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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

films

Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Mon retard en termes de films d'animation japonais, et en particulier les productions Ghibli frôlant l'indécence, j'ai décidé de prendre cette lacune à bras-le-corps.

 

Première étape de ce rattrapage donc, Pompoko, film d'Isao Takahata, connu également pour le magnifiquement triste Le Tombeau des Lucioles. Ce film, basé sur une idée d'Hayao Miyazaki,  a été réalisé en 1994 et a obtenu un prix au festival d'animation d'Annecy l'année suivante. Il a fallu toutefois attendre 2005 pour qu'il sorte en France...

 

Dans les années 1960, le Japon connaît une forte croissance et les logements font défaut. De vastes programmes de construction sont lancés, destinés à transformer les campagnes en villes nouvelles, en particulier la haute vallée de la Tama, à l'ouest de Tokyo. Dans les bois à la périphérie de Tokyo vivent les tanuki. Ce sont à la fois des animaux réels et des animaux mythiques assimilés aux kitsune. La destruction quotidienne de leur espace vital inquiète les tanuki. Ils décident de s'unir et d'enrayer la progression nuisible des travaux en se transformant en divers objets pour garder leur campagne dans laquelle ils vivent…

 

On le voit, le film se base sur une réalité historique, la croissance démographique japonaise qui rogne peu à peu ses valeurs ancestrales, pour nous raconter une histoire aussi simple qu'efficace. La nature, mais aussi le fait que les tabuki soient révérés comme des semi-divinités sont donc battus en brèche. Ceux-ci vont donc utiliser leur pouvoir spécial, celui de se transformer en ce qu'ils veulent, pour effrayer les humains. Mais rien n'y fait, la disparition des anciennes superstitions les amène à prendre leurs manifestations comme une suite de coups du sort, même si un temps on pense le chantier de la ville nouvelle hanté.

 

Takahata joue de l'étrangeté induite par cette ambiance, mais aussi de l'image fêtarde des tanuki pour nous livrer un film aussi inventif qu'émouvant si l'on sait lire entre les lignes. Le pompon revient même à l'usage tout particulier que font les rongeurs de la peau de leurs "roubignoles" (terme utilisé dans la VF) pour lutter contre l'avancée humaine.

 

Un film à voir en famille, très intéressant pour qui veut comprendre (un peu) la société japonaise moderne.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Caleb Smith est un programmeur de 26 ans qui apprend un jour qu'il a "gagné" un séjour d'une semaine auprès de son patron, le très discret Nathan. Lorsqu'il le rejoint dans son refuge en montagne, il est très étonné d'apprendre qu'en fait son séjour va l'amener à être confronté à un robot créé par Nathan, et à déterminer s'il a une intelligence artificielle, c'est à dire si ledit robot a conscience de lui-même. Mais un détail va troubler Nathan ; ledit robot, surnommé AVA, est de forme humanoïde et possède un visage plutôt avenant. Sous la surveillance de Nathan, les deux engagent une conversation, d'abord à sens unique, mais bientôt un véritable échange s'amorce, y compris pendant des coupures de courant inexplicables.

 

Alex Garland, après avoir été le scénariste remarqué de La Plage, 28 jours plus tard, Sunshine ou encore Dredd, passe à la réalisation avec ce techno-thriller glaçant. On y retrouve en quelque sorte sa patte, une atmosphère de faux-semblants, de manipulation des esprits, un jeu de miroirs qui oscille entre le contemplatif et les scènes de dialogue. Car il ne se passe pas grand-chose dans Ex Machina, excepté dans les 10 dernières minutes. C'est un huis-clos angoissant, avec seulement 4 personnages, loin d'autres titres du genre tels AI - Intelligence artificielle, I, robot, Wall-E, Short Circuit ou Blade Runner.

 

On va citer ces quatre acteurs, tiens, en premier lieu Domhnall Gleeson, fils aîné de l'acteur irlandais Brendan, qui a joué dans les deux derniers Harry Potter, Dredd et Anna Karenine, apporte sa fragilité au personnage de Caleb. Face à lui Oscar Isaac, vu dans Sucker Punch et Drive, se cache derrière des lunettes et une barbe de hipster pour mieux tromper son entourage, alors qu'il se montre obsédé par sa forme physique et ses facultés intellectuelles. Un entourage complété par Alicia Vikander (Anna Karenine), au visage pas si cristallin qu'on pourrait le croire, et dont la démarche semi-robotique est troublante dans le rôle d'AVA ; et Kiyoko, l'assistante japonaise de Nathan, jouée par Sonoya Mizuno. Tous se croisent dans ce huis-clos glacial et oppressant, dans des décors naturels norvégiens.

