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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

films

Publié le par Spooky
Publié dans : #Films
 

 


J'ai vu l'autre soir ce film, adapté du roman de Robert Crais. Le film est produit par Bruce Willis, qui joue le rôle principal, et réalisé par le français Florent-Emilio Siri, auteur du remarqué Nid de Guêpes. L'histoire est celle du shérif d'un comté de Californie, ancien "négociateur" lors des prises d'otages, qui se retrouve face à trois adolescents qui ont pris en otage une famille riche dans une maison isolée sur les hauteurs californiennes. Mais l'intrigue est beaucoup plus complexe que ça, puisque Jeff Talley (Willis) se retrouve personnellement impliqué dans l'affaire.


Crais, épaulé au scénario par Doug Richardson, a dû modifier quelque peu son intrigue, afin de rendre le récit plus linéaire (et surtout le faire rentrer dans un format d'1h45), et effacer certains personnages secondaires. Du coup, de l'"exceptionnel roman" (dixit Madame), ne reste que l'essentiel, qui permet tout de même d'avoir une histoire haletante, sans concessions et diablement bien écrite. Car Siri, sans révolutionner l'actioner de base, livre un film à la fois nerveux, classique et sérieux. Un poil de "Je suis Bruce Willis et je sauve le monde, t'es pas d'accord ?", un brin de folie, et hop, c'est probablement l'un des meilleurs films d'action de l'année 2005. Willis livre une composition tout à fait impeccable, comme souvent, et les autres acteurs sont au diapason. Seul bémol : l'impasse effectivement faite pour resserrer l'intrigue, qui frustre quelque peu le spectateur. 1h45, c'est vraiment court pour rendre complètement justice à un bouquin aussi dense...


Ceci dit, c'est vraiment un très bon film. Je pense que Siri va en faire d'autres...

 

Spooky.


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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Je ne pensais pas qu'un jour je parlerais d'un film traitant de la prestidigitation sur Ansible. Mais deux éléments, au moins, m'ont amené à me pencher sur le cas de ce film réalisé en 2006. D'abord le nom de son réalisateur, Christopher Nolan, dont je viens de voir le dernier film, Inception, qui est une bombe. Je vous en parle d'ailleurs très vite. Ensuite le fait que ce film, dont l'affiche se partage entre Christian Bale et Hugh Jackman, deux acteurs que j'apprécie, soit adapté d'un roman de Christopher Priest, considéré comme un auteur majeur de science-fiction. Son roman, Le Monde inverti, est un chef d'oeuvre, mais le reste de son oeuvre est remarquable.

 

Le Prestige nous conte la rivalité entre deux prestidigitateurs anglais dans le Londres du début du XXème siècle, Borden et Angier. La vie de chacun pourrait se résumer à la quête du "truc" permettant à l'autre de réaliser un tour formidable, jamais vu, etc. Une quête qui pourrait mener Angier à la noyade, et Borden à la peine de mort pour l'avoir "tué"... Mais les apparences sont trompeuses et bien évidemment le récit recèle de nombreuses surprises.

 

Finalement le choix de Christopher Nolan n'est pas une surprise pour réaliser une histoire pareille. Expert en manipulation du public, adepte des renversements de situation finaux et parangon du montage nerveux, Nolan appose sa patte dans ce faux thriller, qui pourrait émarger dans plusieurs genres... et aucun. Le Prestige est truffé de faux-semblants, de dissimulations, exactement comme son sujet. Le roman de Priest a été adapté par les frères Nolan, à la marge, en gardant l'essentiel de l'intrigue mais en rajoutant des trouvailles visuelles. Par contre Christopher Nolan a interdit Priest de plateau pour ne pas spoiler la fin de son film, "bien meilleure que celle du roman"... Un peu domage... Cela donne un film nerveux, complexe, et comme d'habitude, dont le fin mot permet de tout expliquer, ou presque.

 

Pour incarner ses deux magiciens qui se chamaillent sans arrêt, ou plutôt qui cherchent à se surpasser l'un l'autre, la production a trouvé en Jackman et Bale deux acteurs formidables, qui m'ont carrément bluffé lors de leurs scènes... Mais je n'en dirai pas plus, sinon je vous révèle tout. Ils sont accompagnés de Scarlett Johansson, en assistante d'Angier, de Michael Caine, l'ingénieur (en gros, le gars qui invente les machines qui lui permettent de faire ses tours) de celui-ci, ou encore de David Bowie, dans le rôle de l'intrigant Nikola Tesla. Un personnage qui a réellement existé et qui a développé des principes scientifiques connus plus tard sous le nom de radio, radar, télécomande, courant alternatif... Rien d'important, vous le voyez... Certaines de ces inventions ont d'ailleurs été attribuées à tort à Thomas Edison, chez qui Tesla travailla quelques temps.

 

Bref, Le Prestige est un film surprenant, méconnu, mais intéressant non seulement dans son sujet mais aussi dans sa forme.

 

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

 

La voici donc, la première adaptation de l'oeuvre maîtresse de Clive Staple Lewis, ami écrivain de JRR Tolkien. Tous deux faisaient d'ailleurs partie, après 1918, du même cercle d'écrivains. L'oeuvre de Lewis a eu presque autant de retentissement que celle de son ami dans le monde anglo-saxon. Mais curieusement, pas dans nos contrées francophones. La raison profonde est sans doute la relation de l'oeuvre à la religion et l'image et la place que celle-ci tient dans la société française.

