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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

films

Publié le par Ansible
Publié dans : #Films


Je crois que cette fois-ci, le cinéma français de genre le tient, son film emblématique.

Oui oui, vous avez bien lu, le dernier film de Marc Caro, co-réalisateur de Delicatessen et La Cité des Enfants perdus (avec Jean-Pierre Jeunet) est pour moi un symbole. Le symbole d'un cinéma de genre français totalement à côté de la plaque au niveau artistique. Prenons le pitch de Dante 01 : un inconnu, que l'on surnommera Saint-Georges à cause d'un tatouage sur son bras, se retrouve envoyé sur Dante 01, un asile psychiatrique niché dans une station spatiale qui tourne autour de la planète Dante (un véritable enfer, comme vous vous en doutez !). Il rejoint six autres détenus qui portent tous des surnoms symboliques (Moloch, César, Bouddha, Lazare, Raspoutine et Attila), eux-mêmes encadrés par deux médecins (deux femmes, dont Elisa, qui est arrivée en compagnie du caisson cryogénique de Saint-Georges) et trois agents de sécurité dirigés par Charon. L'arrivée conjuguée de ces deux personnes va provoquer le basculement de Dante 01 : Elisa fait d'étranges expériences sur les détenus, tandis que Saint-Georges, qui ne parle pas, semble investi de pouvoirs christiques...

Au-délà de l'idée de départ, à mon avis peu crédible -comment peut-on faire un centre de détention psychiatrique aussi loin de la Terre, avec seulement 7 prisonniers ?-, le choix du nom des personnages, même s'il revêt une dimension symbolique évidente (j'oubliais l'autre médecin, Perséphone...), me semble un mauvais calcul. Déjà qu'avec leurs crânes rasés il est difficile de les différencier (et pourtant il n'y a que 12 acteurs dans le film), les attitudes des uns et des autres ne sont pas très logiques. Et puis pourquoi Elisa est-elle la seule à ne pas avoir de surnom ? Très vite l'ennui s'installe dans cette station, tant le rythme narratif est déficient. Les choses deviennent confuses avec ce détenu chargé par Charon d'exercer une surveillance. Et puis la fin n'arrange pas les choses, atteignant une dimension métaphysique qui se veut peut-être de la dimension de 2001, l'Odyssée de l'Espace, mais fait plutôt penser à la boursouflure de Mission to Mars, le film de Brian de Palma. Une fin incompréhensible, qui nous donne l'identité, ou plutôt la dimension de Saint-Georges, mais c'est tout. Et "C'est tout ?" est la première parole qui effleura mes lèvres lorsque la fin du film arriva. Et dire que Pierre Bordage, romancier à succès du genre (Les Guerriers du silence, Abzalon...), a écrit le script avec Marc Caro...

Quand le scénario est inepte, on se tourne parfois vers les interprètes pour chercher la lumière. Ici Saint-Georges est interprété par Lambert Wilson, qui n'a que trois mots à dire. C'est peu pour un acteur de son talent, et du coup le film n'en bénéficie pas. Le second rôle, celui d'Elisa, est tenu par Linh Dan Pham, l'une des plus jolies actrices françaises, (découverte dans Indochine il y a 15 ans), mais son jeu n'est pas transcendant. A peine se consolera-t-on avec son arrivée dans le plus simple appareil. Pour le reste, c'est un casting de "gueules", en tête duquel figure Dominique Pinon, fidèle interprète du duo Caro-Jeunet, mais ils se contentent la plupart du temps de brailler dans les coursives ou à se taper dessus. La réalisation de Caro n'est pas catastrophique (comme celle de Pitof dans Vidocq ou Catwoman), mais elle n'est pas très inventive non plus, contribuant à l'assoupissement de votre serviteur. Bref, c'est plat, inintéressant et l'interprétation est médiocre.

Difficile de parler de ce film sans le taxer de daube intersidérale, mais les faits sont là, c'est l'anti-exemple à suivre pour les jeunes réalisateurs français qui voudraient faire de la SF.

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

Vous connaissez sans doute mon attachement aux oeuvres de Stephen King, ce mauvais écrivain/de gare/populaire/qui écrit très mal (rajoutez l'adjectif dépréciatif de votre choix, il est probable qu'un critique l'ait utilisé avant vous). Je suis également attentif aux adaptations sur petit et grand écran qui en sont faites. Il y a d'ailleurs eu tellement d'adaptation qu'il faudra que je vous fasse un petit palmarès un de ces jours.
En même temps que The Mist, dont je vous parlerai dès que je l'aurai vu, une autre adaptation d'une nouvelle de King est sortie sur nos écrans il y a quelques mois. Il s'agit de Chambre 1408, réalisé par Mikael Hafstrom et interprété par John Cusack et Samuel L. Jackson principalement.

L'histoire est celle de Mike Enslin, un écrivain qui éprouve un malin plaisir à visiter des tas de lieux hantés pour en faire la matière de sa production littéraire. Malgré son peu de succès et son incroyance presque hargneuse envers les phénomènes paranormaux, il persiste dans cette voie et s'apprête à séjourner dans une chambre d'hôtel qui aurait vu de nombreuses atrocités et morts dramatiques au fil de son siècle d'existence. malgré le refus catégorique du directeur de l'hôtel, il parvient à obtenir la réservation pour une nuit de la chambre. Au début il ne se passe absolument rien, Enslin raillant même dans son dictaphone l'affligeante banalité du décor. Et puis petit à petit, les choses se dérèglent. il fait très chaud, puis très froid. les murs suintent d'une substance liquide rougeâtre qui rappele du sang, les éléments du décor semblent lui en vouloir particulièrement... De plus la disparition récente de sa petite fille, emportée par un cancer, ressurgit du néant...

Le thème de la maison hantée, je vous l'accorde, existe depuis très longtemps. King n'apporte pas grand chose de neuf au genre, il en a même fait l'un des thèmes centraux de l'un de ses bouquins les plus connus, Shining. Ce qu'il y apporte, en revanche, c'est la dimension intime des personnages. Mike Enslin est un connard, un écrivain -certes doué- qui considère ses lecteurs comme des brebis écervelées. Il traite le petit personnel comme de la merde. Cette dimension n'est pas présente dans le film. Par manque de place essentiellement, car il faut quand même pouvoir caser les séquences horrifiques dans l'heure et demie requise.

J'ai évoqué l'hôtel Overlook de Shining, mais la comparaison s'arrête là, dans la mesure où cette fois seule une chambre d'hôtel est hantée (et non tout le bâtiment), et l'hôtel en question se trouve au beau milieu de New York (et non plus en haut d'un col bloqué par la neige en hiver).Enslin se retrouve donc dans une chambre d'hôtel a priori pas isolée du tout, mais les fantômes ont bien des ressources...



