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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films


Initiée en 2000 par Bryan Singer, la franchise X-Men est devenue l'une des plus rentables de l'histoire du cinéma. Après trois films reprenant les aventures du célèbre groupe de super-héros, la "Maison des idées" (surnom de l'éditeur Marvel) ainsi que son partenaire 20th Century Fox ont décidé de décliner l'univers avec une série de spin-offs, c'est à dire des longs-métrages dans le même univers, concentrés sur un personnage particulier. C'est donc Wolverine, le plus populaire, qui s'y colle en premier.

L'Australien Hugh Jackman, auquel ce rôle a apporté une gloire planétaire, revêt donc pour la quatrième (et certainement pas la dernière) fois le marcel ultra-moulant et les "griffes" en adamantium de Wolverine. Comme le titre l'indique, nous remontons aux origines du personnage, un mutant né au coeur du 19ème siècle, qui tue par erreur son père en utilisant pour la première fois des os qui lui poussent entre els doigts. Avec son frère Victor, doté de "talents" similaires, James Creed traversera les époques, et surtout les guerres puisqu'il combattit sous les couleurs des Etats-Unis, de la Guerre de Sécession à celle du Vietnam. Une guerre à l'issue de laquelle il est repéré par un officier étrange, le Coloner Stryker, qui lui propose d'intégrer (avec son frère toujours) une unité de super-soldats dévoués aux missions à haut risque. Mais lassé des tueries sans justification, James décide de déserter. On le retrouve quelques années plus tard, dans les Rocheuses canadiennes, employé comme bûcheron et filant le parfait amour avec une institutrice. Mais celle-ci, ainsi que les anciens coéquipiers de Jimmy, est tuée sauvagement par son frère, dont le goût pour le sang n'est pas éteint, loin de là. Décidé à se venger, celui qui souhaite désormais se faire appeler Wolverine va à nouveau croiser la route de Stryker, qui va lui proposer le moyen de vaincre son frère, en participant à l'expérience Weapon X (X pour 10).

Autant le dire tout de suite, je n'attendais pas grand-chose de ce spin-off. La franchise X-Men s'étant déjà asséchée avec le troisième volet, dont le réalisateur Brett Ratner n'était qu'un gamin qui faisait joujou avec des effets spéciaux. Ce qui m'intéressait le plus lorsque je lisais ces comics étant adolescent, c'était l'effet de groupe, la concaténation des pouvoirs des mutants composant les X-Men. Bryan Singer avait brillamment su saisir cette alchimie dans ses deux premiers films. Mais comme la Fox voulait exploiter le filon, elle a lancé les chantiers de diverses adaptations sur les personnages les plus forts. On est donc face à du commercial pur jus, plus dans l'artistique. Devenu "ultra-bankable" malgré l'échec international d'Australia, ils ont confié à Hugh Jackman le soin de chapeauter lui-même ce spin-off. Malgré toute l'admiation que m'inspire le comédien, la sympathie de l'homme, je ne suis pas sûr de faire confiance au producteur exécutif Hugh Jackman. Certes, il maîtrise son personnage de mutant exorché vif, mais de là à lui laisser la main mise sur le casting, le choix du réalisateur... Je crois qu'en l'occurrence il a voulu un jeune auteur sur lequel il pourrait exercer son influence, il fallait donc un "yes-man" qui fasse plus "auteur" que "clippeur". De nos jours Jean-Luc Godard pourrait être engagé sur un remake de Conan le Barbare, ça ne changerait pas grand chose puisque 80% des plans seraient filmés sur fonds bleus avec des effets rajoutés en post-prod. C'est donc Gavin Hood, réalisateur du remarqué mais un peu méconnu Mon nom est Tsotsi, qui fut choisi. Celui-ci ne montre pas d'appétence particulière pour les films d'action avec des morceaux d'effets spéciaux dedans, mais ce n'est pas ce qu'on lui demande en fait. Il a juste à crier "action !", à être derrière le combo et à se balader sur les plateaux télé pour faire la promo (et encore, là c'est Jackman qui s'y colle).