Car là où Le Seigneur des Anneaux, Bilbo le Hobbit, le Silmarillion et autres travaux connexes puisaient leurs origines dans les mythes et légendes du nord de l'Europe, Les Chroniques de Narnia (devenues Le Monde de Narnia au cinéma) sont clairement une allégorie de la Bible. Les figures bibliques et christiques sont légion au long des 7 romans qui composent la somme romanesque. Je n'en dirai pas plus, si vous souihaitez lire les romans. A noter d'ailleurs que Gallimard en a fait une édition intégrale, avec un faciès de lion sur la couverture.

Curieusement, c'est le second roman paru qui est adapté en premier.  Ce qui est curieux, car le premier, Le neveu du Magicien, raconte la génèse du monde de Narnia, et notamment le rôle exact et primitif du lion géant Aslan. Notez tout de même que ce "tome 2" a été écrit avant le tome 1 par CS Lewis. Parlons de celui qui est donc adapté en premier : Le lion, la sorcière blanche et l'armoire magique.


Quatre frères et soeurs, Peter, Susan, Edmund et Lucy, doivent fuir Londres aux prises avec les bombardements allemands pendant la seconde guerre mondiale. Ils sont envoyés dans le château à la campagne d'un professeur austère. Au cours d'une partie de cache-cache, la benjamine, Lucy, entre dans une grande armoire, qui s'avère être le passage vers un monde enchanteur, appelé Narnia. Mais ce monde est sous la coupe de Jadis, une méchante sorcière qui a installé le pays dans un hiver éternel. Jadis, qui voit d'un mauvais oeil l'arrivée de ces enfants à Narnia. En effet, une prophétie raconte que sur le trône s'assiéront deux fils d'Adam, et deux filles d'Eve. Sur le trône qu'elle occupe. Elle va alors tenter de les diviser. Justice, fraternité, courage, abnégation et sacrifice, tels sont les arguments de Lewis.

C'est Andrew Adamson, ci-devant co-réalisateur de Shrek et Shrek 2, qui se retrouve, ô trahison, à la barre de cette production Disney. Disney largement brocardé dans les deux films d'animation contant les aventures de l'ogre vert. La production s'installe en Nouvelle-Zélande, sur les traces du Seigneur des Anneaux (pas une coïncidence), avec comme responsable des effets spéciaux, la même société qui a oeuvré sur la trilogie de Peter Jackson. Une première donc. Et Adamson s'en tire avec les honneurs, réalisant un film de bonne facture, un peu longuet et verbeux cependant. Les effets spéciaux tiennent largement la route, même si Aslan, le lion géant, est parfois bâclé. La réalisation d'Adamson est clairement inspirée de celle de Peter Jackson, ce qui lui donne une ampleur plutôt bienvenue. Car ne nous voilons pas la face, le bouquin est un peu chiant.


Le film repose sur les frêles épaules de quatre enfants, qui s'en tirent assez bien, même si la benjamine, qui joue Lucy, passe l'ensemble du film le sourire aux lèvres, quoi qu'il arrive. Et n'oublions pas la sorcière Jadis, incarnée par la diaphane et néanmoins anglaise Tilda Swinton (la Plage, Vanilla Sky, Broken Flowers...).

Du bon boulot donc, puisqu'Adamson est d'ores et déjà annoncé à la réalisation du second chapitre, le Prince Caspian (soit le tome 4, allez comprendre - à moins que ce soit dû au fait que l'on retrouve ces 4 mêmes enfants...), dont le tournage est planifié pour 2007. Espérons que le résultat soit aussi divertissant.

 

 

Spooky.

