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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

films

Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Deuxième film le plus attendu de l'année après Avengers : l'ère d'Ultron et avant Star Wars: Episode VII, j'avoue que j'avais quelques réticences à aller voir ce film. Parce qu'Hollywood n'en finit pas de faire des remakes/reboots/suites de franchise, et aussi parce que même s'il reste tapi dans l'ombre en tant que producteur, Spielberg n'est pas aux manettes de ce méga-blockbuster.

 

C'est Colin Trevorrow qui le réalise donc. Ça vous parle ? A Moi non plus. Crédité d'un seul film, Safety not guaranteed, qu'à peu près personne n'a vu, mais auréolé de l'étiquette de l'héritier de Spielberg, l'inconnu débarque donc parmi les réalisateurs de poids. Ou pas. Crédité comme co-scénariste aux côtés de trois autres inconnus, son script est une sorte de patchwork des trois précédents films. Au-delà de l'hommage de l'élève de 38 ans au maître, on a quand même des scènes entièrement pompées sur celles de Spielberg. Le génie, l'étincelle de fantaisie en moins. Réalisé assez platement, son Jurassic World s'en révèle tout de même assez plaisant à regarder, les effets spéciaux effectuant une bonne partie du travail. Car oui, ce ne sont plus des animatroniques réalisés par Stan Winston (décédé en 2008), mais des animaux réalisés par ordinateur qui sont présents à l'écran.

 

Car bien sûr les dinosaures sont présents en masse dans ce quatrième opus, qui prend pied sur Isla Sorna, où se déroulait le premier film. Ce Jurassic World s'en veut une suite "directe", se déroulant 20 ans plus tard, faisant abstraction des deux autres films. Un nouveau parc d'attractions, plus grand et plus sécurisé que le précédent, qui propose des animaux gigantesques. Mais cette fois-ci la star, ce n'est plus le Tyrannosaure ou le Raptor, mais le mosasaure, monstre marin (trois fois plus grand que le "vrai", mais passons, puisque les scientifiques maison font joujou avec l'ADN comme moi avec un glaçon dans mon verre de limonade). Ils sont tellement couillons qu'ils laissent échapper le seul spécimen d'une "nouvelle" espèce, l'Indominus Rex, croisement de T-Rex et d'autres animaux. Le secret entourant d'ailleurs son patrimoine génétique va d'ailleurs constituer un élément clé du film. Donc, le poulet géant gonflé aux hormones s'échappe, et va commencer à semer la panique dans le parc, où se trouvent plus de 20.000 visiteurs. L'évacuation prenant du temps et les responsables financiers du domaine voulant à tout prix étrouffer l'affaire, ils essaient de lancer sur les traces du monstre une unité spécialement entraînée -et équipée d'armes légères, cherchez l'erreur-, qui bien sûr se fait décimer en 38 secondes et 2 centièmes.

 

Mais c'est alors que surgit Owen Grady, dresseur de raptors (mais oui !), et ça tombe bien, ancien des forces spéciales. A moins que ce ne soit la NSA, le FBI ou les Impôts. Bref, on s'en fout, il est costaud, il n'a peur de rien (même pas du ridicule en faisant une course de moto au milieu des raptors). Et oh, il a le béguin pour la directrice du parc, qui va passer de la pétasse superficielle et vénale à la super-tatie en talons hauts qui tient tête à une bestiole de 15 tonnes. Et tout ça en l'espace de deux heures les amis, oui oui oui.

 

 

Passons sur les autres personnages caricaturaux, comme le technicien en sécurité des réseaux qui est le gentil geek et qui sort TOUTES ses répliques et TOUS ses arguments au premier venu en l'espace de 5 minutes, ou le responsable para-militaire qui ne cache même pas son jeu, et prenant les rênes du parc à la première occasion, sans que personne ne se demande d'où il sort... Passons aussi sur le rôle du pote dresseur de Grady, joué par Omar Sy, qui même s'il joue bien, ne sert ABSOLUMENT à rien. On notera par contre le seul personnage déjà présent dans le premier film, le Dr Henry Wu, généticien à l'origine des tripatouillages des gênes, incarné par le même acteur, B. D. Wong. Les autres acteurs ? Chris Pratt, "révélé" par Les Gardiens de la Galaxie se montre très à l'aise dans son rôle d'Indiana Jones à la sauce jurassique, même si je le trouve en-deça en termes de jeu. A ses côtés, Bryce Dallas Howard (Le Village, La Jeune fille de l'Eau, Spider-Man 3 ...) effraie plus qu'elle ne séduit avec sa coupe de cheveux au carré balayé-coupé-décalé et son rouge à lèvres trop éclatant sur sa peau blanche. Bon, après, elle est barbouillée de caca de lézards géants, ça passe mieux. Vincent d'Onofrio semble avoir plus donné de sa personne pour la série TV Daredevil que pour son presque transparent personnage de directeur de la sécurité... A la limite ce sont les deux neveux de la directrice, qui décident de jouer à l'école buissonnière dans le parc, qui s'en sortent le mieux. mention spéciale donc à Nick Robinson et Ty Simpkins. Passons aussi sur la fin du combat de fin, qui est à la limite du ridicule. ils auraient pu s'embrasser devant la bannière étoilée quand même...

 

La bande originale du film est plutôt réussie, Michael Giacchino (Mission: impossible III, Super 8 et Star Trek) reprenant et déclinant, sans grand génie toutefois, le merveilleux score original de John Williams.

