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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

films

Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

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Et une nouvelle adaptation de jeu video culte, une !

 

Forts du succès critique et public de Pirates des Caraïbes (adapté non pas d'un jeu video, mais d'une attraction Disneyland), les Studios Disney et le producteur Jerry Bruckheimer ont remis le couvert en adaptant cette fois-ci une saga videoludique qui a fait ses preuves.

 

Le premier défi venait de l'ambiance. Superbement éclairé, Prince of Persia puise une partie de son esprit visuel dans le Contes des Mille et une nuits. Le film remporte haut la main ce défi, les décors sont sublimes et la photographie respecte les éclairages ambrés et dorés que l'on imagine. Second défi : adapter efficacement pour l'écran un scénario avant tout basé sur des combats et des déplacements sur des toits parfois vertigineux. Les scénaristes, parmi lesquels est crédité Jordan Mechner, créateur du jeu, décident plutôt de garder le point de départ, et d'aller dans une direction différente du jeu. Bonne pioche, puisqu'on se retrouve avec quelque chose d'assez solide, avec l'adjonction de deux frères au prince du titre. Voici donc le synopsis :

 

Un prince rebelle est contraint d'unir ses forces avec une mystérieuse princesse pour affronter ensemble les forces du mal et protéger une dague antique capable de libérer les Sables du temps, un don de dieu qui peut inverser le cours du temps et permettre à son possesseur de régner en maître absolu sur le monde.

 

 

Pour donner de la consistance au prince Dastan, les producteurs ont cherché un acteur coté, capable de faire le poids physiquement, mais aussi d'être crédible dans son jeu. La surprise est belle puisque c'est Jake Gyllenhaal, révélé par Donnie Darko puis par Le Secret de Brokeback Mountain, qui est finalement choisi. La crevette s'est transformée en guerrier musclé -mais pas trop non plus-, et son visage un peu angélique correspond bien à celui de son homonyme videoludique. A ses côtés, incarnant son oncle, le vénérable Ben Kingsley, qui a incarné Gandhi dans le film homonyme ou Itzhak stern dans La Liste de Schindler. Pour incarner la belle princesse, c'est Gemma Arterton qui rafle la mise, elle que l'on voit à peu près partout en ce moment : Quantum of Solace, Good Morning England, Tamara Drewe, Le Choc des Titans et bientôt Men in black 3. Curieusement, c'est elle qui constitue le maillon faible du film. Elle est filmée de telle façon qu'on ne verrait pas la différence entre elle et une savonnette à laquelle on aurait rajouté une perruque et des faux seins. Alors que dans le jeu elle participe aux combats, ici elle n'est presque qu'une "sois belle et tais-toi" ; sauf que c'est un thon. Les deux stars du casting n'ont donc pas trop à se forcer pour tenir le haut du pavé, même si Jake Gyllenhaal s'en sort très bien.

 

Mais la plus grande surprise vient du nom du réalisateur : Mike Newell. L'Anglais, passé à la postérité de la comédie romantique avec Quatre mariages et un enterrement en 1994, puis se diversifie avec Donnie Brasco, puis le quatrième Harry Potter. Le voir aux commandes d'une superproduction bardée d'effets spéciaux n'est donc finalement pas tant une surprise, mais une étape de plus dans une carrière déjà fournie et diversifiée. Il s'en sort très bien, imprimant une identité visuelle réussie à ce produit, qui est peut-être le début d'une franchise.

 

Au final, j'ai bien apprécié ma séance DVD de ce Prince of Persia. Sans être trop regardant sur la cohérence de l'histoire, le film est artistiquement bien fait. Un bon divertissement.

 

Spooky.

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

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Alléché par les dithyrambes lues à droite et à gauche (et encore récemment chez l'ami GiZeus), il fallait que je voie ce film. Adapté du comic éponyme de l'écossais Mark Millar (qui a bossé sur Spider-Man, Superman, The Authority, Ultimate X-Men, Wolverine... pour ne citer que ses titres les plus connus) et John Romita Jr (lui aussi une légende vivante des comics de super-héros), ce film est arrivé précédé d'une réputation flatteuse sur les écrans au début de cette année.

Il nous raconte l'histoire de Dave Lizewski, un adolescent ordinaire, qui porte des lunettes, se masturbe en pensant à sa prof d'anglais et lit des comics. Et puis un jour, en discutant avec ses copains, il se pose cette question cruciale : pourquoi, dans la VRAIE vie, personne n'avait essayé d'être un super-héros ? De porter une combinaison en lycra, de botter le cul aux malfrats... Alors Dave essaye. Avec son costume vert, il ressemble à une grenouille, il se met à parcourir la ville, et se fait rosser rudement dès sa première sortie. Au point de se retrouver à l'hôpital avec des séquelles importantes (certaines terminaisons nerveuses qui ne fonctionnent plus, ce qui rend son rapport à la douleur plus fort). Kick-Ass (c'est le surnom qu'il s'est donné) décide de repartir, encore plus fort, de s'entraîner régulièrement. Sa seconde sortie est plus convaincante, et vu qu'il a été filmé par des témoins, il devient rapidement une star du web, son site internet commence à faire du buzz, etc. Malheureusement il a mis le pied dans un engrenage fatal, en provoquant l'ire de Frankie d'Amico, un parrain millionnaire.

Au cours de ses aventures, Kick-Ass va faire la connaissance de Hit Girl et Big Daddy, un père et sa fille avides de vengeance envers d'Amico, et qui disposent de moyens physiques et techniques autrement plus convaincants que ceux de ce pauvre Dave.