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films


Sur les écrans depuis le 1er octobre, ce film m'a donné envie de vous parler un peu de ce groupe de "super-héros" de l'Angleterre victorienne, dont Alan Moore nous conte les aventures dans un comics du même nom. L'idée de départ est assez simple. Qui n'a jamais imaginé gamin voir se rencontrer Albator, le Capitaine Flam et le prince Actarus ? Dans mes délires d'enfant, Thomas Magnum côtoyait Angus McGyver (si si c'est ça son prénom !), l'Agence tous risques et Steve Austin ! Et ça donnait des trucs assez bizarres mais très excitants ! Mais bon je m'égare, je ne suis pas là pour vous raconter comment Futé a piqué Jody la copine de Colt Seavers sous le nez d'Howard… Des héros d'horizons différents qui se rencontrent, voilà le postulat de départ du créateur des Watchmen et de From Hell. Sauf que ses héros à lui n'ont rien à voir avec le petit écran, mais sortent tout droit de la littérature populaire de la fin XIXème / début XXème siècle. Les classiques de l'aventure et du fantastique quoi. Alan Moore s'attèle donc à un "crossover" géant où se croisent les héros de Jules Verne, HG Wells ou encore Robert L. Stevenson… Il imagine pour ce faire une équipe, la League of Extraordinary Gentlemen, mandatée par l'Empire Britannique pour assurer sa sécurité à travers le monde.
Première recrue et leader du groupe, Wilhelmina Murray, autrement dit la Mina Harker du Dracula de Bram Stoker. Celle-ci a quitté son mari Jonathan Harker après leur mésaventure avec le comte transylvanien et met ses talents au service du mystérieux "M", homme de l'ombre qui va confier ses missions à la Ligue. D'ailleurs certaines rumeurs courent sur lui… il s'agirait en fait de Mycroft Holmes, le frère de ce cher Sherlock… (mais ça je vous laisse lire le comics pour avoir le fin mot de l'histoire…). Seconde recrue, et non des moindres, le Capitaine Nemo en personne. Plutôt surprenant de la part d'un ennemi déclaré de l'Empire Britannique que de se mettre au service de la couronne… On découvre un personnage sombre qui ne cesse d'inquiéter tant il ne cache pas son animosité à l'égard de la civilisation anglaise qu'il juge en pleine déchéance morale. Mais face à des menaces plus globales, il met à disposition toute sa technologie futuriste dont le Nautilus est l'un des fleurons. Le Prince Indien déchu de Jules Verne est indéniablement un homme dangereux… Ensemble, Harker et Nemo enrôlent le vieil Allan Quatermain, qui après tant d'aventures trépidantes est devenu un alcoolique doublé d'un opiomane au dernier degré. Le héros de Henry Ridder Haggard, qui lui a consacré tout un cycle d'aventures extraordinaires en Afrique coloniale (dont Les Mines du Roi Salomon sont le chapitre le plus connu) est présenté ici sous un bien mauvais jour, à la recherche d'un héroïsme et d'une grandeur qu'il semble avoir perdus il y a longtemps… Puis vient la capture du personnage à double personnalité de Robert L. Stevenson, le fameux Dr Jekyll / Mr Hyde … Si Henri Jekyll apparaît comme faible, apeuré et très perturbé, son alter-ego bestial est une véritable bombe à retardement. Mr Hyde ressemble plus à un gorille géant friand de chair fraîche qu'à un homme. Il n'y a guère que Mina Harker qui sache l'amadouer et l'amener à faire ce qu'elle désire… la bête n'est pas insensible aux charmes de la belle. Et pour compléter cette ménagerie, c'est le pervers Hawley Griffin, autrement dit l'Homme Invisible de H.G. Wells, qui rejoint (un peu contraint et forcé) le groupe. Griffin est un homme sans scrupule, il use de ses talents à des seules fins personnelles, le sexe et l'argent étant ses deux centres d'intérêts principaux…
Voilà pour les personnages qui forment la Ligue. Sachez toutefois que (comme souvent avec Moore), la BD regorge de références à une multitude de personnages de la littérature populaire. Ainsi, un de leurs premiers ennemis ne sera autre que le Dr Fu-Manchu lui-même (personnage créé par Sax Rohmer). Le Mouron Rouge (de la Baronne Orczy), Miss Coote (héroïne de romans coquins de l'époque) et même un certain Campion Bond (seconde référence à l'univers de Ian Fleming après "M") font des apparitions plus ou moins remarquées au cours des aventures de nos héros. Si l'intrigue générale reste souvent classique (démasquer et contrecarrer le bad guy de service), Alan Moore, en scénariste génial qu'il est, insère des sous-intrigues passionnantes, qui lui permettent au passage d'approfondir les relations entre les personnages et de développer les caractères et nuances de chacun. Triangle amoureux Quatermain/Harker/Hyde, trahisons internes, conflits d'intérêts, les rebondissements sont nombreux. La patte du maître est là et bien là. Quant aux dessins, beaucoup les décriront comme… laids. Ça devient presque une habitude avec les BD de Alan Moore. Kevin O'Neill n'est certainement pas le plus académique des dessinateurs, et si son trait ne possède pas la virtuosité d'un Miller, d'un Anacleto ou d'un Sienkiewicz (pour rester dans le monde des comics), il fait preuve d'une finesse et d'un pouvoir évocateur impressionnant. Grâce entre autres aux couleurs de Benedict Dimagmaliw (non, il n'y a pas de faute de frappe !), son trait simple chargé de détails (paradoxal hein ?) nous gratifie de quelques splash-pages de toute beauté. Et finalement on se prend à se demander quel type de dessin aurait pu mieux convenir que celui-ci à une ambiance aussi originale. O'Neill rend justice aux personnages et sert l'anachronisme de certaines scènes de très belle manière. Bref, cette Ligue des Gentlemen Extraordinaires version papier est plus que recommandable si les expériences hors du commun ne vous font pas peur …

Mais qu'en est-il du film ?
Je dois avouer que parmi toutes les adaptations ciné de BD et Comics qui déferlent sur nos écrans, j'attendais celle-ci avec impatience. Et après visionnage, il faut bien dire qu'on reste loin du compte… mais ce n'est pas un film raté pour autant.
Soyons clairs, les BD à l'écran c'est la mode, LXG n'échappe pas au phénomène avec tout ce que cela comporte d'avantages et d'inconvénients. Rien que le titre "LXG" trahit la volonté de surfer sur les récents succès des super-héros au cinéma, la symbolique du X faisant ouvertement référence aux X-Men dont la conversion au grand écran a été auréolée de succès public.
Comme dans toute adaptation, le film n'est pas d'une fidélité sans faille au comics d'origine, loin s'en faut. Tout d'abord, Allan Quatermain devient le leader du groupe, Mina Harker étant largement sous-exploitée dans le film. Quand on sait que c'est Sean Connery qui interprète l'aventurier anglais, et qu'il est aussi producteur du film, on comprend mieux le changement. On voit même mal comment il aurait pu en être autrement…