 

Au final, un film spectaculaire (heureusement...), mais sans véritable génie ; je pense que quelqu'un comme JJ Abrams aurait pu en faire quelque chose de plus inventif, mais sans humour. Mais bon, il est occupé à reprendre le flambeau sur Star Wars...

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

J'avoue, quand les premières images de ce nouvel opus de la série de Papy Miller sont sorties il y a quelques semaines, je n'ai cru y voir qu'un nouvel épisode spectaculaire mais décérébré. Et puis le film est sorti, les premières critiques aussi, professionnelles ou émanant de connaissances. La rumeur positive a enflé, et j'ai eu envie d'aller le voir à mon tour (au passage, merci Sébastien).

Et...

La claque.

 

Ce Mad Max 4 est en effet ultra-spectaculaire. Ça défourraille dans tous les sens, ça file à toute berzingue, ça fait des galipettes en moto, en camion... Non non, je ne suis pas en train de vous parler de Fast and Furious 8, mais bien de ce film sorti un peu de nulle part, réalisé par un cinéaste qu'on avait perdu de vue depuis presque 20 ans (si on exclut les Happy Feet, qui émargent dans une toute autre catégorie), et qui sort de l'industrie cinématographique alimentaire pour nous livrer un putain de film d'auteur, l'un des plus jouissifs dans un genre particuliers. Si je pouvais oser une comparaison, je dirais que George Miller est au road-movie post-apocalyptique ce que George Romero est au film de zombie. Une pierre angulaire.

 

 

L'histoire ? Elle peut tenir en deux lignes. Max essaie toujours d'échapper à des gangs complètement hallucinés, tandis que sa route va croiser celle d'une guerrière au bras amputé qui essaie de sauver des jeunes femmes de la coupe patriarcale et dictatoriale d'un homme qui se dit immortel. 97% du film consiste en une course-poursuite entre un camion et des dizaines de motos, tanks, camions et voitures aux moteurs surgonflés, dans un paysage désertique. Dans une société post-apocalyptique pareille, tout un chacun a quand même le cerveau, en plus du corps, un peu pété. Dès lors il ne faut pas s'étonner que les personnages aient un comportement étrange, voire halluciné. Par moments on se demande un peu ce que le réalisateur a pu fumer. Mention spéciale à un personnage qui parade sur le fronton d'un véhicule. je ne vous en dis pas plus. Mais à côté de ça, tout se tient scénaristiquement, Miller n'en fait pas des tonnes, ne rajoute pas une love story complètement à côté de la plaque, il s'agit d'une lutte pour la survie, la liberté, on n'a pas vraiment le temps d'avoir des sentiments dans une situation pareille.

 

Immortan Joe, ses warboys et ses véhicules.

 

On peut lire ça et là que ce Mad Max est un film "féministe". Je ne récuse pas du tout cette affirmation, puisqu'une grande part du métrage laisse la place au beau sexe, et pas pour faire de la figuration. Elles sont peut-être même plus nombreuses que les homme en termes de rôles parlants. En tête de gondole, Charlize Theron, qui confirme qu'elle peut TOUT jouer, même les guerrières craspecs avec un bras mécanique. C'est elle le véritable moteur de l'histoire, Max n'est en fait qu'une sorte d'outil narratif qui vient se greffer à la quête de Furiosa. Mais il y a aussi une demie-douzaine de jeunes actrices absolument charmantes et loin d'être décoratives, y compris avec un polichinelle dans le tiroir, et d'autres encore, qui toutes ou presque passent à l'action le moment venu. Des pétroleuses de tous âges, qui mettent littéralement les doigts dans le cambouis dans ce Salaire de la peur post-apocalyptique. Aux côtés de Charlize, jouant le rôle de Max Rockatansky, se trouve l'anglais Tom Hardy. Son charisme de vieille chaussette trouée, sa voix caverneuse, son impavidité et sa carrure solide en font le candidat idéal pour le rôle, mutique (remember le Bane du dernier Batman). Et pour compléter le trio, signalons Nicholas Hoult, en Warboy complété chtarbé, lui aussi méconnaissable, qui après Warm Bodies en 2013 et les deux derniers X-Men (dans le rôle de Fauve jeune), se construit une belle petite carrière dans le film de genre. En face se trouve Hugh Keays-Byrne, qui faisait partie du casting du premier Mad Max en 1979 et a construit l'essentiel de sa carrière dans la série TV Farscape. 35 ans après, il est encore caché derrière un masque, mais les expressions du peu que l'on voit de son visage sont plutôt convaincantes.

 

Nicholas Hoult, avec un maquillage spectaculaire.

 

La réalisation est d'une lisibilité exemplaire. Il se passe beaucoup de choses dans un espace réduit (en gros, dans, et autour d'un camion) ; on ne se dit jamais "mais qu'est-ce qu'il fout là, lui ?" La course-poursuite est réglée au millimètre, un vrai chef-d'oeuvre. La bande-son n'est pas en reste. Avec un personnage récurrent et totalement inattendu, une bande originale qui décoiffe signée Junkie XL et des effets sonores extraordinaires (mention spéciale à un passage où elle s'adapte à l'ouïe de Max), ça dépote là aussi. Environ 80% des effets visuels que l'on peut voir dans le film ont été réalisés sans trucages informatiques, avec de véritables véhicules, de vrais cascadeurs, des maquillages authentiques et bien d'autres choses. Une pratique peu courante à l'heure du développement du numérique et des CGI à tout-va. A noter encore une fois le design hallucinant des véhicules, qui ont permis aux cascadeurs de faire des prouesses à l'écran. Les acteurs ont d'ailleurs assuré eux-mêmes certaines cascades...