 

C'est surtout l'ambiance qui prime dans ce film, même si les problèmes de société soulevés sont loin d'être inintéressants : les intelligences artificielles, la surveillance virtuelle, la solitude, la folie, la frontière mince entre la conscience humaine et celle que devrait inéluctablement atteindre la cybernétique d'ici -peut-être- quelques décennies.

 

Difficile de donner un avis tranché sur ce film ; pour moi ce n'est pas un chef-d'oeuvre, mais une variation intéressante sur le thème de la conscience robotique, qui ne va peut-être pas assez au fond des choses. Son rythme très lent peut aussi rebuter pas mal de spectateurs.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Je n'avais jamais entendu parler de ce film avant d'écumer des listes des "meilleurs films de SF", histoire de sortir des grosses cylindrées US et des classiques qui sont parfois anciens. Attack the Block est à peu près tout le contraire ; c'est un film britannique de 2011, réalisé avec peu de moyens mais beaucoup d'énergie, pas l'équipe qui a fait Hot Fuzz et Shaun of the Dead, des films qui avaient éveillé en moi à peine plus qu'un intérêt poli. Joe Cornish est également le coscénariste de Ant-Man et des Aventures de Tintin : le Secret de la Licorne.

 

Partant d'une agression par de jeunes délinquants dont il a été victime une décennie auparavant, le scénariste-réalisateur a imaginé une invasion extraterrestre qui permettrait à de tels adolescents d'utiliser leur énergie dans une autre direction et de se révéler. S'inspirant du cinéma de John Carpenter (Assaut, New York 1997), Cornish utilise le cadre de la banlieue sud de Londres comme unique décor de l'histoire, dans une sorte de Banlieue 13 avec des aliens.  L'invasion extraterrestre commence dès les premières minutes, et les personnages passent leur temps à courir ou se cacher sous la menace des terribles chiens-gorilles, réalisés en effets optiques traditionnels. C'est fou ce qu'on arrive à faire avec des fumigènes, deux vélos-cross et un peu d'inventivité.

 

 

Cette course-poursuite est rythme par la partition musicale de Steven Price, dont c'est le premier travail, après avoir été le monteur de la musique des deuxième et troisième volets du Seigneur des Anneaux. Un coup d'esai qui se révèle un coup de maître puisque les rythmes techno sont aussi importants que le montage effréné. Au niveau technique le film est bien réalisé, très efficace, et Cornish filme même une scène au ralenti, une nouvelle poursuite d'une facture tout bonnement excellente.

 

Les acteurs sont des quasi-inconnus, à part Nick Frost, que l'on a pu croiser dans Shaun of the dead, Hot Fuzz, le Dernier bar avant la fin du monde, Good morning England, Paul... Il tient solidement son rôle de dealer/grand frère de la bande de petites frappes, mais c'est le duo qui tient le haut de l'affiche qui m'a le plus impressionné : Jodie Whittaker, qui joue la jeune femme dépouillée au début par la bande menée par John Boyega, tous deux acteurs de séries et de séries B, voire C. La prestation de Boyega, remarquable dans un contexte où il aurait pu être très moyen, lui vaut de participer à l'Episode VII de Star Wars, et même d'être le premier personnage à apparaître lors de la première bande-annonce officielle.

 

 

Bref, vous l'aurez compris, je recommande chaudement ce petit film de SF, cet Alien en banlieue.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

C'est par un soir de désoeuvrement que j'ai vu ce film, remake d'un long métrage de 1980 de John Carpenter. Pas un grand film de ce dernier ceci dit, mais un classique revisité et remis au goût du jour. Il est intéressant de noter que Big John a lui-même produit cette chose, et qu'il indique dans les bonus que les remakes sont des bonnes choses, qu'ils permettent aux jeunes générations de (re)découvrir des classiques des films d'horeur. Une posture qui me laisse quelque peu circonspect, et je dois même le dire, plutôt déçu.