Outre le fait que l'intrigue n'a rien à voir avec celle du comics, la plus grosse différence se situe dans la composition même de la Ligue. Deux personnages sont ajoutés au groupe. Tout d'abord Dorian Gray, doté du pouvoir d'immortalité et d'éternelle jeunesse (et issu du roman fantastique d'Oscar Wilde, Le Portrait de Dorian Gray). Plutôt bien vu comme ajout, tout à fait dans l'esprit de la BD. Le second est plus étonnant : c'est Tom Sawyer, jeune agent secret américain qui va devenir le protégé (en comics on appelle ça un "side-kick", comme Robin pour Batman par exemple) de Quatermain. Le personnage de Mark Twain n'apporte rien au film, même sa relation avec le vieux Quatermain (relation du type père-fils hein, me faites pas dire ce que vous pensez !) n'amène rien, faute de temps pour la développer correctement. En réalité, les producteurs (américains) du film ont suggéré qu'il était nécessaire d'insérer un personnage auquel le jeune public (américain) puisse se référer et d'identifier. Faut dire que s'identifier à n'importe quel autre taré de la bande s'avère légitimement difficile !! :o) Tom Sawyer ne doit donc sa place dans le film qu'à la volonté des producteurs d'attirer le jeune public (américain) dans les salles. Ce qui à mon avis ne tient pas la route un seul instant. Sauf peut-être si c'était Eminem qui avait décroché le rôle, les jeunes américains doivent se contre-foutre de Tom Sawyer…
Au chapitre des points négatifs du film, le scénario souffre de gros "trous", d'ellipses et autres raccourcis narratifs plutôt dommageables… Il est important de préciser à ce sujet que le réalisateur Stephen Norrington (Blade) a été remercié en phase de post-production, suite à des "incompatibilités d'ordre artistiques" avec l'acteur principal, et rappelons-le producteur du film, Sean Connery. Le montage un peu chaotique par moment et l'enchaînement narratif des scènes sont là pour prouver que le film a été bouclé sans réalisateur digne de ce nom. D'ailleurs après cette mésaventure, Stephen Norrington qui devait enchaîner avec l'adaptation d'une autre BD, Akira, a annoncé qu'il désirait reporter ce projet pour prendre du recul vis-à-vis du cinéma hollywoodien…
Alors oui, je vous le concède, tout cela n'est pas fait pour rassurer quant à la qualité du film. Et il est regrettable que le réalisateur n'ait pas eu le temps d'approfondir ses personnages qui sont nombreux. Tout au plus entraperçoit-on des embryons d'idées qui permettent d'humaniser (si c'est possible !) ces héros si particuliers. La culture et la froideur de Nemo, le combat intérieur de Jekyll et Hyde, leur attirance pour Mina, l'humour cynique de Griffin, le peu d'intérêt que porte Quatermain à ses propres exploits, tout ceci est là, se devine, se ressent confusément, mais n'a pas le temps d'être abordé de manière satisfaisante. On se doute du potentiel des personnages et des situations, mais l'action prime.
Car LXG c'est avant tout un film d'action. Et avec ce point on aborde les bons côtés du film. On ne s'ennuie pas, à aucun moment. Le matériau de base est si riche que l'inverse eut été étonnant. Niveau action on est servi. Niveau effets spéciaux et visuels également. Le Nautilus est majestueux, Londres, Paris et Venise sont recréées avec soin. Hyde est assez proche de sa version papier, je l'aurais aimé aussi sauvage, mais il est physiquement très réussi à mon sens. Mina Harker reste sous-exploitée, y-compris dans les effets spéciaux qui nous proposent toutefois une bien belle vampire. L'Homme Invisible est je crois le plus réussi de tous, la retranscription de ses pouvoirs à l'écran est vraiment bluffante de réussite.
Ajoutons à cela une interprétation excellente des acteurs, dont la distribution est proche de la perfection. Chacun " habite " son personnage avec talent. Il n'y a pas d'erreur, le casting est une des grandes forces du film.
Et ce qui sauve le film, lui donne toute sa valeur et sa personnalité, c'est l'univers qu'il réussit à rendre en images. Les décors sont magnifiques, le moindre détail répond à un design très précis. Les images, les éclairages, les couleurs, tout est visuellement parfait. Une véritable ambiance de fin de siècle se dégage à l'écran, avec ce mélange entre classicisme de la fin du XIXème siècle, rudesse de l'ère industrielle où le charbon et la vapeur régnaient en maîtres, et folie d'une technologie audacieuse qui marie avec succès passé et futurisme. C'est une chose que le réalisateur a su parfaitement retranscrire de la BD. Ce côté classieux, kitsch et baroque à la fois. C'est très surprenant et complètement abouti.