 

Le film règne dans des ambiances chromatiques très marquées, passant de l'ocre du sable du désert au bleuté clinique de la nuit. Des atmosphères très réussies.

 

Mad Max Fury Road est donc l'histoire d'une résurrection. Trente ans après le dernier opus, mais avec un script qu'il a commencé à rédiger en 1997, George Miller revient au premier plan. Le tournage commença en Namibie à l'été 2012, après plusieurs reports. Le réalisateur a donc pris le temps. Cette résurrection devrait perdurer, puisque le script d'un cinquième film de la saga est déjà écrit, et qu'il devrait être tourné d'ici 2017. Il faut dire que dans ce faux reboot les différents personnages, et en particulier Max et Furiosa, laissent une part d'ombre sur leur passé.

 

Au final ? Une totale réussite. Le film de l'année pour moi.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Dire que ce nouvel opus de la saga Avengers est attendu est un euphémisme. Le premier épisode, sorti il y a trois ans, avait rapporté un milliard et demi de dollars de recettes, ce qui en a fait le troisième succès mondial de tous les temps, derrière les cartons intersidéraux de James Cameron. Il a avit surtout réussi à faire la synthèse convaincante de l'ensemble des films du multiverse Marvel sortis jusque-là.

 

Depuis, 4 films sont sortis (Iron-Man 3, Thor: the Dark world, Captain America: the Winter Soldier, et Les Gardiens de la Galaxie) et Marvel devait bientôt boucler cette seconde boucle. Place donc, après Loki, au deuxième super-méchant de la franchise, Ultron. Créé par Banner (Hulk) et Stark (Iron Man) -et non pas par Henry Pym, lequel n'apparaîtra que dans le prochain Marvel, Ant-Man- comme une intelligence artificielle destinée à protéger la paix dans le monde, celle-ci se réveille et estime que la paix ne sera pas possible tant que les Avengers seront encore actifs. Dès lors, s'incarnant dans un modèle de robot fabriqué par Stark et s'insinuant dans internet, elle va s'échapper et va tout faire pour les détruire, s'associant avec deux jeunes gens, des jumeaux originaires d'un petit pays d'Europe de l'Est qui sont des humains "augmentés", fruits des expériences secrètes d'Hydra et du S.H.I.E.L.D.

 

 

Ces deux nouveaux venus, Pietro et Wanda Maximoff, sont donc intégrés à l'univers -comme dans les comics- sans toutefois porter de surnoms... Pour l'heure. Une pirouette narrative permet d'ailleurs aux scénaristes Marvel de ne pas empiéter sur le territoire de ceux des X-Men, puisque Pierto, alias Vif-Argent, y apparaît aussi. Par contre leur origine est totalement différente (exit leurs origines mutantes, ce sont des vitimes des manipulations de l'Hydra à présent), ce qui permet à Marvel et Fox de ne pas interagir. Il y a aussi l'arrivée d'un personnage très important dans l'histoire des Avengers ; son origine est respectée, mais son positionnement stratégique pas vraiment. Il faut dire que l'unité de l'équipe de super-héros se craquelle franchement : Hulk pense à nouveau à se terrer à mille lieues, même s'il y a cette femme qui... ; il y a encore une rivalité entre Iron Man et Captain America, laquelle devrait culminer dans le prochain opusconsacré au super-soldat ; et en filigrane l'amitié toute particulière qui lie la Veuve noire et Hawkeye, qui va trouver un tournant inattendu au cours de ce segment. A noter que Vif-Argent (Quicksilver en VO) est interprété par Aaron Taylor-Johnson, interprète du rôle-titre de Kick-Ass. C'est Elizabeth Olsen qui interpète sa soeur Wanda, alors que les deux acteurs étaient mari et femme dans le dernier Godzilla en date.

 

Je dois dire que j'ai trouvé un plaisir moindre dans ce deuxième épisode que dans le premier. Certains personnages, notamment Iron-Man et Thor, sont plus en retrait ; à l'inverse, on a droit à un peu plus de Clint Barton (Hawkeye), de Hulk et de Natasha Romanoff (la Veuve noire). Mais du coup, et malgré encore quelques scènes pleines d'humour, on n'a plus ce leadership de Tony Stark, ou ce charme gouailleur de Loki (qui, paraît-il, apparaîtra dans la version longue). Et ce qui faisait le charme et l'intérêt de la franchise, ce sont les dissensions internes des Avengers. Ici elles sont curieusement étouffées, à peine esquissées. Au contraire, [SPOILER] à la fin de l'épisode les Avengers se dispersent dans le calme, certains quittant le service actif, d'autres membres arrivant.[/SPOILER]

 

Et ce n'est pas la seule incongruité narrative. Le récit part un peu dans tous les sens, il y a plein d 'allusions, de clins d'oeil, qu'on ne peut pas saisir si on n'a pas lu une grande partie des sagas Avengers sur papier, mais aussi TOUS les films précédents, ainsi que la série TV Agents of S.H.I.E.L.D... Ce qui devient compliqué même pour les fans hardcore.

 

De même, l'intrigue de fond concernant les Gemmes de l'Infini (et à laquelle fait écho la traditionnelle scène post-générique ici) avance un peu, faisant écho à ce qu'il s'est passé dans le premier Avengers et Captain America (le Tesseract), dans Thor: The Dark World (avec l'Ether) et les Gardiens de la Galaxie (et l'Orbe).