 

Car même s'il n'est pas d'une facture excellente, il s'agit, comme je l'ai dit, d'un classique qui se suffit à lui-même, et dont la revisitation "moderne" n'apporte pas grand-chose. Cependant le scénariste Cooper Layne a fait évoluer les personnages, les enrichissant au passage de relations avec leurs proches, au détriment, quelque part, de l'horreur induite par ce brouillard qui du jour au lendemain fond sur une petite île de la Nouvelle-Angleterre. Un brouillard qui abrite des créatures malveillantes venues régler, quelques 160 ans plus tard, une dette de sang... Alors certes, si cette nouvelle version du pourquoi est intéressante et mieux écrite que dans l'original, le comment est moins heureux. Il faudra qu'on m'explique l'intérêt de la scène de coït sous la douche...

 

 

Les deux héros sont incarnés par Tom Welling (Smallville) et Maggie Grace (Lost), tous les deux des champions du visage monolithique et du charisme d'huître. Pour compléter la tête d'affiche, on trouve Selma Blair (Hellboy), un peu plus douée, qui est censée apporter sa fantaisie et son étrangeté au rôle. Pas de pot, celui-ci est presque totalement plat et n'apporte, en prime, pas grand-chose à l'histoire. Ah, on n'oublie pas l'acteur black de service, qui de facto, est la caution humoristique... Je ne suis même pas mauvaise langue, c'est clairement dit dans les bonus du DVD. Reste le département des effets spéciaux, qui s'est visiblement démené pour faire un brouillard crédible, mais n'arrive pas à faire mieux que ce qu'a fait Carpenter en 1980... Et pour la musique, sans vouloir faire offense à Graeme Revell, on est loin du score de Carpenter lui-même, qui arrivait à créer des ambiances particulières dans ses films... On va dire que les visages des monstres sont réussis... Mais qui est donc responsable de tout ça, me direz-vous ? C'est Rupert Wainwright, réalisateur britannique de l'honnête Stigmata, qui s'y est collé. Il a depuis plus ou moins disparu des écrans radar.

 

 

Au final ? le film n'est pas une franche réussite, et confirme que certaines valeurs sûres du cinéma de divertissement (comme Spielberg avec Jurassic World) ont tort de confier leur bébés à des continuateurs.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Il m'a fallu attendre une quinzaine d'années pour voir cet excellent film de Brad Bird.

 

Oui, plus de quinze ans. Je l'avais loupé à sa sortie, et depuis j'en entends régulièrement parler, avec le plus grand bien. C'est donc à la faveur d'un visionnage estival, non par désoeuvrement, mais animé d'une véritable curiosité, que j'ai pu le voir. Brad Bird était auparavant réalisateur de plusieurs épisodes des Simpson, ce long-métrage est son premier et le fera remarquer par Disney, qui lui fera faire Les Indestructibles, Ratatouille, et le Monde de demain (avec une incursion dans le film d'action pour Mission impossible: Protocole fantôme. C'est donc l'éclosion d'une valeur sûre, autant en termes de scénario (puisque c'est lui qui adapte pour l'écran un roman de Tom Hughes, the Iron Man) que d'animation (même si le côté un peu cheap de l'animation révèle un certain manque de moyens qui ne fait que rajouter au charme du long métrage).

 

Nous sommes en 1957. Les Soviétiques viennent de lancer le premier satellite géo-stationnaire, le Spoutnik, ravivant les suspicions américaines en ce début de Guerre froide. Un gamin un peu futé, Hogarth Hughes, tombe nez à nez dans la forêt avec un robot géant, avec lequel il sympathise vite. Mais les rumeurs vont encore plus vite, et un employé d'une agence gouvernementale débarque dans le secteur pour fureter partout et surtout neutraliser, par la force s'il le faut, un éventuel engin envoyé par ceux d'en face. Ce positionnement va amener Hogarth à vouloir cacher son Géant de fer, avec les plus grandes difficultés. Ce qui amène plusieurs quiproquos, des situations dramatiques et des malentendus...

 

 

On passe par de nombreuses émotions en visionnant ce film, dès lors qu'on s'y laisse prendre, bien sûr : le rire avec les situations où des morceaux du robot se baladent presque à découvert, de la colère lorsqu'on voit que l'agent gouvernemental fait tout pour détruire l'engin, la curiosité le concernant, car finalement, d'où vient-il ?... Ou encore la tristesse, car bien sûr l'intervention de l'armée sur site va amener des dégradations. Avec son heure et ses 25 minutes au compteur, le film serait même peut-être un peu court, on aurait peut-être aimé une exposition un peu plus longue concernant Hogarth.