Le film est truffé d'incohérences, dont la moindre n'est pas le pouvoir de la petite amie de James, devenu Logan puis Wolverine, dont les effets varient suivant les besoins du scénario. La réalisation est assez molle, le scénario relativement creux. Pourtant le film est loin d'être de la daube en boîte. Parce que Hugh Jackman est tout de même un très bon acteur, qu'il a en face de lui Liev Schreiber dans le rôle de son frère haï. Même s'il est sous-exploité, on sent qu'il y a un véritable acteur dans cet être mi-homme mi-félin qui doit faire gaffe à l'endroit où il plante des doigts quand il se nettoie les coucougnettes. Oui, Dents-de-Sabre a le poil soyeux, l'oeil vif, mais lui aussi veut ressembler à Hugh, bordel ! Par contre le reste du casting est assez inconsistant. Entre un Stryker au charisme d'amibe (Danny Huston) et un Gambit passe-partout (pratique pour un prochain film, prenez un brun aux cheveux longs, et ça passe !), sans parler de la copine de Logan, la très mignonne Lynn Collins, qui a trois lignes de dialogues. Bon ok, il y a aussi Dominic Monaghan, incontournable dans Le Seigneur des Anneaux et Lost, mais on a du mal à le voir en mutant. Et puis il y a des scènes ou des éléments inutiles, même dans l'éventualité d'autres films, comme ce combat de boxe entre Wolverine et le Blob.

Je vous énumère des défauts, mais pourtant je n'ai pas détesté ce film ; je l'ai trouvé honnête, on va dire dans une tranche peu exigeante en matière de films de super-héros. Peut-être parce que malgré tout, malgré ses poses un peu théâtrales parfois, j'apprécie Wolverine et les barreaux de chaise qu'il fume dès qu'il peut, ses grimaces de dur à cuire et le fait qu'il ne roule pas des mécaniques malgré son côté balèze. Parce que je ne connaissais pas Gambit, et que j'aimerais le revoir en action par la suite, tout comme Deadpool, le tueur de mutants, dont le principe m'intéresse pas mal. Parce que c'est du pur divertissement, qu'il faut le prendre comme tel, sans chercher à le mettre sur le même niveau que les deux premiers films de la franchise, et tout cela malgré de nombreuses incohérences.

Spooky.


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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films


 

 

Babylon Babies fut un roman écrit par Maurice G. Dantec, paru en 1999 chez Gallimard. Faisant suite à ses autres romans La Sirène rouge et Les Racines du mal, c'est un récit très dense qui mêle science-fiction, thriller ethico-biologique et figures bibliques.
La trame originelle du roman se présentait comme suit (attention spoilers) : 2013, le personnage principal, Hugo Cornélius Toorop (héros de La Sirène Rouge), est un mercenaire dont la mission consiste à escorter une jeune femme schizophrène, Marie Zorn, de Sibérie jusqu'au Québec (où vit Dantec) pour le compte d'une secte. Il s'avère que la jeune femme est la mère porteuse de jumelles génétiquement modifiées, représentant le prochain stade de l'évolution humaine, d'où le titre du roman.

Soucieux de toucher un plus large public que Dantec (dont l'écriture "serrée", critique, sans concession, n'est plus à prouver), Mathieu Kassovitz -le réalisateur- décale son intrigue de quelques années dans le futur, sans plus de précision (cela se passe après 2017, puisqu'une allusion à cette année y est faite). Le film est renommé Babylon A.D., ce qui signifie Le Règne de Babylone, le titre original en disant un peu trop au sujet du pitch au goût du réalisateur. Le convoyage de la jeune Marie (devenue Aurora dans le film) est quant à lui prévu jusqu'à New York, ville qui permettra au public anglo-saxon de mieux s'y retrouver. Et bien sûr, le film a été tourné dans la langue de Shakespeare.

Le rôle principal du film est tenu par Vin Diesel, la star bankable des Chroniques de Riddick, XXX et Fast & Furious. Beaucoup de conditions pour générer un blockbuster américain qui pourtant est une production presqu'à 100% française (la Fox est cependant présente, ainsi qu'à la distribution américaine). Il est à signaler que c'est le studio qui a réalisé le montage pour la sortie aux USA.

Babylon A.D. est un film sur la foi selon son réalisateur. "Pas tant sur la forme que sur le fond. Quand on regarde Blade Runner, on voit d'abord un film de science-fiction et d'action. Mais au fond il parle de Dieu, de notre existence sur cette planète, de la création..." Ilan Goldman, le producteur, se dit lui passionné par le thème de la foi traité dans le film : Beaucoup de gens ont besoin de croire. Et, de fait, certaines personnes utilisent la religion pour essayer d'apaiser les âmes et d'autres veulent en faire du business. Cela m'intéressait de participer à un film qui dénonce ce phénomène ainsi que la volonté sécuritaire de certains pays.