Mikael Hafstrom, qui avait commencé avec Dérapage en 2008, propose un film de commande, certes réalisé de façon correcte, sans esbroufe mais également sans imagination. Il s'appuie sur un interprète principal qui, s'il n'est pas acclamé pour ses performances exceptionnelles, n'en reste pas moins un acteur de "genre" plus qu'apprécié, comme en témoignent Minuit dans le jardin du bien et du mal, Identity, Dans la peau de John Malkovich... Avec l'apport de Samuel L Jackson en directeur d'hôtel alarmiste, ce quasi- huis clos se révèle au final assez plaisant à voir, même si la violence est estompée, la production ayant sans doute souhaité voir le film classé en tous publics. Les séquences s'enchaînent sans véritable temps mort, et la fin comporte un retournement de situation différent de celui de l'oeuvre originale.

Bref, il s'agit là d'une adaptation certes tronquée mais correcte d'un texte mineur du maître de l'épouvante. Un agréable moment à passer si vous aimez les frissons. N'en attendez pas monts et merveilles.


Spooky.


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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

A chaque sortie de chez Pixar, des tas de gens s'enthousiasment, on crie au génie, les femmes balancent leurs soutiens-gorges sur l'écran, les mémés s'évanouissent, bref c'est le délire total. Wall-E ne déroge pas à la règle, et ce qui change, c'est le dithyrambisme presque unanime de la presse. C'en devenait presque inquiétant. Tous saluent le message écologiste véhiculé par le film, l'universalité du propos, la prouesse technique...


Eh bien Wall-E c'est tout ça, mais pas que, et pas tout à fait. L'histoire se passe 700 ou 800 ans dans le futur. La planète Terre, abandonnée par les Hommes partis vivre une éternité d'oisiveté dans une station spatiale, estd evenue un gigantesque dépotoir géré par des robots éboueurs. Le récit se focalise sur l'un d'entre eux, Wall-E (le dernier ? on pourrait le penser), un concasseur -à la mode "César" sur roulettes qui en est venu à collectionner les déchets insolites et à discuter avec sa seule amie, une blatte. Ahah oui, une blatte. C'est le côté fantaisiste de Pixar qui ressort. Mais un jour un énorme vaisseau se pose le temps de déposer un autre robot, sorte d'oeuf conique qui se fait appeler EVE. Instantanément le petit Wall-E tombe sous son charme, ce qui n'est pas le cas d'EVE, du moins pas tout de suite. Il faut dire qu'elle est une sonde envoyée par les Humains afin d'inspecter la Terre, et de trouver éventuellement des traces de vie. Et elle en trouve, puisque Wall-E a recueilli quelques jours auparavant une jeune pousse. L'annonce de ce retour de la vie sur Terre va provoquer bien des remous sur Axiom, l'arche spatiale où se prélasse l'intégralité de l'humanité.

Alors comme d'habitude, le film Pixar brasse pas mal de valeurs : la lutte pour la survie, l'amour entre deux êtres différents, la tolérance, le respect de la nature, et par conséquent le refus de l'assistanat systématique. Les Humains sont devenus des poussahs incapables de se tenir debout, car passant leur vie sur des couchettes volantes, et c'est une armée robotisée qui veille à leur bien-être, au point de vouloir empêcher leur retour sur Terre lors d'une nouvelle l'autorisant. Le message écolo est évident, bien asséné, mais pas forcément maîtrisé, d'autant plus que les spectateurs auront une appréciation différente de ce message. Techniquement Pixar nous prouve qu'ils sont à la pointe en termes d'images de synthèse ; c'est tout simplement époustouflant, avec de nombreux plans tout simplement époustouflants. Les scènes de Wall-E déambulant au milieu de monceaux de déchets sont incroyables, c'est bluffant. il y a des prises de vues réelles au milieu du métrage, et franchement on ne voit presque pas la différence. Comme d'habitude aussi, il y a beaucoup d'humour, et on ne peut que le saluer.

Mais curieusement, j'ai moins apprécié ce film que le précédent, Ratatouille. la faute peut-être à quelques longueurs, à un message écologiste finalement politiquement correct. Ce n'est pas le meilleur Pixar, mais il premettra cependant aux petits et aux grands (mais surtout aux grands) de passer un très bon moment. A noter que c'est Andrew Stanton, qui a réalisé 1001 Pattes et Le Monde de Nemo, qui a dirigé ce film d'animation.

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films
Ce 6ème Batman était très attendu par les fans et les critiques. A plusieurs titres, puisqu'il sort presque vingt ans après le début de la saga, réalisé par Tim Burton. Il devait permettre la confirmation du duo Nolan/Bale comme réalisateur et acteur principal, après un Batman begins très réussi. Mais aussi parce que le super-méchant de service, j'ai nommé le Joker, est incarné par Heath Ledger, jeune acteur australien qui est décédé peu de temps après la fin du tournage, et à qui on promettait monts et merveilles après sa prestation dans Le Secret de Brokeback Mountain.
Batman aborde une phase décisive de sa guerre contre le crime. Avec l'aide du lieutenant de police Jim Gordon et du procureur Harvey Dent, Batman entreprend de démanteler les dernières organisations criminelles qui infestent les rues de sa ville. L'association s'avère efficace, mais le trio se heurte bientôt à un nouveau génie du crime qui répand la terreur et le chaos dans Gotham : le Joker...




Contrairement à ce qu'on pourrait croire, The Dark Knight n'est pas l'adaptation du comic-book éponyme de Frank Miller. C'est en l'occurrence une sorte de sous-titre de la saga Batman, un surnom comme un autre pour le Caped crusader. Comme je l'ai souligné, on retrouve la même équipe en haut de l'affiche. Nolan (scénariste, producteur et réalisateur), Bale, mais aussi Michael Caine dans le rôle du fidèle Alfred, Morgan Freeman dans celui du conseiller technique de Bruce Wayne et Gary Oldman dans celui de l'inspecteur Gordon. Seul changement, la substitution de Katie Holmes par Maggie Gyllenhaal dans le rôle de Rachel Dawes, l'ex-petite amie de Bruce Wayne. Ce n'est pas une grande perte, le rôle étant quand même celui d'une crevette. Nouveaux venus dans la saga, Heath ledger donc (Le Purificateur, Les Frères Grimm, Chevalier...), mais aussi Aaron Eckhart (Erin Brockovich, Paycheck et Dahlia noir), dans le rôle d'Harvey Dent, nouveau procureur de Gotham City et nouveau petit ami de Rachel. Celui-ci convainc le milliardaire Bruce Wayne du bien-fondé de son action afin d'abattre le crime dans les rues de la ville. Entre tous ces personnages va se jouer une sorte de tragédie antique, un ballet ou un chassé-croisé qui ne laissera personne indemne.

