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...:::Ansible:::...

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Tous les territoires de l'imaginaire, en vitesse supra-luminique. Chroniques sur le cinéma, la littérature, les jeux, séries TV, bandes dessinées.

Résultat pour “le seigneur des anneaux le retour du roi

Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

 

Voici, en video, une fin alternative au Seigneur des Anneaux...

 

C'est tellement évident... Je pense que tous les lecteurs du Seigneur des Anneaux se sont un jour ou l'autre posé la question...

 

Spooky

 

 

 

 

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

LE ROI EST ARRIVE
Voilà, on arrive au bout du voyage... Une balade en Terre du Milieu qui a duré deux ans pour le grand public, entre six et sept pour la plupart des techniciens impliqués dans le projet. Le Retour du Roi nous a donc permis de retrouver Frodo, Sam et leurs amis dans leur quête de destruction de l’Anneau. On replonge donc avec plaisir dans la somptuosité des décors, musique, effets spéciaux déjà largement décrits ici où là. les protagonistes se dirigent donc vers l’affrontement final, que Peter Jackson nous annonçait comme dantesque. Mais la bataille des Champs du Pelennor a-t-elle effacé celle du Gouffre de Helm ? Certainement pas. Le casse-tête logistique du second épisode restera donc un sommet de genre, malgré des incohérences formelles. Autre point d’orgue du film, la séquence où Sam et Frodo se retrouvent face à Arachne (Shelob en VO), monstrueuse araignée qui personnellement, m’avait terrifié à la lecture du livre. Elle est totalement crédible, plus par exemple que sa congénère de Harry Potter et la Chambre des Secrets. On ne la voit pas beaucoup, et c’est d’autant plus terrifiant (car suggestif), puisque Shelob vit en permanence dans une caverne profonde.

On assiste donc à des réalisations personnelles hors du commun : Aragorn doit accomplir sa destinée de roi du Gondor, puis trouver le bonheur avec Arwen, Merry deviendra un valeureux guerrier, face au Roi-Sorcier (en compagnie d’Eowyn)...



Encore une fois, on peut déplorer un choix discutable des scènes (disparition totale de Saroumane dans ce troisième volet, plus de nettoyage de la Comté), des tics d’ex-réalisateur de gore : combats graphiquement confus (mais un combat est-il toujours clair ?), filmés de trop près, ce qui fait espérer un temps de respiration dans ces empoignades. Après avoir vu cet ultime chapitre, je ne sais plus que penser, l’abattement m’étreint : serait-ce de la lassitude face à ce film, un émerveillement si fort qu’il faudra du temps pour en tirer la quintessence ? En tous les cas, ce que l’on peut dire, c’est que la trilogie épique réalisée par le Néo-Zélandais en short aura marqué l’histoire du cinéma, du genre, et révolutionné ceux-ci.

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Films

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/91/85/28/20166322.jpg

 

"New Line Cinema, Metro-Goldwyn-Mayer Studios, et Warner Bros. Pictures annoncent la préparation d'un troisième film concluant la trilogie du HOBBIT. 

  

BURBANK (Californie), le 30 juillet 2012 — Peter Jackson réalisera un troisième volet de l'adaptation du chef-d'œuvre de J.R.R. Tolkien, comme l'ont annoncé conjointement aujourd'hui Toby Emmerich, PDG de New Line Cinema, Gary Barber et Roger Birnbaum, coprésidents de Metro-Goldwyn-Mayer Studios, et Jeff Robinov, président du groupe Warner Bros. Pictures.

 

Peter Jackson, réalisateur oscarisé de la trilogie du SEIGNEUR DES ANNEAUX, vient d'achever le tournage de ce qu'il envisageait au départ comme une adaptation en deux parties du HOBBIT, se déroulant dans la Terre du Milieu, 60 ans avant l'époque du SEIGNEUR DES ANNEAUX.

 

"En visionnant récemment un montage du premier film, et quelques rushes du deuxième, Fran Walsh, Philippa Boyens et moi avons été enchantés par le résultat", affirme le réalisateur. "

 

On s'est rendu comte que la richesse dramaturgique du HOBBIT, et de certaines intrigues contenues dans les appendices du SEIGNEUR DES ANNEAUX, nous amenait à nous poser la question de savoir si on devait en raconter plus ou pas. Et notre réponse, en tant qu'auteurs et fans de la saga, est un 'oui' franc et massif. Nous sommes conscients de la qualité de nos acteurs et de la force des personnages qu'ils incarnent. Nous savons que l'histoire, sur le plan artistique, est captivante et – c'est le plus important – nous savons que plusieurs zones d'ombre persisteraient autour de Bilbon Sacquet, des Nains d'Erebor, de l'ascension du Nécromancien et de la bataille du Dol Guldur si nous ne mettions pas en chantier cette troisième aventure palpitante. Je suis ravi que New Line, MGM et Warner Bros soient tout aussi enthousiastes à l'idée de nous permettre de raconter cette saga à travers trois films".

 

 

"Peter, dans sa démarche artistique, a notre soutien plein et entier", précise Emmerich. "Nous lui faisons totalement confiance pour adapter l'ouvrage de Tolkien en trois volets. La fidélité de Peter, Fran et Philippa au livre, tout comme leur connaissance des personnages, permettront de poursuivre les aventures du Hobbit dans une grande fresque qui séduira les fans du monde entier".

 

 

"Étant donné la richesse du livre, nous sommes totalement acquis à l'idée de pousser plus loin ce que Peter, Fran et Philippa ont déjà entrepris", soulignent Barber et Birnbaum. "Nous sommes certains que, connaissant le soin apporté par les auteurs à transposer fidèlement cette aventure pour le grand écran, le film sera plébiscité par les millions de fans du monde entier".

 

 

"Peter, Fran et Philippa vivent, pour ainsi dire, dans cet univers et en connaissent, mieux que personne, l'ampleur et la richesse, tout comme ils ont su cerner les relations entre les personnages qui assurent la cohésion de ce monde", ajoute Robinov. "Nous leur faisons entièrement confiance pour signer une adaptation réussie de cette œuvre majeure pour le grand écran".

 

 

LE HOBBIT, UN VOYAGE INATTENDU sortira le 14 décembre 2012. La sortie en salle du deuxième épisode, LE HOBBIT : HISTOIRE D'UN ALLER ET RETOUR, est fixée au 13 décembre 2013, et celle du troisième volet à l'été 2014. Les trois films seront distribués en 3D et en 2D, et en Imax dans les salles équipées.

 

Réalisateur oscarisé, Peter Jackson signe l'adaptation de "Bilbo le Hobbit" de J.R.R. Tolkien en trois films. La trilogie se déroule dans la Terre du Milieu, 60 ans avant l'époque du SEIGNEUR DES ANNEAUX, qui a fait l'objet d'une trilogie réalisée par Peter Jackson (dont l'épisode du RETOUR DU ROI a remporté l'Oscar).

 

Ian McKellen incarne de nouveau Gandalf le Gris, qu'il a déjà interprété dans la trilogie du SEIGNEUR DES ANNEAUX, tandis que Martin Freeman campe Bilbo Sacquet et Richard Armitage Thorïn Écu de Chêne. D'autres comédiens endossent les rôles qu'ils avaient interprétés dans la célèbre trilogie : Cate Blanchett, Orlando Bloom, Ian Holm, Christopher Lee, Hugo Weaving, Elijah Wood,  et Andy Serkis dans le rôle de Gollum. On découvrira aussi au générique – par ordre alphabétique – John Bell, Jed Brophy, Adam Brown, John Callen, Billy Connolly, Luke Evans, Stephen Fry, Ryan Gage, Mark Hadlow, Peter Hambleton, Barry Humphries, Stephen Hunter, William Kircher, Evangeline Lilly, Sylvester McCoy, Bret McKenzie, Graham McTavish, Mike Mizrahi, James Nesbitt, Dean O’Gorman, Lee Pace, Mikael Persbrandt, Conan Stevens, Ken Stott, Jeffrey Thomas, et Aidan Turner.