 

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Le film est vraiment réussi, grâce à des scènes d'action bien découpées, et même une ou deux scènes d'anthologie ; la bande-son est sympathique, à la fois actuelle et dynamique. Les effets spéciaux, surtout mécaniques, sont assez discrets pour ne pas perturber le suivi du film. J'avais un peu peur qu'on se retrouve avec des ralentis à outrance, des scènes "too much" à la Matrix (si ça se justifie dans les films des frères Wachowski, ce n'était pas le cas ici). Et puis surtout, dès la première scène, le spectateur est accroché.

 

Rayon casting, le rôle principal est tenu par Aaron Johnson, un adolescent encore inconnu, mais j'espère qu'il va faire une belle carrière. A ses côtés, peu d'acteurs connus, mis à part Nicolas Cage dans le rôle de Big Daddy. J'avoue que ces derniers temps je trouvais qu'il s'était perdu dans des franchises sans grand intérêt ou des performances de seconde zone, alors qu'il promettait beaucoup au début de sa carrière. A tel point que je n'avais pas envie de voir sa trombine sur un écran. Et puis là, finalement, il joue de façon très sobre, et comme il passe la moitié de ses scènes derrière un masque, ça passe mieux. Une mention toute particulière pour le personnage de Hit Girl, tenu par la jeune Chloe Moretz, celui d'une adolescente rompue à toutes formes de combat. C'est une performance démentielle, et sans elle de nombreuses scènes n'atteindraient pas le niveau qu'elles ont. Je ne sais pas si Hit Girl réapparaîtra sur nos écrans (dans la suite ou dans un spin-off), mais elle vole carrément la vedette à Aaron Johnson. Le réalisateur Matthew Vaughn, qui s'était déjà fait remarquer avec Layer Cake en 2005, va faire parler de lui. Un Kick-Ass 2 est d'ailleurs déjà en pré-production sous sa direction, ainsi qu'un X-Men: first class...

 

Ce n'est pas un fait exprès, mais j'ai vu Kick-Ass peu après Mystery Men et après avoir lu Over-Bleed, deux oeuvres aux sujets proches, ceux d'anti-héros qui se transforment pour devenir des "super". Après la vague des Batman, Superman, X-Men, la tendance semble être à plus de sincérité, de modestie dans les histoires de super-héros. Et, malgré toute l'affection que je porte aux premiers cités, ça fait du bien. Et puis, en creux, le film recèle une réflexion intéressante sur la condition de héros, sur la psychologie adolescente, sur les responsabilités...

Kick-Ass est un excellent long-métrage, l'un des meilleurs de l'année, et il mérite vraiment son succès.

 

Spooky.

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

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A Champion City, La Pelle, Furieux et le Fakir bleu sont des super-héros qui vivent au jour lendemain. Ils souffrent de la concurrence de Capitaine Formidable, plus efficace, et surtout bardé de sponsors. Mais ils sont surtout pathétiques. Furieux n'arrive qu'à se prendre des baffes avec sa pseudo-rage, la Pelle n'atteint que ses coéquipiers avec sa pelle, et le fakir bleu, en plus de ne rien porter de bleu, ne fait pas peur à grand monde avec ses lancers de fourchettes... Capitaine Formidable s'ennuie, et fait en sorte de faire remettre en liberté Casanova Frankenstein, son pire ennemi. Mais celui-ci réussit à maîtriser le justicier sponsorisé, et nos super-zéros vont tenter de le sauver, et par là même de sauver la ville, que le super vilain menace.

 

Difficile de classifier ce film dans un niveau de qualité distinct ; d'un côté, avec ses quelques acteurs bankables (Ben Stiller, Geoffrey Rush, Claire Forlani), on sent la série B bien délirante, avec des effets spéciaux relativement discrets mais efficaces, une parodie des films de super-héros comme il en fleurit depuis le début des années 2000 (par contre Mystery Men a en fait devancé cette mode puisqu'il est sorti en 1999) ; de l'autre on sent bien le nanar intergalactique avec ses répliques inoubliables ("let the fork be with us", "what the fork?", rappelons que fork=fourchette), ses personnages outrageusement ridicules (mention spéciale à William H. Macy, qui parvient à garder un sérieux olympien alors qu'il se balade en tenue d'égoûtier). A noter que le film est adapté d'un comics homonyme de Bob Burden (dont personnellement je n'ai jamais entendu parler).

 

Les acteurs semblent un peu livrés à eux-mêmes dans cette pochade, seul Ben Stiller me semble éviter la roue libre tant le personnage correspond à ce qu'on attend de lui. Je suis donc partagé pour vous dire ce que j'ai pensé de ce film ; autant la parodie est complètement assumée, autant l'ensemble me semble tout de même manquer de finesse (oui bon en même temps c'est une parodie...) et d'inventivité. La série des Scary Movie m'a nettement plus convaincu.

 

Spooky.

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

Mesdames, Messieurs, un peu de sérieux, je vous prie.

Si vous faites partie du monde occidental, vous savez que le 11 septembre 2001 a été une énorme conflagration, et probablement l'événement fondateur de l'entrée dans le XXIème siècle. Comme vous le savez, 4 avions avaient été détournés pour atteindre et détruire des objectifs majeurs, représentants symboliques de la puissance américaine. Les Etats-Unis, qui se pensaient invincible sur leur propre sol, ont subi de plein fouet ce traumatisme.


Près de 5 ans plus tard, après de nombreux reportages et documentaires, c'est le cinéma qui s'empare de l'événement. Premier de cordée, Vol 93, réalisé par Paul Greengrass (Bloody Sunday, La Mort dans la Peau), se pose d'ores et déjà comme un classique incontrournable.