Reste qu'au bout d'une heure quarante de métrage essentiellement centré sur l'action, il est difficile de faire un nouveau Nom de la Rose... Un long métrage avec notamment une course-poursuite entre des scooters des neiges et des drones qu'on croirait sortis de Star Trek, mais aussi quelques scènes de bagarres à la sauce Yamakasi. Kassovitz a voulu placer à la fois ses amis et ses références, se faisant quand même plaisir avec un budget confortable (grâce à son précédent film, Gothika, qui a très correctement marché).


Cela donne un film bâtard, à cheval entre plusieurs genres, entre plusieurs traditions. Bénéficiant d'un casting international (Diesel donc, qui tient correctement son rôle de mercenaire, sans en faire trop, mais aussi la Malaise Michelle Yeoh, toujours en forme, ainsi que les Français Mélanie Thierry -le "paquet" convoyé par Diesel-, Gérard Depardieu et Lambert Wilson). Le film partait sur des bases assez faibles, on avait l'impression de voir un téléfilm français de troisième zone, un peu fauché, et filmé avec les pieds. Mais Kassovitz se reprend par la suite, s'éclatant visiblement dans les scènes plus remuantes ou avec les engins un peu futuristes. Comme dans Les Rivières pourpres, autre réalisation de Kasso (mais qui commence à dater), j'ai trouvé le montage étrange. Comme s'il manquait des scènes, comme s'il avait voulu filmer les moments-clés du roman sans vraiment se soucier de leur enchaînement. Du coup, il n'y a pas vraiment d'atmosphère propre au film, et la fin arrive de façon un peu abrupte, sans qu'on y croie vraiment. Et puis, quid des étranges pouvoirs d'Aurora, qui sont à peine utilisés dans le film ? Il y a des chances pour qu'une fois de plus le studio ait revu le montage, en dépit de toute cohérence.


L'impression générale ? Du gâchis, comme souvent lorsqu'un roman de cette ampleur est adapté au cinéma. La transposition enlève beaucoup d'éléments au récit initial, et on se retrouve avec une sorte de suite de cascades sans réelle âme.

 

 

 

 

Spooky.
 


 

 

 

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films


1959. les élèves d’une petite école américaine écrivent des messages qui sont enterrés. 50 ans plus tard, ces messages sont déterrés, attribués et lus par ceux qui leur ont succédé dans l’école. La plupart sont des dessins, mais l’un d’eux est étrange, puisqu’il s’agit d’une suite de chiffres. D’abord intrigué, le père du petit Caleb, statisticien, essaye de trouver une signification. Horrifié, il découvre peu à peu que chaque séquence de chiffres correspond à la date exacte d'une catastrophe récente. Lorsqu'il comprend que les 3 dernières séquences prophétisent des cataclysmes à venir, une course contre la montre commence. Car la dernière date contenue sur le document pourrait être… la dernière.

Voilà un pitch assez intéressant. Si vous avez vu la bande-annonce du film, il y a de belles séquences à prévoir. Seul bémol, la présence de Nicolas Cage, acteur autrefois encensé qui est un peu has been aujourd’hui, surtout depuis son passage dans l’affligeant Ghost Rider. La présence à la réalisation de l’ex prodige Alex Proyas (The Crow, Dark City…) est a priori un bon point, malgré un film de yes man un peu sur-évalué (I, Robot). Reste à voir comment ces éléments s’imbriquent. Eh bien pas trop mal finalement, Proyas imprimant une vraie dynamique à son métrage, son sens visuel faisant notamment merveille. La scène d’accident de métro, par exemple, est vraiment impressionnante. Contre toute attente, Cage ne s’en sort pas trop mal, il est très crédible en cartésien qui se débat au milieu de l’atmosphère surréaliste qui gagne ne intensité… Une performance due en partie à la Red One, une caméra numérique très perfectionnée, qui donne un résultat proche de la pellicule.

Je l’ai dit, le film se tient. Jusqu’à la partie finale. A ce moment, ça bascule dans quelque chose d’un peu étrange, à la fois biblique et typiquement science-fictionnel ; pour un final à la limite du n’importe quoi. Je ne vais pas faire ma peau de vache et vous raconter ça, car l’ensemble du film est de très bonne facture, mais cela risque de rebuter pas mal de monde, ces bondieuseries… Dommage qu’Alex Proyas soit devenu un exécutant, son film aurait pu atteindre des sommets sans cette fin…

 

Bref, un thriller fantastique au pitch intéressant, au développement très honnête, à la réalisation très bonne, mais avec une fin un peu trop cul béni.

 

Spooky.