 

http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/92/34/54/20194211.jpgUn p'tit dernier pour la route ?

 

Le scénario d'UN VOYAGE INATTENDU est signé Fran Walsh & Philippa Boyens & Peter Jackson & Guillermo del Toro.  Peter Jackson a produit le film, en partenariat avec Carolynne Cunningham, Zane Weiner et Fran Walsh. La production exécutive est assurée par Alan Horn, Toby Emmerich, Ken Kamins et Carolyn Blackwood, tandis que Boyens et Eileen Moran en sont les coproducteurs.

 

Sous la direction de Peter Jackson, les trois films sont tournés en 3D grâce aux toutes dernières caméras et technologies stéréographiques les plus avancées. Le tournage se déroule aux Stone Street Studios, à Wellington, et en décors naturels en Nouvelle-Zélande."

 

Bon, je ne sais pas ce que vous pensez de tout ça, mais certaines des premières réactions que j'ai pu lire à droite ou à gauche se plaignaient de l'appât du gain de PJ et de la rallonge inutile en termes de narration. Le réalisateur a dit qu'il allait intégrer des éléments du Silmarillion et d'autres appendices du Seigneur des Anneaux pour "nourrir" cette rallonge. Pour ma part je suis circonspect, même si la perspective d'avoir trois superbes films de plus dans cet univers m'enthousiasme. Le débat est ouvert.

 

Spooky.

 

Voici une news sur le site Fantasygate.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

 

Je suis tombé par hasard sur ce petit album dans la rayon jeunesse de ma bibliothèque préférée... Voici ce que dit le quatrième de couverture:


Même les amateurs les plus fervents du Seigneur des Anneaux ne connaissent pas tous tous les chants de Bilbo le Hobbit. Voici un poème inédit de Tolkien, qui permet à Bilbo d'exprimer son regret de quitter la Terre du Milieu et son désir de répondre à l'appel du grand large et des Terres Immortelles.
L'illustratrice Pauline Baynes, grande spécialiste de Tolkien, tisse pour la circonstance une succession de tableaux merveilleusement détaillés. Aussi riches que des enluminures médiévales, les illustrations de ces vers jusqu'alors inconnus recèlent, pour les amateurs comme pour les novices, mille et une évocations de l'univers et de l'épopée du Seigneur des Anneaux.

 

Pauline Baynes, illustratrice anglaise née en 1922 et décédée en 2008, est connue pour avoir illustré des oeuvres de CS Lewis (Narnia) et surtout JRR Tolkien. C'est ce dernier qui la découvrit en allant un jour se plaindre à ses éditeurs de la piètre qualité des illustrations pour sa nouvelle le Fermier Gilles de Ham ; il vit alors sur un bureau certaines des esquisses de la jeune femme (nous étions alors en 1948) et demanda à ce qu'elle illustre désormais certaines de ses oeuvres. C'est le début d'une longue collaboration, et d'une belle amitié. Pauline Baynes a également peint la couverture des éditions britanniques en un et trois volumes du Seigneur des Anneaux de 1973 et 1981, sans parler des cartes grand format de ce roman et de Bilbo le Hobbit. La première édition de ce Bilbo's last song date de 1974, et les illustrations associées de Baynes de 1990.

 

Chaque double page est disposée comme suit : sur la gauche un fragment de ce poème inédit de Tolkien, et en-dessous un Bilbo qui se remémore ses aventures, lesquelles sont illustrées dans des petits dessins en bas de page (ici ...COMPLETER) ; et sur la page de droite, dans l'ordre chronologique, les dernières scènes du Retour du Roi, volet conclusif du Seigneur des Anneaux, lorsque [SPOILER] Frodo et Sam quittent leurs amis pour se rendre avec une partie des Elfes vers l'ouest, à bord de beaux navires...[SPOILER]. Une belle résonance donc, puisque le poème fait parler Bilbon qui, las de sa vie, souhaite lui aussi coingler vers le large, vers les vallons verdoyants du Valinor.


Le style de Pauline Baynes est élégant, très clair, et il rappelle un peu celui de Florence Magnin, l'une de nos illustratrices les plus douées et vénérables. La colorisation est basique, très classique, mais plutôt efficace. Sur certaines illustrations les personnages semblent bizarrement "penchés" vers la droite, ce qui est sans doute un "tic" d'illustrateur. L'ensemble donne un ouvrage élégant (j'ai lu la première édition française, datant de 1991), et même si elle comporte 32 pages, cela se lit très vite (le poème en lui-même ne comportant que 24 vers). A conseiller aux complétistes, car les "simples amateurs" de contes illustrés ne comprendront pas forcément les références.

 

 

Spooky.

 

PS : pour le plaisir, voici le poème en VO...

 

 

Day is ended, dim my eyes,



but journey long before me lies.



Farewell, friends! I hear the call.



The ship’s beside the stony wall.



Foam is white and waves are grey;



beyond the sunset leads my way.



Foam is salt, the wind is free;



I hear the rising of the Sea.





Farewell, friends! The sails are set,



the wind is east, the moorings fret.



Shadows long before me lie,



beneath the ever-bending sky,



but islands lie behind the Sun



that I shall raise ere all is done;



lands there are to west of West,



where night is quiet and sleep is rest.





Guided by the Lonely Star,



beyond the utmost harbour-bar,



I’ll find the heavens fair and free,



and beaches of the Starlit Sea.



Ship, my ship! I seek the West,



and fields and mountains ever blest.



Farewell to Middle-earth at last.



I see the Star above my mast!

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

 

Comme sa devancière (en termes de présence sur le présent blog) Irène Fernandez, François-Marin Fleutot nous propose, dans un court essai, son survol des principaux éléments inhérents au Seigneur des Anneaux. Je cite Irène Fernandez, car tout un passage de l'argumentaire de Fleutot y fait directement référence, sans toutefois la nommer ; par contre elle est présente dans la bibliographie en fin d'ouvrage.

 

Quels sont donc ces "mythes" dont parle l'auteur ? D'abord les origines de la création du monde d'Arda. Les influences de Tolkien, ses lectures, son goût très tôt pour les langues, sa participation aux réunions des Inklings, ce club d'échanges entre érudits et professeurs d'Oxford. Sa participation à la première Guerre mondiale, aussi, qui lui a permis de voir de la bravoure chez les Petites Gens, chez les personnes ordinaires, lesquels lui ont inspiré ses Hobbits... Sa détermination à écrire -et ce sont ses mots, ou presque- une mythologie pour l'Angleterre.

 

Dans un second temps, FM Fleutot nous parle du bourraeu de travail que fut Tolkien, mettant autant d'ardeur et de sérieux dans ses travaux de chercheur et enseignant en philologie que dans ses écrits fictionnels. Puis on en vient au Seigneur des Anneaux proprement dit, que Tolkien a placé dans le monde créé dans Le Silmarillion alors encore en gestation, et se déroulant en accord avec la trame de Bilbo le Hobbit, sorti 17 ans auparavant.

 

Les héros du roman ne sont pas forcément ceux que l'on croit, ceux qui sont les plus spectaculaires, les plus bruyants, les plus flamboyants ; les héros de Tolkien n'en sont pas, ce sont des petites gens (autant physiquement qu'en termes de gloire) qui font ce qu'il faut pour sauver leur monde.