Parce qu'il ne s'embarrasse pas d'effets inutiles. Parce qu'il n'y a aucune star dans son film, et même des amateurs, comme le responsable du contrôle aérien, qui est le Vrai. Parce qu'il s'est basé sur les archives nationales, les témoignages des familles de victimes, ou encore les données de la boîte noire de l'avion, Greengrass a probablement raconté une histoire à 90% vraie.


Vol 93 raconte le destin des 100 ou 200 passagers et membres de l'équipage de l'avion qui porte le même nom de code.  Le film raconte, en temps réel (sur 95% du métrage), ce qu'il est arrivé à cet avion, le seul à ne pas avoir atteint sa cible, à savoir la Maison Blanche. La préparation des derniers instants pour les 4 terroristes. L'attente fébrile dans l'avion, qui prend du retard au décollage. Le détournement effectif de l'avion. la révolte des passagers, qui comprennent qu'il s'agit d'une mission suicide. Si j'utilise des phrases courtes dans ma note, c'est que le film est comme ça. Des coups de poing assénés à la chaîne.


Pourtant, Greengrass ne sombre pas dans la facilité politique. Il filme son histoire caméra à l'épaule, l'avion tressaute à la moindre turbulence... Ses héros ne sont pas des foudres de guerre. Ses pirates kamikazes ne sont pas des monstres sanguinaires, juste des fous de dieu qui ont été manipulés. Son avion n'est pas une espèce de super-tank filmé comme une voiture. Non. les faits, rien que les faits. Résultat, on est scotché au siège quand la fin -inéluctable, brutale, définitive- survient sur le grand écran. On était dans l'avion avec eux, on avaie envie de tout faire pour que ce tombeau volant parvienne à être repris... On était aussi à New York, à Washington, à Boston, dans ces salles du contrôle aérien, à vouloir leur dire que c'est un détournement, et même une mission suicide... On y était, bordel...

 

Spooky.


 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

Voici un dessin retraçant le destin cinématographique de Bilbo le Hobbit, premier roman de JRR Tolkien, et plus ou moins considéré comme une préquelle au Seigneur des Anneaux...  Merci au site elbakin.net qui a diffusé cette image.

 

Spooky.



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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Micah et Katie sont un jeune couple d'Américains qui viennent juste d'emménager ensemble dans une belle maison de San Diego. Micah fait l'acquisition d'une superbe caméra et propose à Katie de filmer leur quotidien, et surtout leurs nuits, car la jeune femme est victime, depuis son enfance, d'étranges visions nocturnes. Petit à petit les phénomènes étranges s'accumulent et le couple prend peur...

 

Lorsqu'on suit un peu la promo du film, on remarque que le cinéaste et les producteurs citent sans honte Le Projet Blair Witch, qui est pourtant l'une des plus grosses arnaques dans les histoires de film de peur. Forcément, puisque le film d'Oren Peli bénéficie de la même économie de moyens, du même creux narratif et la même lobotomie de ses personnages. Le film a été tourné en 7 jours, dans la propre maison du réalisateur et de sa compagne -et accessoirement productrice-, et le gros du budget a consisté en une redécoration de la demeure. De plus le film ne compte que quatre acteurs, ce qui limite également les coûts...


 

Paranormal activity a pour sujet un poltergeist, c'est à dire un esprit frappeur, phénomène bien connu des spécialistes de surnaturel (et des cinéphiles... mais je vais y revenir). Les deux protagonistes entendent des coups sourds, des bruits de chute, des grognements, ou encore le grésillement de la télé qui s'allume toute seule sur un canal inexistant. Lorsque ce genre de chose survient chez vous, quel est votre première réaction ? Bien souvent vous allumez la lumière pour savoir qui fait tout ça non ? Eh bien Micah et Katie, eux, prennent le temps d'attraper leur caméra et n'éclairent qu'avec le projecteur de moyenne puissance qui y est accouplé. Ca laisse aux zones d'ombre le temps de rester sombres. Pratique. Lorsque la jeune fille commence à être physiquement blessée, à être dans un état catatonique par les manifestations de l'esprit, croyez-vous que son charmant petit ami l'emmènerait à l'hopital ? Non bien sûr. Croyez-vous que lorsqu'ils sont convaincus qu'il s'agit d'un démon, d'une entité, ils vont voir le démonologue qu'un medium leur a conseillé ? Non, ils attendent. Et quand ils l'appellent, celui-ci est parti. Pensez-vous qu'ils chercheraient un autre spécialiste ? Non. Et pourtant ils font des recherches sur internet pour essayer de trouver des affaires semblables à la leur. A l'instar de Blair Witch, ce sont des ados complètement crétins. La seule vraie bonne idée est la remarque du medium relatif à la dégradation des relations entre les deux jeunes gens, qui permettrait à l'entité maléfique de se manifester plus violemment... Ceci dit, dans une salle obscure et avec la stéréo, ça doit être une autre histoire.

 

Je vous ai parlé d'un poltergeist. Vous vous en doutez, ce n'est pas la première fois que le cinéma, a fortiori américain, s'empare du sujet. Je ne citerai pour ma part qu'un seul titre... Poltergeist, justement.