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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films


"Par le réalisateur de Sixième sens"... Voilà l'une des accroches du dernier film de M. Night Shyamalan. Pour mémoire, ce film date de 1999. Comme s'il n'avait rien fait d'intéressant depuis. Personnellement j'ai bien aimé Incassable, sorti en 2000, et n'ai pas détesté Le Village, sorti en 2004. Hors ces trois films, la production récente du réalisateur-acteur américain n'a pas cessé de décliner, jusqu'au très mauvais La jeune fille de l'eau, son long métrage précédent.
C'est donc avec une méfiance énorme que j'ai abordé ce Phénomènes. Le buzz sur internet et dans la presse spécialisée avait été très contrasté. Le pitch avait pourtant de quoi aiguiser ma curiosité, jugez plutôt :
Surgi de nulle part, le phénomène frappe sans discernement. Il n'y a aucun signe avant-coureur. En quelques minutes, des dizaines, des centaines de gens meurent dans des circonstances étranges, terrifiantes, totalement incompréhensibles. Qu'est-ce qui provoque ce bouleversement radical et soudain du comportement humain ? Est-ce une nouvelle forme d'attaque terroriste, une expérience qui a mal tourné, une arme toxique diabolique, un virus qui a échappé à tout contrôle ? Et comment cette menace se propage-t-elle ? Par l'air, par l'eau, ou autrement ?
Pour Elliot Moore, professeur de sciences dans un lycée de Philadelphie, ce qui compte est d'abord d'échapper à ce phénomène aussi mystérieux que mortel. Avec sa femme, Alma, ils fuient en compagnie d'un ami, professeur de mathématiques, et de sa fille de huit ans.
Très vite, il devient évident que personne n'est plus en sécurité nulle part. Il n'y a aucun moyen d'échapper à ce tueur invisible et implacable.
Pour avoir une mince chance de survivre, Elliot et les siens doivent à tout prix comprendre la véritable nature du phénomène, et découvrir ce qui a déchaîné cette force qui menace l'avenir même de l'espèce humaine...
On se retrouve donc dans un survival à la sauce thriller biologique. Biologique car la fameuse offensive est d'origine naturelle. Je ne vous en dirai pas plus, mais sachez que ça m'a fait -vaguement- penser au Jour des triffides, excellent roman post-apocalyptique de John Wyndham. De cette situation de crise s'ensuit bien sûr la phase de fuite, l'essai d'organisation d'un petit groupe, et la concentration de l'histoire sur un couple et un enfant. Shyamalan mène plutôt bien sa barque, le film est correctement filmé, les péripéties s'enchaînent bien. Mais il y a un hic, gros si vous êtes sensible à la cohérence. Car le comportement des personnages est à la limite du ridicule à plusieurs reprises. Certes, en situation de détresse extrême, on peut perdre les pédales. Mais on ne lâche pas une gamine transie de peur pour parler à son petit ami, juste parce qu'on veut être sûr qu'il est à l'autre bout du fil, non ? Au moment où un gars sympa vous propose de vous prendre dans sa voiture, passez-vous dix minutes à discuter avec votre ami, alors que la situation est critique ? Ce ne sont que quelques exemples, mais ça peut agacer certains spectateurs. Deuxième hic : la menace est forte, les personnages se retrouvent dans une situation où aucune porte de sortie n'existe, mais cette menace s'efface aussi vite qu'elle est apparue. Cette menace, d'origine naturelle, comme je l'ai souligné, qui se limite aux Etats de la Nouvelle-Angleterre. La nature tient donc compte du découpage administratif des Etats-Unis, c'est chouette... Le film a été écrit, produit et réalisé par Shyamalan lui-même, comme ses derniers flops. On a un peu l'impression que, sûr de son talent, il ne laisse à personne d'écrire ses histoires...

Mis à part ça, le film n'est pas déplaisant à suivre, les acteurs (parmi lequels Mark Wahlberg et Zooey Deschanel) jouent assez bien l'effroi face à une menace intangible, et la musique de James Newton Howard accompagne bien l'ambiance, même si essayer de nous faire frissonner avec l'image d'une branche qui bruisse, c'est un peu cheap...

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films


Pour tous ceux qui auraient raté la projection sur grand écran de la trilogie de Peter Jackson ou qui souhaiteraient revivre cette expérience, je signale qu'une poignée de passionnés a décidé, avec le concours d'un cinéma francilien, de proposer une nuit spéciale. Ca va se passer le 24 janvier à Courbevoie, à l'ouest de Paris.

Pour un peu plus d'info, ça se passe ici.
Il y a également un sujet dédié sur leur forum.