 

La question du Mal est aussi abordée, dans la mesure où on apprend qu'il est partout, potentiellement, mais que personne ne naît Mauvais. Pour gagner contre le Mal, il ne faut pas utiliser ses armes, sinon c'est lui qui nous vaincra.

 

Pour FMF, dans l'histoire principale du Seigneur des Anneaux, il y a plusieurs histoires, comme des histoires d'amour (Aragorn et Arwen, Faramir et Eowyn, les Ents qui ont perdu leurs compagnes...). Il évoque la plus grosse histoire en filigrane, l'avènement d'Aragorn en tant que Roi du Gondor. Un Roi qui se révèle en majesté après la fin de la Guerre de l'Anneau, y compris dans ses aptitudes de guérisseur.

 

La conclusion de tout cela ? Que ces combats, cette quête, ces pertes, ont finalement amené le monde d'Arda à une belle transition : la fin du Troisième Âge, l'avènement des Hommes en tant que peuple dominant, et l'écriture, par Bilbo puis Frodo, de leurs aventures en Terre du Milieu.

 

Mon sentiment sur tout celà ? François-Marin Fleutot a survolé, mais de belle manière, nombre de thématiques inhérentes au chef-d'oeuvre de Tolkien ; toutes n'y sont pas, bien sûr, et lui aussi n'a réduit son spectre de recherches qu'à un seul ouvrage. Mais la lecture fut intéressante, sinon éclairante.

 

Spooky.

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

 

Vingt ans après, me voilà à relire -et pour la première fois !- l'une des œuvres qui ont forgé mon imaginaire, donné envie de découvrir de nouvelles contrées et, à mon tour, modestement, de coucher sur le papier quelques petites histoires. Car si je n'ai rouvert Le Seigneur des Anneaux pendant deux décennies, l'univers fabuleux créé par Tolkien ne m'a quasiment jamais quitté. Depuis 1990, j'ai lu une partie de ses œuvres, toujours en cours de publication en France, prolongé mes visites en Terre du Milieu par des lectures analytiques (parfois en anglais), et si vous êtes un(e) fidèle lecteur/trice de ce blog, vous avez pu mesurer l'ampleur de cette passion. En gros je vous en rabats les oreilles et les mirettes :)

 

Il y a trois ans j'avais même pu évoluer virtuellement dans cet univers par le biais du jeu video en ligne qui porte le nom du roman. Il en est même résulté plusieurs dizaines de comptes-rendus de quêtes qui n'amusaient presque que moi. Mais je n'osais me remettre à cette lecture, pourtant si évidente. La peur d'être déçu, de ne pas trouver dans cette œuvre -pourtant élue "roman du siècle" par les universitaires anglais (oui bon)- toutes les vertus, toute la richesse qu'on lui prête, tout l'émerveillement que j'avais éprouvé à l'âge de 15 ans... Ce n'est qu'après quelques discussions avec des amis (qui se reconnaîtront) que je me suis finalement décidé. Cet article ne se veut pas une analyse complète, ni même esquissée du bouquin (il faudrait probablement rédiger une véritable encyclopédie pour cela !), mais une suite -ordonnée, je l'espère- de réflexions qui me sont venues au fil de ma lecture, enrichie par d'autres lectures exégétiques. L’occasion pour moi de relire certains de mes articles précédents et le cas échéant, de les corriger. Mais rassurez-vous, je n’ai pas cédé au syndrome Tolkien consistant à réécrire encore et toujours mes textes.

 

 

Après une lecture fade, frustrante et inutilement tarabiscotée, j'ai laissé en plan le roman de hard SF que j'avais emprunté à ma bibliothèque et me suis replongé dans La Communauté de l'Anneau, premier volet du triptyque. Pour les néophytes l'entame du roman pourrait constituer une barrière infranchissable. Tolkien y prend le temps de développer la société hobbite, du nom de ces petits êtres paisibles qui marchent pieds nus et vivent dans la Comté.

 

C'est à la faveur d'une fête d'anniversaire du plus fameux d'entre eux que l'histoire démarre véritablement. Car Bilbon Sacquet défraya en son temps la chronique en allant vivre des aventures échevelées hors de la Comté (ces aventures sont contées de fort belle manière dans le roman Bilbo le Hobbit, dont le ton est plus enfantin que dans Le Seigneur des Anneaux). Ce qui fit de lui un original, un fou et une légende. Lors de ses 111 ans, il disparut subitement, au propre comme au figuré, laissant son smial (un trou dans un tertre faisant office de maison hobbite) à son neveu Frodo. Mais l'héritage le plus précieux de ce dernier est plutôt un anneau en or, portant d'étranges inscriptions en runes elfiques, qui possède entre autres le pouvoir de rendre invisible celui qui le passe à son doigt. Conseillé par Gandalf, un sorcier en qui Bilbo avait toute confiance, Frodo décida de partir à son tour quelques années plus tard afin de détruire l'Anneau, dont le maléfique propriétaire vient de se réveiller au loin. Commence alors pour Frodo, accompagné de son jardinier Sam et de ses amis Merry et Pippin, la plus incroyable des aventures...


 

Je l'ai dit, cet univers ne m'a pas quitté depuis 20 ans. Mais en 20 ans, on oublie des choses. On oublie la traversée inquiétante de la Comté, avec de sombres cavaliers aux trousses. On oublie que les Hobbits ont failli périr dans les Hauts des Galgals, ce plateau glacial où des tertres funéraires sont hantés par des créatures aussi mystérieuses que fatales. On oublie (bien aidé par les films de Peter Jackson) tout l'épisode concernant Tom Bombadil, personnage mystérieux et champêtre que les commentateurs ont fini par ériger en parangon de la nature, de la paix et de la poésie intemporelles.  Un personnage littéralement adoré par les lecteurs du roman. On oublie l'importance du Conseil d'Elrond, qui contient en germe beaucoup d'éléments propres à la terre du Milieu. Bien que située en début de roman, cette séquence tient une place centrale, névralgique. On peut y voir les relations (et donc la méconnaissance) des différentes peuplades et races, l'importance des légendes, la noblesse, innée ou acquise, de certains protagonistes. Mais aussi la possibilité pour des personnages que l'on aurait pu penser mineurs, de s'affirmer.


Dans Le Seigneur des Anneaux on parle très peu des dieux, la prière des personnages se réduit souvent à des chants pour se donner du courage. Pourtant Tolkien était un chrétien très croyant, mais il ne souhaitait pas faire de prosélytisme. Les notions de Bien et de Mal sont très présentes en arrière-plan du roman, et une seule séquence, si l’on en croit les exégètes, nous montre une volonté supérieure qui tire les ficelles lors de l’affrontement entre Gandalf et le Balrog dans la Moria. Gandalf en sortira transfiguré, au sens propre du terme, et le parallèle avec une figure christique est facile.



 

L’élément central du roman est bien sûr l’Anneau que porte Frodo, un terrible fardeau puisque celui-ci, outre une puissance quasi infinie, est aussi une maladie qui ronge son porteur. Gollum, ancien porteur de l'Anneau, –qui a fait l’objet de nombreuses analyses- a irrémédiablement été transformé physiquement et psychologiquement, et Frodo n’en guérira jamais complètement. On a souvent reproché à Tolkien d’avoir fait de son roman une longue métaphore de la seconde guerre mondiale. Et surtout de faire l’apologie de la guerre, de la violence ; il est vrai que plusieurs batailles sont décrites au fil du roman. Il faut biaiser cette impression, sachant que Tolkien a participé à la première Guerre mondiale (dans les tranchées en France), et qu’il était un humaniste convaincu. Cependant des passages du roman peuvent entraîner la confusion, comme par exemple lorsque Pippin espère à haute voix la fin de la guerre et que l’instant d’après il admire la prestance guerrière d’un allié qu’il vient de croiser. La naïveté, ou plutôt l’ingénuité du Hobbit permet d’affranchir Tolkien de toute ambivalence à mon avis, les réflexions de celui-ci étant dictées par ses humeurs, un peu comme un jeune enfant.