 

Le casting vocal est impeccable, avec Jennifer Aniston qui joue la mère du garçonnet, Vin Diesel qui prête sa voix caverneuse au Géant, et Harry Connick Jr. qui prête la sienne au ferrailleur qui cache le géant. Mention spéciale aussi à Michael Kamen, qui livre une partition musicale digne des meilleurs Disney, emmenant le spectateur dans les strates supérieures de l'atmosphère avec sa symphonie.

 

Il s'agit là sans conteste d'un chef-d'oeuvre du film d'animation, que je vous recommande.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

 

Je vous ai mis l'affiche preview, que je trouve assez sympathique...

 

Marvel clôt la Phase 2 de son Cinematic Universe avec ce long-métrage, curieusement le moins attendu, peut-être parce que son héros éponyme a été un peu oublié, et que le film a joui d'une campagne de marketing moins agressive que les autres.

 

Comme pour le succès inattendu de l'été dernier, la réalisation a été finalement confiée à un réalisateur inattendu, à savoir Peyton Reed (dont les plus hauts faits d'armes sont une rom'com' avec Jennifer Aniston et la comédie Yes Man avec Jim Carrey), après qu'Edgar Wright ait longtemps été attaché au projet, avant de lâcher l'affaire, visiblement en désaccord avec les studios. Et tous les fans du réalisateur britannique de crier au scandale (quitte à me faire moins d'amis, je dirai que Hot Fuzz, Shaun of the dead et le Dernier pub avant la fin du monde n'ont soulevé chez moi qu'un intérêt poli). Il va falloir s'y faire, même si le script de Wright a servi de base au remaniement narratif opéré par Adam Mc Kay et Paul Rudd, entre autres. Et il reste crédité. Mais de quoi donc cela parle ?

 

 

Darren Cross, qui a évincé Hank Pym de la société qu'il a fondée quelques années auparavant, l'invite pour lui présenter le Pourpoint Jaune, une combinaison qui permet de changer de taille à volonté. Mais le physicien pressent la menace derrière l'avancée technologique, puisque l'industriel s'apprête à le vendre à HYDRA, complexe militaro-industriel qui s'oppose aux Avengers. Pym souhaite donc dérober la combinaison miracle, mais a besoin pour cela d'un homme jeune, spécialiste des cambriolages audacieux, lui-même étant âgé et marqué par l'utilisation répétée de sa propre combinaison par le passé. Contrairement à l'avis de sa fille, qui aimerait s'en charger, il recrute Scott Lang, un casseur renommé qui sort de prison et essaie de se reconstruire, notamment auprès de sa propre fille, que garde son ex-femme.

 

 

Nous sommes donc dans un film de casse, avec recrutement d'une équipe, entraînement, repérage... Relativement classique, sauf qu'une bonne partie de l'équipe de Lang se trouve être... des fourmis, puisque lui-même a le pouvoir de se réduire à leur taille. Le film se tient bien, dans l'ensemble, il est cohérent, même si on peut se demander pourquoi la combi de Cross focalise autant l'attention de Pym ; on peut se dire qu'en cas de vol il saura la reproduire, non ? L'esprit de Wright est présent au travers de l'humour, qui traverse une bonne partie du récit, mais contrebalance les nombreuses scènes d'action, apportées par les autres scénaristes. La scène du train, visible dans la bande-annonce, constitue peut-être l'un de ses moments les plus drôles.

 

Le casting du film est assez hétéroclite ; c'est Paul Rudd, qui a une longue carrière au cinéma, sans être apparau dans des grands succès qui incarne Scott Lang. Il révèle une belle présence, et un jeu peut-être trop profond pour le personnage. Son mentor est incarné par Michael Douglas, qui après Samuel L. Jackson, Robert Redford ou Anthony Hopkins, est une nouvelle légende d'Hollywood qui intègre l'univers Marvel. Et il est loin de faire de la figuration, il tient encore la forme et se montre plutôt bon. Sa fille est jouée par Evangeline Lilly, qui après Le Hobbit s'installe dans les franchises, avec cette fois-ci un rôle nettement plus consistant, et appelé à revenir... Le méchant est incarné par Corey Stoll, pas forcément convaincant, mais sa partie en combinaison est à la fois bien réalisée et drôle. A noter la présence de Michael Peña, dans le rôle de la petite frappe rigolote.