 

Ce film de 1982, réalisé par Tobe Hooper, et produit par Steven Spielberg (avec ses amis Frank Marshall et Kathleen Kennedy), lequel a d'ailleurs "conseillé" Oren Peli pour améliorer le montage de son film... Il y a 25 ou 30 ans le père Stevie avait quand même le nez creux, car le film de Hooper, malgré son image un peu "vieillie", est plutôt efficace...  Ca raconte en gros l'histoire d'une famille bien tranquille dont l'existence va être irrémédiablement troublée par l'apparition d'un esprit frappeur... Je vous invite à le visionner si vous êtes amateur du genre. Poltergeist n'est jamais cité par l'équipe de Paranormal Activity, ni même par la plupart des internautes l'ayant critiqué... Et pour cause, la plupart n'étaient pas nés à l'époque, et ne s'intéressent pas du tout à cette période foisonnante qu'étaient les années 1970-80... De l'étrange propension du cinéma américain à toujours recycler les vieilles recettes, tout en reniant l'original... mais je referme là ma digression.

 

 

 

 

Paranormal Activity est assez correctement filmé, et c'est assez drôle puisqu'il s'inscrit plus ou moins dans la mode actuelle des films "caméras à l'épaule" ([•REC] et sa suite, Cloverfield) et que c'est finalement Micah Sloat, qui joue Micah (ben oui, tant qu'à faire) qui de fait, cadre une bonne partie du métrage... Les acteurs sont relativement bons, l'homme jouant bien le petit con américain qui ne cherche d'abord qu'à faire des images spectaculaires, puis quand il comprend l'ampleur du problème, est complètement largué ; Katie Featherston, quant à elle, même si elle est assez jolie, a un peu de mal à jouer les jeunes filles inquiètes, sa panique se traduisant surtout dans son maquillage qui coule un peu... Le film, qui se veut un faux documentaire (ou "documenteur", pour utiliser un mot-valise maintenant assez répandu), contient peu d'effets spéciaux, et même si ça peut marcher dans un film comme Ring par exemple, ici on ne sursaute qu'une ou deux fois. Et c'est tout. On n'a jamais peur, l'ambiance n'y est pas, et la platitude narrative n'arrange rien. Seul avantage inhérent à ce genre, c'est un film qui induit une interprétation sur l'identité et les motivations de l'entité maléfique. seulement la fin du film ne laisse guère de doutes sur ces questions-là... Encore un beau plantage. 

 

Paranormal Activity se place donc bien dans la lignée du Projet Blair Witch, en ce sens que sa réputation et son succès sont totalement surfaits, qu'il ne fera peur qu'aux adolescents décérébrés dont le premier frisson au cinéma date de Saw 6 et que franchement, c'est ça qui fait le plus peur.

 

Spooky.


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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films


Aujourd'hui je vais vous parler de ce film, adapté d'un best-seller international écrit par Patrick Sûskind.

Le Parfum raconte l'histoire de Jean-Baptiste Grenouille, né à Paris en 1744. Né et aussitôt abandonné par sa mère dans un marché aux poissons, Grenouille va développer dès ses premières minutes de vie un don exceptionnel : il va pouvoir sentir toutes les odeurs, les disséquer, les classifier... Dès qu'il sera en âge de comprendre, il n'aura qu'un but, exploiter ce don pour découvrir le parfum ultime, celui de la beauté. Une beauté qu'il avait senti fugacement en croisant une marchande de pommes dans les rues de Paris. Marchande qu'il tuera accidentellement, avant d'avoir pu retenir son parfum sublime. Il va donc s'attacher à recueillir les senteurs de tout, absolument tout. Il se fera engager par un célèbre parfumeur, Baldini, afin de faire de nouvelles expériences. Le parfumeur l'enverra à Grasse pour parfaire sa science de l'enfleurage et de la parfumerie. Grasse où Grenouille rencontrera son destin, en la personne de Laura, fille d'un riche propriétaire. Le parfum de Laura est celui qu'il lui manque pour réaliser le parfum ultime, celui de la beauté.

 

  

Ce roman, assez court, avait la réputation d'être inadaptable à l'écran. Pas mal de cinéastes prestigieux ont tenté de s'y attacher, mais ont vite rendu les armes. Comment en effet retranscrire les senteurs, les parfums qui rythment la vie de Grenouille ? Et pourtant... L'un des plus gros romans du patrimoine allemand trouvera son adaptateur par... un allemand ! Tom Tykwer, réalisateur remarqué de Cours, Lola, cours !, Heaven et Les Rêveurs. Et même si le film se tournera en anglais (la plupart des acteurs étant de langue maternelle anglaise), il est à même d'apporter le recul suffisant pour adapter sobrement ce chef-d'oeuvre. Et le pari est presque gagné !

 

Sa reconstitution du Paris du XVIIIème siècle est sobre, réussie, sans ostentation. Son adaptation du bouquin est très respectueuse, même si certains passages (dont des longueurs, quand même) sont zappés. Son casting est de premier choix : Dustin Hoffman en parfumeur roublard, Alan Rickman en petit seigneur provincial, mais très actif pour faire arrêter le serial killer qui prive Grasse de ses jeunes beautés. Citons aussi les deux jeunes têtes d'affiche : Ben Whishaw (Layer Cake), et Rachel Hurd-Wood (une vraie découverte, qui explose l'écran avec son teint de porcelaine). Tous sont parfaits, avec une mention particulière pour Alan Rickman, acteur exceptionnel largement sous-employé. Belle musique, beaux cadrages, rien à dire sur le film en tant que tel.



MAIS...