Alors je ne vais certainement pas vous dire que LXG est un film parfait et irréprochable. Le film n'est pas toujours très fidèle au comics. De même que le comics n'est pas non plus d'une fidélité absolue envers les mythes de la littérature qu'il met en scène. Et Finalement ce n'est pas le plus important je pense. Si je suis resté dubitatif face à certains choix, si le film est un peu en-deçà de ce que j'attendais, il m'a laissé une bonne impression, j'ai été séduit par certaines scènes, certains plans. Et surtout il m'a donné une furieuse envie de relire la BD, dont je le signale en passant et pour finir, le 4ème tome en VF sort en fin d'année aux Éditions USA.
Si à défaut de faire gagner des spectateurs au film j'ai pu aiguiser la curiosité de certains pour la BD, j'en serais déjà très content…

 


Marv’

 

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films


 

Aujourd'hui, je vais vous parler de K-19, sous-titré "Le piège des profondeurs" chez nous. Retitrage un peu idiot, vu que le film se passe assez peu dans les grandes profondeurs de l'océan. Le titre original, comme vous pouvez le voir, était d'ailleurs K-19, the Widowmaker, c'est à dire "le faiseur de veuves". Pourquoi ne pas avoir traduit littéralement ce titre ? Eh bien peut-être parce que ce titre est celui d'un roman de Mike Resnick, publié par Denoël dans la défunte -et très bonne- collection Présence du futur en 1996. "Le Piège des profondeurs" ça sonne mieux, non ? On pense tout de suite à du mystère, du monstre, voire du dégoulinant...


En fait le mystère se situe plutôt du côté d'Harrison Ford, en gros sur l'affiche (c'est lui le monstre ? Bon ben, ils se sont pas cassé la tête depuis Les dents de la Mer). Après plusieurs flops pour l'ex-Indiana Jones, sera-t-il en mesure de redresser la barre (je fais les jeux de mots que je veux !), et sortir la tête de l'eau avec ce thriller politico-historique ? Réponse plus bas.


"En juin 1961, en pleine Guerre froide, dans les eaux de l'Atlantique nord, Alexei Vostrikov, le capitaine du premier sous-marin nucléaire de l'arsenal soviétique, le K-19, découvre que le système de refroidissement du réacteur principal est défaillant. A son bord, des ogives et un moteur à propulsion atomique menacent d'exploser si la température au coeur du réacteur ne baisse pas rapidement.
Coupés du monde extérieur et du reste de la flotte russe à cause d'une panne d'antenne, le capitaine Vostrikov et son second Mikhail Polenin doivent surmonter leurs différends pour faire face à la crise et éviter un accident nucléaire. Par ailleurs, si une telle explosion se produisait, les Etats-Unis pourraient croire à une première attaque soviétique et déclencher une guerre totale."


Vous l'aurez peut-être compris, Vostrikov est incarné par Ford, et Polenin par Liam Neeson, un excellent acteur qui n'arrive pas à trouver de rôle aussi marquant depuis La Liste de Schindler. Deux acteurs en quête de rachat, au milieu d'une nuée de jeunes acteurs à peu près inconnus dans un film qui s'annonce comme spectaculaire. Mais le spectacle n'est pas là où on aurait pu le croire. Car K-19 est avant tout un thriller psychologique plutôt qu'un récit de guerre. C'est d'ailleurs une constante dans les bons films se déroulant dans des sous-marins : rappelez-vous de A la Poursuite d'octobre rouge, de das Boot... Une raison aussi pour cette orientation à rebours de la tendance "blockbuster" : au commandement de ce film se trouvait Kathryn Bigelow, ci-devant épouse de James Cameron, et réalisatrice aussi rare que difficile à suivre : Aux frontières de l'Aube, qui renouvelle le style vampirique, le branché Point Break (eh oui !), le polar Blue Steel, ou encore le très controversé Strange days, vision étrange du futur.


K-19 est donc un film étonnant, qui se passe à 95% à bord d'un sous-marin soviétique, où, en version originale, tous les acteurs s'expriment en Russe, sauf... les deux têtes d'affiche. Mais ce n'est là qu'un point anecdotique. Car le film est, contre toute attente, plutôt bon. Sur l'ensemble des points, jusqu'à l'interprétation de l'ensemble des comédiens. Il est intéressant de noter que les deux stars ne sont pas constamment à l'écran, rendant la performance des autres (jeunes) acteurs plus tangible et appréciable. Liam Neeson est d'ailleurs en retrait. Ford prouve qu'il est resté un très bon acteur, surtout au cours d'une longue scène vers la fin, où la muraille du commandant Vostrikov se lézarde pour laisser échapper quelques sentiments. Concernant les autres comédiens, le "climax" du film se situe vers le milieu ou le premier tiers du métrage, lorsqu'une longue séquence nous montre plusieurs membres de l'équipage obligés de pénétrer dans la chambre nucléaire afin de colmater la fuite radioactive, au péril de leur vie. La scène est glaçante, surtout quand on sait que tout ça est réellement arrivé. Et tout ça sans aucun effet superflu, rien que la prise de vues passant des matelots en train de réparer, puis sautant sur le visage d'un autre se rendant compte du danger de la manoeuvre. Absolument glaçant.

Dommage que K-19 ne soit pas devenu un classique du genre, il l'aurait mérité.

 

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Pour ceux qui ne connaissent pas la série [•REC], je vous renvoie vers ma critique du premier [•REC], qui date d'il y a 18 mois. Cela raconte l'histoire d'une équipe de télé qui suit des pompiers sur une intervention dans un immeuble de Barcelone. Le problème c'est que tous els occupants de l'immeuble semblent... changés. Surfant sur la vague des horror-movies filmés en caméra subjectives (mode dont Cloverfield a bien profité), [•REC] proposait un récit simplissime, efficace, flippant aussi par moments.