 

 

Le motif "nouveau" dans le Marvel Cinematic Universe, c'est l'apparition d'un héros "adulte", et même "père", puisque les autres sont de grands adolescents guidés par leurs hormones. De plus c'est un homme qui est en proie aux affres du quotidien, ce qui n'est pas le cas de Captain America, Iron-Man, Thor...

 

Au final, un "petit" Marvel, dans le sens où il est moins spectaculaire que presque tous les autres, mais une comédie d'action mâtinée de fantastique qui se regarde sans déplaisir. Et qui se suffit à lui-même, même s'il y a une séquence relative aux Avengers et comme d'habitude des scènes post-générique (deux, cette fois). Pas de surenchère technique, pas d'empilements de super-héros (même si on peut en compter 8 entre ceux qui sont présents, qui le furent ou qui le seront, en comptant les scènes post-générique).  Peut-être le Marvel le plus abordable, même par les grincheux.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Cela faisait un moment que je n'avais pas vu un vrai film de trouille. Il faut dire que la multiplication des clones de Paranormal Activity et autres Insidious ne m'intéressait pas plus que ça. Et puis le bon buzz qui entourait It follows, sorti en début d'année, m'a encouragé à franchir le pas.

 

C'est l'histoire d'un malédiction, d'une hantise, qui peut se transmettre. Non, pas comme dans Le Témoin du Mal, mais plutôt, ou exactement, comme une MST. En effet le film commence lorsque la jeune Jamie couche avec Jeff, avec lequel elle fricotait depuis quelques temps. Elle aurait pourtant dû se méfier, il avait un comportement étrange, semblant être le seul à voir des gens. Mais après avoir couché, Jeff lui raconte une étrange histoire : il est poursuivi par une chose qui change d'apparence à volonté, pouvant même ressembler à un proche, et ne peut s'en débarrasser qu'en couchant avec quelqu'un.

 

Concept simple, inspiré au réalisateur David Robert Mitchell par un cauchemar récurrent.

 

 

Dès lors le film n'est, comme vous vous en doutez, qu'une longue fuite, Jamie étant aidée par quelques amis et sa soeur, afin d'échapper ou d'enrayer cette malédiction. Mais la chose est difficile à abattre... Tout tient dans le suggestif, l'ambiance où menace une présence lourde, dans des décors de banlieues insalubres ou de plages désertes, tous ces décors étant à Detroit. La caméra est sobre, insistant sur les regards des adolescents perdus et terrifiés, mais passe parfois en mode subjectif. Le tout soutenu avec force par une musique atmosphérique (signée Rich Vreeland) qui rappelle curieusement celle de John Carpenter, influence avouée du réalisateur, avec celle de David Cronenberg.

 

A noter que le film a reçu le Grand Prix au festival du film fantastique de Gérardmer.

 

Un bon film de trouille, basé sur un concept simple, mais efficace, et qui fonctionne mieux, à mon goût, que Le Projet Blair Witch.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Il y a quelques temps une liste un peu moqueuse a circulé sur les réseaux sociaux, récapitulant les idées de départ des films du studio Pixar.

La voici.

 

Le robots ont des pensées.

Les rats ont des pensées.

Les jouets ont des pensées.

Les avions ont des pensées.

Les voitures ont des pensées.

Les poissons ont des pensées.

Les monstres ont des pensées.

Les fourmis ont des pensées.

 

Et enfin le dernier :

 

Les pensées ont des pensées.

 

Tout ceci dans le plus grand désordre, je vous laisse faire les connexions, et vais vous parler du dernier film en date, Vice-Versa. Passons sur le titre français, difficilement justifiable et qui traduit mal l'original, Inside Out.

 

Eh oui les amis, les pensées ont des pensées. Pete Docter, réalisateur de Monstres et Cie et Là-haut, nous emmène avec son complice Ronaldo del Carmen dans le cerveau de la jeune Riley, onze ans, à proximité des cinq pensées qui régissent toute sa vie : Peur, Colère, Dégoût, Tristesse et Joie. Lesquelles passent leur temps dans une sorte de salle de contrôle, dans une entente toute relative, à gérer les émotions et les souvenirs de la fillette. Mais un jour où la famille de Riley déménage, Tristesse déconne un peu, et touche un souvenir heureux, le transformant en malheureux. Ce qui enclenche une forte réaction de Joie, et les envoie en-dehors de la mémoire centrale, sur des terres inconnues où sont stockés des milliards de souvenirs, avec une altération de la vie de Riley qui s'enclenche.