Le Mal semble aussi avoir une origine géographique ; ainsi dans le roman, l’Est semble presque systématiquement être synonyme de malveillance, puisque c’est vers l’est de la Terre du Milieu que Sauron tient sa forteresse. Ce qui nous permet de glisser vers le thème du racisme, dont a été taxé pendant longtemps l’auteur, notamment en raison de la personnification ou la manière de s’exprimer de ses créatures maléfiques. Le rapprochement avec les Allemands (soyons clairs) est totalement idiot puisque l’auteur s’est déclaré très tôt opposé au nazisme, mais qu’il était de tout cœur avec le peuple teuton. Et puis soyons sérieux, la Communauté de l’Anneau comprend des êtres assez dissemblables dans leurs langues, leurs coutumes, leur aspect physique également. 

 


 

Le temps crée aussi des raccourcis. Comme les chamailleries incessantes du nain et de l’Elfe. Ou le rôle de Boromir réduit à celui de simple spectateur. Dans l’absolu aucun des membres de la Communauté n’est laissé de côté, traité comme un figurant. Mais dans le prologue, Tolkien parle largement des Hobbits, peut-être parce que ceux-ci sont une création de son fait, alors que Nains et Elfes existaient déjà dans les mythologies. A noter que les Hobbits ont un côté un peu « enfantin » ; ils sont capables de deviser de choses futiles au bord du gouffre…

 

Mais le temps a figé des expressions immortelles : « l’arc de Legolas chantait. » « Vous ne pouvez passer. » « Monsieur Frodon ! »...

 

A la relecture, on remarque des défauts de traduction, des éléments qui se contredisent. Mais aussi des unités de mesures typiquement britanniques qui auraient mérité soit une note, soit d’être réellement converties en système métrique. Vous savez, vous, à quoi correspond un furlong, un yard, un mile ? A la décharge de Francis Ledoux, le traducteur français, la somme de travail devait être gigantesque et il n’avait pas forcément le temps de tout réviser. Une révision de cette traduction est en cours, initiée par Vincent Ferré, chargé des œuvres de Tolkien chez son éditeur, Christian Bourgois.


 

Un élément dont je n’avais pas pris conscience lors de ma première lecture, c’est l’omniprésence, ou du moins la forte présence, des chants. Chacun des membres de la Communauté, à un moment ou à un autre, entonne un chant. Pour se rassurer, pour exprimer ses sentiments, comme la peur, la joie, la peine, pour évoquer des figures légendaires ou des temps lointains, pour se donner du courage, etc. La Terre du Milieu doit son existence à un chant ou une musique, celui ou celle des Ainur, avec l’aide d’Ilúvatar. Lorsque nos amis séjournent à la Lorien, ils entendent les chants des Elfes. Pendant la bataille, les Orques aussi chantent à leur façon. Même l’arc de Legolas chante !


 

Rapidement la Communauté se fragmente (avant de se retrouver) en duos. Frodo/Sam (j’y reviendrai d’ailleurs), Aragorn/Gandalf, Pippin/Merry, Gimli/Legolas. Seul Boromir est à part, encore que parfois on puisse le mettre aux côtés d’Aragorn, Gandalf étant un personnage très particulier. Après la séparation des membres, certains forment un duo avec un personnage secondaire. On a alors des duos tels que Pippin/Denethor, Merry/Theoden, Merry/Eowyn, Eomer/Aragorn, etc. Cette propension à la dualité ou à l’amitié virile à son revers : la forte présomption d’homosexualité de certains des personnages. Un passage ou deux concernant Frodo et Sam ne laisse d’ailleurs pas de doute, Sam se disant par exemple « je l’aime ». A plusieurs reprises, le jardinier se presse contre son maître, l’embrasse. Les mots ne vont pas plus loin, mais l’impression est forte. La remarque vaudrait aussi pour les « couples » Aragorn/Eomer et Legolas/Gimli, mais à des degrés moindres. Les théoriciens sur ce sujet arguent aussi de l’absence flagrante de personnages féminins dans le récit : aucune femme dans la Communauté, et la présence féminine se réduit à Arwen, Eowyn et Galadriel. Tolkien n’était pourtant pas misogyne, il aimait infiniment sa femme, qu’il a d’ailleurs un peu transposée dans Arwen, l’Elfe qu’aime Aragorn.

 

 

Sur l’ensemble du roman, on notera que le second volume, Les Deux Tours, est moins jouissif que le premier. Il y a beaucoup de batailles, moins de découverte du monde merveilleux (enfin, tout est relatif) créé par Tolkien et de ses créatures, même si sur le plan narratif il avance beaucoup. Pas mal de questions se font jour. C’est d’ailleurs là le principal défaut inhérent au SdA : tellement de choses sont suggérées, effleurées, que c’en est presque frustrant ; et seule une partie sera contée ou dévoilée dans le roman ou dans les autres volumes de l’Histoire de la Terre du Milieu…


 

Le Retour du Roi, volet conclusif, nous montre l’achèvement des différents fils narratifs, le destin de nombreux personnages, principaux ou secondaires, et s’étire en une longue conclusion. Il fallait bien ça pour la foule des héros heureux ou malheureux. Il lui manque cependant une touche finale, un épilogue se déroulant quinze ans plus tard, mais que Tolkien n’a pas jugé bon d’inclure dans la version originale, ni même dans les éditions ultérieures. La qualité d’écriture de ce chapitre est un cran en-dessous du reste, mais pour la cohérence de l’ensemble, il eût peut-être été intéressant de l’intégrer. A priori ce n’est pas prévu dans la révision de la traduction en cours chez Christian Bourgois, l’éditeur.

 

Le Seigneur des Anneaux est un voyage dans le temps, qui nous propose un decorum moyenageux, mais avec des personnages fantasmés, tels les Orques, le Balrog ou encore… les Hobbits. C’est donc de la fantasy ; on considère d’ailleurs que Tolkien, qui n’a pas « initié » le genre, en a pour longtemps figé les codes. C’est aussi un voyage dans l’espace, au travers bien sûr des déplacements de membres de la Communauté, dans une partie de la Terre du Milieu. Certains lieux sont seulement évoqués, mais permettent au lecteur de rêver, de fantasmer sur ce qu’ils pourraient être. La lecture du Seigneur des Anneaux sans de fréquents retours à la carte qui y est accolée n’aurait d’ailleurs pas la même saveur. Un voyage dans les mots, puisque la langue elfique en particulier y fait quelques incursions.


 

 

Mais si l’on ne s’attache pas trop à ces incohérences –mineures pour la plupart-, il n’en reste pas moins que le Seigneur des Anneaux est un formidable roman d’aventure, une épopée magnifique avec des personnages inoubliables. Ce n’est que la partie immergée de l’iceberg, une sorte de « porte-étendard » d’une œuvre touffue, un véritable univers complet dont je vous ai déjà largement parlé, et vous parlerai encore.

 

 

Spooky.