Reprenant l'histoire quasiment là où elle s'est terminée, puisque l'immeuble est toujours bouclé par les autorités, nous sommes cette fois dans les pas, ou plutôt les yeux d'un groupe de super-soldats accompagnés par un "expert" du Ministère de la Santé. Nonobstant le point de départ qui rappelle Aliens, on continue dans l'horror movie de base, avec deux lignes de scénario pour une efficacité maximale. Dans cette suite, cependant, l'origine du "virus" qui ravage l'immeuble est dévoilée, et l'implication religieuse de celle-ci n'est pas forcément une bonne idée...


Cependant certains masques tombent, des protagonistes du premier film réapparaissent pour donner du ressort au récit... L'une des bonnes idées du film est d'avoir équipé chacun des soldats d'une caméra sur le casque. Cela permet d'avoir du split-screen, puis de basculer d'une vision à l'autre, pour un récit à plusieurs voix qui donne plus de profondeur. Alors qu'on pensait que celui-ci allait s'enliser dans une lutte entre les soldats et les zombies, certes bien menée, des intrus font leur apparition dans l'immeuble, eux aussi "armés" d'une caméra : un trio d'adolescents un peu curieux, à la suite d'un pompier et d'un résident de l'immeuble. Bien sûr ça ne va pas arranger les choses, au contraire...


Si les images restent très fortes, si parfois le son se brouille et le cadraage se renverse quand la caméra tombe à terre, si les acteurs -en particulier l'"expert" et l'un des adolescents jouent vraiment bien la terreur, la rigueur ou la possession, il n'en reste pas moins que cette suite est un cran au-dessous du premier opus. D'abord parce que le pot-aux-roses est dévoilé, et qu'il n'est pas forcément judicieux, et ensuite parce qu'on n'a plus la surprise, la fraîcheur du premier... Mais les deux co-réalisateurs, jaume Balaguero et Paco Plaza, se sont gardé la possibilité de faire une suite, puisqu'à la fin du film (qui intervient après seulement une heure et quart, comme pour le premier), peu de choses ont fondamentalement changé. Pas sûr que j'aie envie de voir un [•REC]3...



Spooky.


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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Pas facile en ce moment d'écrire une chronique sur quelque chose de récent, entre journées très intenses, lectures insatisfaisantes (et qui parfois ne vont pas à leur terme) et sorties réduites à néant ou presque. Du coup comme vous l'avez vu, je réédite des papiers ayant plus de trois ans, ou c'est l'excellent GiZeus qui prend le relais.

 

J'ai presque dû me faire violence pour accepter l'invitation d'un blogueur influent à aller voir ce film. Non par manque d'envie, mais seulement parce que, comme je le disais, mon temps de loisirs est très limité. De même l'écriture de ce billet ne s'est pas faite en une fois, et n'a pu être commencée qu'une semaine après le visionnage du film. Mais comme celui-ci ne sort que le 30 juin, le timing est finalement bon si vous souhaitez le voir à sa sortie. Mais trêve de racontars sur ma vie, passons à ma chronique.

 

Splice (dont la traduction littérale en français est "épissure", un terme de matelot qui désigne la jonction de deux bouts de corde) est donc le nouveau film de Vincenzo Natali, encensé pour son premier long-métrage, Cube. On l'avait un peu perdu de vue, mais pourtant il n'a pas arrêté de tourner depuis le complexe mais insatisfaisant Cypher, avec Jeremy Northam et Lucy Liu. Il y eut aussi l'intrigant Nothing, où un couple se retrouve projeté dans un autre monde. Natali est aussi un adaptateur de classiques de la SF : après IGH, d'après le roman éponyme de JG Ballard (produit en 2008 mais non sorti en France), il s'attaquera bientôt à Neuromancien, le roman de William Gibson, plus ou moins considéré comme le fondateur du mouvement cyberpunk. Mais pour l'heure c'est donc Splice qui nous intéresse.


Splice qui nous présente Clive et Elsa, des superstars de la science puisqu'il ont réussi à combiner les ADN de différents animaux pour obtenir des hybrides capables de guérir de nombreuses maladies. Mais bien sûr le laboratoire pharmaceutique qui leur sert de mécène refuse de continuer à les soutenir juste au moment où leurs brevets deviennent économiquement viables. Ils décident de franchir -en catimini- le pas du tabou : combiner de l'ADN animal avec celui d'un humain. Une étrange créature va bientôt apparaître, ressemblant à un lapin écorché sur des pattes de sauterelle. D'abord craintive, puis agressive, la créature se laissera finalement plus ou moins apprivoiser, et va grandir à toute allure. Au bout de quelques semaines elle a une taille et une allure presque humaines. Surnommée Dren, celle-ci va finir par expérimenter certains comportements humains, et notamment l'amour, faisant basculer le film dans un ménage à trois un peu étrange, avant de partir sur les terrains de l'horreur.