 

 

Tout est bien sûr dans la métaphore, entre le labyrinthe fascinant des souvenirs, l'ami imaginaire qui ne veut pas être oublié, les pensées "restantes" qui sont seules maîtresses à bord et paniquent... l'éveil de la conscience, l'approche de la puberté, la façon dont certaines réactions des parents sont gérées, voilà quelques exemples des situations décrites avec humour et bon sens par les scénaristes. Ce qui occasionne plusieurs scènes extrêmement drôles, et quelques autres franchement touchantes. Et un générique de fin hilarant, déclinable à l'infini. On attend maintenant un Vice-Versa 2, avec l'adolescence de Riley...

 

A noter le casting vocal de qualité en VF : la gouaille québécoise de Charlotte Le Bon pour la Joie, l'adaptabilité de Pierre Niney en Peur, la présence de Gilles lellouche pour la Colère, la propension à s'apitoyer de Marilou Berry, parfaite pour la Tristesse.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Deuxième film le plus attendu de l'année après Avengers : l'ère d'Ultron et avant Star Wars: Episode VII, j'avoue que j'avais quelques réticences à aller voir ce film. Parce qu'Hollywood n'en finit pas de faire des remakes/reboots/suites de franchise, et aussi parce que même s'il reste tapi dans l'ombre en tant que producteur, Spielberg n'est pas aux manettes de ce méga-blockbuster.

 

C'est Colin Trevorrow qui le réalise donc. Ça vous parle ? A Moi non plus. Crédité d'un seul film, Safety not guaranteed, qu'à peu près personne n'a vu, mais auréolé de l'étiquette de l'héritier de Spielberg, l'inconnu débarque donc parmi les réalisateurs de poids. Ou pas. Crédité comme co-scénariste aux côtés de trois autres inconnus, son script est une sorte de patchwork des trois précédents films. Au-delà de l'hommage de l'élève de 38 ans au maître, on a quand même des scènes entièrement pompées sur celles de Spielberg. Le génie, l'étincelle de fantaisie en moins. Réalisé assez platement, son Jurassic World s'en révèle tout de même assez plaisant à regarder, les effets spéciaux effectuant une bonne partie du travail. Car oui, ce ne sont plus des animatroniques réalisés par Stan Winston (décédé en 2008), mais des animaux réalisés par ordinateur qui sont présents à l'écran.

 

Car bien sûr les dinosaures sont présents en masse dans ce quatrième opus, qui prend pied sur Isla Sorna, où se déroulait le premier film. Ce Jurassic World s'en veut une suite "directe", se déroulant 20 ans plus tard, faisant abstraction des deux autres films. Un nouveau parc d'attractions, plus grand et plus sécurisé que le précédent, qui propose des animaux gigantesques. Mais cette fois-ci la star, ce n'est plus le Tyrannosaure ou le Raptor, mais le mosasaure, monstre marin (trois fois plus grand que le "vrai", mais passons, puisque les scientifiques maison font joujou avec l'ADN comme moi avec un glaçon dans mon verre de limonade). Ils sont tellement couillons qu'ils laissent échapper le seul spécimen d'une "nouvelle" espèce, l'Indominus Rex, croisement de T-Rex et d'autres animaux. Le secret entourant d'ailleurs son patrimoine génétique va d'ailleurs constituer un élément clé du film. Donc, le poulet géant gonflé aux hormones s'échappe, et va commencer à semer la panique dans le parc, où se trouvent plus de 20.000 visiteurs. L'évacuation prenant du temps et les responsables financiers du domaine voulant à tout prix étrouffer l'affaire, ils essaient de lancer sur les traces du monstre une unité spécialement entraînée -et équipée d'armes légères, cherchez l'erreur-, qui bien sûr se fait décimer en 38 secondes et 2 centièmes.

 

Mais c'est alors que surgit Owen Grady, dresseur de raptors (mais oui !), et ça tombe bien, ancien des forces spéciales. A moins que ce ne soit la NSA, le FBI ou les Impôts. Bref, on s'en fout, il est costaud, il n'a peur de rien (même pas du ridicule en faisant une course de moto au milieu des raptors). Et oh, il a le béguin pour la directrice du parc, qui va passer de la pétasse superficielle et vénale à la super-tatie en talons hauts qui tient tête à une bestiole de 15 tonnes. Et tout ça en l'espace de deux heures les amis, oui oui oui.