Il va se passer beaucoup de choses dans ce film. Les séquences s'enchaînent sans temps mort, et les habituelles petites séquences contemplatives qui font l'essence de la série sont réduites à une portion congrue. Le Joker est un personnage qui sort de nulle part, mais qui incarne, selon le réalisateur, l'anarchie et le chaos absolu, l'anti-Batman par excellence. Et en effet son action va provoquer une panique sans précédent dans la ville, ce qui procure à Nolan l'occasion de filmer des mouvements de foule en cinémascope, un format largement utilisé, pour notre plus grand plaisir, en filmant les bâtiments cyclopéens de Gotham City. Le film comporte bien sûr son lot de gadgets high-tech : un nouveau costume, plus léger et plus maniable, mais aussi un bat-pod, une moto qui se réduit presque à deux roues. Bruce Wayne, son alter ego civil, conduit quant à lui une magnifique Lamborghini Murcielago, ce qui signifie en italien... chauve-souris. Les moyens sont visibles à l'écran, avec notamment une poursuite d'un gros camion, qui se conclue par un tonneau vertical. Le film débute cependant par une scène de braquage de banque extrêmement maîtrisée, inspirée par Heat de Michael Mann, une référence en termes de film d'action et de tournage de fusillade. Dans cette séquence apparaît l'excellent William Fichtner, habitué aux seconds rôles.



Un casting haut de gamme, qui joue son rôle de façon presque parfaite. La révélation du film est Heath Ledger, avec une prestation exceptionnelle. Il a su apporter au Joker toute la démesure, la dimension tragi-comique que le personnage requiert. Pour se préparer au rôle, il s'est enfermé plusieurs jours dans une chambre d'hôtel, inscrivant dans un carnet toutes les idées noires que pourrait avoir le personnage. Une implication dont on dit qu'elle aurait fait basculer l'interprète dans une folie paranoïaque, et aurait amené son décès (suicide ?). Heath Ledger rejoint ainsi d'autres légendes du cinéma fantastique, telles que Brandon Lee et Bela Lugosi, morts alors qu'"habités" par leurs personnages fétiches (The Crow pour le premier, Dracula pour le second). Le Joker avait déjà été incarné par Jack Nicholson dans le premier Batman, mais il a l'air d'un aimable cabotin de bac à sable à côte de Heath Ledger. Christian Bale est comme d'habitude impeccable dans son rôle de milliardaire philanthrope et de justicier névrosé. Il est très bien entouré, et le film se déroule dans une ambiance musicale symphonique réglée par Hans Zimmer et James Newton howard, des pointures en ce domaine.



Je l'ai dit, le film est très intense, et je ne vous livre là que quelques scènes, pas forcément les plus importantes. Le métrage dure 2h30, il se passe beaucoup de choses. Des personnages apapraissent, d'autres disparaissent, des choses ne sont plus (à la fin de Batman Begins le Wayne Manor a d'ailleurs été détruit), des positionnements apparaissent... Le film est quand même noir, très noir, mais ne perd en aucune manière sa dimension épique, avec par exemple des récitatifs anthologiques en fin de parcours. On peut désormais parler de franchise, puisque la fin est une nouvelle fois ouverte, et que de nouveaux adversaires apparaissent pour l'homme chauve-souris... Un film de haute volée, très dense, mais qui comporte une forte dose d'action et de thématiques fortes.

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

Connaissez-vous ce classique de la science-fiction de 1952, réalisé par Robert Wise ? Une soucoupe volante atterrit sur Terre. Alors qu'on les croyait hostiles, les extraterrestres sont en fait porteurs d'un message de paix pour l'humanité.

J'ai vu le film il y a quelques temps maintenant, et j'en avais gardé le souvenir d'un film un peu kitsch, mais qui se voulait aseez humaniste. Eh bien figurez-vous qu'un remake a été tourné, et que je suis tombé par hasard sur la bande-annonce, qui n'est pas mal faite. Bon, ça ne présage pas trop du résultat final, mais le casting compte quand même Kathy Bates et Jaden Smith, le fils de Will, et ho, Jennifer Connelly, l'une des créatures les plus sexys de notre planète. Et dans le rôle principal, Keanu Reeves, visiblement choisi pour son impavidité...

Bon, on en reparle en fin d'année (marrant, le film sortira en France deux jours avant les Etats-Unis).

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films
Du Singulier majestueux au féminin viscéral

Je ne peux pas ne pas revenir sur mon Ode à la bête, malgré toutes mes bonnes résolutions. Car je suis restée sur ma faim en traitant du premier Alien, contrainte de laisser de côté sa nombreuse descendance et frustrée de ne pouvoir dire tout le bien que j’en pense.

C’est donc à Aliens : le retour que je m’attaque aujourd’hui. Le film de James Cameron sort en 1986, soit 7 ans après le chef d’œuvre de Ridley Scott, et dans un contexte cinématographique très différent. La science-fiction est à la mode, en ces années-là. Elle a aussi beaucoup changé, comme si le règne incontesté de La guerre des étoiles sur les écrans n’avait fait qu’accélérer sa mutation. Quand il est question pour lui de prendre la succession de Ridley Scott, J. Cameron est auréolé du succès de son Terminator, un film qui résume à lui seul la vision du réalisateur. Car si Ridley Scott est un remarquable styliste capable de s’adapter à (presque) tous les genres, James Cameron, pour sa part, est un homme d’obsessions. Et il va utiliser de manière assez inattendue l’univers d’Alien pour les incarner à l’écran.

Il part cependant avec un handicap de taille. La matière formelle du premier film (destiné à l’époque à n’être qu’un « tir isolé ») ne lui permet pas de jouer sur le même terrain, à savoir celui de l’angoisse pure. C’est pourquoi sans doute l’alien de Ridley Scott devient dans la vision de J. Cameron aliens au pluriel, c’est-à-dire la peur induite non plus par la menace dissimulée et inconnue, mais par la multitude. Il ne s’agit pas pour autant d’une trahison. Il s’agit de déplacer le combat sur un terrain que Cameron est sûr de maîtriser, et qui lui permettra de développer à son tour ses propres fantasmes. La question qui m’intéresse est de savoir comment il s’y est pris pour opérer ce glissement thématique sans dénaturer l’héritage du premier film.

Plantons un instant le décor. L’action d’ Aliens : le retour débute très exactement 57 ans après que Ripley ait expédié le monstre dans l’espace. Nous avions laissé l’héroïne en hypersommeil, errant dans le vide avec le mince espoir de voir sa navette de secours atteindre la terre. James Cameron reprend le fil tendu par Ridley Scott en basant sa séquence d’ouverture sur la découverte miraculeuse de la navette, et le sauvetage non moins miraculeux de ses deux occupants (Ripley et son chat). Commence alors un très long prologue qui voit Ripley reprendre pied dans la vie réelle, affronter l’ire de ses employeurs furieux qu’elle ait fait exploser leur cargaison près de 60 ans plus tôt, plonger dans les délices du choc post-traumatique à grands coups de cauchemars, et découvrir enfin que tout ce qui avait constitué son existence a volé depuis longtemps en éclats. Nous apprenons qu’elle avait une fille, et que cette fille est morte pendant son absence. Nous apprenons aussi que la fameuse Compagnie qui l’avait entraînée dans cette histoire n’est guère disposée à reconnaître ses responsabilités. Bref, le retour de Ripley sur terre est bien loin de constituer la « victoire » que nous, naïfs spectateurs, avions imaginé à la conclusion du premier film. A ce propos, il est intéressant de remarquer qu’en réalité, Ripley ne pose pas le pied sur la planète Terre elle-même ; son sauvetage, les soins dont elle bénéficie puis l’espèce de jugement que lui fait subir la Compagnie se déroulent dans les locaux froids et aseptisés d’une station orbitale. La saga toute entière se déroulera d’ailleurs hors de la Terre, faisant de cette dernière l’aboutissement rêvé, le havre peut-être, auquel Ripley aspirera jusqu’au dernier moment. Comme si le danger ne pouvait provenir que de l’étranger, et devait à tout prix être maintenu loin de nos racines (l’ironie étant, bien entendu, que Ripley n’atteindra la Terre qu’une fois devenue elle-même « étrangère »).

