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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

17 ans après le roman qui racontait le début des aventures de Jack Sawyer, cet adolescent qui traverse une version alternative des Etats-Unis à la recherche d'un objet magique susceptible de sauver sa mère gravement malade, les deux amis Stephen King et Peter Straub livrent une suite, intitulée Territoires (Black House en VO).


J'avais été assez déçu par le premier volet, d'une longueur désespérante, d'une fadeur qui m'a laissé pantois... Cette suite comporte moins de 800 pages, soient 30% de moins que son devancier, ce qui m'a incité à le lire (mais aussi par esprit de complétion). Mais d'entrée de jeu le même défaut de lenteur, de longueur cueille le lecteur à froid. On a droit à une centaine de pages pour nous présenter ce qui semble composer les différents lieux de l'action à venir, tous circonscrits ou proches de French Landing, petite ville du Wisconsin en proie à l'effroi alors qu'un tueur surnommé le Pêcheur enlève, démembre et tue des enfants. Une centaine de pages avant qu'apparaisse Jack Sawyer, dans la peau d'un ex-flic brillant qui s'installe dans une petite maison à l'écart de la ville.


Et puis d'un coup, ou presque, quand le récit bascule dans le thriller, le rythme est différent, le vocabulaire aussi. On sentirait presque le passage d'un écrivain à l'autre... Bref, ça devient pas mal, avec ce gang de motards qui ne peut approcher d'une maison enfouie au fond des bois, cernée par une atmosphère oppressante, toxique, et gardée par une créature cauchemardesque...

 

Et puis, aux deux tiers du récit, re-changement de paradigme, et Jack qui repart dans les Territoires. Instantanément le rythme se ralentit, ça redevient lénifiant, bavard, pompeux. Nombre d'éléments narratifs posent problème : on ne comprend pas trop comment et pourquoi Tyler, l'un des enfants enlevés, apparaît comme une sorte d'Elu, de victime particulièrement intéressante pour le Roi Ecarlate. On ne comprend pas d'où sortent ces abeilles qui guident Jack et ses amis dans les multiples dimensions (expédiées en quatrième vitesse) pour venir chercher ledit Tyler. Et malgré les pouvoirs acquis par Jack lors de ses passages précédents dans les Territoires, certaines choses qui arrivent à sa connaissance n'ont aucune justification... Expédié aussi, le règlement du grand méchant de l'histoire. Bâclée, l'ambiance qui entoure Black House, la maison dans les bois qui sert de point d'entrée au domaine de Lord Moonshoon... Sentencieuse, la façon qu'a Straub (car je pense que c'est lui) de prendre le lecteur par la main, avec ses pattes moites, pour nous amener sur les différents lieux de l'action. On retiendra deux moments d'émotion, celui de la disparition -au sens propre- d'un motard-brasseur qui a approché trop près l'entrée des Enfers... Et la dernière longue scène avant l'épilogue, lorsqu'une boucle est bouclée de manière tragique... ou pas.

En filigrane du récit, puis de plus en plus clairement, des références appuyées à la Tour Sombre, point nodal de différents mondes, dont celui d'origine de Jack et les Territoires. Peut-être que certains questionnements soulevés plus tôt y trouvent leur réponse, mais cela n'est pas très engageant...

Pour résumer sur un bon mot mes impressions, je dirais que les intentions et les bons éléments de King ont été complètement délayés, galvaudés, sabrés par le prisme strauboscopique...

 

Spooky

 

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S
C'est quand même un comble que tant d'éléments-clés soient expédiés ou bâclés alors que dans son ensemble tu décris le roman comme lent et bavard. Toi qui es un lecteur habituel de King, tu parviens facilement à différencier les passages de son cru de ceux de son co-auteur ?
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S
Oui, c'est un roman surprenant pour ça : on passe du temps sur des choses pas très importantes, et ce qui mériterait d'être développé passe vite à la trappe. Par moments j'ai clairement reconnu la patte de King. N'étant pas un gros lecteur de Straub, dont on me dit le plus grand bien par ailleurs, je n'ai pas forcément su identifier ce qui était de son cru, hormis des récitatifs où il nous balade sur les différents lieux de l'action, dans un stylé lénifiant.

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