 

 

Passons sur les autres personnages caricaturaux, comme le technicien en sécurité des réseaux qui est le gentil geek et qui sort TOUTES ses répliques et TOUS ses arguments au premier venu en l'espace de 5 minutes, ou le responsable para-militaire qui ne cache même pas son jeu, et prenant les rênes du parc à la première occasion, sans que personne ne se demande d'où il sort... Passons aussi sur le rôle du pote dresseur de Grady, joué par Omar Sy, qui même s'il joue bien, ne sert ABSOLUMENT à rien. On notera par contre le seul personnage déjà présent dans le premier film, le Dr Henry Wu, généticien à l'origine des tripatouillages des gênes, incarné par le même acteur, B. D. Wong. Les autres acteurs ? Chris Pratt, "révélé" par Les Gardiens de la Galaxie se montre très à l'aise dans son rôle d'Indiana Jones à la sauce jurassique, même si je le trouve en-deça en termes de jeu. A ses côtés, Bryce Dallas Howard (Le Village, La Jeune fille de l'Eau, Spider-Man 3 ...) effraie plus qu'elle ne séduit avec sa coupe de cheveux au carré balayé-coupé-décalé et son rouge à lèvres trop éclatant sur sa peau blanche. Bon, après, elle est barbouillée de caca de lézards géants, ça passe mieux. Vincent d'Onofrio semble avoir plus donné de sa personne pour la série TV Daredevil que pour son presque transparent personnage de directeur de la sécurité... A la limite ce sont les deux neveux de la directrice, qui décident de jouer à l'école buissonnière dans le parc, qui s'en sortent le mieux. mention spéciale donc à Nick Robinson et Ty Simpkins. Passons aussi sur la fin du combat de fin, qui est à la limite du ridicule. ils auraient pu s'embrasser devant la bannière étoilée quand même...

 

La bande originale du film est plutôt réussie, Michael Giacchino (Mission: impossible III, Super 8 et Star Trek) reprenant et déclinant, sans grand génie toutefois, le merveilleux score original de John Williams.

 

Au final, un film spectaculaire (heureusement...), mais sans véritable génie ; je pense que quelqu'un comme JJ Abrams aurait pu en faire quelque chose de plus inventif, mais sans humour. Mais bon, il est occupé à reprendre le flambeau sur Star Wars...

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

J'avoue, quand les premières images de ce nouvel opus de la série de Papy Miller sont sorties il y a quelques semaines, je n'ai cru y voir qu'un nouvel épisode spectaculaire mais décérébré. Et puis le film est sorti, les premières critiques aussi, professionnelles ou émanant de connaissances. La rumeur positive a enflé, et j'ai eu envie d'aller le voir à mon tour (au passage, merci Sébastien).

Et...

La claque.

 

Ce Mad Max 4 est en effet ultra-spectaculaire. Ça défourraille dans tous les sens, ça file à toute berzingue, ça fait des galipettes en moto, en camion... Non non, je ne suis pas en train de vous parler de Fast and Furious 8, mais bien de ce film sorti un peu de nulle part, réalisé par un cinéaste qu'on avait perdu de vue depuis presque 20 ans (si on exclut les Happy Feet, qui émargent dans une toute autre catégorie), et qui sort de l'industrie cinématographique alimentaire pour nous livrer un putain de film d'auteur, l'un des plus jouissifs dans un genre particuliers. Si je pouvais oser une comparaison, je dirais que George Miller est au road-movie post-apocalyptique ce que George Romero est au film de zombie. Une pierre angulaire.

 

 

L'histoire ? Elle peut tenir en deux lignes. Max essaie toujours d'échapper à des gangs complètement hallucinés, tandis que sa route va croiser celle d'une guerrière au bras amputé qui essaie de sauver des jeunes femmes de la coupe patriarcale et dictatoriale d'un homme qui se dit immortel. 97% du film consiste en une course-poursuite entre un camion et des dizaines de motos, tanks, camions et voitures aux moteurs surgonflés, dans un paysage désertique. Dans une société post-apocalyptique pareille, tout un chacun a quand même le cerveau, en plus du corps, un peu pété. Dès lors il ne faut pas s'étonner que les personnages aient un comportement étrange, voire halluciné. Par moments on se demande un peu ce que le réalisateur a pu fumer. Mention spéciale à un personnage qui parade sur le fronton d'un véhicule. je ne vous en dis pas plus. Mais à côté de ça, tout se tient scénaristiquement, Miller n'en fait pas des tonnes, ne rajoute pas une love story complètement à côté de la plaque, il s'agit d'une lutte pour la survie, la liberté, on n'a pas vraiment le temps d'avoir des sentiments dans une situation pareille.

