, dans le dernier tiers, vers un récit de terreur, une ambiance que ne renieraient pas H. Rider Haggard, HP Lovecraft ou même Tolkien lui-même avec un passage rappelant celui de la Moria. Il y a même quelques beaux moments de bravoure, ce séjour dans un village birman ou bien la touffeur de la jungle. Du beau boulot, qui m'a permis d'apprécier grandement ma lecture.

 

Ce n'est pas un chef-d'oeuvre, mais assurément un bon bouquin, bien écrit, conduit par un bel hommage, et couronné par le Prix Bob Morane du meilleur roman français en 2009.

 

Spooky

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