L’ouverture de James Cameron reprend donc très précisément chacun des points qui avaient donné son identité à la fois visuelle et thématique au premier film. Elle est lente, presque cérémonieuse, collant au plus près de Ripley et du désastre intérieur que celle-ci doit affronter. C’est sans doute à ce niveau que le réalisateur commence d’ores et déjà à s’approprier Aliens. Du personnage imaginé par Ridley Scott, il retient essentiellement le courage ; mais pour le reste, « sa » Ripley est avant tout un être dévasté qui n’aspire qu’à oublier tout ce qu’il a perdu. Il s’agit alors de la mettre en situation de devoir assumer ses pires craintes. Dans ce but, le scénario joue habilement avec ce qu’Alien, le 8ème passagerla Compagnie, bien sûr) décident alors d’envoyer un petit contingent de marines vérifier ce qui se passe là-bas, et leur représentant, un certain Carter J. Burke, est chargé de convaincre Ripley de les accompagner à titre de conseillère. C’est ainsi que démarre enfin Aliens : le retour. nous avait laissé deviner des pratiques managériales des grandes compagnies du futur pour contraindre Ripley à envisager son retour sur la planète où son équipage a découvert l’Alien. Nous apprenons à cette occasion que ladite planète, nommée Achéron (nous restons dans le symbolisme des noms caractéristiques de la saga), a été transformée en colonie de mineurs dont le travail est d’en rendre l’atmosphère respirable. Et voilà James Cameron débarrassé de l’irritante perspective d’équiper tous ses acteurs de scaphandres. Il va pouvoir se concentrer sur l’action, l’action pure, celle qu’il maîtrise le mieux. Comme par hasard, la colonie d’Achéron a cessé de répondre aux messages radio provenant de la terre. Les autorités (c’est-à-dire

La suite du film constitue, à mes yeux, l’illustration parfaite du talent de James Cameron pour l’action. Je n’ai pas l’intention de résumer ici les événements qui se succèdent à partir du moment où les marines atterrissent sur Achéron, je me contenterai de souligner l’incroyable montée de tension que le spectateur subit au fil de la progression des personnages. Car en tous points, Aliens : le retour prend le contre-pied  d’Alien, le 8ème passager. Alors que nous avions dans le premier opus sept personnages ordinaires soudain confrontés à l’inimaginable, James Cameron choisit de mettre en scène un groupe de soldats d’élites prêts à en découdre et sûrs de leur force. L’action en huis clos de l’original s’installe ici a contrario au coeur d’une vaste base courant sur plusieurs niveaux, dont les couloirs semblent sans fin et où le danger peut provenir de n’importe quelle ouverture. Quand il était question chez Ridley Scott de trouver un moyen de sortir d’un espace confiné, il devient chez James Cameron vital au contraire de fermer toutes les issues et de restreindre les zones d’accès. Là où les humains s’organisaient pour mener une chasse au monstre, ici, ce sont les monstres eux-même, multiples et intelligents, qui se transforment en meute et font des marines leur proie. Aliens le retour, double inversé d’Alien le 8ème passager, fait en quelque sorte le récit de son prédécesseur à l’envers. Et il fallait au moins cela pour nous surprendre, car le réalisateur n’oublie jamais que chaque spectateur dans la salle sait ce qui attend les marines inconscients. L’angoisse naît donc de l’accumulation du danger plutôt que de l’attente, du nombre plutôt que de l’unicité. L’Alien est devenu aliens. L’issue du combat n’en apparaît que plus incertaine pour les héros. Acculés et désespérés, ils en sont réduits à faire confiance à l'unique survivante de la colonie, une petite fille surnommée Newt qui semble avoir trouvé le moyen d’échapper aux monstres. Et c’est alors seulement qu’éclate le véritable dessein de James Cameron : montrer au grand jour le combat des espèces.

Mais pas n’importe quelle espèce, bien sûr. Car chez J. Cameron, l’espèce est avant tout une femme, une femme de préférence brisée qui reprend son destin en mains, une femme forte, donc, et chargée de sauvegarder à elle seule l’avenir de tout le genre humain. Le combat mythologique du premier Alien avait fait de Ripley une héroïne quasi-sanctifiée, opposant la blancheur aseptisée de sa tenue spatiale à la peau sombre et dégoulinante de la Bête immonde. Aliens : le retour s’empare du personnage tel que Ridley Scott l’a laissée, et le met face à son égal, ou plutôt son égale, autrement dit, la mère de tous les aliens. C’est ainsi que s’opère dans le film le glissement déjà lisible dans le titre. C’est ainsi aussi que nous passons du masculin au féminin, et que l’histoire devient tout à coup combat de métal contre griffes, de chair contre chair, d’une mère contre une autre.

 


    Pour en arriver à un tel affrontement ontologique, le film devra répondre à la seule question laissée en suspens dans le premier opus : d’où viennent les œufs d’Alien ? Et James Cameron d’ajouter alors au bestiaire propre à cet univers une de ses plus belles créations : la reine des aliens. Plus grande, plus rapide, plus dangereuse que tous ses enfants, elle est aussi d’une intelligence bien davantage que simplement humaine. La découverte par Ripley de, comment dire, la chambre d’enfantement de la Reineintimité. La Bête était jusque-là l’inconnue ultime ; elle s’incarne tout à coup de chair et de sang, de bave aussi, infiniment physique et infiniment proche de nous. Toute la dernière partie du film se concentre sur ce dernier point, sur l’horrible découverte que l’instinct maternel de Ripley devra affronter son exact pendant incarné par la créature dantesque qui enfante telle une machine biologique des dizaines de parasites ovipares.  Mère contre mère, deux espèces luttent pour leur survie respective. Et le combat filmé par James Cameron devient une ode mythologique à la puissance féminine dans sa nature la plus viscérale. constitue encore pour moi, après plusieurs visions, un véritable choc visuel. Car pour la première fois sans doute, l’alien ne nous est plus représenté dans l’horreur de ce qu’il accomplit sur les êtres humains. Non, ce que nous découvrons alors en même temps que Ripley (et avec la même incrédulité terrifiée), c’est la véritable nature du monstre, sa véritable



    Aliens : le retour permet donc à la quadrilogie de franchir une nouvelle étape. Nous sommes passés du monstre irréel et mythique à la prolifération dantesque des aliens sans que ceux-ci ne perdent rien de leur potentiel horrifique, ce qui est somme toute extraordinaire. Plus encore, l’univers de la plus parfaite créature cinématographique jamais conçue s’est enrichie d’une nouvelle figure qui s’inscrit idéalement dans la continuité du mythe. Avec un film bâti de scène en scène en double inversé de son prédécesseur, James Cameron a réussi à surprendre, et à ajouter une nouvelle dimension à l’angoisse, tout en développant ses propres obsessions.