 

Bien sûr, sur le plan visuel et technique, c'est encore de la classe, du haut niveau, mais on a encore trop de "m'as-tu vu", lors de la scène d'entrée, une attaque par les Avengers d'une base d'Hydra, ou encore vers la fin, lorsqu'il font front avec leurs nouveaux alliés pour préserver une source d'énergie potentiellement explosive. Et on n'évite pas le Deus Ex Machina avec ce diable de Nick Fury (Samuel L. Jackson) qui survient toujours quand il faut et où il faut... Comme dans les comics me direz-vous...

 

Pour le reste, on est loin de la daube annoncée par certains et redoutée par beaucoup, et du chef-d'oeuvre claironné par d'autres. J'avoue, j'ai eu du mal à intégrer tous les éléments, le film est très dense dans sa première heure, trop peut-être. Une deuxième vision de la version longue quand elle sortira, me permettra peut-être de me sentir moins perdu.

 

Spooky

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

David Fincher est un réalisateur à part dans le paysage de l'entertainment américain. Jamais là où on l'attend, ses films déclenchent souvent des guerres de tranchées, car ils ne laissent jamais indifférent. Gone Girl, son 11ème long-métrage, ne déroge pas à cette règle.

 

Amy et Nick Dunne sont un couple d'écrivains que tout semblait destiner à être heureux. Pourtant, le jour de leurs 5 ans de mariage, Amy disparaît. Très vite son mari est accusé de tous les maux, d'autant plus qu'un faisceau d'indices et de preuves converge vers lui. Seul contre tous, ou presque, il va tenter de découvrir la vérité et de se faire réhabiliter.

 

Le spectateur n'aime pas forcément être manipulé, le public qui assiste, dans le film, à l'affaire, non plus. Fincher joue sur cette mise en abyme et propose une intrigue avec deux points de vue, dont il est difficile de parler sans faire de spoilers. sachez simplement qu'elle joue sur les personnalités des deux membres du couple, deux natures particulières dont le destin devait inéluctablement les mener où ils vont. Le film tient énormément sur les épaules de Ben Affleck, que l'on ne présente plus mais que l'on a retrouvé avec plaisir dans Argo et Rosamund Pike (le dernier pub avant la fin du monde, Jack Reacher, la Colère des Titans). Au côté impavide et un peu naïf de l'un répond l'aspect angélique et calculateur de l'autre, tandis que d'autres personnages viennent brouiller les cartes. Et la fin, que l'on pourrait qualifier d'immorale, répond à un autre souci du réalisateur : être crédible.

 

 

Adapté du roman à succès de Gillian Flynn (mais avec une fin différente, assurée par la romancière elle-même), Gone Girl a déchaîné les passions à sa sortie, chacune de ses qualités narratives ou artistiques (comme le côté lénifiant du rythme, très lent) pouvant être perçue comme un raté, un échec pour les spectateurs. En ce qui me concerne, j'ai trouvé le film très bon, voire brillant par moments. Avec en prime l'un des meilleurs personnages de s*** jamais vus au cinéma.

 

Spooky

 

*** : Ahah, j'ai failli spoiler !

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Les distributeurs de films ont malheureusement tendance à présenter Jake Gyllenhaal comme un jeune prodige. Mais ils oublient que celui-ci a déjà 34 ans, qu'il a 23 ans de carrière derrière lui et que Donnie Darko, qui l'a révélé, date déjà de 2001. Cette étiquette vient sans doute du fait qu'il est peu visible dans les superproductions (si l'on excepte le Jour d'après et Prince of Persia : les sables du temps). Il préfère se faire un nom dans les productions indépendantes, certaines de qualité comme Moonlight Mile, Le Secret de Brokeback Mountain, Jarhead, Zodiac, Source Code, Prisoners ou encore Enemy...

 

Night Crawler (Night Call en VF) émarge dans cette seconde catégorie. L'acteur caméléon y incarne Lou Bloom, un pauvre mec à la morale élastique, qui vivote en volant de la ferraille sur des sites industriels. Mais il cherche un boulot mieux rémunéré, et un soir, errant au volant, il s'arrête à proximité d'un accident de la route. Il voit débarquer une équipe de télévision indépendante, avide d'images fortes et trash. Fasciné par leur ballet et la liberté dont ils semblent jouir, il décide de sacrifier ses dernières économies dans l'achat d'une caméra d'occasion et d'une CB qui va lui permettre d'écouter les fréquences policières et d'urgence.

 

 

Adaptable, appliqué et plein d'énergie, il va devenir vautour parmi les vautours, n'hésitant pas à intervenir sur une scène de crime ou à cacher des éléments capitaux aux forces de l'ordre pour mener sa propre enquête, franchissant ainsi définitivement la ligne jaune.

 

Film à petit budget, Night Crawler joue sur un scénario au cordeau et l'énergie de son acteur principal, dont l'air candide contraste avec l'attitude détestable de son personnage. Gyllenhaal est, comme dans Source Code, absolument bluffant, et amène, avec les autres acteurs comme Bill Pullman et Rene Russo, le film de Dan Gilroy, dont il est également producteur, à un niveau inespéré pour un film de ce genre. Le personnage de Lou Bloom est un salaud très réussi.

Fortement recommandé donc.