 

Car il y a un MAIS. Comme je l'ai dit, c'est un roman qui avait la réputation d'être inadaptable à l'écran. Et en quelque sorte, c'est vrai et se vérifie avec ce film. Car malgré la virtuosité de sa mise en scène, ses cadrages parfois très près du nez de Grenouille (prononcez "gwenouhi"), le media cinéma ne permet de solliciter que deux sens, la plupart du temps : l'ouïe et la vue. Or, "Le Parfum", malgré son origine écrite, sollicitait également l'odorat. Eh oui. Et pourtant, il n'y a rien de mieux qu'une salle de cinéma pour "goûter" sereinement les senteurs qui nous entourent. Certains films ont même été diffusés en "odorama" dans les années 80. Mais le procédé n'était pas très au point. Et JE VOUS JURE qu'à un moment particulier du film, avec Baldini, j'ai senti plusieurs odeurs très opportunes dans le salle autour de moi : vanille, rose... Ce n'étaient sans doute que les déodorants de mes voisines, mais hélas, c'est le mieux que l'on pourra espérer sur le plan odorant. Bien sûr une telle situation ne se représente pas si vous regardez le film à la télé chez vous...  Une autre preuve de son inadaptabilité, le film se conclue sur deux scènes compliquées, incompréhensibles si l'on sort du contexte. La voix off présente sur le premier tiers du film nous aide à rester dans le contexte. Sa disparition par la suite déroute quelque peu le spectateur, qui assiste, un peu circonspect, à ces deux scènes (dont une de grande ampleur, réalisée avec pas mal de savoir-faire, mais vu que c'est casse-gueule, Tykwer se casse la gueule de toute façon).

 

Et puis... Comme je l'ai dit, Ben Whishaw est un excellent acteur, mais il faut savoir que le personnage de Grenouille est laid comme un pou, maigre comme un clou, difforme... Whishaw a un physique assez agréable, il aurait même un certain charisme. Et ce ne sont pas les quelques brûlures sur son cou qui changeront cette impression. Une volonté de s'allier les spectateurs pour la cause de Grenouille ? Sans doute. Mais les fans du livre trouveront sans doute cette orientation malvenue.

  

 

En bref, "Le Parfum" est un film irréprochable sur tous les plans artistiques, il pêche de toute façon là où il devait pêcher, avec une dernière demie-heure qui en déroutera plus d'un. Un conseil, lisez le bouquin avant de louer le DVD, c'est un incontournable...

 

 

Spooky.

 

 

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Publié le par Wali
Publié dans : #Films

 

C'est vrai, c'est vrai... je vous l'accorde : à moi aussi le second volet de la saga Matrix m'a laissé un soupçon d'amertume, pas vraiment à la façon d'une bonne bière bien fraîche mais plutôt comme lorsque vous rendez une copie que vous pensez parfaite et que vous n'obtenez pas la note escomptée. Différents échos (notamment ceux parus dans l'Enslip1) me font dire que je suis loin d'être le seul. Alors ? Que s'est-il passé ? Séquence explications...
Tout d'abord, et je pense qu'il s'agit de la principale raison de la désillusion de la plupart des détracteurs du film, c'est que nous attendions tous le retour de la claque que nous avions pris avec le premier... Et ce retour n'est pas tout à fait venu. Reloaded n'est ni plus ni moins que du "Matrix" en plus... en plus long, en plus nombreux, en plus rapide, en plus mystique, en plus tout ce que vous voulez (et vous pouvez accoler ces adjectifs à tous les éléments du film : combats, effets spéciaux, personnages....) mais surtout en plus compliqué... Et c'est là que le bât blesse, il faut bien reconnaître que l'histoire n'est pas d'un abord facile et qui plus est, les explications sont éparpillées sur différents supports : Animatrix, Enter the Matrix, les comics pour ne citer que les plus connus. Alors, sommes-nous sacrifiés sur l'autel de la société de consommation ou s'agit-il du "prix" à payer pour profiter d'un univers riche et étendu ? Je voudrais juste mentionner au passage que les quatre court-métrages clefs de la série des Animatrix sont accessibles en libre téléchargement ainsi que de nombreuses planches des différents comics publiés. (Site officiel)
Ce qui m'amène au second reproche que je ferais à Reloaded, c'est qu'il nécessite une sacrée culture geek² (entre autres). La majorité des mécanismes de l'histoire reposent sur des concepts informatiques relativement poussés. Le premier volet était bien plus accessible pour le "grand public" dans le sens où n'importe quel fan de SF pouvait retrouver rapidement ses repères et le discours était beaucoup plus clair, style "Vous êtes une pile". Les propos de Reloaded sont beaucoup plus abscons et réclament plusieurs visionnages pour véritablement saisir les tenants et les aboutissants de la trame scénaristique. Pour les plus passionnés, la recherche d'informations par tous les médias possibles et notamment sur le Web s'avèrent un complément indispensable pour combler les principaux manques du film. Le tout forme un ensemble d'une cohérence inébranlable, orchestré de mains de maîtres par le duo des frères Wachowski. Maintenant, peut-on vraiment reprocher à un film de répondre à toutes les attentes de son cœur de cible ?

Je ne vais pas me lancer ici dans des théories plus ou moins fumeuses de ce que je pense avoir compris de Reloaded. Je ne saurais trop vous conseiller (même pour les plus déçus) d'attendre et surtout d'aller voir la suite qui promet à mon avis de belles surprises. Pour les plus impatients, avides de tout comprendre, un petit tour sur ce site devrait éclairer pas mal de lanternes. Pour finir, je vous livre une liste sous la forme d'un "J'aime - J'aime pas" de ce qui ma plu et déplu dans le film :
L'ambiance érotico-tribale de Sion : pas terrible !
Morpheus harangueur des foules : pas véritablement crédible....
L'opération à code/cœur ouvert : hum.... Je te sauve (1er), tu me sauves (2ème) et quoi... ils se sauvent (3ème)... ? mouais....... bon...
Le trailer final : un peu trop de l'esbrouffe !
L'arrivée à Sion : prenant et surprenant...
Les exo-squelettes : des combats à la "Ripley" dans Révolutions ( ?)
Les back-doors : excellent, vraiment excellent !
Le maître des clés : mais oui !!!
Le Mérovingien campé par Lambert Wilson : Génialissisme !
La scène du gâteau : jouissif ! (si j'ose dire)
La crise de jalousie de Trinity : ça c'est mon côté fleur bleue.
Le hack de Trinity à la console : les connaisseurs ont tous apprécié. (pour preuve). L'architecte et son blabla : oui et oui mais cela passe beaucoup trop vite. Sur ce, n'oubliez pas que même quand vous pensez que vous êtes réveillés, tout ceci n'est peut-être encore qu'un rêve...