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    Mais il est un dernier point que je souhaite aborder. Aussi surprenant que cela puisse paraître, il me semble qu’Aliens : le retour est le seul film de la quadrilogie construit sur l’espoir, voire sur l’optimisme. Présenter ce film comme le portrait d’une famille en cours de (re)constitution est sans doute une extrapolation abusive des intentions du scénario. Cependant, lorsque l’on regarde le film dans le contexte des quatre opus, il apparaît indéniablement que ce chapitre-là reste le plus positif de toute la saga. Là où le premier long-métrage faisait le vide parmi ses personnages pour permettre l’éclosion finale d’une héroïne inattendue, Aliens : le retour prend le parti de donner à cette même héroïne une parenté tout à fait surprenante, constituée pour l’essentiel de marines désemparés mais aussi et surtout d’une petite fille qui devient l’enjeu ultime du combat pour la survie. Nous sommes là en terrain plus que familier pour James Cameron, dont la plupart des films mettent en scène un petit groupe résistant au mal, quel que soit l’aspect de ce mal. Mais la conclusion ultime du film est bel et bien que Ripley, et par là-même, l’humanité, a gagné. Qu’elle a conquis le droit de survivre et de rebâtir. Une telle fin n’appelait alors, dans le déroulement de la saga et avec toutes les figures imposées qui la caractérisent, que l’explosion de l’illusion. Et pour schématiser, le troisième film sera chargé de dynamiter par le pire l’optimisme que James Cameron avait voulu insuffler dans l’univers d’Alien. C'est peut-être même la seule véritable raison de son existence au sein de la quadrilogie.

 

Bérengère.

 

 

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

 

 

Hancock est un super-héros que personne n'aime. Il est malpoli, arrogant, et il essaie de noyer ses soucis dans l'alcool. De plus sa vie est inconnue pour lui avant 1927, date à laquelle il s'est réveillé dans un hôpital, menant une vie à la fois glorieuse et piteuse depuis 80 ans. Pourtant régulièrement les gens l'appellent pour éviter une catastrophe. Un jour il sauve un professionnel des relations publiques, Ray Embrey, d'une collision avec un train. Celui-ci lui propose sa collaboration afin d'améliorer son image. En rencontrant Mary, la femme de Ray, Hancock se sent irrésistiblement attiré par cette maîtresse de maison énergique. Responsable de nombreux dégâts, Hancock accepte de passer quelques temps en prison, dans l'attente qu'on l'appelle pour encore une fois sauver le monde.

Hancock a été initié par Will Smith pour incarner un anti-super-héros, casser son image de gars invincible qui sauve le monde à chaque sortie, comme dans Men in Black, I, Robot et Independance day. Hancock boit, sauve les gens, mais en faisant des dizaines de milliers de dollars de dégâts à chaque sortie. Très vite j'ai trouvé le film un peu dégoulinant de bons sentiments. Le seul véritable intérêt que j'y aie trouvé est les quelques sorties d'humour dont il est parsemé. L'interprétation, qui repose sur trois acteurs (Smith, mais aussi la délicieuse Charlize Theron et Jason Bateman), est plutôt bonne, mais cela ne suffit pas, selon moi, à faire de Hancock un chef d'oeuvre.
C'est juste un bon film qui n'aura servi à rien, ou presque, sauf peut-être à rappeler aux gens qui était John Hancock. En effet, lorsque Hancock (le super-héros) quitte l'hôpital dans les années 1920, on lui dit de faire son "John Hancock" sur un registre, c'est à dire tout simplement le signer. John Hancock a vécu au 18ème siècle ; ce fut un homme politique américain de premier plan, puisqu'il fut le premier à signer la Déclaration d'Indépendance des Etats-Unis. Depuis, "faire le John Hancock" est une expression courante. Etant amnésique, notre super-héros ne connaît pas cette histoire, et croit que c'est son nom. C'est celui qu'il a gardé au fil du temps.

Pour moi le film est sympathique, sans plus.

Spooky

 


 

 

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films
LEGER COMME UNE ENCLUME



Tony Stark est un homme comblé. Il est encore jeune (je dirais entre 30 et 40 ans), assez bien fait de sa personne, c’est un homme très intelligent extrêmement riche (il a hérité du groupe d’armement de son père. Mais au cours d’un exercice de démonstration de son dernier missile en Afghanistan, sa vie bascule. Il est enlevé par les Talibans, qui lui intiment l’ordre de refabriquer son missile (surnommé Jericho pour ses effets dévastateurs et définitifs) sur le champ. Avec l’aide de Yinsen, un autre prisonnier, il va en fait fabriquer une autre arme, susceptible de l’aider à s’évader, une armure volante faite de bric et de broc. Mais Stark doit également jouer avec le fait que son cœur a été gravement éprouvé dans son enlèvement, et qu’il doit se balader en permanence avec une alimentation électrique (au début, une batterie automobile) accroché à sa poitrine. Stark finira par s’évader, et ce qu’il a vu en Afghanistan le décide à donner une toute autre orientation à ses productions, tournant le dos à l’armement. Et comme il aime bien s’amuser, il passe les deux mois suivants dans son labo, à développer une nouvelle version, plus aboutie, de son armure. Mais ses ennemis n’ont pas baissé les bras…

Au début du film, j’étais inquiet. Pourquoi donc faire une démonstration de ses missiles en Afghanistan, alors que le pays n’est pas pacifié ? De même, réussir à construire une armure avec un prisonnier sorti de nulle part me semble bien extravagant. Autre point gênant : le film se veut bien sûr un réquisitoire contre les armes. En gros, le riche héritier qui s’amusait à inventer des ogives de plus en plus perfectionnés se rend compte que ça fait des morts, qui plus est des boys américains. Et ça, ma bonne dame, c’est inacceptable. Bref, au terme de la première bobine, la morale et les bases scénaristiques ne sont pas exemptes de tout reproche.



Et puis paf ! Stark revient chez lui, toujours aussi oublieux des petites gens qui l’entourent (y compris Pepper Potts, son assistante, interprétée par la délicieuse Gwyneth Paltrow). Oublieux même des Conseils d’administration de son groupe, lesquels commencent à le croire pris de démence. A partir de ce moment, on bascule dans le film de divertissement de haut niveau. Le discours anti-armement passe au second plan (sur le sujet, je vous recommande Lord of War), on suit Stark aux prises avec ses ennemis de l’intérieur et de l’extérieur, mon aussi l’apprentissage de son armure volante. Place donc à des scènes aux effets spéciaux remarquables, que ce soient le vol ou la constitution de l’armure (avec un gag récurrent mais efficace concernant un robot-douche). A ce sujet, il faut remarquer que la séquence où Stark se fait « habiller » par son armure est intelligente. Là où d’autres réalisateurs auraient accroché 6 ou 7 morceaux (style Les Chevaliers du Zodiaque), Jon Favreau s’attache à nous montrer les différentes pièces (des milliers en réalité, mais habilement montrées) nous rappelant que c’est quand même complexe. Le film est alors très efficace, bien mené jusqu’à la fin, et finalement l’histoire on s’en fout un peu tellement on prend du plaisir.