 

Spooky

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

 

On va reprendre la formule synthétique de l'année dernière concernant les films vus, pas vus, aimés, pas aimés...

 

D'abord, cette année 2014 a été l'occasion de plusieurs rattrapages de films listés en 2013 :

Oblivion, Man of Steel, Pacific Rim, Hunger Games - l'Affrontement, Kick-Ass 2, Riddick.

 

Pour un résultat mitigé, comme vous le verrez en cliquant sur les liens afférents.

 

Sur l'année 2014, j'avais listé un certain nombre de titres, d'abord les "pas vus", par ordre chronologique de sorties :

 

Le Vent se lève, I, Frankenstein, Robocop, La Belle et la Bête, Noé, Transcendance, Spider-Man, le destin d'un héros, Godzilla, Transformers 4, la Planète des Singes : l'affrontement, Hunger Games - la révolte -partie 1. Rattrapage en 2015 ?

 

Les "vus" :

Captain America, le Soldat de l'hiver, X-Men, days of future past, Edge of tomorrow, Dragons 2, Guardians of the Galaxy, Interstellar.

 

Les inattendus (ou plutôt non listés en 2014) :

Le Labyrinthe (je triche un peu, je l'ai vu au tout début 2015), Le Hobbit - la bataille des cinq armées (pareil), Astérix - le Domaine des Dieux : sympa, mais sans plus. Opération Casse-Noisette (oui bon, on m'a obligé), Rio 2, The Grand Budapest Hotel (sympa, là aussi).

 

Un bilan assez bon, selon mes propres canons d'appréciation bien sûr, puisque seul le troisième épisode du Hobbit s'est révélé un peu décevant.

 

Que nous réserve 2015 sur le plan des "gros" films relevant de l'imaginaire ?

   

Le 4 février sortent It follows et Jupiter. Si le premier semble jouer à fond sur la paranoïa, le second, nouvel opus de la famille Wachowski, propose une épopée interstellaire à grand spectacle.

 

Le 4 mars, Chappie, nouveau film de Neill Blomkamp, raconte l'histoire du premier robot doté d'une conscience. Avec Hugh Jackman et Sigourney Weaver.

 

2 avril 2015, les Avengers reviennent avec l'Âge d'Ultron, du nom de cette entité robotique qui se rebelle...

 

Le 13 mai, Max revient, et il n'est pas content, dans Mad Max - Fury Road, avec Tom Hardy pour succéder à Mel Gibson.

 

Le 20 mai sort Tomorrowland, nouveau voyage dans l'espace et dans le temps produit par Disney.

 

La semaine d'après sort Ex Machina, d'Alex Garland, scénariste de 28 jours plus tard, Sunshine, ou encore La Plage... Autre variation sur le thème du robot doué de conscience...

 

Le 10 juin l'un des univers créés par Steven Spielberg (mais surtout Michael Crichton) connaît un nouvel avatar avec Jurassic World. Voir Chris Pratt (Les Gardiens de la galaxie) faire de la moto avec des raptors, c'est étonnant...

 

Le 1er juillet, nouvelle franchise poids lourd, avec Terminator:Genisys, avec le retour annoncé d'Arnold Schwarzenegger dans cette suite/reboot...

 

Le 22 juillet sort Ant-Man, adaptation éponyme du comic de super-héros.

 

Le 5 août sort le remake des 4 Fantastiques. Mouais, bof.

 

Le 14 octobre le réussi Le Labyrinthe voit sortir sa suite, Le Labyrinthe 2 (titre idiot puisque les personnages en sortent, du labyrinthe...).

 

Le 18 novembre sort l'ultime volet de la saga Hunger Games, la révolte partie 2.

 

Le 18 décembre sort l'Episode VII de la saga Star Wars, désormais drivée par JJ Abrams, qui après avoir remis sur les rails l'univers Star Trek, risque d'encore tout casser, d'autant plus qu'il a été annoncé qu'il ne tiendrait pas forcément compte de l'univers étendu (romans, jeux videos, comics...).

 

Du lourd, pour 2015, du très lourd...

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

J'ai fini par le voir, cet ultime volet, après des millions de gens. La faute à pas de temps, la faute à pas trop envie (vu que le buzz était assez négatif au sein des tolkienophiles), la faute à des sales cons de terroristes... Bref, vous l'aurez compris, j'ai pris toutes les mauvaises raisons. Mais j'ai fini par céder, je ne pouvais rester sur ce sentiment d'inachevé que laissait le deuxième volet... L'univers de Tolkien me fascine, que voulez-vous.

 

Ce troisième volet s'annonçait comme dense, probablement plus que les deux premiers, où Jackson et ses co-scénaristes avaient rallongé la sauce pour arriver à deux longs-métrages de 3 heures. Ici nous n'avons plus que 2h30 de métrage, et curieusement, il y a des longueurs... L'attaque de Smaug sur Lacville, le différend entre les Nains et les Elfes, la bataille des 5 armées, le programme était pourtant dense...

 

 

Bon, commençons par les bons points. Les Nains sont à nouveau au complet à Erebor, grâce à une pirouette scénaristique ; les décors de la cité naine (mais aussi de Lacville et Dale) sont somptueux, et les effets spéciaux sont impeccables. Les fans de dragons en seront un peu pour leurs frais, mais il faut reconnaître que Smaug a tenu le haut du pavé du deuxième épisode. Ll'intrigue secondaire concernant Gandalf est elle aussi "résolue", même si on en apprend un peu plus sur Sauron et Saroumane. L'occasion de revoir une dernière fois Galadriel dans une scène un peu étonnante.