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Publié le par Ansible
Publié dans : #Films

LE SEIGNEUR DES MOIGNONS

Après La Communauté de l’Anneau, qui a posé un certain nombre de certitudes (Jackson sait faire de la fantasy, dompte les effets spéciaux, jongle avec 9 équipes simultanément, respecte l’oeuvre de Tolkien, les acteurs sont littéralement prodigieux dans leurs rôles respectifs...), il est peu de dire que l’on attendait beaucoup de ce second volet. Pour ceux qui connaissent les livres, ils savent qu’il est plus sombre, plus dur, qu’il comporte beaucoup de combats, en même temps que l’on assiste à la lente plongée de Frodo vers le côté obscur (ça ne vous rappelle rien ?). Les (rares) critiques disponibles avant la sortie mondiale du film, le 18 décembre laissaient entrevoir un long métrage aussi bon, sinon meilleur, que le premier. Votre serviteur vous dira qu’il est moins bon, et qu’il fallait s’y attendre. d’abord parce que l’intrigue est éclatée entre plusieurs fils narratifs divergents (navré pour ceux qui n’auraient pas vu le premier volet, mais la Communauté de l’Anneau s’est dispersée à la fin de celui-ci).

Ce qui entraîne une multiplicité des points de vue ; une structure entrelacée chère à Tolkien, et qui permet de suivre une quinzaine de personnages principaux. Ensuite parce que la matière du second livre est complexe, touffue, au point que Jackson a préféré déplacer vers le chapitre final un épisode-clé, celui de la rencontre de Frodo et Sam avec Arachne, afin de donner plus d’ampleur et d’espace a ce qui fait l’essentiel des Deux Tours, à savoir le début de la Guerre de l’Anneau. En effet, à l’heure où Frodo et Sam semblent s’égarer sur le chemin du Mordor, le Seigneur des Ténèbres, j’ai nommé Sauron, décide d’anéantir le royaume de Hommes, avec l’aide du sorcier Saroumane. Les Elfes de Fondcombe s’en vont par-delà les mers, sentant que leur temps est terminé. Le Roi du Rohan, Theoden, s’enfonce dans une apathie suicidaire sous l’influence de Grima Langue-de-Serpent (l’excellent Brad Dourif), sbire de Saroumane. Aragorn, Legolas et Gimli, lancés à la recherche de Merry et Pippin, désespèrent de les retrouver. Tout semble indiquer que le règne de Sauron est sur le point d’arriver. Pour connaître la suite, allez au cinéma... Si l’on reprend les acquis du début de cet article, on ne peut que les constater ; Jackson et son équipe font un travail formidable. Les challenges se situent sur d’autres points de l’intrigue : en particulier Gollum, la bataille du Gouffre de Helm et les Ents. Gollum, ancien Hobbit qui a été dépossédé de l’Anneau par Bilbo, l’oncle de Frodo, a été entièrement réalisé en images de synthèse à partir des mimiques et de la voix de l’acteur Andy Serkis. Il veut récupérer son “précieux”, en possession de Frodo ; celui-ci le capture et le persuade de le mener au Mordor. Le personnage, l’un des plus importants de l’histoire, est incroyablement réussi ; on oublie très vite qu’il s’agit d’une créature numérique pour se concentrer sur le dilemme qui ronge Gollum/Smeagol : sa nature bienveillante de Hobbit et son esprit corrompu par l’Anneau se disputent constamment. A noter, dans cette optique, une séquence particulièrement réussie, où les deux personnalités nous apparaissent presque simultanément, grâce à une différence d’angles de vue et d’éclairages. Champ/contre-champ : le B-A BA du cinéma.

Le “gros” morceau du film est sans conteste la bataille d’Helm’s Deep. Jackson a décidé de lui donner toute l’ampleur qu’elle doit avoir, en lui consacrant 45 minutes, soit presque un tiers du métrage ! Pas grand-chose à dire à son sujet, si ce n’est que le logiciel Massive, spécialement créé pour le film, a là encore accompli des prodiges. En effet, il permet de visualiser littéralement des dizaines de milliers de combattants ayant leur vie propre. La guerre est une saloperie, et Tolkien, qui a combattu pendant le premier conflit mondial, en a gardé de grandes rancunes envers la bêtise et la violence. La violence des combats est très graphique, on est parfois trop près de l’action ou des personnages, une réminiscence du passé “gore” du cinéaste peut-être... Au cours de leur fuite après avoir échappé aux Uruk-Haï, Merry et Pippin se retrouvent au sein de la forêt de Fangorn, peuplée d’être étranges... Ils y feront la connaissance de Sylvebarbe, mi-homme mi-arbre, représentant d’un peuple qui déteste être troublé par la guerre et le désordre. Pour ma part, j’attendais beaucoup de la vision de ces Ents à l’écran. Le résultat ne m’a pas enchanté, ni déçu, juste... désorienté. A la lecture du livre de Tolkien, je m’imaginais des troncs massifs, bien campés sur des branches épaisses ; je ne m’attendais pas à voir ces créatures fines, presque décharnées parfois. Mais la facilité, au niveau technique, aurait peut-être résidé, justement, dans des camouflages comme ceux des Romains dans certains albums d’Astérix. Et puis, allez dans le jardin, regardez votre arbre préféré, envisagez-le dans la hauteur : a-t’il l’air si trapu ?



Il faut savoir que Tolkien a truffé son ouvrage de références à son abhorration pour tout ce qui est industriel, usiné. Les Ents représentent la bienveillance de la nature, face à la destruction industrielle et hégémonique orchestrée par Saroumane... La caméra de Jackson est toujours aussi virtuose, sans toutefois donner de vertige (mis à part durant les combats, mais est-ce innocent ?), soutenue par une musique omniprésente, puissante, qui devient de plus en plus facile à identifier ; en effet, chaque intrigue possède son propre thème, le thème de Saroumane souligne l’avancée de ses troupes sur les remparts d’Helm’s Deep, par exemple. A multiplication des intrigues, apparition de nouveaux personnages, au premier rang desquels les deux précédents, Gollum et Sylvebarbe, particulièrement réussis. A la Cour du Roi Theoden (Bernard Hill l’incarne avec... noblesse, lui qui avait joué courageusement le Capitaine du Titanic de James Cameron), suzerain du Rohan, Aragorn rencontre sa nièce Eowyn (Miranda Otto), qui tombe amoureuse de lui. Le frère de cette dernière, Eomer (Karl Urban), conduit les Cavaliers du Rohan qui courent les champs à la recherche de quelques orcs à trucider. Au cours de leur périple vers le Mordor, Frodo et Sam, guidés par Gollum, tomberont sur Faramir (David Wenham), frère de Boromir et preux chevalier. Il est intéressant de remarquer que les sorciers et les Elfes (dont Saroumane, Sauron, Gandalf, Elrond et Arwen), sont nettement moins présents dans ce second épisode, ce qui n’est que justice car il s’agit d’une épopée guerrière. Parmi les anciens, on notera également le rôle essentiellement comique tenu par Gimli, qui déroutera certainement les fans de ce guerrier bourru. Mais là encore, cette digression de Jackson vis-à-vis du texte originel n’est pas innocente. Ces moments de pure comédie (dont une plaisanterie filée à propos du lancer de nains, d’un goût moyen) sont placés dans les moments de tension extrême, afin de désamorcer quelque peu l’excitation qui prend le spectateur au moment d’un épisode essentiel. On notera que ce rôle de “désamorceur” était tenu dans le premier film par Merry et Pippin, et qu’ici leurs rôles sont nullement comiques, leur positionnement est en train de changer et annonce leur transformation dans Le Retour du Roi. Frodo également change, on le sent de plus en plus absent des contingences matérielles, de la fureur qui peut se déchaîner autour de lui. Certaines de ses poses sont même carrément christiques, comme s’il n’appartenait déjà plus à ce monde en perdition... Au niveau de l’ambiance, le compositeur, Howard Shore, a sorti tout l’attirail wagnérien, normal pour un récit essentiellement guerrier inspiré des contes de tradition anglo-saxonne... On le voit, plusieurs niveaux de lecture se révèlent au fur et à mesure de la réflexion autour de ce second film.