Le plaisir, je l’ai dit, est du fait du réalisateur Jon Favreau (Zathura et Elf), à la fois appliqué et sobre, ce qui est souvent une qualité pour un film au sujet outré comme ceux des super-héros. Bien sûr il bénéficie de plusieurs atouts majeurs : des effets spéciaux impeccables et dont la présence se justifie totalement, un scénario qui arrive à marier introduction au personnage pour le grand public et séquences attendues par les fans (le syndrome X-Men a encore frappé – ceci est une remarque positive) et une musique fort réussie. Le film réserve pas mal de moments d’humour, mais suffisamment peu pour qu’on ne se sente pas dans une parodie réalisée par un fan-boy soucieux de s’amuser. J’ai déjà évoqué un gag récurrent, mais je citerai également l’aspect « enclume » de la première armure de Stark, très proche du design de la première armure du personnage de comics. Ah oui parce que je ne l’ai pas dit, ce film est la dernière adaptation en date (et certainement pas la dernière d’un comic de l’éditeur Marvel. Du coup, l’habituelle apparition de Stan Lee, créateur de nombreuses séries chez cet éditeur (et d’Iron Man en particulier), est assez savoureuse. Iron-Man est un film sérieux, appliqué.

Mais il y a, comme dans X-Men, la valeur ajoutée des acteurs, au premier rang desquels Robert Downey Junior, à mille lieues de ses rôles dans la série Ally Mc Beal et dans A Scanner darkly, ou encore Zodiac, pour moi les sommets de son interprétation (en attendant d’avoir vu Kiss kiss bang bang). Sa prestation est parfaite, à tous points de vue. A noter qu’en attendant Iron man 2, Downey Jr rejouera Stark dans le prochain Hulk, réalisé par le Français Louis Leterrier (qui sort le 23 juillet). L’acteur livre une composition parfaite, à la fois classieuse, joyeuse et intelligente, à l’image de son personnage. Juste à côté de lui se trouve Gwyneth Paltrow, dont la présence dans un film de ce genre ne doit rien au hasard, puisque le réalisateur a souhaité engager une actrice à mille lieues de l’imagerie bimbo pour incarner l’assistante attentive et secrètement amoureuse de Stark. Même si elle a des côtés un peu Mary-Jane de Spider-Man, Gwyneth Paltrow apporte toute sa retenue et son charme au rôle. Le troisième rôle du film est tenu par Jeff Bridges (Tron, Tucker, Fisher king), acteur éclectique lui aussi inattendu dans ce genre de production. Il apporte sa roublardise à sa place de conseiller spécial/mentor/meilleur ami du père de Stark.



Ce qui fait également le « plus » d’Iron Man par rapport à d’autres productions du même genre, c’est son côté profondément humain. Contrairement aux X-Men ou à Spider-Man, par exemple, il n’est pas un mutant, juste un homme qui bénéficie d’un équipement ultra-perfectionné. De plus il possède un problème de santé grave, puisque son cœur est criblé d’éclats d’obus et que sans un appareillage particulier il fait un arrêt cardiaque. Il fallait bien un acteur de la trempe de Downey Jr pour l’incarner, un acteur pouvant à la fois faire preuve d’élégance, d’humour et de failles, il n’en existe pas des masses… Ah, et dernier point qui ne gâche rien, le film, contrairement à un métrage comme I, Robot, par exemple, ne se présente pas comme une longue suite de publicités de grandes marques. Tout juste notera-t-on que les militaires de la surveillance aérienne utilisent des ordinateurs Dell, et que la superbe voiture de Stark est une Audi.

Bref, la vision de ce film a été fort plaisante. A vue de nez, Iron Man se classe parmi le trio de tête des meilleures adaptations de comics de super-héros, entre X-Men et Batman begins. Et que penser du fait d’aller voir les aventures d’une enclume volante en compagnie d’une personne qui se fait elle-même surnommer Enclume ?

Spooky.

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Publié le par Ansible
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Ode à la Bête

 

    Sèchement mise en demeure, hier soir, d’expliquer une bonne fois pour toutes ce qui me faisait affirmer qu’Alien était un chef-d’œuvre, je me suis entendue bafouiller en réponse un assez pitoyable : « mais enfin, c’est évident ». Ce qui, somme toute, ne constituait ni une justification ni même le début du commencement d’une tentative d’explication, mais bel et bien une manière de clore la discussion. Avec, en plus, le sentiment toujours détestable pour autrui, d’avoir raison.

Seulement, voilà, il se trouve que je pense bel et bien qu’Alien est un chef-d’œuvre, et que je ne suis pas la seule à lui accorder ce statut. Lorsque l’on me demande pourquoi, c’est en général dans le but de souligner à quel point il est (ou serait) malsain d’éprouver une telle fascination pour un film aussi évidemment monstrueux. Hors tout jugement moral, cependant, je me dois de rappeler quelques qualités propres à ce film de 1979, ne serait-ce que pour donner une tonalité plus objective à mon opinion le concernant.

    Alien, c’est l’histoire de 7 personnages (plus un chat !) pris au piège dans un vaisseau spatial avec une grosse bêbête tout à fait hostile et tout à fait autre (d’où d’ailleurs le titre français : Alien, le 8ème passager). Une sorte de Dix petits nègres à la sauce spatiale, si l’on veut, avec cet avantage que, comme le proclame à l’époque le slogan du film, dans l’espace, personne ne vous entend crier. Autrement dit : accrochez vos ceintures, ceci est un huis-clos  dans les étoiles. Il y aura donc des morts (mais qui ?), des hors-champs (où est l’alien ?), des crises de nerfs (à la fois dans la salle et sur le plateau, d’ailleurs) et des affrontements.

Voilà donc comment l’on peut résumer l’intrigue du film qui a constitué une véritable date dans l’histoire de la science-fiction à l’écran. Mais une fois qu’on a dit ça, on n’a rien dit. Car pour mémoire, Alien sort aux Etats-Unis deux ans après la Guerre des étoiles, autrement dit en pleine vogue du « space opera ». Et face à l’univers fantaisiste et coloré qu’a popularisé (ô combien !) le film de G. Lucas, Alien se présente délibérément comme la peinture réaliste, voire pessimiste, d’un futur crédible auquel nous pouvons adhérer sans trop de peine. En gros, ce que nous montre Ridley Scott, c’est l’envers du décor. L’envers du rêve. Et ceci nous amène directement au cauchemar proprement dit : l’alien.