Wali.
 

1 : Il ne faut pas m'en vouloir, c'est juste parce que j'ai l'habitude de lire Ansible en slip sur les toilettes.
² : "Les geeks sont des êtres humains fous d'informatique, qui ne vivent que pour l'informatique et qui conçoivent des applications informatiques. Les geeks forment une communauté qui vit à travers Internet." - Définition de Copinedegeek.com

NB : Si vous souhaitez en savoir ENCORE plus, rendez-vous à cette adresse.
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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films
 Bon, j'ai cédé aux sirènes de la mode et suis allé voir l'adaptation cinéma du best-seller de Dan Brown : The Da Vinci Code.

 


Quelques précisions à propos du livre lui-même. L'essentiel de la thèse du bouquin tient en un point [SPOILER] : Jésus était marié à Marie-Madeleine, et ils ont eu une descendance jusqu'à nos jours.  C'est une hypothèse qui en vaut une autre, et n'étant jamais été croyant ni particulièrement intéressé par les Ecritures, elle ne me gêne pas. Ce qui me gêne, en revanche, est l'impudence de Dan Brown en affirmant que les différentes organisations dont il parle dans son bouquin ont une existence réelle. Ce qui m'énerve encore plus, c'est que des millions de gens ont littéralement pris tout ça pour parole d'Evangile (l'expression prend ici toutez sa valeur, ne trouvez-vous pas ?). Car enfin, la thèse de Brown n'est ni nouvelle, ni bien exploitée. Des tas d'écrivains ont déjà raconté tout ça, et mieux parfois. Parce que ne nous leurrons pas, Da Vinci Code est un mauvais roman, écrit avec les pieds. C'est truffé d'incohérences, de raccourcis proprement incroyables... Même si on met de côté tout le discours mystique et historique, pas mal de choses font grincer des dents, ou plutôt exploser de rire.


Bref. Une campagne marketing maline, qui joue sur les craintes millénaristes et les théories du complot, et voilà le bouquin propulsé en tête des listes de best-sellers. Et tout naturellement, un film est mis en route. Ron Howard, réalsateur consensuel (Horizons lointains, Willow, Un Homme d'exception...), est appelé au chevet de l'Opus Dei, avec le secours de Tom Hanks et Audrey Tautou dans les rôles principaux. Bref, que du rassurant ma petite dame. Le tournage fait grand bruit, puisqu'il se passe en partie à Paris, au sein du très feutré Louvre, où le roman commence et s'achève.


Et voici donc le film sur les écrans. Je l'avoue, j'y suis allé à reculons, ne voulant pas offrir un succès supplémentaire à une entreprise selon moi reposant sur une vaste fumisterie. Pourtant, contre toute attente, le film se laisse voir. Si si. Si on ne s'accroche pas au fondement de la thèse, le savoir-faire de Ron Howard réussit à faire un film plutôt regardable, mais on est quand même loin du chef-d'oeuvre auquel s'attendaient les fans du roman. Ceux-là même qui crient à la trahison d'ailleurs. Pourquoi est-on loin du chef-d'oeuvre ? Eh bien parce que Ron Howard, pour l'occasion "yes-man" avec peu d'imagination, se contente d'adapter à l'écran le roman de Dan Brown, sans rien ajouter, sans presque rien retrancher. On a donc un thriller honnête, sans grosse prise de risque, pâtissant d'une interprétation un peu défaillante. Tom Hanks est en-deça de ses performances passées, on le sent peu concerné par ce qu'il dit.

Audrey Tautou... Comment j'ai pu tomber amoureux de cette actrice ? L'effet Amélie Poulain est définitivement effacé, elle est insipide. C'est du côté des rôles secondaires qu'il faut chercher les satisfactions ; en aristocrate anglais féru d'histoire religieuse, Ian Mc Kellen (X-Men, Le Seigneur des Anneaux) est parfait. Pas mal aussi le Jean Reno habituel à chaque film américain avec des bouts de français dedans (et il est plus consensuel que Tcheky Karyo ou Lambert Wilson).  Quant à Silas, le tueur de l'Opus Dei, interprété par Paul Bettany (Un Homme d'exception, La plus belle des victoires), il est tout juste "pas mal".

Bref, on est quand même loin de la daube annoncée par la presse critique, mais il ne faut pas crier au génie non plus. Il rester un thriller honnête, qui ne peut éviter les écueils semés par l'oeuvre originale, malgré le savoir-faire du scénariste Akiva Goldsman (I, Robot, Les Chroniques de Riddick). De plus, le film s'avère assez bavard, et finit par lasser un peu (2h32 au total).

 

Spooky.


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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

 

Pour le 300ème billet publié sur le présent blog, je voulais marquer le coup. D'abord en vous parlant d'un film exceptionnel, Inception. Et puis GiZeus, collaborateur régulier du blog, m'a proposé d'écrire une chronique à deux, puisque visiblement nos ressentis étaient proches. Cela donne l'article que vous allez lire. J'espère que cela vous plaira, et vous donnera envie d'aller voir ce film, ou de le visionner lorsqu'il sortira en video.