 

Au niveau du rythme, on en prend encore une fois un peu plein les yeux, le morceau de bravoure értant bien évidemment le passage de la bataille d'Erebor, qui met aux prises les Nains, les Humains de Lacville, les Elfes de Thranduil, les orques menés par Azog, et... d'autres créatures. C'est presque toutes les races de la terre du milieu qui sont convoquées à la bataille. On discerne même Beorn au sein des belligérants. Une bataille menée de fort belle manière en terme de réalisation, mais... curieusement trop courte, Jackson préférant insister sur les combats individuels, qui du coup sont trop longs. A ce sujet il est assez incroyable de constater que Legolas, l'elfe sylvain, a une technique de ninja, et que la pesanteur ne semble pas être un souci pour lui...

"Moi j'utilise du shampooing aux oeufs de Balrog, et toi ?"

 

Ce qui m'amène aux mauvais points, puisque Legolas, élément ajouté par Jackson & Co., est dans un triangle amoureux auquel appartiennent également Tauriel et Kili. Une romance totalement inutile, probablement présente pour montrer que l'amitié -et plus si affinités- est possible entre Nains et Elfes. Mais le reste de l'histoire, notamment le déroulement de la bataille qui donne son nom au film et l'intrigue du Seigneur des Anneaux suffisent amplement à le prouver... Côté personnages horripilants, il y a aussi Alfrid, adjoint du maître de Lacville, tout aussi inutile qu'insupportable. C'est dommage parce que sans ces ajouts intempestifs et injustifiés, on aurait un très bon film de fantasy, de deux heures. Heureusement que Radagast n'apparaît presque plus, même si son traîneau tiré par des lapins géants (!) est toujours là...

 

 

Côté casting il n'y a pas de nouveau personnage (et heureusement, il y en a déjà une vingtaine), mais si certains, comme Martin Freeman (Bilbo) restent excellents, d'autres semblent livrés à eux-mêmes ou fatigués, comme Richard Armitage (Thorin) ou Ian Mc Kellen (Gandalf). Il était temps que le tournage-marathon se termine visiblement. Ah si, j'oubliais Dain, cousin de Thorin, qui mène l'armée naine qui vient ua secours de ses congénères au pied d'Erebor, joué avec truculence par Bully Connolly. Jackson termine le récit grosso modo dans les clous du roman, ceux qui devaient disparaître disparaissent, et le film boucle la boucle avec la Comté, faisant même un ultime raccord temporel avec le Seigneur des Anneaux.

 

Malgré la dispersion narrative plus présente dans cette trilogie que dans sa "suite", l'émotion était présente pour ma part au moment où le mot "fin" est apparu à l'écran, et lorsque Billy Boyd, qui joua le Hobbit Pippin dans le Seigneur des Anneaux entonne the Last Goodbye, j'avoue avoir versé ma petite larme. Une page d'une quinzaine d'années, un voyage incroyable en terre du milieu qui s'achève.

 

Spooky

 

Pour avoir toute la filmo de Peter Jackson relative à la terre du Milieu, cliquez sur les liens ci-dessous :

 

 

 

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

Il fallait s'y attendre, la série à succès pour adolescents L'Epreuve est en cours d'adaptation au cinéma. Il y a quelques mois le premier épisode, le Labyrinthe, a donc eu l'honneur d'une transposition à l'écran. Et contre toute attente, le résultat est plus que satisfaisant, ce qui n'a pas été le cas avec Hunger Games, par exemple.

 

L'histoire débute de la même façon que dans le roman : par l'arrivée de Thomas, adolescent, dans une sorte de camp peuplé de jeunes garçons et entouré d'un labyrinthe qui s'ouvre tous les matins et se referme chaque nuit, et peuplé de créatures impitoyables surnommées les Griffeurs. Certains garçons, comme Alby, sont là depuis trois ans et ont institué un ensemble de règles leur permettant de survivre en micro-société. Ceux qui enfreignent ces règles sont bannis dans le Labyrinthe, et personne n'en revient vivant... sauf Thomas, qui pour secourir Alby et Minho, chef des Coureurs (ce groupe qui passe les journées à sillonner le Labyrinthe pour en faire une cartographie) se jette délibérément dans le dédale. Et les Blocards, comme ils se surnomment eux-mêmes, ne sont pas au bout de leurs surprises...

 

Le pari artistique était risqué : le réalisateur, Wes Ball, n'a à son tableau de chasse notable qu'un court-métrage, plutôt bien foutu, réalisé en 2012, Ruin. Au sein du casting, aucune tête connue, même si les ados ont fait leurs preuves dans des séries comme Game of Thrones, Skins ou encore Teen Wolf. Le film suit l'essentiel de l'intrigue du roman original, en compressant toutefois certaines parties et en y ajoutant certains éléments, comme les noms des disparus sur un mur ou encore les "lames" qui constituent une partie du Labyrinthe. Bien sûr, celui-ci, qui s'étend sur des dizaines de kilomètres carrés dans l'histoire, n'a pas été réalisé en taille réelle, et les équipes des effets spécuiaux et des décors ont dû rivaliser d'ingéniosité pour rendre l'aspect de gigantisme du dédale. Sur ce point, c'est franchement réussi, les décors sont magnifiques. J'avoue que j'étais curieux de voir comment l'équipe artistique a rendu l'aspect très particulier des Griffeurs. Le choix a été fait de leur donner un aspect plus nettement bio que mécanique, et une allure combinant un Alien et un scorpion. Pourquoi pas, ceci dit, même si dans le roman l'alliage synthétique est plus évident.