Par manque de place, je ne peux que vous recommander deux excellents sites internet relatifs à l’oeuvre de Tolkien : www.numenoreen.com et surtout www.elbakin.com, mais également le très bon essai de Vincent Ferré (Sur les Rivages de la Terre du Milieu, Editions Pocket). Contrairement à la plupart des films fantastiques, la bande-annonce (qui donne par ailleurs le frisson), ne montre qu’une petite partie du film. Celui-ci vous réserve de nombreuses surprises. Au final, ce deuxième opus est d’une bonne qualité, peut-être supérieure à La Communauté de l’Anneau, peut-être équivalente, mais pour l’instant il est difficile de se prononcer vraiment, notamment en raison de son intrigue multiple. Une chose est sûre : les combats sont grandioses ! Le passé du réalisateur dans le domaine du gore plaide certes en sa faveur... Mieux vaut attendre l’ensemble des trois segments pour donner un avis définitif. Vivement Le Retour du Roi !

Spooky.

Spooky.

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Attention, la lecture de ce billet sous-entend que vous connaissez l'intrigue du Seigneur des Anneaux, qu'il s'agisse du roman initial ou des trois films de Peter Jackson. Dans le cas contraire vous risquez de vite être perdus... Du coup, une séance de rattrapage s'impose !

 

Bien avant l'adaptation (vraiment réussie de mon point de vue) par Peter Jackson et son équipe, un autre réalisateur s'est attaqué au roman de Tolkien : l'américain Ralph Bakshi. En 1978 est donc sortie cette première partie de l'adaptation, qui ne sera pas suivie de la seconde, probablement à cause de l'échec artistique qui en découla, car le public répondit présent à l'époque. 

 

Car on peut vraiment parler d'échec artistique, tellement Bakshi semble à côté de la plaque. Son métrage est truffé de raccourcis narratifs, de contresens et de situations ridicules... Mais parlons-en plus en détail.

 

La première erreur du réalisateur a été de vouloir faire un film techniquement hybride, mêlant les prises de vue réelles avec le dessin animé. L'essentiel de l'intrigue est représentée par l'animation, alors que des scènes additionnelles sont en prises réelles, légèrement retouchées, notamment les scènes avec des chevaux. L'imbrication des deux fait souvent mal aux yeux, et cette technique, la rotoscopie (ou rotoscope) confère une atmosphère étrange. Du coup les Orques, par exemple, ont vraiment un aspect inquiétant, peut-être pas de la façon dont s'y attendait le réalisateur. Car cela induit un décalage parfois incroyable avec la partie animée. Celle-ci, assez rudimentaire (on se croirait presque dans les tout premiers Walt Disney), apparenterait presque le film à un long métrage pour enfants, tant l'image est édulcorée, les personnages presque caricaturaux... Sam est d'une laideur inconcevable, Frodo d'une mièvrerie sans borne et Aragorn change de tête dès qu'il la tourne.


Boromir se sert de son épée comme d'une raquette, le nain est aussi grand que les humains (pourtant il est animé, ce n'est pas un vrai acteur), l'arc de Legolas change d'aspect entre deux plans, et les combats sont tournés au ralenti... Un tel amateurisme est effarant. Le mélange des techniques amène parfois de drôles de scènes, comme ces personnages desinés qui semblent flotter devant un décor "réel" mais passé par un trucage indéfinissable. L'animation a l'air vraiment ancienne, elle est même parfois difficile à décrypter. Ca sent très mauvais, et je n'ai parlé que du visuel.

 

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Sur le plan de l'histoire, c'est presque pire. Bakshi prend d'énormes libertés avec le roman de Tolkien. Comme chez Jackson, le passage avec Tom Bombadil est totalement sucré. Le Conseil d'Elrond est expédié en deux temps trois mouvements. Les Spectres de l'Anneau sont censés être inquiétants mais sont facilement mis en fuite dès leur première attaque. Ils attaquent d'ailleurs à cinq, puis s'enfuient à quatre, et puis sont à nouveau cinq... Il y en a un qui était parti pisser je pense. J'ai fait un bond lors de la rencontre avec Legolas, qui se retrouve carrément à la place d'Arwen (qui du coup disparaît totalement du script...). En Lothlorien également le récit est haché en morceaux, entre scènes d'un angélisme vomitif et une Galadriel qui ressemble à Cendrillon... Le Balrog ressemble à un lion à la robe sombre, et avec des ailes ; le comble du ridicule... Bakshi s'est quand même efforcé d'essayer de retranscrire l'attirance de Bilbo, Boromir, entre autres, pour l'Anneau unique. Mais ça ressemble plus à Quasimodo regardant sous les jupes d'Esmeralda dans le Notre-Dame de Paris de Disney qu'à autre chose... Le sous-entendu homosexuel entre Sam et Frodo est présent, mais camouflé par une bonhomie enfantine, qui là encore désamorce presque toute analyse sérieuse. Et puis franchement, entendre LE Comté pendant tout le film, ça m'a hérissé les poils.

 

Le supplice dure un peu plus de deux heures. Le temps pour Bakshi de (mal) "traiter" le premier Livre, et un premier tiers du second. Une fois la bataille du Gouffre de Helm finie, et avant la rencontre de Frodo et Sam avec Arachne. Pourquoi m'infliger un truc pareil, me demanderez-vous ? "Spooky, serais-tu masochiste ?" Peut-être. Mais je suis surtout avide de lire ou voir tout ce qui a trait au Seigneur des Anneaux, que ce soit de qualité ou pas (enfin bon, ça se discute hein). En l'occurrence c'est tout de même intéressant, à titre historique, car il s'agit, à ma connaissance, de la première tentative plus ou moins aboutie de l'oeuvre maîtresse de Tolkien. C'est kitsch, donc collector. En plus c'est une cassette VHS. Oui, je sais.

 

Spooky.

 

NB : En faisant quelques recherches sur ce long métrage j'ai découvert que le studio qui l'a produit a également produit deux dessins animés dans le même univers, l'un adaptant Bilbo le Hobbit, l'autre le Retour du Roi. Ces productions, destinées à la télévision, n'ont jamais été distribuées en france, même si j'ai cru lire sur un blog que la Fnac les avait proposés en pack il y a quelques années... Si quelqu'un a des infos à ce sujet, je suis preneur...

 

EDIT du 3 mars 2014 : Après visionnage de la version DVD du film, je rajouterai simplement que celle-ci comporte en bonus un documentaire retraçant en 30 minutes le parcours de Ralph Bakshi, qui a eu son heure de gloire à l'époque où le maison Disney était un peu en berne, notamment lorsqu'il a réalisé Fritz the Cat, d'après l'oeuvre de Robert Crumb. Documentaire un peu partial, mais pas inintéressant par moments. L'autre bonus est une bande-annonce pour le jeu video La Quête d'Aragorn.

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On avait laissé Bilbo et ses compagnons nains en vue du Mont Solitaire, après avoir déjà essuyé maintes difficultés sur le chemin de la planque de Smaug. Dans ce deuxième volet notre Compagnie doit traverser la forêt de Mirkwood, habitée par les Elfes sylvestres et d'autres créatures, bien moins recommandables, avant d'arriver en vue du lac qui est au pied d'Erebor. Mais le chemin est encore long...