Le film débute très lentement, ce qui est aujourd’hui sans doute encore plus qu’hier une de ses plus belles qualités stylistiques. Ridley Scott prend le temps de nous promener au sein du milieu clos qui va constituer le principal décor de l’action. Commençant par une vue extérieure du vaisseau spatial lui-même (le bien-nommé Nostromo, en hommage à Conrad, je suppose), sorte d’immense usine de raffinage à peu près aussi exotique qu’une plate-forme pétrolière, il nous en fait ensuite parcourir par caméra interposée les coursives vides, mal entretenues et peu engageantes. Nous passons de la salle des machines au secteur supérieur, poste de commandes et quartiers de l’équipage, avant d’atteindre enfin la salle où les sept « héros » de notre histoire sont plongés dans le sommeil pendant que le vaisseau fonce vers la Terre selon une trajectoire préprogrammée. Cette balade introductive a posé en, disons, 5 minutes, la totalité de l’univers dans lequel s’inscrit Alien. C’est-à-dire une monde à la fois futuriste et familier, où les machines tiennent une place très importante et où, pourtant les différences de classes sont toujours bien présentes, hiérarchisant les relations professionnelles. Car de la même manière que R. Scott nous a tranquillement emmenés des soutes du Nostromo aux quartiers plus pimpants de commandement, la lente scène d’exposition des personnages (leur réveil par l’ordinateur de bord surnommé Maman, le déjeuner commun, la reprise de fonction…) laissera éclater immédiatement le conflit latent entre les mécaniciens et les cols blancs que sont les officiers de navigation. C’est l’une des choses qui rendent ce futur si réaliste. Il est crédible, il fonctionne sur des normes sociales que nous pouvons comprendre, et finalement, ces 7 personnages que nous apprenons à peine à connaître ont beau piloter un engin spatial, ce ne sont jamais que de simples routiers, employés d’une compagnie monolithique.  Bref, c’est vous et moi. On est très loin de l’héroïsme épique de la science-fiction illustrée par La guerre des étoiles. Ridley Scott poursuivra d’ailleurs cette veine de l’anticipation réaliste avec Blade Runner, quelques années plus tard.

Nous sommes donc dans un monde où les personnages n’ont pas le choix : ils font le travail pour lequel ils sont payés. Et lorsque leur ordinateur de bord détecte un message de détresse en provenance d’une planète inconnue, hé bien, l’équipage applique à la lettre les règles de la Compagnie. Comme le dit le capitaine Dallas, c’est comme ça et puis c’est tout. Nos héros, qui ne sont justement pas des héros mais des gens ordinaires, vont essayer au mieux de répondre à cet appel de détresse. Sous les ordres de Dallas, le second Kane, les navigatrices Lambert et Ripley et l’officier scientifique Ash prennent les commandes en passerelle. Les deux derniers membres de l’équipage, Brett et Parker, gagnent la salle des machines.  L’atterrissage ne se passe pas très bien, premier ennui ; deuxième ennui, les 3 membres d’équipage (Dallas, Kane et Lambert) envoyés en exploration pendant que les autres réparent le Nostromo, tombent sur un vaisseau de toute évidence échoué et de toute évidence totalement étranger. C’est la première scène choc du film, la découverte du vaisseau et de sa cargaison. Le temps que tout le monde réalise qu’y pénétrer était une mauvaise idée, le second du Nostromo, Kane, se retrouve avec un parasite accroché au visage. Et je défie quiconque voit ce moment pour la première fois de ne pas sursauter. Alien commence véritablement quand, voulant sauver Kane, ses compagnons le ramènent au Nostromo. Ce faisant, ils introduisent la Bête immonde (c’est vraiment le mot !) dans leur univers si familier et si paisible. Et nous avons à cet instant du film le premier indice (ténu) de qui est le héros de l’histoire, celui auquel le spectateur pourra s’identifier sans risquer de le voir mourir.

Mais nous avons aussi droit à notre deuxième scène choc, celle qui a fait la réputation du film, et aussi celle qui permet ensuite à Ridley Scott de ne plus monter l’horreur autrement que par suggestion. Il s’agit bien sûr de l’éventration interne de Kane par la chose que le parasite a pondu dans sa poitrine. Voilà. C’est une scène terrifiante de bout en bout, la pire que j’ai jamais vue, qui a traumatisé les acteurs au même titre que les spectateurs. Je ne la décrirai pas, parce que je ne pense pas que cela constitue vraiment le meilleur du film. Ce que je trouve particulièrement réussi, par contre, c’est l’état de sidération totale qui frappe les survivants à l’issu de cette scène cauchemardesque. Nous avons peut-être 20 secondes figées qui concluent la mort de Kane, et il m’a toujours semblé que ces 20 secondes s’adressaient directement aux spectateurs. Faisaient que spectateurs et personnages traversaient exactement la même chose. Là encore, le style de Ridley Scott frappe comme un uppercut avec une totale économie de moyens.

A présent, chacun sait que la Bête est là. C’est le troisième chapitre du film, la traque improvisée du monstre qui a tué l’un des leurs. Ce chapitre se conclue par la mort de deux membres supplémentaires d’équipage, dont le capitaine Dallas lui-même, et par la révélation de la trahison d’un troisième. Alien élimine donc à peu près à la moitié du film le personnage que l’on prenait pour le héros. Nous voici pris au dépourvu, incapables désormais de prévoir qui survivra ou non, incapables en fait de savoir si quelqu’un survivra.

La quatrième partie du film pourrait être intitulée : « Fuyons, fuyons ! » ou, comme l’ont fait la plupart des commentateurs, « la Belle et la Bête ». Car Alien se clôt sur un duel épique entre Ripley et le monstre, duel qui la hisse, elle au rang d’héroïne, et qui fait de lui, le réceptacle parfait de toutes les analyses érotico-perverses que l’on voudra bien inventer. Nous quittons alors le monde futuriste que Ridley Scott avait si bien illustré jusque-là. Et nous entrons dans celui du conte, ou de la légende, ou du symbole. Nous entrons dans celui de l’alien proprement dit.



Et c’est bel et bien grâce à son monstre qu'Alien peut prétendre, me semble-t-il, au titre de chef-d’œuvre du genre fantastique. Car en dehors de ses qualités cinématographiques réelles, de sa construction parfaite et de son art du hors-champ, le film a surtout permis l’éclosion à l’écran de la première créature totalement originale mise en scène par ce médium. En d’autres termes, l’Alien de Ridley Scott apparaît  conçu par et pour le cinéma, sans background référentiel, sui generis pourrait-on dire. Un seul film suffit à lui donner non seulement une apparence (encore que cette apparence reste très largement dans l’ombre, contrairement au souvenir que nous en avons), mais aussi toute une histoire, ce qui nous permet de le croire réel. A mes yeux, Alien n’est peut-être pas tout à fait le film de terreur que son synopsis nous vend. Bien plus intéressante est la manière dont est construite l’intrigue, et cette intrigue est le récit de l’enfantement du monstre. De l’œuf à l’âge adulte, littéralement. Le développement de l’alien passe par différents stades bien marqués, qui sont les seuls ressorts de l’action en huis-clos. Tout tourne autour de la prochaine forme qu’il prendra, alors même que jamais nous ne voyons vraiment à l’écran celle qu’il a au moment où les humains l’affrontent. Il est définitivement autre, définitivement terrifiant. Et il est magnifique dans son accomplissement.