 

 

Les jeunes acteurs sont plutôt convaincants dans leurs rôles, le directeur de casting ayant conservé le panachage racial du roman. Un nouveau bon point, même si on se demande un peu le pourquoi du comment de la présence de Will Poulter (à gauche sur l'affiche), avec ses sourcils doués de leur propre vie...

 

La "fin" du film, qui bien sûr n'en est pas une, puisque les suites sont déjà prévues (tournage du deuxième volet prévu pour cette année), diverge quant à elle du roman, la façon dont les jeunes gens "sortent" du Labyrinthe étant très différente. Pourquoi pas, cela ne nuit pas au rythme du film, et n'induit pas de conséquence particulière sur la suite. Suite que j'aurai plaisir à voir dès sa sortie.

 

Spooky

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Oblivion

 

Nous sommes dans un futur post-apocalyptique. Des extraterrestres ont attaqué la Terre et l'ont laissée pour morte, 90% de sa surface complètement irrédiée. Les survivants de l'humanité se sont réfugiés en orbite, sur un immense vaisseau surnommé le Têt, tandis qu'une poignée de fonctionnaires, fonctionnant en binômes, surveille de grosses machines destinées à extraire les dernières ressources du sol. Mais un jour L'un d'entre eux, Jack Harper, récupère dans l'épave d'un vaisseau fraîchement crashé une jeune femme sortie de stase qui semble raviver des souvenirs confus et intimes... Il va bien sûr découvrir une vérité bien plus atroce que ce qu'il pensait sur le destin de la Terre.

Le scénario d'Oblivion est très simple, certains le qualifieront de simpliste. Il y a bien sûr un renversement de posture en cours de route, ce qui risque d'induire en erreur certains spectateurs, d'autant plus que les différentes incohérences ne sont pas forcément gommées. Les tatillons auront certainement beaucoup à dire, notamment sur la séquence où Harper pénètre dans le Têt, une séquence complètement expédiée par le réalisateur et ses scénaristes, dans les rangs desquels se trouve pourtant Michael Arndt (Toy Story 3, Hunger Games: L'embrasement et Little Miss Sunshine)... Le metteur en scène Joseph Kosinski n'est pas tout à fait un débutant en la matière, puisqu'il a eu l'insigne honneur de réaliser Tron : l'Héritage pour Disney. Il a ici adapté sa propre bande dessinée, qui porte le même titre (Oblivion signifie oubli en grec ancien).

 

A mon avis l'intérêt du film est ailleurs. dans l'aspect visuel, dans les scènes d'action plutôt bien troussées, avec un Tom Cruise présent presque sur chaque plan. Il n'est toutefois pas seul au générique, puisque Morgan Freeman incarne -avec brio- le chef d'une faction de résistants, et que l'on trouve trois actrices parlantes au générique. La beauté froide Olga Kurylenko m'a semblé complètement apathique dans le rôle de la rescapée du crash ; à la limite Andrea Riseborough, actrice inconnue, m'a plus convaincu dans celui de l'équipière/compagne au cerveau lavé. J'ai bien aimé également le designe des techoptères et des drones que Jack Harper est chargé de maintenir et réparer.

 

 

Au final, je ne me suis pas ennuyé en regardant le film, même s'il comporte plusieurs longueurs. Je n'ai pas eu l'impression non plus de voir un GRAND film de SF, juste un joli divertissement un peu creux.

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

 

 

Il était une fois, dans un futur proche, un ancien pilote de la NASA, reconverti en fermier, qui essaie d'élever de son mieux ses deux enfants de 15 et 10 ans après le décès de sa femme. Son champ de maïs est très précieux car les autres céréales ont disparu, suite à différentes catastrophes et parasites de toutes sortes. C'est bien simple, des poussières survolent le sol américain et viennent régulièrement polluer l'air et les sols. La Terre est en train de tuer sa surface. Et puis un jour Murphy, la fille de Cooper, réussit à décrypter un message que lui délivre celui qu'elle prend pour un poltergeist dans sa chambre. Ensemble ils arrivent au point désigné, et découvrent... une base de la NASA ultra-secrète, dont la vocation est d'explorer les confins de l'espace à la suite de l'apparition d'un trou de ver, à la recherche d'un monde habitable. L'arrivée de Cooper va leur permettre d'accélérer le programme et d'aller à la rencontre ou à la rescousse de certains des vaisseaux d'exploration partis 10 ans auparavant.

 

Comme on s'en doute avec Christopher Nolan, créateur d'Inception et des trois derniers Batman, le film ne va pas s'en tenir qu'à ce récit. L'ampleur de celui-ci va l'amener sur des pistes rarement explorées jusque-là, sauf via Gravity et 2001, l'Odyssée de l'espace.Car au-delà du space opera aux accents contemplatifs -il y a de vrais moments de silence, qui sont autant de parenthèses assourdissantes-, il y a aussi une dimension humaine, au travers en particulier des enfants de Cooper et leur relation à distance, ceux-ci vieillissant bien plus vite que leur père. La première petite heure est d'ailleurs consacrée à cette famille, complétée par le beau-père de Cooper. Nolan appuie bien sur le sujet, et la narration alternée qui va prendre pied dès son départ prend vite son sens.