Je salue cette initiative, qui ma foi est bien sympathique.


Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films
Je n'en démords pas, le cinéma fantastique espagnol est l'un des meilleurs, sinon le meilleur actuellement. Dans le sillage de L'Orphelinat, ou encore L'Echine du Diable, La Secte sans nom, et dans un degré moindre, 28 semaines plus tard (puisqu'il s'agit d'une suite), entre autres, voici donc la dernière réalisation de Jaume Balguero, avec Paco Plaza.

[.REC] nous emmène sur les lieux d'une émission nocturne animée par Angela sur une chaîne espagnole, une sorte de reality show. Celle-ci est cette fois dans une caserne de pompiers, dont les nuits sont très calmes en général. Au milieu de celle-ci, ils sont pourtant appelés dans un immeuble de Barcelone, dans lequel les occupants ont entendu des cris au 4ème étage. Arrivés sur les lieux, ils découvrent une vieille femme couverte de sang, apparemment dans un état de sauvagerie extrême puisqu'elle mord violemment à la gorge l'un des pompiers. Incapable de la calmer, le petit groupe descend en catastrophe dans le hall, où deux policiers sont arrivés. Mais très vite, la situation s'enlise : l'immeuble est complètement isolé du monde extérieur, barricadé par les forces de l'ordre, et la folie semble se déchaîner aux étages supérieurs. En effet les personnes mordues présentent à leur tour des signes d'agressivité extrême. Les douze personnes pour l'heure épargnées décident de s'organiser...

Dans la lignée de Cloverfield, [.REC] est filmé en caméra subjective puisque nous sommes dans la "peau" de Pablo, le cameraman professionnel qui accompagne Angela. Ce parti-pris permet des images un peu plus stabilisées que pour le glorieux hit américain, mais les co-réalisateur Jaume Balaguero et Paco Plaza n'en abusent pas, apportant un surcroît de réalisme aux plans. On se retrouve donc dans un survival doublé d'un huis-clos extrêmement angoissant, où les personnages crient dans tous les sens, en proie à une panique extrême. Les images sont fortes, simples, mais d'une efficacité redoutable. Dans son rôle de journaliste avide de reportages chocs et doublée d'une sacrée conne, Manuela Velasco excelle. En plus elle est blonde. La course-poursuite dans les escaliers et les appartements est haletante, elle ne laisse quasiment aucun répit au spectateur, alors que le film a commencé sur un rythme lent, pour montrer la monotonie de la caserne, mais aussi mieux nous surprendre  En prime, nous avons deux beaux rebondissements dans le dernier tiers du film (qui ne dure qu'une heure quinze, un format idéal pour un survival horror en temps -presque- réel.
Carrément un excellent film d'horreur, à réserver toutefois à ceux qui ont le coeur bien accroché. Un (tout) petit regret par rapport à l'histoire : l'isolement de l'immeuble me semble un peu prématuré, et fait basculer le film dans le huis-clos quelques minutes trop tôt.


Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films


Neil Marshall avait plus ou moins pris le leadership du cinéma britannique fantastique (après Danny Boyle et son impérissable 28 jours plus tard) avec Dog Soldiers, sympathique film d'action mêlant histoire de loups-garous et soldatesque, mais aussi et surtout The Descent, qui a fait remonter le taux de claustrophobie chez pas mal d'amateurs de gore et de spéléologie (oui, ça existe).
Son dernier film en date, Doomsday, s'attaque au genre du post-apocalyptique, genre bien balisé par Mad Max et New York 1997. Le pitch est simple : en 2010, un virus décime très rapidement la population de l'Ecosse. Les autorités de l'époque décident d'isoler complètement les foyers d'infection et les éventuels malades sur cette partie nord de la plus grande île britannique, rétablissant et renforçant le Mur d'Hadrien, fortication romaine qui marquait la limite entre l'Ecosse et l'Angleterre. La région retourne rapidement au chaos, jusqu'au cannibalisme. Le gouvernement britannique croit avoir éradiqué le virus, faute de proies, au bout d'une vingtaine d'années, mais les observations d'un satellite espion révèlent la vérité : il y a des survivants ! Peu de temps après le virus apparaît en plein coeur de Londres, faisant craindre le pire. On envoie alors un petit groupe d'intervention vers Glasgow, afin de retrouver le Professeur Kane, qui menait des recherches sur le virus avant de se retrouver coincé du mauvais côté. Le groupe est dirigé par Eden Sinclair (Rhona Mitra, qui à part des seconds rôles dans Hollow Man et Le Nombre 23, compte comme haut fait d'arme d'avoir été la première incarnation en chair et en os de Lara Croft), qui a elle-même été sauvée de justesse de la contagion 25 ans plus tôt. Une fois arrivé sur place, le commando se rend compte que la réalité est bien plus complexe...