Splice aborde différents thèmes. En premier lieu la manipulation génétique, et comme je l'indique, celle qui concerne l'ADN humain. Un sujet relativement bien traité, même si j'aurais aimé qu'il y eût plus de désaccords, de doutes au sein du couple de scientifiques au moment de basculer dans cette aventure interdite. Ensuite celui de la maternité. Elsa ne souhaite pas sentir un enfant grandir dans son ventre, mais lorsque Dren apparaît et fait preuve d'intelligence, son instinct maternel s'éveille et elle finit par l'élever exactement comme un enfant normal, tandis que son compagnon est plus en retrait. Une peinture un peu caricaturale de la famille au passage, mais bon. Le dernier thème traité en filigrane est celui de l'inceste, puisqu'épiant les ébats de ses parents adoptifs, Dren va chercher à séduire Clive. Situation oedipienne typique. Une richesse thématique certaine, mais que Natali, hélas, effleure seulement, puisqu'on passe en 1h47 du biothriller à la bluette pour finir sur un film de monstre. Il en résulte une posture un peu maladroite, car on ne sait pas si le second ou troisième degré présent est réellement voulu ou si le réalisateur se prend au sérieux. Par exemple le laboratoire où oeuvrent nos tripatouilleurs de chromosomes s'appelle N.E.R.D, ce qui prête à sourire puisque c'est précisément ce qu'ils sont, des personnes solitaires et intelligentes, à la fois socialement handicapées (mais pas toujours isolées car un nerd peut conserver une vie sociale) et passionnée par des sujets liés à la science et aux techniques (merci Wikipedia pour la définition de ce terme d'origine anglaise entré dans la culture populaire).

Mais cet esprit nerd n'est plus vraiment utilisé par la suite, le ton étant le plus souvent assez sérieux. La salle riait pourtant à gorge déployée pendant des scènes pas forcément drôles... Un élément appréciable est la façon dont le supposé "monstre" dévoile son humanité, en opposition aux deux "vrais" humains qui eux peuvent trouver des ressources de cruauté insoupçonnées... Un motif de choix, que l'on peut trouver ailleurs, mais rarement bien utilisé comme dans Splice.


Sur le plan artistique, pas grand-chose à dire, Natali pose bien ses cadrages, sa lumière, et panache bien les moments de calme et de "précipitation", mêmes si ces derniers sont quand même concentrés dans le dernier quart du métrage. Le casting est de qualité, car plutôt que d'avoir des gravures de mode pour incarner ces scientifiques asociaux, nous avons deux excellents acteurs, comme Adrien Brody, vu récemment dans King Kong ou the Jacket, et Sarah Polley, vue dans L'Armée des morts de Zack Snyder. Deux acteurs au physique banal, presque passe-partout. Par contre le rôle de Dren adulte est tenu par la française Delphine Chanéac, qui n'a joué presque que dans des séries TV. Elle est surprenante, sensuelle, lunaire, énigmatique, inquiétante et surtout androgyne à souhait... C'est peut-être elle la vraie surprise du film. Par contre Brody a une coiffure absolument immonde dans ce film, et ça, ce n'est pas vraiment une révélation... Celui-ci est d'ailleurs presque un huis-clos, puisqu'il ne compte que 8 rôles parlants, l'essentiel de l'intrigue se passant entre les trois personnages principaux.


Au final je n'ai pas détesté ma séance de cinéma, j'ai vu un film relativement agréable à suivre, correctement filmé et interptété, mais  qui malheureusement a le cul entre deux chaises et a bien du mal à se relever. J'espère que l'on retrouvera le Natali inventif de Cube dans ses prochaines productions. Attention cependant, certaines scènes sont à la limite du malsain. A prendre avec des pincettes donc.


Spooky.


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Trouble Jeu est l'histoire d'un psychiatre (Robert de Niro) qui vient de perdre sa femme, qui s'est ouvert les veines dans sa baignoire. Contre avis médical, il décide d'aller se mettre au vert à la campagne quelques temps, en compagnie de sa fille de 7 ans, qui semble prostrée depuis le décès de sa mère. Ils vont dans une grande maison, où la petite fille développe une relation avec Charlie, un ami imaginaire qui commence à faire peur à son père... Et puis un jour, tout bascule. Une amie de la famille est tuée, apparemment par Charlie...

Eh bien en fait, il fonctionne pas mal ce film, sur les deux premiers tiers. L'ambiance est oppressante, inquiétante. On sent que le père et la fille n'arrivent pas à communiquer, on comprend le refuge de cette dernière dans une relation imaginaire... A partir du moment où le "noeud" du film est dévoilé, ça devient poussif, facile, trop gros... C'est dommage, parce que la réalisation, même si elle n'est pas très originale, tient la route. Côté acteurs, De Niro fait du cacheton, et c'est Dakota Fanning, le nouveau petit prodige du cinéma américain, qui lui vole la vedette. Dans La Guerre des Mondes, elle ne joue presque que sur le registre de la sale gamine hystérique, alors que dans ce thriller, elle est impressionnante. Dérangeante plutôt. On a l'impression de voir un adulte dans un corps d'enfant. Elle est minuscule, mais elle prend toute la place de l'écran. Elle est parfaite ; parfois mystérieuse, secrète. Parfois elle laisse libre cours à une pure terreur, quand le fameux "Charlie" dévoile enfin sa vraie nature. A noter la présence de la délicieuse Famke Janssen (X-Men) et d'Elizabeth Shue (L'Homme sans Ombre).