    L’alien a été créé par l’artiste suisse H. R. Giger, dont l’une des spécificités est le mélange du mécanique et du biologique, les deux si intiment entrecroisés que le malaise du spectateur ne peut plus s’appuyer sur rien de vraiment perceptible. Indéniablement, ce que nous montre Giger est différent, mais sa fascination pour le squelette, les os et autres structures aisément reconnaissables nous empêche de nier une parenté avec les créatures représentées. Son alien est à la fois extraordinairement physique, issu de notre propre chair, et tissé de caractéristiques insectoïdes  qui nous font pénétrer au cœur de nos plus profonds cauchemars, ceux où l’intégrité physique humaine volerait en éclats. Il est donc, viscéralement, question de corps, de pénétration, de violation et de transformation dans la manière dont H.R. Giger représente l’étranger absolu qu’est l’alien. Matière en constante modification, créature intelligente qui semble vouloir un peu plus que la simple destruction de l’adversaire, qui semble en fait vouloir son assimilation totale, l’alien est la matérialisation de peurs ancestrales qui font de lui l’idéale monstruosité. Et qui lui donnent, je pèse mes mots, sa beauté inattendue. En tant qu’autre, en tant qu’étranger, l’alien symbolise bien le pire de nos craintes, car il est d’abord celui qui abolit toute notion de frontière, et il le fait par le biais du corps.

C’est donc cette créature qui fait d’Alien, le 8ème passager, quelque chose d’entièrement nouveau au cinéma. Et le plus fascinant est sans doute que la généalogie de ce monstre d’exception, sans équivalent dans le 7ème art, sera ensuite déclinée avec une parfaite cohérence par trois réalisateurs aussi différents que James Cameron (Aliens), David Fincher (Alien3) et Jean-Pierre Jeunet (Alien : Resurrection). Nous y apprendrons l’origine des œufs, nous y apprendrons aussi que la forme adulte de l’alien est étroitement liée à celle de son hôte et que s’il semble humanoïde, c’est grâce à nous (brr…), et nous découvrirons toute l’étendue de son intelligence perverse. Le dernier film (à ce stade) boucle la boucle en accordant à l’alien des caractéristiques humaines tout en faisant de Ripley, seule véritable survivante de la confrontation sans cesse renouvelée, un hybride tenant tout autant du monstre que de l’héroïne. Il faudrait, pour être complet, aborder aussi la place très importante tenue par les androïdes dans la quadrilogie, ainsi que la critique sociale inattendue dans ce genre de films et présente sous une forme ou une autre dans chaque volet. Mais ce serait m’éloigner de mon propos, qui était avant tout de souligner l’unicité d’Alien en tant que générateur d’un mythe  purement cinématographique.

 Bérengère.

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Publié le par Ansible
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A Scanner darkly (2006) est l'adaptation un peu libre du roman de Philip K. Dick Substance mort. Celui-ci s'était inspiré de sa propre vie, et en particulier son rapport à la drogue, puisque Substance mort parle d'un flic des stupéfiants qui se retrouve affecté à sa propre surveillance. Philip K. Dick est un auteur qui a la grâce du 7ème art, puisque plusieurs de ses oeuvres ont déjà été adaptées, avec pas mal de bonheur. Je citerai Paycheck, Blade Runner, Minority Report.


Substance mort a fasciné pas mal de réalisateurs (après des millions de lecteurs), puisque Charlie Kaufman, Terry Gilliam se sont succédés sur le projet avant que Richard Linklater ne s'y attelle pour finalement le réaliser.


Celui-ci a utilisé une technique déjà éprouvée sur son précédent long-métrage, Waking Life. Les acteurs sont filmés numériquement, avant que le film ne soit retouché par des artistes. A Scanner darkly ressemble donc à un énorme film d’animation, extrêmement réaliste puisque les artistes ont collé au plus près au film originel. Cela donne au film un cachet un peu étrange, comme une réalité un peu difficile à saisir, un peu fuyante. Ce choix artistique s’avère judicieux puisque le roman de Dick (que je n’ai pas lu) parle justement de l’identité, et de la dualité latente du cerveau, dualité rendue plus palpable avec l’absorption de la Substance M. (Substance D. en VO).


Le récit se situe 7 ans dans le futur. 25% de la population sont des toxicodépendants. Dans le Comté d’Orange, en Californie, « Fred » est un flic des stups, qui participe à des réunions d’information au sujet de la Substance D. La plupart de ses interventions, ainsi que son activité de flic s’effectuent avec une combinaison de camouflage permettant de changer continuellement d’apparence pour ne pas être identifié. Son boulot c’est  l’infiltration. Un jour on lui affecte la surveillance d’une maison où vit Bob Arctor, un junkie/dealer notoire, avec deux de ses amis, un peu shootés eux aussi. Bob fréquente Donna, qui est son fournisseur officiel de dope, mais il aimerait aller plus loin dans leur relation. Ce que personne ne sait, ou fait semblant de ne pas savoir, c’est que « Fred » et Bob ne font qu’un. Commence alors un étrange jeu du chat et de la souris, le cerveau de notre flic junkie s’amusant à brouiller les cartes.

 


 

Je l’ai dit, le choix artistique majeur de Linklater s’avère payant, puisque la réalité s’échappe, se modifie, glisse entre les doigts de Bob. Il a aussi choisi un casting impressionnant, puisqu’on a à l’écran les avatars de Keanu Reeves dans le rôle principal, mais aussi Robert Downey Jr (excellent en chimiste surexcité), Woody Harrelson et Winona Ryder. Des acteurs qui ont des réputations plus ou moins sulfureuses, obligés de jouer des drogués, mais aussi des personnages aux apparences biaisées. Keanu Reeves ne se départit pas de son air lunaire, carrément inexpressif, mais curieusement le crayon lui apporte un surplus d’humanité. Les acteurs son globalement bons, rien à redire là-dessus.

 

Le fond du film, s’il est clair, n’est toutefois pas totalement servi par la forme. Ainsi Linklater ne va-t-il pas vraiment au fond des choses. La psychose de Bob Arctor n’est qu’effleurée, on ne ressent pas vraiment cette lente descente en-dessous de la réalité. Si le sujet du flic infiltré, mais aussi manipulé, est classique, il n’est ici que pour servir les visions paranoïaques de Dick. Or cet aspect n’est là non plus pas trop mis en avant, mais cela ne laisse cependant pas assez de place pour le côté schizophrène de l’histoire. Le film dure 1h36, mais il aurait sans doute gagné en épaisseur avec une demie-heure supplémentaire.

C’est dommage, vraiment dommage, car le film est assez bon, mais au final, il reste trop sage, malgré l’épitaphe édifiante de Dick inscrite au générique de fin. La parabole sur l'identité n'est qu'un film expérimental de plus. Lisez le bouquin, c’est d’ailleurs ce que je vais faire.
 

Spooky.

 

 

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