 

Comme dans le précédent segment, Peter Jackson a fait le choix de nous livrer un blockbuster spectaculaire, drôle et enlevé. Et de le faire, à sa façon, quitte à s'éloigner encore un peu de l'oeuvre de Tolkien.

 

Ici les trahisons sont un poil différentes de celles du premier opus. Azog est toujours là, à la poursuite de nos héros, et Radagast aussi, même s'il est plus sobre (pour revenir sur la façon dont ses personnages sont traité, merci de vous référer à ma chronique du premier épisode). Il y a d'autres ajouts notables dans cet épisode : l'Elfe Legolas est "de retour", flanqué d'une capitaine des gardes qui n'est pas dans l'oeuvre de Tolkien, Tauriel. Celle-ci va nouer un semblant de romance avec le Nain Kili (là, c'est un poil too much) pendant la captivité de ceux-ci dans leur cité arboricole elfique. Si l'on veut être intégriste, on râlera tout le long du film, tant Jackson a émaillé celui-ci d'aménagements plus ou moins visibles. 

 

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Le récit est partagé entre deux intrigues principales, puisque Gandalf, comme dans Le Seigneur des Anneaux (mais cette fois-ci de son plein gré) laisse ses compagnons à l'orée de Mirkwood pour aller enquêter sur la menace qui grandit à Dol Guldur, et qui trouvera son apogée dans le Seigneur des Anneaux. Une évidence qui vient de me sauter aux yeux : ce procédé a permis à Tolkien de faire évoluer des personnages "naturels", sans pouvoirs, dans des quêtes a priori trrop grandes pour eux, Gandalf étant appelé à mener des combats autrement plus élevés en termes de puissance magique, mais non moins en termes d'importance stratégique. Refermons la parenthèse pour revenir à nos Ouargues.

 

Jackson tisse de plus en plus de passerelles entre les deux oeuvres, car outre Sauron et Legolas, Gimli, le fils de Gloïn et futur membre de la Communauté de l'Anneau, est mentionné. Une partie du récit est concentrée sur Gandalf, qui enquête sur la montée en puissance de celui que l'on appelle encore le Nécromancien, des passages qui n'apparaissent pas dans le Hobbit, mais bel et bien dans les appendix du Seigneur des Anneaux. Le ton de ce deuxième film est dans la lignée du premier, entre passages épiques et coups d'oeil humoristiques, à la limite du burlesque. Mais -et c'est pour moi une bonne idée-, PJ a concentré l'essentiel de ce côté burlesque à une séquence, certes un peu longue, celle de l'évasion de la cité elfe par les Nains à bord de tonneaux de vins évidés dans une rivière mugissante. Le burlesque tient plus à une sorte d'acrobatie aussi aérienne qu'aquatique qu'à du n'importe quoi sans véritable sens. En bref, je me suis bien marré et ça ne m'a pas choqué, même si c'est un ajout. Car les autres scènes de bravoure du film (la lutte contre les araignées, brrrrr, ou bien la rencontre avec le dragon Smaug) sont vraiment réussies. Il est toujours difficile de représenter un dragon à la fois réaliste et effrayant (comme en témoigne la litanie des essais précédents dans le genre), et ma foi, Smaug a une vraie présence, une puissance et un charisme redoutables dans les salles gigantesques de l'ancien royaume nain. 

 

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J'ai parlé des petits arrangements de Peter Jackson avec l'oeuvre de Tolkien ; il en est un qui va faire grincer des dents, dans la lignée de la disparition de Tom Bombadil dans le Seigneur des Anneaux. Il s'agit de Beorn, le Changepeau. Il est bien présent dans le film, mais curieusement presque furtif. Un autre témoignage de l'attachement de Tolkien à la nature qui disparaît, au profit d'une présence accrue des orcs à l'écran... Dommage, car il y aurait eu à dire sur son compte, même si à l'instar de Bombadil, son personnage ne compte pas tant que ça dans l'intrigue. Un autre arrangement est l'intrusion des Nains dans les salles d'Erebor afin d'aider Bilbo à venir à bout du dragon, alors qu'en principe il s'en "sort" tout seul... Cette séquence m'a inspiré cette réflexion immortelle : "il voit des Nains partout"... Cela nous permet de les voir en action, même si entre-temps le groupe s'est séparé en deux à cause de la blessure de Kili, resté à Bourg-du-Lac. L'occasion là aussi -et c'est encore un écart- de voir plus longuement Bard, le batelier héritier des anciens rois de son pays, qui va jouer un rôle déterminant dans le destin de Smaug... dans le troisième épisode. Dans un an. Grrrr.

 

On ne voit pas passer les trois heures de métrage, tellement ça virevolte dans tous les sens. Grâce à la réalisation, bien sûr, très inspirée, aux décors, somptueux notamment dans la cité des Elfes, la musique toujours aussi merveilleuse, ou encore le jeu des acteurs. Car, oui, certains sortent leur épingle du jeu. En premier lieu, Martin Freeman, dans le rôle-titre. Comme me l'a fait remarquer une amie tolkienophile, il est juste parfait. Plus Hobbit que ceux du Seigneur des Anneaux peut-être, ce qui n'est pas une mince affaire. Avec ce mélange de distinction et d'humour à froid so british, qui fonctionne parfaitement. Vive l'école shakespearienne ; rappelons que Freeman est la co-star de la série Sherlock, dont l'autre interprète principal n'est autre que Benedict Cumberbatch, qui, le monde de l'entertainment est petit, joue justement Smaug ; enfin, disons qu'il lui prête sa voix délicieusement amplifiée et qu'il a joué certaines scènes en motion-capture, passant la plupart du temps du tournage à ramper dans la salle du trésor du dragon, bardé de capteurs de mouvements. Ian Mc Kellen, malgré son âge, est toujours présent. je ne vois désormais plus Gandalf que sous ses trait. Les Nains, enfin certains, ont des places un peu plus grandes que d'autres dans ce segment, mais on notera les prestations des nouveaux venus, comme Lee Pace dans le rôle de Thranduil, le roi des Elfes de Mirkwood, Evangeline Lilly dans celui de Tauriel (bon, elle est belle, on ne critique pas, ok ?) et Luke Evans dans celui de Bard. Orlando Bloom, lui, a pris 10 ans, quelques cours de comédie et quelques petits kilos (ça se voit sur son visage notamment).

 

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En tant que cinéphile, j'ai eu droit à un spectacle total, bien foutu et prenant presque de bout en bout. En tant que tolkienophile plus ou moins patenté, il y a de quoi tordre le nez, mais je dois avouer que la plupart des choix narratifs de Peter Jackson, sans être totalement justifiés ou indispensables, ne me semblent pas entraver la bonne tenue du film. Enfin de ce film. Par contre pas mal d'intants poétiques inhérents à l'oeuvre de Tolkien ont disparu. Bref, un bon moment de cinéma, même s'il ménage peu de plages de calme...

 

Que nous réserve Le Hobbit, histoire d'un aller et retour, qui sortira le 17 décembre prochain ? Sans préjuger de l'ensemble, vu que Jackson et ses scénaristes sortent régulièrement du récit original pour rajouter des choses de leur cru, on peut déjà dire, ou du moins espérer, que ce troisième volet sera plus sombre que les deux premiers. Car sans vouloir spoiler, il y a l'épisode de l'attaque d'Esgaroth par Smaug, la destruction partielle de celle-ci, l'arrivée sur site de plusieurs troupes, le siège d'Erebor, la Bataille des Cinq Armées (et ses conséquences sur certains membres de thorin et Compagnie, même si là encore, des libertés prises dans le deuxième épisode vont biaiser ces conséquences), le sort de Gandalf à Dol Guldur, la poursuite par Legolas de l'orc Azog (vers Dol Guldur ?), un épisode qui est totalement absent du roman de Tolkien...