 

Spooky.

 



Depuis Memento, il y a 10 ans, Christopher Nolan est un réalisateur-scénariste qui monte en puissance. Tous ses films, à l'exception d'Insomnia, sont des œuvres uniques, marquantes, intelligentes. Quand il a été amené à reprendre la série des Batman, en 2006, beaucoup ont eu peur qu'il s'y casse les dents, comme d'autres avant lui. Mais il a réussi le même coup que Bryan Singer avec la franchise X-Men : insuffler une nouvelle dynamique et donner une véritable dimension humaine aux personnages. Batman begins, mais plus encore The Dark Knight sont des œuvres crépusculaires, d'une dimension épique inouïe. Le Prestige, réalisé à la même époque (soit 2006) est aussi un film très réussi, sur un sujet inhabituel, la prestidigitation, mais surtout sur les faux-semblants, un sujet récurrent dans les films de Nolan.

 

En 2010, avec les pleins pouvoirs financiers de la Warner après le triomphe de The Dark Knight, il revient avec Inception, une série B aux allures de blockbuster, qui devrait asseoir définitivement sa réputation.

 

Cobb est un voleur d'un genre particulier : sa spécialité est d'infiltrer l'esprit des gens pour en extirper les secrets, au cours de leurs rêves. Un métier dangereux, complexe, mais où il est devenu le meilleur après avoir perdu sa femme. Soupçonné de l'avoir tuée, il ne peut rentrer aux Etats-Unis pour retrouver ses enfants. Pourtant une grosse société, représentée par l'énigmatique Saito, lui propose de l'affranchir de toute inculpation s'il parvient, par le biais de sa technique poussée à l'extrême, à persuader l'héritier d'un empire industriel de disloquer ledit empire. Pour cela Cobb et ses acolytes vont utiliser la procédure de l'inception, consistant à instiller une idée dans l'esprit de ses victimes, toujours par l'intermédiaire du rêve, mais en plaçant cette idée au plus profond de son subconscient, de sorte qu'il soit presque persuadé d'avoir eu l'idée lui-même. S'engage alors une véritable course-poursuite contre le temps, Cobb et son équipe ne disposant que de quelques heures pour agir. Mais un élément très perturbant, connu de Cobb seul, va gripper les rouages d'une mécanique si bien huilée...

 

Avec les bases qui sont posées, Nolan parvient à développer son sujet de façon magistrale. En effet, alors que nombre de scénaristes auraient galvaudé des idées pareilles, en nous servant un divertissement plat et sans valeur ajoutée, Inception n'hésite pas à tourmenter le spectateur dans des considérations oscillant entre mysticisme et métaphysique. Les rêves notamment, seront le moyen d'interroger le spectateur sur la réalité du monde dans lequel il évolue. Mais cette idée d'une perception faussée de l'univers, de sa tangibilité physique, est loin d'être neuve. On pourra aisément faire l'amalgame entre le Malin Génie de Descartes et le rêveur de Nolan, ou encore comparer le terrain des rêves à la Matrice. Certainement plus que Descartes, on peut spéculer que l'écrivain renommé de science-fiction Philippe K. Dick a influencé le réalisateur sur ce thème. Néanmoins, là où les exemples sus-cités se contentaient d'une dualité vrai/faux, ou laissaient planer le doute, on trouve ici une imbrication de ces univers.

 

Mais trêve d'interrogation sur une prétendue paternité. Car si Inception n'introduit pas des thèmes entièrement novateurs, le film amène avec lui sa cohorte de trouvailles jouissives. On notera au passage qu'il n'utilise pas la ficelle éculée de la romance, histoire de marquer un peu plus son originalité. Cette dernière se manifeste par un ajout qui vient rompre avec les modèles d'inspiration suspectés, avec l'idée toute simple mais lourde de conséquences de l'imbrication des rêves, comme évoqué plus haut. Une fois le monde dédoublé, pourquoi ne pas encore le multiplier à son tour ? Rien ne l'empêche, et Nolan le démontre avec un brio monstre, tout en apportant une profondeur spectaculaire au concept. Alors que l'on pourrait croire à une sorte de télépathie moderne, il n'en est rien, et il faudra ruser avec la personnalité du sujet pour parvenir à ses fins. Et le problème des réalités multiples n'épargne personne, même les principaux acteurs. Pour remédier à cette angoisse permanente, un stratagème tout simple permet de vérifier que la physique n'est pas altérée, et que l'on évolue dans la réalité. Un détail donc, mais dont l'accumulation nous fait ressentir la finition impeccable. Parmi les trouvailles de premier plan, on retiendra également les jeux visuels, qui témoignent une fois de plus de l'inventivité de Nolan. Et plus généralement, il faut louer la remarquable utilisation des effets spéciaux, qui nous en mettent plein les mirettes sans jamais tomber dans une débauche inutile, comme lorsqu'il s'agit de démontrer la qualité d'un bon Architecte.