 

Quatre astronautes partent donc rejoindre le trou de ver qui va leur permettre d'atteindre une autre galaxie, et leur périple va bien sûr être émaillé de joies, de peurs, de déceptions et de drames. Un autre pic narratif est atteint lorsque les doutes, et donc, peut-être, la vérité, concernant les vraies raisons de l'expédition, la préséance du plan B sur le plan A... Dès lors le destin de la mission, et son éventuel retour sur Terre, sont sujet à nombre d'interrogations, autant logistiques qu'éthiques.

 

Intervalle technique. Le trou de ver est une incongruité scientifique, physique, un phénomène spatial qui permet de passer en un temps record d'un point à un autre de l'univers, au lieu des milliers d'années-lumière (pour peu que l'on voyage à la vitesse de la lumière). La gravité tient aussi une grande place dans l'histoire, et sert même de moteur, au sens propre comme au figuré, à l'expédition commandée par Coop'. D'un point de vue scientifique, le film tient globalement la route, comme le confirme Kip Thorne, physicien de grande renommée et qui a collaboré à l'écriture du scénario.

 

Pour toutefois y arriver, le réalisateur a mis un peu d'effets spéciaux, mais pas trop, dans son montage. Il a voulu y aller un peu "à l'ancienne", pour un résultat qui fait immédiatement penser au film culte de Stanley Kubrick. La présence d'intelligences artificielles en forme de monolithes sombres est d'ailleurs un hommage assumé. L'idée était aussi de coller à l'esprit documentaire en projetant par exemple des images de l'espace sur les décors entourant le vaisseau dans lequel se trouvaient les comédiens. la composition musicale d'Hans Zimmer joue aussi sur la perception du film. Il n'en a toutefois pas vu une seule image avant de composer la musique, simplement à partir d'une page de synopsis.

 

Pour réaliser son casting Nolan a fait appel à des fidèles, comme Michael Caine, qui fut des trois Batman de l'Anglais, tandis qu'Anne Hathaway était présente dans le dernier épisode. Dans le rôle du Pr Brand, concepteur de smissions Lazarus et de celle de Cooper, et de sa fille qui accompagne les astronautes dans la mission de la dernière chance, ils sont impeccables. Anne Hathaway est une actrice d'une grande beauté, mais elle n'a que très peu de maquillage dès que la mision part dans les étoiles. Le rôle principal du film est tenu par Matthew Mc Conaughey, le Texan le plus talentueux, qui a obtenu un Oscar pour Dallas Buyers Club et qui après Mud, Le Loup de Wall street, True Detective, La Défense Lincoln, enchaîne les succès critiques et publics. On notera la présence de John Lithgow, Jessica Chastain (Zero dark Thiry), Casey Affleck ou encore Wes Bentley autour des personnages principaux. Du -très- solide. Il y a aussi une autre méga-star au casting, mais son identité relève la surprise, donc je n'en dirai rien.

 

Visuellement le film de Christopher Nolan est impeccable. Les scènes dans l'espace ne souffrent aucune critique, quand bien même elles ne seraient pas aussi épiques, techniquement parlant, que le film d'Alfonso Cuaron. Les scènes sur Terre sont elles aussi remarquables dans leur sobriété, et lorsque la scène devient émouvante, le réalisateur et son co-scénariste de frère Jonathan savent y mettre les formes, être justes. Je mets quiconque au défi de ne pas se sentir le coeur serré lorsque Cooper quitte ses enfants.

 

A l'origine c'est Steven Spielberg qui devait réaliser le film, mais il a jeté l'éponge à l'époque faute de financements adéquats et d'emploi du temps. Il fallait bien un cinéaste visionnaire tel que Nolan pour accepter le challenge, et le mener à bon port, sachant qu'au départ il devait seulement signer le scénario.

 

Interstellar nous parle de l'homme, de la nature, du temps, de la survie, l'espace-temps... Mais avant tout... l'amour. c'est par amour pour l'humanité que Cooper part pour les étoiles, abandonnant ses enfants. C'est par amour qu'Amelia Brand part elle aussi, pour retrouver celui qu'elle aime. Alors bien sûr, à un moment la boucle temporelle est créée, et les évènements de la première heure vont être vus autrement par le filtre de ce qu'il se passe dans le dernier tiers. De même il s'agit d'un film de SF qui exalte le goût de l'aventure, tout en gardant à portée de main la dimension humaine. Un grand écart difficile, et rarement atteint.

 

Alors bien sûr, le film comporte des défauts. Il laisse beaucoup de questions sans réponse, et cela va tarauder des spectateurs pointilleux jusqu'à plus soif, et certains crieront à l'hérésie, au nanar, au film-con-comme-Prometheus. On ne peut pas contenter tout le monde. Aussi je vous invite à aller le voir (pas en 3D, Nolan a horreur de ça) pour vous faire votre opinion.

 

"J'ai pris 7 ans à chaque heure passée dans cette salle de ciné. Mais 7 années de bonheur, alors ça va.", a dit un ami au sortir de la projection (coucou David). Je n'aurais pas su dire mieux. Un film immense, mais curieusement, pas un de mes préférés. Certaines séquences, infinies ou intilmistes, m'ont arraché quelques larmes ou des exclamations enthousiastes, mais il manque un petit quelque chose pour qu'il obtienne, à mes yeux, le statut de chef-d'oeuvre, même s'il s'agit là du meilleur film de Christopher Nolan, cinéaste visionnaire et scénariste surdoué.

 

Spooky

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