Le début du film est intéressant, posé, Neil Marshall joue son John Carpenter avec application, allant jusqu'à copier des plans entiers, des costumes et même des scores musicaux de Big John. Il y a même une petite critique du pouvoir, et de son hypocrisie. On voit que c'est une super-production, les moyens (costumes, décors, engins) sont là. Et peu après le passage du commando de l'autre côté, ça vire au grand n'importe quoi. Le chef des hippies cannibales qui disputent la suprématie régionale à Kane est une espèce de rock-star, qui célèbre la dégustation de la chair humaine lors de grands shows pyrotechniques, avec Fine Young Cannibals (le choix du groupe n'est évidemment pas innocent) en fond musical, les méchants se déplacent à moto ou en voitures dont on se demande comment elles peuvent être ravitaillées en carburant au bout de 25 ans de blocus absolu... Pire, la faction de Kane est carrément retournée à l'état féodal, l'exécuteur de ses basses oeuvres étant un chevalier tout caparaçonné de noir. C'est limite pitoyable tellement c'en est grotesque. Les routes sont dégagées, les voies de chemin de fer aussi, bref les sauvages qui ont été jusqu'à s'entre-dévorer ont réusi à conserver l'électricité et l'essence et à entretenir les infrastructures. Et bien sûr, une voiture qui est restée au garage depuis la fermeture des frontières est en parfait état de marche, avec le plein d'essence !





C'est vraiment dommage que Neil Marshall mange à tous les râteliers pour écrire son film : New York 1997, Mad Max, les emprunts sont nombreux sur ces deux films-références. Le morceau musical qui conclut le film est, lui, directement pompé sur celui de 28 jours plus tard... C'est un beau gâchis. Marshall aurait pu faire un film certes dans un genre largement balisé, mais avec sa propre voix, sa propre identité. Les acteurs ne sont pas mauvais (on notera la présence des vétérans Bob Hoskins et Malcolm Mc Dowell), ce n'est pas mal filmé, mais décidément c'est trop pompé, et malheureusement ça part dans tous les sens dès la deuxième bobine... Où est passé le scénariste-réalisateur inspiré comme c'est pas possible qui nous fout les jetons sur The Descent ? Où sont passés tous les moutons ? Les gens les ont mangé en méchouis géants, me répondrez-vous. Dans ce cas-là, pourquoi y'a-t-il des milliers de vaches en liberté ?

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

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La planète Jillucia, autrefois paisible, est devenue le théâtre de la tyrannie des Stressos ayant implanté leur forteresse par la force. En dernier recours, le chef des survivants Jilluciens s'en remet au Dieu Liabé en dispersant huit noix divines à travers l'univers qui, selon la légende, seront capables de découvrir les huis valeureux guerriers qui uniront leurs forces en vue de libérer Jillucia.

Voilà le point de départ de ce film, une sorte d'OVNI qui revient aux sources de la série San Ku Kai en nous montrant l'origine du vaisseau éponyme. Oui oui, la série nipponne terriblement kitsch des années 1970, aux conditions de tournage tellement empreintes d'amateurisme que c'en est presque attendrissant. Ici apparaît Ayato, l'intrépide pilote, qui s'amuse beaucoup avec un autre jeune chien fou. Ils sont parmi les huit "élus" que recherche la princesse Eolia pour sortir Jillucia du joug des Stressos. on retrouve tout le decorum de la série : les costumes si particuliers des Stressos, le Cosmosaure, leur massif vaisseau amiral, et bien sûr le San Ku Kai, vaisseau de transport qui en déployant ses ailes, permet de lâcher deux chasseurs ultra-rapides... Mais aussi les beaux voiliers stellaires, qui exerçaient pour moi une étrange fascination lors de la diffusion en France de la série.

Alors certes, si on est loin de l'énergie déployée au cours des 27 épisodes de la série télévisuelle, le film n'est pas désagréable à regarder, il manque un peu de souffle cependant. Comme je l'ai dit, l'ensemble des décors et des designs est là (on voit aussi le rigolo robot Sidero), mais le film est sobre, pas de jeté de capes théâtral, pas de sauts à la Power Rangers... Il est d'autant plus évident que ce film cherche à profiter du succès de Star Wars (la série avait été produite à la va-vite en 1977 au vu des images teaser du film de George Lucas), que l'on y retrouve de nombreuses similitudes : la résistance contre l'oppresseur, le jeune héros qui doit accomplir son destin, le singe jaune (qui n'apparaîtra que dans la série), le robot cylindrique débrouillard (Sidéro), les armures inspirées de celles des samouraïs... L'interprétation est proche du degré zéro, la musique au synthétiseur est immonde, mais finalement ça se laisse regarder, pendant 1h45 tout de même.