 

Nolan a commencé à travailler sur le scénario d'Inception il y a près de 10 ans. Un projet ambitieux, dont l'action se déroule à Tokyo, Londres, Paris, Tanger, au Canada et à Los Angeles. Un choix pas anodin puisque le réalisateur est un fan des films d'action à la James Bond. Cette influence se retrouve dans l'un des niveaux de rêve du film, une course-poursuite à skis dans l'inconscient de... mais chut. Lorsqu'il a enfin pu mettre en chantier ce projet, il s'est attaché les services d'un casting de choix. En premier lieu Leonardo DiCaprio, qu'on ne présente plus, et qui a désormais tourné avec la plupart des meilleurs metteurs en scène, de Spielberg à Ridley Scott en passant par Sam Mendes ou Scorsese, sans oublier Danny Boyle et Cameron. Ridley Scott qu'il va d'ailleurs retrouver l'an prochain pour une adaptation attendue du Meilleur des Mondes. A côté de l'acteur principal, monstrueux de retenue, on trouve Michael Caine et Cillian Murphy, piliers des deux Batman de Nolan, la jeune et très douée Ellen Page (Juno), Ken Watanabe, qui joue dans toutes les grosses productions américaines mettant en scène un Japonais ou encore Joseph Gordon-Levitt, qui s'est surtout distingué à la télévision. Une distribution au diapason, impeccable dans son ensemble, y compris Marion Cotillard, dans le rôle ambigu de la femme de Cobb.

 

L'intertexte d'Inception est presque aussi complexe que son synopsis. Nous avons un homme déstructuré, qui s'enfonce dans son métier aliénant mais qui cherche aussi à retrouver sa vie, ses valeurs. Un film de casse, avec beaucoup d’action, où un groupe de complices (dont certains nouveaux) essaient d'infiltrer une personne, tout en luttant contre les défenses que celui-ci a mis en place ; sur ce plan, ça ressemble un peu à Mission impossible (la série). Les protagonistes se retrouvent dans des dimensions parallèles, celles du rêve, ou plutôt DES rêveS, puisque Cobb et son équipe décident d'imbriquer deux autres niveaux de rêve au premier dans lequel ils plongent le jeune Fischer. A chaque niveau l'un des "voleurs" se retrouve en position de "gardien", chargé de veiller au bon déroulement du processus tout en devant repousser la sécurité onirique armée. Ainsi à un moment du film on se retrouve sur plusieurs niveaux de "réalité onirique", dans des situations critiques, et Nolan joue à saute-mouton à chacune d'entre elles. Exercice casse-gueule, mais la virtuosité narrative du réalisateur (qui a aussi écrit le script) lui permet de se sortir sans encombre de cette haute voltige. C'est la productrice du film, Emma Thomas, qui a su le mieux définir le long métrage : un film de braquage sur un fond fantasmagorique. En fait le climax du film tient en quelques secondes dans le premier niveau de rêve, le temps d’une chute, durée décuplée à chaque niveau inférieur. Une déclinaison vertigineuse.

 

L'histoire ne s'embarrasse pas de termes techniques, se concentrant sur l'action, qui devient vite omniprésente, après une période d'exposition des enjeux et de recrutement de l'équipe de Cobb. Très vite également les mouvements de caméra, extrêmement efficaces, portés par le score addictif de Hans Zimmer embarquent le spectateur dans une expérience inouïe depuis Matrix. La comparaison est inévitable, non seulement pour les raisons déjà invoquées, mais aussi parce que l'on a également dans le film de Nolan une scène de combat en apesanteur. Cette apesanteur, si elle se justifie dans le premier niveau de rêve, est pourtant absente des niveaux inférieurs. Il y a là, peut-être, la seule faille narrative du film de Nolan. Car pour peu que l'on adhère au sujet, c'est imparable. Le film produit des effets quasi hypnotiques, pouvant amener certains spectateurs à avoir du mal à se « reconnecter » à la réalité. A une époque où les mondes virtuels sont montrés du doigt au sujet de l’aliénation de la population, Inception se place en tête de pont, même si le sujet de l’aliénation elle-même est au cœur du film.



 La dernière séquence du film laisse la porte ouverte à diverses interprétations. Cela va laisser beaucoup de spectateurs perplexes, voire déçus. Mais on retrouve la patte de Nolan, qui aime laisser les gens sur une interrogation. Et si l’on va faire un petit tour sur Internet, on trouve déjà tout un tas de théories. Posez-vous par exemple la question de la parenté entre un morceau de musique très connu qui tient une place importante dans le film, et le thème principal, qui ouvre et referme le long métrage. D’autres questionnements, relatifs à la place du rêve dans le film, se font jour également, mais ce serait faire des spoilers à la chaîne que d’en parler. D’autant plus que le montage laisse peu de temps à la réflexion, on peut vite être perdu dans les différents niveaux de « réalité ». 

 

L'ensemble du film est donc réalisé d'une façon techniquement incroyable, et certains pourraient avoir l'impression de retrouver le Spielberg de Minority Report, pour donner un exemple relativement proche. Christopher Nolan est tout simplement l’un des réalisateurs les plus doués à l'heure actuelle, il est à la place que l'on promettait à M. Night Shyamalan il y a une dizaine d'années. Espérons qu'à l'instar du réalisateur américain d'origine indienne, l'Anglais ne se brûlera pas les ailes dans des projets boursouflés.

 

Pour un univers riche basé sur un concept imparable -la richesse de l'imagination humaine-, il fallait un réalisateur et un scénariste visionnaire. Christopher Nolan est de cette trempe.

Pour ces raisons, Inception mérite bien un second visionnage, ne serait-ce que pour être certain d'avoir saisi toutes les idées évoquées, et saisir les multiples possibilités offertes par le scénario. Par les temps qui courent, il est d'autant plus rare et précieux de trouver un blockbuster de cette trempe, qui n'hésite pas à faire cogiter le spectateur. La question suprême que se pose donc Nolan, à travers Inception, est celle du rêve ultime, et du Premier Architecte.



Chef d'oeuvre en puissance, film déjà culte... voici un panel d'expressions sans une once d'originalité, mais qui élèvent ce long-métrage au rang qui lui échoie : celui d'un spectacle grandiose réussi de bout en bout. Chapeau bas l'artiste.


 

GiZeus et Spooky.

 



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