 

Spooky

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Publié le par Spooky
Publié dans : #Livres

"Ca y est, ça le reprend", vont s'exclamer certains...

Eh oui, je suis un tolkienophile indécrottable, et je l'assume. Non content d'avoir lu presque toute sa production traduite en français, je me suis mis depuis plusieurs années à lire les ouvrages analytiques sur son oeuvre... Et de temps en temps je m'en lis deux ou trois en rafale, voire plus.

Cette fois-ci je me suis intéressé à un ouvrage collectif, publié par le CNRS (centre national de la recherche scientifique, excusez du peu), qui a essayé de déterminer les relations de son oeuvre majeure (le duo Bilbo le Hobbit-Le Seigneur des Anneaux) avec les éléments médiévaux. Tous les contributeurs sont des chercheurs spécialisés dans les études médiévales, et chacun, selon sa spécialité, propose donc une étude. Léo Carruthers, lui-même chercheur dans l'estimable institution, qui dirige l'ouvrage, a réparti ces contributions en se basant sur une carte conceptuelle. En partant du "Vieux continent", c'est à dire l'inspiration littérale (du Moyen-Age vers Tolkien), nous naviguons sur les Îles, l'inspiration interculturelle vers des "terres inconnues", représentant les inspirations artistiques et magiques. Organisation, ou plutôt symbolisme audacieux, mais en accord finalement avec les écrits de Tolkien, surtout Le Seigneur des Anneaux, où nous suivons les Hobbits quittant leur Comté douillette pour partir à l'aventure, rencontrer d'autres cultures et finalement [SPOILER] partir vers l'inconnu en fin de parcours... [FIN SPOILER]
A noter que ce cheminement rédactionnel est matérialisé par une carte reprenant les différents éléments.

Tolkien et le Moyen-Âge... Une relation évidente, diront les représentants du grand public, Le Seigneur des Anneaux c'est plein de châteaux forts, de soldats en armures, de seigneurs... Mais si l'on se penche plus précisément sur les éléments constitutifs du Moyen-Âge, c'est moins évident. Penchons-nous d'abord sur la littérature. Le Seigneur des Anneaux doit ainsi beaucoup au Kalevala, un long poème épique écrit en finnois et rassemblant des chants anciens à la fin du XIXème siècle. Le Kalevala semble avoir pas mal inspiré Tolkien pour le personnage de Tom Bombadil, l'énigmatique forestier que rencontre la Communauté de l'Anneau. Les légendes arthuriennes sont aussi une inspiration évidente, quand on voit des personnages comme Aragorn, qui rassemble les figures d'Arthur et de Galaad, par exemple. Médiéviste distingué, l'auteur fut aussi et surtout un philologue de haut niveau. C'est ainsi qu'il a développé des systèmes entiers de langues, et qu'en particulier les langues hobbite et rohirrim (c'est à dire parlée par les habitants de la région du Rohan) ont des liens très forts. La langue de la Comté était, dans l'esprit du professeur, comparable à l'anglais moderne, alors que la langue du Rohan serait à rapprocher du vieil-anglais...

Les contributeurs se sont ensuite penchés sur le personnage de Beorn, l'homme-ours qui apparaît dans Bilbo le Hobbit. Un personnage emblématique qui a des occurrences dans bien des légendes médiévales européennes... Une autre étude revient sur l'une des figures centrales du Seigneur des Anneaux, celle de l'Anneau, à laquelle Gollum est indéfectiblement lié.

Les îles, l'inspiration interculturelle... Ca débute par une étude sur les différents Seigneurs du Seigneur des Anneaux. Car, s'il est acquis depuis longtemps que celui auquel fait référence le titre, c'est Sauron, le récit est truffé de princes, de rois, au premier rang desquels Aragorn, descendant des rois du Gondor, et guerrier errant qui va reconquérir sa couronne. Il y a aussi Theoden, sa fille Eowyn, Boromir, fils de l'intendant du Gondor dont la noblesse d'âme n'est plus à prouver ; son frère Faramir aussi. Et puis ceux qui n'ont pas de titre "officiel" mais qui sont aussi des seigneurs de par leur comportement. Frodo bien sûr, Elrond, qui est plus ou moins l'intendant de Fondcombe... Sa fille fort souvent perçue comme une princesse elfe, et amoureuse du futur roi de Gondor... Ca fourmille de têtes couronnées là-dedans... Ce côté très féodal se retrouve dans la vassalité d'autres personnages, tels Sam, d'une loyauté exemplaire envers Frodo, ou Pippin et Merry, qui vont se mettre au service de deux royaumes dans la Guerre de l'Anneau... Plusieurs contributeurs se sont intéressés à ce que j'appelle le Decorum du Seigneur des Anneaux et à Bilbo le Hobbit : les armes, les armures, le symbolisme, et parfois le pouvoir particuliers qu'ils revêtent aux yeux des protagonistes ou dont ils sont réellement dotés. La musique et la poésie, éléments indissociables de l'univers d’Arda, sont également passés au crible. Car c'est bien la musique et les chants qui président à la création de ce monde, sous l'égide d'Iluvatar.


La troisième partie des études propose de revenir sur l'inspiration artistique et magique du Seigneur des Anneaux et de Bilbo le Hobbit. Ici Tolkien est allé chercher son inspiration bien loin, vers le gigantisme de l'art antique égyptien et la légende de l'Atlantide pour construire ses forteresses imprenables, ses édifices cyclopéens, l'histoire de Numenor même. On s'éloigne un peu de la culture médiévale dans ces pages. L'un des derniers chapitres aborde la question de la médecine ; je ne l'avais jamais remarqué, mais les passages consacrés aux soins et à la guérison sont aussi peu nombreux que courts dans les pages du Seigneur des Anneaux. Aragorn (investi d'un pouvoir divin, que l'on attribuait aux rois de France, il est vrai), guérit une grave affliction par imposition de la main. Frodo se réveille guéri dans la maison d'Elrond, sans qu'on sache ce que celui-ci a fait pour le guérir. Et ce sont là les passages les plus importants. Il s'agit là d'une faiblesse dans le "paysage" tolkienien, qui affaiblit l'impression de réalisme de l'ensemble. Cette étude fut l'une des plus intéressantes pour moi, car j'y ai vraiment vu un aspect nouveau, encore inédit. Et pour finir, l'étude consacrée à la magie et à la sub-création revient sur la notion de mage, incarné à la fois par Gandalf et Saruman, qui ne sont pas des Hommes, mais des Istari, c'est à dire des êtres d'essence divine et extrêmement anciens.


En conclusion, après cette lecture, je dois dire que je suis relativement mitigé. Bien sûr, comme dans tous les ouvrages collectifs, il y a de bonnes et de moins bonnes choses. Globalement je n'ai pas appris grand-chose sur l'inspiration médiévale de Tolkien. Certaines études vont un peu plus loin dans le decorum, ce qui est loin d'être inintéressant, mais en ce qui concerne le Kalevala ou Beowulf, ce sont des références depuis longtemps citées chez les exégètes du Professeur. Par contre je n'avais jamais vu le personnage de Beorn sous cet angle, et le chapitre sur la médecine m'a apporté du neuf. A lire par les acharnés. Malgré certains côtés un peu datés, je recommande aux néophytes la lecture de Tolkien, sur les rivages de la terre du Milieu, ouvrage critique fondateur en France de Vincent Ferré. (trouvable en grand format chez Christian Bourgois ou en Pocket) Pour vous remettre tout ça en mémoire, retrouvez son interview exclusive ici.



Spooky.

 

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