Pour le plaisir... un petit extrait ?

 
Spooky.

PS : Merci à pierig de m'avoir fourni de DVD collector...

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films


Les vampires ne sortent que la nuit pour s'abreuver de sang. Et s'ils allaient à l'endroit où la nuit dure le plus longtemps ? En-dehors du cercle polaire, où aller ? A Barrow, ville la plus au nord de l'Alaska, "sommet du monde". Cette idée, plutôt intéressante, c'est Steve Niles qui l'a eue, et l'a mise en application dans 30 jours de nuit, dessiné par Ben Templesmith (Editions Delcourt, 2004, 3 tomes parus). En 2007, le producteur Sam Raimi (les trois Spider-Man) confie la réalisation à David Slade (qui s'était fait connaître avec l'électrochoc Hard Candy), laissant le soin à Niles d'adapter lui-même son histoire, avec l'apport de Stuart Beattie (Pirates des Caraïbes).

Le film met donc aux prises une meute de vampires avec les habitants de Barrow, qui se trouvent rapidement décimés par ces prédateurs sanguinaires. Parmi eux le shérif Eben Oleson (Josh Hartnett, déjà dans la légende des films de genre avec Halloween H20 et The Faculty), et son ex-femme Stella (Melissa George). Pas de superstar donc, l'essentiel du budget se retrouvant dans les décors enneigés et les effets spéciaux. Slade se montre habile faiseur, essayant de réalisant quelques belles scènes de rictus sanguinolents et d'assauts sauvages. Seul bémol à ce niveau : on n'a pas l'impression qu'il fait -20°C dehors, les personnages n'ont jamais -ou presque- l'air de souffrir du froid.



Le gros souci du film se situe plutôt dans la narration. En effet le facteur temporel (les fameux 30 jours) joue un énorme rôle dans l'histoire d'origine. Ce passage du temps n'est pas vraiment bien représenté à l'écran, puisqu'on a juste des mentions du style "8ème jour", "17ème jour". 30 jours sans se laver, sans se raser, en mangeant de maigres rations, ça laisse des traces physiques, ça se voit. Or Josh Hartnett a une barbe d'une semaine simplement au bout de 3, Melissa George et les autres actrices ont l'air d'avoir pris une douche au pire la veille...

C'est vraiment dommage, car si l'attention avait été portée sur ces éléments, on aurait pu avoir un très bon film de vampires. Là on a juste un honnête film d'action, mais sans plus, les vampires n'étant pas extrêmement effrayants. 30 jours de nuit sent un peu le film de commande.

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films



A peu près à la même époque que Chambre 1408, une autre adaptation de l'oeuvre de Stephen King est arrivée sur nos écrans. Il s'agit de The Mist, adaptation de l'oeuvre éponyme de l'Horrorus Rex, publié en 1985. J'ai dû lire le texte entre 5 et 8 ans plus tard, et la novella m'avait fortement impressionné de par son atmosphère, mais aussi les éléments narratifs qu'elle recelait. Elle portait d'ailleurs le recueil sur ses épaules, servant de locomotive.

C'est Frank Darabont, réalisateur des acclamés Les Evadés et La Ligne verte (autres adaptations de King), qui s'est attelé à transposer à l'écran cette oeuvre symbole. Ces deux films étant plutôt des réussites, le pire semblait évité, King n'étant pas toujours heureux dans le sort donné à ses écrits sur petit ou grand écran.

La novella nous raconte l'étrange épisode que vit Castle Rock, localité -inventée par l'auteur- du Maine (nord-est des Etats-Unis), qu'une violente tempête a ravagée. Au matin, les habitants viennent se ravitailler à la supérette locale. Mais une étrange brume envahit bientôt les lieux, et un homme ensanglanté, délirant à propos de choses dans le brouillard, surgit dans le supermarché. Les clients, au nombre de plusieurs dizaines, décident d'attendre, et de tirer au clair cette drôle d'histoire. Mais bientôt des choses sortent du brouillard...