 

Immortan Joe, ses warboys et ses véhicules.

 

On peut lire ça et là que ce Mad Max est un film "féministe". Je ne récuse pas du tout cette affirmation, puisqu'une grande part du métrage laisse la place au beau sexe, et pas pour faire de la figuration. Elles sont peut-être même plus nombreuses que les homme en termes de rôles parlants. En tête de gondole, Charlize Theron, qui confirme qu'elle peut TOUT jouer, même les guerrières craspecs avec un bras mécanique. C'est elle le véritable moteur de l'histoire, Max n'est en fait qu'une sorte d'outil narratif qui vient se greffer à la quête de Furiosa. Mais il y a aussi une demie-douzaine de jeunes actrices absolument charmantes et loin d'être décoratives, y compris avec un polichinelle dans le tiroir, et d'autres encore, qui toutes ou presque passent à l'action le moment venu. Des pétroleuses de tous âges, qui mettent littéralement les doigts dans le cambouis dans ce Salaire de la peur post-apocalyptique. Aux côtés de Charlize, jouant le rôle de Max Rockatansky, se trouve l'anglais Tom Hardy. Son charisme de vieille chaussette trouée, sa voix caverneuse, son impavidité et sa carrure solide en font le candidat idéal pour le rôle, mutique (remember le Bane du dernier Batman). Et pour compléter le trio, signalons Nicholas Hoult, en Warboy complété chtarbé, lui aussi méconnaissable, qui après Warm Bodies en 2013 et les deux derniers X-Men (dans le rôle de Fauve jeune), se construit une belle petite carrière dans le film de genre. En face se trouve Hugh Keays-Byrne, qui faisait partie du casting du premier Mad Max en 1979 et a construit l'essentiel de sa carrière dans la série TV Farscape. 35 ans après, il est encore caché derrière un masque, mais les expressions du peu que l'on voit de son visage sont plutôt convaincantes.

 

Nicholas Hoult, avec un maquillage spectaculaire.

 

La réalisation est d'une lisibilité exemplaire. Il se passe beaucoup de choses dans un espace réduit (en gros, dans, et autour d'un camion) ; on ne se dit jamais "mais qu'est-ce qu'il fout là, lui ?" La course-poursuite est réglée au millimètre, un vrai chef-d'oeuvre. La bande-son n'est pas en reste. Avec un personnage récurrent et totalement inattendu, une bande originale qui décoiffe signée Junkie XL et des effets sonores extraordinaires (mention spéciale à un passage où elle s'adapte à l'ouïe de Max), ça dépote là aussi. Environ 80% des effets visuels que l'on peut voir dans le film ont été réalisés sans trucages informatiques, avec de véritables véhicules, de vrais cascadeurs, des maquillages authentiques et bien d'autres choses. Une pratique peu courante à l'heure du développement du numérique et des CGI à tout-va. A noter encore une fois le design hallucinant des véhicules, qui ont permis aux cascadeurs de faire des prouesses à l'écran. Les acteurs ont d'ailleurs assuré eux-mêmes certaines cascades...

 

Le film règne dans des ambiances chromatiques très marquées, passant de l'ocre du sable du désert au bleuté clinique de la nuit. Des atmosphères très réussies.

 

Mad Max Fury Road est donc l'histoire d'une résurrection. Trente ans après le dernier opus, mais avec un script qu'il a commencé à rédiger en 1997, George Miller revient au premier plan. Le tournage commença en Namibie à l'été 2012, après plusieurs reports. Le réalisateur a donc pris le temps. Cette résurrection devrait perdurer, puisque le script d'un cinquième film de la saga est déjà écrit, et qu'il devrait être tourné d'ici 2017. Il faut dire que dans ce faux reboot les différents personnages, et en particulier Max et Furiosa, laissent une part d'ombre sur leur passé.

 

Au final ? Une totale réussite. Le film de l'année pour moi.

 

Spooky

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