Le film est donc à voir pour la prestation de Dakota Fanning, mais c'est dommage de gâcher un talent pareil dans un film à moitié raté.

 

Spooky.


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La fin des blockbusters bourrins ?

Vaste débat qu'engage la question en guise de titre. Je me pose cette question après avoir vu le dernier (ndlr : en 2004) film de Michael Bay, le cinéaste des grosses productions épileptiques souvent vides de sens (Bad Boys, Armageddon, Pearl Harbor...). Car The Island, sa dernière réalisation, rompt quelque peu avec cette tendance dont il était devenu lui-même le champion, le symbole et l'archétype. Certes, le film n'est pas exempt d'un montage quelque peu énervé (notamment sur les scènes de poursuite), mais il a su, pour sa première production hors Bruckheimer (historiquement, le producteur intimement lié à la filmographie de Bay), se démarquer de ce qui faisait jusque-là sa marque de fabrique : premièrement en s'entourant de vrais acteurs peu coutumiers de ce type de film (SF/action -Ewan Mc Gregor, Scarlett Johansson, Djimon Hounsou), deuxièmement en s'emparant d'une vraie histoire, un film d'action/anticipation un peu "à l'ancienne", qui lorgne du côté de Bienvenue à Gattaca. Car le film est plutôt bien foutu, assez haletant, et bien sûr porté par l'interpréation à la fois sobre et gouailleuse de Mc Gregor, en particulier. Il y a un vrai univers, une vraie vision qui s'en détachent, même si on ne se refait pas et que Bay fait quand même du bourrin, notamment dans la seconde partie.


Alors voilà ma conclusion, ne jamais cataloguer un cinéaste dans un style d'où il ne pourrait pas sortir, car certains acceptent de jouer les "yes-men" pendant un certain temps, histoire d'obtenir plus facilement une liberté artistique plus tard. Pensez-vous que Rob Cohen (qui vient de sortir Furtif), qui cachetonne un peu dans le même genre, pourra un jour faire son The Island (toutes proportions gardées, bien sûr) ?


Spooky.

 

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J'ai vu Capitaine Sky et le monde de demain. Au-delà du titre un peu bizarre du film, c'est un véritable OVNI cinématographique. Tout part d'un court-métrage réalisé entre 1998 et
2002 par Kerry Conran et son frangin dans leur garage, ou presque. Kerry est un fan de cinéma, mais surtout un fan-boy qui imagine tout un monde uchronique, où des robots géants envahissent la Terre, avec comme héros un aviateur intrépide, accompagné d'une jeune et jolie journaliste non moins intrépide. Avec son frère Kevin, illustrateur doué, ils préparent des tonnes de story-boards, invitent des copains.

Ainsi naît un court-métrage de 6 minutes, qu'une amie commune propose au producteur et réalisateur Jon Avnet. Bluffé, celui-ci décide d'aider les frangins à réaliser un long-métrage dans le même univers. Peu à peu, ils trouvent le financement, puis les acteurs principaux. Outre Jude Law, qui joue le rôle-titre, on trouve dans le film Gwyneth Paltrow, Angelina Jolie, Michael Gambon et Giovanni Ribisi. Excusez du peu ! Ceux-ci vont passer plusieurs mois à jouer devant des fonds bleus, l'essentiel des décors et autres personnages étant réalisés en post-production, sur ordinateur. Le résultat, sur le plan esthétique, est incroyable. On a à l'écran une espèce de platine très "glamour", ainsi qu'une identité visuelle très ancrée dans les années 1950. Gwyneth Paltrow est par exemple superbe dans le style. Au niveau de l'histoire, on a une espèce de savant fou qui s'apprête à dominer le monde grâce à une espèce d'arme absolue. Mais pour être tranquille, il doit éliminer d'autres scientifiques avec lesquels il a travaillé. C'est pourquoi il envoie des robots géants casser des villes. L'armée appelle à la rescousse le capitaine Sky, sorte de Buck Rogers classieux, qui va devoir composer avec Polly Perkins, son ex-fiancée et accessoirement journaliste écervelée.

Bon, ok, c'est un peu maigre comme argument pour un long métrage. Mais Conran a vraiment l'envergure d'un démiurge (difficile pour l'heure de le comparer à un cinéaste de référence, pour moi). Le design des robots est vraiment pas mal, et la façon dont ils sont mis en scène (ainsi que d'autres créatures du film) a quelque chose d'hypnotique. Dans un style rétrofuturiste qui rappelle à la fois HG Wells et Miyazaki, il y a du visuel de qualité. S'il a un savoir-faire technique indéniable, Conran est par contre un piètre directeur d'acteurs. Jude Law, laissé à lui-même, n'arrive pas à amener son personnage au-delà du beau gosse tout lisse, certes courageux, mais un peu... gland. Gwyneth Paltrow est pas mal, mais mis à part le fait qu'elle est jolie à regarder, pas grand-chose à retenir. Angelina Jolie, qui est plus en retrait, n'a elle pas grand-chose à faire (avec deux scènes, c'est dur, me direz-vous). Quant à l'histoire, je l'ai

dit, c'est un peu mince. Rajoutez à cela des incohérences, et on se dit que c'est bien dommage de gaspiller un univers visuel aussi riche avec une production sans relief…

 

 

 

Spooky .


 

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