Je tuerai à moitié le suspense en vous disant que des monstres vont surgir, et que les véritables personnalités vont se révéler pendant les heures et les jours où ces gens vont rester cloîtrés. King a placé des éléments narratifs intéressants dans son histoire ; on y trouve pêle-mêle l'inconséquence de certains savants, plus empressés à faire joujou qu'à réfléchir aux conséquences de leurs actes ; la lâcheté des militaires, mais aussi des gens ordinaires ; mais aussi les ravages que peut provoquer l'intégrisme religieux. On retrouve également le thème du petit groupe de survivants, qu'il a déjà exploité dans des romans tels que Le Fléau, Ca ou Les Tommyknockers. Bien sûr, comme dans la plupart de ses romans, hormis ceux écrits sous le pseudonyme de Richard Bachman, le surnaturel tient une place énorme, mais comme souvent dans un oeuvre intéressante, ce thème permet de rebondir sur les travers de la société dans lequel nous vivons.
Au sein de la petite colonie qui se barricade dans le supermarché, plusieurs groupes se forment. L'un, autour de David Drayton (Thomas Jane, déjà présent dans l'adaptation kingienne Dreamcatcher), illustrateur spécialisé dans les affiches de cinéma, intelligent et pragmatique ; un autre autour de Mme Carmody, une bigote persuadée que Dieu les soumet à leur jugement. C'est Marcia Gay Harden, actrice fétiche de Clint Eastwood et prodige de Mystic River et Into the Wild, qui prête son visage au personnage. Et au milieu, Brent Norton (Andre Breugher, acteur de télévision surtout), un juge que l'on essaie de convaincre. La micro-société selon Stephen King.

Le film se déroule dans une atmosphère de terreur croissante, les apparitions montrueuses alternant avec les découvertes macabres. La première scène d'horreur est un peu ratée, les effets spéciaux faisant un peu "cheap", et les postures des personnages sonnant faux. Mais elle a le mérite de placer les reclus devant la réalité qui les encercle : des monstres ont profité de la brume pour s'approcher, et souhaitent pénétrer dans le bâtiment. Interrogations, attentes dans la peur, discussions animées, voire violentes rythment le récit. Jusqu'à un final dramatique, très noir quant à l'attitude d'une partie des personnages. Je disais que la première scène-clé était un peu décevante, mais Darabont se rattrape très vite, installant une atmosphère réellement inquiétante, au choix artistique audacieux mais payant. En effet il y a très peu de musique d'ambiance pendant le film, et lors d'une incursion à l'extérieur ce silence est palpable et renforce encore ce climat d'angoisse. De plus les effets spéciaux sont par la suite assez réussis, masquant leur éventuel bas coûts dans la brume, bien pratique dans ces cas-là.



Dit comme ça, on a l'impression que le film est vraiment excellent sur presque toute sa longueur. Ce n'est pas tout à fait vrai, car il y a quelques invraisemblances dans le récit. Etrange que les gens restent cloîtrés dans le supermarché, seul l'un d'entre eux tentera de s'échapper au moment de l'arrivée de la brume. Etrange que lors de la première apparition des "monstres", personne ne songe à fermer le rideau de fer sur leurs tentacules pendant que ceux-ci emportent un jeune commis. Etrange aussi l'embrigadement de l'ensemble des reclus, alors que la prédicatrice est visiblement givrée... Mais comme le souligne l'un des personnages "sensés", l'espèce humaine est par nature givrée. Mettez deux gars dans une pièce avec l'impossibilité de sortir, ils finiront par s'entretuer. Tous ces thèmes sont bien présents, mais traités un peu au tracto-pelle par moments. Et c'est là, à mon avis le gros (et peut-être le seul) défaut de The Mist : Frank Darabont, en voulant respecter à la lettre près ou presque l'oeuvre de King, en a transposé également les défauts, les incohérences. Dommage, car avec une écriture plus maîtrisée, on aurait pu avoir un sommet du cinéma d'horreur.

Mais ne boudons pas notre plaisir, pour une fois l'adaptation est plutôt réussie, ce qui rend The Mist largement recommandable. A noter quelques clins d'oeil dans le film, comme l'affiche que réalise David Drayton au début, qui fait fortement penser à La Tour sombre, une série de fantasy horrifique de King, avec sur le mur l'affiche de The Thing, de John Carpenter... Façon de se placer sous les meilleurs auspices ?


Nota : Ne pas confondre The Mist avec (The) Fog, un autre film sur une brume qui recèle de terribles secrets, réalisé par John Carpenter en 1980 et remaké en 2006 par Rupert Wainwright. Je vous recommande le premier, n'ayant pas vu le second.


Spooky.

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